Ca y est, depuis le début cette fameuse commission d’experts, mise en place sous Sarkozy et confirmée sous Hollande, veut atteindre son but, « baisser le cout du travail ».
Pourtant pour calmer ces « experts », il suffirait de les payer au Smic, ça reglerait le problème. Et vite.
et il faudrait un gouvernement de gauche vraiment, qui hausserait les salaires et baisserait le cout du capital, car « hausser le smic et baisser les dividendes » telle est la solution à tous nos maux.
c’est l’inégalité dans la société qui provoque la « crise », réduire les inégalités c’est en sortir.
Nous défendons un Smic à 1800 euros, un partage du travail à 32 h par semaine, et une taxation des dividendes car la France n’a jamais été aussi riche et les richesses aussi mal partagées.
Hausser le Smic, baisser les dividendes
Même du point de vue invoqué pour faire l’actuelle mauvaise politique de Macron (« croissance », rétablissement des équilibres, réduction des déficits, inversion de la fameuse « courbe » du chômage) les objectifs ne sont pas atteints. Ils ne pouvaient pas être atteints comme cela ni sous Hollande, encore moins avec le « traitement de cheval » sous Macron..
Il faut rompre avec toutes ces théories affichées ou honteuses, de la fameuse « baisse du coût du travail », de la réduction des dépenses publiques, de la diminution de la protection sociale, de la fin « des statuts » et droits (dont on a pu vérifier que Nicolas Sarkozy, François Fillon, comme Emmanuel Macron au cours de leur campagne présidentielle, en avaient fait leur cheval de bataille : qu’est ce qui a fait que des responsables de gauche ont cru à cela, sinon qu’Hollande les avait entrainé dans cette voie sans issue).
Au contraire, il faut repartir tout à fait autrement, il faut augmenter les salaires, il faut redistribuer les fruits du travail et ceux qui doivent payer pour la relance, pour la sortie de la crise, ce sera les riches, les actionnaires, les banquiers, les rentiers. Leur taux de marge, leurs profits scandaleusement élevés doivent être plafonnés, imposés, revenir dans le giron collectif. Le symbole sera que, en proportion du Smic, du salaire minima, nous instaurerons un salaire maxima. Nous instaurerons des tranches d’impôt directes qui corrigeront les criantes inégalités engendrées par la rapacité sans limites des financiers. Rien que cela est l’amorce d’un changement de société., la seule issue.
Contre Macron, avec le salariat, nous voulons une société de partage, une société d’économie mixte secteur privé et public, nous voulons contrôler les entreprises et non pas « laisser faire » leurs chefs et actionnaires.
Il est utile de bien comprendre que « les inégalités sont les meilleures ennemies de la croissance » ( dixit Eric le Boucher, lui même, Le Monde, 27 06 2015). Ce n’est pas parce que les riches sont plus riches qu’ils vont se décider à sauver le monde et qu’un jour… ils vont généreusement se décider à investir et à faire de l‘emploi. Mieux vaut rapprocher les premièrs de cordée des derniers de cordée, en solidarité, plutôt qu’étirer la cordée et ses risques.
Il faut faire le contraire de la propagande de ce que défendent les libéraux : le ruissellement bidon, aidez ceux d’en haut et ceux-ci aideront ensuite ceux d’en bas. ça, ça ne marche jamais. Il s’agit de la fameuse sottise connue sous le nom de théorème de Schmidt (Helmut Schmidt, un ancien chancelier allemand) « les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après demain ». Depuis que cette ânerie malintentionnée a été prononcée (et trop souvent et complaisamment citée comme aphorisme incontournable), on a bien vu les profits, mais guère les investissements et pas les emplois : tout ça s’est arrêté en route.
Comme ceux qui osent défendre ouvertement la théorie du ruissellement : versez du champagne dans le verre du haut de la pyramide de verres et ca coulera dans les verres qui sont en-dessous. La vérité est que ça ne ruisselle pas, les verres du bas de la pyramide attendent toujours le champagne. Au contraire, ça siphonne, les profiteurs du dessus sont comme les célèbres Shadocks, ils pompent, ils pompent, ils pompent et n’en ont jamais assez. Quand les riches sont devenus riches, ils veulent devenir encore plus riches et la compétition, c’est entre eux. Sinon comment comprendre le monde actuel avec ses 62 hommes qui possèdent plus que la moitie des humains de la planète ?
L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) avait estimé en octobre 2015 que « l’énorme augmentation des inégalités globales de revenus » dans le monde était « l’aspect le plus significatif – et le plus inquiétant – du développement de l’économie mondiale au cours des 200 dernières années ».
Or même le FMI a publié une étude qui montre que les inégalités sont l’une des causes importantes du « mystérieux » ralentissement tendanciel de la croissance mondiale et des profits mondialement. Selon cette étude, augmenter de 1 point de PIB les revenus des 20 % les plus riches fait baisser la croissance de 0,08 point dans les cinq années qui suivent. En revanche, augmenter de 1 point les 20 % les plus pauvres l’accélère de 0,38 point. La raison est que les plus pauvres consomment plus de ce qu’ils gagnent que les plus riches, qui, eux, épargnent plus. Cette publication en confirme d’autres. L’OCDE a calculé que «le creusement des inégalités a coûté plus de 10 points de croissance au Mexique et à la Nouvelle-Zélande, près de 9 points au Royaume-Uni, de 6 à 7 points aux États-Unis, à l’Italie et à la Suède»
Où commence donc tout ça ? Quand ils vous disent que le « coût » du travail est trop élevé, que votre salaire est trop haut et qu’il les empêche de faire des profits ce qui les empêche de faire des emplois…
Pour le smic à 1800 euros
Les rumeurs prêtaient à Macron l’intention de céder au Medef et d’accepter des Smic par branches ou par régions, y compris en mettant fin aux « coups de pouce » de revalorisation. Cela entre dans sa logique.
Les « experts » proposent de le faire. Plus de « revalorisation automatique ». Finie. Baisser le Smic faute de le supprimer.
La logique opposée, celle des 1800 euros n’est ni excessive, ni révolutionnaire, ni spoliatrice, c’est simple justice, et en même temps simple régulation économique et sociale : ni la droite ni l’extrême droite, ni le capitalisme ne mettront cela en place naturellement, mais la gauche doit le faire, et c’est son rôle de le proposer, son idéal, son efficacité de le réaliser.
Des journalistes non informés mais qui se croient chargés d’informer osent écrire d’un trait de plume que « la hausse du smic est une « solution simpliste ».
C’est d’autant plus facile et rapide à faire, en échappant aux pressions des lobbys, que la hausse du smic et des minimas sociaux dépend du gouvernement. Cela ne suffira pas mais cela donnera confiance tout de suite à des millions de gens sur le fait que leur vie change, que le nouveau pouvoir vraiment de gauche, agira pour eux.
Les actionnaires et financiers, et leurs 95 % de médias, organiseront une campagne immédiate contre cette mesure, mais cela aura l’avantage d’être clair : dans une bataille droite, Macron, Medef, banques, contre la gauche au pouvoir, la vie politique nationale se réorganisera, camp contre camp, salariat contre patronat et la suite des choix politiques que nous proposerons obtiendra un intérêt massif et un appui populaire.
En 2016, un salarié payé au SMIC pour un temps plein (35 h hebdomadaire, 151 h 66 mensuel) touche moins de 1.150 euros net par mois, 1 466,62 euros brut, ce qui porte le Smic annuel brut à 17.600 euros.
Il a été revalorisé au 1er janvier 2017 de seulement + 0,6 % pour passer à 9,67 euros brut (contre 9,61 euros en 2015) Pour rappel, en 2015, la revalorisation a été de 0,8 % (contre +1,1 % en 2014). En vérité, les gouvernements Hollande, Ayrault, Valls ont déjà gelé le Smic aux seules augmentations légales.
Le SMIC ou salaire minimum interprofessionnel de croissance est le salaire horaire en dessous duquel l’employeur n’a pas le droit de descendre pour rémunérer un salarié et ce, quelle que soit la forme de sa rémunération (travail à la durée, au rendement, à la tâche, à la pièce, à la commission ou au pourboire). Le SMIC assure aux salariés dont les salaires sont les plus faibles la garantie de leur pouvoir d’achat. Mais il y a près de 2,8 millions de temps partiels. Même si 85 % des contrats sont en Cdi (95 % entre 29 ans et 54 ans).
Nous refusons la façon dont Macron veut reproduire ce qui se passe en Allemagne ou des “mini jobs” sont proposés aux immigrés, réfugiés à 80 centimes de l’heure. Nous refuserons aussi que les patrons appellent des “travailleurs détachés” sur notre sol, pour casser ce smic brut, avec des salaires bruts plus bas, fixés au niveau de leur pays d’origine. Le Smic brut s’appliquera à nouveau à tout salarié travaillant sur le territoire français. A travail égal salaire égal.
Nous refuserons aussi qu’existent des conventions collectives et accords de branches ou d’entreprises, ayant des minima conventionnels inférieurs au Smic. La loi l’emportera, pas de minimas conventionnels inférieurs, pas d’accord de branche inférieurs a la loi, principe de faveur.
Pareillement pour les indices de base du statut de la fonction publique. Tout revalorisation du Smic l’emportera aussitôt sur toutes les négociations : la loi l’emportera sur le contrat, et celles ci devront reprendre à partir des niveaux du smic. Ce qui aura pour effet de booster les négociations salariales annuelles obligatoires et pousser les grilles de salaire a la hausse.
Le Smic net – qui correspond au salaire que perçoit effectivement le salarié – est en effet obtenu en déduisant du smic brut les différentes cotisations sociales salariales : ce ne sont pas “de charges” ce sont des “cotisations” et du “salaire brut”. Cela ne fait pas partie (contrairement aux “théories” et vocabulaire courant en usage chez les libéraux) des impôts ni des prélèvements obligatoires puisqu’il s’agit d’une part du salaire mutualisée entre tous les travailleuses et travailleurs, mise dans un pot commun, les organismes – de droit privé – de la protection sociale, collectés et redistribués pour la protection sociale, familles, logement, chômage, maladie, accidents du travail, retraite.
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Macron, ennemi farouche du salaire net et brut, propose aussi de réfléchir sur la « participation » et « l’intéressement » : ce sont des mesures qui prétendent faire profiter les salariés des « bons résultats » d’une entreprise. Ce procédé est déjà obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés quels que soient leur secteur d’activité ou leur effectif.
La participation concerne tous les salariés, quel que soit leur contrat, elle se conclue par accord avec les délégués syndicaux, le CE et en outre l’accord doit être approuvé par les 2/3 du personnel. Le calcul de la participation se fait selon une formule complexe. Les sommes sont bloquées pendant 5 ans. S’il n’existe pas d’accord dans l’entreprise, elles sont même bloquées pendant 8 ans.
La participation permet à l’employeur et aux salariés de bénéficier d’avantages sociaux et fiscaux. Ainsi, pour l’employeur, les sommes de la réserve de participation :
- sont exonérées de la taxe sur les salaires ;
- sont déductibles de l’impôt sur les sociétés ou sur le revenu.
La réserve de participation est exonérée de cotisations sociales et patronales.
Pour les salariés, les sommes dues au titre de la participation :
- sont exonérées de cotisations sociales ;
sont soumises à la CSG et la CRDS après un abattement de 5 % ;
- sont non imposables. |
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Pourquoi choisir la participation, et ne pas augmenter les salaires là où il y a en a le plus besoin : 23,6 % des salariés des TPE, (moins de 11 salariés, 18,6 % des salariés) sont rémunérés au Smic : commerce, restauration, tourisme, jeunes de moins de 25 ans, CDD, saisonniers, peu ou pas diplômés, femmes précaires, temps partiels… 27,4 % des employés et 20,2 % des ouvriers non qualifiés sont au Smic !
La participation n’est pas du salaire, pas davantage que l’intéressement : elle ne donne pas matière à cotisations, et ne contribue pas à remplir les caisses de protection sociale au même titre que le salaire brut. Elle est difficile à mettre en oeuvre et longue à donner des fruits. Au contraire, la hausse des salaires à cet effet bénéfique entre tous, d’aider à l’équilibre des comptes de la sécurité sociale puisqu’une partie de l’augmentation du salaire brut va alimenter notamment les caisses de retraite et d’assurance- maladie.
En les employeurs jouent à faire varier la participation et l’intéressement, en présentant leurs comptes de résultats différemment, en investissant, vendant, échangeant ou en rachetant leurs actions, être leurs différentes sociétés, au sein du groupe etc. ce qui fait qu’un salaire est plus « sûr ».
Le sens des 1800 euros
Et la hausse du Smic a un effet en cascade : elle bouscule la hiérarchie des grilles de salaires, niveau coefficient, échelon, et obligeant à renégocier, concerne tous les salariés et pas seulement ceux du bas de l’échelle. Ce que ne ferait pas la participation !
Faire tout de suite du bien aux gens.
Attacher la sympathie populaire au gouvernement de gauche unie que nous voulons substituer au gouvernement de droite extreme thatcherien de Macron. Etre capable ainsi de résister aux campagnes de matraquage d’opinion anti hausse du Smic que les 95 % des grands médias des 7 milliardaires ne manqueront pas de faire aussitôt. (Avant qu’on ait le temps de faire une loi réglementant la presse, empêchant les concentrations, et le cumul des titres de journaux et des marchés publics, et privés : des mesures de démocratisation institutionnelle vers une 6° République).
Le Smic à 1800 euros c’est le meilleur gage de popularité, de dynamique garantie pour marcher ensuite par la loi vers le retour de la retraite à 60 ans, vers les 32 h, vers un salaire maxima à 20 fois le smic.
Macron a « l’argent au cœur », nous voulons « le social au cœur », c’est s’appuyer sur les acteurs principaux du pays, les salariés soit 93 % des actifs. C’est donner des garanties liées aux jeunes, aux chômeurs, aux handicapés, aux retraités, avec la hausse des minimas sociaux.
C’est pour cela que le Medef veut légiférer pour ôter au gouvernement la capacité de fixer le taux du Smic – à la façon dont ils lui ont déjà enlevé le contrôle de la monnaie et des banques. Il voulait une commission d’experts, puis des mécanismes incontournables à la façon dont l’ordo libéralisme a fixé des « principes » (inflation à 1,5 %, déficit à 3 puis 0 %, dette à 60 %). Le choix politique de peser sur les salaires au nom d’impératifs économiques supérieurs (de droit divin ?) fixés par les patrons, (ses profits et dividendes) c’est un rêve de Medef.
Nous sommes au contraire avec un Smic brut à 1 800 € (ce qui était la proposition de la Cgt, laquelle a ajusté en 2016 sa revendication à 2000 euros) par mois pour un travail à temps plein ce qui signifie un Smic net de 1 386 € par mois ce qui n’est pas très élevé contrairement aux cris du patronat.
En 2016, le Smic brut s’élève à 1 467 € par mois : il augmentera donc de 333 €
Le Smic net s’élevant alors à 1 129 € par mois : il augmentera donc de 257 euros
Le Smic n’a pas eu de coup de pouce depuis 10 ans, à l’exception de celui, dérisoire, de 0,6 % au 1er juillet 2012 : 6,46 € par mois et l’équivalent de moins de deux baguettes de pain par semaine. Le pouvoir d’achat du Smic n’a pas augmenté depuis 2007.
Or les femmes représentent 80 % des salariés au Smic et sont particulièrement touchées. Entre juin 2012 et mai 2016, le Smic a augmenté de 11,5 %, quasiment la même évolution que celle de l’indice des prix à la consommation : + 10,5 %.
Ce retard doit être rattrapé.
Objectif carnets de commande remplis
Nous fixerons donc l’objectif de permettre, tout d’abord, aux salariés de vivre décemment s’ils travaillent à temps plein mais aussi s’ils travaillent à temps partiel. Le seuil de pauvreté étant égal à 60 % du revenu médian, soit 975 euros par mois pour une personne seule, nous voulons déjà sortir 1,9 million de travailleurs… des travailleurs pauvres.
A ceux qui disent c’est impossible, rappelons-leur qu’en juin 1968 qu’en juin 1968 le salaire minimum a augmenté de 33 % et même de 55 % dans l’agriculture. Les entreprises s’en sont trouvées mieux !
La hausse des salaires est consommée immédiatement par les salariés les plus pauvres. A l’artisan qui se plaindra d’avoir du mal à augmenter son seul compagnon, on lui dira, que si tous les salariés sont augmentés en même, certains feront enfin réparer leur gouttière, ce qu’ils avaient différé jusque-là. Pareil pour le petit éditeur qui souffre de ne pouvoir augmenter ses neuf salariés, il vendra plus de livres.
L’élément moteur de la croissance économique, reste l’augmentation de la consommation malgré la pression ininterrompue sur les salaires. Immédiatement des millions de salariés achèteront massivement des produits de première nécessité. C’est cela, les fameux « carnets de commande » des entreprises.
L’augmentation du Smic mettrait de l’énergie dans ce moteur et permettrait aux PME, notamment à celles qui sont indépendantes des grands groupes, de trouver un débouché à leur production et d’embaucher. On ne peut calculer le coût de l’augmentation du Smic sans tenir compte de la dynamique qu’elle entrainerait. On connaît le résultat tout au long des 4 dernières années : car le Smic a été bloqué et le chômage a quand même augmenté. Mais une hausse du Smic donnerait des retours en cotisations, impôts, commandes
En Allemagne, le Smic, ça marche
« Le smic, c’est le chômage ». C’était le slogan de la campagne électorale d’Angela Merkel en septembre 2013 !
Mais elle a perdu l’élection et obtenu 8 sièges de moins et 800 000 voix de moins que le total gauche SPD, Die Linke, et les Grünen. C’est parce que les leaders de la gauche allemande n’ont pas voulu faire une coalition ensemble qu’Angela Merkel est restée Chancelière : le Spd a préféré gouverner avec la droite qu’avec la gauche (ce qui s’est mal terminé pour lui aux élections suivantes en septembre 2017), mais, au moins a t il mis dans la balance la création d’un Smic allemand.
Les économistes libéraux prévoyaient des licenciements massifs si ce Smic était mis en place. Ils se sont encore trompés !
Le patronat allemand prétendait que cela aboutirait à la suppression de 200 000 emplois en 2016. Contrairement à ces mauvaises prophéties, le salaire minimum en Allemagne fixé à 8,50 euros de l’heure, depuis le 1er janvier 2015, n’a ni pénalisé l’emploi ni favorisé l’inflation, selon une étude de l’IAB, institut de Nuremberg de recherche pour le marché du travail et l’emploi. L’institut a interrogé environ 16.000 entreprises, 20 % seulement ont affirmé avoir été affectées directement ou indirectement par la mise en place du salaire minimum. Seulement 18 % des entreprises ont augmenté le prix de leurs produits ou services. Seules 4,7 % des entreprises, soit moins de 1 entreprise sur 20, ont choisi de réduire leur personnel.
Voilà une expérimentation grandeur nature en faveur du Smic dont Macron devrait s’inspirer au lieu, chaque fois, de chercher dans un autre pays ce qu’il de pire comme exemple.
La même étude montre que de nombreuses entreprises, par contre, ont tenté de déroger au Smic pour payer moins leurs salariés : apprentis, stagiaires et chômeurs chroniques, peuvent, temporairement, percevoir moins de 8,50 euros de l’heure. Beaucoup d’entreprises ont opté pour la sous-traitance, le CDD ou la réduction des heures de travail. Et enfin se sont multipliés les « travailleurs détachés » qui sont de facto une fraude aux Smic.
Ce smic doit être adopté par tous les employeurs, hormis ceux évoluant dans certains secteurs, ayant signé des accords préalables. Les stagiaires et les personnes embauchées suite à un chômage de longue durée, ne sont pas pris en compte pour ce smic. Mais il a augmente els salaires pour 3,7 millions de travailleurs en 2015 et pour 4,7 millions de travailleurs en 2017.
Le SMIC allemand doit être réajusté tous les deux ans, en fonction des prix du marché. Il est passé à 8,84 brut de l’heure. Et la grande nouvelle c’est qu’il a dépassé celui de la France et atteint 1498 euros.
Ce qui n’empêche pas les patrons français de prétendre que « la France est malade du smic » et Macron de leur tendre l’oreille attentive.
Salaires minimum dans l’Union européenne et aux Etats-Unis
L’Allemagne n’est pourtant pas seule à avoir introduit une loi pour le salaire minimum : 22 États membres de l’UE sur 28 ont un Smic. Seuls Chypre, Danemark, Autriche, Italie, Finlande et Suède n’ont pas de Smic.
En 2017, les pays ayant le Smic horaire le plus élevé sont le Luxembourg, avec 1998,59 euros, l’Irlande avec 1563,25 euros, la Belgique avec 1531,93 euros, les Pays-Bas avec 1551,60 euros, l’Allemagne, on l’a vu avec 1498 euros, et la France, en 7° position avec 1480,27 euros. (Le Smic du Royaume uni atteint 1396,90).
Ensuite viennent l’Espagne 825,65 €, la Slovénie 804,96 €, Malte 735,63 €, la Grèce 683,76 €, le Portugal 649,83 €, l’Estonie 470,00 €, la Pologne 453,48 €, la Slovaquie 435,00 €, la Croatie 433,35 €, la Hongrie 411,52 €, la République tchèque 407,09 €, la Lettonie 380,00 €, la Lituanie 380,00 € , la Roumanie 275,39 €, la Bulgarie 235,20 €.
L’Italie a pris la décision d’instaurer un Smic, elle aussi.
Première réflexion, en 7° position, la France, paie 10 ans de blocage du Smic.
Mais pour rendre la comparaison possible, Eurostat a calculé ce que représentent les salaires minima allemands et français en standard de pouvoir d’achat. Résultat : 1443,17 euros de l’autre côté du Rhin contre 1391,18 en France. Le salaire minimum allemand est donc plus élevé que le Smic français ce qui contredit bien des idées macroniennes reçues.
Ensuite, l’écart est de 1 à 9 entre le smic luxembourgeois et le smic bulgare. Encore faut-il les comparer en « parité de pouvoir d’achat » : là les écarts sont plus resserrés, de 1 à 5, et surtout la France se trouve en 12° position (situation qui n’est compensée que de façon relative grâce à de meilleures prestations sociales, liés au cotisation sociales… que Macron veut supprimer !) !
Dans ce contexte, l’augmentation du Smic que nous préconisons en France sera « en phase » et aura un effet stimulant sur la mobilisation de tous les salariés européens qui ne supportent plus l’austérité sans fin et l’accroissement inouï des inégalités.
Revendiquer un Smic européen, comme « perspective » unificatrice, joue un rôle : cela sert à combattre le « dumping social » et donc les déplacements frauduleux de population salariée type travailleurs détachés. Si le niveau des salaires se rapproche dans l’UE, à quoi bon s’exiler ? A quoi bon délocaliser ?
On peut et on doit « aimer » le plombier polonais, le maçon portugais, l’ouvrier du bâtiment letton, le sidérurgiste tchèque, le chauffeur bulgare, le docker maltais, les aimer au point de vouloir qu’ils gagnent autant qu’un salarié français sans que celui-ci perde son niveau de salaire. Cela revient à lutter pour un « Smic européen » aligné progressivement et de façon dynamique par le haut
Pour un Smic unique européen :
En Europe, encore, où l’essentiel de notre sort économique se joue, (c’est pourquoi nous sommes favorables à des États unis d’Europe, à une Europe fédérale, mais avec harmonisation fiscale et sociale « par le haut », pas par le bas à la façon Macron), non seulement notre salaire brut annuel moyen est proche de celui de l’Europe des 27 et inférieur à celui de l’Europe des 15, mais les écarts avec les plus « compétitifs » diminuent de moitié si l’on tient compte du pouvoir d’achat respectif des salaires, et sont encore plus réduits si l’on « rapporte les coûts salariaux à la valeur ajoutée produite pour obtenir une mesure de la productivité de travail » ! Si l’on introduit une dimension temporelle depuis dix ans, on constate qu’une dynamique de rattrapage est à l’oeuvre.
Car si les écarts sont grands (de 1 à 9) entre les salaires moyens de l’UE des 15 et ceux des 10 nouveaux entrés en 2004, ils s’atténuent de 1 à 5 si l’on compare en « parité de pouvoir d’achat »,
Ils sont divisés de moitié lorsque les salaires sont exprimés en « unités de standard de pouvoir d’achat ».
Avec ce mode de calcul, le salaire moyen polonais qui était de 6,6 fois inférieur au salaire moyen britannique exprimé en euros n’est plus « que » 3,3 fois inférieur à ce même salaire exprimé en « unités de standard de pouvoir d’achat ».
Si ces écarts salariaux sont appréciés « par rapport à la valeur ajoutée produite pour obtenir une mesure de la productivité du travail », ils sont encore considérablement réduits.
C’est réaliste (et nécessaire) de combattre pour un Smic européen. De même qu’il est réaliste de combattre pour un droit du travail européen aligné vers le haut, selon le principe de faveur, et d’empêcher le « dumping social » que Macron, lui, veut généraliser. Le désordre de la pensée que Macron traine sur tous les sujets que nous sommes en train d’examiner, le chômage, l’emploi, les salaires, l’empêche d’avoir une quelconque vision à proposer contre les libéraux à l’Europe, il se situe même a leur tête, « premier de cordée ».
Pour mémoire, exemple et réflexion, il existe une tentative de quasi Smic mondial… pour les marins. Étonnant, non ? Et avant-gardiste. Reconnu par seulement 48 pays, il a été négocié entre la Fédération patronale des armateurs et la Fédération internationale des transports, et installé en 1994. Il est réajusté tous les deux ans en « parité de pouvoir d’achat » et il atteignait 600 dollars à son origine. Sur les 48 pays signataires (ce n’est pas assez) 18 pays sont européens : il existe donc une ébauche de Smic européen, au moins dans une branche.
Ce n’est qu’un exemple de ce qui pourrait être (mieux) fait dans bien des secteurs : par exemple les routiers. Si la perspective en était politiquement tracée, (quand nous aurons minorisé et battu Macron c’est ce que nous ferons) un calendrier de négociations et de lois pourrait être planifié et mis en œuvre par branches puis par régions, puis par pays, dans l’Europe des 27 pour aligner les différents Smic progressivement au niveau le plus élevé, d’abord en parité de pouvoir d’achat puis en euros.
Dés qu’une telle perspective existe, délocalisations et « principe du pays d’origine » (ex-directive Bolkestein devenue à 80 % la directive MacCreevy, puis des « travailleurs détachés ») perdraient de leur intérêt : pourquoi emmener les machines là-bas s’il est prévu que le salaire de là-bas rattrape celui d’ici ? Pourquoi s’exiler pour venir travailler de Pologne en France, si le salaire polonais est programmé pour un même Smic européen ?
Si le seul horizon d’un Smic européen était fixé, par exemple pour 2025 ou 2030… tout change en Europe : le dumping social perd de son intérêt, délocalisations et trafic de main d’œuvre sont condamnés à reculer à terme… Ensuite, négocier par branche, par paliers, par zone géographique, par groupes de pays, dans la perspective d’un Smic, cela s’est toujours fait ainsi : le Smig en France a pris du temps avant de devenir le Smic, les abattements de zones ont été supprimés et nationalement le Smic a été aligné, mensualisé, hier sur 173 h 33 h, puis sur 169 h, aujourd’hui sur 151 h 66.
En 2004, le programme du Parti socialiste défendait encore « l’harmonisation progressive des droits sociaux au niveau le plus haut et l’instauration d’un salaire minimum européen et l’Europe des 35 h« . Il appelait aussi à une « nouvelle hiérarchie des règles internationales, des droits environnementaux, sociaux et humains devant être prioritaires sur le droit des affaires et de la concurrence ». Il obtint alors 30 % des voix aux élections européennes du 13 juin 2004. Hélas, il renonça à cette juste et populaire position lors du débat, en 2005, sur le « TCE » (traité constitutionnel européen) ce qui lui valut d’en payer le prix électoral en 2007. Revenu au pouvoir en 2012, il renonça, avec Hollande et Macron, a tout objectif progressiste et il perdit les élections européennes de 2014, où le Front national fut pour la première fois en tête.
Il faut tirer l’humanité et l’Europe vers le haut, et non pas l’abaisser au nom de la prétendue « concurrence » et du pseudo « libre-échange ». « L’OIT et l’OMC doivent devenir deux organismes agissant à parité de façon à introduire le droit du travail comme élément constitutif du droit de la concurrence ». (In « Avis » du Conseil économique et social, pour Seattle, nov. 1999). L’OMS (organisation mondiale de la santé) et une OME (organisation mondiale de l’environnement) devraient voir, au même titre que l’OMC, leurs recommandations s’imposer, et susceptibles de sanctions.
Qui ne voit pas la dynamique salariale possible dans l’Europe des 15 puis des 25 et 27 ? Qui croit que l’impressionnante envolée de la croissance en Chine, Inde ou en Russie ne va pas déboucher sur des revendications des salariats de ces pays ? Le choix est partout entre une politique qui fait régresser et épouse les pires déréglementations de la mondialisation financière libérale et une politique qui contrecarre les ravages antisociaux, les pillages des richesses produites par les salariés, qui défende protection sociale et environnement.
Faute d’ouvrir de telles perspectives, ce sont celles du désespoir et du nationalisme, de la « concurrence internationale » qui resurgissent : l’UE après le Brexit s’en trouve menacée d’éclatement. faire reculer les smic au lieu de les unifier vers le haut c’est la mort de l’UE.
Raisons de plus pour rompre avec Macron et l’étroitesse de ses visions de start up européennes, de baisse du cout du travail, de soumissions aux critères des libéraux et des banques.
La compétitivité ne se limite pas au coût du salaire
L’argument est toujours le même : « votre hausse du smic à 1800 euros portera atteinte à la compétitivité ». Mais la compétitivité par les coûts des produits ne se limite pas au coût du salaire, elle doit intégrer le coût du capital, celui des dividendes distribués.
Et tout dépend encore des choix des 1000 entreprises de plus de 1000 salariés qui produisent 50 % du PIB, et des 80 % des PME, PMI, ETI, nous ne cessons de le dire, en dépendent. Et le million de petites entreprises TPE de moins de 11, dépendent aussi davantage de celles d’en-dessus, des donneurs d’ordre que de la part direct des salaires dans leur chiffre d’affaires. Ces choix c’est à l’état social, et stratège de les encadrer,
La compétitivité est liée à la qualité, au niveau de gammes des produits et donc aux investissements de recherche et développement réalisés par les entreprises.
Et, de ce point de vue, notre pays est très en retard sur l’Allemagne. En 2010, les entreprises allemandes ont consacré 31 milliards d’euro à la recherche- développement, les entreprises françaises seulement 15 milliards. Entre 2001 et 2010, trois fois plus de brevets ont été déposés en Allemagne qu’en France. Les grandes sociétés françaises ont fait le choix d’augmenter la distribution de dividendes plutôt que d’augmenter la recherche-développement.
Cette dernière s’élevait à 42 % des dividendes versés en 1992 et seulement à 25 % en 2010. Comment s’étonner, dans ces conditions, du manque de compétitivité de l’économie française ? les patrons français coutent trop cher ! Le rôle de l’État est déterminant pour remédier à cette situation. Verser 61 milliards de crédit d’impôts sans « contrepartie », sans contrôle des embauches correspondantes, c’est du « laisser faire », et ce laisser-faire, on en a le résultat, employeurs et actionnaires n’ont pas embauché mais spéculé.
Et la responsabilité du patronat français, du Medef, de ceux là meme qui ont mis en place Macron, est terrible ! C’est le plus rapace, le plus assisté, toujours à se plaindre toujours à réclamer, toujours a menacer, mais le plus médiocre quant aux résultats obtenus.
La compétitivité « hors coût » est, enfin, très importante. Cette compétitivité passe par les infrastructures, les transports, l’enseignement, les services publics et donc par les investissements publics. Le rôle de l’État, là encore, est déterminant. Les 61 milliards donnés l’ont été à court terme au secteur privé au détriment du secteur public – ce qui à long terme affaiblira l’environnement des entreprises.
Cette hausse du smic à 1800 euros va t elle « nous affaiblir dans la mondialisation » ?
S’il y a bien une bêtise répandue, c’est celle là : a-t-on remarqué que la précarité et les bas salaires étaient s’installés dans des secteurs qui ne sont pas soumis à la concurrence internationale ? C’est le cas pour les 850 000 salariés de la restauration, de même que pour les 1,1 million de salariés du bâtiment, ou les 1,7 million de la grande distribution, et pour quantité de services aux personnes.
Le secteur ou il y a la précarité la plus grande, le turn over le plus important, les durées du travail les plus longues, les flexibilités les plus fortes, les maladies professionnelles et la pénibilité parmi les plus élevées, et les salaires les plus bas… n’est pas soumis a la compétition internationale, ce sont les HCR (hôtels, cafés, restaurants) et la grande distribution.
Comment les « majors » du bâtiment, les Bouygues, Vinci, Eiffage, Lafarge, extraient-ils tant de milliards d’euros des… travailleurs du bâtiment ? Eux non plus ne sont pas soumis à la mondialisation ! Au contraire, ils l’organisent à l’inverse, en faisant venir des centaines de milliers d’immigrés sous-payés, et « détachés » sans cotisations sociales de notre niveau.
En matière de concurrence internationale et d’emploi, les entreprises ne sont pas, en France, défavorisées par le poids de prétendues « charges sociales » !
Surtout quand la France est au 7° rang du smic européen au 12° rang en pouvoir d’achat.
Des milliards d’exonérations de cotisations sociales ont été accordées depuis vingt ans aux entreprises françaises : elles n’ont nullement débouché sur la baisse du chômage. Pas plus avec le CICE de 61 milliards. Toues les études montrent que cela a été une gabegie, un fiasco total.
On pourrait faire autrement : « - Haussez les salaires, baisser le poids des dividendes » et les entreprises françaises resteraient aussi « compétitives » pour le coût de leurs produits, non ? Au lieu que ce soit les salariés qui se serrent la ceinture, ce serait les capitalistes qui le feraient. Envisageable, non ?
Guillaume Duval d’Alternatives économiques l’écrivait : « Si, à niveau de richesse comparable, le chômage est le plus important chez nous que chez nos voisins, c’est justement parce que ceux qui ont un emploi en France, sont particulièrement productifs. »
Rajoutons : c’est aussi parce que leurs employeurs sont particulièrement rapaces.
Ce sont en effet, les salariés français qui sont les plus productifs au monde selon les chiffres du BLS, Bureau of Labor Statistics, organisme américain peu suspect de sympathie syndicale, ni de francophilie. « Un Français produit 71 900 dollars de richesse en moyenne au cours de l’année 2005, certes moins que les 81 000 dollars produits par un salarié américain mais beaucoup plus que les 64 100 dollars d’un Anglais, les 59 100 des Allemands, les 56 300 dollars des Japonais ». (Article dans Libération le 7 mai 2007 : « Les Français ne sont pas des paresseux »).
Aux Etats-Unis, la Californie (devenue, en 2016, la 6ème puissance économique mondiale, devant la France) a décidé d’augmenter son salaire minimum de moitié, à 15 euros de l’heure à l’horizon 2022. L’État de New-York s’est fixé le même objectif pour 2018. Les démocrates d’Hillary Clinton, il est vrai sous la pression de Bernie Senders, ont proposé proposent une hausse de 44,7% du Smic américain en le portant à 15 dollars. Six états américains ont vote en faveur de cette proposition en novembre 2016, dont la Californie, New York, le Michigan, le Wisconsin…
Qui peut prendre de haut, qui a des arguments pour refuser notre proposition circonstanciée anti Macron et anti Medef : augmenter massivement les salaires ?
Peu importe qu’il n’y ait aucun risque de « délocalisations », le chantage de la propagande totalitaire façon Medef et Macron est utilisé quand même : il faut flexibiliser l’emploi pour « s’adapter à la mondialisation ». Il faut « adapter le droit du travail aux besoins des entreprises » (F Hollande conférence de presse septembre 2015).
Elle a bon dos, la mondialisation !
Si nous pouvons renverser Macron et sa politique, nous proposerons d’augmenter le smic à 1800 euros et par exemple d’interdire dans toute entreprise, sauf dérogation préalable et exceptionnelle de l’inspection du travail, plus de 5 % de CDD ou d’intérim : la précarité reculerait aussi rapidement qu’elle a progressé.
Si au lieu de reprendre le discours fataliste de la précarité induite par la mondialisation, la prochain quinquennat réglementait le temps partiel, réinstaurait un contrôle de la puissance publique sur les licenciements abusifs et boursiers, encadrait la sous-traitance et prenait des mesures législatives pour rapprocher la durée réelle du travail de la durée légale (en rendant les heures supplémentaires plus coûteuses que l’embauche et en instaurant les deux jours de repos consécutifs pour tous), le progrès de la précarité s’inverserait.
En quoi la mondialisation nous empêcherait-t-elle de hausser le smic et de mieux partager les richesses… en France ? Le présent plaidoyer écarte tous les mauvais arguments de la propagande libérale et de l’horreur économique qu’elle impose à notre monde.
Qu’est-ce qui nous empêche de majorer les impôts justes, c’est-à-dire les impôts sur le revenu, progressifs et redistributifs (et l’impôt sur la fortune, l’impôt sur les sociétés, l’impôt sur les profits pétroliers) et de baisser les impôts injustes (TVA, taxe d’habitation, redevances diverses) ?
Qu’est-ce qui nous empêche de majorer les salaires, de restaurer ainsi nos caisses de protection sociale et de relancer la consommation, l’économie du pays ? Sinon l’égoïsme du patronat et des banquiers français ?
Rien en Europe, rien dans le monde ne nous contraint à développer la précarité, à attaquer le droit du travail et à liquider nos services publics…
C’est criminel de favoriser les 363 000 familles riches payant l’impôt sur la fortune (ISF), et aucune exigence « mondiale » ne nous l’impose : même pas le chantage à leur « départ », car s’ils fraudent ou fuient, nous les rattraperons, aucun n’échappera au fisc, aujourd’hui chaque centime est localisable, identifiable dans n’importe quelle banque de la planète.
En quoi, alors, le refus d’augmenter le Smic serait-il dicté par les impératifs de la mondialisation ?
La France est le deuxième ou troisième pays importateur et exportateur de capitaux, tant la confiance mondiale dans son économie est grande.
Cinquième puissance mondiale, jamais elle n’a été aussi riche : il serait possible, redisons-le face aux chantage a la mondialisation, de redistribuer ces richesses – par le smic à 1800 euros, les 32 heures, la retraite à 60 ans – pour sortir nos banlieues du chômage et de la misère, relancer l’emploi, soutenir la santé pour tous, l’école, la formation, la recherche, la culture et l’ensemble des services publics.
Ce n’est pas la concurrence internationale qui nous impose des choix politiques contraires, mais une conversion idéologique au néolibéralisme régnant outre-Atlantique et à l’ordo-libéralisme allemand.
Ce ne sont pas seulement les effets de la mondialisation qui expliquent le développement de la précarité en France depuis vingt ans, mais des choix politiques.
D’ailleurs, on va le vérifier, Macron fait du zèle, plus que ce que les libéraux européens lui demandent ; on va le prouver, « les recommandations européennes du 27 mai 2017 concernant la France sont bien en deçà des ordonnances scélérates « anti travail » que Macron impose à notre pays.
Oui l’état peut beaucoup.
Oui les lois et les décisions juridiques peuvent s’imposer aux entreprises. Oui, la puissance publique peut encadrer celles ci (puisque le patronat en est incapable). Le volontarisme mérite un éloge.
Prenons l’exemple, de l’entrée des femmes sur le marché du travail dans les années 1970, progressivement et assez rapidement, mais à temps plein, jusqu’à aujourd’hui.
Si un changement est intervenu, si, aujourd’hui, 85 % des temps partiels sont dévolus à des femmes à 80 % non qualifiées, c’est essentiellement à la suite de mesures juridico-politiques.
À la veille des élections législatives de 1993, Pierre Bérégovoy croyait pouvoir baisser le taux de chômage en autorisant 50 % d’exonérations de cotisations sociales pour tout emploi à temps partiel. Même Édouard Balladur, en lui succédant, trouvera la mesure excessive et ramènera l’exonération à 30 %. Mais le mal était fait, et l’on passa, entre 1993 et 1995, de 11 % de temps partiels à 17 % : des métiers entiers sont concernés comme dans la branche de la grande distribution qui se rue sur l’aubaine.
On ne dit plus « caissier » mais « caissière » et le temps partiel y devient la règle avec tous ses aléas (des journées d’une amplitude de 12 heures pour 6 heures réellement payées au Smic).
De même, ce sont les « allers retours » juridiques sur la définition et l’usage des CDD, entre les lois Auroux, les lois Chirac-Séguin (1986-1988), les lois Rocard (1989), la loi quinquennale Balladur-Giraud (janvier 1994) qui ont facilité leur expansion. La loi Sapin du 14 juin 2013, fait mine de modifier cela et impose (en apparence, pour plaire à la direction CFDT, mais celle ci s’est fait « rouler ») des temps partiels « plancher à 24 h par semaine », mais les lois Macron (8 août 2015) puis El Khomri (loi n° 2016-1088 du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels, dite loi El Khomri) suppriment à leur tour cela. Il s’agit bel et bien de mesures politiques successives, pas de fatalité ni d’impératifs catégoriques économiques.
Pareillement, le travail de nuit des femmes, a été imposé par la Cour de justice européenne en 1990, au nom « de l’égalité professionnelle femmes-hommes ». Le ministère du travail français en 1992 avait cédé à tort sur ce point, à la pression de l’UE. Cette flexibilité cruelle a créé de l’emploi. Pourtant cette égalité professionnelle aurait du se réaliser en limitant encore le travail de nuit des hommes aux seules contraintes absolue où il était impossible de faire autrement. Et voilà, depuis plus de 25 ans, il y a un million de salariés de plus la nuit et ce sont des femmes. Et il y a davantage de souffrance au travail (le travail de nuit ça nuit et ça fait mourir plus tôt) et aussi davantage de chômage.
Dans un livre collectif de débat Travail flexible, salariés jetables [1], le mensuel Alternatives économiques jugeait bon d’écrire qu’il n’y avait que « Gérard Filoche qui croyait que la lutte contre la précarité et la flexibilité pouvait se régler par des mesures juridiques ». C’est pourtant bien de cette façon qu’elles se sont développées et, réciproquement, c’est par volontarisme politique que le gouvernement Jospin est parvenu, un temps, à les faire reculer avec les 35 h.
Quand on veut, on peut.
Surtout quand les mesures qu’on prend vont dans l’intérêt de dizaines de millions de salariés. Quand elles vont à l’encontre, comme les mesures libérales a répétition de ces dernières décennies, elles échouent toutes.
Si, de 1997 à 2001, la France a accumulé les records de créations d’emplois et de baisse du chômage avec 2,1 millions d’emplois créés et 750 000 chômeurs en moins, si elle a connu une période de croissance plus importante que des pays de même niveau et si le taux de chômage des jeunes est passé de 28 % en 1997 à 18,7 % en 2000, c’est bien le résultat de mesures politiques et juridiques. Les trois années 1998-1999-2000, sous Lionel Jospin, sont les plus exceptionnelles de l’histoire du XXe siècle en matière d’emploi, de droit du travail, de développement du salariat et de recul de la précarité. Si bien que lorsqu’on souligne les reculs des trente ans écoulés, il faut préciser : en dépit de ces trois années-là. Au cours de cette période, la masse salariale a augmenté, les caisses de protection sociale sont devenues excédentaires, la précarité a même légèrement reculé (- 0,4 % environ), de même que les CDD (- 33 000, soit une baisse de 1,5 % entre mars 2000 et mars 2001), les temps partiels (- 0,6 %) et les emplois aidés (qui sont passés de 455 000 à 408 000), le chômage partiel a quant à lui fortement baissé (- 64 % en 1999). L’intérim baissait au début de 2001 mais il avait ré-augmenté au second semestre 2001.
Dans le mouvement socialiste mondial de l’époque, le gouvernement « rouge-rose-vert » de Lionel Jospin avait des caractéristiques plus avancées qui le distinguaient significativement des tenants de la « troisième voie » Clinton-Blair et aussi totalement opposé dans l’esprit et la pratique, à toute la politique conduite à partir de 2012.
Davantage proche de ce que fut le premier gouvernement de la gauche en 1981-1982, Lionel Jospin avait opéré certains choix volontaires que le reste de la social-démocratie européenne avait refusés : les 35 heures sans perte de salaire, des droits nouveaux du travail, le maintien des retraites, la couverture maladie universelle (CMU), l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) pour les personnes âgées…
En 2002, la France était alors, de façon relative, l’un des pays au monde les plus avancés socialement. La droite se plaignait qu’il y ait trop d’argent dans les caisses, et brocardait, tout le monde l’a oublié, la « cagnotte publique » du gouvernement Jospin. Selon la droite, il y avait trop d’argent dans les caisses ! Pas assez de dettes sans doute ?
Cette parenthèse heureuse a été refermée à partir de 2002 avec l’avènement d’une « droite décomplexée » appuyée par un patronat Medef « refondé », financiarisé, décidé à imposer un aggiornamento en matière de droit du travail.
Et c’est François Hollande trahissant tous les espoirs liés au retour de la gauche en mai juin 2012 qui a cassé tout cela, et sur certains points, le code du travail, de façon plus terrible que les droits de Chirac et Sarkozy revenant sur les 40 h de Blum, les 39 h de Mitterrand, et les 35 h de Jospin.
Il faut pour résister à la mondialisation, non pas déréglementer mais au contraire un droit du travail strict, contrôle et sanctionné qui appuie et s’appuie sur le rapport de force social, et abroger pour cela la scélérate loi El Khomri de 2016.
Cette question du code du travail, de l’ordre public social ou non, aggravée par Macron, est maintenant un enjeu social, théorique, pratique, entre la gauche et la droite, elle a crée un fossé entre socialistes et ex-socialistes, ceux qui se sont adaptés quasi totalement aux théories libérales macroniennes, et ceux, la gauche socialiste qui se sont acharnés à essayer de sauver un minimum de transformations sociales.
Hollande lui, a choisi, avec Macron, de casser ce qu’avaient fait Léon Blum, François Mitterrand et Lionel Jospin en matière de réduction du temps de travail, des 40 h aux 39 h et aux 35 h. Macron a entrainé un certain nombre d’ex socialistes, vite désarçonnés, repentants mais trop tard. La gauche socialiste, avec le reste de la gauche maintient l’alternative : 1800 euros, 60 ans, 32 h, 5 % de précaires, pas de salaires supérieurs à 20 fois le Smic…