Mobilisons-nous le mardi 17 et le jeudi 19 mai contre le coup de force du 49.3 et le projet de loi El Khomri

par Jean-Jacques Chavigné

 

 

Ils ont osé !

 

Manuel Valls avait vertement repris Myriam El Khomri lorsqu’elle avait vendu la mèche en menaçant, il y a deux mois déjà, de l’utilisation du 49.3.  Il fallait discuter au Parlement assurait, patelin, le Premier ministre qui se déclarait sûr de convaincre.

 

En 2006, lorsque Dominique de Villepin avait choisi de passer en force et de faire adopter le CPE à l’aide du 49.3, François Hollande, premier secrétaire du PS, avait assené avec une parfaite dignité « le 49.3 est une brutalité, le 49.3 est un déni de démocratie, le 49.3 est une manière de freiner ou d’empêcher le débat parlementaire ». Comment s’étonner, avec une telle contradiction entre les paroles et les actes, du discrédit de la parole présidentielle et de la  progression du FN ?

 

Un Président sans majorité au Parlement, totalement isolé dans l’opinion

L’utilisation du 49.3 est l’aveu de faiblesse d’un gouvernement incapable d’obtenir une majorité à l’Assemblée nationale pour faire adopter un projet de loi aussi ostensiblement favorable au Medef.

Nombreux aussi, sont ceux qui s’interrogent sur l’utilisation de la violence d’État et sur son intensification. Les témoignages s’accumulent. Les médias ne parlent plus du 49.3 ou du contenu du projet El Khomri mais des « violences », ce qui est sans doute le but recherché. Depuis le Nigéria, François Hollande dénonce les dégradations commises à Rennes… Là encore, quel aveu de faiblesse ! On se croirait revenu en 1970 quand Georges Pompidou présidait la République et lorsque Raymond Marcellin était ministre de l’Intérieur. A une différence prés cependant : Georges Pompidou était alors très largement majoritaire dans l’opinion, alors que François Hollande plafonne à 16 % d’opinions favorables.

 

L’ « omerta » qui pèse sur les violences sexuelles subies par les femmes dans les entreprises serait encore plus lourde si le projet de loi Travail était adopté

Il a fallu beaucoup de courage aux femmes politiques qui ont osé briser l’ « omerta » qui règne dans les partis politiques, fussent-ils de gauche, quand il s’agit de harcèlement sexuel. Dénoncer les agressions sexistes qu’elles ont subies n’a pas été simple, même lorsqu’elles étaient des élues de la République. Imagine-t-on ce qu’il en serait de cette « omerta » pour des femmes salariées, si la loi El Khomri était votée et permettait à un employeur de licencier à peu près comme il l’entend ?

Le harcèlement sexuel a toujours pour origine un rapport de forces social défavorable aux femmes. La loi El Khomri accroîtrait considérablement le pouvoir du patronat comme de la hiérarchie d’une entreprise et le risque d’agressions sexistes augmenterait d’autant. Le silence des femmes harcelées par ceux qui pourraient décider de leurs emplois, particulièrement s’il s’agit de mères célibataires, serait de plus en plus lourd. Une étude du défenseur des droits, en 2014, affirme qu’ « une femme sur cinq déclare avoir été victime de harcèlement sexuel au travail ». Ce serait bien pire si le projet de loi El Khomri était adopté car, nous le savons tous, si le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument.

L’hypocrisie des articles 1 bis, 1 ter, 1 quater et 1-5 du projet de loi Travail, qui prétendent renforcer la lutte contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes, alors que le projet de loi donne au patronat et à la hiérarchie des entreprises un pouvoir aussi arbitraire, est révoltante. C’est ouvrir, à la hache, une brèche dans la barque et essayer de vider l’eau qui s’engouffre avec une petite cuillère.

Censurer le gouvernement !

La gauche du PS a échoué de peu à présenter une motion de censure, avec les élus du FDG et des élus d’EELV. Il aurait fallu la signature de 58 députés mais seuls 56 ont signé cette motion de censure.

Ce n’est que partie remise, le projet de loi est loin d’être encore adopté. Après son passage devant le Sénat, il reviendra en seconde  lecture devant l’Assemblée nationale. Si le gouvernement s’obstine à utiliser le 49.3, il faudra, de nouveau, que les frondeurs essaient d’obtenir les 58 signatures nécessaires au dépôt d’une motion de censure de gauche. Mais si cette motion ne pouvait voir le jour ou si elle n’était pas adoptée, il faudrait bien que les frondeurs en arrivent à se poser sérieusement la question de voter la motion de censure de la droite.  La priorité des priorités n’est-elle pas d’empêcher cette loi scélérate d’être adoptée ?

Manuel Valls n’a pas hésité à déclarer qu’il utiliserait tous les moyens constitutionnels (dont le 49.3) pour faire passer le projet de loi Travail. Au nom de quoi ceux qui rejettent cette loi dictée par le Medef ne pourraient-il pas, eux aussi, utiliser tous les moyens institutionnels mis à leur disposition ?

Myriam El Khomri déclarait le 11 mai au micro de iTélé : « Pour ceux qui nous ont fait des leçons de gauche, on peut se poser la question de où est la cohérence démocratique quand on serait prêt à additionner ses voix avec la droite. Pour moi être frondeur et additionner ses voix à la droite, ce n’est pas être juste frondeur, c’est être un député de droite, tout simplement ». Quel culot !  Comment oser parler de démocratie après avoir utilisé le 49.3 ? Comment qualifier les frondeurs de députés de droite, parce qu’ils voteraient avec la droite, après avoir voulu imposer à la gauche de voter la déchéance de nationalité aux côtés de la droite et de l’extrême-droite ? Imposer une loi de droite que même Nicolas Sarkozy n’avait pas osé essayer de faire voter, est-ce vraiment être de gauche ? Qui brouille, avec acharnement, depuis 2012, les frontières entre la gauche et la droite ?

La droite, nous dit-on, ferait voter une loi encore pire si elle revenait au pouvoir. C’est évident, mais en quoi laisser le projet de loi El Khomri acquérir force de loi pourrait empêcher la droite d’adopter une loi encore plus catastrophique ? Nicolas Sarkozy, lui-même, n’avait pas osé soumettre au vote du Parlement une loi aussi favorable au Medef que la loi Travail. Le vote de cette loi ne servirait pas de contre-feu mais, bien au contraire, de marchepied à la droite pour lui permettre d’aller encore plus loin dans la destruction du Code du travail.

 

Des menaces de rétorsion contre les frondeurs

Jean-Christophe Cambadélis les menace des foudres de la « Haute autorité ». Mais pourquoi ne traduit-il pas Manuel Valls devant cette haute autorité (François Hollande n’a plus sa carte au PS) pour n’avoir pas respecté les engagements pris en 2012 devant les électeurs ? Pourquoi ne se traduit-il pas lui-même, devant cette « Haute autorité » pour ne pas avoir respecté les engagements qu’il avait pris lors du congrès de Poitiers ?

Jean-Marie Le Guen menace les frondeurs d’être privés de l’investiture du PS en 2017. Il se croit, sans doute, bien à l’abri dans l’une des 20 ou 25 circonscriptions qui pourraient rester socialistes en 2017, si François Hollande ou Manuels Valls étaient candidats à la présidentielle. Il n’a rien compris à ce qu’il en irait, dans un tel cas de figure, des résultats des élections législatives. En 1988, le Parti socialiste avait obtenu 218 députés mais en 1993, ils n’étaient plus que 57. Pourtant, le dégoût des électeurs de gauche en 1993 n’avait rien à voir avec le rejet, voire la haine,  que des millions d’électeurs de gauche éprouvent, aujourd’hui, envers le Parti socialiste. La menace de priver les « frondeurs » d’investiture est dérisoire : autant menacer un passager du Titanic de le jeter par-dessus bord.

 

74 % des habitants de notre pays sont contre le projet de loi

54 % approuve les mobilisations contre le projet de loi. 67 % des sympathisants de gauche les soutiennent. 55  % des sympathisants du PS veulent que le gouvernement revienne sur le texte, ce qui est d’autant plus remarquable que le nombre des « sympathisants du PS » ne cesse de se réduire.

 

Renoncer à cette loi dictée par le MEDEF et faire voter une loi protectrice des salariés est l’ultime chance d’empêcher le naufrage intégral du quinquennat.

 

 

Les primaires à gauche sont un besoin irrépressible et grandissant.

75 % des sondés de gauche sont pour. Ce besoin  va s’accroitre dans les semaines et mois qui viennent au fur et a mesure que l’envie de gagner va s’étendre.

Chaque jour, tandis qu’on combat pour le retrait de la loi Uber El Khomri, les forces vives de la gauche se réveillent, se remobilisent, grandissent.

Le degré de mensonges et d’avilissement du gouvernement augmente chaque jour lui aussi. Le trio Hollande, Valls, Macron prétend que la loi Uber El Khomri a été « équilibrée » et rendue « juste » : ça relève du mensonge cynique d’état, en fait, elle a même été aggravée dans la dernière semaine à l’Assemblée nationale toujours en faveur du seul patronat – avant le coup de force du 49 3.

La majorité du pays, du salariat, de la gauche, se soulève, et le gouvernement ferait bien d’entendre vite et de retirer ce projet scélérat.

Pendant ce temps-là, la gauche doit revivre, se doter d’un projet de plateforme commune,  et organiser des primaires larges démocratiques, et ouvertes, pour se doter d’un candidat  unique.

Car un candidat unique de toute la gauche est le seul moyen d’accéder au 2° tour de la présidentielle. Il n’y a aucun autre moyen.

Il faut un texte d’urgence pour gouverner et dès juin 2017 faire ce qui n’a pas été fait depuis 5 ans : redistribuer les richesses, immédiatement, pour faire reculer le chômage de masse, en relançant notre pays.

Ce projet de plateforme d’urgence doit être élaboré, proposé, publié, diffusé, commenté, amendé,  enrichi, et devenir le bien commun de millions de salariés, du maximum de nos concitoyens.

Les primaires doivent avoir lieu comme prévu les 4 et 11 décembre. Tous les candidats de gauche devront se référer à cette plateforme , et se présenter aux millions d’électeurs de gauche qui auront à choisir entre eux.

Les candidatures, sont à déposer publiquement entre l 15 septembre et le 30 octobre.

La campagne sera en novembre. Surement de nombreux candidats seront au premier tour le 4 décembre. Seuls deux resteront en lice le 11 décembre. Tous les candidats se seront engagés à soutenir celui ou celle qui arrivera en tête et qui, des lors se verra investi d’un immense soutien populaire et sera suffisamment charismatique de ce fait, pour aller au 2° tour et gagner la présidentielle.

Les candidatures, c’est un conseil, un souhait, devraient être humbles et éviter le barnum, être fiables et n’avoir pas été compromises dans le grand échec du quinquennat Hollande,  elles devraient insuffler confiance en la parole donnée,  elles devraient être très pratiques et très sociales. Elles ne devraient pas susciter la polémique ni le règlement de comptes mais au contraire, le rassemblement et l’unité de toute la gauche.

Il faut plutôt chercher et trouver une sorte de Bernie Sanders français et gagnant ici.

Un sondage récent vient de dire quelque chose qui semble vrai : « 78 % des Français prêts à voter pour un candidat ni issu ni soutenu par un parti et 66 % pour un candidat en dissidence avec le sien. Par ailleurs, pour 59 % des Français, le programme est l’élément-clé pour leur vote en 2017 ». C’est de bon augure.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Article 52 de la scélérate loi Uber El Khomri

A Limoges, le 12 mai, j’entendais dans un meeting de 600 personnes, l’excellent Samuel Churin, de la Coordination des intermittents du spectacle, décortiquer avec verve cette loi scélérate Uber-El Khomri qu’on ose nous imposer, sans vote, par 49 3, comme une « loi travail » alors qu’elle est entièrement conçue pour frapper durement travailleurs et chômeurs.

Le Medef cherche à réimposer à Pôle emploi le prélèvement direct sur les allocations d’assurance chômage des indus, trop perçus, dont le montant, est fixé administrativement sans contrôle du juge. Un dispositif qui avait été introduit dans la convention UNEDIC 2014 : sans pitié pour les chômeurs et leurs maigres ressources, il s’agissait de les prendre à la gorge et les sanctionner au portefeuille, au moindre écart.

Une procédure qui n’est pas en vigueur avec une telle rapidité et brutalité pour les fraudes aux cotisations sociales et obligations fiscales. Mais que voulez-vous, on est dans un régime où les pauvres doivent être irréprochables pour quelques sous, tandis que l’oligarchie, elle, va tricher spectaculairement et impunément pour des milliards au Luxembourg ou à Panama. La loi Macron du 8 août 2015 a même prévu que les patrons en cas de faillite, ne voient plus leur résidence principale mise en cause (alors que celle du salarié est menacée)

Mais Medef et Pôle emploi s’étaient heurtés à un arrêt du Conseil d’état daté du 5 octobre 2015 qui avait trouvé la procédure excessive et expéditive, et l’avait interdite.

Que croyez que fait la loi El Khomri ?

Son article 52 prend la peine d’inscrire dans le Code du travail le droit pour Pôle Emploi de prélever directement à nouveau sur les allocations d’assurance-chômage – annulant la décision du Conseil d’état.

Plus grave encore, EL Khomri prévoit pour Pôle Emploi la récupération des indus par « contrainte » acte d’huissier qui oblige le chômeur à saisir un Tribunal en payant un avocat dans les 15 jours, après quoi il ne peut plus le contester et peut voir ses biens saisis.

El Khomri prévoit aussi de neutraliser les périodes d’emploi déclarées tardivement, qui ne pourront donner droit ni à allocations ni à indemnisation. Or, dans certains secteurs (bâtiment, intérim, intermittents…), les salariés subissent couramment les retards de leurs employeurs lorsqu’ils effectuent leurs déclarations. Ca ne fait rien : la scélérate loi El Khomri les privera d’allocations pour lesquelles ils ont pourtant cotisé : là, plus question de « négocier », la loi l’emportera brutalement sur le déroulé du contrat !

Il n’y a pas de petites mesquineries dans le projet El Khomri : elles sont toutes énormes, intolérables, nichées dans chaque article. Jusqu’à bout : retrait, retrait, retrait !

a lire chaque semaine dans l’humanité dimanche, ma chronique « au boulot »

 

Halte au 49 3 coup de force honteux Censure de ce gouvernement !

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Alors qu’une grande majorité de travailleurs s’oppose au projet, le gouvernement  passe en force

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(cette régression n’est ni amendable, ni négociable)

Le projet de loi travail arrivé à l’Assemblée le 3 mai, organise la primauté de « l’accord supplétif » d’entreprise sur les accords de branche; c’est l’inversion de la hiérarchie des normes.

Aujourd’hui, quand un accord d’entreprise est signé, il ne peut qu’améliorer les dispositions contenues dans l’accord de branche.

Demain, si le projet El Khomri n’est pas retiré, l’accord d’entreprise pourrait déroger à l’accord de branche. Alors, la « loi du patron » dans l’entreprise deviendrait la principale source de droit du travail, permettant de revoir à la baisse toutes les garanties collectives encadrant le contrat de travail (salaires, nombre d’heures, heures supplémentaires, …).

Ce même projet prévoit que les accords de branches pourront déroger défavorablement au code du travail… ainsi qu’une réécriture complète du code du travail d’ici 2018 (article 2).

Le gouvernement obéit ainsi à la volonté dictée par le patronat et l’Union Européenne (Jobs Act) afin de rendre plus concurrentiels les salariés en abaissant leurs droits.

70% de la population est contre ce projet. Les manifestations de salariés et de jeunes se sont multipliées partout en France, atteignant 1,4 million de manifestants pour le retrait.

En Seine Maritime des manifestations ont eu lieu à Rouen, Le Havre, Dieppe, Fécamp, Lillebonne, Elbeuf, Forges, Neufchâtel, Yvetot, Eu – le Tréport… Des grèves ont eu lieu le 9 mars, le 31 mars, le 28 avril, bloquant parfois totalement l’activité, comme dans les ports et dans de nombreuses entreprises de la chimie et de la métallurgie

La loi Travail c’est le dynamitage du Code du travail, des Conventions collectives, et demain des statuts dans la fonction publique et dans les entreprises publiques.

Le gouvernement, minoritaire, s’obstine.

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La Ministre El Khomri déclare : « Faut-il céder à la rue et retirer le projet ? Non ! »
Le journal patronal des Echos écrit le 2 mai : « Le pouvoir exécutif serait bien inspiré d’engager avec l’article 49-3 de la constitution sa responsabilité sur ce texte afin de couper court à des palabres sans fin »

Le gouvernement et le MEDEF, face à la résistance des salariés et des jeunes, envisagent donc une loi adoptée sans vote !

Le mardi 3 mai, devant l’Assemblée nationale, les syndicats CGT, FO, Solidaires, FSU, UNEF, UNL et FIDL ont réaffirmé la demande de retrait.

Elles demandent « aux salariés dans les entreprises et les administrations de multiplier les assemblées générales pour débattre de l’amplification de la mobilisation, y compris par la grève, pour obtenir le retrait du projet de loi.

Elles demandent à leurs organisations régionales, départementales et locales de poursuivre les actions, manifestations ou grève pour faire pression pendant le débat parlementaire.

Elles conviennent de faire du 12 mai une journée d’initiatives et d’interpellations des parlementaires. »

En Seine Maritime, les Unions Départementales CGT – FO- Solidaires – FSU – UNEF

  •   Appellent à organiser une journée de mobilisation le jeudi 12 mai pour multiplier les actions et rassemblements en direction des parlementaires et des élus pour exiger le Retrait pur et simple du projet de casse du code du travail.
  •   Informent tous les salariés que le mardi 17 mai les salariés routiers seront en grève, les cheminots partiront en grève pour défendre leur statut (le RH 0077), de même que la Chimie et d’autres professions. Demandent de multiplier les assemblées générales dans les entreprises et les administrations pour débattre de l’amplification de la mobilisation.

 Mettent en discussion auprès de tous les salariés de saisir la date du mardi 17 mai pour faire grève massivement, pour bloquer l’activité des entreprises et des services au maximum, pour aller jusqu’au Retrait de la loi y compris en envisageant la reconduction si le gouvernement s’obstine.

Le gouvernement menace d’imposer la loi par

le 49-3

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PLUS QUE JAMAIS,

UNITE

POUR LE RETRAIT !

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Rouen, le 10 mai 2016

 

Appelez donc la nouvelle loi El Khomri « loi Uber ».

 

Dans la dernière version, la pire, de la loi El Khomri à l’Assemblée nationale, a été ré introduite la légalisation de la pieuvre multimilliardaire amie de Macron, UBER. Un coup tordu qui vient de loin : il s’agit d’habiller ces salariés en « indépendants » sans possibilité pour eux de faire « requalifier » leur contrat.

A l’origine, il y eut le 11 février 1994 la « loi Madelin » instaurant la « présomption de non salariat » pour les inscrits au registre du commerce, au répertoire des métiers ou même à l’Urssaf. (Art L.120-3 du code du travail devenu L.8221-6 après la recodification de 2004-2008). Nous avions obtenu l’abrogation de cette présomption de non-salariat dans la loi du 19 janvier 2000 (dite « Aubry 2 »). Fillon avait rétabli le dispositif Madelin dans sa loi du 1er août 2003 à laquelle les socialistes, comme toute la gauche s’étaient vivement opposés. Michel de Virville, DRH Renault, vedette du Medef, dans son rapport de janvier 2004, proposa alors que chacun ait le « libre choix » de son statut, salarié ou indépendant.

Nous y voilà, sous couvert de (prétendue) nouveauté, derrière le chantage aux plates formes numériques. Il s’agit de pousser des millions de travailleurs dans des activités non salariées, au bon gré de contrats commerciaux. Comme les VTC ils pourront travailler 20 h par jour, 120 h par semaine, sans cotisations sociales, ni contrat de travail,  jetables sans ménagement au bon gré des donneurs d’ordre des plateformes numériques qui les feront officier au sifflet.

Deux députés, Caresche et Troallic, ont déposé 3 amendements identiques qui ont formé, dans la version 4 de la loi El Khomri le nouvel article 27 bis.

L’art 27 bis nomme les VTC d’Uber :  » travailleurs utilisant une plateforme de mise en relation par voie électronique » dans la 7° partie du Code du travail (celle avec les VRP, gérants…) et il est précisé que l’art. L.7411-1 du code du travail ne leur est pas applicable (c’est l’article qui dit que le code du travail est applicable).

Uber, SI le travailleur cotise de lui-même pour les accidents du travail, doit prendre en charge cette cotisation-là ; se syndiquer et faire grève ne sont pas un motif de rupture, mais ce frêle habillage ne masque pas qu’ils n’ont ni horaires légaux ou maxima, ni salaire minimum, ni droit contractuel du travail, ni cotisations sociales, ni médecine du travail, ni élus du personneI, etc. Ils seront privés de droits et même du droit de défendre leurs droits.

Argument supplémentaire : l’ubérisation ne diminue pas la dépendance, au contraire elle l’augmente en nombre de personnes concernées en transformant d’anciens indépendants en dépendants puisque les plateformes tendent à phagocyter le marché. Les artisans contraints progressivement de passer par une plateforme pour trouver des clients perdent ainsi peu à peu leur indépendance. C’est finalement la tendance naturelle du capitalisme à la concentration qui s’exprime dans l’ubérisation. Et là ils font fort : ils utilisent l’attrait de la jeunesse pour les nouvelles technologies et l’indépendance à leur profit. Ils parviennent à faire cohabiter la modernité avec le retour au siècle de Zola.

 

 

Salut Bob

Partir un si beau jour de printemps, et qui plus est, un jour de mai, et en plus le jour de l’Ascension,… c’est enrageant. Le soleil est si bon aujourd’hui, et la lumière si belle depuis 8 heures du matin où tu nous a quittés, nous et la vie comme on en rêvait avec toi, la vie des femmes et des hommes, douce et lumineuse, celle qu’on regarde, emplie d’arbres et de fleurs, sur une terrasse de jardin rue de Romainville, ou à San Gavino face à la montagne Corse, un verre de rouge à la main.

Je me rappelle Bob, ils t’avaient opéré de la hanche, tu m’avais dit quelque chose comme «  j’étais dans un escalier, une bouteille à la main, c’était la bouteille ou ma hanche, j’ai sauvé la bouteille ». Les années récentes, nous en avons passé des soirées et des nuits de fête et de disputes politiques interminables, à n’en plus pouvoir tenir. A Sainte Marie la Mer, Mirabel, Séguret, ou en Normandie..

Il en fut toujours ainsi depuis notre rencontre en 1988 à un repas des parrains de SOS racisme, quai de l’Oise, à la table de tant de célèbres dessinateurs aujourd’hui disparus, où François Mitterrand vint tous nous serrer la main, un par un, et où vous l’aviez reçu courtoisement, ce qui m’avait permis si souvent, après, de te railler, à chaque fois que tu me traitais de « socialo ».

J’étais indigné du mauvais et ridicule procès pour « antisémitisme » qu’ils ont osé te faire en 2008, j’avais hurlé contre les « vains » signataires qui t’accusaient, et qui ont tous honteusement perdu en justice avec leur Trissotin, le triste philosophe nommé « BHL ». Je me rappelle, lorsque j’avais témoigné pour toi, devant le juge, à Lyon, tout ce que j’avais trouvé à dire : « Comment voulez vous qu’un homme aussi humain soit raciste, c’est la crème des hommes ». Ensuite, je n’ai plus jamais acheté Charlie, et nous avions fait avec toi et ta grande Catherine, et tous les copains, Siné hebdo, puis Siné mensuel, et c’était un plaisir immense. Toutes ces dernières années, j’avais peur pour toi à chaque opération, j’avais peur d’apprendre ce que j’ai appris ce matin,  mais chaque fois tu gagnais le combat pour la belle vie et ça nous rassurait tous, ça prolongeait aussi nos vies à nous, en même temps que la tienne, cette vie où les humains sont capables de se respecter, contre toutes les guerres, les tyrans et les bondieuseries.

Bob, ils vont probablement, maintenant, tous te présenter comme un imprécateur,  un insolent anarchiste anti flics, anti curés et anti patrons : tu n’en aurais pas été surpris, et même très content, tu étais tout cela et mieux encore.  Tu étais le plus révolutionnaire.

Ils vont te railler ? Tu étais le plus anticolonialiste. Tu étais le plus antiraciste. Tu étais le plus antifasciste.

Un dernier Mohican ? Oui ? Mais des mômes de 18 ou 20 ans, la jeunesse t’admirait et se pressait en masse, dés que c’était possible, sur les cortèges des manifestations ou à la fête de l’Huma,  pour obtenir tes dédicaces sur tes dessins. Tu l’emporteras chez les jeunes. Grève générale, tous « debout la nuit » et le jour, plus jamais couchés !

L’homme des chats ? Ils avaient, bien avant Geluck, avec tes dessins antimilitaristes, bercé mon adolescence.

Avec ce célèbre dessin géant où des curés agenouillés se moquaient de prétendus « sauvages » et de leur totem.

Dernier des grands dessinateurs des années enragées de mai 68 ? Oui, mais tu avais su en faire une histoire sans fin, et toujours suivre le bon camp, contre la Guerre d’Algérie, du Vietnam, contre les dictatures en Espagne, au Portugal, en Grèce, en défense des Palestiniens  et de la Palestine assassinée depuis tant de décennies, contre les sales guerres du Golfe… mais aussi contre les « couilles en or », les oligarques à la « Carlos », Carlos Tavarés ou Carlos Ghosn qui se goinfrent de millions d’euros, arrachés à la sueur et au sang de leurs salariés.

Tu étais le plus anticapitaliste. La connerie, celle qui pontifie, qui humilie les humains, qui les exploite au travail, qui les dresse les uns contre les autres, toutes ces conneries t’exaspéraient, te mettaient en rage.  Et il y a de quoi ! Ne serait ce qu’en ce moment cruel ou c’est un pouvoir issu de la gauche, qui brise 100 ans de Code du travail. Tu ne cédais jamais. Il ne faut jamais céder. Tu en rajoutais toujours, à juste raison, dans l’insolence. Y compris contre la camarde que tu as défié jusqu’au bout, elle vient de te vaincre, mais tu l’avais senti roder avant hier, et tu l’a encore insulté à temps comme un cochon truffier, comme il fallait.

Qu’ils te perçoivent tous à partir de là, comme un dessinateur au vitriol, génial mais iconoclaste, provocateur, tant mieux donc, même si, au fond, tu incarnais plutôt une quête permanente et désespérée, d’une intelligence humaine lucide et éveillée, amoureux d’une vie belle, calme et voluptueuse. Toute licence en art : salut l’artiste. Qu’ils parlent de toi  comme ils veulent, mais moi, il me semble bien que t’étais « la crème des hommes », que ce que tu aimais le plus, c’était l’humanité.

 

Le 5 mai 2008, Gérard Filoche

in Huffington Post

 

Sa dernière « mini zone » :

“Ça m’énerve grave. Depuis quelque temps, vous avez dû remarquer que je ne nageais pas dans une joie de vivre dionysiaque ni dans un optimisme à tous crins, ce qui est pourtant mon penchant habituel. Je ne pense, depuis quelque temps, qu’à ma disparition prochaine, sinon imminente, et sens la mort qui rôde et fouine sans arrêt autour de moi comme un cochon truffier. Mon moral, d’habitude d’acier, ressemble le plus souvent maintenant à du mou de veau ! C’est horriblement chiant de ne penser obsessionnellement qu’à sa mort qui approche, à ses futures obsèques et au chagrin de ses proches ! Je pense aussi à tous les enculés qui vont se frotter les mains et ça m’énerve grave de crever avant eux ! Heureusement que vous êtes là, admirateurs inconditionnels, adulateurs forcenés… vous ne pouvez pas savoir comme vos messages me font du bien, un vrai baume miraculeux ! Et banzaï malgré tout !” bob siné

Analyse du dernier projet de LOI El Khomri/Uber (4° texte) soumis au Parlement : aucun « rééquilibrage », c’est pire que les moutures précédentes

 

On nous dit qu’il y aurait eu une seconde puis une troisième version puis une quatrième version de la loi El Khomri et qu’elle ne serait plus la même. Pour créditer cela, on nous dit que maintenant le Medef et la droite la rejettent. Et que deux syndicats la soutiendraient.

Mais le Medef joue la comédie pour aider à passer la loi, il l’attaque, s’en réjouit et le masque. Et la droite n’a aucune envie de créditer Hollande de marcher sur ses plates-bandes. Quand la gauche va a droite, la droite va encore plus a droite !

Quant à la CFDT elle a de rudes démêlées internes et la fédération métallurgie milite contre el khomri. Reste la petite CFTC. excusez du peu. Voila un gouvernement qui veut faire passer une loi sur le dialogue social contre le dialogue social !

la vérité  c’est que de 71 % à 75 % des français sont toujours contre, dont 80 ou 90 % de la gauche,  6 syndicats sur 8, 20 organisations de jeunesse, « nuit debout » aussi sans out lier les  500 conflits sociaux en cours en France en ce moment.

Pourquoi ? parce qu’ils  refusent de reconnaitre que la loi a changé ? Non parce qu’ils ont bien compris au contraire que le gouvernement cherchait à les manoeuvrer

Valls lui même l’a clairement dit : « - Ce n’est pas une réformette c’est une révolution » et puis « - La loi ne changera qu’à la périphérie pas en son centre »

Le président Hollande essaie de nous vendre une loi   »juste » et   »équilibrée »  mais c’est de la langue de bois, cette loi est entièrement orientée à 100 % pour les patrons, rien rien rien pour les salariés.

Elle détruit un siècle de notre code du travail, c’est une rupture historique, théorique, juridique, principielle, fondamentale avec notre modèle social, elle casse ce qu’ont fait Léon Blum, Francois Mitterrand et Lionel Jospin.

Tout est dans sa philosophie, article 1 : adapter les humains aux entreprises au lieu d’adapter les entreprises aux humains

Elle allonge les durées du travail et elle baisse les salaires, elle facilite les licenciements et donc, le chômage.

Mais pas seulement, elle nourrit la remise en cause du salariat, pour en revenir à des loueurs de bras, des tâcherons, sans horaires ni droits, comme les VTC d’Uber : le débat a eu lieu depuis deux ans, El Khomri tranche pour Uber, les VTC ne relèveront pas du code du travail. C’est en ce sens réactionnaire que sont allées les dernières versions de la loi sous les coups de boutoir du gouvernement au Parlement.

Et apres, ils nous mentent avec aplomb  et langue de bois, même pas la sincérité d’un embryon d’honnêteté !

Non la loi n ‘a pas avancé, oui, elle encore reculé  et en voila la preuve détaillée ci-dessous

Gérard Filoche

 

 

 

 

 

 

 

Rééquilibrage ?  Face aux professionnels du mensonge d’Etat, il faut toujours vérifier :


1/ « Les principes essentiels du droit du travail, dégagés par le comité présidé par Robert Badinter, serviront de base à une réécriture du code ».  Cette phrase de l’avant-dernier projet de loi, essentielle, a disparu du texte soumis au Parlement, mais ce n’est qu’une ruse car la réécriture du code (partie législative) prévue sur deux ans se fera bien sur cette base comme en atteste la partie réécrite par le projet où l’ordre public est de plus en plus souvent vide, les dispositions concrètes étant déterminées par accord d’entreprise ou, à défaut, par accord de branche.

La phrase du projet censée assurer qu’il n’y aurait pas inversion de la hiérarchie des normes (« Les dispositions supplétives en l’absence d’accord collectif doivent correspondre à des règles légales en vigueur à la date de promulgation de la présente loi ») dit exactement l’inverse : un accord collectif pourra donc bien être plus défavorable que la loi. En outre, l’analyse attentive du projet de loi montre que cette « assurance » temporaire en l’absence d’accord n’est elle-même pas avérée dans le projet de loi !

 

L’essentiel, ainsi que s’en réjouit le chef du Medef en interne, est donc sauvé pour le patronat : l’inversion de la hiérarchie des normes et la réécriture de tout le code sur la base de cette inversion.


Point fondamental jamais évoqué : une fois que les dispositions concrètes dépendront des entreprises et non plus de la loi, qui en assurera le contrôle ? Personne, les inspecteurs du travail n’étant pas habilités à contrôler le respect des accords collectifs.

 

2/ Légalisation d’UBER et de toutes les formes d’exploitation des travailleurs par plateformes numériques :

 

Retour à la première version El Khomri qui le prévoyait explicitement en écrivant que les travailleurs d’UBER (et autres fournisseurs de plateforme) n’étaient pas salariés. Là, à l’article 27 bis, c’est un peu plus subtil mais limpide. Les travailleurs d’UBER sont nommés  » travailleurs utilisant une plateforme de mise en relation par voie électronique » dans la septième partie du Code du travail (celle avec les VRP, gérants…) et il est expliqué que l’article L.7411-1 du code du travail ne leur est pas applicable (c’est l’article qui dit que le code du travail est applicable).

Il est expliqué que UBER a une « responsabilité sociale« , et qu’en conséquence si le travailleur cotise de lui-même pour les accidents du travail, UBER doit prendre en charge la cotisation ; ils peuvent se syndiquer et la grève ne doit pas être un motif de rupture, voilà pour l’habillage. Le projet de loi écrit donc clairement que les travailleurs d’UBER et autres ne sont pas salariés ! Ils pourront donc continuer à travailler 80 à 100h par semaine, sans revenu garanti, sans congés payés, sans repos hebdomadaire et sans autre couverture sociale que celle qu’ils se paieront.

3/ Tout en mettant en avant un pas en arrière dans un renoncement, pour l’instant, à imposer le forfait-jours par décision unilatérale de l’employeur dans les entreprises de moins de 50 salariés, mais en le permettant aisément par le biais d’un accord avec un salarié mandaté par une organisation syndicale amie, voilà que dans la plus grande discrétion, cette nouvelle arme pour les employeurs est étendue à tout le champ des relations de travail ! (Article 8 du projet de loi : «  Les accords négociés et conclus par un ou plusieurs salariés mandatés mentionnés à l’article L. 2232-24 peuvent porter sur toutes les mesures qui peuvent être négociées par accord d’entreprise ou d’établissement sur le fondement du présent code »).

 

4/ La durée maximale était de 1O h par jour. Maintenant même la durée maxima de 12h par jour n’est plus garantie par l’ordre public. En effet, alors que la rédaction de l’avant-dernier projet prévoyait que la dérogation que l’administration pouvait accorder à la limite journalière de 10h l’était dans la limite de 12h, le projet soumis au Parlement stipule seulement que cette limite de 10h pourra être dépassée par « dérogation accordée par l’autorité administrative dans des conditions déterminées par décret » ;

5/ Les durées maximales pour le personnel navigant sur les bateaux exploités en relève sont aggravées : 14 h par jour et 84h /semaine (et 72 h sur 16 semaines) possibles par accord de branche.

6/ La possibilité de fractionner le repos quotidien (11 h continu)  ou hebdomadaire, qui avait été annoncé comme abandonnée, ne l’est pas :

Pour les périodes d’astreinte en effet, avec le maintien, contre les directives européennes, de l’assimilation des astreintes à du temps de repos, conjugué à la formulation floue du texte (« Exception faite de la durée d’intervention, la période d’astreinte est prise en compte pour le calcul de la durée minimale de repos quotidien prévue à l’article L. 3131-1 et des durées de repos hebdomadaire prévues aux articles L. 3132-2 et L. 3164-2), on ne peut assurer que le fractionnement en question ne sera pas permis.

D’une façon plus générale, le projet de loi prévoit que, désormais, un accord d’entreprise primera sur un accord de branche pour déroger au repos quotidien de 10 h (dans des conditions qui seront définies par décret).

Enfin, une négociation est annoncée (article 26 du projet de loi) pour pouvoir fractionner ces repos dans le cadre du forfait-jours :

« Une concertation sur le développement du télétravail et du travail à distance est engagée, avant le 1er octobre 2016, avec les organisations professionnelles d’employeurs et les organisations syndicales de salariés représentatives au niveau national et interprofessionnel, qui, si elles le souhaitent, ouvrent une négociation à ce sujet. Cette concertation porte également sur l’évaluation de la charge de travail des salariés en forfait en jours, sur la prise en compte des pratiques liées aux outils numériques permettant de mieux articuler la vie personnelle et la vie professionnelle, ainsi que sur l’opportunité et, le cas échéant, les modalités du fractionnement du repos quotidien ou hebdomadaire de ces salariés ».

7/ Pour tous les congés autres que les congés payés, la possibilité de faire par accord moins que la loi actuelle est maintenue sauf, en raison de la forte colère suscitée par la possibilité de les diminuer par accord d’entreprise, les congés pour évènements familiaux (« une convention ou un accord collectif d’entreprise ou, à défaut, un accord de branche détermine la durée de chacun des congés mentionnés au même article qui ne peut être inférieure à… » et suit le nombre de jours de la loi actuelle avec même un petit plus).

Une leçon de choses qui peut permettre de comprendre parfaitement ce que signifie l’inversion de la hiérarchie des normes et également la parfaite connaissance que les rédacteurs du texte initial avait de leur mensonge quand ils assuraient que tout cela avait été fait à « droit constant ».

8/ Suppression des dispositions sur le congé de formation économique, sociale et syndicale. Elles seront reprises lors de la réécriture du code du travail dans une autre partie du code.

9/ Grossesse et interdiction de licencier, une rédaction ambigüe : comment comprendre le changement du texte ?

Le texte actuel – L.1225-4 du code du travail – dit : « Aucun employeur ne peut rompre le contrat de travail d’une salariée lorsqu’elle est en état de grossesse médicalement constaté et pendant l’intégralité des périodes de suspension du contrat de travail auxquelles elle a droit au titre du congé de maternité, qu’elle use ou non de ce droit, ainsi que pendant les quatre semaines suivant l’expiration de ces périodes ». Dans cette rédaction, l’interdiction de licencier porte clairement sur l’ensemble de la grossesse.

Le texte du projet de loi dit : « Aucun employeur ne peut rompre le contrat de travail d’une salariée lorsqu’elle est en état de grossesse médicalement constaté, pendant l’intégralité des périodes de suspension du contrat de travail auxquelles elle a droit au titre du congé de maternité, qu’elle use ou non de ce droit, et au titre des congés payés pris immédiatement après le congé de maternité ainsi que pendant les dix semaines suivant l’expiration de ces périodes ». Dans cette rédaction, l’interdiction de licencier peut être limitée à la période du congé maternité.

 

10/ Indemnités prud’homales : L’article a été retiré. Sauf surprise au Parlement, la régression se ferait par décret d’ici quelques semaines.

Quoiqu’il en soit, le changement (qui logiquement aurait une nouvelle fois été imposé par le Conseil d’Etat) du plafond en barème indicatif (avec maintien de la suppression du plancher) n’atténuerait en pratique que très peu l’immense recul que constitue cette disposition.

11/ Le recul annoncé sur la définition du motif économique n’a pas eu lieu : maintien de critères prétendument objectifs ; maintien de critères sans aucun lien avec des difficultés économiques (« réorganisation de l’entreprise nécessaire à la sauvegarde de sa compétitivité ») ; maintien de l’interdiction de recherche du motif au niveau des groupes, l’ajout d’une limitation sans portée pratique (« Ne peuvent constituer une cause réelle et sérieuse de licenciement pour motif économique les difficultés économiques créées artificiellement pour procéder à des suppressions d’emplois ») : les licenciements auront eu lieu et, sans même évoquer leur volonté, quels seront les moyens des juges pour aller, longtemps après, traquer les « artifices » dont les groupes usent en permanence dans la plus grande impunité.

12/ Les salariés qui refuseront un accord collectif, pour développer l’emploi ! – leur imposant diminution de salaire et augmentation du temps de travail seront toujours licenciés et pour faute ! (« cause réelle et sérieuse »). Qui plus est, le projet de loi ose inscrire dans la loi que l’accord collectif rétrograde signé dos au mur serait consécutif à l’ « établissement d’un diagnostic partagé entre l’employeur et les organisations syndicales de salariés » (article 11 du projet de loi).

13/ Les contrats de travail en cours pourront être rompus et non plus transférés quand une entreprise de plus de 1000 salariés transfère une ou plusieurs entités économiques dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi.


14/ Après avoir, dans le deuxième projet El Khomri, corseté les négociations d’accords collectifs en renvoyant les « informations partagées » à la « base de données » issue de l’A.N.I scélérat du 11 janvier 2013, voilà que sont verrouillées les possibilités de contester les futurs accords d’entreprise rétrogrades : la méthode de négociation pourra éventuellement être fixée par un accord de branche s’il n’en existe pas au niveau de l’entreprise, mais si la méthode n’est pas respectée, l’accord issu de la négociation biaisée sera tout de même valable si l’employeur a été « loyal » (« Sauf si l’accord en stipule autrement, la méconnaissance de ses stipulations n’est pas de nature à entraîner la nullité des accords conclus dans l’entreprise, dès lors qu’est respecté le principe de loyauté entre les parties »). Comme disait César dans la trilogie de Marcel Pagnol, si on ne peut pas tricher entre amis…

 

15/ Augmentation du pouvoir des grands entreprises : aux accords de groupe qui peuvent se substituer aux accords des entreprises du groupe, aux accords d’entreprise qui peuvent se substituer aux accords des établissements de l’entreprise, le projet de loi rajoute de nouveaux accords, des « accords interentreprises » qui vont pouvoir se substituer aux accords des entreprises (article 12 du projet de loi).

 

16/ Suppression de la possibilité de contester une décision de l’inspection du travail par recours administratif (gracieux ou hiérarchique) pour les élections professionnelles et la reconnaissance d’un établissement distinct (Article 9 du projet de loi). Il ne reste que le recours au « juge judiciaire ».

 

17/ Des cadeaux sociaux et fiscaux supplémentaires pour les entreprises : exonération de cotisations sociales pour les « avantages et cadeaux accordés aux salariés par l’employeur » (article 28 bis du projet de loi) et réduction d’impôt pour les entreprises de moins de 50 salariés qui provisionnent « pour faire face à d’éventuelles indemnités » en cas de licenciement abusif ! (article 29 bis du projet de loi). Réduction d’impôt pour les délinquants !


18/ Le « Compte Personnel d’Activité » (CPA), immense traitement automatisé de données personnelles centralisé par la Caisse des dépôts et consignations, se voit adjoindre, en plus du « Compte Personnel de Formation » et du « Compte de prévention de la pénibilité » déjà prévus un « Compte d’engagement citoyen ». ( le « compte épargne temps » ayant été retiré le 14 mars  pour des motifs non avoués). Si on analyse ce CPA pour ce qu’il est – un gigantesque fichier, livret ouvrier numérique du XXIème siècle, mise en compétition de tous les actifs, individualisation systématique de tous les droits collectifs, inégalités institutionnalisées, suppression de droits par transferts entre « comptes » et à terme avec l’entrée prévue de tous les comptes de protection sociale, remplacement progressif de la sécurité sociale par l’assurance privée – l’ajout du « Compte d’engagement citoyen » est une aggravation.

D’autant que ce « Compte » est destiné à favoriser le travail « bénévole » (« activités bénévoles ou de volontariat ») dans des activités qui devraient faire l’objet de vrais emplois publics (limitativement : « service civique », « réserve militaire », « réserve communale de sécurité civile », « réserve sanitaire », exercice de « fonctions importantes » dans des « activités de bénévolat associatif » dans des associations dont la liste sera fixée par arrêté ministériel) quand elles ne correspondent pas à une obligation de l’employeur en matière de formation (« activités de maître d’apprentissage »). Employeurs qui seront dispensés de toute contribution au financement des heures de formation qui pourront être inscrites sur le « Compte Personnel de Formation » (financement prévu par l’Etat, notamment pour le maître d’apprentissage et les activités associatives…, par la commune et par l’établissement public chargé de la gestion de la réserve sanitaire).

Aggravation par la possibilité pour l’employeur (avec l’ « accord » du salarié) de ne plus délivrer de bulletin de paie, qui serait « dématérialisé » et accessible en ligne sur un des services du CPA (article 24 du projet de loi). Toujours plus de facilité pour le travail dissimulé dit « au noir ».

Aggravation par l’ajout des stagiaires de la formation professionnelle dans les fichiers du CPA (article 36 du projet de loi)

Aggravation enfin que l’ajout aux « actifs » de la catégorie « retraités » (on n’est pas près de diminuer le nombre de chômeurs) : ainsi, le CPA concernera toutes les personnes de plus de 15 ans jusqu’à leur décès (article 21 du projet de loi).

19/ Les autres reculs du projet de loi travail, notamment ceux sur la médecine du travail, sont maintenus.

 

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Dès lors, et sans présager du sort que le Parlement leur réservera (expériences faites avec les lois Sapin 2013, Macron et Rebsamen 2015, rien n’est garanti jusqu’à la publication de la loi),  que pèsent les « rééquilibrages » qui suivent :

 

ce ne sont pas des « avancées » mais des « non reculs » :

1/ Retour de la consultation des représentants du personnel (qui était devenue « information » dans le deuxième projet de loi) pour les contreparties unilatérales de l’employeur aux temps d’habillage et de déshabillage quand une tenue est nécessaire.

2/ Retour de l’information de l’inspecteur du travail en cas de fixation unilatérale des modalités d’astreinte par l’employeur et en cas de mise en œuvre du temps partiel par l’employeur dans une entreprise sans représentants du personnel

3/ Retour de la consultation des représentants du personnel (qui était devenue « information » dans le deuxième projet de loi) et de la transmission de leur avis à l’inspection du travail pour les demandes de dérogation à l’administration sur les dépassements de la durée maximale hebdomadaire.

4/ Retour à la possibilité, par accord, de faire travailler 46 h sur 12 semaines (au lieu de 16 semaines dans le deuxième projet de loi).

5/ Retour de l’intervention de l’inspecteur du travail pour le passage de 8h à 10h et de 35 à 40h de la durée maximale des apprentis.

6/ Passage de 16 à 9 semaines (au lieu de 4 semaines actuellement) de la période pouvant donner lieu à décision unilatérale de l’employeur pour le décompte des heures supplémentaires.

7/ Nécessité d’un accord de branche pour pouvoir, par accord d’entreprise, faire un décompte des heures supplémentaires sur 3 ans.

8/ Retour de l’avis conforme des représentants du personnel pour la mise en place d’horaires individualisés ; retour de l’autorisation de l’inspecteur du travail pour la mise en place d’horaires individualisés en cas d’absence de représentants du personnel.

9/ Retour à la possibilité légale de faire travailler 40 h sur 12 semaines (au lieu de 16 semaines dans le deuxième projet de loi) les travailleurs de nuit ; retour à la possibilité, par accord, de faire travailler 44 h sur 12 semaines (au lieu de 16 semaines dans le deuxième projet de loi) les travailleurs de nuit.

Richard Abauzit

 

 

 

 

étude de la CGT

 

 

 

 

 

Projet de loi « El Khomri »

Des bougés, mais un projet qui demeure inacceptable, inamendable et qui doit être retiré

La commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale a fini l’examen du projet de loi dit « travail ». La discussion parlementaire débute le 3 mai.

301 amendements ont été retenus par la commission des affaires sociales. C’est dire si ce projet est néfaste et dangereux pour les salariés, confortant ainsi notre jugement ; c’est dire aussi que la lutte menée par les organisations syndicales de salariés et de jeunesse met les parlementaires sous pression et marque des points …

Vous trouverez en lecture l’analyse réalisé par le secteur DLAJ confédéral des modifications opérées  sur les principales mesures par rapport au projet de loi initial. Ce tableau avant/après est de nature à apporter des précisions et nourrir l’argumentaire CGT pour les discussions organisées avec les salariés notamment lors de la tenue des assemblées générales, dans les entreprises et les administrations, impulsées par le 51ème congrès.

Des bougés ont été opérés notamment sur le retrait de la possibilité de décisions unilatérales de l’employeur dans les petites entreprises concernant la modulation du temps de travail, le maintien d’un supplétif en l’absence d’accord d’entreprise à un niveau équivalent à ce que prévoit la loi aujourd’hui ou encore l’amélioration, marginale, pour la prise de congés ou pour quelques congés exceptionnels …

Pour autant, certaines dispositions sorties du texte, sont programmées pour « ré-entrer par la fenêtre » ! Il en va ainsi – sans être exhaustif- du fractionnement des 11 heures consécutives du temps de repos obligatoire entre la fin et la reprise de travail qui pourrait être réintroduit lors de la négociation Qualité de Vie au Travail ou également de la mise en place par voie de décret de la barèmisation des indemnités prud’homales pour licenciement abusif.

Mais si le texte a évolué, il reste cependant fidèle à son objectif de départ à savoir la primauté absolue donnée à l’accord d’entreprise sur la loi et les accords de branche. Cela aurait pour effet de faire voler en éclat le socle commun de protection et de garanties collectives pour les salariés et la mise en place d’autant de codes de travail qu’il existe d’entreprises pour imposer des normes défavorables … soit pour finalité, la mise en opposition entre les salariés et une course au dumping social au seul profit de la rentabilité financière des entreprises et des dividendes versés aux actionnaires.

Concourent à cette régression sociale :

-        Les accords de développement et de maintien de l’emploi. Depuis la loi de 2013 des accords d’entreprise « défensifs » peuvent être conclus en cas de difficulté économique. Ils peuvent imposer aux salariés des modifications de durée et d’organisation de travail ainsi que de rémunération, bien sûr en leur défaveur. Désormais de tels accords régressifs seraient aussi possibles même si l’entreprise va bien en cas de gain d’un marché ou de hausse des carnets de commandes ! Et fini le licenciement économique si un salarié refuse une telle modification de son contrat de travail. La commission des affaires sociales invente le licenciement individuel pour motif économique, sans en définir les contours. Surtout l’entreprise ne sera pas tenue de faire un PSE et n’aura pas besoin de prouver qu’elle a des difficultés économiques.

 

-        L’assouplissement du licenciement économique. Cet article ressort de l’examen par la commission des affaires sociales pire qu’il n’y est entré ! Le périmètre limité aux seuls établissements français d’un groupe international reste non seulement posé mais la durée à prendre en compte pour fonder les difficultés économiques est désormais modulée – à la baisse – selon la taille des entreprises. Une aubaine pour les TPE et les PME qui emploient près des 2/3 des salariés en France. Et bien entendu la définition des difficultés économiques demeure plus que large : Perte d’exploitation, réorganisation, sauvegarde de la compétitivité, baisse de chiffres d’affaires, de commandes, … ne permettant plus au juge d’apprécier le sérieux et la réalité des difficultés économiques et des licenciements. Cerise sur le gâteau, en cas de cessation d’une entreprise d’au moins 1000 salariés ou relevant d’un groupe de cette dimension, le cédant peut procéder à un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Avec de telles mesures, ce n’est pas la peur d’embaucher qui est de mise mais bien celle de perdre son emploi pour les salariés. Que resterait-il donc, dans ces conditions du CDI ?

 

-        Le référendum-chantage. La commission a maintenu la possibilité pour les organisations syndicales minoritaires (30% des voix aux élections professionnelles) de pouvoir demander un référendum pour valider un accord – régressif – signé avec l’employeur. Ceci mettant à mal le principe de représentativité des organisations syndicales et l’exercice du droit d’opposition. C’est en vérité un véritable déni de démocratie sociale dont il s’agit. L’exemple de Smart aidant, on ne connaît que trop la sincérité d’un référendum placé sous le couperet de la délocalisation ou des suppressions d’emploi et le « libre arbitre » qu’il en résulte pour les salariés sommés de choisir entre garder la « garantie » de l’emploi ou leurs garanties sociales  … Seule la ministre du travail et le gouvernement, succombant aux chants des sirènes patronales et au mythe de l’accord gagnant/gagnant, méconnaissent la réalité des relations sociales dans l’entreprise et s’en font une vision idéalisée et angélique !

 

-        La modulation du temps de travail sur trois ans. La possibilité offerte de pouvoir moduler l’organisation du temps de travail sur trois ans au lieu d’un an actuellement et de le faire sur 9 semaines permettrait de fait à l’employeur de s’affranchir à l’obligation de majoration des heures supplémentaires.

-        Uberisation et plateformes numériques. La commission a ajouté des dispositions concernant les travailleurs des plateformes de mise en relation par voie électronique de clients et de travailleurs. Mais les dispositions ne permettent pas de reconnaître un vrai statut à ces travailleurs économiquement dépendants et rendraient plus difficile les requalifications en contrat de travail. C’est une régression introduite par la Commission.

LA CGT a des propositions :

-        Le rétablissement de la hiérarchie des normes et l’inscription dans la Constitution du principe de faveur. L’accord d’entreprise ne peut qu’améliorer l’accord de branche et la loi. C’est à cette condition que la négociation redeviendra porteuse de progrès social ;

-        La réduction de la durée légale du travail à 32 heures sans diminution de salaire pour travailler mieux, travailler moins, travailler tous ;

-        La mise en place du Nouveau Statut du Travail Salarié et de la Sécurité Sociale Professionnelle pour répondre aux enjeux du monde du travail d’aujourd’hui et demain. C’est-à-dire des droits (emploi, carrière, reconnaissance des qualifications, formation professionnelle, protection sociale, …) rattachés à la personne des salariés, évolutifs et progressifs qui empêchent tout retour en arrière et sont transférables et opposables aux employeurs. La CGT a imposé des expérimentations dans des entreprises ou territoires.

-        Des nouveaux droits d’expression pour les salariés et d’intervention pour les instances représentatives du personnel. C’est cela favoriser la citoyenneté dans l’entreprise et la démocratie sociale.

 

TOUS ENSEMBLE, la lutte continue

Pour le retrait du projet de loi « travail »

Pour le progrès social

Pour un code du travail du XXIème siècle

 

 

 

ÉVOLUTIONS DU PROJET DE LOI SUITE A LA COMMISSION DES AFFAIRES SOCIALES

SUJETS TEXTE INITIAL ÉVOLUTION COMMISSION Commentaires
PRINCIPES « BADINTER » (art. 1) Les principes issus du rapport Badinter et Lyon-Caen constituent la base de la refonte du Code du travail - Suppression de ces principes 

- Réécriture du Code sous deux ans

- La commission de rédacteurs sera paritaire

Harcèlement sexuel et agissements sexistes RIEN DANS LE PJ - Le régime probatoire du harcèlement sexuel et moral est aligné sur celui de la discrimination 

- Comme en matière de discrimination, rappel des dispositions relatives aux agissements sexistes dans le règlement intérieur, et des mesures de prévention que l’employeur doit prendre…

Avancée
TEMPS DE TRAVAIL et CONGES (art. 2 et 3)
Durée hebdomadaire maximum L’autorité administrative peut autoriser le dépassement des 48 heures maximum, en cas de circonstances exceptionnelles, pour la durée de celles-ci. La consultation du CE, à défaut des DP, sur la demande d’autorisation est rétablie. Positif
Contingent heures supplémentaires Suppression de l’information du CE, à défaut des DP pour les heures effectuées dans le contingent et suppression de la consultation du CE a défaut des DP pour les heures effectuées au-delà du contingent. Suppression également de la consultation du CE sur les modalités d’utilisation du contingent quand il n’est pas déterminé par accord. La consultation annuelle des institutions représentatives du personnel sur les modalités d’utilisation et de dépassement du contingent annuel d’heures supplémentaires (à défaut d’accord collectif) est rétablie Positif
Forfaits jours - Lorsque l’employeur a fixé des échéances et une charge de travail compatibles avec le respect des repos quotidien et hebdomadaire et des congés du salarié, sa responsabilité ne peut être engagée au seul motif que le salarié n’a, de sa propre initiative, pas bénéficié de ces repos ou congés. Suppression de cette modalité. Positif
Travail de nuit L’employeur ne peut prononcer la rupture du contrat de travail du travailleur de nuit du fait de son inaptitude au poste comportant le travail de nuit, sauf s’il démontre qu’il est impossible de trouver au salarié un autre poste. L’obligation de reclassement en cas d’inaptitude de travail de nuit est précisée. Précision
Congés payés RIEN DANS LE PJ - Précise que les congés peuvent être pris dès l’embauche du salarié, et plus uniquement à compter de l’ouverture des droits 

- Suppression de la perte de l’indemnité de congés payés en cas de licenciement pour faute lourde

- Avancée 

- Mise en conformité avec la décision du Conseil Constitutionnel

Congés maternité RIEN DANS LE PJ - La période de protection est étendue de quatre à dix semaines la période de protection contre le licenciement pour les mères à l’issue de leur congé maternité, ainsi que pour l’autre parent. Le point de départ de cette période de protection est reporté à l’expiration des congés payés, quand ces derniers sont pris directement après le congé de maternité Positif
Congés pour décès d’un enfant Congés pour décès d’un enfant est de deux jours, sa durée peut être augmentée par accord. - Congés pour décès d’un enfant étendu de deux à cinq jours Positif
Congés proche aidant La condition d’ancienneté requise pour ouvrir droit au congé peut être fixée par accord, sans plafond légal.  

- Une condition de deux ans d’ancienneté pour bénéficier du congé de proche aidant est déterminée par la loi et non plus par accord. C’est la même durée d’ancienneté que celle prévue actuellement par le code du travail. Positif
NÉGOCIATION COLLECTIVE
PUBLICITÉ DES ACCORDS (art. 7) - les accords doivent faire l’objet d’une publicité dès l’entrée en vigueur de la loi 

- l’employeur peut s’opposer à la publicité d’un accord

- l’obligation de publicité des accords entrera en vigueur le 1er septembre 2017 

- Les syndicats signataires peuvent aussi s’opposer à la publicité de l’accord

Précision
ÉLECTIONS PROFESSIONNELLES
(art. 9)
- Dans la continuité de la loi Macron, ce PJ unifie le contentieux des élections professionnelles. Le juge judiciaire devient le seul compétent. - La décision de l’autorité administrative peut faire l’objet d’un recours devant le juge judiciaire, à l’exclusion de tout autre recours administratif ou contentieux. Mesure de clarification.
ACCORD MAJORITAIRE ET REFERENDUM
(art. 10)
- Généralisation des accords majoritaires et du référendum au plus tard le 1er septembre 2019. - Nouvelles règles de validation applicables aux textes portant sur la durée au travail, les repos et les congés et pour les APE et ADE conclus à compter du 1er janvier 2017. 

- La généralisation de cette règle ne se fera pas de manière automatique. Un rapport d’évaluation devra préalablement être établi.

- Encadrement des délais de recours et des délais d’organisation du referendum (1 mois pour demander le referendum) et (2mois pour l’organiser)

Précisions.
Accord de maintien de l’emploi – accord de développement de l’emploi (APE-ADE)
– art. 11
- Les salariés refusant de se voir appliquer un APE ou ADE sont licenciés selon les modalités du licenciement pour motif personnel 

- Pas de durée limitée pour ces accords

 

 

 

 

- Ces salariés seront licenciés « selon les modalités de la procédure [...] applicable au licenciement individuel pour motif économique » 

- »l’accord est conclu pour une durée déterminée » non fixée et qu’ »à défaut de stipulation de l’accord sur sa durée, celle-ci est fixée à cinq ans »

- L’accord de préservation et de développement de l’emploi précise « les modalités selon lesquelles est prise en compte la situation des salariés invoquant une atteinte disproportionnée à leur vie personnelle ou familiale » et « les modalités d’information des salariés quant à son application et son suivi pendant toute sa durée »

- Préambule obligatoire (à défaut de préambule : nullité de l’accord) contenant les objectifs de l’accord ainsi que la transmission d’informations aux organisations syndicales pour établir un « diagnostic partagé » en amont de la négociation

-En l’absence de DS, seuls les élus du personnel mandatés ou salariés mandatés pourront négocier

- L’accompagnement par l’expert-comptable est possible quel que soit le type de négociateur

Ces accords peuvent toujours être conclus même si l’entreprise se porte bien. 

Le licenciement provoqué par le refus du  salarié de se voir appliquer l’accord est toujours « automatiquement » justifié, ce qui empêche le contrôle du juge.

Le diagnostic partagé lie les OS, c’est un problème.

Accords de groupe et interentreprises (art. 12) L’ensemble des négociations prévues par les dispositions du présent code au niveau de l’entreprise peuvent être engagées et conclues au niveau du groupe ou interentreprises. 

Les stipulations d’un  accord de groupe peuvent, si l’accord le prévoit, se substituer à celles d’un accord d’entreprise (passé ou à venir) d’entreprise.

- Si les négociations obligatoires au niveau de l’entreprise peuvent désormais être menées et conclues au niveau du groupe, le fait de négocier au niveau du groupe n’exonère pas les entreprises de leurs obligations de négocier. Ce sera le cas uniquement si un accord est trouvé au niveau du groupe 

- Un accord interentreprises conclu entre plusieurs entreprises peut prévoir que ses stipulations priment sur les stipulations des accords d’entreprise ou d’établissement ayant le même objet et compris dans le périmètre de cet accord

Précisions. 

 

Expertise CHSCT (art. 17) En dehors des cas d’expertise pratiquée dans le cadre d’un PSE, l’employeur qui entend contester la nécessité de l’expertise, la désignation de l’expert, l’étendue ou le délai de l’expertise saisit le juge judiciaire. 

 

- L’employeur peut contester le coût prévisionnel d’une expertise dès le début de la procédure, s’il dispose d’informations en la matière, sans attendre la remise du rapport d’expertise et la facture correspondante. De même, il peut en contester le coût final. 

- L’employeur a 15 jours (après la délibération du CHSCT mettant en place une expertise) pour contester la nécessité de l’expertise, la désignation de l’expert, l’étendue ou le délai de l’expertise

La contestation de l’employeur est enfermée dans un délai, c’est positif.
REPRESENTATIVE PATRONALE (art. 19) - Le gouvernement avait repris la position commune CGPME-Medef fondant la représentativité sur les adhésions (20 %) et sur les salariés (80 %) - Suppression de cet amendement en attendant de trouver une solution en séance publique Le problème de fond c’est que le patronat a la maitrise de la règle !
CPA et bulletin de paie dématérialisé
(art 21 et après 21)
 

-        Création d’un CPA 

- L’employeur peut remettre les fiches de paie sous forme dématérialisée, le salarié a le droit de s’y opposer.

- Le CPA est étendu aux retraités 

- Inscription des principes de portabilité et de fongibilité et précision des contours du compte d’engagement citoyen qui a vocation d’intégrer le CPA.

- Bulletin de paie dématérialisé accessible sur l’interface du CPA

- Ouverture d’une concertation en octobre 2016 pour poursuivre la réflexion relative au contenu du CPA

 

Emplois d’avenir et garanties jeunes (art. 23)

 

 

Généralisation de la garantie jeunes mais problème de moyen

 

 

-rapport sur ces emplois d’avenir

-l’allocation versée au jeune a un caractère incessible et insaisissable. D’autre part, la suspension ou la suppression de cette allocation est prévue en cas de non-respect par le jeune de ses engagements.

Droit à la déconnexion (art. 25) Par le biais de l’accord QVT, à défaut unilatéralement ou avec une charte (dans les entreprises d’au moins 300s) l’entreprise détermine les « modalités du plein exercice par le salarié de son droit à la déconnexion et la mise en place par l’entreprise de dispositifs de régulation dans l’utilisation des outils numérique » - Expérimentation d’un usage raisonnable de la messagerie électronique Ok
UBER (art. après 27) Rien dans le PJ -Ajout  d’un titre sur dans le code du travail qui crée une espèce de statut pour les travailleurs des plateformes (lorsqu’elles déterminent les prestations de service fournies ou du bien vendu et fixent son prix !). les travailleurs de ces plateformes auraient uniquement le droit à une assurance en matière d’accident du travail, d’un droit à la formation professionnelle, à la VAE, à la grève, ainsi que la possibilité de constituer un syndicat… 

 

Négatif, cela enferme les travailleurs de ces plateformes dans un sous-statut. Cela clôt définitivement la question du salariat pour ces travailleurs.
Accès au droit des entreprises de moins de 300 salariés (art. 28) L’employeur d’une entreprise de moins de 300 salariés a le « droit d’obtenir une information précise et délivrée dans un délai raisonnable lorsqu’il sollicite l’administration sur une question relative à l’application d’une disposition du droit du travail ou des accords et conventions collectives qui lui sont applicables ». -renforcement de l’aide aux entreprises de moins de 300 salariés, ainsi si telle entreprise fait une demande juridique sur une situation précise la réponse de l’administration pourra être produite en justice pour attester de la bonne foi de l’employeur. Les salariés eux, n’ont pas ces droits, alors qu’ils ont moins de moyens que les employeurs ! 

Les direccte vont réorienter leurs moyens vers les entreprises !

 

 

Exonérations de cotisations (art. 28 bis)

 

 

Rien dans le PJ

I. – La section 3 du chapitre Ier du titre III du livre Ier du code de la sécurité sociale est complétée par un article L. 131-4-4 ainsi rédigé : 

« Art. L. 131-4-4. – I. – Sont exonérés des cotisations et contributions prévues par la législation du travail et de la sécurité sociale les avantages et cadeaux accordés aux salariés par l’employeur lorsque le montant global de ces avantages et cadeaux n’excède pas, au cours d’une année civile, 10 % du plafond mensuel de la sécurité sociale par bénéficiaire.

« II. – Les montants des avantages et cadeaux correspondant à des réductions de tarifs et bonifications pour l’achat de biens culturels sont exonérés des cotisations et contributions mentionnées au I dans la limite de 20 % du plafond mensuel de la sécurité sociale par bénéficiaire. »

 

Les employeurs obtiennent de nouvelles exonérations de cotisations sociales !

Accord type (art. 29) Possibilité pour les employeurs de petites entreprises d’appliquer unilatéralement des accords types dans leur entreprise. Les députés proposent que les employeurs de moins de 50 salariés puissent recourir unilatéralement à des accords types définis au sein de la branche, s’ils en informent leurs salariés, la commission de branche ou à défaut la CPRI. Très dangereux avec un encadrement insuffisant
Provision de sommes en cas de contentieux CPH (art. après 29) Rien dans le PJ -Les entreprises de moins de 50 salariés peuvent « déduire de leurs résultats, et donc de leur base fiscale, une provision pour risque lié à un contentieux prud’homal quand bien même aucune procédure n’est effectivement engagée. » Négatif. C’est un avantage fiscal octroyé aux entreprises qui savent qu’elles ne respectent pas la loi !
LICENCIEMENT ÉCONOMIQUE (art. 30) - La loi définit les éléments caractérisant des difficultés économiques : »une baisse des commandes ou du chiffre d’affaires, des pertes d’exploitation, une dégradation de la trésorerie, soit par tout autre élément de nature à justifier de ces difficultés » 

- La négociation collective peut préciser à partir de quelle durée ces difficultés constituent des difficultés économiques.

 

- Seule la loi définit ces nouveaux critères 

- La loi précise que l’évolution significative d’un seul des indicateurs de difficultés suffit à caractériser les difficultés éco de l’entreprise

- Un nouvel indicateur est créé : une dégradation de l’excédent brut d’exploitation.

- Une baisse significative des commandes ou du chiffre d’affaires est constituée dès lors que cette baisse est, en comparaison avec la même période de l’année précédente (autre nouveauté), au moins égale à :
un trimestre pour une entreprise de moins de 11 salariés ;
deux trimestres consécutifs pour une entreprise d’au moins 11 salariés et de moins de 50 salariés ;

trois trimestres consécutifs pour une entreprise d’au moins 50 salariés et de moins de 300 salariés ;  quatre trimestres consécutifs pour une entreprise de 300 salariés et plus.

La création de seuils d’entreprise avec un encadrement de la durée des difficultés est très négative.
Revitalisation après un PSE
(art. 42)
 

Les parties auront 8 mois pour conclure une convention de revitalisation. Les députés reviennent sur le délai de huit mois pour le ramener à six, pour conclure une convention entre l’administration et l’entreprise ayant des obligations de revitalisation dans le cadre d’un PSE. Retour au droit actuel.
 

Médecine du travail et inaptitude (art.44)

 

-Dans le cadre de son obligation de reclassement, l’employeur devra désormais proposer un « emploi » et non un « poste », ce qui sous-entend l’idée de proposer plusieurs postes. Il devra aussi envisager des mutations en guise de reclassement, etc…

-création d’une attestation à la suite d’une visite d’information et de prévention effectuée après l’embauche

Détachement des travailleurs (art. 50) -Adoption par anticipation le projet de révision de la directive européenne sur le détachement de travailleurs intérimaires effectué dans le cadre d’une prestation de services
Indu Pôle emploi
(art. 52)
Les allocations d’assurance chômage sont incluses dans le champ de l’article L.5426-8-1 relatif au remboursement des trop-perçus. - Les députés « cloisonnent les possibilités de retenue » offertes à Pôle emploi en matière d’indus et donnent « des garanties aux demandeurs n’ayant pas pu, de bonne foi, déclarer des périodes d’activité 

-Obligation pour l’employeur de rembourser à Pôle emploi les indemnités chômage versées à la personne licenciée suite à un traitement discriminatoire ou à un harcèlement moral ou sexuel.

Licenciement discriminatoire
(après 54)
RIEN DANS LE PJ Création d’une « indemnisation plancher » correspondant aux salaires des six derniers mois pour tout salarié licencié en raison d’un motif discriminatoire, lié notamment au sexe, à la grossesse, à la situation familiale, etc., ou faisant suite à un harcèlement sexuel. Et obligation pour l’employeur de rembourser à Pôle emploi les indemnités chômage versées à la personne licenciée suite à un traitement discriminatoire ou à un harcèlement moral ou sexuel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

François Hollande casse les 40 h de Léon Blum, les 39 h de François Mitterrand, les 35 h de Lionel Jospin

Pour Gérard Filoche, François Hollande casse ce que François Mitterrand et Léon Blum ont accompli

3 mai 2016

© JACQUES DEMARTHONSource: AFP

 

 

RT France : François Hollande peut-il avoir le même destin que François Mitterrand et être plus apprécié après son mandat ? Comment expliquez-vous que les hommes de gauche soient toujours plus populaires une fois qu’ils ne sont plus en fonction ?

Gérard Filoche (G.F.): Je ne pense pas que François Hollande sera plus populaire après son mandat. Sous François Mitterrand nous avons gagné des choses très importantes : réduction du temps de travail, augmentation des salaires, amélioration du code du Travail. Je ne vois pas ce qu’on a gagné avec François Hollande, donc il n’y a aucune chance pour qu’il soit plus apprécié après son mandat.

Je ne vois pas ce qu’on a gagné avec François Hollande

Ceux qui restent et qui sont populaires, sont les hommes de gauche qui ont apporté quelque chose au salariat. François Hollande n’a aucune chance d’être plus populaire, vu qu’il casse ce que François Mitterrand et Léon Blum avaient mis en place.

RT  France : Pensez-vous que les différentes opérations de communication de ces dernières semaines vont fonctionner ? François Hollande peut-il à nouveau rassembler la gauche comme en 2012 ?

G.F. : Non, il n’y a aucune chance. Des millions de nos électeurs sont déçus, il y a un million trois cent mille chômeurs en plus, les salaires ont été bloqués, les riches se sont enrichis. Pour faire revenir nos électeurs, il faut inverser cette tendance, sinon il n’y a aucune chance. Et ce n’est pas l’agitation médiatique qui fera revenir nos électeurs.

RT France : Comment voyez-vous l’avenir de la gauche ? Que prédisez-vous pour 2017 ?

G.F. : Il faut augmenter les salaires, revenir à la retraite à 60 ans, avoir un salaire minimum à 1 800 euros, passer à la semaine de 32 heures et avoir un salaire maximal équivalent à 20 fois le SMIC. Ce sont des mesures de bons sens, nous sommes un pays riche, il faut répartir les richesses. Si on ne répartit pas les richesses, on fait une politique de droite et c’est comme cela qu’on accroît les divisions. Si on est de gauche on répartit les richesses, et c’est ce que je propose pour 2017 parce que ça n’a pas été fait en cinq ans.

François Hollande est perdu et perdant, la gauche ne pourra pas se réunir autour de lui.

Il faut trouver un accord pour avoir une politique de gauche autour d’un candidat qui puisse gagner puisque le président est perdant. Il faut un candidat unique de la gauche. Parce qu’avec des scores comme 11% pour Jean-Luc Mélenchon et 15% pour François Hollande tout le monde perd, ce serait un désastre et il faut éviter ça. Une candidature unique qui passe par une primaire ouverte à gauche.

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

 

Un appel « des cent » pour gagner à gauche

Nous sommes une majorité écrasante contre la loi El Khomri. 71 % des Français. Des millions de manifestants en 7 reprises depuis deux mois. Un million et demi de pétitionnaires, la jeunesse entière, 80 % du mouvement syndical : CGT, FO, FSU, Solidaires, mais aussi des secteurs de la CFDT, de la CFTC, de la CGC et de l’UNSA. Près de 500 conflits sociaux éclatent sur tout le territoire. Le mouvement social est profond, installé et n’a aucune raison de s’arrêter. Les places de nos villes sont occupées, des entreprises commencent à l’être comme l’ont fait les intermittents du spectacle, les premiers victorieux. 80 % de toute la gauche est insurgée, y compris une majorité du Parti socialiste, évidemment éclaté sur ce sujet comme il l’était contre la déchéance de la nationalité auparavant.

Nul ne demandait cette casse maudite d’un siècle de droits du travail, excepté le Medef, et quelques libéraux intégristes excités – malheureusement ministres. Il serait sage pour le gouvernement d’écouter avant qu’il ne soit trop tard, et de retirer ce projet scélérat dont le pays ne veut pas. Même Chirac, il y a dix ans, sut retirer le CPE après l’avoir pourtant fait adopter par un 49 3. Et là, casser 100 ans de progrès des droits des salariés, pour plaire à la seule finance, est totalement intolérable : nous voulons soumettre le bon fonctionnement des entreprises aux droits des femmes et des hommes qui y travaillent, et non soumettre les droits des salarié-e-s aux exigences des entreprises.

L’amender n’a déjà plus de signification : le Medef et la droite ont beau jouer la comédie, feindre qu’il soit dénaturé, vidé de son contenu, cela ne trompe personne, le texte est définitivement pervers, dangereux, n’accumule que des hypocrisies et des ennemis. Il n’a pas non plus de majorité parlementaire.

Le gouvernement Hollande, Valls, Macron, doit donc renoncer le plus vite possible à se fourvoyer davantage dans une rigidité suicidaire.

C’est un très grand danger d’ajouter aux rancœurs à la fin d’un quinquennat où tout aura été donné à l’oligarchie, aux dividendes et au patronat. 41 milliards ont été arrachés à nos biens publics pour être donnés sans contrepartie aux finances privées, lesquelles se sont empressées de spéculer au Panama et de ne créer aucun emploi. Un bilan désastreux avec 6,125 millions de chômeurs, 1,3 million de plus qu’en mai juin 2012 et même la « dette » s’est aggravée de 14 points par rapport au PIB.

Dans notre pays, des millions de militants, d’électeurs de gauche comprennent et refusent de suivre ce désastre jusqu’au bout. D’où l’actuelle explosion sociale. La majorité de gauche du pays cherche sa voie. C’est le retour du balancier en faveur des 99 % contre les 1 % de l’oligarchie. « Vous avez les milliards, nous sommes des millions » tel est le cri lucide de la place de la République où convergent les luttes, avec les syndicats et 20 organisations de jeunesse.

La compromission des principaux responsables de ce désastreux quinquennat, François Hollande, Manuel Valls, Emmanuel Macron, les disqualifient. A travers le mouvement anti loi El Khomri, partout dans le pays, il y a recherche d’un débouché politique victorieux qui puisse donner confiance pour la suite.

Elaborer une nouvelle plateforme
pour rassembler à gauche

Cela passe par la résurgence, le rassemblement de toute la gauche, pour recréer une nouvelle plateforme commune, remobiliser des millions de militants et d’électeurs. C’est le sens de l’appel ci- dessous, que nous avons contribué à initier et que nous signons et diffusons massivement.

C’est le premier pas d’une plateforme qui est en gestation et qui devra être massivement soumise a discussion auprès de millions de salariés et citoyens en vue des primaires qui doivent se tenir les 4 et 11 décembre prochains. Ces primaires, à partir de cette plateforme, devraient permettre de désigner un candidat unique aux présidentielles telles qu’elles sont programmées en avril et mai 2017.

Nous avons l’ambition de construire un vaste projet collectif participatif de toute la gauche.

Car nous savons sans conteste, que s’il y a plusieurs candidats de gauche ce sera le désastre, aucun n’atteindra le deuxième tour de la présidentielle, et le choix sera comme en 2002, entre droite et extrême droite. Certains calculent déjà en se délectant : il ne resterait plus, en juin 2017 qu’à peine 25 députés socialistes, zéro FdG et zéro EELV. C’est vraisemblable hélas. Quels que soient les scores des uns et des autres, rien n’aura plus d’importance, ce sera un suicide collectif. Ce serait alors menaçant et contradictoire avec le retour de balancier à gauche que nous sommes en train de vivre dans le mouvement social. Contradictoire avec la victoire contre la loi El Khomri pour laquelle nous travaillons si fort.

Il faut faire table rase de toutes les divisions actuelles et bâtir un cadre commun : une plateforme de gouvernement positive et simple pour les cinq ans à venir de 2017 à 2022 et il faut proposer à notre peuple de réaliser enfin ce qu’il attendait, tout ce qui n’a pas été fait depuis 2012. C’est possible (comme au Portugal) , on le sent, on le sait, on le peut, en définissant en commun une douzaine de mesures stratégiques, transformatrices au plan social, permettant de résolument redistribuer les richesses d’abord, et de relancer le pays en avant.

Mais nulle sensibilité à gauche ne s’imposera à une autre, nul n’imposera une candidature aux autres. Pas de diktat. Pas de candidat « naturel ». Pas de candidat autoproclamé. Sinon c’est la division et la fin.

Un grand débat citoyen

C’est pour cela qu’il faut un débat citoyen général, un formidable brassage des idées, et un libre et collectif choix de la candidate ou du candidat pour 2017.

L’histoire ne se répète pas, elle apprendra puissamment des primaires précédentes. Les électeurs des primaires 2016, l’actuelle majorité anti loi El Khomri, sauront chercher et trouver un porte-parole de confiance, correspondant au cœur de la gauche. Ayons confiance ! La gauche c’est nous tous et toutes elle sera au rendez-vous, forte, belle, déterminée. De toute façon, tout dépend d’elle. Le ou la candidat choisie sera transformée, charismatique et rassembleur (euse) , et donc, en position de gagner s’il ou elle a suivi ce parcours de discussion et de vote collectif, démocratique. Pas de sauveur suprême mais une construction collective de masse, avec 3 ou 4 millions de participants aux primaires : nous n’aimons pas la présidentielle, ni la personnalisation, mais c’est le seul et meilleur moyen d’en neutraliser les risques et de se doter d’une dynamique victorieuse pour l’emporter au deuxième tour.

 

1er mai : Appel des 100

Ensemble, favoriser l’irruption citoyenne pour construire l’alternative

Nous vivons une situation inédite : un capitalisme en crise et pourtant présenté dans le discours dominant comme seul système viable ; une Europe basée sur le libéralisme et éloignée des citoyens ; une crise écologique qui ne trouve pas de solutions à la hauteur ; le développement des tensions internationales et de politiques migratoires mortifères ; une crise globale de la vie politique marquée notamment par la forte montée de l’extrême droite… Cette situation appelle des réponses nouvelles, le refus de tout fatalisme. Nous sommes convaincus de la disponibilité de nombreuses forces et énergies citoyennes pour construire d’autres possibles par la mobilisation populaire.

Nous voulons contribuer à la transformation de notre société, par la remise en cause du productivisme et du consumérisme, par la redistribution des richesses mises au service du progrès social, y compris au plan international et européen, à rebours des politiques menées actuellement et sous les quinquennats précédents, sous l’aiguillon des organisations patronales et plus particulièrement du Medef, des marchés financiers et des institutions européennes.

Nous refusons les logiques de « guerre au terrorisme » et du tout sécuritaire, le recul des droits et libertés publiques, la recherche de boucs émissaires qui stigmatise des pans entiers de la population.

Nous considérons que l’indispensable transformation de notre société passe par la mobilisation la plus large aux plans politique et social, par des modes d’intervention politique novateurs qui favorisent l’intervention citoyenne et la participation de toutes et tous aux décisions qui les concernent. La puissante mobilisation contre le projet de loi Travail et la mise en échec de la constitutionnalisation de la déchéance de nationalité démontrent la profondeur de l’aspiration à une autre politique et les importantes disponibilités pour l’engagement citoyen.

Il y a débat à gauche sur la stratégie à l’orée des présidentielles, certains pensent que la réponse est dans une primaire, d’autres font d’autres choix : candidature déclarée, recherches de modalités nouvelles…Quel que soit le choix de chacun aujourd’hui il faut de toutes façons un démarche qui permette de débattre largement et sans exclusive et de sortir du fonctionnement politique habituel afin de mettre dans le paysage des propositions d’urgence susceptibles de rassembler et de redonner de l’espoir.

Nous pensons que le rassemblement des forces de progrès, dans les domaines politique, syndical, associatif, culturel et intellectuel est indispensable pour créer les conditions de la mobilisation populaire. Nous affirmons donc notre volonté commune d’œuvrer à ce rassemblement, pour l’inscrire dans la durée et favoriser l’irruption citoyenne dans le débat public.

Dans ce sens, nous voulons co-organiser des débats en territoire, ouvert à toutes et à tous sans exclusive, pour construire et adopter un corpus de propositions de mesures d’urgences qui contribueraient à améliorer significativement et rapidement les conditions de vie de toutes et tous.

Ces mesures d’urgences devraient être pleinement intégrées dans les propositions des candidat-e-s aux élections présidentielles et législatives de 2017.

Elles constitueraient notre bien commun pour mener une campagne et construire des candidatures d’unité lors de ces échéances électorales. »


Cet appel « Ensemble, favoriser l’irruption citoyenne pour construire l’alternative » est signé par des universitaires, des artistes, des syndicalistes, des militant-e-s associatif(ve)s et citoyen-ne-s, des élu-e-s et responsables politiques (socialistes, écologistes, communistes, Ensemble, République et socialisme,  Front de gauche, …) ».

Premiers signataires :

  1. Christophe Aguiton, altermondialiste,
  2. Nils Anderson, ancien éditeur,
  3. Marie-Christine Aragon, conseillère générale – PS-64,
  4. Gérard Aschieri, syndicaliste,
  5. Isabelle Attard, députée,
  6. Clémentine Autain, porte-parole – Ensemble !
  7. Marinette Bache, conseillère de Paris – R&S,
  8. Bertrand Badie, professeur des universités,
  9. Guillaume Balas, député européen – PS,
  10. Francine Bavay, Ecologie sociale,
  11. Julien Bayou, porte-parole – EELV,
  12. Roland Benarous,  directeur de recherche scientifique,
  13. Sophie Beroud, politiste,
  14. Antoine Blocier, écrivain,
  15. Jacques Boutault, maire du 2ème arrondissement de Paris – EELV,
  16. Jean-Claude Branchereau, syndicaliste,
  17. Patrick Brody, syndicaliste,
  18. Ian Brossat, adjoint à la maire de Paris – PCF/ FdG,
  19. Eric Cabanis, syndicaliste,
  20. Jean-Marc Canon, syndicaliste,
  21. Fanélie Carrey-Conte, députée – PS,
  22. Françoise Castex, ancienne députée européenne,
  23. Jean-Claude Chailley, secrétaire général – Résistance sociale,
  24. Martine Chantecaille, conseillère municipale – La Roche sur Yon – PS,
  25. Guy Chapouillié, professeur des universités, réalisateur
  26. Tuncay Cilgi, syndicaliste, co-animateur – Collectif Stop 3 CDD,
  27. Sergio Coronado, député – EELV,
  28. Annick Coupé, syndicaliste,
  29. Alexis Cukier, philosophe,
  30. Cécile Cukierman, sénatrice – PCF/FdG, conseillère régionale Rhône-Alpes/Auvergne,
  31. Olivier Dartigolles, porte-parole – PCF,
  32. Caroline de Haas, féministe,
  33. Christophe Delecourt, syndicaliste,
  34. Karima Delli, députée européenne – EELV,
  35. Héléne Derrien, militante santé,
  36. Lina Desanti, syndicaliste,
  37. Pascal Dessaint, écrivain,
  38. Jean Pierre Dubois, militant droits de l’Homme,
  39. Michel Duffour, ancien ministre – PCF,
  40. Patrick Farbiaz, Ecologie sociale,
  41. Gérard Filoche, Bureau national – PS,
  42. Esther Fouchier, militante féministe
  43. Jean-Pierre Fourré, porte-parole – R&S, ancien vice-président de l’Assemblée nationale,
  44. Nadine Garcia, syndicaliste
  45. Bertrand Geay, sociologue et militant associatif,
  46. Karl Ghazi, syndicaliste,
  47. Jean Luc Gibelin, vice-président Midi-Pyrénées/Languedoc Roussillon – PCF/FdG,
  48. Magali Giorgetti, syndicaliste,
  49. Roland Gori, psychanalyste,
  50. Pierre-Henri Gouyon, universitaire,
  51. Sylvie Guinand, syndicaliste,
  52. Jean-Marie Harribey, économiste, conseil scientifique – Attac,
  53. Timini Hocine, acteur des quartiers,
  54. Michel Jallamion, responsable – Convergence services publics,
  55. Dominique Jobard, syndicaliste,
  56. Marianne Journiac, Secrétaire nationale – R&S,
  57. Pierre Khalfa, Fondation Copernic,
  58. Abdessalam Kleiche, co-responsable de la commission transnationale – EELV,
  59. Daniel Labouret, responsable régional – R&S – Aquitaine-Limousin/Poitou-Charentes,
  60. Annie Lahmer, conseillère régionale – EELV,
  61. Didier Lassauzay, syndicaliste,
  62. Ben Lefetey, militant écologiste et altermondialiste,
  63. Didier Le Reste, maire-adjoint 10ème arrondissement – Paris – PCF/FdG,
  64. Thierry Lescant, syndicaliste
  65. Isabelle Lorand, chirurgienne, exécutif national – PCF,
  66. Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice, bureau national – PS,
  67. Nöel Mamère, député écologiste,
  68. Jean-Claude Mamet, Ensemble !
  69. Marc Mangenot, Fondation Copernic,
  70. Bénédicte Manville De Cecco, conseillère régionale Ile de France – EELV,
  71. Philippe Marlière, politiste,
  72. Claude Martin, syndicaliste,
  73. Myriam Martin, porte-parole – Ensemble !,
  74. Christiane Marty, féministe,
  75. Gus Massiah, altermondialiste,
  76. Pierre Ménard, responsable – Convergence nationale Rail,
  77. Roland Merieux, Ensemble !,
  78. Btissam Mnari, animatrice collectif Stop 3 CDD
  79. Ricardo Montserrat, auteur dramatique, scénariste,
  80. René Monzat, journaliste, Espace Marx,
  81. Gérard Mordillat, auteur, cinéaste,
  82. Marie-Thèrése Mutin, éditrice, ancienne députée européenne,
  83. Dominique Noguères, avocate, militante des droits de l’Homme,
  84. Willy Pelletier, Fondation Copernic,
  85. Jean-François Pellissier, porte-parole – Ensemble !
  86. Loïc Pen, urgentiste, comité de défense de l’hôpital,
  87. Nathalie Perrin-Gilbert, maire du 1er arrondissement – Lyon
  88. Jean-Claude Petit, compositeur, chef d’orchestre,
  89. Claire Pessin Garric, militante associative de l’éducation populaire,
  90. Serge Regourd, professeur des universités,
  91. Jean-Michel Sala, syndicaliste,
  92. Nicolas Sansu, député-maire de Vierzon – PCF/FdG,
  93. Pierre Santini, comédien,
  94. Baptiste Talbot, syndicaliste,
  95. Eric Thouzeau, conseiller régional Pays de Loire – PS,
  96. Claude Touchefeu, conseillère municipale Toulouse – PS,
  97. Stéphanie Treillet, Ensemble !
  98. Maryse Tripier, sociologue de l’immigration
  99. Guy Tresallet, syndicaliste,
  100. Aurélie Trouvé, économiste, conseil scientifique – ATTAC,
  101. Raymond Vacheron, syndicaliste,
  102. Marie-Christine Vergiat, députée européenne – Front de Gauche,
  103. Marie Pierre Vieu, éditrice, exécutif national – PCF,
  104. Emmanuel Vire, syndicaliste.
  105. Anne Weber, directrice de recherche émérite – CNRS,

 

Si vous voulez nous rejoindre, merci d’envoyer un mel à : 1ermaiappeldes100@gmail.com

 

 

Nous sommes majoritaires pour le retrait de la loi El Khomri

Vous avez les milliards, nous sommes des millions

Nous sommes une majorité écrasante contre la loi El Khomri. 71 % des Français. Des millions de manifestants à six reprises depuis deux mois. Un million et demi de pétitionnaires, la jeunesse entière, 80 % du mouvement syndical : CGT, FO, FSU, Solidaires, CGC, et d’importants secteurs de la CFDT et de l’UNSA. Prés de 500 conflits sociaux éclatent sur tout le territoire. Le mouvement social est profond, installé, aucune raison qu’il s’arrête – même sous les coups des provocations et violences policières. Les places de nos villes sont occupées, des entreprises commencent à l’être comme l’ont fait les intermittents du spectacle, les premiers victorieux. 80 % de toute la gauche est insurgée, y compris une majorité du Parti socialiste, évidemment éclaté sur ce sujet comme il l’était contre la déchéance de la nationalité auparavant.

Nul ne demandait cette casse maudite d’un siècle de droits du travail, excepté le Medef, et quelques libéraux excités – malheureusement ministres. Il serait sage pour le gouvernement d’écouter avant qu’il ne soit trop tard, et de retirer ce projet dont le pays ne veut pas. Même Chirac, il y a dix ans, sut retirer le CPE après l’avoir pourtant fait adopter par un 49 3. Et là, casser 100 ans de progrès des droits des salariés, pour plaire à la seule finance, est intolérable : nous voulons soumettre le « bon fonctionnement des entreprises » aux humains et pas soumettre les humains aux entreprises.

L’amender a déjà perdu beaucoup de signification : le Medef et la droite ont beau jouer la comédie, geindre qu’il soit dénaturé ou prétendument vidé de son contenu, cela ne trompe personne, le texte est définitivement pervers, dangereux, n’accumule que des hypocrisies et des ennemis. Il n’y a pas non plus de majorité parlementaire. Le gouvernement Hollande, Valls, Macron, doit donc vite sortir de son actuelle rigidité suicidaire.

C’est un très grand danger d’ajouter aux rancoeurs à la fin d’un quinquennat où tout aura été donné à l’oligarchie, aux dividendes et au patronat. 41 milliards ont été arrachés à nos biens publics pour être donnés sans contrepartie aux finances privées, lesquelles se sont empressées de spéculer au Panama et de ne créer aucun emploi.  Un bilan désastreux avec 6,125 millions de chômeurs, 1,3 million de plus qu’en mai juin 2012 et même la fameuse « dette » présumée s’est aggravée de 14 points par rapport au PIB.

Dans notre pays, des millions de militants, d’électeurs de gauche comprennent et refusent d’accompagner ce désastre. D’où l’actuelle explosion sociale. La majorité de gauche du pays cherche sa voie. C’est le retour du balancier en faveur des 99 % contre les 1 % de l’oligarchie. « Vous avez les milliards, nous sommes des millions » tel est le cri lucide de la place de la République où convergent les luttes, avec les syndicats et 20 organisations de jeunesse. Ce n’est qu’un début, continuons le combat.

Gérard Filoche