le travail doit être au coeur du programme du NFP 27

Quelle marge de manœuvre aura le candidat commun du NFP ? demande la presse à Lucie Castets lors de la reunion du 2 juillet

Elle répond : « Ma vision serait un socle programmatique commun en partant du programme du NFP. On y intégrerait les discussions avec la société civile et organisée ainsi que le travail de fond mené par les partis. Ensuite, on sélectionnerait une dizaine de sujets communs, sur lesquels on serait tous d’accord, et chaque candidat choisirait deux ou trois priorités parmi ce socle pour qu’il y ait quand même de la différenciation et que ça ne soit pas juste une primaire de casting. »

Sécurité, immigration, déficit, réarmement… Les grands sujets de la présidentielle se posent petit à petit, et la gauche a du mal à ramener la discussion sur son terrain. Le peut-elle ? redemande la presse.

Lucie Castets répond à nouveau : « Je pense que la France est un pays d’électeurs de gauche qui s’ignorent. Il faut réfléchir aux combats qu’on veut mener pour être davantage audibles que nous le sommes depuis dix ans. On a trop laissé de côté les questions économiques et sociales pour accepter d’aller, avec un mauvais angle et en des termes souvent problématiques, sur les questions culturelles au sens large, identitaires, où on perd toujours. Je pense sincèrement qu’il faut parler de sécurité ou d’immigration mais différemment. Pas en des termes qu’on se laisse imposer. Et il ne faut jamais abandonner le champ économique et social. La préservation des services publics, c’est ce qui nous protégera de l’extrême droite et de l’ubérisation de la société. »

Ajoutons clairement, nous autres : la question du travail et du partage des fruits du travail, de la redistribution des richesses doit d’abord être au cœur de toute démarche gagnante. Seul le travail crée de la valeur. Aujourd’hui, avec Macron elle est pillée par le capital, demain avec Le Pen elle le serait encore plus brutalement, avec nous ce pillage cessera.

La liste des conventions thématiques prévue le 2 juillet pour débattre de l’actualisation du programme du NFP avec les électeurs du NFP n’a pas été finalisée à ce jour, nous dit-on.  Il faut, selon nous, qu’il y ait une convention sur le travail et la sécurité sociale et les retraites qui lui sont attachées : le code du travail doit être reconstruit, développé, la présomption de salariat avec tous ses droits annexes doit l’emporter définitivement contre l’uberisation, la sécurité sociale universelle à 100% doit l’emporter, et nos retraites décentes à 60 ans par répartition doivent être assurées. Smic à 2000 euros brut, retraite à 60 ans, 32 h, 6° semaine de congés payés, pas plus de 5% de non CDI par entreprise, contrôle des licenciements, salaire maxima à 20 fois le Smic, revivification des institutions représentatives du personnel, CHSCT, droits syndicaux, prud’hommes efficaces, médecine du travail redéveloppée, inspection du travail renforcée :  tels sont les enjeux vitaux des 30 millions de salariés et des trois millions d’actifs indépendants que nous serons amenés à représenter.

 

« Ça n’intéresse personne ! » dit Melenchon de la réunion du NFP du 2 juillet

ah bon ?

Le NFP a eu 9 millions de voix le 30 juin et a désigné 192 députés le 7 juillet 2024, premier groupe parlementaire a l’Assemblée nationale. Le NFP est composé et soutenu par 20 partis, dont 7 ont des députés.

Cinq de ces partis se réunissent le 2 juillet pour discuter et planifier la suite de l’union. Ils ont mis sur pied un agenda de désignation d’une candidature commune pour 2027 et pour débattre de l’actualisation collective du programme du NFP d’ici là.

Et Mélenchon dit « ça n’intéresse personne ».

Kesaco ? Ça l’intéresse au moins lui, puisqu’il en parle. Est-ce à dire qu’il dit aux autres « ça ne vous intéresse pas, ne vous y intéressez pas » ? À quI dit-il ça ? aux 9 millions d’électeurs qui sont attachés à l’union, qui se sont mobilisés précisément pour cette union-là, qui ont fait ainsi barrage à la nomination par en juillet 2024 par Macron du RN, Johann Bardella comme premier ministre ?

Le vote de ces 9 millions-là était indubitablement le résultat de l’union NFP. (Alors que le 10 avril 2022, Mélenchon avait été éliminé tout en bénéficiant d’un puissant vote utile, 7 millions, 22% tandis que le total gauche avait été de 32%) ) Le sursaut victorieux n’a été possible en juillet 2024 que par l’union. Mélenchon veut il leur dire que cette réunion de 5 partis du NFP représentant 111 députés sur 192 ne les intéresse pas ?

Vous imaginez l’enthousiasme à gauche si Mélenchon et Roussel avaient été là ? S’ils avaient  discuté d’une candidature commune et d’une actualisation commune de leur programme partagé ?

C’est lui seul, Jean-Luc Mélenchon, avec LFI, qui a décidé de ne pas aller à cette réunion alors qu’ils y étaient invités par Lucie Castets.

Pourquoi au fond ? Pourquoi ne participe-t-il pas à cette réunion du 2 juillet pour décider des modalités d’une candidature commune ?

Pourquoi ne choisit-il pas de travailler à un programme de conventions nationales thématiques pour faire vivre le programme du NFP ? Il proclame que personne n’y prête intérêt alors que manifestement la majorité des partis et députés et, sans aucun doute la majorité des électeurs du NFP, eux, suivent ça avec attention, car il y va de leur sort, de leur avenir, de leur engagement et de leurs votes futurs

Comment Mélenchon en se mettant à part ainsi et en manifestant une volonté d’indifférence donc de mépris vis-à-vis  la majorité de la gauche voit il l’avenir ?

Il aurait pu dire comme Fabien Roussel, « non à CETTE réunion », mais « oui à la discussion », « oui au dialogue avec les autres partis »

Il aurait pu dire « voyons ce qu’on peut faire ensemble » mais il dit, « il n’y pas matière », « passez votre chemin »  « ça n’existe pas »  « ça ne concerne personne »

Veut-il dire définitivement qu’il va faire la course de façon séparatiste ?

Veut-il dire qu’il gagnera la course seul dans le stade, dans le couloir extérieur alors que tous les autres se sont rabattus et courent ensemble à la corde ?

Veut-il dire qu’il disputera les voix des 9 millions, lui et ses 72 députés contre les 120 autres députés du NFP alors qu’ils ont tous été élus il y a à peine un an, à la même date dans le même élan sur le même programme ?

Comme le dit et le répète à juste titre Benjamin Lucas, au nom de Génération’s, il ne faut pas lâcher le morceau, pas renoncer à reconstruire l’union de TOUT le NFP, interpeller les électeurs LFI attachés à l’union pour gagner !

En juin 24 nous avons su et pu faire le NFP avec LFI et le PCF, nous pouvons et devons le faire a nouveau.

Toutes les raisons font penser que ça « intéresse » l’immense majorité des 9 millions d’électeurs du NFP.

 

 

 

Coucou : tout n’était pas sur la photo il y a 9 millions d’électeurs NFP derrière – et potentiellement l’immense majorité du salariat !

Quelle enthousiasmante réunion ! Un an après l’anniversaire de la victoire du NFP il vit ! « Ne nous trahissez pas » avaient crié les militants de gauche mobilisés du 9 juin au 7 juillet 2025. Le sursaut avait placé le NFP  en tête des groupes parlementaires avec 192 députés.

Cinq des partis du Nouveau front populaire, autour de Lucie Castets, se sont réunis le 2 juillet 2025 pour relancer celui-ci, se fixer un agenda de travail en commun, d’ici à avril 2027, pour trouver ensemble les meilleures modalités pour choisir un candidat commun à la présidentielle. Un communiqué a été publié. Les 5 partis (Debout ! EELV, Génération’s, LAPRES, Parti socialiste) se sont dotés d’une structure de coordination afin de faire vivre, consolider, préciser, le programme du NFP. Des conventions thématiques nationales échelonnées, pour consolider celui-ci, sont prévues.

Là où il existe des comités de base du front populaire, ils pourront participer, contribuer, peser sur ce processus unitaire. C’est la base d’une dynamique à ciel ouvert où l’énergie militante pourra surgir en geyser. C’est la voie qu’il faut prendre pour gagner, il n’en existe pas d’autre pour que la gauche soit au 2° tour et atteigne 51%.

Les deux conditions clefs, c’est que l’union soit bel et bien celle de toute la gauche sans exclusive et qu’elle soit sur la base solide d’un véritable programme de transformation sociale comme l’étaient les programmes de la NUPES 2002 et du NFP 2025.

Pour l’union, le NFP d’origine comportait 20 partis, dont 7 avaient des députés. Il reste donc à convaincre et réaliser le même accord avec deux partis qui avaient signé le 12 juin 2025, la France insoumise et le Parti communiste.

La lettre envoyée à Lucie Castets pour justifier la non-participation du PCF, avec tout le respect qu’on doit au camarade Fabien Roussel n’était pas très consistante ni convaincante : c’était plus une réponse réservée qu’un refus.

Nous pouvons souhaiter et espérer obtenir bien mieux en cours de route de la longue campagne unitaire que nous engageons.

La réponse de Jean-Luc Mélenchon malgré son caractère péremptoire, est in-argumentée. Il dit que la réunion du 2 juillet « n’intéresse personne ». Ah ? Elle l’intéresse forcément puisqu’il en parle. Et il ne pourra éviter que les 9 millions d’électeurs du NPF des 30 juin et 7 juillet 2024 ne s’y intéressent : dès lors le débat ne peut que se poursuivre.

Et nous, soyons clairs, nous ne nous résignons pas à ce que LFI ne soit pas de la partie, nous voulons un accord du NFP tout entier  sur un même programme partagé. Pour escalader l’Himalaya des 51% de la présidentielle il faut toute la gauche entière et une solide dynamique, il va y falloir de l’énergie, de la combattivité, de la radicalité pour entrainer l’immense majorité des 30 millions de salariés actuellement surexploités dans notre pays.

Comme nous l’avons fait aux avant postes depuis dix ans, l’union est un combat que nous allons le mener de toutes nos forces chaque jour qui nous sépare de la victoire contre la droite et l’extrême-droite.

 

 

 

intervention au congres constitutif de LAPRES, 22 juin 2025, G. Filoche

 

 

Faute de temps j’ai été obligé de contracter mon intervention lors du congrès constituant de Laprès le dimanche 22 juin

En voilà l’intégralité rédigée

 

Bonjour à toutes et tous,

Bernie Sanders (impossible de ne pas commencer par ça aujourd’hui) parle de Trump, comme « king et clown », autocratie et idiocratie, comme un danger pas seulement pour les US mais pour l’humanité. Les opposants de Trump ont été, c’est un grand espoir, des millions et des millions le 19 juin dans les rues de plus de 2000 villes des US. Ce qui n’a pas malheureusement pas suffi à empêcher Trump, après l’État israélien, de bombarder directement, illégalement, l’Iran : entre deux balles de golf, il a envoyé des bombes de 947 kg, une rotation de 37 000 kms de ses terrifiants avions furtifs…

Pourquoi ? en 2012 Netanyahu expliquait à la télévision sur un graphique que l’Iran allait posséder l’arme nucléaire « dans quelques mois ». En 2015 Netanyahu expliquait encore que l’Iran allait posséder l’arme nucléaire « dans quelques mois », comme Collin Powell avait osé le faire à propos des « armes de destruction massives » de l’Irak avant 2003, et puis en 2015, une négociation a été conclue avec l’Iran sous couvert de l’AIEA, laquelle fut réputée respectée. Trump a pourtant lui-même dénoncé l’accord avec l’Iran en 2018. Puis revenu au pouvoir il a lui-même repris les négociations en 2025 et voilà que Netanyahu assassine le négociateur en chef de l’Iran la veille de la négociation et bombarde le peuple iranien, pas seulement les sites militaires, mais les quartiers populaires de Téhéran, ce que Trump reprend unilatéralement en plus terrible en ayant à peine fait semblant d’hésiter huit jours. Nous sommes plongés dans un monde irrationnel où le droit international est foulé aux pieds de façon impérialiste brutale ce qui menaces les équilibres politiques, économiques militaires sur toute la planète.

Quand je pense qu’on s’est disputés et clivés à tort au sein de la gauche, à propos du soutien à Gaza alors que toute la gauche dès le 8-10 octobre 2023 avait la position commune de « cessez le feu » et « deux états ». C’était la base concise, simple, pour mobiliser unitairement en masse notre peuple contre le projet de génocide annoncé dès les premiers jours par Netanyahu. Évidemment le Hamas est terroriste ! Il n’y avait aucune raison d’avoir une violente querelle sémantique insensée sur le mot « terrorisme », il n’y a d’ailleurs effectivement pas de définition du « terrorisme », il s’entend différemment selon les âges, les sociétés, les situations, du FNL algérien le 1er nov. 1954, du FLNA angolais le 15 mars 1961, de la lutte armée en Amérique latine, de Guevara à l’IRA, l’ETA, ou Manouchian, le mot a été utilisé avec un sens différent. Cette querelle brutale et vaine qui a duré d’octobre 2023 à juin 2024, était artificielle et on a vu comme elle aurait pu être évitée puisque le programme du NFP l’a refermée, je n’y étais pas le 12 juin 2024, mais on m’a dit, en vingt minutes, et en huit lignes rédigées dans le programme du NFP.

C’est derrière nous, et ça montre que quand on veut l’union on peut l’union.

Quand on veut l’union on peut l’union.

 

Bon, me voilà avec joie devant vous dans cette clôture de notre congrès constitutif. Les camarades voulaient qu’on tire au sort le tour de prise de parole, mais je ne voulais pas parce que c’était à moi de commencer, puisque ça se sait, je suis jeune depuis plus longtemps que les autres.

 

Nous sommes donc « salle Lénine » : l’anecdote que je préfère à son sujet, c’est celle où il sort de son bureau dans la neige le 73° jour après la victoire de la révolution d’Octobre 2017. Pourquoi le 73° jour ? Parce que la Commune de Paris avait tenu 72 jours. Et ils tenaient un jour de plus ! illustration de sa conscience internationaliste avec la Commune, et de sa lucidité aigue sur la nature brutale de l’ennemi de classe.

 

Bien, nous sommes nombreux, avec les camarades de GDS et d’Ensemble, regroupés enfin, enfin, enfin ! tous co-fondateurs de l’APRES « alliance pour la république écologique et sociale ». A qui ça servait, à quoi on servait, si on est divisés dans l’action, dans l’organisation, alors qu’on est si proches politiquement ? Ça fait longtemps qu’on attend, longtemps que c’est notre devenir et ça commence enfin à être notre présent.

Qu’attendent nos amis de Génération’s et de Picardie Debout pour nous rejoindre ? Nous sommes au cœur de la gauche, au coeur de l’union de la gauche, et notre démarche est légitime, pas seulement contre l’extrême droite menaçante, mais pour unifier le salariat, les 30 millions de salariés.  Et nous avons vocation à être bien plus nombreux encore, majoritaires, car sans union de la gauche pas de victoire possible, et avec l’union, c’est une dynamique pour gagner.

La gauche est décidément pluraliste, foisonnante, riche en idées en débat, ni caporalisée, ni embrigadée, mais multiple, bouillonnante, elle est généreuse, vivante, elle a besoin de démocratie comme l’oxygène qu’on respire, comme la sève de l’arbre. La démocratie, c’est le débat organisé, contradictoire, elle ne s’use que si on ne s’en sert pas, la démocratie ce n’est pas une annexe au programme, ce n’est pas une technique en dehors du programme, ce n’est pas marginal au programme, c’est l’aliment et le ciment de tout programme, la condition pour qu’un programme existe et soit défendu, appliqué. Sans parti démocratique pas de futur, sans parti démocratique pas de société socialiste. Pas d’égos, pas de chefaillonnerie, on doit, on veut être un collectif, avec de libres initiatives créatives, mais un collectif. La démocratie doit être avidement poussée au maximum de façon pointilleuse, méticuleuse, scrupuleuse ce qui implique quand on fusionne par exemple, comme aujourd’hui et demain avec Génération’s et Picardie debout, qu’on respecte chaque sensibilité, susceptibilité, chaque identité, comme disait Jaurès. Attention : on ne pensera jamais tout à fait pareil, et c’est normal, chacun a tendance à écrire l’histoire du mouvement ouvrier à partir de la date où il y est entré et vu de la position ou il s’y tient, attention donc, l’unité ce n’est pas l’unité de pensée, c’est l’unité d’action.

Je le répète, l’unité ce n’est pas l’unité de pensée, c’est l’unité d’action. C’est comme ça que Jaurès en 1905 avait convoqué et réussi le Congrès du Globe, il avait réuni de nombreuses tendances socialistes, les Possibilistes, les Guédistes, les Vaillantistes, les Jauressistes, et ils avaient commencé comme nous l’avons fait hier, par des statuts, ils disaient « on se connait politiquement, on est proches, on peut on doit agir en commun, on se dote de règles en respectant nos personnalités antérieures ». Cela devait inclure les Écologistes, le PS, LFI et le PCF. Moi quand je vois là, présents, fraternellement les amis du Parti communiste, vous m’avez exclu en 1966, il y a prescription, si je me mettais à reparler de cela ce ne serait pas le souci, en fait on devrait refaire un « Congrès du Globe » tous ensemble, un grand parti social et démocratique, vous et nous, et le PS et toute la gauche !

L’union ce n’est pas crier comme un cabri « union, union, union » c’est sur un programme évidemment. Simple, clair chiffré…, 60 ans, 32 h, smic à 2000 euros… Nous étions ici nombreux à être « pour la NUPES avant la NUPES », ensuite pour le NFP car jamais la NUPES n’aurait dû être brisée comme elle l’a été. Il y aurait fallu des comités de base au contraire, NUPES hier et maintenant NFP dans tout le pays. C’est un front de classe nécessaire sur la base des excellents programmes NUPES et NFP : oh bien sûr, j’ai observé des légères différences entre les deux, certains l’ont noté avec malveillance, mais en fait ce sont deux excellents programmes de transition,  et même si dans l’un, NFP il y a un chapitre sur la régulation de la sous-traitance, question décisive qui ne se trouve pas dans celui  de la NUPES, et si dans la NUPES, il y a « pas plus de 5 % de non CDI » qui ne se retrouve pas dans celui du NFP, idem pour le « salaire maxima » inférieur à 20 fois le Smic, ou la sixième semaine de congés payés. On peut préciser le texte, la reconstruction nécessaire du code du travail, l’indexation des salaires sur les prix… L’important est qu’il y ait le social au cœur.

L’important est la lutte de classes dont nous sommes une composante. Car c’est la lutte de classes qui peut pousser, compléter, améliorer le programme. Le NFP c’est 9 millions de voix le 30 juin 2024, 192 députés le premier groupe, parlementaire, c’est notre périmètre politique, avec son programme, c’est la base politique pour des listes communes aux législatives, pour une primaire, pour un candidat commun en 2027. C’est la seule dynamique qui peut faire gagner face au RN et à Macron.

Car vous savez, seul le travail crée de la valeur, et notre base sociale, c’est le salariat. Ça ne se passe pas en haut. Ça se passe d’abord et avant tout en bas. Nous n’agissons pas en l’air, nous sommes matérialistes, nous défendons des revendications générées par le capitalisme et que le capitalisme ne pourra jamais satisfaire. Nous émanons des luttes du salariat, de son histoire glorieuse, de son expérience puissante, de son présent lourd de révoltes. 90 % des actifs, notre classe : nous sommes trente millions de salariés, 6 millions d’ouvriers, dont 2 millions d’industrie, 4 millions d’ouvriers d’entretien, 6 millions d’employés, 5,8 millions de fonctionnaires dont 800 000 au moins contractuels sans statut, 4,5 millions de cadres, 6,2 millions de chômeurs, actifs mais non occupés,  le salaire médian est de 2028 euros, 98 % gagnent moins de 4000 euros, ceux qui n’ont que leur force de travail à vendre, ceux qui produisent les richesses de ce pays et qui n’en reçoivent pas en retour la part qu’ils méritent.

Nous sommes l’expression de cette classe sociale qui est la plus forte, la plus capable de prendre le pouvoir si elle est unie et organisée démocratiquement. L’autre jour quelqu’un me disait, c’est ringard le salariat, tout est uberisé. Non ! 90 % des actifs, le salariat est la force montante malgré les coups qui lui sont portés de toutes parts. Macron le veut, il se dit porteur de la « suppression des cotisations sociales », l’ami d’une « société sans statuts », l’ami d’UBER, il veut détruire le salariat, son code du travail, ses institutions représentatives du personnel, ses conventions collectives, ses cotisations sociales et retraites par répartition, ses syndicats, mais il n’a pas gagné, il ne gagnera jamais ! Il y a un milliard de salariés de plus dans le monde dans les 30 dernières années, c’est l’économie informelle, uberisée qui recule et reculera.

Nous voulons œuvrer à ce que le salariat prenne le pouvoir en tant que classe, uni et démocratique. Pour le programme, attention aux pièges des mots : le mot « rupture » ou l’autre mot « radicalité » ne résument pas le sens du programme de transition que nous voulons. Nous avons beaucoup d’amis à gauche qui opposent les « mous » et les « durs », les réformistes et les révolutionnaires, deux gauches en fait. Il n’y a pas deux gauches. j’ai connu des réformistes qui sont devenus révolutionnaires et des révolutionnaires qui sont devenus réformistes. Il ne faut pas « cliver avec le réformisme » il faut se lier avec le réformisme. Pas de séparatisme, mais front unique. Du plastic d’un côté et un détonateur séparé ça n’explose pas : il faut que le détonateur soit dans le plastic.

Il faut faire le marathon en masse ensemble réformistes et révolutionnaires, et si les révolutionnaires sont bons ce sont eux qui gagneront dans les derniers kilomètres. Réforme et révolution ne s’opposent pas, mais se nourrissent l’un l’autre. Ce n’est pas le mot d’ordre le plus radical du genre « à bas l’état bourgeois » qui a le plus de sens et d’efficacité. Une petite revendication peut être explosive : que ce soit autour de la défense d’une charrette d’un marchand de légume en 2011 en Tunisie, ou contre la fermeture arbitraire des lumières d’un théâtre comme à Prague en 1968, une revendication salariale peut être explosive. Un mot d’ordre, aussi radical soit-il, n’a pas de sens en soi, le même peut etre reformiste ou révolutionnaire, il n’a de sens que dans le rapport qui existe entre lui et le mouvement de masse.

Le programme du rassemblement populaire en 1935 était mauvais et rédigé sous la pression du principal bourgeois de la coalition et qui était le Parti Radical. Malgré ce programme mauvais et cette alliance bancale, l’union a été fructueuse, dynamique, porteuse, et elle a mobilisé en force contre le fascisme, puis elle imposé une unité syndicale, la fusion CGT CGTU a fait 3 millions d’adhérents syndiqués de plus, cela a permis des luttes et la victoire électorale du Front populaire le 4 mai 1936, le démarrage de la grève générale par Berliet/Latécohère à partir du 15 mai, et du coup la peur du patronat qui concède les 40 h et les congés payés, ce qui n’était pas prévu dans le programme initial. C’est ainsi que la dynamique d’union pousse les accords d’appareils plus loin que ce qu’ils auraient voulu.

Les « appareils  » existent, par définition dans tout parti, dans tout regroupement humain. Y a pas de « vaccin » contre la trahison des appareils mais plus l’union est forte, plus la mobilisation est forte, plus cette trahison est rendue difficile. L’union a une vertu dynamique nécessaire et pas suffisante s’il n’y a pas de mouvement de masse, il n’y a pas d’insurrection civique en soi mais une insurrection sociale qui débouche sur une victoire civique et sa concrétisation sociale.

 

Gérard Filoche prononcé le 22 juin 25

 

 

 

 

En quoi « la meute » est un mauvais livre, la réalité politique est pire

 

Enquêter et raconter ce qui est dégoûtant dans la vie quotidienne d’une organisation basée sur un fonctionnement autocratique présente un intérêt pour ceux qui n’ont jamais vécu ce que sont des appareils bureaucratiques. Ça éclaire, ça apprend, encore faut-il que ça enseigne, ça permette de dominer, de dépasser, de maitriser le sujet.

Car une direction autocratique est concentrée sur les humeurs d’un chef pour le coup, particulièrement versatile, et c’est plus repoussant que toutes les autres formes d’organisation : cela induit du suivisme, du fayotage, de l’intrigue, des jeux déplaisants de personne, des combines basées aussi bien sur des manoeuvres ou du vice, du calcul cynique que sur de l’ignorance, de la flagornerie, de la naïveté aussi bien que de la malhonnêteté – et tout cela relève de faiblesses théoriques, programmatiques, politiques, pratiques considérables. Quand on n’a pas la chance de respirer la démocratie comme oxygène, on étouffe et on meurt de la pollution ambiante.

Mais encore faut-il analyser tout cela, ce que « La meute » ne fait pas, avec un réel contenu politique, une somme d’anecdotes déconnectées n‘y suffisant pas.  Ça ne veut pas dire que les anecdotes dans « La Meute » ne sont pas vraies, elles sont sans doute proches de la vérité dans l’immense majorité des cas, recueillies sur le terrain, dans les provinces et les cercles parisiens, mais une chose est certaine, c’est qu’il y a bien pire que ce que les deux journalistes ont entendus, et c’est le drame politique qu’il y a derrière et la tragédie à laquelle cela va aboutir qui comptent.

Tous les « appareils » de tous les partis sont traversés par de semblables événements à des degrés plus ou moins élevés, plus ou moins violents, plus ou moins corrompus. Qui croit qu’il n’y a pas des faits similaires dans « En Marche » de Macron (un mouvement gazeux sélectionné et fonctionnant entièrement d’en haut) ou dans les conflits internes du très vertical et brutal Rassemblement national (Mégret, Bardella, Le Pen Marine et Marion Maréchal ?). Bien qu’existant dans des classes différentes et opposées, les mécanismes sont similaires. Plus l’appareil est dirigé d’en-haut, autour d’une seule personne, plus il est centralisé bureaucratiquement, et plus il est délibérément bâti comme non-démocratique, plus graves sont les tensions, heurts, intrigues explosives sournoisement ou spectaculairement.

La parution et la lecture attentive de « La Meute » est donc une occasion propice pour formuler et comprendre la théorie des « appareils ». L’étudier. L’enseigner. En tirer des leçons scientifiques, pratiques de lutte en faveur du seul antidote : la démocratie maximale. Adaptées aux appareils de droite, émanant de la classe bourgeoise mais aussi adaptées aux appareils des partis de gauche d’une nature de classe opposée, salariale.

Nous ne ferons pas ici, il y faudrait un livre entier, la typographie, des « appareils » de droite, de gauche, traditionnels, conjoncturels, staliniens ou libertaires, de grande taille ou de taille groupusculaire. Mais dans TOUS les partis existe des « appareils » c’est matérialiste ; ça commence avec un avantage même léger, un pouvoir, une structure, un clan qui dirige et qui obtient naturellement pour cela des moyens matériels, des informations, une pré éminence en temps et/ou en argent, en notoriété ou domination.

On racontait, en Bretagne, que tel dirigeant syndical aimait particulièrement boire le champagne dans le grand chantier naval quand le bateau était fini de construire et lancé à l’eau. On a en tet l’image du champagne fracassé contre la proue du navire flambant neuf et bu dans les salons attenants. Mais pour cela il lui fallait remplir deux conditions, pas une seule, mais deux conditions.

La première c’est d’avoir assez bien défendu les intérêts des ouvriers, car sinon il n’était pas leur élu, c’était un autre qui buvait le champagne.

La seconde c’est qu’il n’ait pas trop bien défendu les intérêts des ouvriers, parce que sinon c’était l’armateur qui ne l’invitait pas à boire le champagne. Et vous imaginez l’ampleur des intrigues des amateurs de champagne dans un mouvement gazeux où il n’y aurait pas d’élection de délégués ?

Christian Rakowski, proche de Léon Trotski, dénonçait « les dangers professionnels du pouvoir ». Ce n’est pas seulement au pouvoir bien, sûr, c’est dans l’exercice même de la prise du pouvoir. Ces « dangers professionnels » doivent être admis comme inhérents à tout parti, à toute action politique organisée, et on peut même se dire qu’ils sont consubstantiels aux différentes variétés de dictature et de gouvernance de la classe dominante bourgeoise, il y a toutes les raisons pour qu’ils soient transmis et installés dans la classe dominée et ses organisations embryonnaires. Même le dirigeant le plus intègre peut aimer le champagne et ce n’est en soi pas un mal.

Il convient donc d’accepter de le savoir, de le faire savoir, d’éduquer le plus possible militants, travailleurs, adhérents et électeurs à ce sujet et s’en protéger par le MAXIMUM de démocratie. Il n’y a pas de vaccin contre la corruption petite ou grande, champagne ou voyage en avion en première classe, il n’y a que l’éducation, la transparence et le contrôle.

Le pire qu’ait fait LFI quand « La Meute » est paru c’est de nier les faits. De dire « - Non, on n’a pas dit ça ». De dire, « là c’est faux, là c’est à moitié vrai, là c’est vrai ». C’eût été l’occasion d’une éducation de masse, ils l’ont refusée.

Pourtant, même le plus petit groupe humain constitué des qu’il y a un « bureau » génère une mini-bureaucratie, quand bien même serait-elle éphémère, balbutiante.

Sachant qu’il existe forcément des défauts multiples (on va y venir après) à la démocratie dans tous les partis sans exception,  c’est évidemment pire dans un parti qui se refuse même aux apparences de celle-ci. Or c’est le choix de Mélenchon : « la démocratie pas avec moi », « si vous n’êtes pas contents vous n’avez qu’à partir » « nous sommes un mouvement gazeux ».

Il n’y pas de débat national d’orientation dans LFI, seulement des consultations-ratifications. Les militants ne sont pas des militants, ils n’adhèrent pas, ne cotisent pas, ça leur enlève même le droit de contrôler le fonctionnement financier (d’où vient, où va l’argent ?) ils sont membres de « groupes d’appui ». Ils n’ont pas de droit, pas de statut, pas de prise, pas de réalité, ils sont comme du « gaz », corvéables souvent sans aucun champagne à boire à la fin de l’action. Ils sont dévoués comme tous les militants de base de bonne foi, motivés par leur révolte sociale et intellectuelle. Ils ont spontanément confiance dans l’élan collectif et ceux qui l’animent. Dans LFI, le système de défiance n’existe que du haut vers le bas, à tous les niveaux ils peuvent être, au gré du chef, associés, sélectionnés, promus, ou bien écartés, exclus. Ils « appuient » où ils partent, ou même « on » les fait partir. Qui est le « on » ? Il n’est pas élu, pas contrôlé, il n’y a pas de statuts, pas de règles, pas de procédure, pas de recours. Abusés, certains ne sont même pas éduqués, formés pour le comprendre :  ils disent « on a le droit de parler, de discuter » « on est écoutés, on vote même ».

Oui, formellement à la base ils peuvent dire ce qu’ils veulent, mais c’est en haut que ça se décide. Où donc, « en haut » ? Dans le cercle le plus restreint aux contours variables et définis par le seul chef. N’en sont membres que ceux qui « appuient » : si vous déplaisez au chef vous en êtes exclu aussitôt. Par SMS : c’est plus moderne que sous Staline, pas de procès, c’est mieux que chez un patron, pas de Code du travail, on vous « déconnecte ». Le « on » est une fraction centrale anonyme soumise par principe, ce n’est pas une direction, personne n’y a de droit humain.  Pas d’écrit, pas de trace. Ça sert de leçons à tous les autres. Dès qu’ils acceptent le principe de la purge pour d’autres, ils sont visés. Ça provoque une peur, un silence généralisé, et ensuite une compétition d’épigones, de suivistes. Ce que raconte « la meute » sans en faire la théorie.

Y a t il eu un débat pour faire la NUPES ? aucun. Y a-t-il eu un débat pour « acter la mort de la NUPES » ? Aucun. Y a-t-il eu un débat pour faire et signer le NFP ? Aucun. Y a-t-il eu un débat pour le rompre et affirmer que ça avait été une « grosse bêtise » et une « alliance toxique » ? Aucun. Le PS ami de Mélenchon qui rencontré Faure le 1er mai 2022 en pleine foule, place de la République deviendra « traitre » en novembre 2023. Puis ami à nouveau le 10 juin 2024 ; puis traitre en janvier 2025. Y a-t-il le moindre débat théorique, politique, pratique, stratégique, tactique sur ces zigzags politiques ? Aucun.

Le 10 avril 2022, au Cirque d’Hiver, le ton dans LFI était triomphaliste « ici est la force », les affiches et slogans étaient

Nul, ne sait entre le 10 avril 2022 et le 12 avril où et dans quel cercle a été décidée la NUPES ? Mathilde Panot écrivait encore dans le JDD du 17 avril que « jamais ça ne se ferait avec le PS » : c’était un interview probablement réalisé le mercredi 13 avril, imprimé le 14 avril, l’accord LFI-PS s’était fait après le choix du BN du PS (lundi 11 avril, mardi 12 avril ?) de proposer l’union avec un seul candidat de gauche par circonscription, soit en quelques jours, téléphones, contact, réunions, sans que les militants orientés depuis 2016 dans une course solitaire n’aient eu le moindre mot à dire. J’ai vu des responsables se frotter les yeux : c’était donc possible, on pouvait le faire, il n’existe pas deux gauches irréconciliables. Mais emballés par la machine, il fallait vite se situer dans le système, se mettre au travail pour les législatives, partager les circonscriptions, défendre le nouveau programme rédigé d’en haut nuit après nuit, adopter les nouveaux sigles, les nouvelles couleurs, embrasser les nouveaux alliés.

Le fait que ce tournant pourtant décisif après tant de querelles d’insultes, de disputes au sein de la gauche se soit fait sans débat, sans réflexion explique aussi comment il a pu être défait, détruit ensuite de la même façon. Priver de discussion collective, d’éducation, de vote, du pouvoir de décision éclairée, méditée, des dizaines de milliers de militants, en fait donc des sujets. Un jour pour l’union avec le PS, un autre jour contre l’union avec le PS.

Et l’action est moins efficace. Certes le temps de la démocratie est plus long que celui de la décision autoritaire centralisée mais combien plus efficace.

La démocratie n’est pas du temps perdu, comme certains ont pu l’écrire, c’est du temps gagné : quand les militants comprennent et sont motivés, tout se fait mieux, plus vite, plus fortement. L’ardeur et l’ingéniosité se libèrent grâce aux échanges qui nourrissent les intelligences. « Les procédures, disait le jeune Marx, sont les soeurs jumelles de la liberté ». Elles le sont aussi de l’engagement. Plus la démocratie est organisée de façon minutieuse, scrupuleuse, méticuleuse dans les partis plus ça permet à la fois l’action dehors et le contrôle de l’appareil par les militants dedans.

C’est que qu’aurait pu développer « La Meute » à partir de l’enquête faite et de l’étude critique du fonctionnement de LFI. Si le livre avait fait cela, il aurait été davantage compris et utile. En se limitant à un tableau négatif sans proposer de solution, ni donner de théorie, il a permis à la direction de LFI d’éviter d’être renversée par le tsunami de ses propres fautes. Il a suffi aux chefs d’invoquer la malveillance de l’ennemi, de jouer la forteresse assiégée. Jusqu’à la prochaine crise. Car, inéluctablement, il y en aura d’autres :  qui ne vit pas par la démocratie, périt par l’absence de démocratie.

Gérard Filoche le 23 juin 2025

 

Des décrets de la honte viennent d’être publiés le 27 mai 2025 sur la chaleur au travail : en vigueur le 1er juillet

Des décrets de la honte viennent d’être publiés le 27 mai 2025 sur la chaleur au travail : en vigueur le 1er juillet

Cela fait de longues années que le réchauffement climatique n’est pas pris en compte au travail. Or la chaleur tue et le nombre de décès augmente chaque saison. Le début des périodes chaudes est réputé plus dangereux, car le corps n’y est pas accoutumé. Selon l’Agence Nationale de Santé Publique, depuis 2018, 48 personnes sont officiellement décédées dans des accidents du travail liés à la chaleur. « Un chiffre largement sous-estimé » admettait-elle en 2024.

L’INRS qui a autorité légitime, estime qu’un risque apparaît à partir de 30 °C pour une activité sédentaire et de 28 °C pour un travail physique et qu’il faut à chaque seuil prendre des mesures appropriées – qu’elle décrit.

A l’origine 1906-1910 du code du travail, l’idée était « d’adapter les entreprises aux besoins des salariés ». Depuis, Hollande en 2015, avec Macron déjà, avait engagé la contre-révolution en « adaptant les salariés aux besoins des entreprises ». Ça se prolonge chaque jour depuis El Khomri, Pénicaud, Dussopt et maintenant Panosyan-Bouvet.

Et là, ce décret du 27 Mai 2025 est incroyable.

Loin du terrain, loin des bureaux, loin des chantiers, loin des champs, loin des situations concrètes, pas de CHSCT, ce ne seront pas les salariés qui seront consultés, ça viendra du ciel, ce seront les « alertes » de Météo France qui vont déterminer les mesures à prendre. Et quand ce ne sera pas le ciel ni la météo, « L’employeur évalue les risques liés à l’exposition des travailleurs à des épisodes de chaleur intense, en intérieur ou en extérieur. »

Tout est entre les mains des patrons, aucune obligation précise, vu qu’aucun seuil n’est précisé dans les 9 articles du décret : la « chaleur intense » n’est pas définie (à part Météo France), la « température corporelle adaptée » n’est pas fixée, les « indices physiologiques selon l’âge et la santé » ne sont pas définis, le seul chiffre c’est « trois litres d’eau ».

 

À part ça aucune contrainte : « les mots : « et les performances des équipements de protection individuelle en cause » sont remplacés par les mots : « les performances des équipements de protection individuelle en cause ainsi que les conditions atmosphériques ».

 

Il est dit six fois « qu’en cas d’épisode de chaleur intense, une quantité d’eau potable fraîche suffisante est fournie par l’employeur. »

 

Pour publier ce décret de la honte, ils s’y mettent pourtant à 5 : Bayrou, Vautrin, Pannier-Runacher, Genevard, Panoysan-Bouvet

 

Courte lettre ouverte à nos camarades socialistes

Chers camarades

A gauche on s’appelle camarades, tout ce qui concerne un parti de gauche concerne toute la gauche.

Nous sommes dans le même camp, celui des exploités et opprimés. Notre gauche est pluraliste, foisonnante, bouillonnante, et se nourrit de débats vivants et permanents, c’est ça notre force commune pourvu que ce soit dans l’écoute et le respect. L’histoire a certes créé des identités différentes en notre sein, mais nous savons impérativement nous rassembler quand c’est nécessaire (et cela l’est souvent) face à la droite et à l’extrême droite.

Ce faisant, à gauche, nous devons respecter personnalités antérieures et sensibilités présentes : l’unité ce n’est pas l’unité de pensée, c’est l’unité d’action. L’union fait la force mais ce n’est pas la force qui fait l’union, c’est le respect, l’empathie, la fraternité. Avec des visions différentes, multiples, nous sommes obligés de mener un combat commun (sinon en général nous perdons nos combats).

Vous allez donc bientôt voter pour votre congrès le 27 mai prochain.

C’est votre débat, à vous, mené depuis de long mois, et bien que membre de LAPRES, non seulement je le respecte mais il me mobilise. Bien que j’ai une fougueuse tendance à me passionner sur chacune des questions que vous abordez, il en est une particulièrement importante, décisive qui me pousse à vous adresser cette courte lettre.

Elle concerne l’union ou non de toute la gauche, elle concerne le Nouveau front populaire (NFP) et comme nous en sommes membres actifs et convaincus, à LAPRES, elle nous touche de plein fouet.

La gauche NFP, 20 partis dont 7 ont des députés (192), a un programme commun que nous trouvons excellent : smic à 2000 euros brut, indexation des salaires sur les prix, retraite à 62 ans vers 60 ans, 32 h, pas de salaire supérieur à 20 fois le smic, 6° semaine de congés payés, reconstruction du code du travail, sous-traitance régulée, transition écologique jusqu’à la VI° République !

Les composantes du NFP votent à 95 % en commun à l’Assemblée nationale et se retrouvent à 95 % dans les mêmes luttes, revendications, pétitions, grèves, manifestations. Vous discutez pourtant de la nécessité ou non de rester alliés, je comprends les raisons de ce débat, et j‘ai souvent appelé les 6 autres partis du NFP à éviter polémiques et dissensions agressives et vaines entre elles et à votre égard. Il faut apprendre à travailler vraiment en commun de la base au sommet, il n’y a pas de gauche irréconciliable : qui veut peut.

Pourtant je viens de lire que l’un de vos principaux courants dans votre congrès, refuse toute alliance avec LFI non seulement au premier mais « même au second tour ».

J’en suis tombé raide si vous me permettez l’expression.

Se présenter séparément au premier tour dans la France actuelle, c’est déjà risqué et la plupart du temps (comme en Saône et Loire dimanche 18 mai 2025 où PS et LFI divisés ont été tous les deux sèchement éliminés dès le premier tour) c’est faire le jeu de la droite et de l’extrême droite (rappelons que nous avons dû aller jusqu’à faire un « front républicain » et voter Borne ou Darmanin (!) le 7 juillet 2024 pour empêcher Bardella d’être premier ministre).

Ne même pas se désister entre partis de gauches, nous le savons tous, c’est empêcher des centaines de victoires, c’est suicidaire … à moins d’opérer carrément un renversement d’alliances, et là, cela veut dire passer accord de désistement contre nature avec la droite macroniste… contre une autre partie de la gauche.  Ce qui, vous le savez, change toute la donne dans notre camp commun, la gauche que nous aimons. Cela revient 50 ans en arrière à Max Lejeune contre le programme commun signé par François Mitterrand.

Alors, la conclusion de cette courte lettre va à l’essentiel: quand vous allez voter le 27 Mai, ne faites pas ça, ne faites pas ça.

En espérant que vous comprendrez la sincérité des motivations de cette lettre et du but, bien au-dessus de nous, qu’elle vise.

Salutations, chers camarades socialistes, Gérard Filoche

 

Barbarie, division, colère

Le pire dans le monde en ces heures, c’est la terreur, l’horreur, la barbarie à Gaza.

Le ministre israélien des finances de Netanyahu Smotrich : « Nous détruisons tout ce qui reste à Gaza, le monde ne nous arrêtera pas ». La terreur c’est le génocide intentionnel affirmé par les suprémacistes d’extrême-droite israëliens. L’horreur, nouvelle naqba, c’est l’épuration ethnique de 2 millions de Gazaouis. La barbarie c’est la famine de masse organisée. L’humanité entière est épouvantée face à cette tragédie d’un peuple massacré, martyrisé, expulsé.  »Gaza est devenu un mouroir » dit enfin Jean-Noël Barrot.  »c’est insoutenable : violence aveugle et blocage de l’aide humanitaire sont une atteinte profonde à la dignité humaine, une violation absolue de toutes les règles du droit international ». Ce n’est pas vrai qu’on ne peut rien faire pour retenir la cruauté des bourreaux : suspension de l’accord européen avec Israël (enfin !), embargo des armes de tous les pays européens, défèrement des criminels de guerre par l’ensemble des pays Européens devant la Cour pénale internationale, reconnaissance immédiate de l’état Palestinien, aide humanitaire massive envoyée et accompagnée par des chefs d’état, manifestations unitaires partout.

Division pas fatale

La gauche en France est face à son propre désastre annoncé. En Saône et Loire, le NFP s’est présenté, éclaté, dans une élection partielle dimanche 18 mai et il a été éliminé dès le 1er tour.  Les écologistes soutenaient LFI qui avec 8,2 % fait 3 fois moins de voix en mai 2025 qu’en juin 2024. En se présentant le PS perd à un score très bas de 16 % : les deux sont éliminés tout simplement PARCE QU’ILS SONT DIVISÉS

Colère sociale

L’aile droitière du PS dirigée par Nicolas Meyer-Rossignol soutient déjà le « bagne » que Darmanin veut construire en Guyane et annonce qu’elle ne fera jamais alliance avec LFI, « même au deuxième tour » (sic). C’est le 28 mai, dans une semaine, que les militants socialistes votent pour leur congrès du 7 juin : « Je suis socialiste et mon ADN c’est la colère sociale. Les sociaux libéraux ont toujours amené la gauche dans le mur. C’est ce qui a enfanté le macronisme. » « soit la gauche s’unit, soit elle peut disparaitre en 2027 » dit Olivier Faure qui mérite vraiment ainsi les voix des adhérents de son parti.

Gérard Filoche

 

 

Interdiction du travail des enfants

Le 30 avril un enfant de 15 ans a été tué au travail en France

 

Un million d’enfants au travail en France

Les moins de 20 ans ont trois fois plus d’accidents

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Dépêche AFP 30 avril 2025 : Un apprenti maçon de 15 ans, Lorenzo Menardi, originaire de Nice, est mort sur un chantier de Saint-Martin-du-Var. Alors qu’il travaillait, il aurait été percuté par « un engin de chantier de type pelleteuse ». L’enfant dans un CFA de maçonnerie à Antibes, était entré fin 2024 en apprentissage dans une entreprise de travaux publics. Il n’a pas pu être réanimé par les secours. Le parquet a ouvert une enquête pour homicide involontaire, confiée à la brigade de recherches de Nice et à l’inspection du travail.  (Maxime Grusss/Hans Lucas. AFP)

La lutte contre le travail des enfants est un combat ancien du mouvement ouvrier. Depuis une vingtaine d’années, on connaît un recul social avec aujourd’hui un million d’enfants au travail dans notre pays. Or les moins de 20 ans ont trois fois plus d’accidents du travail !

 


Du XIXe siècle au début des années 2000, un recul progressif du travail des enfants

 


Au début du XIXe siècle, des enfants de 5 ans travaillent couramment 15 à 16 heures par jour dans le textile, les mines ou les chantiers. Les pouvoirs publics finissent par s’émouvoir, non pas des souffrances endurées mais des statistiques fournies par les conseils de révision. Les enfants ouvriers étaient si mal portants qu’on devait déclarer inaptes plus des deux tiers. On risquait de manquer de travailleurs, c’est cela qui a alarmé les autorités.

Victor Hugo à travers le poème Melancholia dénonce l’injustice subie par les enfants contraints de travailler dans des conditions inhumaines. Il montre les conséquences de cette injustice sur les enfants : maladies, absence d’éducation, impossibilité de s’épanouir

« Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ?
Ils s’en vont travailler quinze heures sous des meules ;
Ils vont, de l’aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison, le même mouvement
Accroupis sous les dents d’une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l’ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Jamais on ne s’arrête et jamais on ne joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las… »

Victor Hugo, Melancholia, 1856

Quelques années après la Révolte des Canuts en novembre 1831 à Lyon, première insurrection sociale de l’ère industrielle, le rapport du docteur Villermé sur l’état de santé des ouvriers des manufactures a eu un grand retentissement et a été à l’origine de la loi sur le travail des enfants dans les manufactures, la loi Cunin-Gridaine du 22 mars 1841.

C’était il y a 184 ansla première loi limite l’âge d’admission dans les entreprises à 8 ans, interdit le travail de nuit pour les enfants de moins de 13 ans ; limite le temps de travail à 8 heures sur 24 pour les enfants âgés de 8 à 12 ans et le limite à 12 heures pour les enfants âgés de 12 à 16 ans.

En 1851 : durée du travail limitée à 10 heures au-dessous de 14 ans et à 12 heures entre 14 et 16 ans. Interdiction du travail de nuit pour les moins de 16 ans

1874 : Interdiction du travail des enfants de moins de 12 ans, du travail de nuit pour les filles mineures et pour les garçons de moins de 16 ans. Le repos du dimanche devient obligatoire pour les ouvriers âgés de moins de 16 ans.

1892 : La durée maximale de travail est ramenée à 10 heures quotidiennes à 13 ans, à 60 heures hebdomadaires entre 16 et 18 ans, et un certificat d’aptitude est nécessaire.

Ces lois ne seront mises en place que très progressivement du fait de la réaction des industriels qui fustigeaient l’état de se mêler de la vie des entreprises, d’autre part du manque à gagner que l’interdiction du travail des enfants entraînait pour les parents, et aussi du manque de moyens des inspecteurs à faire appliquer ces lois, (le corps d’inspection du travail est créé à partir de 1892).

Seule la loi Jules Ferry en 1882 rend la scolarité obligatoire et met fin au travail des jeunes enfants : un système de compensation du manque à gagner pour les parents dû à l’interdiction du travail des enfants et à leur scolarisation est mis en place très progressivement, intitulé « allocations familiales ». la loi Ferry organise l’enseignement primaire obligatoire et laïc pour les enfants de 6 à 13 ans. Cette loi est renforcée en 1892, les enfants étant obligés d’obtenir leur certificat d’étude (vers 12-13 ans) pour pouvoir travailler.

Puis en 1936 car la scolarité devient obligatoire jusqu’à 14 ans, et ensuite en 1959 où la scolarité devient obligatoire jusque 16 ans, à travers l’adoption de la « Charte des droits de l’enfant » par l’ONU.

 

A partir des années 2000, des retours en arrière

Le plus grand recul historique est en 2006 avec de Villepin : Villepin rend à nouveau possible en 2006 l’apprentissage à partir de 14 ans et à partir de 15 ans le travail de nuit et le dimanche.

 


Le 15 novembre 2010 à Mulhouse un enfant de 15 ans a été mis dans un pétrin de boulanger pour le nettoyer, il s’est remis en marche et le gamin est mort broyé. De façon générale la courbe des accidents mortels et graves subis par les enfants au travail redémarre.

Hollande est aussi celui qui a fait reculer le code du travail d’un siècle : c’est un pic dans l’histoire de la trahison de la gauche depuis 100 ans. Avant lui, le code du travail depuis 1906 et 1910, c’était « adapter les entreprises aux besoins et droits des salariés », la contre-révolution Hollande Valls en 2015 ce fut « adapter les droits des salariés aux besoins des entreprises »

Un décret absolument monstrueux a été pris le 2 février 2015, pour « faciliter » l’embauche des enfants de 14 à 18 ans. La commission générale du Coct 2015 l’avait examiné et dénoncé le fait qu’il s’agissait de faire reculer les protections attachées au travail des enfants.  Le décret supprimait ce qui relève de l’interdiction, de la prévention a priori, et des autorisations préalables avant qu’un enfant puisse travailler. Fini les interdits, les précautions préalables strictes, les visites préventives sous contrôle des enseignants de l’inspection du travail. Le travail en hauteur, échelles escabeaux, marchepieds, devient autorisé « lorsque l’évaluation du risque a établi que ce risque est faible et qu’il s’agit de travaux de courte durée ne présentant pas un caractère répétitif ». Et hop cela devient incontrôlable : la réponse à l’inspecteur du travail trouvant le jeune en hauteur c’est : « il est là sur cette échelle, depuis peu, et pas pour longtemps, et il a été formé au risque » c’est le contraire, en esprit, en pratique, en droit, de toutes les batailles de prévention, d’obligation de résultats, d’interdiction mises en place pendant des décennies.

En 2016, on en est à déjà 509 accidents graves entre 15 et 19 ans, un taux de 10,3 % de fréquence des accidents graves (par 10 millions d’heures) et 26,2 % d’accidents mortels par 1000 millions d’heures travaillées. Uniquement en 2022, pas moins de 74 accidents du travail impliquant des enfants de 14 ans et moins ont été reconnues, une augmentation de 640%  en cinq ans. Si on englobe les jeunes de 15 et 16 ans, on atteint 501 lésions professionnelles en une seule année, en hausse de 80% de 2017 à 2022.

Après Macron Hollande Rebsamen El Khomri Pénicaud, les enfants de 16 ans n’ont pas le droit de vote mais ils ont droit de mourir au boulot à partir de 14 ans

Nous devons être CONTRE le travail des enfants avant 18 ans.

La première conséquence du travail des enfants est de perpétuer le cercle vicieux de la pauvreté et de la non instruction. Un enfant sur quatre dans le monde est d’ailleurs condamné à demeurer toute sa vie un travailleur pauvre et peu qualifié.

Selon le Bureau International du Travail (BIT), 80% des 250 millions d’enfants au travail n’ont ni congé ni temps libre, et jusqu’à 50% connaissent des conditions de travail épouvantable (locaux insalubres, mauvais traitements, demande de rendements excessifs, etc.).

Selon « Basta ! » : en France apprentis, élèves de lycées professionnels, stagiaires c’est un million de jeunes entre 14 et 17 ans, souvent issus de milieux ouvriers, travaillent régulièrement ou ponctuellement. Les lois spéciales qui encadrent leur activité ont été progressivement dégradées. Ce qui pose de sérieuses questions dans les secteurs à risque : construction, chaînes de production industrielle ou exposition aux produits chimiques. L’inspection du travail ou la médecine scolaire n’ont plus les moyens de les suivre correctement alors que les moins de 20 ans subissent trois fois plus d’accidents du travail que leurs aînés. Et que la menace du chômage plane sur les enfants au travail qui osent parler.

Abroger le désastre de Villepin, Rebsamen, Hollande, El Khomri, Pénicaud, Macron.

L’école est et doit rester obligatoire pour toutes et tous au moins jusqu’à 16 ans, le progrès serait qu’on passe à 18 ans.

Qu’on ne nous dise pas qu’il y a des enfants qui n’aiment pas l’école, trop facile, c’est à l’école d’intéresser les jeunes. Il faut faire cesser la sale œuvre des gouvernements Macron qui dégradent les conditions d’enseignement public, poussent à fermer les lycées professionnels et envoient les jeunes se « former » chez les patrons, alléchant hypocritement les élèves avec des aumônes de stages ou d’apprentissage pour les livrer  à l’exploitation et aux accidents tragiques qui en résultent

L’apprentissage est mal payé, mal formé, mal contrôlé, par les patrons qui ont pris la place de l’école, c’est trop dangereux, malléable, sur-exploitable ! Les patrons prétendent ne pas embaucher pas sans cela, ils exigent d’exploiter, débaucher et font courir des risques à des enfants de 14 à 18 ans, il faut leur dire « stop ».

Sur un million d’apprentis en septembre 2023, seulement 280 000 restaient en septembre 2024, deux apprentis sur trois ne finissent jamais leur apprentissage bien qu’il soit versé 6000 euros (5000 actuellement) au patron. Tout alors que le jeune ne touche qu’entre 25 %, 55%, 85 % du smic étalés sur trois ans.

Ce qui n’empêche pas les patrons de préférer prendre des « stagiaires » (estimée à 1 600 000 stagiaires) car ils les paient encore moins (La gratification versée au stagiaire n’est pas soumise à cotisations et contributions sociales lorsque le montant versé au cours d’un mois civil ne dépasse pas 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale × le nombre d’heures de stage effectuées au cours du mois. Soit 4,35 € par heure de stage effectuée en 2025 ! - la loi Chaynesse-Khirouni a dû les limiter à 10 % par entreprise) (ce qu’on devrait faire aussi pour les CDD) et ils préfèrent ne pas les former pour mieux les exploiter.

Tout cela évolue actuellement sans limite. C’est la logique de la soumission au profit maximum, à la finance. Au moins pour les enfants exigeons leur protection immédiate, la sauvegarde de leur vie, interdisons le travail qui tue.

Gérard Filoche le 6 mai 2025

 

Gérard Filoche le 6 mai 2025

 

 

 

 

Alerte Sécu : les Martin attaquent

 

Patrick Martin Président du Medef l’a redéclaré une fois de plus : ils veulent remplacer les cotisations sociales (salaire brut) par de l »impôt

Laurent Saint-Martin (successivement ministre du budget et du commerce) veut que les remboursements Sécu ne soient plus universels mais modulés selon les revenus sociaux. (La Cour des comptes de Pierre Moscovici vient appuyer cette position)

Les deux Martin sont à la fois des répétiteurs et des éclaireurs : ça fait 80 ans que le patronat veut la peau de la Sécurité sociale et dans le programme de quasi tous les partis de droite, il y a toujours la mort programmée des cotisations sociales et du salaire brut, et du budget séparé de la Sécurité sociale de l’État.

Ça existe également dans le programme de Le Pen qui veut supprimer le salaire brut prétendument pour augmenter le salaire net. Les libertariens, trumpistes et autres « miléistes » existants en France exigent la liberté de s’affilier à l’opérateur de santé de leur choix.

Mais dans les rangs de la gauche, il est bon de savoir que ce fut le cas de la direction de la CFDT, qui, parallèlement à la « Refondation sociale » du Medef de 1999, avait, ne l’oublions pas, adopté la proposition de « mettre en concurrence » l’URSAAF.  (Laurence Parisot patronne du Medef se gargarisait à l’époque : « URSAAF ça me fait penser à URSS »).

Ce fut aussi une orientation de la « deuxième gauche » dite parfois « rocardienne » lorsqu’elle inventa la CSG en 1989, elle fut conçue comme un « sas » entre les cotisations et la fiscalisation : à l’époque, il s’agissait de concéder au patronat la « baisse du coût du travail » en déchargeant carrément les entreprises de la prise en charge de la protection sociale bâtie depuis 1945. Ils voulaient passer du système dit « Bismarckien » au système anglo-saxon dit « Beveridge ».

En novembre-décembre 1995, devant la grève généralisée, Alain Juppé recula sur les retraites, mais réussit à annuler les élections aux caisses sociales, à exproprier les syndicats et à en confier la gestion aux technocrates libéraux de Bercy sous couvert de LFSS.

Cela dura deux décennies, CFDT et PS, y compris dans l’esprit de la majorité (seule la revue D&S s’y opposait) de la Gauche socialiste des années 1990 et 2000, puisqu’initialement autour de Rocard, l’équipe mettant en place la CSG comprenait Mélenchon, Hamon, Moscovici, Cambadélis et Valls.

Dans le courant des années 2003-2004 appelé « Nouveau Monde » (Emmanuelli, Mélenchon), Liem Hoang Ngoc défendait officiellement la fiscalisation de la Sécurité sociale, ce qui se retrouvait dans le courant « Un Monde d’Avance » (de Benoit Hamon) puis tardivement jusqu’en 2019 dans « L’avenir en commun » de LFI.

Hollande était évidemment sur cette ligne qui supprima les cotisations sociales pour les allocations familiales.

Et Macron fit campagne publiquement en 2017 pour « la suppression de cotisations sociales ». Olivier Véran en juillet 2017 avait voulu enlever les mots « sécurité sociale » de la constitution française et il y serait parvenu dans la foulée de la victoire de Macron sans notre vigilance. Macron le confirmait encore en direct à la télévision le 16 avril 2018 dans un débat avec Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin. Il n’a pas pu réaliser cette contre-révolution consistant à supprimer les cotisations, mais il a bloqué les salaires nets et bruts, multiplié les exonérations, et les a abaissées de façon à mettre en déficit nos différentes caisses sociales.

Les discours libéraux (dont celui de Bayrou qui veut encore supprimer 40 milliards de dépenses) noient le poisson et mentent tous en assurant sans cesse que « les prélèvements obligatoires » sont trop élevés et que notre protection sociale coûterait donc trop chère : ce matraquage désarme parfois les militants quand ils ne savent pas distinguer les TROIS budgets séparés de la nation. Le discours officiel de la Cour des comptes amalgame les budgets, attribue à la Sécu des déficits et dettes qui ne sont pas les siens.

Mais la vérité est que la part des dépenses publiques se limite à 27% du PIB et non pas à 57%, et qu’elle est comparable à l’Allemagne, l’Italie la Grande-Bretagne. Les cotisations sont pré-affectées, elles sont du salaire et non pas un impôt, elles ne vont pas aux caisses publiques de l’état mais aux caisses de droit privé de la Sécu. Or c’est le budget de l’état qui produit 82 % de la dette du pays, alors que le budget séparé de la protection sociale ne produit que 9 % de cette dette présumée.

Candidat donné en tête de la droite pour 2027 Edouard Philippe affirme qu’élu, il procéderait immédiatement « à une série d’ordonnances […] en matière de justice, en matière d’éducation et en matière de santé, qui sont les trois services publics qui doivent être considérablement et rapidement réformés ». Bayrou inclus, ils ont tous la volonté de continuer à supprimer les cotisations sociales, de mettre en place un budget unique où ils noieraient la part sociale avec les autres dépenses militaires et régaliennes ils privatiseraient encore plus la santé et les retraites par capitalisation.

Il nous faut donc nous opposer avec force et dès maintenant au premier des Martin, celui du Medef :

Nous défendons le droit à une Sécurité sociale à 100% pour la Santé, la Famille, l’Emploi, la Retraite et la Perte d’Autonomie.  La protection sociale vise à protéger les individus des aléas et des évolutions de la vie ainsi que des ruptures avec le marché du travail : maladie, maternité, accidents du travail, invalidité, perte d’autonomie, chômage, retraite, éducation des enfants. La protection sociale doit répondre aux principes de solidarité, de démocratie et d’universalité qui constituent le fondement de la Sécurité sociale. La Sécurité sociale est au cœur de la protection sociale en France. Son rôle doit être renforcé. Unicité : C’est une institution unique qui doit couvrir l’ensemble des risques sociaux, que sont maladie, vieillesse, perte d’emploi, décès, invalidité, accidents du travail… Universalité : La couverture doit être étendue à tous les citoyens. Solidarité : Solidarité intergénérationnelle, solidarité bien-portants / malades ou en perte d’autonomie, financée par les richesses créées par le travail.
Démocratie : La gestion doit être l’œuvre des assurés eux-mêmes, non au PLFSS ! Retour à des élections démocratiques à toutes les caisses sociales, un assuré une voix.

La Sécurité sociale n’a jamais été unique, hélas, puisque l’assurance chômage en a été exclue, ni universelle car elle ne couvrait pas l’ensemble de la population. Elle n’a jamais été non plus, hélas aussi, à proprement parler à 100 % mais l’objectif des fondateurs était bel et bien de l’atteindre grâce au salaire socialisé, clef de voûte du financement de ce système. Les cotisations sociales en étaient le socle.

Le net pour le mois, le brut pour la vie

Nous devons nous réapproprier le sens des mots et parler de salaire socialisé, qui structure notre système de protection sociale : en finir avec les mots de « charges » pour les entreprises et de « prélèvements obligatoires » sur les salaires, alors qu’il s’agit en réalité de cotisations qui viennent alimenter une caisse commune qui permet de verser à chacun l’autre partie de son salaire : le salaire différé et même en temps réel et en direct conformément à l’objectif de « chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins afin de ne pas avoir à souffrir les angoisses du lendemain et pour que refleurissent les jours heureux ».

Retour à un « « plan complet de Sécurité sociale visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État, de la naissance à la mort. » (Ambroise Croizat)

Le deuxième Saint-Martin veut rembourser inégalement les soins sous prétexte que « les riches peuvent payer » (alors que dans tous les autres cas ils refusent).

Avant lui, Alain Minc disait hypocritement que « son vieux père » avait vécu jusqu’à 101 ans, pris en charge pour tous ses soins par la sécurité sociale, ce qui ne lui semblait pas juste parce qu’il était riche et qu’il aurait pu payer.

Jean-Pierre Raffarin expliquait que ce n’était pas juste de réparer le bras de quelqu’un qui se l’était cassé au ski de la même façon que quelqu’un qui se l’était cassé à l’usine.

Mais si bien sûr ! Les personnes âgées et dépendantes doivent toutes être prises en charge de la même façon, et ceux qui se sont cassés le bras au ski ou au travail peuvent être dans la même chambre d’hôpital public. Pas de médecin, pas de soins à deux vitesses pour ceux qui peuvent payer et ceux qui ne peuvent pas.

Une seule grande Sécurité sociale :

Les ennemis de la Sécu depuis 80 ans, ont peu à peu fait glisser la prise en charge des soins par la Sécu, sur le compte d’une autre source de financement, les mutuelles devenues « complémentaires ».

L’Assurance maladie obligatoire (la Sécu) et les Assurances maladies complémentaires (Mutuelles, Instituts de prévoyance, Compagnies d’assurance) ont été de facto mis en concurrence sur le marché. Ils nous font payer deux fois les frais de gestion, soit au total plus de 8 milliards pour les Complémentaires qui remboursent 13% des soins et près de 7 milliards pour la Sécu qui en rembourse 80%.

Moins chère, l’Assurance maladie obligatoire est plus égalitaire, remboursant les soins réalisés en fonction des besoins de santé et pas en fonction du niveau du contrat souscrit par l’assuré.

Plus égalitaire, la Sécu réalise une double solidarité entre riches et moins fortunés chacun payant (avec un plafonnement !) en fonction de ses moyens et entre bien-portants et malades sans augmentation du montant de la cotisation chez les personnes âgées.

La fusion des Mutuelles dans l’Assurance maladie obligatoire permettrait de réaliser la Grande Sécu 100% économisant au moins 7 milliards du doublon de frais de gestion inutiles et remboursant intégralement le ticket modérateur, le forfait hospitalier et l’ensemble des actes de prévention, de soins et de soins de support.

Ainsi la Sécu 100% permettrait à la très grande majorité des assurés d’être deux fois gagnant, à la fois en payant moins de cotisation et en étant mieux pris en charge. Ce serait en particulier le cas pour les millions de citoyens trop pauvres pour se payer une complémentaire santé et trop riches pour avoir droit à la complémentaire santé solidaire.

Gérard FILOCHE le 4 mai 2025