A quoi joue Hollande ?

Les grèves s’étendent, l’exaspération aussi, la majorité doit l’emporter

Hollande Valls Macron provoquent le conflit au lieu de l’apaiser. Ils prennent le pays en otage depuis le 49 3 pour maintenir une loi scélérate dont personne ne voulait et que personne n’a voté !

Ils jurent qu’ils ne reculeront pas et en même temps ils font appeler Philippe Martinez… Balladur et Chirac en 1994 avec le CIP et en 2006 avec le CPE juraient aussi leurs grands dieux qu’ils ne reculeraient pas… deux jours avant de reculer ! Mais que de temps perdu, que d’énergies gaspillées pour chaque jour de retard à se rendre à l’évidence : 78 % des jeunes ne veulent pas de la loi. On est la majorité écrasante, tous les sondages le confirment chaque jour en même temps que les luttes. Il y a 75 % des sondés contre la loi et un grand front syndical, sans doute plus de 85 % des syndiqués, FO CGT FSU Solidaires, UNEF, UNL, CGC,  des secteurs de la CFDT et de l’UNSA.

Est ce que Hollande serait assez irresponsable  sous prétexte de vouloir sauver les apparences et durer jusqu’en juillet au retour du Sénat ? Pourtant ils savent d’avance, lui et Valls, qu’ils seront obligés à  un 49 3 puisque nous avons annoncé une motion de censure de gauche ! Est ce que le talon de fer du Medef qui agresse la CGT, la traite de « voyou », de « terroriste », les impressionne (cf. Cash investigation sur Canal + lundi 31 mai) à ce point ?

Le pays est paralysé et bloqué bien plus que ce que les médias laissent transparaitre, 6 des 8 raffineries, les terminaux pétroliers, les ports de St Nazaire , du Havre de Rouen ou de Marseille, la chimie, tous les transports rail, route, aérien, Ratp, la métallurgie, automobile, électricité, les ports et docks, et ensuite les journaux régionaux, bien renseignés font des énumérations spectaculaires que les journaux télévisés dissimulent :  plus de 500 conflits,  depuis les éboueurs de Saint-Etienne, la déchetterie d’Yvré sur Seine, ou Mac Donald Val d’Oise, le nettoyage de Paris habitat, les remorqueurs de Lorient, la rocade de Bordeaux, la plateforme de Miramas, les facteurs de Rivesaltes, jusqu’au Bricorama marché de Redon etc.… L’euro n’arrêtera rien. Le Figaro n’est pas seul à faire une liste, pas exhaustive : alarmiste, même Alain Juppé y fait part de son « inquiétude sur la durée du mouvement social ». « On est parti pour tout le mois de juin minimum, et peut-être pour tout le mois de juillet »

En face nous répondons comme Christian Paul : « L’urgence est au dialogue » et ne voulons rien comprendre à l’absurde, incroyable et inacceptable entêtement des isolés de l’Elysée.

La seule réponse est que demain et jours suivants les grèves s’étendent, privées et publiques : et que faut il faire pour étendre les grèves ? étendre les grèves ! Expliquer qu’il faut tenir bon, que c’est une bataille historique, essentielle, vitale, que la vie de millions de salariés est en jeu, que chaque article de la loi Uber El Khomri est scélérat, que le retrait est à portée de nos volontés collectives, de notre détermination, que le « déclic » est là, que de la confiance en la victoire… viendra la victoire. A l’abordage, il faut le braquet gagnant, c’est maintenant jusqu’au 14 juin… la montée à Paris !

 

 

 

Loi Uber/El Khomri, jours fériés et extrêmes droites

Il ne se passait pas un jour, une heure sans que les  95 % de médias des 7 milliardaires ne se préoccupent de ce que pouvaient « penser » Marine, Marion ou l’agité du bocal biterrois de la moindre ride sur la mare journalistique. Et là, trois mois d’explosion sociale et…rien ! Pourtant parmi les mille et un reculs de la loi travail, il y avait pourtant pour eux, l’embarras du choix pour exprimer quelque opinion. Par exemple, la potentielle disparition des jours fériés chômés.

Mais ils préfèrent rester discrets et on respire mieux quand les gros médias ne peuvent pas se servir d’eux pour intoxiquer l’opinion. Quand il y a mobilisation sociale, le FN est dans les caves, excellente expérience, excellent enseignement

 

 

Jours fériés : aujourd’hui, les jours fériés sont fixés par la loi (article L.3133-1 du Code du travail)

Outre le 1er mai, il s’agit du 1er janvier, du lundi de Pâques, du 8 mai, de l’Ascension, du lundi de Pentecôte, du 14 juillet, de l’Assomption (15 août), de la Toussaint, du 11 novembre et du jour de Noël. Hors Alsace-Moselle toujours sous régime concordataire, le chômage, ou non, des jours fériés est du ressort de la convention collective ou des usages.

Loi Uber/El Khomri : grâce à l’inversion de la hiérarchie des normes, désormais c’est l’employeur qui pourra décider, par accord prétendument « collectif » – ou, à défaut, tout seul ! – de choisir les jours fériés qu’il accorde ! (nouveaux articles L.3133-3-1 et 2 du Code du travail : « Un accord d’entreprise ou d’établissement ou, à défaut, un accord de branche définit les jours fériés chômés » ; « A défaut d’accord, l’employeur fixe les jours fériés chômés »).

Potentiellement, le patronat obtient ce qu’il demande depuis qu’il existe des jours fériés chômés et payés, pouvoir décider qu’il n’y en aura plus (en dehors du 1er mai qui lui est toujours déterminé par la loi). Finis les fameux « ponts de mai » qui faisaient les délices des « marronniers » de la presse tous les ans…

Les diverses composantes de l’extrême droite sont pour la loi travail, les fachos pur jus ayant juste un peu de mal à le reconnaître publiquement, eux qui font mine de défendre les oubliés du « système ». Une exception cependant pour la branche intégriste du FN qui ne s’offusque pas du recul social que constituerait la perte de jours fériés, mais du risque d’atteinte aux jours correspondant à une fête religieuse catholique et le font savoir sur leurs réseaux.

Les mêmes ne sont d’ailleurs nullement émus par l’atteinte à la laïcité que représente l’alignement par la loi Uber El Khomri de l’ensemble du territoire sur le régime concordataire d’Alsace-Moselle pour le choix de la « journée de solidarité » : comme en Alsace-Moselle, ou il sera désormais interdit à tout employeur de choisir pour cette journée le Vendredi saint ou les deux journées de Noël (nouvel article L.3134-16 du Code du travail : « L’accord mentionné à l’article L. 3133-11 ou la décision de l’employeur mentionnée à l’article L. 3133-12 ne peut déterminer ni le premier et le second jour de Noël ni, indépendamment de la présence d’un temple protestant ou d’une église mixte dans les communes, le Vendredi Saint comme la date de la journée de solidarité »).

Richard Abauzit

 

 

Réponse à 3 questions de Bizi pour le site Enbata info avant meetings à Dax et Bayonne

CASSE DU CODE DU TRAVAIL :
Que contient encore le projet de loi ?

Il contient tout le venin possible et inimaginable d’un texte voulu par le Medef et par Bruxelles, mis en route ici par Hollande, Valls et Macron, pour casser 100 ans de code du travail, pour faire  travailler plus, gagner moins et licencier plus facilement 18 millions de salariés de ce pays.  Non seulement le texte n’a pas été amendé, ni « équilibré » mais il a été aggravé entre le 49 3 et son retour au Sénat.

En fait depuis cent ans, depuis la tragique catastrophe de Courrieres en 1906 et la naissance du Code en 1910, en France, on oeuvrait républicainement à adapter les entreprises aux droits de la femme et de l’homme au travail.
Jusqu’à ce que Francois Hollande annonce dans sa conférence de presse de septembre 2015 qu’il allait « adapter les droits du travail aux besoins des entreprises ». En une seule phrase c’est une coupure épistémologique, une rupture historique, théorique, juridique et pratique fondamentale. Valls l’avait précisé « - Ce n’est pas une réformette, c’est une révolution », en effet c’est une contre révolution.

Car en effet, il n’y a pas trois branches à l’alternative : soit on adapte les entreprises aux humains, soit on adapte les humains aux entreprises. Soit on protège les salariés des exigences de la productivité, soit on les y soumet. Soit on fait priorite aux besoins des humains, soit aux exigences économiques : en l’occurence les deux paraissent s’opposer actuellement  en matière de salaire, de durée du travail, de santé, d’hygiène, de sécurité, de respect, de dignité au travail.

Le contrat de travail est un lien de subordination juridique permanent, il a une contrepartie juridique, légale, c’est le code du travail. Le code du travail, c’est l’ordre public social, l’état de droit dans l’entreprise, les lois de la République qui l’emportent sur les exigences du marché.

La loi Uber El Khomri c’est la fin de l’état de droit, de l’ordre public social, du droit universel des femmes et des hommes au travail. C’est la fin de l’organisation internationale du travail, de la recherche d’un droit planétaire ou les lois du travail seraient constitutives du droit de la concurrence. C’est système rabaissé au contractuel, aléatoire, soumis boutique par boutique, entreprise par entreprise, aux pouvoirs de chaque patron. Dans le même quartier, dans la même branche, à trois rues d’intervalle, les entreprises pourront décider du taux des heures supplémentaires et donc, les abaisser : il s’agit de diminuer ces taux de 25 % à 10 % voire de les « compenser » à taux zéro au lieu de les « majorer » Des millions de salariés vont perdre beaucoup de  salaire tout en travaillant beaucoup plus.
Quelles sont les alternatives ?

Il n’y a en a aucune, à part le retrait de cette loi qui n’aurait jamais du voir le jour, que nul ne demandait, et que nul n’a voté.

Car tous les articles sont scélérats, pas seulement l’art. 2 sur la hiérarchie des normes, mais l’art. 3 facilitant les licenciements pour les multinationales, ou bien, au hasard  l’art. 27 légalisant les VTC d’User, l’art. 52 frappant les chomeurs directement au portefeuille sur leur compte bancaire en dépit de l’arrêté du Conseil d’état du 15 octobre 2015. Il n’y a que des grandes et petites mesquineries, des scélératesses, pro patronales, rien pour les salariés. Pour ceux qui sont experts, c’est un haut le coeur, on se demande comment de la part de gens issus de la gauche une telle sale loi a pu être conçue.
Comment gagner la bataille ?
Dès le mois de janvier (au début j’ai cru que c’était un faux tellement cela me paraissait abominable) dès que j’ai eu connaissance précise du texte, en février, dès que j’en ai fait avec mon ami Richard Abauzit, une critique détaillée, j’ai dis que cela méritait une greve générale avec occupation des entreprises.
J’espère qu’elle va se produire.

Des millions de salariés, hélas, ne savent pas encore qu’ils vont souffrir dans leur chair, dans leur vie intime, dans leurs droits essentiels, dans leurs salaires rabaissés, de ce texte ignominieux. Le code du travail, c’est l’indice du degré de développement d’une civilisation, là on en prend un sérieux coup, un siècle de recul, c’est Mad Max à la porte des entreprises.

Il faut donc, ce que je fais tous les midis et tous les soirs, dans toute la France, expliquer, expliquer, alerter, alerter,  pour contredire dans les meetings, dans la rue  dans les cortèges  dans les entreprises, la propagande gouvernementale, éhontée, mensongère organisée sans nuance par 95% des médias entre les mains de 7 milliardaires.

En plus Pierre Gattaz vient de traiter la CGT de « voyous » et de « terroristes » (sic) ! Les salopards de la finance, de l’oligarchie dans son genre qui se goinfrent, qui nous pillent, qui nous mentent et nous maltraitent, en plus, ils ont le culot de nous insulter.

Pourtant nous sommes majoritaires, nous avons le salariat 93% des actifs avec nous, nous avons FO, CGT, FSU, Solidaires, des secteurs de la CFDT, de l’UNSA, UNEF, UNL… Nous avons 85% des syndiqués et syndicats, 75% de l’opinion dans les sondages, des centaines de milliers de manifestants depuis trois mois, des entreprises occupées par dizaines, des barrages, des blocages, et le gouvernement isolé s’acharne à ne pas entendre. Alors que dans des circonstances similaires, Balladur ou Chirac avaient déjà retiré en 1994 le texte du CIP ou en 2006 celui du CPE.

Il n’empêche, le basculement, le déclic sont en train de se faire, et on est en train de réussir, le droit social de la République française ne se laissera pas assassiner comme cela ! Le mépris et la morgue du trio Hollande, Valls, Macron ne l’emporteront pas.

Cette semaine les grèves s’étendent, et le meilleur moyen de les étendre encore…  c’est de les étendre. C’est de partir en grève partout dans tous les secteurs et d’occuper toutes les entreprises, tous ensemble.

Gerard Filoche lundi 30 mai 2016
 

Agenda Gérard Filoche 1er semestre 2016

Tous les lundis 18 h : BN du PS

Jeudi 21 janvier : Metz 57 formation CHSCT (35)

Samedi 23 Janvier 2016 : Louviers 27 (100)

Lundi 25 janvier : Europe n°1 de 10 à 11 h

Mardi 26 janvier : conférence de presse CQFD et manif – soir France info de 20 à 21 h

Samedi 30 janvier : réunion AGPG MLG, D&S

Dimanche 31 janvier : réunion sections PS  Paris Mutualité

Mardi 2 février : Lycée Agen 47 (100)

Jeudi 4 Février : Moulins UD-CGT Allier 03 14 h 21 h (150)

Samedi 6 février : + CN du PS =MLG + D&S

Mardi 9 février : Montpellier 14 h  30 + CGT Perrier 25 + Repères à Vauvert 30 (130)

Jeudi 11 février : 15 h 30 – 17 h 30  université Paris 5 (70)

Vendredi 12 février : 20 h 30 Bruyères le Châtel 91 (35)

Samedi 13 février : 20 h 30 Concarneau (300)

Lundi 15 février : France bleue Corse 12 h 10 à 12 h 58 puis BN

Vendredi 19 février : 17 h à Wizermes St-Omer (62) (35)

Lundi 22 février : RMC Bourdin 3 400 000 vues

Jeudi 25 février : Daniel Mermet ITV 300 000 vues + cinéma Louxor « merci patron » (300)  Paris 19° 300

Lundi 29 février : RFI 7 h 50 + soir Bn

Mardi 1 er mars : RV gauche unitaire

Mercredi 2 mars : 20 h 30 Paris 4°  cercle Utopia, CQFD (40)

Jeudi 3 mars : CR de Siné mensuel, 18 h  cinéma St Michel Merci patron 21 h 30

Lundi 7 mars : BN à 18 h avec El Khomri  + 20 h CQFD Bourse du travail MLG Paris

Mardi 8 mars : CQFD Morlaix 22 congrès CGT CHPM de 14 à 17 h (50)

Mercredi 9 mars : mobilisation

Jeudi 10 mars : Toulouse CGT PCF 31/ D&S 31  (250)

Vendredi 11 mars : Toulouse 31 AM Fac du Mirail (250) et le soir collectif JOB (160)

Samedi 12 mars : CQFD Tarbes 65 (9à)

Bouclage D&S 233  + Sortie du livre contre Macron el Khomri et Cie

Lundi 14 mars : BN – I télé 18 h 15 – les lundis de gauche au PCF Fabien Paris 75019 (150)

Mardi 15 mars : 12 h  13 h 30 : CE Renault-Lardy – (70)  Cercle E. Pailleron Paris 19° de 19 à 21 h (15)

Mercredi 16 mars : France bleue 7 h + CQFD réunion 20 h à Sens 89 (100°

Jeudi 17 mars : 9 h 30  - 12 h congrès architectes Paris 120   19° arrêt sur image + + 18 h Le Havre 76 200

Vendredi 18 mars : CQFD Dieppe 12 h à 14 h 150  puis  18 h CQFD Sotteville les Rouen 76 150

Samedi 19 mars : CQFD Tulle Corrèze 19 à 15 h  50

Lundi 21 mars : midi Alcatel Au Ulis Essonne 91 (90) – 18 h + Bn

Mardi 22 mars : CQFD 9 h 30 à 17 h UD CGT 34 Montpellier (220) + Ps (90)

Mercredi 23 mars : 19 h meeting central parisien Montreuil 93 CQFD (350)

Jeudi 24 mars : manif + Huma Agora 120

Vendredi 25 mars : CQFD 20 h 30 Audincourt 25 PSA-Sochaux (170)

Samedi 26 mars : PS AGPG Arras Isbergues 15 h (90)

Lundi 28 mars : 20 h 30  PCF a Ivry (70)

Mardi 29 mars : 12h Meudon sur Seine Gemalco (30), CQFD soir 19 h à Aubervilliers (70)

Jeudi 31 mars : grève manifestation +  17 h 08 vers Rennes 35 (100)

Vendredi 1er avril : PS à Brest 29 (250)

Samedi 2 avril : à  Margat (50) PS puis LdH  à Quimper 29 (130)

Mardi 5 avril : réunion lycée Dorian, à 9 h 30 (200) puis réunion FdG à Plessis-Trevise 78 (50)

Mercredi 6 avril : ministère du travail à 17 h avec F Ruffin + réunion CQFD  salle Jean Damme Paris 75 002 (50)

Jeudi 7 avril : PS Asso citoyenne à Malaucène 84 (180)

Vendredi 8 avril : CQFD à Manosque 04 Asso citoyenne (150)

Samedi 9 avril : à Péage du Roussillon (200) CQFD

Lundi 11 avril : LCP Sénat à 15 h (diffusée dimanche soir)

Mardi 12 avril : réunion midi à université de Pontoise (170) puis soir  à Nanterre (40)

Mercredi 13 avril : CQFD à Clermont-Ferrand  63 (300) + Fédé PS (70)

Jeudi 14 avril : Réunion UD-CGT du Var Toulon 83 à 14 h (70)

Vendredi 15 avril : Réunion PS 13 Marseille (65)

Samedi 16 avril : de 9 h 30 à 18 h théâtre de la Porte St Martin (500)

Lundi 18 avril : réunion 12 h DRJSCS (40) + réunion PS à Vandoeuvres (57) (50)

Mardi 19 avril : CQFD PS Noailles Oise 60 (50)

Mercredi 20 avril : réunion GRDF a Nice (75) 06 puis a Menton (90) MJS

Jeudi 21 avril : Réunion PS dans les Ardennes 08 avec Christophe Léonard (100)

Vendredi 22 avril : réunion à Nantes CGT FO Solidaires FSU Unef  (400) nuit debout 500

Samedi 23 avril : réunion socialistes le matin + CQFD 14 h à La Roche-sur-Yon (100)

Lundi 25 avril : midi Snecma Evry Bras de fer (50) – CQFD Chalons en Champagne 51 (130)

Mardi 26 avril : réunion 10 à 17 h UNEF Fac de Rouen 76 – 50 ans de mai 68 + PS Bosc le Roger + soir Elbeuf

Jeudi 28 soir : Metz Briey UD CGT 57 (100)

Vendredi matin de 9 à 13 h : UL CGT Metz : formation droit travail (50)

Vendredi 29 avril : nuit debout République Paris 19 h (500)

Lundi 2 mai 7 h 50 RFI + mardi 3 sur France info + mercredi 4 sur LCI

 

 

 

Mardi 3 mai : CQFD à Champigny 94 (80)

Jeudi 5 mai : CR sine mensuel non car Bob est parti ce matin

Lundi 9 mai à 19 h salle mairie 2° arrondissement appel des 100 (50)

Mardi 10 mai : réunion gauche avec JP Mercier Gennevilliers 93 (80)

Mercredi 11 mai : réunion à Mende 18 h annulée pour enterrement de Bob Siné

Jeudi 12 mai : réunion à Limoges (87) (600)

Mardi 17 mai : réunion 21 h CQFD à Niort 79 (300)

Vendredi 20 mai : réunion 20 h Le Mans 72 (400)

Lundi 23 mai : formation Paris 9 h-16 h Bourse du w pôle emploi  FSU (400)

Mardi 24 mai : réunion à Fontenay sous Bois 94 (130)

Mercredi 25 mai : réunion à Orléans 45 (250)

Lundi 30 mai : Bn du PS

 

Mardi 31 mai : 17 h EHESS (50) + Fakir soir (400)

Jeudi matin à 10 h 30 :  meeting au havre (700)

Vendredi 3 juin : 17 h 30 : UL CGT Beauvais (250)

Les 3, 4 et 5 juin : congrès du PCF

 

Lundi 6 juin : Bn du Ps

Mardi 7 juin : 10 h 30 RATP + 14 à 17 h salle Colbert AN Maisons des Potes

Mercredi 8 juin : réunion PS D&S à Nevers

Jeudi 9 juin : réunion PS Dax 40

Vendredi 10 juin : réunion Bizi  à  Bayonne

 

Dimanche 12 juin : Déjazet meeting unitaire Copernic

Lundi 13 juin : de 12 a 14 h institut Gustave Roussy  + Bn du PS

Jeudi 16 juin : Nice 06

Vendredi 17 juin : Attac Montereau Ecuelles 77

 

Lundi 20 juin : 18 h Bn du PS + 20 h FdG Fleury Mérogis 91

Jeudi 23 juin : Attac Gisors 27

 

 

Lundi 27 juin : de 10 h à 18 h séminaire de la motion B + Bn du PS

Jeudi 30 juin : journée avec SAF avocats Dieppe 76

Les 2 et 3  juillet : week-end de D&S

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Loi Uber El Khomri : art 27 : « Vote électronique » si l’employeur le décide

 

Le projet de loi Uber El Khomri adopté en première lecture par le coup de force de l’art. 49.3, est scélérat dans chacun de ses articles (pas seulement l’article 2) : il prévoit que l’employeur peut décider seul des modalités d’organisation des élections professionnelle dans l’Article 27 :

« A défaut d’accord, les organisations syndicales satisfaisant aux critères de respect des valeurs républicaines et d’indépendance, légalement constituée depuis au moins deux ans et dont le champ professionnel et géographique couvre celui de l’entreprise ou de l’établissement peuvent mettre à disposition des publications et tracts sur un site syndical accessible à partir de l’intranet de l’entreprise, lorsqu’il existe ».

Un progrès ?

Les conditions émises Etre compatible avec les exigences de bon fonctionnement du réseau informatique de l’entreprise ; ne pas entraver l’accomplissement normal du travail ; préserver la liberté de choix des salariés d’accepter ou de refuser un message ») donnent une idée du risque évident de flicage des salariés et de contrôle de ce qui est publié, voire des arguments pour des sanctions que l’employeur pourrait y trouver.

« Elle peut également avoir lieu par vote électronique selon les modalités fixées par un décret en Conseil d’Etat, si un accord d’entreprise ou, à défaut, l’employeur, le décide ».

L’employeur pourra imposer le vote électronique pour les élections des délégués du personnel et des membres du comité d’entreprise.

Le vote électronique qui a été utilisé a la Poste (champ d’expérimentation à bien des égards pour la contre-réforme de l’administration publique) a vu la régression notable du vote « ouvrier », et donc « Cgt ».

Avec ce procédé prétendu plus économique, la confidentialité du vote n’est garantie que par l’honnêteté ou le manque de curiosité de l’employeur.
Jusqu’à présent, il fallait un accord employeur avec les organisations syndicales pour avoir un vote électronique. Avec la nouvelle rédaction de 2324-19, l’employeur peut décider seul du vote. La maîtrise de l’organisation des élections professionnelles échappera dorénavant aux syndicats pourtant concernés au premier chef

Projet d’article l.2324-19 dernière version de la loi

L’élection a lieu au scrutin secret sous enveloppe. Elle peut également avoir lieu par vote électronique, selon les modalités fixées par un décret en conseil d’état pris après avis de la commission nationale de l’informatique et des libertés, si un accord d’entreprise ou, à défaut, l’employeur le décide »

(Cf. pages 165 et 166 du projet version 4 adopté en 49.3, déjà dans le projet initial sous le titre « adaptation du droit du travail à l’ère du numérique« )

Gérard Filoche  lire chaque semaine ma chronique     au boulot    dans l’Humanité-Dimanche  celle ci est la n°295,  5° année

 

« La meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler » Marie-Antoinette Macron

 

En se permettant de répondre à un jeune militant CGT, vêtu d’un T-shirt, qui lui faisait une remarque sur son beau costume « la meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler », Emmanuel Macron ne se contentait pas d’exprimer son mépris envers tous ceux que frappe le chômage et la précarité, il se trompait aussi très lourdement.

Si Macron veut vraiment savoir ce que signifie «se payer un costard », qu’il se présente à une élection

Il comprendra aussitôt qu’entre les sondages d’opinion et une élection il y a un monde. La grande majorité de ceux qui ont, aujourd’hui, une « bonne opinion » d’Emmanuel Macron sont des gens de droite ou, comme lui, ni de gauche ni de gauche. Si Macron se présentait à une élection -ce qu’il n’a jamais osé faire- les gens de droite qui ont une si bonne opinion de lui n’en voteraient pas moins utile, c’est-à-dire pour Alain Juppé ou Nicolas Sarkozy ou tout autre candidat LR ou UDI. Quant aux gens de gauche, ils préfèreraient voter à gauche.

Nul doute qu’Emmanuel Macron ne connaîtrait, en bien pire encore, le sort de Manuel Valls en 2014. Le nouveau Premier ministre caracolait, alors, à près de 60 % dans les sondages d’opinion mais, bien qu’il se soit engagé à fond dans la campagne électorale du PS, ce dernier n’avait recueilli que 13,98 % des voix, loin derrière la droite (20,81 % des voix) et surtout le FN (24,86 % des suffrages). Pourtant, Manuel Valls avait l’appareil du PS derrière lui, même si beaucoup de militants du PS commençaient à trainer les pieds. Emmanuel Macron ne dispose d’aucune force militante organisée, si ce n’est de « En marche ! », ce qui revient à peu près au même.

Emmanuel Macron rend les chômeurs responsables du chômage

L’ancien banquier d’affaire, devenu secrétaire général adjoint de l’Élysée en 2012, puis ministre de l’Économie et des finances en 2014, est l’un des premiers responsables de la politique économique et donc de l’augmentation considérable du nombre de chômeurs entre mai 2012 et aujourd’hui. Près de 1,3 million de chômeurs supplémentaires, toutes catégories (A, B, C, D et E) pour la France entière.

Mais c’est le même Emmanuel Macron qui se permet de donner des leçons à ceux qui subissent les effets de sa politique, en leur affirmant, avec mépris, que s’ils voulaient trouver un emploi, ils en trouveraient. Pour lui, il n’y aurait qu’à se baisser pour ramasser un emploi.

C’est toujours la même ineptie de droite : si les chômeurs ne trouvent pas d’emplois, c’est qu’ils n’en cherchent pas et que les indemnités chômage sont trop élevées.

Il y avait 200 000 demandeurs d’emplois en France, en 1970 contre 6 430 000, aujourd’hui. Quel esprit un tant soit peu sensé pourrait penser qu’une génération spontanée d’un quelconque « virus de la fainéantise » a ainsi infecté 6,5 millions d’habitants de notre pays ? Il faudrait chercher une autre explication un peu plus consistante à la montée du chômage.

Les indemnités chômage représentaient en 1970, près de 70 % du dernier salaire et étaient versées sans dégressivité pendant 3 ans, après seulement 3 mois de cotisation. Il n’y avait pourtant que 200 000 chômeurs. Il faudrait, là encore,  chercher ailleurs une explication un peu plus cohérente à la montée du chômage et de la précarité.

François Hollande partage le même point de vue

Il l’a prouvé lorsqu’il reprenait à son compte, dans sa conférence de presse, du 20 juin 2013, le même raisonnement que la droite et qu’il insistait sur le chiffre de « 200 ou 300 000 offres d’emploi non pourvus ». Chiffre qui fournissait la preuve évidente que la cause du chômage était bien le refus des demandeurs d’emploi d’accepter les emplois qui leur étaient proposés.

La réalité était, cependant, bien différente. D’abord, selon Pôle emploi, le nombre d’emplois non pourvus, faute de candidats, se limitait à 21 500, soit 0,1 % des 21 millions de recrutements annuels. Ensuite parce que les emplois proposés et refusés étaient souvent du type « quatre heures de ménage par mois ». Comment de telles offres d’emplois pouvaient-elles être considérées par François Hollande comme des emplois décents ? En quoi refuser un CDD de 4 heures ou de 4 jours par mois pourrait-il changer quoi que ce soit à la réalité du chômage et de la précarité ?

Les causes du chômage sont à chercher dans la politique de François Hollande

D’abord dans la politique d’austérité qui a étouffé la croissance pendant 4 ans et qui continue ses méfaits. Ensuite, dans le refus de diminuer le temps de travail alors que c’est la seule méthode qui a fait ses preuves dans la lutte contre le chômage. Les lois Aubry I et II, en 1998 et 2000, ont permis la création de 500 000 emplois à temps plein qui se sont avérés être d’une grande pérennité, même après la crise bancaire de 2007-2008.

A l’évidence, François Hollande, Manuel Valls ou Emmanuel Macron n’ont pas mesuré les effets que produirait le projet de loi El Khomri sur l’emploi. L’un des principaux objectifs de ce projet est de contourner les 35 heures, seuil de déclenchement des heures supplémentaires,  grâce à la baisse du taux des heures supplémentaires (de 25 et 50 % à 10 % seulement) par accord collectif et leur modulation sur 3 ans, permettant à l’employeur de ne les payer qu’au bout de la 4 822ème heure ! Contourner ainsi une mesure qui avait permis la création de 500 000 emplois, ferait au moins perdre autant d’emplois, avec des effets désastreux sur le chômage.

 

 

Jean-Jacques Chavigné,  dans la lettre de D&S hebdomadaire et abonnez-vous à l’excellent mensuel de la gauche socialiste :

 

 

Ils aggravent en douce tous les articles de la loi Uber El Khomri : retrait !

 

Il reste  inlassablement à argumenter, expliquer, alerter, car c’est le meilleur moyen d’élargir la mobilisation. Casser la langue de fer, les mensonges officiels d’état. Démasquer le cynisme des Valls et Cie… Faire éclater les artifices et cynismes des défenseurs de ce projet de casse de 100 ans de nos droits…

Par meetings, par livre, par vidéos et médias, tous les jours nous agissons, nous, la gauche socialiste, nous D&S car nous sommes convaincus que nous pouvons, et que nous allons gagner

 


 

 

Mais il faut alerter d’abord sur un point : ne croyez pas qu’en changeant un article, on changera la loi.

Ne croyez pas qu’elle a été « adoucie ». Ne croyez pas qu’ils l’ont amendée. Ils le dissent mais ils mentent, ce sont de grands de gros menteurs ! Au contraire, en profitant des temps morts après le 49 3 et avant le sénat ils ont manipulé le contenu de la loi et l’ont aggravé. Comme s’ils se préparaient à négocier quelques articles, un ou deux pour faire passer tout le reste de la casse de 100 ans de code du travail. Tout est dans l’article 1… mais aussi les articles 2 et 3, mais aussi les articles 27 bis, ou encore 44 contre la médecine du travail ou encore dans l’art 52 brutal contre les chomeurs. Ne vous laissez pas infléchir, ni tromper, c’est une volonté ignominieuse anti salariée qui tient la plume, qui préside à cette loi réactionnaire à 100 %.

 

 


1/ « Les principes essentiels du droit du travail, dégagés par le comité présidé par Robert Badinter, serviront de base à une réécriture du code ».  Cette phrase de l’avant-dernier projet de loi, essentielle, a disparu du texte soumis au Parlement, mais ce n’est qu’une ruse car la réécriture du code (partie législative) prévue sur deux ans se fera bien sur cette base comme en atteste la partie réécrite où l’ordre public est de plus en plus souvent vide, les dispositions concrètes étant déterminées par accord d’entreprise ou, à défaut, par accord de branche.

L’essentiel, ainsi que s’en réjouit le chef du Medef en interne, est donc sauvé pour le patronat : l’inversion de la hiérarchie des normes et la réécriture de tout le code sur la base de cette inversion. Point fondamental jamais évoqué : une fois que les dispositions concrètes dépendront des entreprises et non plus de la loi, qui en assurera le contrôle ? Personne, les inspecteurs du travail n’étant pas habilités à contrôler le respect des accords collectifs.

 

 

2/ Légalisation d’UBER et de toutes les formes d’exploitation des travailleurs par plateformes numériques : retour à la première version El Khomri qui le prévoyait explicitement en écrivant que les travailleurs d’UBER (et autres fournisseurs de plateforme) n’étaient pas salariés. Là, à l’article 27 bis, c’est un peu plus subtil mais limpide. Les travailleurs d’UBER sont nommés  » travailleurs utilisant une plateforme de mise en relation par voie électronique » dans la septième partie du Code du travail (celle avec les VRP, gérants…) et il est expliqué que l’article L.7411-1 du code du travail ne leur est pas applicable (c’est l’article qui dit que le code du travail est applicable). Il est expliqué que UBER a une « responsabilité sociale« , et qu’en conséquence si le travailleur cotise de lui-même pour les accidents du travail, UBER doit prendre en charge la cotisation; ils peuvent se syndiquer et la grève ne doit pas être un motif de rupture, voilà pour l’habillage. Le projet de loi écrit donc clairement que les travailleurs d’UBER et autres ne sont pas salariés ! Ils pourront donc continuer à travailler 80 à 100h par semaine, sans revenu garanti, sans congés payés, sans repos hebdomadaire et sans autre couverture sociale que celle qu’ils se paieront.

 

3/ Tout en mettant en avant un pas en arrière dans un renoncement, pour l’instant, à imposer le forfait-jours par décision unilatérale de l’employeur dans les entreprises de moins de 50 salariés, mais en le permettant aisément par le biais d’un accord avec un salarié mandaté par une organisation syndicale complaisante, voilà que dans la plus grande discrétion, cette nouvelle arme pour les employeurs est étendue à tout le champ des relations de travail ! (Article 8 du projet de loi : «  Les accords négociés et conclus par un ou plusieurs salariés mandatés mentionnés à l’article L. 2232-24 peuvent porter sur toutes les mesures qui peuvent être négociées par accord d’entreprise ou d’établissement sur le fondement du présent code »).

 

4/ La durée maximale de 10 h par jour n’est plus garantie par l’ordre public. En effet, alors que la rédaction de l’avant-dernier projet prévoyait que la dérogation que l’administration pouvait accorder à la limite journalière de 10 h l’était dans la limite de 12 h, le projet soumis au Parlement stipule seulement que cette limite de 12 h pourra être dépassée par « dérogation accordée par l’autorité administrative dans des conditions déterminées par décret » ;

 

5/ Les durées maximales pour le personnel navigant sur les bateaux exploités en relève sont aggravées : 14 h par jour et 84 h/semaine (et 72 h sur 16 semaines) possibles par accord de branche. (Vous avez bien lu ! )

 

6/ La possibilité de fractionner le repos quotidien (11h continu)  ou hebdomadaire, qui avait été annoncé comme abandonnée, ne l’est pas :

Pour les périodes d’astreinte en effet, avec le maintien, contre les directives européennes, de l’assimilation des astreintes à du temps de repos, conjugué à la formulation floue du texte (« Exception faite de la durée d’intervention, la période d’astreinte est prise en compte pour le calcul de la durée minimale de repos quotidien prévue à l’article L. 3131-1 et des durées de repos hebdomadaire prévues aux articles L. 3132-2 et L. 3164-2), on ne peut assurer que le fractionnement en question ne sera pas permis.

 

D’une façon plus générale, le projet de loi prévoit que, désormais, un accord d’entreprise primera sur un accord de branche pour déroger au repos quotidien de 10 h (dans des conditions qui seront définies par décret).

 

Enfin, une négociation est annoncée (article 26 du projet de loi) pour pouvoir fractionner ces repos dans le cadre du forfait-jours : « Une concertation sur le développement du télétravail et du travail à distance est engagée, avant le 1er octobre 2016, avec les organisations professionnelles d’employeurs et les organisations syndicales de salariés représentatives au niveau national et interprofessionnel, qui, si elles le souhaitent, ouvrent une négociation à ce sujet. Cette concertation porte également sur l’évaluation de la charge de travail des salariés en forfait en jours, sur la prise en compte des pratiques liées aux outils numériques permettant de mieux articuler la vie personnelle et la vie professionnelle, ainsi que sur l’opportunité et, le cas échéant, les modalités du fractionnement du repos quotidien ou hebdomadaire de ces salariés ».

 

7/ Pour tous les congés autres que les congés payés, la possibilité de faire par accord moins que la loi actuelle est maintenue sauf, en raison de la forte colère suscitée par la possibilité de les diminuer par accord d’entreprise, les congés pour évènements familiaux (« une convention ou un accord collectif d’entreprise ou, à défaut, un accord de branche détermine la durée de chacun des congés mentionnés au même article qui ne peut être inférieure à… » et suit le nombre de jours de la loi actuelle avec même un petit plus).

 

Une leçon de choses qui peut permettre de comprendre parfaitement ce que signifie l’inversion de la hiérarchie des normes et également la parfaite connaissance que les rédacteurs du texte initial avait de leur mensonge quand ils assuraient que tout cela avait été fait à « droit constant ».

 

8/ Suppression des dispositions sur le congé de formation économique, sociale et syndicale. Elles seront reprises lors de la réécriture du code du travail dans une autre partie du code.

 

9/ Grossesse et interdiction de licencier, une rédaction ambigüe : comment comprendre le changement du texte ?

 

Le texte actuel – L.1225-4 du code du travail – dit : « Aucun employeur ne peut rompre le contrat de travail d’une salariée lorsqu’elle est en état de grossesse médicalement constaté et pendant l’intégralité des périodes de suspension du contrat de travail auxquelles elle a droit au titre du congé de maternité, qu’elle use ou non de ce droit, ainsi que pendant les quatre semaines suivant l’expiration de ces périodes ». Dans cette rédaction, l’interdiction de licencier porte clairement sur l’ensemble de la grossesse.

Le texte du projet de loi dit : « Aucun employeur ne peut rompre le contrat de travail d’une salariée lorsqu’elle est en état de grossesse médicalement constaté, pendant l’intégralité des périodes de suspension du contrat de travail auxquelles elle a droit au titre du congé de maternité, qu’elle use ou non de ce droit, et au titre des congés payés pris immédiatement après le congé de maternité ainsi que pendant les dix semaines suivant l’expiration de ces périodes ». Dans cette rédaction, l’interdiction de licencier peut être limitée à la période du congé maternité.

 

10/ Indemnités prud’homales : L’article a été retiré. Sauf surprise au Parlement, la régression se ferait par décret d’ici quelques semaines.

Quoiqu’il en soit, le changement (qui logiquement aurait une nouvelle fois été imposé par le Conseil d’Etat) du plafond en barème indicatif (avec maintien de la suppression du plancher) n’atténuerait en pratique que très peu l’immense recul que constitue cette disposition.

 

11/ Le recul annoncé sur la définition du motif économique n’a pas eu lieu : maintien de critères prétendument objectifs ; maintien de critères sans aucun lien avec des difficultés économiques (« réorganisation de l’entreprise nécessaire à la sauvegarde de sa compétitivité ») ; maintien de l’interdiction de recherche du motif au niveau des groupes, l’ajout d’une limitation sans portée pratique (« Ne peuvent constituer une cause réelle et sérieuse de licenciement pour motif économique les difficultés économiques créées artificiellement pour procéder à des suppressions d’emplois ») : les licenciements auront eu lieu et, sans même évoquer leur volonté, quels seront les moyens des juges pour aller, longtemps après, traquer les « artifices » dont les groupes usent en permanence dans la plus grande impunité.

12/ Les salariés qui refuseront un accord collectif, pour développer l’emploi ! – leur imposant diminution de salaire et augmentation du temps de travail seront toujours licenciés et pour faute ! (« cause réelle et sérieuse »). Qui plus est, le projet de loi ose inscrire dans la loi que l’accord collectif rétrograde signé dos au mur serait consécutif à l’ « établissement d’un diagnostic partagé entre l’employeur et les organisations syndicales de salariés » (article 11 du projet de loi).

 

13/ Les contrats de travail en cours pourront être rompus et non plus transférés quand une entreprise de plus de 1000 salariés transfère une ou plusieurs entités économiques dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi.

 

14/ Après avoir, dans le deuxième projet El Khomri, corseté les négociations d’accords collectifs en renvoyant les « informations partagées » à la « base de données » issue de l’A.N.I scélérat du 11 janvier 2013, voilà que sont verrouillées les possibilités de contester les futurs accords d’entreprise rétrogrades : la méthode de négociation pourra éventuellement être fixée par un accord de branche s’il n’en existe pas au niveau de l’entreprise, mais si la méthode n’est pas respectée, l’accord issu de la négociation biaisée sera tout de même valable si l’employeur a été « loyal » (sic) (« Sauf si l’accord en stipule autrement, la méconnaissance de ses stipulations n’est pas de nature à entraîner la nullité des accords conclus dans l’entreprise, dès lors qu’est respecté le principe de loyauté entre les parties »). Comme disait César dans la trilogie de Marcel Pagnol, si on ne peut pas tricher entre amis…

 

15/ Augmentation du pouvoir des grands entreprises : aux accords de groupe qui peuvent se substituer aux accords des entreprises du groupe, aux accords d’entreprise qui peuvent se substituer aux accords des établissements de l’entreprise, le projet de loi rajoute de nouveaux accords, des « accords interentreprises » qui vont pouvoir se substituer aux accords des entreprises (article 12 du projet de loi).

 

16/ Suppression de la possibilité de contester une décision de l’inspection du travail par recours administratif (gracieux ou hiérarchique) pour les élections professionnelles et la reconnaissance d’un établissement distinct (Article 9 du projet de loi). Il ne reste que le recours au « juge judiciaire ».

 

17/ Des cadeaux sociaux et fiscaux supplémentaires pour les entreprises : exonération de cotisations sociales pour les « avantages et cadeaux accordés aux salariés par l’employeur » (article 28 bis du projet de loi) et réduction d’impôt pour les entreprises de moins de 50 salariés qui provisionnent « pour faire face à d’éventuelles indemnités » en cas de licenciement abusif ! (article 29 bis du projet de loi). Réduction d’impôt pour les délinquants !

 

18/ Le « Compte Personnel d’Activité » (CPA), immense traitement automatisé de données personnelles centralisé par la Caisse des dépôts et consignations, se voit adjoindre, en plus du « Compte Personnel de Formation » et du « Compte de prévention de la pénibilité » déjà prévus un « Compte d’engagement citoyen ». Si on analyse ce CPA pour ce qu’il est – un gigantesque fichier, livret ouvrier numérique du XXIème siècle, mise en compétition de tous les actifs, individualisation systématique de tous les droits collectifs, inégalités institutionnalisées, suppression de droits par transferts entre « comptes » et à terme avec l’entrée prévue de tous les comptes de protection sociale, remplacement progressif de la sécurité sociale par l’assurance privée – l’ajout du « Compte d’engagement citoyen » est une aggravation. D’autant que ce « Compte » est destiné à favoriser le travail « bénévole » (« activités bénévoles ou de volontariat ») dans des activités qui devraient faire l’objet de vrais emplois publics (limitativement : « service civique », « réserve militaire », « réserve communale de sécurité civile », « réserve sanitaire », exercice de « fonctions importantes » dans des « activités de bénévolat associatif » dans des associations dont la liste sera fixée par arrêté ministériel) quand elles ne correspondent pas à une obligation de l’employeur en matière de formation (« activités de maître d’apprentissage »). Employeurs qui seront dispensés de toute contribution au financement des heures de formation qui pourront être inscrites sur le « Compte Personnel de Formation » (financement prévu par l’Etat, notamment pour le maître d’apprentissage et les activités associatives…, par la commune et par l’établissement public chargé de la gestion de la réserve sanitaire).

Aggravation par la possibilité pour l’employeur (avec l’ « accord » du salarié) de ne plus délivrer de bulletin de paie, qui serait « dématérialisé » et accessible en ligne sur un des services du CPA (article 24 du projet de loi). Toujours plus de facilité pour le travail au noir.

Aggravation par l’ajout des stagiaires de la formation professionnelle dans les fichiers du CPA (article 36 du projet de loi)

Aggravation enfin que l’ajout aux « actifs » de la catégorie « retraités » (on n’est pas près de diminuer le nombre de chômeurs) : ainsi, le CPA concernera toutes les personnes de plus de 15 ans jusqu’à leur décès (article 21 du projet de loi).

 

19/ Les autres reculs du projet de loi travail, notamment ceux sur la médecine du travail, sont maintenus.

 

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Dès lors, et sans présager du sort que le Parlement leur réservera (expériences faites avec les lois Sapin 2013, Macron et Rebsamen 2015, rien n’est garanti jusqu’à la publication de la loi),  que pèsent les « rééquilibrages » qui suivent :

1/ Retour de la consultation des représentants du personnel (qui était devenue « information » dans le deuxième projet de loi) pour les contreparties unilatérales de l’employeur aux temps d’habillage et de déshabillage quand une tenue est nécessaire.

2/ Retour de l’information de l’inspecteur du travail en cas de fixation unilatérale des modalités d’astreinte par l’employeur et en cas de mise en œuvre du temps partiel par l’employeur dans une entreprise sans représentants du personnel

3/ Retour de la consultation des représentants du personnel (qui était devenue « information » dans le deuxième projet de loi) et de la transmission de leur avis à l’inspection du travail pour les demandes de dérogation à l’administration sur les dépassements de la durée maximale hebdomadaire.

4/ Retour à la possibilité, par accord, de faire travailler 46 h sur 12 semaines (au lieu de 16 semaines dans le deuxième projet de loi).

5/ Retour de l’intervention de l’inspecteur du travail pour le passage de 8h à 10h et de 35 à 40h de la durée maximale des apprentis.

6/ Passage de 16 à 9 semaines (au lieu de 4 semaines actuellement) de la période pouvant donner lieu à décision unilatérale de l’employeur pour le décompte des heures supplémentaires.

7/ Nécessité d’un accord de branche pour pouvoir, par accord d’entreprise, faire un décompte des heures supplémentaires sur 3 ans.

8/ Retour de l’avis conforme des représentants du personnel pour la mise en place d’horaires individualisés ; retour de l’autorisation de l’inspecteur du travail pour la mise en place d’horaires individualisés en cas d’absence de représentants du personnel.

9/ Retour à la possibilité légale de faire travailler 40 h sur 12 semaines (au lieu de 16 semaines dans le deuxième projet de loi) les travailleurs de nuit ; retour à la possibilité, par accord, de faire travailler 44 h sur 12 semaines (au lieu de 16 semaines dans le deuxième projet de loi) les travailleurs de nuit.

 

Dix propositions prioritaires pour Reconstruire le Code du travail :

 

1°) Réduire la durée légale et maxima du travail : 32 h légales, 40 h maxima, semaine de 4 jours jours de travail dont 2 jours de repos consécutifs par semaine.

 

La première préoccupation est de réduire la durée réelle de la semaine de travail au plus prés de la durée légale de 35 h et de la poursuivre vers 32 h puis 30 h en lien avec la santé des salariés et avec l’emploi de tous.

La durée maximum du travail sera fixée à 40 h sauf dérogation préalable pour circonstances exceptionnelles.

Le « temps de travail effectif » sera défini comme le « temps où le salarié est subordonné à l’employeur ».

Il intégrera ainsi les pauses forcées, les temps de déplacements professionnels imposés, d’habillage obligatoire et de casse-croûte indispensables sur le lieu de travail en journée continue. Peu à peu le temps de trajet sera intégré dans le temps de travail, 50 % d’abord puis 100 % de façon à rapprocher les salariés de leur poste de travail.

Les heures supplémentaires doivent redevenir « ponctuelles et imprévisibles », donc exceptionnelles, (selon un accord signé par le patronat le 31 octobre 1995). Elles doivent être majorées de 50 % pour les 5 premières heures et de 100 % pour les suivantes de façon à les rendre plus coûteuses que l’embauche. Le but est de les rendre plus couteuses que l’embauche.

Le contingent annuel d’heures supplémentaires doit, dans un premier temps, être réduit à 100 heures. La durée du travail légale annuelle sera rétablie à 1600 h annuelles, le « forfait jour » sera abrogé, le temps de repos quotidien porté à 13 h, (appelé aussi temps de « déconnexion ») tout sera mis en oeuvre pour que toutes les heures de travail effectif soient comptabilisées de façon fiable et transparente, contrôlables par les salariés eux-mêmes, les syndicats et l’inspection du travail.

Le paiement du travail à la tache, à la mission ou au chantier sera interdit : la numérisation permet mieux qu’avant de contrôler chaque heure, chaque minute de travail.

Les sanctions aux délits de « travail dissimulé »  seront fortement majorées et appliquées.

Nous rétablirons, sauf cas de force majeure, les deux jours de repos consécutifs hebdomadaires autour du principe du repos dominical qui sera renforcé. En cas de dérogation exceptionnelle, il sera attribué une majoration de 200 % ainsi que pour le travail de nuit, afin d’en rendre l’usage dissuasif pour les femmes et les hommes. De façon générale, les travaux du dimanche et de nuit seront soumis à dérogation et à contrôle : l’interdiction totale aux mineurs sera rétablie. Tout travail sera interdit aux enfants en dessous de 16 ans.

Les aides publiques pour les 32 h seront réservées aux petites et moyennes entreprises (moins de 50 salariés) et seront versées en proportion du nombre d’embauches réalisées et maintenues, suite de la réduction du temps de travail. Ces aides seront distinctes selon les seuils sociaux (moins de 10 salariés, moins de 20 salariés et moins de 50). Elles feront l’objet d’une « convention » avec la puissance publique, elles seront liées au respect du Code du travail, blocables avec effet immédiat, et restituables en cas d’infraction aux accords passés.

2°) Stopper la précarité en instaurant un plafond de précaires par entreprise : la loi fixera un quota maximal d’intérimaires et de contrats à durée déterminée égal à 5 % maxi des effectifs dans les entreprises de plus de 20 salariés sauf dérogation préalable pour circonstances exceptionnelles.

La loi augmentera l’indemnité de précarité d’emploi pour la rendre dissuasive : à 25 %, pour les CDD comme pour l’intérim. L’usage de contrats précaires sur des postes permanents sera plus durement sanctionné. La requalification en CDI de CDD successifs, sera facilitée autant pour le secteur public que pour le privé. La durée d’un CDD sera au minimum d’un mois et au maximum d’un an. Tout allègement des cotisations sociales pour les emplois à temps partiel et précaires sera supprimé.  La loi établira une complète égalité des droits entre salariés à temps plein et salariés à temps partiel, organisant la priorité pour revenir à temps plein. Elle limitera à 1 h au maximum l’interruption entre deux plages de travail au cours d’une même journée, pour tout temps partiel, avec pénalité forte en cas d’infraction. Elle encadrera le temps partiel avec un plancher réel de 24 h. Elle freinera les abus, empêchera qu’il soit un ghetto subi pour les femmes et non qualifiés, le valorisera en termes de salaires de façon à ce qu’il ne soit pas le lot des « travailleurs pauvres ».

3°)  Établir un nouveau contrôle administratif sur les licenciements : en 1986, la droite avait supprimé le précédent contrôle de l’administration sur les licenciements qu’elle avait elle-même instauré en 1975 et dont les prémices existaient depuis 1945.

A nouveau l’inspection du travail, saisie par un syndicat, pourra suspendre la procédure dès lors qu’il y a « un doute manifeste » sur le bien fondé du licenciement. Le salarié restera dans l’entreprise et si l’employeur veut poursuivre la procédure, ce sera à lui d’apporter la preuve de son bien fondé devant le juge concerné.

Pour les licenciements collectifs, la « loi de modernisation sociale » de janvier 2002 sera rétablie et améliorée de façon à donner à la puissance publique les moyens d’interdire effectivement, les délocalisations et licenciements boursiers, spéculatifs, ne reposant pas sur des difficultés économiques réelles et sérieuses.

Le contrôle et la taxation massive des délocalisations boursières et des externalisations artificielles est l’arme par excellence contre l’avidité du capital financier. Si l’existence de réelles difficultés économiques est reconnue, l’inspection du travail pourra rendre la procédure « nulle et de nul effet » en dressant un « constat de carence » dans un délai de huit jours après la fin de toutes les procédures, lorsque « les mesures visant au reclassement sont insuffisantes », sauf si le comité d’entreprise ou les délégués du personnel, à la majorité, ou le conseiller du salarié constatent que l’employeur a fait les efforts nécessaires en matière de reclassement et d’indemnisation des salariés concernés et qu’il a mené une politique active de ré-industrialisation du bassin d’emplois touché par la fermeture éventuelle du site.

Pas de « rupture conventionnelle » sans un motif précis et sérieux.

 

4°)  Réguler la sous-traitance contre les « externalisations » artificielles, les cascades de sous-traitance organisées par des grands groupes pour contourner les seuils et droits sociaux. La sous-traitance doit cesser d’être de « main d’oeuvre », et redevenir nécessitée par des raisons technique, productives. Il s’agit de conduire une politique nouvelle de régulation et de protection pour 97 % des entreprises avec trois mesures essentielles :

 

- Rendre pénalement et civilement, économiquement responsable de façon incontournable le donneur d’ordre de façon à ce que celui-ci ne puisse passer des marchés à des conditions avilissantes et se dégager des conséquences qui en résultent.

- Aligner les conventions collectives des sous-traitants sur celle du donneur d’ordre le temps de l’exécution des marchés, selon le principe existant déjà dans le Code du travail pour les CDD et les intérimaires.

- Faciliter la reconnaissance des unités économiques et sociales (UES), et la lutte contre les fausses franchises, l’éclatement artificiel des établissements, le faux travail indépendant, le marchandage et le prêt illicite de main d’œuvre.

Cela revient à abroger les lois Madelin, Fillon, Dutreil, Larcher, les chapitres des lois Sapin, Macron et Rebsamen, qui ont encouragé les « découpes » d’entreprise, et toutes les formes de recours à la sous-traitance dérégulée, aux pseudo auto-entrepreneurs, ubérisés,  permettant à des donneurs d’ordre de surexploiter les petites entreprises, privées de réelle autonomie et de droits pour leurs salariés, poussées à utiliser du travail illégal dissimulé.

C’est le moyen principal d’amener les TPE, PME, PMI, ETI (80 % sont sous-traitantes) à pouvoir résister aux exigences des donneurs d’ordre, aux passations de marché au moins disant social. Le droit du travail doit être constitutif du droit de la concurrence.

Un seul statut d’artisan renforcé et mieux protégé assuré à la sécurité sociale pour tous. Fin du millefeuille des complémentaires, assurances, prévoyance et des 1100 mutuelles qui n’ont plus aucun sens. Une seule cotisation pour tous à la sécurité sociale avec des soins gratuits en retour et de qualité.

 

5°) Redévelopper la démocratie syndicale et sociale.

 

Il dépend d’une volonté républicaine de redonner toute leur place dans notre pays aux syndicats. Les syndicats, indispensables à la vie démocratique et sociale, ont été atteints et diminués par la montée du chômage, par une très vive répression patronale, par la déréglementation des droits du travail.

 

C’est au législateur de corriger ce déséquilibre nuisible à toutes les relations sociales. Il faut leur redonner les moyens juridiques, moraux et matériels de jouer un rôle de premier plan.

 

Pour donner une légitimité démocratique à la représentation syndicale, les élections prud’homales seront rétablies et le système d’élections directes sera étendue à la gestion de toutes les caisses de protection sociale (Sécu, chômage, retraites, accidents du travail et maladie professionnelle, allocations familiales) : elles devront se tenir le même jour, une fois tous les 5 ans. Ce jour sera chômé afin que tous les salariés et retraités puisse voter librement. Les syndicats seront aidés financièrement par la puissance publique pour pouvoir défendre leurs points de vue et solutions dans de vraies campagnes électorales, citoyennes, éducatives. Ce financement public ne saurait se substituer aux cotisations ni mettre en cause l’indépendance syndicale, il viendra en complément et en proportion des adhérents réels et du nombre de voix obtenues aux différentes élections par les différentes instances des confédérations et fédérations syndicales.

 

Les élections professionnelles et celles des comités paritaires de la fonction publique, seront organisées à dates fixes le même jour, tous les deux ans au plus, dans chaque branche, de façon à permettre popularisation et intérêt pour celles-ci.

 

6°) Renforcer les moyens et les pouvoirs des instances représentatives du personnel.

Le redéploiement de la démocratie sociale nécessite une extension des missions des Comités d’entreprise et, à défaut, une extension des missions et moyens des délégués du personnel (DP : entreprises de plus de 5 employés) et des conseillers du salarié (entreprises ou il n’y a pas de DP).

 

Les comités d’entreprises, élus tous les deux ans au plus, ne seront plus seulement consultés, mais ils devront sur certaines questions donner un « avis conforme » sans lequel l’employeur ne pourra imposer un certain nombre de décisions sur des points précis (embauche de précaires, heures supplémentaires, licenciements). Cela rétablira une obligation de négocier, avec des résultats. Cela portera sur des questions clés et délimitées : horaires, application des conventions collectives, pour lesquelles, l’employeur ne pourra pas imposer ses décisions sans avoir obtenu l’avis préalable et conforme de ces instances, comme c’est déjà le cas pour les comités d’entreprise (à propos des modifications d’horaires individualisés et de changement de centre de médecine du travail).

Les conseils d’administration seront composé à 50 % de représentants élus et protégés des salariés.

Les conseillers du salarié se verront augmenter en nombre, en moyens, crédit d’heures, avec la possibilité d’être saisis par les salariés, là où il n’y a pas de délégués du personnel, et d’intervenir légalement comme interlocuteurs des employeurs sur les questions ayant trait à l’application du droit et des conventions collectives.

 

7°) Développer l’hygiène et la sécurité au travail.

Protéger la santé au travail est un aspect décisif de l’ordre public social.

Nous prendrons toutes les mesures pour réparer complètement, ce qui est loin d’être le cas, les accidents du travail et les maladies professionnelles. Nous redévelopperons la prévention, et donnerons tous les moyens et toute son indépendance à la médecine du travail. Le taux d’exposition aux risques étant plus élevé dans les petites entreprises, il faut abaisser les seuils à 20 salariés, initier des  Comités « hygiène, sécurité et conditions de travail » (CHSCT) de site et de branche, départementaux, donner davantage d’heures de délégation, une meilleure formation de qualité, et un budget.

Les CHSCT, c’est la prise en main par les travailleurs concernés de leur propre sécurité, la meilleure prévention pourvu qu’ils aient les moyens humains et matériels de faire face à toutes leurs obligations.

Les CHSCT seront élus et non plus désignés, auront un budget et un statut propre, dans toutes les entreprises de plus de 20 salariés, leurs membres seront formés et disposeront de crédits d’heures suffisants pour exercer leur mission assurant tous les domaines de la sécurité au travail prévus dans leurs fonctions.

Une « obligation de faire » sera instaurée en matière d’hygiène sécurité avec la médecine du travail, l’inspection du travail et les caisses d’assurance maladie.

 

8°) Stop aux discriminations.

 

Donner les moyens aux institutions, syndicats, IRP, inspecteurs du travail, prud’hommes, tribunal pénal, d’agir contre et de sanctionner toutes les formes de discriminations et de harcèlement au travail et dans l’entreprise. Cela concernera les discriminations à l’égard des immigrés, des jeunes, seniors, ou contre les syndicats, ou les orientations sexuelles. A commencer par les discriminations à l’égard de femmes, en matière de salaires, de promotions et de congés maternité.

L’égalité salariale devra être établie partout en un délai d’un an sous peine d’astreintes et de lourdes sanctions financières. Les conventions collectives devront comporter des chapitres obligatoires sur l’évolution des carrières, des qualifications, des niveaux, échelons et coefficients salariaux, pour tous et toutes explicitement selon les grilles de métiers et les expériences acquises. Les femmes de retour de congés maternité devront retrouver un poste similaire et seront protégées pendant 18 mois après leur retour de couches.

9°) Pour une vraie Sécurité sociale professionnelle, quatre droits fondamentaux constitutifs seront mis en œuvre pour les salariés comme pour les chômeurs temporairement privés d’emploi  :

-  Le droit au reclassement

– Le droit au revenu

– Le droit à la protection sociale

– Le droit à la formation continue

La formation des salariés tout au long de la vie ne doit pas être un prétexte pour le patronat, pour licencier. Plus facilement ni pour précariser les salariés. Les entreprises ont besoin de main d’oeuvre bien formée, bien traitée, bien payée, pas flexibles ni précaires.  Il ne s’agit pas d’échanger la proie, une sécurité relative de l’emploi, pour l’ombre d’un reclassement aléatoire. Ni de permettre au patronat de rejeter la formation hors du temps de travail et de ne pas en payer le coût. Les formations des demandeurs d’emploi doivent être rétribuées dans les mêmes conditions que le chômage : 75 % des derniers salaires. Ce droit sera financé dans le cadre du droit au revenu de la Sécurité sociale professionnelle, de l’assurance maladie et de la retraite.

Cela impose la création d’un grand service public de la formation professionnelle doté des moyens nécessaires, tant humains que financiers permettant de délivrer des certifications reconnues par l’Etat et intégrées dans les conventions collectives.

Ce droit à la formation ne doit pas permettre de légitimer l’abaissement du niveau du socle minimum de connaissances que l’école doit permettre à chacun d’acquérir, sous prétexte que le droit à la formation continue serait d’autant plus élevé que la formation initiale aurait été courte. Rien ne vaut une formation initiale de qualité : il ne peut être question de se résigner à envoyer un enfant de 14 ans au travail, y compris de nuit, pour lui promettre, plus tard une formation prétendument de « rattrapage ».

Pour une bonne Sécurité sociale professionnelle, il est nécessaire d’écarter deux illusions.

La première illusion : considérer que la mobilité de l’emploi est une conséquence inéluctable des mutations technologiques. Ce n’est pas vrai, la durée des CDI s’allonge.

La deuxième illusion : croire que la Sécurité sociale professionnelle puisse se substituer à la lutte contre les licenciements abusifs et pour le plein emploi.

Une véritable sécurité sociale professionnelle devra s’accompagner de toutes les mesures destinées à sécuriser l’emploi. Il s’agit d’un droit lié à la personne qui n’est pas contradictoire ni substituable mais complémentaire aux droits collectifs liés au contrat de travail.

 

10°) Renforcer les moyens de l’Inspection du travail.

 

L’établissement d’un réel contrôle sur le pouvoir des employeurs et des actionnaires demandera un accroissement substantiel des effectifs et des moyens de l’inspection du travail autant que de droits syndicaux nouveaux. Le nombre de sections d’inspection sera au moins doublé pour permettre le respect des droits des 18 millions de salariés actifs dans le secteur privé.

Il s’agit d’un choix de société : les lois de la République doivent l’emporter sur le marché, l’Etat de droit doit régner dans les entreprises comme ailleurs. Nous combattons, en tant que socialistes pour que l’économie soit subordonnée aux besoins des humains et pas l’inverse.

Toute cette bataille pour un nouvel ordre public social, devra être accompagné d’un renforcement du droit pénal du travail : sanctions effectives plus fortes, directives aux Parquets plus strictes contre la délinquance patronale. Il est insupportable pour une société équilibrée que « ceux d’en haut », et parmi eux, les chefs d’entreprise, ne montrent pas l’exemple, alors que les sanctions tombent drues sur les jeunes des banlieues sans travail et sans avenir.

 

Gérard Filoche

 

 

 

Salaires des patrons Valls et Gattaz : une bataille dans un verre d’eau qui coûte cher

 

Par Jean-Jacques Chavigné

Le projet de loi El Khomri vise à diminuer brutalement toutes les protections des salariés, à faire sauter les principaux obstacles à leurs licenciements et à permettre, ainsi, leur exploitation accrue. Sous prétexte de faire reculer le chômage, le seul objectif est d’augmenter les profits des entreprises et cela commence à se voir, à une échelle de masse.

 

Dans un tel contexte, les rémunérations indécentes de plusieurs dirigeants de sociétés du CAC 40 (Carlos Ghosn chez Renault, Carlos Tavares chez PSA, Olivier Brandicourt, de Sanofi ou Paul Hermelin, de Capgemini…) font très mauvais effet. Ces rémunérations indiquent clairement que les sacrifices ne sont pas imposés à tout le monde et qu’au contraire, les sacrifices des uns nourrissent la cupidité sans limite des autres.

 

François Hollande et Manuel Valls se devaient donc de réagir, de faire beaucoup de bruit ; mais surtout ne rien changer pour ne pas froisser le patronat.

 

La rémunération indécente des dirigeants des entreprises du CAC 40

La rémunération de Carlos Ghosn atteint 7,25 millions d’euros, pour l’année 2015, (sans compter les 8 millions d’euros perçus pour la direction de Nissan). Celle de Carlos Tavares a doublé pour atteindre 5,24 millions d’euros. Les résultats dont il se prévaut ont, pourtant, pour source principale le licenciement de 8 000 salariés de l’entreprise, lors du « plan de sécurisation de l’emploi » (sic) de 2013. Le sommet est, cependant, atteint par Olivier Brandicourt, à la tête de Sanofi : 16,6 millions de rémunérations. Le PDG du groupe Capgemini, Paul Hermelin, autoproclamé « seul patron socialiste du CAC 40 », voit sa rémunération augmenter de 18 % et atteindre 4,43 millions d’euros.

Mais le scandale ne s’arrête pas là, la rémunération des quarante patrons du CAC 40 représente, 4,2 milliards d’euros, au total, En moyenne, 240 fois le Smic, pour chacun de ces dirigeants. Il est difficile de penser que les 41 milliards d’euros accordés aux entreprises par le CICE et le « pacte de responsabilité » n’ont pas servi, d’une façon ou une autre, à maintenir ou augmenter ce pactole.

Le débat entre Manuel Valls et Pierre Gattaz ne porte pas sur le montant des rémunérations patronales

Le débat entre le Medef et le Premier ministre se cantonne à savoir qui doit décider du montant des rémunérations des dirigeants d’entreprise, et peu importe le montant de ces rémunérations.

Pour le Medef, il faut faire confiance aux conseils d’administration des entreprises pour s’autoréguler, même s’il a fini par admettre que ces conseils devraient « examiner » le résultat du vote des assemblées générales d’actionnaires. Le léger recul de Pierre Gattaz tient au fâcheux effet produit par le maintien de la rémunération de 7,2 millions d’euros de Carlos Ghosn, alors que l’assemblée générale des actionnaires de Renault avait émis un vote négatif de 54 %.

Pour Manuel Valls, c’est aux assemblées générales d’actionnaires de décider du montant des rémunérations des dirigeants. C’est ce qu’il propose d’inscrire dans la loi Sapin 2 qui devrait bientôt être soumise au Parlement. Dans cette optique, l’augmentation de 18 % de la rémunération du PDG de Capgemini, votée à 91,55 % par l’assemblée générale, ne sera pas remise en question et Paul Hermelin pourra parfaitement percevoir sa rémunération de 4,43 millions d’euros.

Avec Manuel Valls, la loi est aussi dure pour les salariés qu’elle sait être douce pour le patronat.

Suffrage universel contre suffrage censitaire

L’amendement que Manuel Valls se propose d’intégrer au projet de loi Sapin 2 n’a pas pour fonction de limiter l’écart maximum des rémunérations pour faire avancer l’égalité dans la société française toute entière. Il s’agit simplement de savoir qui décide du montant de la rémunération des dirigeants d’une société, quel que soit le montant de cette rémunération : le conseil d’administration ou l’assemblée générale des actionnaires.

Pourtant, alors que la loi est (excepté lorsqu’il est fait usage du 49.3) l’expression du suffrage universel - un humain, une voix -, il n’en va pas de même dans une assemblée générale d’actionnaires où règne le suffrage censitaire : une action, une voix.

C’est pourtant ce suffrage censitaire que le Premier ministre de la République fait prévaloir sur le suffrage universel.

Pas de rémunération supérieure à 20 smic

Aucun travail d’un être humain ne peut valoir plus de 20 fois celui d’un autre humain. Quels résultats Carlos Ghosn pourrait-il obtenir, sans tous les salariés qui s’échinent sur les chaînes de production, dans les bureaux d’étude de Renault ?

La fuite des « cerveaux », brandie par le Medef et Emmanuel Macron, est une étrange menace. Il suffit de constater les résultats de l’économie française, lorsque la loi cesse d’encadrer les agissements de ces « cerveaux », pour constater que ce ne serait pas une très grande perte. Leur seule véritable compétence est de se montrer plus habiles que d’autres pour exploiter, licencier les salariés, délocaliser… afin d’augmenter les profits et les rémunérations des actionnaires.

Un gouvernement de gauche, soucieux d’égalité sociale, devrait voter une loi limitant la rémunération maximale d’un dirigeant d’entreprise (salaire fixe, salaire variable, primes diverses, stock-options…) à 20 smic.

L’unité de 99,99 % de la population française pourrait se réaliser sur cette mesure. Pourquoi Manuel Valls, qui affirme pourtant avoir pour seul objectif l’ « unité nationale », s’obstine-t-il à ne défendre que les seuls intérêts des 0,01 % restants ?

 

Il est plus que temps de séparer le Medef de l’Etat

 

« La réforme du droit du travail, voulue et imposée par le gouvernement Valls, est le minimum qu’il faut faire » (1). C’est Juncker le président de la Commission européenne qui ose ainsi s’exprimer, lui qui fut de nombreuses années premier ministre d’un paradis fiscal, le Luxembourg !

Les choses sont claires. Les libéraux veulent casser la résistance des salariés, et pour cela diminuer brutalement les protections que les luttes sociales leur ont permis de conquérir.  Non seulement le gouvernement français l’accepte mais, sous la coupe des jusqu’au-boutistes Valls et Macron, il s’obstine à vouloir imposer le projet de loi El Khomri, rejeté par 74 % de la population et sans majorité au Parlement.

Le mouvement social dure, s’étend, cherche de nouvelles formes d’action : « on ne lâche rien » !

Il faut à nouveau être massivement en grève et dans la rue le 26 mai  à l’appel de l’intersyndicale. Journées d’action, blocages et la perspective d’une manifestation nationale le 14 juin vont permettre au mouvement de persister.

Si cela est possible, c’est que cette lutte est soutenue par une grande majorité des salariés du pays. Mais ils sont aussi nombreux à dire : « on voudrait bien faire grève nous aussi, mais on n’a pas les moyens » (2).

Les actions menées ont pour but de les convaincre que leur intérêt est de rentrer eux aussi dans l’action. Car l’action paie :

-les routiers ont obtenu d’être exclus de la loi El Khomri sur le paiement du temps de travail (et donc des heures supplémentaires).

-tout comme avant eux, les intermittents avaient obtenu satisfaction en occupant les salles de spectacles, les théâtres.

Le gouvernement est impopulaire, il est faible, il craint plus que tout une généralisation des grèves.

Séparer le Medef de l’État :

cette exigence monte dans la société. Et c’est une bonne chose ! Contrairement à ses promesses, François Hollande ne s’est pas attaqué au monde de la finance. La collusion de Bercy, des banques et du Medef est restée intacte. Qu’une banque comme la BNP soit obligée de fermer ses filiales aux îles Caïmans est « porteur d’espoir », cela signifie que « l’action citoyenne désobéissante secondée par les lanceurs d’alerte, peut mettre en échec cette collusion » (3).

Se battre aujourd’hui pour la fin des paradis fiscaux ou pour l’abandon des « réformes structurelles » libérales, comme la funeste loi El Khomri, c’est la forme moderne du combat mené depuis toujours par les socialistes contre la caste des privilégiés.

(1) Le Monde du 21 mai

(2) Reportage de France Bleu Loire Océan lors du blocage de la zone portuaire de St Nazaire le 24 mai

(3) Attac 24 mai

 

 

JJ Chavigne, la lettre hebdo de D&S

 

 

Il n’y a qu’en dehors de la ligne représentée par Hollande et Valls qu’il existe désormais une alternative majoritaire à gauche

Annoncer ce matin à l’orée de la semaine de convergence de toutes les luttes, qu’il refuse de retirer le texte scélérat de la loi Uber El Khomri alors que la France entière majoritairement se dresse contre lui, est folie irresponsable de la part de Francois Hollande,

 

Même Chirac deux jours après avoir dit cela, retirait, il y a dix ans, le CPE

 

Or la casse de 100 ans de code du travail,  la casse des 40 h de Blum, des 39 h de Mitterrand, des 35 h de Jospin, la baisse du salaire des heures supp’  l’allongement des durées du travail, la diminution  des repos quotidiens, tout cela est intolérable

 

c’est la loi la plus scélérate de l’histoire de la  gauche

 

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Comment Manuel Valls critiquait le gouvernement Fillon lors de la pénurie de carburant en 2010

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ARCHIVES – D’une grogne sociale à l’autre. Fin 2010, confronté -lui aussi- à des mouvements sociaux dans les raffineries de pétrole et à des blocages de dépôts de carburant, le gouvernement de François Fillon avait mené jusqu’au bout sa réforme des retraites prévoyant notamment le relèvement à 62 ans de l’âge légal de départ à la retraite. Malgré une forte contestation syndicale et de nombreuses manifestations de grande ampleur, l’exécutif n’avait rien lâché. Un « passage en force » dénoncé vigoureusement à l’époque par un certain… Manuel Valls qui doit aujourd’hui se défendre des mêmes accusations sur la loi Travail.

Interrogé par iTélé, le 19 octobre 2010 à propos de la pénurie de carburant, Manuel Valls (qui s’exprimait presque au futur « en tant que responsable politique d’une formation qui vise à gouverner ») disait son refus des blocages mais il faisait endosser la responsabilité de la paralysie au gouvernement Fillon, accusé de refuser le dialogue social. Et de prophétiser que l’absence de concertation se payerait dans les urnes lors de l’élection présidentielle de 2012, tout en soulignant les mérites… des centrales syndicales que le député PS de l’Essonne jugeait alors « extrêmement responsables ».

Ce mardi sur Europe1, le premier ministre Manuel Valls a fustigé « l’impasse » des manifestations anti-loi Travail de la CGT en excluant tout retrait du texte. Comme François Fillon avant lui. La preuves en images :