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Pourquoi Macron a menti sur le smic ? Parce que le salaire est son ennemi et il voulait masquer qu’il assistait les patrons

 

Macron a menti devant 23 millions de citoyens, en direct à la télévision, et il a manoeuvré pour ne pas augmenter le Smic tout en laissant croire le contraire.

 

 

La raison en est son hostilité au salariat, aux salaires et au smic. Pour lui, le salaire, net et brut, c’est l’ennemi. Il veut « une société post salariale ». Sa religion actuelle est donc que ce soit l’état qui verse des primes afin d’augmenter les marges des entreprises plutôt que les salaires

C’est ce qu’a dit Edouard Philippe : « - Nous sommes contre la hausse du Smic, car nous voulons que le travail paie ». L’expression « pour que le travail paie » s’entend pour les seules marges des entreprises, pas pour les salariés. Ou Muriel Pénicaud « - Augmenter le smic c’est fabriquer du chômage ». Ce qui signifie : il faut baisser le smic pour faire de l’emploi ! Ce qu’elle a fait par ordonnances en cassant les droits des salariés pour que ca coûte moins cher de les exploiter.

Difficile de dire à 23 millions de téléspectateurs que ce sont eux et pas les patrons qui vont donner des primes a une partie des smicards qui la demanderont s’ils sont autorisés a le faire selon des critères aléatoires que le gouvernement fixera.

Il ne s’agit pas de récompenser enfin et légitimement le travail, mais de détourner l’attention de l’exigence de son juste paiement.

Il ne s’agit pas de redistribuer les richesses produites, mais de faire payer par une partie des salariés les revendications des autres.

Macron a menti parce qu’il ne peut pas avouer qu’il préfère, pour l’heure, une économie administrée où des primes sont versées par l’état qui se substitue aux employeurs ; c’est une forme d’assistanat aux patrons. D’autant que ces étranges primes sont conditionnées par des critères extérieurs  au travail : impossible si on a un conjoint a plus de 1300 euros. Sur 1,65 million de smicards combien y auront droit ? Edouard Philippe répond déjà que 1,2 million sont au dessus des critères.

 

A quoi tout cela rime t il, de la part de libéraux, qui veulent toujours « moins d’état » ?  Dans le cas des « heures supplémentaires désocialisées », Macron pousse les employeurs à multiplier ces heures pour ceux qui ont un boulot plutôt que d’embaucher ceux qui n’en ont pas. Ce qui augmente forcément le chômage en évitant aux actionnaires de baisser leurs profits. Car ces heures coûtent moins cher aux employeurs puisque Macron en supprime la partie du salaire brut, les cotisations sociales !

 

Mais qu’est ce qui compensera ces sommes sinon les impôts, entre autres, des salariés qui ne font pas d’heures supplémentaires ?  Etrange religion qui verse des primes et les cotisations sociales à la place des actionnaires et des patrons et « en même temps » prétend baisser les impôts.

Nous salariés, on y  perd des deux cotes. Ca ne passera pas.

 

Gérard Filoche

 

 

PS :

L’usine à gaz (mal) montée par Macron pour faire verser par la Caisse d’allocations familiales (sic) 100 euros de « prime » c’est un trucage anti marché pour aider des employeurs d’entreprises bancales qui ne parviennent pas à bien payer ceux qu’elles exploitent ? En fait c’est comme les ex « emplois aidés » mais auprès d’employeurs au lieu de l’être auprès du public ?

Ils sont curieux dans leurs incohérences Macron et ces gens-là … ils viennent de supprimer les emplois aidés, ils font payer du salaire par les allocations familiales, ils veulent « simplifier » et ils complexifient sans aucun principe, ni au nom du marché, ni du libéralisme, ni du social, ils veulent « libérer le marché » et l’administrent, ils veulent que le travail paie et ils le paient à la place de patrons carrents, ils combattent l’assistanat et se font assistants du patronat, tout cela étant indépendant de la « compétitivité » de la nature, de la qualification, de la branche du travail effectué, puisque soumis à des critères familiaux et non pas professionnels, et sans sens puisque aussi bien des grandes entreprises que des petites ayant des smicards sont impactées !

 

Relaxé après les absurdes accusations d’antisémitisme

Ils ne m’ont pas eu. Ils ne m’auront pas ainsi. Je redonne coup pour coup.

Cela me rend combatif.

 

Les 9 parties civiles ont été déboutées, le Parquet lui même était revenu sur sa plainte et avait renoncé à poursuivre, le tribunal m’a relaxé pleinement.

 

Juste victoire, ils ont tenté de me salir, ils ont échoué.

 

Mais je suis encore vulnérable : pour inscrire un témoin au procès du 10 octobre dernier, cela coûte, 250 euros chaque au greffe, et les frais d’avocat s’élèvent à 12 000 euros, bien au delà de ce que peut couvrir ma retraite.

 

13 500 euros c’est une très lourde somme pour un homme s’il est seul.

Ca peut s’assumer par un élan partagé de solidarité militante.

 

J’ai toujours, pour ma part, toute ma vie, milité et cotisé, je n’ai jamais voulu rien posséder, mais me voila contraint, pour riposter, de battre le rappel auprès de vous : sans votre aide financière, petits, moyens et grands chèques additionnés, je ne peux pas faire face.

 

Je n’ai reçu à ce jour qu’environ 2500 euros d’aide, alors je fais appel à vous largement par souscription, sachant que je ne pourrais, en retour, que vous offrir ma gratitude, ma solidarité, mon engagement, et… vous faire parvenir cordialement mon livre à l’adresse que vous m’aurez indiquée .

 

Fraternellement, Gérard Filoche

 

chèque de soutien à l’ordre de « soutien-Filoche »

à Gérard Filoche 85 rue Rambuteau 75001 Paris

 

 

 

Gérard Filoche définitivement relaxé dans l’affaire du tweet antisémite

14 déc. 2018, 23:09

Gérard Filoche définitivement relaxé dans l'affaire du tweet antisémite© Stephane Mahe Source: AFP
Gérard Filoche a obtenu une victoire judiciaire le 12 décembre (image d’archive).

Depuis plus d’un an, l’ancien membre du bureau du PS clame l’erreur. Accusé par plusieurs associations antiracistes et socialistes d’avoir diffusé sur les réseaux sociaux un tweet antisémite anti-Macron, Gérard Filoche a été finalement innocenté.

Un délibéré qui va certainement soulager définitivement Gérard Filoche. Le tribunal correctionnel de Paris a en effet relaxé le 12 décembre l’ancien inspecteur du travail. Celui-ci avait malencontreusement diffusé en novembre 2017, un tweet anti-Macron. Problème : Gérard Filoche avait utilisé une photo qui dévoilait plusieurs marqueurs antisémites.

Après avoir constaté son erreur et le caractère raciste de l’image, l’ex-membre du bureau du Parti socialiste avait rapidement supprimé son message. Trop tard. Certains internautes, dont des opposants socialistes à la ligne Filoche, ont saisi l’occasion pour accuser l’un des fondateurs de SOS Racisme de… racisme. Des associations dites antiracistes et Jacques Attali se sont ainsi constituées parties civiles devant les tribunaux.

Depuis près d’un an, Gérard Filoche a ainsi tenté d’expliquer qu’il n’avait pas vu le «double-fond» du tweet, plaidant l’erreur. «Je n’avais qu’à être vigilant», a-il confessé pour RT France, le 12 octobre 2018.

Lors de cet entretien, Gérard Filoche nous a d’ailleurs révélé une partie de sa plaidoirie durant son audience du 10 octobre : «J’ai dit aux neuf parties civiles contre moi de rechercher quelque chose à me reprocher sur les 55 années de ma vie consciente et militante, trouvez-le. Je suis sûr qu’ils ont dû beaucoup chercher et qu’ils n’ont rien trouvé.»

Après cette audience, le parquet, à l’origine des poursuites a d’ailleurs requis sa relaxe, estimant que Gérard Filoche avait commis une «inconséquence grave» en tweetant ce montage incontestablement antisémite mais qu’un «doute» subsistait à l’issue des débats quant à son «intention» de commettre ce délit.

La 17e chambre correctionnelle a donc décidé d’aller dans le sens de Gérard Filoche : «Pour particulièrement choquante et consternante que puisse être la diffusion de ce montage par Gérard Filoche, le contexte de l’envoi de ce montage ne confère pas à celui-ci la portée d’une provocation à la haine ou à la violence.»

«Je suis relaxé, ce procès odieux qu’on m’a fait n’avait pas de raison d’être» s’est félicité sur Twitter Gérard Filoche, qui a lancé en janvier un nouveau mouvement, la Gauche démocratique et sociale.

 

Lire aussi : Victime des «macroniens du PS» ? Filoche s’explique sur RT France après son tweet jugé antisémite

 

 

 

 

 

 

Attac – Solidaires – Fondation Copernic – DAL – CNDF – GDS – Ensemble – Génération-s – LFI – PG – CAC -Mouvement ECOLO – DIEM25 – NPA avec les gilets jaunes et la gauche unie les 14 et 15 décembre contre Macron, ses mensonges sa politique

Le mouvement des gilets jaunes a mis dans le débat public l’ensemble de la politique sociale et fiscale du gouvernement et des politiques néolibérales mises en œuvre par les gouvernements successifs depuis des décennies. Il a affirmé avec force le lien entre la question sociale  et écologique : la nécessaire transition écologique ne peut se faire sur le dos de la majorité de la population. Ce mouvement est maintenant porteur de revendications concrètes et d’une exigence démocratique fondamentale : ce n’est pas à une petite minorité de privilégiés de décider de l’avenir de toutes et tous.

Malgré la forte mobilisation de ces femmes et hommes déterminé-es et devant faire face à une répression inouïe, Emmanuel Macron maintient le cap sur l’essentiel : une fiscalité injuste qui épargne le capital et les hautes fortunes (suppression de l’ISF, allègement de l’exit tax), la réforme de l’assurance chômage, celle des retraites ainsi que les attaques prévues ou en cours contre la fonction publique, le logement social et les services publics, qui ne pourront qu’amplifier les inégalités sociales et creuser les disparités entre les  femmes et les  hommes. De plus, Emmanuel Macron essaye de déplacer le débat public des questions sociales vers les questions identitaires puisqu’il a mis l’immigration dans les thèmes prévus pour la concertation. Dans cette situation, la convergence avec le mouvement des gilets jaunes est plus que jamais nécessaire.

Nos organisations soutiennent les revendications de justice fiscale et sociale portées par le mouvement des gilets jaunes. Elles appellent à manifester samedi 15 décembre, pour la justice sociale et fiscale, pour une démocratie réelle, pour l’égalité des droits,pour une véritable transition écologique et la solidarité internationale à partir de 10 h devant la gare St Lazare pour rejoindre à partir de 14 h la Place de la République à Paris.
Attac – Solidaires – Fondation Copernic – DAL – CNDF – GDS – Ensemble – Génération-s – LFI – PG – CAC -Mouvement ECOLO – DIEM25 – NPA

 

Rien de bon dans le Macron : finalement y’a pas de hausse du smic et puis y a rien d’autre…

Depuis 21 jours de lutte, à la veille de l’action des lycéens (Macron n’en a rien dit) et à la veille de la grève nationale du 14 décembre  et de l’Acte V samedi 15 décembre, il faut démonter le leurre de la prétendue hausse du Smic et du pouvoir d’achat puis bien préciser les revendications :

 

Rien de bon dans le Macron :  finalement y’a pas de hausse du smic et puis  y a rien d’autre…

 

 

Avoir un tel culot et faire patenôtre pour fanfaronner une si grosse arnaque sur le Smic, c’est rare ! Car en fait il n’y a aucune hausse du Smic. Ca va se savoir, ca va se vérifier, attention au boomerang.

Mais ça révèle encore plus le personnage et son mépris pour le peuple, les salariés, les gilets jaunes, il nous prend tous pour des brêles

 

 

1°) Muriel Pénicaud excluait un « coup de pouce au smic »  car « on sait que cela détruit des emplois, ce n’est pas la bonne méthode » puis elle « proposait un Smic à 1210 euros nets » : « cela ferait + 1,8 % du salaire minimum soit plus de 400 euros par an ».

Puis, elle reconnaissait qu’il y a 35 euros de rattrapage automatique de l’inflation (à 1,8 %) et ensuite que le complément annoncé par Macron pour atteindre 100 euros sera une « prime d’activité » déjà prévue – laquelle ne sera pas à la charge des employeurs mais de l’état (donc payée par les impôts des salariés).

Au 1erjanvier 2018  le Smic pour 35 h hebdomadaires et 151, 66 h mensuelles était à hauteur de 1148,47 euros nets et de 1498,47 euros brut mais en octobre 2018 ils ont baissé les cotisations sociales (le salaire brut) et transféré 20 euros au net. Le Smic net est devenu, du fait de cette manipulation, de 1185 euros (1184,93). C’est ce qui explique la différence entre 1148,93 en janvier et 1185 aujourd’hui pour un même montant brut (1498, 47).

Le Smic brut est censé augmenter de 1,8 % mais si l’inflation est de 1,8 % au 31 décembre et ce depuis le 1er janvier soit  1525,44 brut. Certains donnent le montant de 1525,47 bruts. Le net serait entre 1225 et 1227 euros soit une hausse de 40 euros mais l’inflation pourrait être de 2,2 % depuis octobre. On verra en fin décembre.

Est ce que la hausse obligatoire légale pour rattraper l’inflation est dans le chiffre de 100 euros utilisé par Macron ? Oui normalement, mais il a précisé que l’employeur ne paierait rien de ces 100 euros donc on peut aussi supposer que non.

D’où vient le reste ?  Des « primes d’activité » ? Ce n’est pas une « hausse » Elles sont seulement avancées. (Contacté par franceinfo, l’Elysée a confirmé que ces 100 euros d’augmentation comprenaient les hausses déjà prévues de la prime d’activité (30 euros en avril 2019, 20 euros en octobre 2020 et 20 euros en octobre 2021).https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/smic-heures-supplementaires-prime-de-fin-d-annee-csg-les-quatre-annonces-d-emmanuel-macron-pour-calmer-la-colere-des-gilets-jaunes_3094237.html#xtor=CS2-765-[twitter]- … via @franceinfo)  Elles étaient déjà prévues par Pénicaud etc.    Alors ce n’est pas du salaire, pas du smic. C’est soumis à condition : par exemple si vous avez un conjoint a 1300 euros, pas de prime, pas de hausse.

A hauteur de combien ces « primes » ? La différence entre la hausse légale obligatoire et les 100 euros ? Griveaux répond « oui », 80 euros. Mais rien n’est certain non plus. Tout cela enlevé du budget de la Sécu de nos cotisations, de notre salaire brut…

Qu’en sera t il de la prime de fin d’année tendant vers 1000 euros ? Elle est  laissée à l’appréciation des employeurs. Elle sera aléatoire, la plupart du temps inférieure. Qu’en sera t il des négociations salariales au dessus du smic ? Car les patrons ne concèdent rien dans les NAO quand ils rencontrent les syndicats !  Bien des conventions collectives ont des minimas en dessous du Smic et peu de choses évoluent sur les qualifications, métiers, niveaux, coefficients, échelons

 

 

2°) Finalement la défiscalisation des heures supp’ est une très mauvaise chose  -  C’est une mesure ennemie de l’emploi qui a déjà couté cher et a déjà échoué sous Sarkozy. Car il s’agit de faire travailler davantage ceux qui ont déjà un boulot, au détriment naturellement de ceux qui n’en ont pas, cela fera des chômeurs en plus. Au lieu d’embaucher, le patron fera faire des heures supplémentaires d’autant plus qu’il n’aura pas à payer de cotisations sociales sur elles. C’estCastaner qui disait cela : « c’est 4 milliards de coût et 100 000 emplois perdus » pour le même système sous Sarkozy.  Qui paiera ce manque à gagner pour la sécurité sociale ? Les salariés eux mêmes par le biais de leurs impôts.L’augmentation du SMIC par la prime d’activité, c’est payé par la CAF, donc la sécu, la cotisation sociale, notre salaire brut.

 

3°) retraites, si peu de chose : Macron dit que la CSG ne sera plus retirée – en 2019 – sur les retraites en dessous de 2000 euros. Sachant que 7 millions de retraités (sur 14 millions) sont en dessous de 1000 euros, combien vont réellement en bénéficier ? Ce qui ne règle pas le problème de l’inflation puisqu’elle est de 2,2 % alors que cette année il n’en a pas été tenu compte dans la revalorisation qui a été limitée, à 0,3 %. Tous les retraités perdent donc 2,2 – 0,3 % soit 1,9 % c’est pire que la question de la hausse 2018 de la CSG !

 

4°) Macron supprime fin janvier le salaire brut c’est à dire nos cotisations sociales : la baisse de la CSG (c’est aussi de l’argent en moins pour la sécu, qui s’ajoute au paiement des heures supplémentaires défiscalisées, et à la prime de activité. Il casse la sécu : sans cotisations sociales, plus de sécu !

Bref, Emmanuel Macron répond (mal) aux Français en dépensant l’argent de la Sécu. De l’argent qui ne lui appartient pas, mais dont l’Etat a repris de force la gestion à l’issue des grandes grèves de 95. La sécurité sociale est principalement financée par les salariés, par leur salaire. Elle est aussi financée par la CSG. Mais surtout, son unique but est de nous protéger : elle paie les hôpitaux, les médicaments, les retraites, les allocations familiales…Cela fait trop longtemps que l’Etat utilise NOTRE sécurité sociale pour palier sa propre incurie. Ce n’est pas à NOTRE sécurité sociale de financer le manque à gagner de la suppression de l’ISF !Comme elle l’était depuis sa création et jusqu’en 1995, il est plus que temps d’exiger que la sécurité sociale redevienne autonome, universelle, pour que les Français gèrent eux-mêmes leur protection, qu’ils financent eux-mêmes par leurs salaires. Sans intervention de l’Etat.

 

4°) Macron refuse avec des arguments éculés et démontés par tous, le rétablissement de l’ISF. Il annonce d’autres baisses d’impôts mais avec la flat tax, l’exit tax, c’est pour les grosses entreprises, pas pour les particuliers : le transfert des impôts des grosses entreprises sur ceux des ménages continue donc.

Or les cotisations et impôts acquittés par les entreprises ne se sont accrus en effet que de 6,4% entre 2008 et 2017, tandis que ceux payés par les ménages augmentaient de 22,3%, plus de 3 fois plus. Quant à ceux sur la consommation, ils se sont accrus également de 18,2%. Ca ne peut plus durer ! La TVA payée par tous représente les deux tiers du total de l’impôt perçu alors que l’impôt progressif sur les riches et les sociétés s’est drastiquement réduit.

Cette injustice fiscale est la cause première du soulèvement des gilets jaunes et Macron n’y répond pas du tout.

Une fois démasquée les ruses grossières de Macron pour faire croire qu’il fait des concessions aux salaires, tout le reste de son discours faussement larmoyant ne trompe personne : sans l’explosion des gilets jaunes et la mobilisation des salariés, des syndicats, des jeunes, Macron aurait continué de nous abreuver de son total mépris.

La réponse est le 14 décembre , et le 15 décembre acte V

 

 

Enfumage sur une non-hausse du Smic

 

Muriel Pénicaud exclut un « coup de pouce au smic »  car « on sait que cela détruit des emplois, ce n’est pas la bonne méthode » puis elle « propose un Smic à 1210 euros nets » : « cela ferait + 1,8 % du salaire minimum soit plus de 400 euros par an ». Puis, elle reconnaît qu’il y a 35 euros de rattrapage automatique de l’inflation (à 2,2 % ?) et ensuite que le complément annoncé par Macron pour atteindre 100 euros sera une « prime d’activité » déjà prévue laquelle ne sera pas à la charge des employeurs mais de l’état (donc payée par les impôts des salariés).

 

Rien ne tient debout dans tout ca !  Au contraire de ce que dit Pénicaud, c’est le Smic et les salaires trop bas qui détruisent des emplois, car les salariés ne peuvent consommer et c’est ça qui fait mourir les entreprises.

 

Même Angela Merkel qui avait fait sa campagne électorale de 2013 sur le thème « smic = chômage » a été obligée de reculer et d’instaurer un Smic à partir de 2015. Même aux Etats-Unis, une grande partie des Etats ont adopté un Smic à 15 dollars de l’heure. Au Portugal et en Espagne le Smic a été récemment augmenté. La France est 6° au niveau de Smic brut en Europe derrière le Luxembourg (1998,50 euros) l’Irlande (1613,95) les Pays bas (1594,20) la Belgique (1562,59) le Royaume Uni (1463,80) avec l’Allemagne (1498).

 

En 2018 le Smic pour 35 h hebdomadaires et 151, 66 h mensuelles est encore à hauteur de 1148,47 euros nets et de 1498,47 euros brut ? L’augmenter à 1248 euros nets le 1erjanvier 2019 janvier stoppe la perte de pouvoir d’achat accumulée depuis 12 mois, sans la compenser vraiment. Ca ne satisfera pas les besoins légitimes, les gilets jaunes le crient chaque jour.

 

D’autant que Macron veut « en même temps » ôter l’assurance chômage et maladie du salaire brut : combien cela fera t il en moins finalement sur le salaire brut sur le bulletin de paie ?

 

Booster le Smic, est-ce booster tous les salaires en cascade ? Oui, si les patrons acceptent de négocier et si l’indice  de la fonction publique est réévalué !

 

En juin 1968 quand le Smig (salaire minimum interprofessionnel garanti) avait été augmenté de 33 % et le Smag (salaire minimum agricole garanti) augmenté de 55 %, cela avait bénéficié à toutes les entreprises et ouvert plusieurs années de prospérité.

 

Il a fallu la grève généralisée de mai 68 et l’occupation, pas seulement des places des villes et des ronds-points des champs, mais de toutes les entreprises pour l’imposer : décembre 2018 le peut aussi !

 

Gérard Filoche

 

 

 

 

 

Quel ras-le-bol ? Celui de l’injustice fiscale

Le social au cœur

Quel ras-le-bol ? Celui de l’injustice fiscale

04/12/2018 | Jean-Jacques Chavigné

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La droite et les médias dominants n’ont pas lésiné sur les moyens. Et pourtant… La tentative du gouvernement, de LR et des néolibéraux de tout poil pour faire de la révolte des gilets jaunes contre une fiscalité injuste une révolte contre la fiscalité en général, au profit des plus riches, est en train d’échouer.

 

La plupart des médias dominants (à l’exception notable du Monde et, dans une moindre mesure, de Libération) se sont rués sur les dernières statistiques de l’Union européenne (Eurostat) pour stigmatiser « la France championne d’Europe des impôts ». La France n’a-t-elle pas consacré, en 2017, 48,4 % de son PIB pour financer « les prélèvements obligatoires », contre une moyenne de 40,2 % pour l’Union européenne ?

 

Haro sur l’impôt

 

Mais en quoi est-ce un problème ? Pour les compagnies d’assurance et les fonds de pension qui perdent ainsi beaucoup d’argent, on comprend que le problème existe, mais certainement pas pour les habitants de notre pays. La part des cotisations sociales (considérées comme un impôt !) s’élève à 18,8 % en France, contre 13,3 % en moyenne pour l’Union européenne. Cela signifie qu’ailleurs, en Europe, il faut souscrire des assurances privées qui coûtent beaucoup plus cher à chaque souscripteur, pour des soins le plus souvent de moins bonne qualité. Il en va de même pour la part du PIB consacré aux retraites financées par les systèmes par répartition et qui échappent, ainsi, aux fonds de pension.

 

Le problème serait plutôt dans le fait que, selon les même statistiques, l’impôt sur le revenu (un impôt progressif à la différence de la TVA dont le taux est le même pour le titulaire d’un RSA et pour Carlos Ghosn) et l’impôt sur le patrimoine (qui privilégie les plus riches) est inférieur de 0,3 % à la moyenne européenne.

 

Les médias dominants ont même ressorti de la naphtaline le « jour de la libération fiscale ». Ce jour se situerait le 27 juillet en France en 2018. Ce jour-là, chaque habitant de notre pays ne travaillerait plus que pour lui-même, alors que les 208 premiers jours de l’année auraient été consacrés à payer l’État. Les médias concernés se gardent bien de préciser que sans ces versements à l’État, chaque habitant de notre pays aurait dû financer son tout-à l’égout, payer un péage pour rouler sur les routes nationales et départementales ou pour franchir un pont quel qu’il soit, financer ses études (depuis la maternelle) et celles de ses enfants, payer ses frais médicaux et hospitaliers (ou souscrire une assurance privée qui ne serait pas une simple complémentaire mais couvrirait tous les frais)… On comprend aisément quels seraient les (très nombreux) perdants et les (quelques) gagnants.

 

Ras-le-bol fiscal ou colère sociale ?

 

Les gilets jaunes ne partagent pas le « ras-le-bol » fiscal des libéraux. Ce qu’ils ne supportent pas, c’est l’injustice fiscale. Leurs déclarations, leurs messages sur les réseaux sociaux, les sondages l’attestent. Combien de pancartes ne reprennent-elles pas, d’une façon ou d’une autre, le mot d’ordre de Ruffin : « Rends d’abord l’ISF ! »

 

Les gilets jaunes sont particulièrement bien placés pour savoir l’importance des services publics (financés par les impôts), car ils les voient régulièrement diminuer, qu’ils habitent dans les zones rurales ou dans les zones périphériques : chemins de fer, hôpitaux de proximité, Poste, écoles…

 

« L’élément de langage » qui tourne en boucle sur nombre de chaînes de télévision ou d’antennes radio n’a aucun sens « Comment peut-on être pour moins d’impôts et plus de services publics ? ». Il n’y a aucune contradiction : il suffit d’augmenter les impôts des riches et des sociétés, d’instaurer une fiscalité progressive et d’arrêter de taxer ceux qui arrivent de plus en plus difficilement à boucler leurs fins de mois.

 

Une double injustice

 

Les gilets jaunes ont parfaitement conscience d’une double injustice. D’un côté, ils ont parfaitement compris que les impôts des riches et des sociétés ne cessaient de diminuer : 38 milliards de cadeaux sous forme d’exonération de cotisations sociales et de CICE pour les entreprises en 2019, flat tax de 30 % pour les revenus du capital, suppression de l’ISF… Tout cela en pure perte (sauf pour les dividendes des actionnaires), car le nombre de chômeurs ne descend pas en-dessous de 6,5 millions. Les gilets jaunes savent aussi que ni le kérosène, ni le carburant maritime (pourtant des plus polluants), ne subissent les mêmes taxes que celles qu’on leur impose.

 

D’un autre côté, leur pouvoir d’achat stagne : les salaires n’augmentent qu’au compte-gouttes, les retraites ne sont plus indexées sur l’inflation, l’augmentation de la CSG frappe 60 % des retraités, la baisse de la taxe d’habitation est bien souvent réduite à néant par l’augmentation des taux car les collectivités locales ne peuvent plus faire face à leurs dépenses, et les prix augmentent en cascade dans tous les secteurs (énergie, alimentation, timbres, contrôle technique des voitures…)

 

Et, en plus de cela, il faut subir la morgue d’un Macron qui affirme que, si l’on veut trouver un travail, « il suffit de traverser la rue » ou de la ministre du Travail qui prend les salariés pour des imbéciles en leur annonçant que bien qu’il n’y ait pas de « coup de pouce » pour le Smic, ce dernier augmentera d’environ 2 % grâce à l’inflation ! Comme si les salariés ne pouvaient pas comprendre que cette augmentation ne faisait que compenser l’augmentation des prix !

 

L’augmentation des taxes sur les carburants a, dans ce contexte, été la goutte qui a fait déborder le vase.

 

Fiscalité punitive

 

La fiscalité sur les carburants est une fiscalité punitive qui n’a rien à voir avec l’écologie. Une très faible partie de l’augmentation de la taxe sur les carburants va en effet à la transition écologique. Mais là n’est pas l’essentiel. La principale question à se poser est celle de savoir si cette augmentation va changer le comportement des habitants des zones rurales et périphériques. Il ne s’agit pas de taxer pour le plaisir de taxer.

 

Le mouvement des gilets jaunes met en lumière ce qui était un impensé d’une bonne partie de la gauche sur la question de la taxe carbone et tout particulièrement sur l’augmentation des taxes des carburants : il n’est pas possible d’utiliser l’arme fiscale tant que les gens qui utilisent une voiture n’ont pas la possibilité de faire autrement. Cette fiscalité est alors uniquement une fiscalité punitive qui aboutit à renforcer ceux qui, à droite et à l’extrême droite, nient le basculement climatique ou s’en soucient comme d’une guigne .

 

Les néolibéraux sont persuadés que la politique fiscale crée des incitations qui influencent le marché et que les « agents rationnels » ne peuvent que fuir l’impôt et adapter aussitôt leur comportement*. Là encore, ce raisonnement se heurte au même roc de la réalité que l’argument précédent : les « agents rationnels » voient leur comportement déterminé par beaucoup d’autres éléments que la fiscalité et notamment par un élément essentiel : la possibilité de choisir ou de ne pas choisir un autre mode de déplacement que la voiture. C’est exactement le cas des habitants des zones rurales et périphériques qui n’ont pas d’autres moyens pour aller au travail et en revenir, amener leurs enfants à l’école, aller chez le médecin, faire leurs courses au supermarché…

 

Que faire ?

 

La voiture électrique n’est pas, aujourd’hui, une solution. Même avec une prime plus importante, il restera encore à financer « tout le reste » comme l’affirmait un gilet jaune à la télévision et « je n’ai pas le premier sou pour le faire »…Beaucoup de gens ont, en effet, difficilement les moyens de payer les réparations de leur (vieille) voiture ou le contrôle technique de leur véhicule.

 

Ce n’est que lorsque les habitants des zones rurales ou périphériques auront la possibilité matérielle d’utiliser d’autres moyens de transports que la voiture à essence ou au diesel qu’il sera possible d’utiliser la fiscalité afin d’inciter à utiliser ces nouveaux moyens de transport. Mais pour que ce choix existe, il faudra des investissements publics massifs (trains, bus électriques confortables et souples), car investir dans ces zones n’est pas rentable d’un point de vue capitalistique.

 

Tant que les conditions d’un choix d’utiliser ou non une voiture n’existeront pas dans les zones rurales ou périphériques, aucune augmentation des taxes sur les carburants n’est acceptable.

 

Toutes celles et tous ceux qui sont persuadés que le basculement climatique est un danger absolu pour la planète devraient accepter ce constat. Le mouvement des gilets jaunes est un moment déterminant pour montrer aux habitants des zones rurales et périphériques que les partisans de l’écologie ne veulent pas d’une fiscalité punitive, et expliquer aux habitants des centres-villes que la transition énergétique ne pourra se faire sans justice sociale.

 

Cet article de notre camarade Jean-Jacques Chavigné est à retrouver dans le numéro de décembre de la revue Démocratie&Socialisme

 

* Voir à ce sujet le savoureux article de Michel Husson sur le site À l’encontre : « Les fondements microéconomiques de la connerie » (http://alencontre.org/economie/les-fondements-microeconomiques-de-la-connerie.html).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

unité syndicale avec les gilets jaunes pour nos salaires

bis Déclaration intersyndicale 43

 

Justice sociale, justice climatique : c’est un changement de cap qu’il faut imposer

Justice sociale, justice climatique : c’est un changement de cap qu’il faut imposer

A Montpellier, occupation du rond-point du Près d'Arènes le 1er décembre.

A Montpellier, occupation du rond-point du Près d’Arènes le 1er décembre. Photo David Richard. Transit pour Libération

A l’initiative d’Attac et de la Fondation Copernic, syndicalistes, responsables associatifs et politiques, chercheur·es, universitaires ou artistes appellent à manifester pacifiquement dans la rue massivement le 8 décembre, journée de mobilisation internationale pour la justice climatique, en convergence avec la quatrième journée de mobilisation des gilets jaunes.

  • Justice sociale, justice climatique : c’est un changement de cap qu’il faut imposer

Tribune. Le mouvement des gilets jaunes met dans le débat public l’ensemble de la politique sociale du gouvernement. Plus largement ce sont les politiques néolibérales mises en œuvre par les gouvernements successifs depuis des décennies qui sont en cause. Fins de mois de plus en plus difficiles, précarisation toujours accrue du travail, injustice fiscale, conditions de vie qui se détériorent, telle est la situation subie par la majorité de la population. Ce qui touche en particulier les femmes, très nombreuses à se mobiliser dans ce mouvement. Dans le même temps, l’évasion fiscale n’a jamais été aussi importante et les plus riches se sont vu offrir de multiples allègements d’impôts : suppression de l’ISF, flat tax de 30 % pour les revenus du capital qui ne sont plus soumis à l’impôt progressif, baisse de l’impôt sur les sociétés… Dans ces conditions, l’augmentation des taxes sur les carburants est apparue comme «la goutte d’eau qui a fait déborder le vase».

En dépit d’une tentative de mainmise de l’extrême droite sur le mouvement, celui-ci se caractérise par son auto-organisation horizontale et pose l’exigence d’une démocratie réelle contre une présidence autoritaire et méprisante. A l’heure où se déroule la COP 24 en Pologne et où la lutte contre le réchauffement climatique est urgente, ce mouvement met également en évidence le lien entre la question sociale et les impératifs écologiques : les plus grands pollueurs sont exonérés de tout effort, les principales causes du réchauffement climatique ne sont pas traitées, la casse des services publics et des commerces de proximité et l’étalement urbain se poursuivent, les alternatives en matière de transport en commun ne sont pas développées. Le modèle du logement social en France est en mis en péril par sa marchandisation au profit des grands groupes privés. Dans ces conditions, ce n’est certainement pas aux classes moyennes et populaires de payer la transition écologique.

La politique du gouvernement ne répond ni à la colère sociale ni aux impératifs écologiques. Le gouvernement laisse les multinationales et les lobbys productivistes n’en faire qu’à leur tête en privilégiant toujours plus leur intérêt propre et celui de leurs actionnaires au détriment du plus grand nombre et de l’avenir de la planète. Pendant des jours, le gouvernement a campé sur une posture intransigeante, refusant le moindre geste et clamant qu’il maintenait le cap et ce, malgré le fait qu’une énorme majorité de la population soutenait ce mouvement. Cette attitude a entraîné une exaspération croissante qui a conduit à des actes de violence dont le gouvernement pouvait espérer tirer parti. Cela n’a pas été le cas et le soutien de la population est resté massif.

Le gouvernement vient d’annoncer, entre autres, le gel, puis l’annulation de l’augmentation des taxes sur les carburants. C’est un premier recul mais c’est trop peu, trop tard, car c’est de toute la politique sociale et de ses conséquences économiques et écologiques qu’il faut discuter. Alors même que la jeunesse a décidé de se mettre en mouvement pour contester les choix éducatifs du pouvoir, c’est un changement de cap qu’il faut imposer. Pour commencer, il faut répondre aux revendications syndicales en augmentant le smic et en revenant sur le plafonnement de l’augmentation des retraites à 0,3 %, rétablir l’ISF et taxer les multinationales, dont Total, les Gafa et les banques qui financent les énergies fossiles pour investir massivement dans l’isolation thermique des bâtiments et les énergies renouvelables.

C’est pourquoi, les soussigné·es, syndicalistes, responsables associatifs et politiques, chercheur·es, universitaires, artistes, etc., soutiennent les revendications de justice fiscale et sociale portées par le mouvement des gilets jaunes. Ils appellent la population à se mobiliser pour imposer une politique qui permette de mieux vivre, et à manifester pacifiquement dans la rue massivement le 8 décembre, journée de mobilisation internationale pour la justice climatique, en convergence avec la quatrième journée de mobilisation des gilets jaunes.

Les signataires

Christophe Aguiton, membre d’Attac ; Verveine Angeli, Solidaires ; Cathy Apourceau-Poly, sénatrice PCF, Pas-de-Calais ; Eliane Assassi, sénatrice, présidente du groupe CRCE ; Antoine Atthalin, militant altermondialiste ; Didier Aubé, Solidaires ; Clémentine Autain, députée LFI ; Geneviève Azam, économiste, ancienne porte-parole d’Attac ; Emmanuel Aze, porte-parole Confédération paysanne 47 ; Albena Azmanova, University of Kent, Brussels ; Marinette Bache, conseillère de Paris, présidente de Résistance sociale ; Daniel Bachet, sociologue ; Sebastien Bailleul, délégué général du Crid ; Jacqueline Balsan, présidente du MNCP ; Louis-Marie Barnier, sociologue du travail, conseil scientifique d’Attac ; Francine Bavay, écologie sociale ; Emmanuelle Becker, conseillère de Paris PCF ; Esther Benbassa, sénatrice de Paris EE-LV ; Nicolas Béniès, économiste ; Ugo Bernalicis, député LFI ; Sophie Béroud, politiste ; Eric Berr, économiste atterré ; Jacques Berthelot, économiste ; Olivier Besancenot, porte-parole du NPA ; Eric Beynel, co-délégué général Solidaires ; Jacques Bidet, philosophe ; Martine Billard, ancienne députée écologiste, oratrice nationale LFI ; Philippe Blanchet, universitaire, Rennes; Catherine Bloch-London, sociologue; Eric Bocquet, sénateur du Nord, PCF; Frédéric Bodin, Solidaires; Julien Boeldieu, syndicaliste CGT; Jérôme Bonnard, Solidaires; Claire Bornais, syndicaliste FSU; Hadrien Bortot, membre du Conseil National du PCF; Nicole Borvo Cohen-Séat, sénatrice honoraire; Paul Bouffartigue, directeur de recherche, CNRS; Edith Boulanger porte-parole du Mouvement de la Paix; Ali Boulayoune, sociologue; Philippe Boursier, professeur de SES, membre de la Fondation Copernic; Omar Brixi, médecin et enseignant en santé publique; Ian Brossat, adjoint de Paris, PCF; Céline Brulin, sénatrice de seine maritime, PCF; Alain Bruneel, député du Nord, PCF; Mireille Bruyère, économiste atterrée; Marie-George Buffet, députée de Seine-Saint-Denis, PCF ; Laurent Cadreils, syndicaliste FSU; Claude Calame, historien, conseil scientifique d’Attac; Sílvia Capanema, conseillère départementale vice-présidente de Seine-Saint-Denis, historienne; Jean-Claude Chailley, secrétaire général de Résistance Sociale; Patrick Chamoiseau, écrivain; Vincent Charbonnier, syndicaliste SNESUP-FSU; Léo Charles, économiste; André Chassaigne, député Puy de Dôme, président du groupe GDR ; Pascal Cherki, conseiller de Paris, Génération·s; Stéphanie Chevrier, éditrice; Patrick Cingolani, sociologue; Laurence de Cock, historienne, Fondation Copernic; Laurence Cohen, sénatrice Val de Marne, PCF; Patrice Cohen-Séat, président honoraire d’Espaces-Marx; Pierre-Yves Collombat, sénateur du Var; Maxime Combes, membre d’Attac; Eric Coquerel, député LFI et co-coordinateur du PG; Alexis Corbière, député LFI; Sergio Coronado, militant écologiste ; Jacques Cossart, économiste; Eric Coquerel, député LFI et co-coordinateur du PG; Alain Couderc, militant AC!; Annick Coupé, secrétaire générale d’Attac; Pierre Cours-Salies, sociologue; Thomas Coutrot, économiste, ancien porte-parole d’Attac; Robert Crémieux, revue partage; Alexis Cukier, philosophe, université de Poitiers; Cécile Cukierman, sénatrice de la Loire, PCF; Alain Damasio, écrivain; Christian De Montlibert, sociologue; Christian Delarue, fonctionnaire d’État, syndicaliste CGT; Christine Delphy, sociologue; Pierre Dhareville, député des Bouche du Rhône, PCF; Cyril Dion, auteur, réalisateur; Emmanuel Dockes, professeur de droit; Jean-Michel Drevon, institut de recherche de la FSU; Clémence Dubois – porte-parole de 350.org France; Vincent Dubois, professeur de science politique, université de Strasbourg; François Dubreuil, EELV, Unis pour le climat; Olivier Dubuquoy, géographe, militant écologiste; Jean-Paul Dufregne, député de l’Allier, PCF ; Cédric Durand, économiste; Simon Duteil, Solidaires; Stéphane Enjalran, Solidaires; Jean Baptiste Eyraud, porte parole du DAL; Colin Falconer, militant d’Ensemble ; Patrick Farbiaz, écologie sociale; Didier Fassin, professeur de sciences sociales, Institut d’étude avancée, Princeton; Elsa Faucillon, députée des Hauts-de-Seine, PCF; Sélyne Ferrero, militante féministe; Caroline Fiat, députée LFI; Gérard Filoche, membre de la Gauche Démocratique ; Sociale; David Flacher, économiste, porte-parole du Mouvement Utopia; Fabrice Flipo, membre conseil scientifique d’Attac; Fanny Gaillanne, conseillère de Paris; Nicolas Galepides, secrétaire général Sud PTT; Yves-Jean Gallas, Mouvement de la Paix; Jean-Louis Galmiche, Solidaires; Isabelle Garo, enseignante; Pascal Gassiot, activiste; Alain Gaulon, universitaire, président de la fédération CNL du Val-de-Marne; Fabien Gay, sénateur de la Seine-Saint-Denis, PCF; Vincent Gay, syndicaliste Snesup-FSu; Bertrand Geay, sociologue ; Didier Gelot, économiste, Fondation Copernic ; Frédérick Genevée, historien; Susan George, présidente d’honneur d’Attac; Karl Ghazi, syndicaliste CGT ; Vanessa Ghiati, conseillère régionale IDF, PCF – Front de Gauche; Jérome Gleizes, enseignant université Paris-XIII, EELV; Cécile Gondard-Lalanne, co-déléguée général Solidaires; Guillaume Gontard, sénateur de l’Isère, EELV; Pierre-Henri Gouyon, professeur au Muséum National d’Histoire Naturelle ; Michelle Greaume, sénatrice du Nord, PCF; Murielle Guilbert, Solidaires; Victoire Guillonneau – chargée d’organisation à 350.org France ; Janette Habel, politologue, coprésidente de la Fondation Copernic; Jean-Marie Harribey, co-président du conseil scientifique d’Attac et économiste atterré; Marie Haye, syndicaliste FSU; Ingrid Hayes, historienne; Odile Henry, sociologue; Anne Hessel, Nouvelle Donne; Hervé Heurtebize, syndicaliste FSU; Pamela Hocini, animatrice Espace des Luttes LFI; Robert Injey, membre du conseil national du PCF; Lucien Jallamion, République et Socialisme; Kévin Jean, président de Sciences Citoyennes; Fanny Jedlicki, sociologue; Esther Jeffers, économiste, co-présidente du conseil scientifique d’Attac ; Florence Johsua, politiste, Université Paris-Nanterre, membre de la Fondation Copernic; Anne Jollet, historienne, maîtresse de conférences à l’université de Poitiers; Isaac Joshua, économiste membre du conseil scientifique d’Attac et de la Fondation Copernic ; Samy Joshua, universitaire; Marianne Journiac, République et Socialisme; Sébastien Jumel, député de Seine-Maritime, PCF; Philippe Juraver, orateur national LFI, co-coordinateur Espace des Luttes LFI; Emma Justum, DIEM25; Fadi Kassem, pour le PRCF; Pierre Khalfa, économiste, Fondation Copernic; Michel Kokoreff, sociologue; Isabelle Krzywkowski, universitaire; L’1consolable, chanteur; Bastien Lachaud, député LFI; Marie Lacoste, secrétaire du MNCP; Bernard Lacroix, politiste; Romain Ladent, militant associatif; Jean Lafont, mouvement écolo; Rose-Marie Lagrave, sociologue; Elie Lambert, Solidaires; Sandra Laugier, professeure de philosophie, Paris 1, Institut Universitaire de France; Pierre Laurent, sénateur de Paris, PCF; Michel Larive, député LFI ; Mathilde Larrère, historienne, membre de la Fondation Copernic; Pierre Laurent, sénateur PCF; Hervé Le Crosnier, éditeur; Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, député européen, PCF- GUE; Yann Le Lann, président d’Espaces Marx; Serge Le Quéau, membre du conseil scientifique d’Attac, membre de l’Union syndicale des Côtes d’Armor; Catherine Leclercq, sociologue; Jean-Paul Lecoq, député de Seine-Maritime, PCF; Clément Lefevre, syndicaliste FSU; Remi Lefebvre, politiste ; Sarah Legrain, secrétaire nationale du PG et membre de la Fondation Copernic; Arnaud Lelache, co-président Nouvelle Donne; Paul Lemonnier, FSU; Elliot Lepers, directeur de l’ONG le mouvement; Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris; Daniel Linhart, sociologue; Pierre Lucot, membre du bureau national du mouvement Utopia ; Frédéric Lordon, économiste; Elise Lowy, sociologue, mouvement écolo ; Nicole Lozano, co-présidente Nouvelle Donne; Laurence Lyonnais, Ensemble Insoumis, candidate sur la liste Europe Insoumise; Pascal Maillard, syndicaliste FSU; Jean Malifaud, syndicaliste SNESUP-FSU; Jean-Claude Mamet, Ensemble!; Marc Mangenot, économiste, responsable associatif; Sophia Mappa, professeure honoraire, psychanalyste et consultante internationale; Jean-Christophe Marcel, sociologue; Myriam Martin, Ensemble, élue régionale LFI; Gaëlle Martinez, Solidaires ; Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT; Christiane Marty, féministe, chercheuse; Gustave Massiah, membre du conseil scientifique d’Attac; Sonia Masson, comédienne; Jean-Luc Mélenchon, député LFI ; Marilza de Melo Foucher, économiste et journaliste; Georges Menahem, membre du conseil scientifique d’Attac ; Roland Mérieux, Ensemble!; Julian Mischi, sociologue; Claire Monod, coordinatrice nationale Génération.s; Bénédicte Monville, conseillère régionale Ile-de-France; Corinne Morel-Darleux, militante écosocialiste, conseillère régionale Auvergne-Rhône-Alpes; Frank Mouly, membre de la direction du PCF; Émilie Moutsis, artiste plasticienne; Erik Neveu, politiste; Evelyne Ngo, Solidaires; Roland Nivet, porte-parole du Mouvement de la Paix; Gérard Noiriel, historien; Alain Obadia, président de la fondation Gabriel Péri; Danièle Obono, députée LFI ; Pierre Ouzoulias, sénateur des Hauts-de-Seine, PCF; Ugo Palheta, sociologue et maître de conférences à l’université de Lille; Guillaume Pastureau, membre du conseil scientifique d’Attac; Mathilde Panot, députée LFI ; Sébastien Peigney, Solidaires ; Willy Pelletier, sociologue, membre de la Fondation Copernic; Stephane Peu, député de la Seine-Saint-Denis, PCF; Guillaume Pigeard de Gurbert, professeur de philosophie; Michel Pinçon, sociologue; Monique Pinçon-Charlot, sociologue; Carl Pivet, militant AC!; Dominique Plihon, porte-parole d’Attac; Emmanuel Poilane, président du CRID; Matthieu Ponchel, collectif Climat Social; Jean-François Ponsot, économiste atterré, professeur à l’université de Grenoble; Véronique Ponvert, syndicaliste FSU ; Thomas Porcher, économiste ; Véronique Poulain, Solidaires; Christine Poupin, porte-parole du NPA; Philippe Poutou, porte-parole du NPA; Raphaël Pradeau, porte-parole d’Attac ; Loïc Prud’homme, député LFI; Christine Prunaud, sénatrice Côtes-d’Armor, PCF; Romain Pudal, sociologue; Serge Quadruppani, écrivain; Adrien Quatennens, député LFI; Guillaume Quintin, animateur Espace des Luttes LFI; Josep Rafanell i Orra, psychologue et psychothérapeute; Christophe Ramaux, économiste; Jean-Hugues Ratenon, député LFI; Philippe Reig, République et Socialisme ; Emmanuel Renault, enseignant de philosophie, Université Paris Nanterre; Muriel Ressiguier, députée LFI ; Michelle Riot-Sarcey, historienne; Jean Rochard, producteur de musique ; Daniel Rome, enseignant, militant altermondialiste; Roberto Romero, Responsable National du secteur international de Génération.s; Cécile Ropiteaux, syndicaliste FSU; Sabine Rosset, directrice de BLOOM; Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord; Sabine Rubin, député LFI; François Ruffin, député LFI; Jean-Michel Ruiz, conseiller régional IDF, PCF – Front de Gauche; Gilles Sabatier, membre d’Attac; Jean-Claude Salomon, membre du conseil scientifique d’Attac; Catherine Samary, économiste altermondialiste; Diogo Sardinha, philosophe, ancien président du Collège international de philosophie; Pascal Savoldelli, sénateur du Val-de-Marne, PCF; Luc Schaffauser, syndicaliste CGT, République et Socialisme; Jean-Christophe Sellin, secrétaire national du PG et conseiller régional Occitanie ; Nicolas Sembel, sociologue; Guillaume Sibertin-Blanc, professeur des universités, Paris 8; Denis Sieffert, Politis; Corine Siergé, APEIS; Cécile Sihouette, Ensemble!; Johanna Silva, membre du collectif La Fête à Macron; Patrick Simon, démographe; Danielle Simonnet, co-coordinatrice du PG et conseillère de Paris; Yves Sintomer, membre du conseil scientifique d’Attac; Francis Sitel, Ensemble!; Philippe Sultan, membre de la Fondation Copernic; Bénédicte Taurine, députée LFI; Jacques Testart, directeur honoraire de recherches à l’Inserm; Michel Thomas, professeur honoraire de médecine interne; Eric Thouzeau, conseiller régional de la Gauche démocratique et sociale (GDS); Michel Thomas, professeur honoraire de médecine interne; Jean Tosti, professeur de lettres; Eric Toussaint, historien, politologue, porte-parole international du CADTM; Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac; Christophe Ventura, rédacteur en chef de Mémoire des luttes et chercheur en relations internationales; Marie-Pierre Vieu, députée européenne PCF, Gauche Unie Européenne; Philippe Villechalane, APEIS; Emmanuel Vire, secrétaire général du SNJ-CGT; Christophe Voillot, syndicaliste Snesup-FSU; Louis Weber, syndicaliste, éditeur; Hubert Wulfranc, député de la Seine-Maritime; Youlie Yamamoto, membre du collectif La Fête à Macron; Sophie Zafari, syndicaliste, FSU; Laurent Zappi, syndicaliste, FSU; Malika Zediri, militante.

Un collectif de politiques et de personnalités civiles

 

« Fin de monde ?  » par Fréderic Lordon

Fin de monde ?

Frédéric Lordon, 5 décembre 2018 – Blog du Monde Diplomatique

(…)

En tout cas, dans le paysage général de la violence, les médias, surtout audiovisuels, ont toujours pris ce qui les arrangeait en ayant bien soin de laisser le reste invisible, donc la violence incompréhensible, par conséquent à l’état de scandale sans cause : le mal à l’état pur. Mais pourquoi, et surtout au bout de quoi, les Conti envahissent-ils la sous-préfecture de Compiègne, les Goodyear séquestrent-ils leur direction, les Air France se font-ils une chemise de DRH, et certains gilets jaunes sont-ils au bord de prendre les armes ?

 

Qu’est-ce qu’il faut avoir fait à des gens ordinaires, qui ont la même préférence que tout le monde pour la tranquillité, pour qu’ils en viennent à ces extrémités, sinon, précisément, les avoir poussés à toute extrémité ?

Le déni de la violence sociale est cette forme suprême de violence à laquelle Bourdieu donnait le nom de violence symbolique, bien faite pour que ses victimes soient réduites à merci : car violentées socialement, et méthodiquement dépouillées de tout moyen d’y résister « dans les formes » puisque tous les médiateurs institutionnels les ont abandonnées, elles n’ont plus le choix que de la soumission intégrale ou de la révolte, mais alors physique, et déclarée d’emblée odieuse, illégitime et anti-démocratique — normalement le piège parfait.

 

Vient cependant un moment où la terreur symbolique ne prend plus, où les verdicts de légitimité ou d’illégitimité volent à leur tour, et où la souffrance se transforme chimiquement en rage, à proportion de ce qu’elle a été niée. Alors tout est candidat à y passer, et il ne faudra pas s’en étonner : permanences de députés, banques, hôtels particuliers, préfectures, logiquement plus rien n’est respecté quand tout a failli.

Il est vrai qu’à ceux qui ont lié leur position et leurs avantages au cadre du moment, et qui n’ont cessé de répéter qu’il n’y en avait ni de meilleur ni simplement d’autre possible, l’irruption du hors-cadre radical ne laisse aucune autre solution de lecture que « l’aberrant », le « monstrueux », ou mieux encore, quand elle est « avérée », la « violence ». Encore fallait-il qu’elle demeure marginale pour pouvoir être maintenue dans son statut de monstruosité, et puis aussi qu’on occulte systématiquement la responsabilité de celle des forces de police.

 

Mais ce sont ces deux conditions qui sont en train d’être détruites en ce moment.

 

La première parce que les « gilets jaunes » offrent à profusion cette figure incompréhensible pour les pouvoirs, des « braves gens enragés ». « Enragé » normalement c’est « enragé », c’est-à-dire ultra-radical-minoritaire. Ça ne peut pas être « braves gens », qui veut dire majorité silencieuse — ou bien contradiction dans les termes. Or, si. Assez simplement même : on est enragé quand on est poussé à bout. Il se trouve qu’au bout de 30 ans de néolibéralisme parachevés par 18 mois macroniens de guerre sociale à outrance, des groupes sociaux entiers ont été poussés à bout. Alors enragés.

(…)

Croyant que ce dont ils ne parlent pas n’existe pas, les médias ne les avaient pas vu venir ces enragés-là. Mais voilà, ils sont là, produits d’une longue et silencieuse accumulation de colère, qui vient de rompre sa digue. Ceux-là on ne les fera pas rentrer facilement à la maison. Et ceci d’autant moins qu’avec la naïveté des « braves gens », ils ont expérimenté, à l’occasion de leur première manifestation pour beaucoup d’entre eux, ce que c’est que la violence policière. En sont restés d’abord sidérés. Puis maintenant, s’étant repris, dégoupillés pour de bon. Alors on ne compte plus ceux qui, à l’origine « braves gens » certifiés, sont pris dans un devenir-casseur — comme certains autres, débitant des palettes sur un rond-point pour construire une cabane, sont pris dans un étonnant devenir-zadiste.

 

Gageons d’ailleurs que des révisions de grande ampleur doivent être en train de s’opérer dans leurs esprits. Car tous ces gens qui depuis 2016 et la loi El Khomri, jusqu’à 2018 avec Notre-Dame-des-Landes et les ordonnances SNCF, avaient été abreuvés de BFM et de France Info, invités à pleurer les vitres de Necker, se retrouvent aujourd’hui dans la position structurale des casseurs, en vivent la condition de violence policière et médiatique, et savent un peu mieux à quoi s’en tenir quant à ce que ces deux institutions diront désormais des « ultras violents radicalisés ». En tout cas c’est très embêtant pour les chaînes d’information en continu cette affaire : car si le devenir-casseur prend cette extension, que pourra donc encore vouloir dire « casseur » ?

 

L’autre condition est de maintenir les agissements réels de la police hors-champ. Sur ce front-là, on se battra jusqu’au bout dans les chefferies audiovisuelles. Le mensonge par occultation est général, acharné, épais comme de la propagande de dictature. La population basculerait instantanément dans l’indignation si elle avait l’occasion de voir le dixième de ce que les grands médias audiovisuels lui cachent systématiquement, ainsi ces vidéos d’une vieille dame en sang gazéeou d’un retraité matraqué. Quand France Info nous avait saoulés jusqu’à la nausée des vitres de Necker ou du McDo en feu, aucun flash à la mi-journée de lundi n’avait encore informé de la mort d’une octogénaire tuée par une grenade lacrymogène. Les robots de BFM n’opposent jamais aucune image aux syndicalistes policiers qui disent qu’on les « matraque » (sic !) et qu’on les « mutile ». Mais, si les mots ont encore un sens, de quel côté du flashball ou du lanceur de grenades compte-t-on les éborgnés et les mains arrachées

 

On ne sache pas qu’il se soit encore trouvé un seul grand média audiovisuel pour montrer en boucle, comme ils le font d’habitude, aux « braves gens » pas encore devenus casseurs cette vidéo d’un jeune homme roué de coups par huit policiers, qui achèverait de les informer sur le degré de confiance qu’il convient d’avoir en la « police républicaine » quand on met tout ça — ces dizaines de vidéos, ces centaines de témoignages— bout à bout.

(…)

Mais alors quoi ? L’armée ? L’adolescent désaxé qui est à l’Élysée en est très capable : n’utilise-t-il pas contre sa population des grenades qui sont des armes de guerre, et n’a-t-il pas fait placer des snipers avec fusils à lunettes au sommet de quelques bâtiments parisiens, image des plus impressionnantes, étonnamment offerte par Le Mondequi est peut-être en train de se demander lui aussi s’il n’est pas temps de lâcher son encombrant protégé dans un virage ?

(…)

 

Ce pouvoir est honni car il s’est méthodiquement rendu haïssable. Il paye une facture sans doute venue de très loin, mais dont il est le parachèvement le plus forcené, par conséquent l’endosseur le plus logique. Il n’a plus pour se cramponner que le choix de la répression sanglante, peut-être même de la dérive militaire. Il ne mérite plus que de tomber.