Les grandes entreprises doivent être contrôlées par le public, par les salariés et par les usagers

L’affaire Lactalis est grave et scandaleuse mais elle n’est qu’une affaire parmi tant d’autres.

Laisser ces grands trusts et multinationales (en France, mais aussi les célèbres Samsung, Monsanto, Lafarge ou les fameux « GAFA ») sans contrôle public, c’est laisser  leurs grands patrons faire ce qu’ils veulent sous la pression de leurs actionnaires, de leurs banquiers, et de leurs egos. Ca les place hors de la démocratie, de la citoyenneté, de la collectivité. Elles dictent leurs propres lois à la place des lois.

C’est ainsi que le scandale Lactalis doit être perçu et compris.  Les dirigeants se sont fait une réputation d’opacité et de mépris. Ils ont mis en danger des centaines de milliers d’enfants, par arrogance avec les règlements et les contrôles.

Mais cela s’inscrit dans une longue liste de scandales comme celui, énorme,  de Volkswagen (et Fiat Chrysler ? et Renault ?) organisant pour des dizaines de millions de ses véhicules, la triche délibérée face aux contrôles de ses pots d’échappement, producteurs de pollution mortelle (48 000 morts) à travers les particules fines.

Mille entreprises produisent près de 50 % du PIB, et font travailler 3,5 millions de salariés. Elles sont donneuses d’ordre pour des centaines de milliers de sous traitantes.

Veolia, a elle seule, dispose de 10 000 sous-traitantes selon son PDG, Antoine Frérot.

Au lieu de déréglementer sans bornes de façon laxiste, l’état devrait se donner les moyens de contrôler les géants économiques qui nous gouvernent et s’imposent à la république, a nous, ses citoyens.

Que le contrôle soit fiscal (et les empêche autant d’optimiser que de frauder)  qu’il soit en santé hygiène sécurité (et la liste est longue, de Total à Servier) qu’il soit en droit des salariés (et PSA qui engrange 3 milliards de plus de bénéfices et supprime 2200 emplois) et des usagers (victimes de la mal bouffe agro alimentaire ou des accidents et pollutions), il est nécessaire.

Comme du temps des mines de Courrières on ne peut laisser les patrons décider, car leurs intérêts vont contre l’intérêt général et commun.

Renforcer le contrôle public, l’emprise des lois de protection et de sauvegarde publique des salariés et des usagers, doit être au cœur du programme anti Macron.

 

info :

 

Usine Bosch de Rodez : les syndicats craignent un «désastre économique»


Le ParisienLe Parisien avec AFP · 16 janv. 2018

Les syndicats, recus mardi par des conseillers du gouvernement, ont exprime leur « inquietude » quant a l’avenir du site d’Onet-le-Chateau, premier employeur prive de l’Aveyron avec 1600 salaries.
Usine Bosch de Rodez : les syndicats craignent un «desastre economique» L’intersyndicale de l’usine Bosch de Rodez a mis l’Etat en garde mardi face au « desastre economique » que representerait la fermeture du site specialise dans les moteurs diesel, ou entre 300 a 800 emplois sont menaces a court terme, selon elle.

Les syndicats (SUD, CGT, CFE/CGC, CFDT), recus mardi a Paris par des conseillers du gouvernement, ont exprime leur « inquietude » quant a l’avenir du site d’Onet-le-Chateau (Aveyron), premier employeur prive du departement avec 1600 salaries, selon eux.

« 700 a 800 » salaries « sur la paille »

L’equipementier allemand doit moderniser ses deux lignes de production pour pouvoir fabriquer des injecteurs diesel nouvelle generation, la technologie actuelle devant « disparaitre a l’horizon 2020/2021 », selon Julien Rul (SUD). Quelque 700 personnes travaillent sur ces deux lignes, precise-t-il.

« Le projet actuel de la direction – qui n’est pas acte – serait de modifier une ligne sur deux », avec pour consequence un sureffectif de « 350 a 450 » salaries. Sans aucun investissement, « 700 a 800 » personnes se retrouveraient « sur la paille », selon lui, et « la perennite du site (serait) en jeu ».

Scenario noir

Selon Pascal Raffanel (CFE-CGC), ce scenario noir « condamnerait » en effet l’usine en raison des couts fixes trop eleves, ce qui constituerait un « desastre economique », le site representant « 8500 a 10 000 emplois indirects sur un bassin de vie de 80 000 habitants ». Soit l’equivalent de « la fermeture d’Airbus pour la region toulousaine ou la disparition de Peugeot sur la region de Sochaux ».

La direction de Bosch se deplacera le 26 janvier a Onet-le-Chateau pour y faire « des annonces », selon les syndicats. « Si les investissements ne sont pas decides la, ce sera trop tard », affirme Yannick Anglares (CGT). A l’inverse, une modernisation de l’appareil de production offrirait « un delai de 4 a 5 ans pour envisager une mutation industrielle du site ».

Un appel au « patriotisme industriel »

En attendant, l’Etat doit intervenir aupres des constructeurs automobiles francais pour qu’ils fassent « un peu de patriotisme industriel » en passant des commandes, ajoute-t-il. « L’Etat et les contribuables sont venus a la rescousse » de Renault et PSA quand ils etaient en grandes difficultes, a eux de renvoyer l’ascenseur « maintenant qu’ils se portent mieux », abonde Julien Rul.

L’avenir du diesel s’est assombri apres le scandale des moteurs diesel truques de Volkswagen. Son impact sur la sante est egalement regulierement mis en avant. En visite a l’usine Bosch de Rodez, durant l’ete 2016, Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie et de l’Industrie, avait dit ne pas vouloir « faire la chasse au diesel », relevant toutefois que son avenir « pass(ait) par l’innovation ».

 

 

 

25 ans d’avancées, de hauts et de bas… et un gros recul de 2012 à 2017 …

Il y a 25 ans, nous avons rejoint le Parti socialiste parce qu’il était la première force à gauche. Nous le disions ainsi : « nous voulions être au cœur de la gauche, pas à ses marges »

A ce jour, ce n’est plus le cas.

Il y a 25 ans nous avons rejoint le Parti socialiste parce qu’il était un parti de gauche pluraliste, acceptant le débat démocratique sur la base de texte de motions  et représentant ses sensibilités à la proportionnelle.

A ce jour, ce n’est plus le cas.

Il y a 25 ans nous avons joint le Parti socialiste parce qu’il se battait pour l’unité de la gauche, et un gouvernement rose, rouge, vert.

A ce jour, ce n’est plus le cas.

Il y a 25 ans nous avons rejoint le Parti socialiste parce qu’il défendait les 35 h hebdomadaires sans perte de salaire, le contrôle sur les licenciements, la retraite à 60 ans à taux plein.

Ce n’est plus le cas.

 

Il y a 25 ans,  nous avons rejoint le Parti socialiste, qui venait de connaître la déroute de 1993,  alors que son Premier secrétaire de l’époque Henri Emmanuelli signait avec nous, dans la rue, en pleine manifestation, notre pétition « pour les 35 h hebdo sans perte de salaire » et nous avons aidé ensuite à faire gagner et agir le gouvernement de la gauche plurielle de Lionel Jospin.

Avec le Parti socialiste, nous avons débattu et combattu  pendant 25 ans pour la redistribution des richesses, la hausse des salaires, le recul du chômage de masse, le droit du travail, la sécurité sociale, la démocratie sociale.

En 2003, en 2008, en 2010 nous avons mobilisé avec le parti socialiste et toute la gauche pour la défense de la retraite à 60 ans.

Ce n’est plus le cas.

 

En 1994, comme en 2006 nous avons mobilisé avec succès, les socialistes, la gauche et toute la jeunesse et tout le salariat contre un « smic jeune », contre le CIP puis le CPE c’est à dire la précarité, pour de vrais CDI pour toutes et tous.

En décembre 2010 avec François Hollande, nous célébrions ensemble glorieusement  le centenaire du code du travail.

Nous avons engagé tous nos efforts de 2002 à 2012 pour que la gauche revienne au pouvoir et fasse du bien aux salariés, aux exploités, aux discriminés, et réduise la misère, les inégalités, le chômage.

En 2012 nous défendions le succès et au delà du programme victorieux qui avait donné une majorité sans précédent à la gauche (2 villes sur 3, 20 régions sur 22, 61 départements sur 100, l’Assemblée nationale, le Sénat – à gauche pour la 1° fois depuis 200 ans – la présidence).

Ce n’est plus le cas.

 

Et nous ne voyons plus de chances que cela redevienne le cas dans un proche avenir.

 

Nous avons été actifs, loyaux, créatifs,  dévoués, animés de la volonté de faire gagner les socialistes, toute la gauche et la transformation sociale. Les idées socialistes que nous défendions (exprimées chaque mois dans l’excellente revue D&S sur nos sites, blogs, mels, articles videos, livres…) ont été parfois minoritaires, (entre 13 et 40 % des voix selon ) parfois majoritaires, mais toujours loyalement, publiquement, sincèrement exprimées, contribuant a  nos débats et a nos avancées collectives.

Nous avons aimé agir de toutes nos forces avec les militants socialistes, soucieux de progrès social, des 40 h, des 39 h, des 35 h, de la 5° semaine de congés payés, des droits des millions et millions de travailleurs salariés.

Tout cela est progressivement devenu impossible de 2012 à 2017 sous l’impact de la politique pro droite des gouvernements Hollande-Valls-Macron. Ce quinquennat a été le plus terrible de l’histoire de la gauche : il a défait les 40 h de Blum, les 39 h de Mitterrand, les 35 h de Jospin, il a cassé un siècle de droit du travail, depuis la loi El Khomri jusqu’aux ordonnances Macron. Lionel Jospin avait refusé la « troisième voie » Blair-Schroder, Hollande a recherché des accords avec la droite, tout comme le SPD le faisait avec Merkel.

 

pour ce faire, Hollande et son premier ministre Valls, et son conseiller Macron se sont battus entre eux à qui allait le mieux servir le Medef et ils ont tout gâché : d’un « Pacte » avec Gattaz en CICE,  de l’ANI et la loi Sapin aux lois Macron et El Khomri, des budgets austéritaires à la loi « Notre », ils ont violenté, déçu, rendu hostiles au PS des millions d’électeurs de gauche. Hollande avait dénoncé « son ennemi la finance », et il a servi la finance de a à z et n’a même pas séparé les activités bancaires de dépôt et les activités spéculatives dites  de marché. Il a même stoppé les votes parlementaires en faveur de l’amnistie des syndicalistes et s’est enlisé dans le choix d’une déchéance de la nationalité, vieille revendication du Front national.

 

Pendant les cinq dernières années, de 2012 à 2017, nous avons milité patiemment, respectueusement, pédagogiquement, pour essayer d’endiguer, d’empêcher ce désastre. Ils n’ont rien voulu entendre.

 

Le bilan a été catastrophique au point que Hollande, comme nous étions nombreux à le lui demander, a été obligé de renoncer en décembre 2016, incapable d’oser se représenter devant ceux qui l’avaient élu, que le Premier ministre Valls a été totalement balayé dans une primaire, et que le conseiller Macron a été obligé de sur-jouer sa rupture avec Hollande pour essayer de faire figure d’homme « neuf ».

 

Qui est l’œuf, qui est la poule entre Hollande et Macron ? En tous cas, nous l’avons vécu, subi, chacun l’a vu, on ne peut pas être à la fois pour socialisme et pour le Macronisme, c’est impossible, c’est incompatible.

 

Nous avons réussi entre le 29 janvier 2017 et le 23 avril 2017 à faire gagner et à soutenir un candidat de la gauche socialiste, tentant de corriger, de sauver ce qui pouvait être possible des idées socialistes, des idéaux de Jaurès, du meilleur du parti socialiste. Il y avait une chance, une issue possible, c’était de réaliser l’unité de la gauche derrière un candidat unique Melenchon Hamon. Nous avons tout fait en ce sans : sans aboutir.

 

Des centaines, puis des milliers parmi les principaux dirigeants soutenant Hollande (Le Drian, Urvoas, Le Foll, Valls, etc..) ont savonné la planche a la campagne Hamon, puis l’ont trahi passant avec armes et bagages du coté de Macron dont ils ont « souhaité la réussite ».

 

Evidemment cela a ajouté du désastre au désastre et le PS en sort, avec un pronostic vital incertain, il y perdu ses électeurs, ses adhérents, son local, ses permanents.

Apres le désastre électoral d’avril-juin 2017, restait il une possibilité pour le Parti socialiste de survivre ?

 

Oui, bien sur, il y avait encore une faible chance, mais réelle de sauver le PS, à condition de se dégager du lourd bilan du quinquennat et d’en revenir à des bases saines de gauche, à la tradition de Jaurès, à la recherche de l’unité de la gauche et du programme qui la permettait.

 

Mais ce n’est pas entre Valaud et le Foll, co auteurs de la loi El Khomri que cela pouvait se faire et se jouer. Il n’y a pas eu l’once d’une velléité d’essayer cette voie, cette chance, dans le noyau dirigeant issu du « hollandisme ». Nous avons fait des offres de débat sincère, elles ont été refusées. De Jean-Christophe Cambadelis à Stéphane le Foll,  d’Henri Weber à Alain Bergounoux, de Rachid Temal à Guillaume Bachelay, d’Olivier Faure à Didier Guillaume ou Nadjat Valaud-Belkacem, il n’y a eu que précipitation pour s’enchrister dans le cours suivi les cinq années précédentes. JC Cambadelis s’en alla du poste de premier secrétaire, en publiant un livre dont le caractère délibérément creux laissait ses lecteurs ébahis.

 

Arqueboutés sur les restes de l’appareil défait, ils n’ont eu de cesse de repousser dés juin juillet 2017 nos efforts de la gauche socialiste, pourtant tâtonnants, hésitants, mais sincères. Les « hollandais » ont même essayé de faire reporter leur défaite non sur leur politique faillie mais sur ceux, les « frondeurs », qui avaient  essayé de l’influer à gauche, de la redresser, avant de la combattre – tardivement.

 

Les dirigeants socialistes hollandais Le Drian, Urvoas, Ferrand, Castaner, Valls, et d’autres, partout, avaient appelé à voter Macron dés le premier tour et le rejoignirent au gouvernement d’Edouard Philippe, tandis que, resté à l’intérieur, Le Foll, Cambadelis et autres se mirent à souhaiter publiquement « la réussite d’Emmanuel Macron » !

 

On pouvait espérer beaucoup des derniers militants, mais le haut de l’appareil faisait tout pour qu’ils ne puissent rien dire : ceux-ci se disaient « déboussolés » ou « sur le départ » entre « Hamon dehors », Mélenchon et la « France insoumise » et la gauche socialiste, désertée ou passive ou divisée.

 

Nous avons tenté de défendre, mais de plus en plus difficilement, que nous devions « tenir jusqu’au congrès » et rassembler toutes les forces restantes encore socialistes, de gauche et unitaires.

 

Encore fallait il que le congrès du PS resta un minimum démocratique.

 

La gauche socialiste avait obtenu 13,5 % des voix au congrès de Toulouse (sur 85 000 votants, octobre-novembre 2012), puis près de 30 % des voix au Congrès de Poitiers (sur 71 000 votants en juin 2015). Mais elle avait un mal fou à « faire bloc » et à agir de façon efficace, entre ses différentes personnalités et sensibilités : Christian Paul, Arnaud Montebourg, Benoit Hamon, Marie-Noëlle Lienemann, Emmanuel Maurel, et moi.

 

Christian Paul, premier signataire de la motion « B » de la gauche socialiste à Poitiers, eut une position claire : en substance, « c’était foutu, il ne croyait pas à un nouveau congrès, la page PS était tournée, il fallait reconstruire, ailleurs et autrement ». Cela n’aida pas à ce que la gauche du PS se réunisse, se regroupe et agisse.

Benoit Hamon, le 1er juillet annonça qu’il quittait le Parti socialiste, et fondait un mouvement le « M1717 ».

Arnaud Montebourg fit savoir qu’il se mettrait à nouveau en retrait et créait des entreprises « made in France ».

 

Le 8 juillet, le premier geste des « hollandais » c’est à dire de l’aile droite du PS,  fut de tenir un Conseil national très fermé, repousser le congrès (qui statutairement devait se tenir avant fin 2017) de mettre en place une « direction collégiale provisoire « et de lancer une « consultation militante » sur « une feuille de route » qui se proposait de changer les statuts avant de tenir un congrès politique en « février mars » 2018.

 

La « direction collégiale » n’avait aucun rôle statutaire, et pour la première fois elle n’était pas proportionnelle aux sensibilités du parti : elle atteint 28 membres, dont seulement trois de la gauche socialiste (Régis Juanico, François Kalfon, Emmanuel Maurel) dont on se demandait ce qu’ils y faisaient dans pareilles conditions.  Nous avons demandé à cette direction provisoire qu’elle soit infléchie à gauche, ou, pour le moins, reste proportionnelle, ils ne répondirent même pas, nous écartèrent et le refus eut valeur de verrouillage pour toute la séquence qui suivit.

 

Nous argumentions qu’il fallait s’orienter sur une voie unitaire comme au Portugal, ou sur le chemin nouveau du Labour party de Jérémy Corbyn. Cela nous valut encore plus d’hostilité et de méfiance.

 

En fait cette direction provisoire collégiale, « DPC » était là précisément pour empêcher l’issue que nous proposions, elle n’eut qu’un rôle néfaste : après un séminaire discret et verrouillé fin août, elle ne rédigea qu’une « feuille de route », une sorte de « quizz, agenda »,  qu’elle se proposa de faire voter le 28 septembre. Ce fut un échec terrible, moins de 10 % d’adhérents participèrent. Dans la plus grosse fédération, celle de Paris, il y eut 908 votants sur 6578 dont 10 % de « non » et 10 % de « nuls ». Pas de surprise, cela ne concernait pas les militants et il n’y avait pas un mot de politique, ni bilan ni futur, ni passé ni avenir, seulement un recroquevillement bureaucratique.

 

Le groupe parlementaire à l’Assemblée nationale PS renonça à s’appeler « socialiste » et se nomma « nouvelle gauche ».

 

Sur les 31 députés,  5 votèrent la confiance à Macron, 5 s’y opposèrent, et 21 s’abstinrent, ce qui reflétait la division profonde du parti et son manque d’enthousiasme à l’idée de s’opposer à Macron.

 

Lors du vote sur la loi d’habilitation des ordonnances anti travail, en juillet, le groupe vota à 31 voix contre, mais le président du groupe Olivier Faure, précisa que ce n’était pas une opposition aux ordonnances en général mais à « certaines lignes rouges » que celles-ci franchissaient. En fait, il défendait encore la loi El Khomri (que Benoit Hamon avait pourtant proposé d’abroger dans sa campagne présidentielle au nom du parti) et essayait de distinguer soigneusement ce qui séparait les ordonnances Macron des lois Hollande-Valls ! Avec cela il n’était pas question de changement ni de redressement : le PS hésita à appeler à la première grande manifestation syndicale du 12 septembre. Il appela à celle, plus unitaire, de la Fonction publique du 10 octobre, mais en défendant dans un tract, un « contre-budget » à celui de Macron : celui-ci était en fait le budget prévu par Hollande, avec 2,7 % de déficit, et il rendait impossible la hausse des salaires de la Fonction publique que le PS faisait mine de défendre par sa présence dans le cortège ce jour-là.

 

 

Le seul geste positif qu’on peut enregistrer dans cette période fut une saisine commune des trois groupes parlementaires PCF, FI, PS du Conseil constitutionnel contre le contenu des ordonnances.

 

Peu après, le même groupe ex-PS, appelé « nouvelle gauche »  vota à l’unanimité l’intégration des principales mesures de « l’état d’urgence » dans le droit commun, contre l’avis majoritaire du Bureau national.

 

Il n’y avait plus de direction de facto : la « DPC » se réunissait à 6 à 10 membres sur 28 membres théoriques, le « BN » entre 10 et 15 membres  sur 58. Les groupes parlementaires n’obéissaient plus au parti. Seule une poignée s’accrochait au pouvoir avec la volonté de « purger » le parti plutôt que le renforcer : partout il y eut la chasse aux sorcières, des militants écartés, exclus, sans le moindre respect des statuts nulle part. Aurélie Filipetti fut ainsi exclue sans autre forme de procès. En Côte d’Or, ou en Bretagne, des groupes de militants furent chassés. Et dans le Nord aussi, autour de Leers Wattrelos ou les responsables devenus « macroniens », détruisaient tout ce qui restait des vieux cercles militants. Les « hamonistes » partaient un par un : Guillaume Balas, Isabelle Thomas, Pascal Cherki, c’était la décomposition.

 

Il était devenu obligatoire de vendre le siège rue de Solferino, de faire un plan social de deux tiers des salariés permanents du Parti, de grouper des sections et fédérations désertées. Chaque jour le désastre empirait et la direction ne réagissait plus à rien de décisif dans les débats et batailles sociales et politiques du pays. Un budget prévisionnel du PS fut rebâti et adopté pour les 5 années 2018-2022, mais il n’envisageait même pas de recruter 20 % d’adhérents en 5 ans, faisant l’impasse sur les élections territoriales de 2019 ou 2021, tout en fixant à nouveau l’objectif d’une dépense phénoménale lors de la présidentielle en 2022. Aucun plan militant, aucune ambition de renouveau ! (Alors qu’en Grande-Bretagne, le Labour party était repassé des 60 000 membres sous Tony Blair à 600 000 membres sous Jérémy Corbyn, et au Portugal, le PSP unitaire et allié à gauche avec le PCP et le bloc de gauche, enregistrait  un énorme succès avec 38 % des voix aux élections municipales intermédiaires).

 

Le groupe « socialiste » du Sénat, atteint 82 sièges, après les sénatoriales partielles de septembre 2017. C’est là qu’il existerait un « trésor de guerre » financier le plus important. La moitié des sénateurs était favorable à Macron dont le président Didier Guillaume qui fut pourtant… ré élu président. Lequel s’empressa de saluer Olivier Dussopt lorsque celui-ci le 24 novembre 2017 se rallia au gouvernement de Macron comme « secrétaire d’état chargé de la Fonction publique » pour défendre le budget qu’il critiquait pourtant une semaine avant.

 

C’est alors qu’ils se lancèrent dans une préparation de congrès totalement anti statutaire, visant plus à écarter ce qui restait de la gauche socialiste combative qu’à reconstruire quoi que ce soit. Rachid Temal réclama un niveau de 40 signatures (au lieu d’une seule prévue par les statuts) pour avoir le droit de déposer une motion. Ems en exonèrent 16 finalement. Nous étions, de ce seul fait, avec « Démocratie et socialisme » plusieurs milliers de militants restants dans plus 70 départements, écartés du droit de déposer une motion et donc d’être, conformément aux statuts, représentés aux instances de direction d’après congrès.

 

Les dés étaient pipés. Ils nous ont retiré nos cartes. A quoi bon continuer à jouer un jeu truqué ?

 

Ils ont changé le périmètre électoral de ceux qui allaient voter : ils gracièrent les « macroniens », du premier ou du second tour, de payer leurs cotisations de 2014 à 2017. Pas besoin de rattrapage, de mise à jour pour voter les 15 ou 22 mars 2018 : il suffisait de payer 20 euros pour 2018 avant le 31 décembre et la participation au congrès de début avril 2018 devenait permise. (Les statuts officiels prévoyaient une mise à jour, et une limite d’adhésion 6 mois avant le vote). Ils supprimaient les « contributions générales » c’est à dire toute discussion avant les motions et le congrès lui même. Puis ils soumettaient les motions à une règle drastique : elles devaient être divisées en cinq questions et on ne savait comment ces « fenêtres imposées » seraient représentées par des délégués au congrès. Il n’y avait même plus de « convention statutaire » (comme l’avait prévu la « feuille de route ») pour ratifier cette violation flagrante et brutale des statuts, les militants seraient « consultés ».

 

Cela nous amena à nous interroger encore sur notre participation à ce dernier congrès.

Aller jusqu’au bout ou non ?

 

 

Notre attachement au combat pour l’unité de toute la gauche, et pour la reconstruire majoritairement nous fit quand même fit espérer et essayer jusqu’au bout

 

Nous avions tout fait pour garder unie la gauche socialiste. Mais les uns et les autres n’avaient pas voulu. Christian Paul parti, Hamon et Montebourg partis, Lienemann n’ayant plus rien dit, gardant sa place de sénatrice, Maurel happé sans résistance dans la direction collégiale, que faire ? Nos propositions pour élire un Jérémy Corbyn sur un cours nouveau à gauche « le social au coeur », étaient très populaires à la base et autour du parti et ses sympathisants mais totalement bloquées, étouffées par l’appareil.

 

C’est à ce moment-là qu’ils en ont rajouté et ils ont inventé de toutes pièces calomnie et procès. Par bévue et non par un délit, j’ai retweeté un photomontage visant Macron sans voir la nocivité cachée derrière. Je n’avais perçu ni sa provenance, ni le « code » au double fond, très sombre, dont toutes les pièces, quand on les observait ensemble, avait un caractère antisémite. J’étais insouciant ce soir là, le 17 novembre à 22 h 30, après une longue journée de travail, mais dés qu’on m’alerta, à peine quarante minutes plus tard,  je pris conscience de tout son contenu, je le retirais et m’excusais.

 

La bévue était non intentionnelle et circonscrite, ça pouvait et devait en rester là. Il eut été judicieux, de me défendre, non de m’accabler. Nul en 50 ans de militantisme n’était en mesure de me reprocher une quelconque trace d’antisémitisme : je hais le racisme et suis l’un des nombreux co-fondateurs de SOS-Racisme. Je suis juif de cœur dès qu’il y a menace d’oppression antisémite. Ma vie personnelle, intime, tout en témoigne. Je n’ai raté en 50 ans aucune manifestation anti raciste, ni aucune forme de lutte, tracts, meetings, mobilisations, concerts, contre l’antisémitisme.

 

Hé bien, ça n’y fit rien, ils s’emparèrent cyniquement de ce prétexte, se moquèrent de la vérité, ils ont osé – les mêmes qui voulaient une semaine plus tôt nous exclure, mes amis et moi, du débat de congrès – voter pour me suspendre de façon « conservatoire » (ce qui n’a aucun sens car on est antisémite ou ne l’est pas) du BN et du PS, après 25 ans de parti, et 50 ans de militantisme à gauche, le 22 novembre. Ils ont fait cela anti-statutairement,  en mon absence, sans lire les explications que je leur avais envoyées…

J’étais excusé car j’étais à Angers à un grand congrès Cgt-Fnat ce jour là. Je leur avais écris une lettre qu’ils n’ont pas communiquée. Il paraît que le BN aurait eu une discussion pour savoir s’ils m’accusaient ou non d’antisémitisme, certains disant que c’était quand même un peu énorme, mais non, ce fut inouï, ils ont fait un « procès de Moscou » à Solferino, exécuté de façon expéditive et infâme.

 

En fait, ils n’ont même pas été capables d’aller au bout de leur procédure. Malgré des demandes répétées,  je n’ai jamais reçu ni motion écrite, ni message, autre que par voie de presse, le sénateur Assouline s’étant empressé de tweeter sa version de la nouvelle. La suspension « à titre conservatoire » … par le BN n’avait aucune valeur juridique, nulle part les statuts ne le permettent. Comme s’en moqua fraternellement Daniel Mermet, « Filoche était sans doute aussi pédophile, dealer, violeur, et socialiste »… pour devoir être traité ainsi ! Et il ne fut pas donné suite à mes multiples tentatives de recours « statutaire ».

 

La vérité est que, comme ils étaient en train de faire un putsch en guise de congrès 2018 faussé, ils trouvèrent commode d’assumer du même coup cet acte dégoûtant. Quand un appareil, et tous ses chefs, sont aux abois et n’ont plus d’autre choix, ils se montrent ainsi sous leur vrai jour.

 

Cet épisode entre t il dans l’inversion de l’histoire de ce parti, dans sa déchéance, dans sa faillite ? Participe t il à son changement de nature de classe ?  Les critères qui nous ont fait dire que ce parti était un « parti de gauche », un « parti ouvrier bourgeois », salarié à sa base,  bourgeois en sa direction, ne sont ils pas en train de changer à toute vitesse ?  Il n’y a plus de plan, plus d’idées, plus de base sociale, et ils tuent tout ce qui fait le dernier lien avec des millions de salariés. Naturellement le congrès des 7 et 8 avril 2017 à Aubervilliers 2018 n’a plus de sens avec pareilles méthodes. Quelques jours plus tard, le même Rachid Temal exclut brutalement d’une seule phrase à Europe 1 tous les « hamonistes » qui étaient allés au rassemblement du Mans du 1er décembre. Politique de la terre brulée. Tandis que Jean-Yves Le Drian se disait toujours membre du PS en étant un haut ministre régalien du gouvernement Macron. Politique de Gribouille sans foi ni loi.

 

Les textes dits de « refondation » qui annoncent le congrès d’avril 2018 sont creux, sans bilan, ni vision,

Ils continuent défendre la loi El Khomri, un budget « en équilibre ». On sait ainsi d’avance qu’ils ne veulent pas de « social au coeur ».

Ils ne vont pas défendre le Smic à 1800 euros, la retraite à 60 ans, la semaine de 32 h, ni un plafond de 5 % de précaires par entreprises.

 

Que reste t il en guise de « gauche socialiste » pour les y pousser ? Rien.

Pour les derniers qui tentaient de s’en prévaloir, avoir accepté de piétiner les statuts et voté dans ces conditions ne laisse aucune place à l’honneur. Surtout, une « gauche socialiste » cantonnée à 5 ou 10 ou 15 % des voix et militants « après Hollande » ce n’est plus du tout la même chose qu’une gauche socialiste essayant de changer les choses « avant et pendant Hollande » ! Il y a des cycles irréversibles, des sauts qualitatifs. Le texte Maurel est redevenu « républicain, antilibéral et écologique » abandonnant la priorite au « social au cœur » qui nous semblait absolument déterminante pour des millions de cos concitoyens, il a accepté le coup de force des changements de statut, ce qui nous a écarté de la possibilité de déposer le notre. Le prix est payé pour rester dans cette course truquée.

 

Il restait entre 2,4 millions (23 avril 2017) et 6 millions de voix socialistes (aux régionales du 5 décembre 2015). Il reste 1000 maires de plus de 10 000 habitants, 30 départements, et 2 régions. Mais tout ça est éclaté. Macron a la majorité dans les faits. Les voix de gauche n’iront pas vers un parti qui s’entêterait à aller vers Macron ou le suivre sans s’opposer. Elles n’iront pas vers un parti qui défendrait le retour à une ligne politique similaire à celle de Hollande.

 

Le PS deviendra t il une sorte de « parti radical » bis, de notables coupés de base sociale ? Disparaitra t il dans quelques derniers actes honteux en piétinant sa propre, longue et belle  histoire ?  Sera t il assez fort pour être un frein centriste à l’union du reste de la gauche ? D’ultimes secteurs s’en dégageront-ils  pour rejoindre une grande coalition de gauche unie ?

 

A Paris toujours, le 7 décembre 2017, point culminant des travaux dits de « Refondation », il y eut un maximum de 416 votants dont 221 « oui » et 121 « non », et 32 abstentions, (sur 6578 adhérents théoriques) pour consacrer l’enterrement de toute démocratie, par la « suppression intégrale des motions, remplacées par un court texte d’orientation général présenté par la direction ». Le CN du 9 décembre, n’osa pas aller jusque là, mais arrêta des dispositions tout aussi anti-statutaires puisque seul un congrès disposait du pouvoir de changer les statuts.

 

Le CN du 9 décembre supprime les contributions générales :

* maintient des contributions thématiques avec vérification par la commission de préparation du Congrès qu’elles portent bien sur un seul thème (réduction du format à 15 000 signes). Possibilité de laisser des sympathisants signer.

* impose des textes d’orientations réduits à 50 000 signes organisés autour de cinq thématiques obligatoires. Introduction et conclusion libres.

* fixe un nombre de membres du Conseil national pour déposer un texte d’orientations à 5 % du CN au lieu de un membre du CN

* fixe l’élection des 1ers fédéraux en même temps que celle du 1er Secrétaire national sur la base d’un plan d’action fédérale.

* fixe la date limite d’adhésion au 31 décembre 2017 au lieu du 15 septembre.

* restreint la mise à jour de la seule cotisation 2018 le jour du vote pour les adhérents actuels et les anciens adhérents membres du Parti (à partir de 2015) sauf pour les élus qui doivent être à jour de toutes leurs cotisations.

* et précise que les anciens adhérents exclus de fait ou par les instances du Parti ne peuvent bénéficier de ces dispositions.

 

Exit !

Il est impossible dans ces conditions de poursuivre le combat engagé il y a 25 ans. Nous l’avons fait pendant 25 ans.
Ca ne peut plus être le cas

Nous en prenons acte.

 

S’ils n’ont pas été capables de formaliser ma « suspension provisoire », je formalise ma démission. Pas à cause du procès de seconde zone, mais pour  reprendre le combat pour un grand parti démocratique, pluraliste, unitaire, socialiste dans la tradition de Jaurès. Notre combat de 25 ans dans et avec le PS ne peut plus se poursuivre sous les mêmes formes, dans le même cadre, cela ne peut plus être le cas.

 

Chaque jour amène, en écho de la direction restante du PS, son lot de désert politique, de soumission au macronisme et de querelles médiocres de personnes.

 

C’est contraire à notre volonté de construire une alternative à Macron, pas une béquille à sa politique.

 

L’important devient alors de « reconstruire la gauche » comme 1111 socialistes de 101 départements le proposent le 20 janvier 2018. L’important est de reconstruire une gauche, un parti à la fois réellement socialiste pluraliste et unitaire ou le « social au cœur » et où les statuts démocratiques soient respectés.

 

Nous voulons nous redonner les moyens, d’affronter et de vaincre Macron et sa politique de destruction sociale.

 

L’important est, pour cela, de rassembler toute la gauche politique et syndicale ; la seule issue réaliste, et nous nous y engageons, est dans une forme organisée permanente de gauche anti Macron ! Benoit Hamon et « Génération.s » ont réuni leurs militants au Mans une seconde fois le 1er décembre 2017, Jean-Luc Mélenchon et « France insoumise » ont tenu une convention nationale à Clermont-Ferrand le 18 novembre 2017. Pierre Laurent, au nom du PCF,  a appelé les deux à s’unir, il a raison : travailler à cette unité, à une fédération permanente de la gauche est vital.

 

 

 

 

Bras de fer social en Allemagne sur la semaine de 28 heures

AFP Publié le lundi 08 janvier 2018 à 06h42 - Mis à jour le lundi 08 janvier 2018 à 17h20

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INTERNATIONALLe puissant syndicat allemand de la métallurgie IG Metall donne lundi le coup d’envoi d’un bras de fer social qui s’annonce comme l’un des plus durs de ces dernières années en Allemagne.

Plusieurs dizaines de débrayages sont prévus dans tout le pays, en particulier dans le secteur automobile, pour soutenir des revendications portant notamment sur la réduction du temps de travail à 28 heures hebdomadaires.

Conformément à une stratégie bien huilée de montée progressive de la pression, les arrêts de travail affecteront des entreprises bien choisies, dans l’ouest en Rhénanie du Nord-Westphalie (avec 700.000 grévistes annoncés), dans le sud avec le Bade-Wurtemberg et dans l’est avec les régions du Brandebourg, de Saxe et Berlin.

Le mouvement va durer au moins une semaine. De premières grèves d’avertissement, très localisées, ont déjà été organisées la semaine dernière, notamment chez Porsche.

Depuis octobre, le syndicat exige pour les 3,9 millions d’employés du secteur une augmentation salariale de 6%. La fédération patronale Gesamtmetall propose 2%. Rien d’inhabituel. En général, les parties se retrouvent à mi-chemin.

Semaine de 28 heures

Mais le conflit porte surtout cette fois sur un aménagement inédit du temps de travail demandé par IG Metall: le passage de la semaine de travail de 35 à 28 heures pour ceux qui le souhaitent, avec compensation partielle du manque à gagner salarial par l’employeur.

La formule serait valable deux ans au maximum et l’employeur devrait garantir un retour à un poste à plein temps.

Le patronat du secteur la juge inadmissible et impraticable. Il estime que près des deux tiers des salariés seraient éligibles à cet aménagement du temps de travail et redoute un casse-tête administratif et des ateliers dépeuplés.

Les employeurs soulignent également le risque de discrimination en cas de mise en place de ce régime pour les employés travaillant déjà à temps partiel pour un salaire réduit d’autant.

Cette question a déjà fait achopper des négociations de branche à l’automne. Si l’impasse se confirme, l’étape suivante pourrait être la grève dure, une rareté dans ce pays pétri de culture de la cogestion.

Sans avancée du patronat, il sera « extrêmement difficile de mener cette négociation salariale à bien en se bornant à des grèves d’avertissement », a prévenu ce week-end un responsable d’IG Metall, Roman Zitzelsberger.

Les débrayages accompagnent traditionnellement les négociations salariales en Allemagne. En revanche, IG Metall n’a pas organisé de grève nationale et illimitée depuis 2003.

Gesamtmetall menace, lui, de porter l’affaire devant les tribunaux. Le ton est déjà très âpre entre partenaires sociaux, dans un pays qui s’était habitué ces dernières années à des négociations sociales plutôt apaisées dans un contexte de bonne santé de l’économie.

Economie florissante

La menace d’un conflit à durée indéterminée dans des industries florissantes et clés pour l?Allemagne, comme l’automobile ou les machines-outils, inquiète les patrons du secteur.

« Les grèves ne sont généralement pas un moyen approprié pour résoudre les conflits salariaux, elles nuisent à l’exportation, donc à l’entreprise et in fine aux employés », a prévenu Bertram Brossardt, le dirigeant du patronat bavarois de la métallurgie et de l’industrie électrique.

IG Metall arrive à la table des négociations en position de force, porté par une conjoncture au beau fixe. Tous les fondamentaux de l’économie allemande, emploi, exportations, inflation, sont dans le vert.

Après avoir exigé pendant des décennies la redistribution des fruits de la croissance, IG Metall apporte cette fois une revendication neuve dans le paysage syndical mondial.

Avec près de 2,3 millions d’adhérents, IG Metall, qui défend les salariés toutes catégories confondues dans l’industrie (Siemens, ThyssenKrupp), la sidérurgie, l’automobile (VW, Daimler, Porsche), l’électronique ou encore le textile, est le plus gros syndicat d’Europe.

AFP

 

Lyon le 10 janvier de 9 h à 17 h colloque « le travail de demain » université IEP

Mourir pour 30 000 euros

Lors de travaux de rénovation à Châtenay-Malabry (92) un salarié s’est profondément entaillé l’avant-bras gauche (sectionnement de plusieurs tendons et une artère) en utilisant une disqueuse. L’engin s’est coincé lors de la découpe d’un panneau en bois, il a essayé de le retirer en forçant et l’accident est survenu. L’enquête a déterminé son statut ; il est intervenu à la demande d’un artisan, qui indique qu’il supposait qu’il était auto-entrepreneur… Le maître d’ouvrage avait été mis en relation avec l’artisan par la plateforme Frizbiz, enseigne partenaire de LEROY MERLIN. L’équipement de travail n’était pas maintenu en conformité (protection retirée, lame inadaptée).

10 salariés ont été fortement incommodés par des émanations dans les locaux du centre BERLITZ situé au CNIT à la Défense (92) et se sont plaints de maux de tête, de problèmes respiratoires, de sensations de brûlures au niveau de la peau, de nausées. Une salariée a été hospitalisée. Par mesure de précaution, la direction technique du CNIT a pris la décision d’arrêter le système de ventilation mécanique qui aurait acheminé des produits toxiques provoqués par les travaux situés au niveau -3 du bâtiment (travaux sur la ligne E du RER). Le CHSCT – encore existant – de la société BERLITZ a émis un droit d’alerte pour danger grave et imminent.

Un salarié de la société BATI ETANCHE IDF (91 Le Perray) a fait une chute de 13 mètres en passant au travers d’une toiture en plexiglas d’un bâtiment du SDIS à Trappes (78) alors qu’il effectuait des travaux de nettoyage des chenaux. Il a subi des lésions aux poumons et au rachis, de nombreuses fractures. Il n’existait aucune protection collective ou individuelle.

Le groupe PSA et la SNCF reconnus coupables d’homicide involontaire par le tribunal correctionnel de Versailles, suite au décès accidentel d’un ouvrier sur le site de l’usine PEUGEOT de Poissy (78) en 2011. Ils ont été condamnés à une amende de 50 000 € chacun. Employé sur la plate-forme ferroviaire de l’usine, le salarié avait été écrasé par le wagon d’un train qui avait déraillé. Installé sur le marchepied du dernier des 14 wagons chargés de véhicules neufs, il renseignait le conducteur du train par talkie-walkie au fur à mesure des rotations entre gare et usine. Un taquet de sécurité, levé par erreur sur la voie ferrée, avait provoqué un déraillement, projetant la victime sous les roues du wagon. La réalisation de manœuvres ferroviaires par PSA sans supervision de la SNCF constituait une infraction et un danger. L’avocat de PSA avait évoqué l’interdiction formelle de monter sur le marchepied du wagon pour accompagner la manœuvre du train. Le procureur avait écarté l’argument, estimant qu’à supposer qu’il y ait eu erreur de la part de ce salarié, il n’y avait rien dans le dispositif de sécurité qui pouvait s’enclencher. Le groupe PSA et la SNCF ont été aussi condamnés à payer 30 000 € au titre du « préjudice moral » à la veuve du défunt, et 15 000 € à chacun de leurs trois enfants.

Votre livreur Mohammed rentable et jetable, auto entrepreneur

Depuis 2001, Mohamed est manutentionnaire dans un grand supermarché de la banlieue parisienne où il a la charge des rayons liquides (alcool, vins et jus de fruits). Il est marocain et ne parle pas bien le français. Pas de syndicat, pas de délégué du personnel, pas de comité d’entreprise dans le magasin où il travaille. Alors sans trop comprendre ce que le nouvel employeur lui demande, il signe l’avenant à son contrat de travail et accepte des nouveaux horaires.

C’est comme ça maintenant, ca va être la nouvelle mode, tout se décidera dans l’entreprise.

Désormais, il travaillera 6 jours par semaine du lundi au samedi inclus, avec des horaires à respecter et 47 h à exécuter toutes les semaines. Pour le salaire, l’employeur l’augmente. Il lui a même consenti une promotion : agent de maîtrise. Mais cela ne fait guère que 1812 euros bruts mensuels … pour 47 heures, soit 9,63 euros de l’heure. L’avenant au contrat indique une « convention de forfait » sans plus de précision.

Mohamed travaille assidûment, il réceptionne les palettes de marchandises et fait ses rayons (approvisionnement, étiquetage et nettoyage) jusqu’au jour où il est victime d’un infarctus. Il a 50 ans il est usé.

La médecine du travail, après un long arrêt maladie, indique qu’il ne peut reprendre un travail qu’à la condition de ne plus lever des charges de plus de 10 kilos. Mais l’employeur ne répond pas à la demande d’aménagement de poste. Il propose au salarié une rupture conventionnelle assortie d’une indemnité de 7000 euros. Mohamed refuse et reprend son travail. Il reçoit alors deux avertissements pour non-respect des consignes de l’employeur… Prologues d’un éventuel licenciement pour faute grave ?

Sera-t-il remplacé par un manutentionnaire plus jeune qui au bout de quelques années, lui aussi sera usé ? Par un auto entrepreneur ?

En l’état actuel du droit Mohamed peut encore contester l’absence de paiement d’heures supplémentaires. Il peut se fonder sur la durée légale de 35 heures par semaine, seuil de déclenchement du paiement des heures supplémentaires. Il peut aussi remettre en cause le refus de son employeur d’adapter son poste de travail et contester son licenciement devant les prud’hommes qui apprécieront son préjudice en tenant compte de sa situation personnelle et familiale, de son état de santé. Ce sera long, couteux, et difficile.

Avec les ordonnances Macron, l’histoire de Mohamed sera le quotidien de tous les salariés, devenu sans recours. L’employeur pourra  imposer une durée du travail supérieure à 35 h et un taux de majoration des heures supplémentaires inférieur aux taux actuels de 25 et 50 %. Avec le barème plafonné obligatoire devant le conseil des prud’hommes le préjudice sera indemnisé sans tenir compte de la situation familiale de Mohamed, de son âge, de ses difficultés à retrouver un emploi.

Faire baisser ainsi le coût du travail est l’objectif des ordonnances Macron… on sera tous rentables puis jetables. Virables comme à Pimkie, PSA, la Société générale. parce que dans tout ça, y’a pas que votre livreur, y a vous… toutes et tous.

 

 

 

Mon intervention samedi 9 décembre à la Bourse du travail

Bonjour à toutes et tous, merci d’avoir été là, nombreux,

Merci aux camarades qui ont organisé cette réunion, à Willy Pelletier notamment,  mais aussi à toutes et tous, ensemble et séparément

Les 14 interventions, les messages,

Je veux les citer, c’est filmé, tout le monde pourra voir et savoir

https://youtu.be/3Zysb077-dI

https://youtu.be/KQXqZvSVrPU

Ils représentent fort bien les 17 000 signatures dans toute la diversité des démocrates et sensibilités de la gauche. Aucune n’a manqué à l’appel.

Ca tombe bien, car c’est de la gauche dont j’ai besoin, dont nous avons besoin.

C’est pour la gauche unie que je milite.

Vous avez, très nombreux,  pris ma défense, merci, merci,

… mais je n’en reviens pas encore d’avoir été aussi lâchement attaqué. Jamais je n’aurais cru cela possible. On me donne des conseils de partout, parfois contradictoires, « défends toi »  « ne te défends pas, attaque ».

Je fais les deux à tour de rôle. Et parfois ensemble si vous le permettez.

 

J’étais insouciant. Tout à fait insouciant. Pourquoi ne l’aurais je pas été ? Pourquoi me serais je méfié ? Qui peut depuis 55 années de vie consciente, militante, active, oser m’accuser d’antisémitisme, moi ?  Qui peut ? Qui a un indice ? Qui a un doute ?

C’est ma vie entière, qui est dédiée de façon active, permanente, au combat contre le racisme et l’antisémitisme. J’ai commencé tout petit, des tracts, des meetings, des réunions, des affiches, des colloques, des manifestations, des articles, des livres, des concerts, des marches, des mouvements de masse, j’ai tout fait jour après jour, année après année, pour combattre le racisme généré par la société capitaliste de concurrence et de compétition brutale dans laquelle nous vivons, celle là qui, hélas, engendre les boucs émissaires et les odieux racistes.

Alors oui, ce soir là, 17 novembre 2017, vers 22 h 30, au terme d’une longue journée de travail, sur un gros livre en finition, j’étais insouciant.

Mais je n’ai pas « envoyé » ni « fait », un « tweet antisémite », c’est faux.

Je ne suis pas « l’auteur d’un tweet antisémite », non, c’est faux !

Je ne suis pas « l’auteur d’un photomontage antisémite ». Non. C’est faux.

J’ai retweeté une image sans la regarder en détail et sans voir qu’elle avait un caractère antisémite, c’est tout à fait différent !

Et je me suis endormi tranquillement et aussitôt, car je partais à 4 h du matin au Salon du livre de Toulon. Quand on m’a appelé, réveillé, à peine 40’ plus tard, pour me le signaler, j’ai regardé l’ensemble du photomontage, et là, j’ai vu les arrières plans, et aussitôt je l’ai retiré et me suis excusé.

C’est une bévue qui normalement aurait du s’arrêter là, circonscrite, si elle n’avait pas donné l’occasion, depuis, de déclencher la campagne que vous connaissez bien puisque vous êtes tous là.

 

Ce soir-là, je visais Macron et Macron seul, d’ailleurs la légende est claire, « pauvre type », il n’y a pas de pluriel, pas d’autre allusion, ni sens,  et ce n’est pas une légende exagérée, celle là. « pauvre type et nous l’aurons tous ensemble ». Car c’est Macron qui nous traite, nous les salariés, les militants de gauche, les syndicalistes, ses opposants,  de « fainéants » de « rien », de « cyniques », « d’extrêmes », de « foyer infectieux », depuis des mois, avant d’être président et depuis qu’il est président.

 

Et j’ai travaillé cinq mois, depuis juillet, sur tout ce qu’écrit et prône cet homme, pour un livre que l’on m’a commandé, et qui va paraitre le 7 février, et au fur et à mesure de ce travail, j’ai appris encore plus quelle était la politique de cet homme, la pire que nous ayons à subir depuis 1945, la plus antisociale, déterminée à casser tout ce qui reste du programme du CNR, « les jours heureux ».

 

faisons de la politique car sinon tout est détourné de tout sens.

Cette semaine là, le 17 novembre, j’avais rajouté des lignes sur ce qu’il a dit contre les emplois aidés : « ceux qui défendent les emplois aidés n’en voudraient pas pour eux mêmes » C’est une phrase odieuse. Car oui il s’agit de 500 000 emplois qui vont être supprimés, oui ce ne sont pas bons et vrais emplois, ces 500 000 personnes devraient être dans la fonction publique, titulaires, avec un bon salaire, il y a besoin d’eux, et ils méritent un bon travail public, nécessaire, utile. Oui, on ne défend le côté mauvais de l’emploi, à moins de 750 euros, mais le côté dramatique « roue de secours » alors qu’il existe 6,7 millions de chômeurs réels, toutes catégories confondues outre-mer inclus. Et que Macron président des riches fasse 500 000 « mauvais » emplois de moins, et soit cynique avec ça, c’est odieux.

 

C’est odieux aussi, que Macron ait voulu enlever ces jours là, le mot « pénibilité » accolé au mot « travail » : c’était le deuxième rajout que je faisais à mon livre de 800 000 signes qui décortique toute sa politique et tous ses propos. Cette semaine là, il avait enlevé le critère d’exposition aux risques cancérigènes au travail, il l’avait supprimé de la liste à retenir pour les critères pour l’âge de la retraite. En soi, c’est criminel. Car il y a des dizaines de milliers de cancers d’origine professionnelle, bien plus que ce qu’on dit et sait, depuis l’amiante, la poussière de bois, l’exposition au benzène, en France la liste des risques de cancers est sous estimée,  la liste des cancers reconnus est bien en dessous de la réalité, plus que n’importe ou en Europe. Mon père menuisier est décédé d’un cancer de la gorge et c’est le cancer du menuisier. Il y a de quoi détester ce « pauvre type », Macron qui n’a jamais travaillé, cet homme de cabinet qui a fait un putsch interne à l’appareil d’état pour se faire élire sur une ligne ultralibérale thatchérienne…

il faut vaincre Macron et sa politique dans l’intérêt des dizaines de millions de salariés de notre pays.

J’ai tout lu, tout recueilli, pour rédiger ce livre, sur Macron depuis cinq mois, livres, vidéos, films, photos, dessins, caricatures, articles, tout. Je me suis fait aider aussi. J’ai collecté toute information de toute nature. Je pratique ainsi, car je ne suis pas un as en informatique, tout ce qui apparait sur les réseaux sociaux, sur Google, avec ma flèche de souris, je les fais glisser et je les range en direct dans des dossiers « ad hoc », je dois avoir ainsi plusieurs milliers et centaines de copies, d’extraits, d’articles, de dessins, de caricatures, de photos, et de montages comme il en circule tant et tant.

 

Pour illustrer mon tweet de la fin de ce soir-là,  contre Macron,  j’ai fait glisser l’image incriminée, elle ne m’a pas choqué au début car j’y voyais, le « En marche » et ce week-end là s’annonçait le pseudo faux congrès de « En marche » prévu à Lyon, avec 750 prétendus « délégués » triés censés représenter 380 000 « clics » qui ne payaient aucun cotisation, de fait un parti totalement bidon. Et il y avait mentionné le fameux « chaos mondial » où nous savons que la finance nous conduit irrésistiblement et ça va exploser bientôt à nouveau. « En marche pour le chaos mondial » avec Macron, ce n’est pas un problème ça, c’est la vérité pure. Et le brassard avec dollar, m’a t on dit ? Je vais me faire re-disputer pour mon insouciance,  mais je n’y ai pas vu problème, parce que si j’en ai perçu quelque chose c’était plutôt  Charlie Chaplin avec un brassard de dictateur, jouant avec la planète, comme avec un ballon, c’est plutôt ce que ça m’a évoqué grossièrement. Macron ce n’est pas Hitler, pour moi, c’est Thatcher. Et j’ai fais vite, je n’ai pas fait attention au reste, j’étais je le répète insouciant, sans crainte, ni en garde, loin de tous ces codes, de tout double fond, de cette imagerie antisémite. Combien de fois faudra t il que je répète que ce n’est pas mon monde ?

C’est quand mon fils m’a fait réveiller, en attirant mon attention au téléphone, sur ce qu’il y avait dans le double fond sombre, les portraits, les drapeaux, et même plus tard, les billets, que j’ai dit « oh merde » et que j’ai immédiatement réagi, enlevé le photomontage et me suis excusé. Il est donc resté environ 40 minutes, mais tous mes ennemis s’en étaient déjà emparés et n’ont cessé de le reproduire, de le rediffuser, comme s’il était mien, et en dépit que je l’ai enlevé et que je me sois excusé.

 

Il a été reproduit ensuite avec le double fond bien plus éclairé, avec une toute autre luminosité que celle qui m’avait échappée : ceux qui ont fait cela avaient de bien mauvaises intentions alors que moi je n’en avais pas du tout de ce genre. Moi, je n’ai commis aucun délit, d’aucune sorte, même en insouciance, car il faut un élément intentionnel pour constituer un délit. Et qui peut expliquer autrement ma précipitation à l’enlever au bout d’à peine 40’ quand on me l’a signalé ? Ceux qui l’ont rediffusé à satiété, par contre, eux, ont fait délibérément le mal…

C’est après qu’on m’a expliqué que le photomontage était issu d’un site d’extrême droite, lié à Soral. Je ne fréquente pas ces sites, c’est un autre monde que le mien, et si je le croisais consciemment, je le chasserais et le dénoncerais. Ce sont mes ennemis. Je hais et combat le racisme et l’antisémitisme. Je suis immigré de cœur, je suis juif de cœur, dès qu’il y a menace d’oppression. Et je ne parle pas de ma vie intime, personnelle.

 

Normalement on aurait du m’attribuer le crédit d’une bévue, par inattention, absence de vigilance puis vigilance,  et me défendre, en tout cas m’excuser plutôt que de me charger, car 50 ans de lutte contre le racisme et l’antisémitisme le valent bien.

 

Mais non, un dirigeant du PS, Rachid Temal,  s’est réveillé, emballé, et a poussé les feux, exprès, sciemment, il savait et sait pourtant fort bien, comme tous les membres du BN du PS que je n’ai rien à voir avec l’antisémitisme, ils me connaissent au BN du PS depuis 25 ans,  mais non, ils ont voté, à leur grande honte, c’est leur problème de conscience à tous,  le mardi 21 novembre mon « exclusion à titre conservatoire » en mon absence, en m’accusant donc, faussement, de façon malveillante, d’être « l’auteur d’un tweet antisémite », refusant de retenir les explications écrites que je leur avais envoyées, pourtant limpides. Qu’ils se regardent tous devant leur glace !

En notant qu’ils me refusent depuis, malgré mes demandes réitérées, le texte de la motion votée et tout procédé de défense et de recours.

En fait, ils se sont jetés sur ce prétexte pour empêcher mes amis du réseau GDS et moi de participer au débat politique du congrès du PS 2018 qui s’ouvre tout juste. C’est Macron qu’ils défendaient.

Ils avaient déjà manifesté leur intention de nous chasser, en modifiant les statuts préalablement au congrès pour nous empêcher de déposer une motion (40 signatures exigées au CN au lieu de 1). Ils se sont donc rués sur l’occasion. On m’a dit qu’il y avait eu 29 échanges de tweets entre eux ce soir là et que le dernier s’écriait « il l’a enlevé » mais ça n’a pas arrêté leur chasse aux sorcières.

Le lendemain matin, alors que j’étais en route pour Toulon, et encore après 5 h de train, j’ai eu droit à des dizaines d’appels de journalistes de tous médias.

Aucun ne m’avait appelé depuis des mois ! aucun depuis que j’avais publié avec Richard Abauzit, le premier et sans doute, seul livre détaillé contre les « ordonnances » anti travail de Macron. BFM ne m’avait pas invité depuis juin 2017, LCI ne m’avait pas invité depuis août 2017, personne n’avait débattu, fait écho, répercuté nos travaux de fond, politiques, essentiels, vitaux, contre la casse de 100 ans de code du travail, mais là, ils appelaient tous.

J’ai publié un livre en octobre 2017 sur la « révolution russe racontée aux adolescents », personne ne m’a invite.

 

J’ai publié au printemps 2017 un « polar » CERIUM, a succès, exceptionnel (d’ailleurs antiraciste) avec un inspecteur du travail pour héros ! Presque personne ne m’a invité.

Mais là, ils se sont déchainés tous en quelques jours, les rédacs chef en meute, et certains journalistes qui pourtant me connaissent bien, ma vie militante étant totalement transparente, ont manqué à toute déontologie et se sont mis à faire des amalgames, des pseudo raccourcis, pour m’accuser, me dénigrer en vrac, devant des millions de gens qui n’ont ni les tenants ni les aboutissants de l’affaire.

Je suis allé à une seule télé, i24, qui m’a pourtant invité, et ils m’y ont insulté sans retenue, alors que je tentais de leur expliquer ce qui s’était vraiment passé.

Par contre, dans la rue, les lieux publics, les gens m’arrêtent, très nombreux, et me font part de leur empathie, de leur soutien, de leurs encouragements, pour mes combats pour la défense des droits du travail, des droits sociaux. « Ils veulent vous faire taire » « nous on aime ce que vous dites » « tenez bon ». 17 000 signatures, ce n’est pas mal, quand même !

 

Moi, je ne suis qu’un militant syndical et politique. Pas élu, pas de mandat. Bénévole. Je n’ai que ma parole et mes livres. et j’en suis fier.

Je défends le plein emploi, les salariés, les petits salaires et les petites retraites, le droit du travail et la protection sociale, la hausse du smic et la baisse des dividendes, la retraite à 60 ans et la semaine de 32 h. Ma première carte à la CGT date de 1963. Je remercie tous les syndicalistes qui sont venus parler ici ce jour pour défendre mon honneur de militant.

J’ai toujours refusé les prébendes et les pseudo avantages. Je ne possède rien que ma retraite. J’ai toujours cotisé, sans rien demander qui ne soit juste et de mes compétences. Je ne touche rien, faut il le dire ?  Ma biographie détaillée est connue depuis 50 ans. Lire notamment « Mai 68 histoire sans fin » de 1998, ré édité en 2008 et j’espère en 2018.

Fils d’ouvrier j’ai été ouvrier, fait 10 métiers puis 30 ans inspecteur du travail. Je suis je le dis souvent, à la fois, anarchiste, socialistes, communiste et trotskiste. Unitaire toujours.

J’ai publié 37 livres, tous vendus, tous épuisés,  des milliers d’articles, des centaines de vidéos, j’ai animé 23 ans la revue mensuelle « Démocratie & socialisme », j’ai publie 150 000 tweets, diffusé des dizaines de milliers de « posts » sur les réseaux sociaux : personne en 50 ans n’a jamais trouvé dans tout ça, la moindre once de racisme et d’antisémitisme.

Il y a débat sur l’usage des réseaux sociaux, oui, mais ils sont comme « la langue selon Esope » : « la pire et la meilleure des choses », la lutte des classes passe par les réseaux sociaux, et il faut les affronter, y faire triompher le maximum de vérité et de vérités.

 

Ceux qui m’ont attaqué ainsi, rendent un mauvais service au nécessaire et permanent combat idéologique et pratique contre le racisme et l’antisémitisme.   Car à viser de mauvaises cibles, à faire régner une fausse police de l’esprit, sur de mauvais prétextes, ils affaiblissent la cause.

J’en ai même entendu et lu qui se sont indignés quand j’ai expliqué que j’étais anti raciste en même temps que j’étais anti capitaliste.

Ca ne leur plait pas parce que, eux, extrême droite, droite, « macroniens » libéraux, défendent le capitalisme et cherchent tout le temps à faire des amalgames entre extrême droite et extrême gauche pour brouiller les pistes d’une alternative sociale.

 

Je vous invite à lire l’excellent prix Goncourt de cette année 2017, « L’ordre du jour » de Eric Vuillard. Il décrit l’arrivée de 24 hommes, 24 des principaux chefs d’industrie allemands,  le 20 février 1933, dans un château, descendants de leurs limousines, vêtus comme de grands patrons riches savent l’être, de manteaux noirs, gris et cognac, de costumes de luxe, accueillis par les majordomes, dirigés vers la grande salle et la grande table… ces 24 capitalistes qui font tout en Allemagne, sont réunis… et décident… de choisir Hitler.

 

Oui, c’est le capitalisme qui secrète les guerres, les compétitions, les concurrences, les extrêmes, les boucs-émissaires, c’est le capitalisme qui engendre le racisme et l’antisémitisme.

Et alors on m’a répondu sur un ton pédant, qu’il n’en était rien, car l’antisémitisme avait existé avant le capitalisme… bien sur, qui ne connaît l’antisémitisme, des Croisades, de Louis IX, de l’Inquisition, d’Isabelle la catholique ?

Mais l’antisémitisme nazi était d’une toute autre nature.

Il combinait l’idéologie raciale se réclamant de la biologie et du darwinisme social, avec la froide rationalité instrumentale et la technologie meurtrière du capitalisme. L’aboutissement de cette combinaison fut le massacre de 6 millions de Juifs. Pour les nazis, à la différence de Torquemada, aucune conversion n’était possible, c’était la « race biologique » qui déterminait le sort des individus qui avaient le malheur de tomber entre leurs mains.

Et Hitler ne serait jamais parvenu au pouvoir, si les capitalistes allemands n’avaient pas vu en lui, le seul rempart capable leur permettant de conserver le pouvoir économique, après la crise de 1929 et les formidables bouleversements sociaux qu’elle provoquait.

 

Le livre d’Éric Vuillard décrit avec une amère précision, comment, le 20 février 1933,  les 24 plus importants capitalistes allemands (les dirigeants de BASF, de Bayer, d’Agfa, de Krupp, d’IG Farben, de Siemens, d’Allianz, de Telefunken…) ont décidé de mettre dans la balance, tout leur poids financier, économique, politique et social pour permettre à Hitler d’accéder au pouvoir. Sans eux, Hitler ne serait devenu ni Chancelier du Reich, ni Führer.

 

Et le capitalisme engendre le racisme et la guerre, la guerre et le racisme a des échelles inédites dans l’Histoire.

 

Macron, en faisant pire politiquement, que Sarkozy et Hollande est une barrière de sable face à Le Pen. Il faut le vaincre pour vaincre toute remontée du fascisme. Il faut battre la finance pour sauver la planète et l’humanité.

 

J’ai éduqué tous mes enfants, de « Nuit et brouillard », à « Têtes rondes et têtes pointues » de Bertolt Brecht. J’ai mille fois expliqué depuis 50 ans, comment l’émancipation humaine pour en finir avec le racisme devait en finir avec le capitalisme.

 

C’est sans doute cela qui les choque le plus et me vaut leur haine de classe : je combat de façon intransigeante pour ma classe sociale, le salariat, et je ne me trompe pas de combat, pas de diversion raciale, nationale, ethnique, religieuse, je combat la classe capitaliste dominante, pour ce qu’elle est, pillarde des richesses que nous, nous produisons, je combat ce système qui fait que 87 hommes possèdent plus que 3,5 milliards d’humains. Je ne dérive pas de cela, parce que je sais que le capitalisme, c’est lui qui a intérêt à la diversion, à la dérive, aux leurres.

Et le système capitaliste, ses grands dirigeants, en France, du Medef, du CAC 40, des financiers de Paradises leaks, sont prêts à tout, pour casser nos luttes, nos fraternités, nous opposer entre nous plutôt que de devoir partager les richesses. Ils n’ont pas de compassion, pas de pitié. Ils ne s’arrêteront pas si nous ne les arrêtons pas.

 

Et c’est vrai que cela ne nous permet pas de rester insouciant, j’en paie le prix  : tous les combats sont liés, pour le droit du travail dans la dignité, et contre les visées racistes d’extrême droite.

Mon rêve, comme le votre, ici dans cette salle, est l’émancipation humaine, le respect et l’égalité entre tous les humains, le droit du travail universel,

Et je veux vous le dire en conclusion,

Ils ne m’auront pas,

Ils ne nous auront pas,

Ni vous, ni moi,

Ceux qui me connaissent ne peuvent que me soutenir, ceux qui me combattent vont enrager de leur échec.

Ce qu’ils ont fait là, en me traitant si grossièrement d’antisémitisme, fera partie, historiquement, de leurs mensonges et dévoiements, de leurs malhonnêtetés et manipulations visibles. Mais ils perdront. Ils ont déjà perdu, vous êtes là !

Mon honneur, puisque c’était le thème de notre rencontre fraternelle, y résistera, grâce à vous, grâce à la fraternité de combat,

Même à mon âge, 72 ans, cela m’apprend encore,

ce qu’ils ont fait aurait pu m’affaiblir, en fait cela, je vous l’avoue, cela me rend guerrier,

Cela me donne encore plus d’énergie militante,

Macron et ses macronades ne feront pas long feu, la gauche est majoritaire dans ce pays, c’est le salariat, 90 % des actifs, c’est notre classe qui gagnera,

Merci d’avoir été là, tous ensemble,

Votre solidarité m’a touché au coeur,

 

Ont parlé : cf. film vidéo

 

Marie-Laure Dufresne-Castet avocate

 

Message de Michel Warschawski (président du Centre d’information alternative de Jérusalem)

 

Gus Massiah (économiste et altermondialiste)

 

Olivier Dupuis (CGT RTE EDF)

 

Christine Blum (consultante formatrice, petite nièce de Léon Blum)

 

Jacques Boutault (EELV, maire du 2d arrondissement de Paris)

 

Jean Paul Bussy (CGT interim)

 

Jacques Bidet (philosophe)

 

Anne de Haro (CGT Prud’hommes)

Willy Pelletier (sociologue, Fondation Copernic)

 

Message de Gérard Mordillat

 

Sandra Demarcq (direction du NPA)

 

Message de Daniel Mermet (journaliste et producteur)

 

Signature de soutien Edgar Morin

 

Lucien Jallamion (République et Socialisme)

 

Karl Ghazi (UD CGT 75)

 

Jean-Pierre Mercier (CGT PSA)

 

Laurent Degousée (Solidaires)

 

Julien Boieldieu (syndicat Cgt de l’Inspection du travail)

 

Patrick Brody (Commerce CGT)

 

Message de l’Humanité Dimanche

 

Eric Thouzeau (GDS)

Sont aussi signataires parmi les 15 000

Gilbert Achcar universitaire

Etienne Adam, syndicaliste, 14

Danielle Auroi, ancienne députée EELV

Marinette Bache conseillère de Paris,

Francine Bavay écologie sociale

Jean Claude Chailley Attac

Marie-Laure Dufresne-Castet avocate

Alain Dugrand écrivain

Ian Dufour, inspecteur du travail CGT

Michelle Ernis, conseillère municipale St Etienne du Rouvray

Pascale Fautrier écrivain

Jo Forcadell, dessinateur,

Bernard Friot réseau salariat

Bruno Gaccio

Dominique Grador, adjointe au maire de Tulle

Jiho dessinateur,

Stéphane Kadri, avocat

Marcel Francis Kahn

Jérôme Lambert, député,

Hervé Le Corre, écrivain,

Jacques Laborit, psychanaliste

Stéphane Maggi

Daniel Mermet,

Edgar Morin,

Gilles Perret, réalisateur,

Denis Robert

Barbara Romagnan, ex députe PS

Danielle Simonnet

Aizzedine Taibi maire de Stains

Chloé Verlhac Tignous

Michael Warcharwski

Maryse Wolinski

 

« Quand il sont venus arrêter les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste

Quand ils sont venus arrêter les syndicalistes, je n’ai rien dit je n’étais pas syndicaliste

Quand ils sont venus arrêter les juifs, je n’ai rien, je n’étais pas juif

Quand ils sont venus m’arrêter, il n’y avait plus personne pour protester »

Pasteur Niemoeller

Nous n’avons pas le droit de nous taire sur l’abomination qui s’est abattue sur Gérard Filoche qui a consacré sa vie professionnelle, associative, militante, politique à la lutte contre les injustices quelles qu’elles soient et les discriminations quelles qu’elles soient .. et bien évidemment contre le racisme et l’antisémitisme, ça va sans dire…

Alors cette image, je l’ai vue passer pendant les quelques malheureuses minutes où elle était sur tweeter : à part Macron, je n’ai rien vu, le fond était sombre, on ne distinguait pas les fameux visages,  Rothschild ? Qui connaît le visage de Rothschild ? Drahi ? qui connaît le visage de Drahi ? Il est juif ? Même pas, il est libanais (mais tant qu’on y est !) Les drapeaux ? Invisibles dans la 1e version de cette image, qui par la suite a été trafiquée avec un fond illuminé…  A l’instar de chercheurs spécialistes des documents de propagande des années trente, je n’ai rien vu ! Et comme eux, je dis que pour décrypter cette image immédiatement il fallait être soit obsédé par les traces d’antisémitisme  soit antisémite soi même… cette image, ne pouvait être postée que par quelqu’un aux antipodes de l’antisémitisme…

Et pourtant : après recherches, oui, c’est une image antisémite, réalisée par un site antisémite… celui qui consiste à relier le monde de l’argent « à la juiverie internationale »  (terme élégant de l’extrême droite antisémite) qui mènerait au chaos du monde… cet antisémitisme primaire là qui a amené aux horreurs que l’on sait…

Alors d’où je parle ?  Je suis la petite fille du frère de Léon Blum : mon père et son père, très proches « d’oncle Léon » ont vécu directement dans leur chair cet antisémitisme là  mon père lynché, sa mère déportée, le jeune frère René brulé vif, nu, au milieu de ses livres devant le four crématoire, Léon Blum a été l’homme le plus honni, le plus haï, la plus grande cible de l’extrême droite et de l’antisémitisme… dans ma famille l’antisémitisme, on connaît…

Alors quand j’ai entendu sur toutes les radios (France inter…) toute les télés que Gérard était « l’auteur d’un tweet antisémite » mon sang n’a fait qu’un tour : qui ose dire des choses aussi abominables de Gérard Filoche ???

Comment peut on accuser Gérard de pareille infamie ? Puis j’ai écouté le BN du PS : « Gérard Filoche est exclu du PS parce que « auteur » d’un post antisémite. Puis plainte en justice d’associations pour « incitation à la violence et à la haine raciale »  dans quel cauchemar sommes nous ? Ces gens là savent-ils de quoi ils parlent ? Non ! Il y a des moments où l’inculture, la bêtise, la veulerie, le bas calcul deviennent des dangers publics ! Ils utilisent les pires moyens et formulations de l’extrême droite antisémite  avec la caisse de résonnance des réseaux sociaux, la vitesse de propagation des pires infamies, (dont celle qui touche Gérard), font des réseaux sociaux, dans ces moments là,  le pire des procureurs, n’importe qui peut accuser qui n’importe quand,  de n’importe quoi ! Oui, il faut être vigilant, mais oui, il faut parler, et dire, pour défendre l’honneur de Gérard Filoche

 

Christine Blum-Reboul sociologue et attac

 

C’est a la fois en tant qu’ami de Gérard et comme militant juif-israélien que je m’adresse a vous aujourd’hui.
Je connais Gérard Filoche depuis plus de 45 ans, et si j’ai eu parfois des divergences politiques avec lui, j’ai une certitude: il n’est pas et n’a jamais ete raciste. Un point c’est tout.
Gérard est aujourd’hui une double victime: victime d’abord des nouvelles technologies et de la rapidité des réseaux sociaux. Les militants de notre génération en ont fait souvent l’expérience, par des réactions trop hâtives qu’il nous faut immédiatement corriger… ce qu’a évidement fait Gérard.
Mais quand on est un militant qui dérange, on n’a pas droit a l’erreur. Et le faux pas de Gérard a fournit un prétexte a ses nombreux adversaires dans et hors du PS pour lancer une cabale contre lui, et le délégitimer.
Gérard Filoche est aujourd’hui la victime d’une campagne qui instrumentalise la terrible accusation d’antisémitisme pour le détruire et faire taire ses combats.
L’accusation d’antisémitisme pour faire taire des voix qu’on ne veut pas laisser s’exprimer est d’une terrible efficacité: demandez a Daniel Mermet ou encore a Edgar Morin comment ils ont vécu cette accusation infamante quand ils dénonçaient les crimes israéliens dans les territoires occupes au début des années 2000.
Cette instrumentalisation de l’accusation d’antisémitisme dont Gérard est aujourd’hui la nouvelle victime, est aussi une banalisation de ce fléau. Or l’antisémitisme Français est encore aujourd’hui trop réel pour qu’on se paie le luxe de le banaliser, même s’ils sont nombreux ces antisémites vieille-France qui se sont recyclés dans l’islamophobie qui est plus dans l’esprit de notre temps de régression.
En prenant la défense de Gérard Filoche, on ne rend pas seulement justice a un militant calomnié ; on lutte également contre ce renouveau d’une culture de délation et de diabolisation de tout ceux ou celles qui refusent de célébrer la messe de la pensée unique. En accusant un homme comme Gérard Filoche d’être antisémite, c’est la lutte commune contre tous les racismes qui est attaquée
Michael Warcharski

 

Cher Gérard,

Ce petit message pour m’excuser de ne pouvoir être présent ce samedi et t’assurer une nouvelle fois du soutien de la rédaction de l’Humanité-Dimanche. Ce procès qu’on t’inflige est grotesque et ridicule mais pas seulement. Grotesque et ridicule car pour qui te connait et connait ton parcours, tes engagements, il est indéniable qu’aucun soupçon d’antisémitisme ne peut peser sur toi. Mais ce qui t’arrives est inquiétant car à travers cette accusation on cherche également à te décrédibiliser ainsi que les combats que tu mènes depuis toujours. Des combats qui convergent avec ceux que nous portons à L’Humanité-Dimanche pour la justice et l’égalité, contre le racisme et l’antisémitisme.  Je m’associe donc à tous ceux qui te soutiennent et t’assure que nous sommes heureux de t’accueillir hebdomadairement dans nos colonnes pour tes chroniques à la fois pleines d’humanité et de révélations sur le sort fait aux salariés dans notre pays.

Amitiés

 

Stéphane Sahuc

L’Humanité Dimanche

Rédacteur en chef

06 60 91 35 94/01 49 22 72 40

5 rue Pleyel, 93000 Saint-Denis France

 

Gérard Filoche est exclu du parti socialiste.

C’est un paradoxe cruel : combien de fois ai-je débattu avec lui pour l’inciter à quitter ce parti qui n’avait plus de socialiste que le nom ? Un parti qu’il ne désespérait pas de changer de l’intérieur ; de  ramener au socialisme, le vrai, dans un combat qui se confond avec sa vie elle-même. Et aujourd’hui c’est ce même parti qui le chasse sous un prétexte fallacieux. Au regard de ses engagements, c’est insoutenable d’évincer Gérard Filoche pour avoir tweeté je ne sais quelle ânerie sur Macron entourés de banquiers juifs ? Il s’en est expliqué, il s’en est excusé et à l’heure où les députés votent le droit à l’erreur pour les fraudeurs du fisc c’est le pompon de voir Gérard Filoche désigné à la vindicte populaire pour une connerie vite rattrapée. Gérard Filoche n’est pas antisémite répétons le sur tous les tons pour que les socialistes atteints de surdité l’entendent enfin. Mais cette accusation n’est sans doute un leurre. Elle en cache une de plus grave à leurs yeux. Gérard Filoche n’a renoncé ni à la lutte des classes, ni à la défense des droits sociaux, ni à l’abaissement du temps de travail, ni aux combats historiques de la gauche : Gérard Filoche n’a pas renoncé à être socialiste. C’est cela qui est inacceptable pour ceux de ce parti qui ont, depuis longtemps, fait une croix sur les idéaux de Jaurès. A nouveau nous sommes devant un paradoxe : Gérard Filoche est exclut du parti socialiste parce qu’il est socialiste !

Vive la Sociale !

 

Gérard Mordillat

 

 

 

 

 

 

Pétition pour Gérard Filoche : l’honneur d’un militant

06/12/2017 | la rédaction
 

Nous reproduisons ci-dessous une tribune signée par 30 personnalités,  parue dans l’Humanité. Ce texte est maintenant une pétition que l’on peut signer en ligne. Elle a recueilli dores et déjà plus de  15000 signatures.

 

Oui, Gérard Filoche a retweeté un montage photo mettant en cause Emmanuel Macron dont, dans la précipitation, il n’a pas immédiatement perçu le caractère antisémite. Il s’est rapidement rendu compte de son erreur, a retiré le tweet, s’est excusé publiquement, a répondu aux journalistes.

 

L’affaire aurait pu s’arrêter là mais le tweet a été relayé sur la Toile pendant plusieurs jours au point de devenir une affaire d’État. Les condamnations, sans la moindre prise de recul, ont abondé. Le PS qui, ces temps-ci, peine tant à parler d’une seule voix, a retrouvé son unité pour exclure à bon compte une de ses dernières voix de gauche, sans autre forme de procès.

 

Voilà le plus inquiétant : les réseaux sociaux sont devenus le procureur le plus expéditif et le plus implacable, et derrière eux certains médias aussitôt aboient à l’unisson.

 

Filoche est donc antisémite : la sentence de Facebook est tombée. Qu’il disparaisse sur-le-champ !

 

Nous ne pouvons accepter cette accusation scandaleuse, cette atteinte portée à l’honneur d’un militant qui a consacré sa vie entière à défendre les libertés syndicales et le code du travail, à lutter contre le racisme et l’antisémitisme (il fait partie des fondateurs de SOS Racisme).

 

Cette polémique, comme celle qui oppose Charlie Hebdo et Mediapart, témoigne d’une extraordinaire dégradation du débat public. Journalistes et politiques rivalisent dans la surenchère et dans l’anathème. Il faudrait admettre une bonne fois que Twitter ne favorise pas l’intelligence dans le temps long, qui est celui de toute pensée politique digne de ce nom. Gérard Filoche a aujourd’hui l’occasion cuisante de s’en rendre compte, tandis que ses détracteurs continuent de tapoter furieusement sur les claviers de leurs smartphones.

 

Pendant ce temps, l’antisémitisme et le racisme répandent leur poison. Manuel Valls, si prompt à dénoncer l’antisémitisme, affirmait cette semaine encore que les musulmans « sont un problème ». Ce n’est pas la première fois, et il n’a jamais été inquiété pour ce type de propos.

 

Ça suffit.

 

Premiers signataires :

 

Guy Bedos (artiste), Christine Blum (consultante), Jacques Bidet (philosophe), Patrick Brody (syndicaliste), Patrick Chamoiseau (écrivain), Annick Coupé (syndicaliste), Jean-Baptiste Del Amo (écrivain), Christine Delphy (sociologue), Christian de Montlibert (sociologue), Annie Ernaux (écrivain), Karl Ghazi (syndicaliste), Jean-Marie Harribey (économiste), Anne Hessel, Daniele Kergoat (sociologue), Pierre Khalfa (économiste et syndicaliste), Jean-Marie Laclavetine (écrivain), Philippe Marlière (politiste), Gus Massiah (économiste), Gérard Mauger (sociologue), Christiane Marty (altermondialiste), Jean-Pierre Mercier (syndicaliste), Gérard Mordillat (écrivain), Gérard Noiriel (historien), Willy Pelletier (sociologue), Michel Pialoux (sociologue), Michel Pinçon-Charlot (sociologue), Monique Pinçon-Charlot (sociologue), Louis Pinto (sociologue), Patrick Raynal (écrivain), François Ruffin (réalisateur)

 

http://pour-lhonneur-de-gerard-filoche.org/

 

17 000 signatures

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Humanité dimanche : au boulot sous Macron 43 dérogations au niveau de l’entreprise a la durée du travail

 

Jusque là, le code du travail s’appliquait à la durée du travail et aux repos, avec les ordonnances Macron, voilà la liste des 43 domaines relevant de la décision des employeurs par simple accord d’entreprise.

 

Fixation du contingent d’heures supplémentaires et conditions de son dépassement. Mise en place d’un repos compensateur de remplacement et conditions de prise du repos. Convention de forfait en heures ou en jours sur l’année. Aménagement du temps de travail sur une période supérieure à la semaine pouvant aller jusqu’à trois ans. Mise en place d’un compte épargne-temps. Choix de la date de la journée de solidarité. Règles relatives à la rémunération des temps de restauration et de pause. Contreparties au temps d’habillage et de déshabillage ou au temps de déplacement professionnel dont la durée dépasse un temps spécifique. Règles de mise en place et mode d’organisation des astreintes. Fixation d’un temps de pause supérieur au temps de pause légal. Règles de dépassement de la durée maximale quotidienne du travail. Possibilités de dépassement de la durée maximale hebdomadaire relative du travail. Définition d’une période de sept jours pour définir la semaine pour le décompte des heures supplémentaires. Fixation du taux de majoration des heures supplémentaires avec un plancher de 10 %. Mise en place d’un éventuel repos compensateur pour les heures supplémentaires accomplies dans le cadre du contingent. Limites et modalités de report d’heures dans le cadre d’horaires individualisés. Modalités de récupération des heures perdues. Règles permettant la mise en place ou l’extension à de nouvelles catégories de salariés du travail de nuit dans une entreprise ou un établissement. Fixation des possibilités de dépassement de la durée maximale quotidienne de travail des travailleurs de nuit. Fixation des possibilités de dépassement de la durée maximale hebdomadaire relative de travail des travailleurs de nuit. Mise en œuvre d’horaires de travail à temps partiel à la demande du salarié. Fixation de la limite pour accomplir des heures complémentaires pour les salariés à temps partiel jusqu’au tiers de la durée contractuelle. Possibilité de répartition des horaires de travail des salariés à temps partiel dans la journée, avec des interruptions éventuelles d’activité. Délai de prévenance en cas de modification de la répartition de la durée de travail du salarié à temps partiel avec un plancher de trois jours. Fixation des emplois permanents pouvant être pourvus par des contrats de travail intermittent. Dérogations à la durée du repos quotidien. Définition des jours fériés chômés. Fixation du début de la période de référence pour les congés payés et la majoration éventuelle en raison de l’âge, de l’ancienneté ou du handicap. Règles relatives à la période, à l’ordre des départs et aux délais pour modifier ordre et dates de congés payés. Fixation de la période de fractionnement des congés payés. Modalités de reports des congés payés au-delà de l’année. Durée des congés pour événements familiaux en respectant les minima fixés par la loi. Certaines règles relatives au congé de solidarité familiale, au congé de proche aidant, au congé sabbatique, au congé de solidarité mutualiste de formation, au congé de participation aux instances d’emploi et de formation professionnelle ou à un jury d’examen. Certaines règles relatives au congé pour catastrophe naturelle, au congé de formation de cadres et animateurs pour la jeunesse, au congé de représentation, au congé de solidarité internationale, au congé pour acquisition de la nationalité, au congé ou période de travail à temps partiel pour création ou reprise d’entreprise.

 

Le droit du travail n’est plus républicain, ni universel, ni commun à tous les salariés, il se décline boutique par boutique au gré des employeurs.

Gérard Filoche

 

Humanité dimanche : au boulot n°368 Bientôt sans CHSCT…

 

Un salarié intérimaire à disposition de l’entreprise VEDIF (filiale de VEOLIA Eau) réparait une fuite d’eau dans une fouille à Gagny (93) quand 2 dalles en béton se sont effondrées sur lui, entraînant son décès. L’enquête a révélé que ces dalles auraient dû être détruites ou retirées avant toute intervention. Veolia use de 10 000 sous traitants et, chacun le sait, la précarité tue.

 

En Seine Saint-Denis au cours d’un montage de gradin sur le parc des expositions de Villepinte, un travailleur détaché de l’entreprise VAN STOKKUM a fait une chute mortelle d’une hauteur de 6 m. Le plan de travail ne comportait pas de protection collective.

 

D’autres chutes de hauteur (première cause de mortalité au travail) sont signalées :

- dans les Yvelines, sur un chantier de construction pavillonnaire à Mareil-Marly un salarié de l’entreprise LES BATISSEURS AUBOIS (10 Verrières) était occupé à poser les ourdis d’un plancher du 1er étage lorsque son pied s’est coincé dans un fer à béton et il a basculé en arrière, faisant une chute de près de 3 m. Il souffre d’un traumatisme crânien et de plusieurs côtes cassées. Il a été constaté l’absence de protections collectives.

- Dans le Val d’Oise, un chauffeur poids-lourd de l’entreprise AHC (93 Saint-Denis), chargé de vider les bacs de graisse d’un restaurant, était monté sur le camion-citerne afin de nettoyer un filtre lorsqu’il a glissé et chuté de 3 m. Il a été victime de plaies et de contusions au niveau de la tête, du cou, du dos et des mains.

- A Argenteuil un salarié de l’entreprise TSM 55 a chuté d’une hauteur de près de 4 m depuis la toiture d’un hangar, son pronostic vital est engagé. Absence de protection collective.

 

Un apprenti de 17 ans nettoyait un pétrin d’une boulangerie de Bondy (93) lorsque l’équipement s’est mis en route. Ce n’est pas le premier accident de ce genre pour mineur. Son bras a été entraîné par les éléments mobiles, engendrant de graves blessures. L’enquête révèle que les trois pétrins de la boulangerie ne sont pas conformes : absence de protecteur asservi, intervention sur la machine alors que la remise en marche des éléments mobiles n’a pas été rendue impossible. Les accidents de travail des jeunes mineurs augmentent depuis la déréglementation Rebsamen du 4 février 2015.

 

A Saint-Ouen l’Aumône (95), chantier de construction métallique, deux intérimaires à disposition de l’entreprise SARTECO (50) guidaient à la main le déplacement d’une poutre métallique accrochée au bras télescopique d’un chariot élévateur par une élingue en tissu lorsque celle-ci a cédé, la poutre est tombée sur les jambes de l’un des deux intérimaires, lui occasionnant des fractures, et a projeté le second à 3 m. L’élingue, non adaptée à la charge était visiblement usée.

 

Dans la majorité de ces cas, il y a faute inexcusable des employeurs ne prenant pas les mesures de sécurité élémentaires. Un état d’esprit qui s’aggrave alors que le laxisme en droit du travail s’étend, et que les CHSCT vont être supprimés ?

 

Gérard Filoche

 

 

Humanité dimanche : au boulot n°367 Vie et mort au travail (suites)

Chaque année 600 accidents du travail mortels, 700 suicides liés au travail, 4500 handicapés du travail, des dizaines de milliers de maladies professionnelles.

 

Un salarié de l’entreprise de transports Hardy (77) changeait les coussins de suspension pneumatique d’un camion, qui se trouvent entre le châssis et le pneu. Il avait rehaussé le châssis avec un cric hydraulique. Il a mis sa tête et le haut du corps entre le pneu et le garde-boue et le cric s’est rabaissé. Il a été écrasé et est décédé de ses blessures.

 

Lors d’une opération de maintenance d’un trottoir roulant dans une station de métro à Montparnasse (75) visant à remplacer des tronçons de chaîne, une pièce a été projetée sur la tête d’un technicien de la Ratp au cours d’un essai de mise en marche. Le pronostic vital de la victime a été engagé. Il a été constaté une insuffisante de qualification des opérateurs de la Ratp affectés pour ces travaux.

 

Un ouvrier de l’entreprise Tsi extincteurs (77) intervenant au sein d’un hypermarché carrefour à Chelles (77) perçait un trou dans un chemin de câblage électrique afin de fixer un nouveau bloc de sécurité incendie lorsqu’un arc électrique s’est produit. Il a été gravement brûlé aux yeux et au visage.

 

Sur un chantier en gare Sncf de Montereau Font-Yonne (77) intervenait l’entreprise de construction de voies ferrées Unifer (31 Muret). Un salarié manipulait une machine à visser les tirefonds, dont une douille était fixée sur l’axe par un entortillage de fil de fer de fortune sur lequel la manche du salarié s’est accrochée, entraînant son bras dans la machine. Il a subi une double fracture ouverte du bras.

 

Un opérateur machine de la société Plastyl (78) s’est sectionné une phalange alors qu’il tentait de débloquer une feuille coincée dans une machine guillotine. Le capot de protection en position basse n’interdisait pas l’accès à la lame de la machine.

 

Un salarié de l’entreprise d’impression numérique All Print (92) a également eu un doigt sectionné en utilisant une table de fraisage numérique. Bien qu’il ait arrêté la machine pour un débourrage, son gant a été happé par la fraiseuse en raison de l’inertie de l’outil. Un arrêt temporaire d’utilisation de l’équipement notifié.

 

Sur le chantier de prolongement de la ligne 14 du métro à Saint-Ouen (93), un ouvrier s’est fait écraser la jambe lors du recul d’une mini-pelle de fabrication japonaise démunie de dispositif de sécurité lors du recul.

 

Le 7 novembre, le responsable d’une petite entreprise de peinture (Chauvin, 77) s’est rendu au domicile d’un de ses salariés et l’a tué par balles. Il reprochait à sa victime d’avoir encaissé son chèque de licenciement trop tôt, expliquant que cela mettait en difficulté la société.

 

Macron veut enlever le mot « pénibilité » accolé au mot travail. Il veut aussi enlever de la liste des le critère de risque, les risques cancérigènes.