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Comment résister aux lois Macron, El Khomri et Cie ?
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« Vive l’entreprise ? » LE CODE DU TRAVAIL EN DANGER
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Comment résister à la démolition du Code du travail

Comment résister à la démolition du Code du travail
(G. Filoche, en collaboration avec Richard Abauzit.)
Préface de Thierry Le Paon
Aux Éditions Le Vent se lève, collection Ô Rages ! Nouveauté 116 p. 10 euros -
Une vraie retraite à 60 ans

Une vraie retraite à 60 ans c‘est possible
(G. Filoche, J.J. Chavigné)
Jean-Jacques Chavigné et Gérard Filoche ont publié en 2010 « Une vraie retraite à 60 ans c’est possible » (éditions Jean Claude Gawsewitch). Ils publient courant septembre un nouveau livre intégrant la réforme des retraites de 2010, la crise économique et celle de l’Union européenne, l’arrivée au pouvoir d’un Président et d’un gouvernement de gauche…
Lire la suite -
Le choc

Le choc, après Cahuzac
128 p, 9,90 € Éd. Gawsewitch – en librairie le 13 juin (G. Filoche, C. Gispert, JF Claudon)
Le « choc Cahuzac » du 2 avril 2013 a ébranlé toute la France. Ce jour-là, des millions de citoyens ont découvert, abasourdis, une insupportable vérité.
Le chef du Budget fraudait le Budget.
Le ministre chargé de lutter contre la fraude fiscale trichait.
Le ministre de la rigueur l’appliquait aux autres mais pas à lui. Le défenseur intransigeant de la « règle d’or » planquait son or. L’homme qui jouait le « père la morale » n’avait aucune morale.
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« La dette indigne »

La dette indigne
10 questions, 10 réponses
Par Jean-Jacques Chavigné et Gérard Filoche.Éditions Jean-Claude Gawsewitch, 240 p., 14,90 euros
En 10 questions, 10 réponses, les deux auteurs avancent leurs propositions après un passage en revue détaillé de toutes les solutions présentées : de la restructuration des dettes publiques aux plans d’austérité en passant par la « règle d’or », la sortie de la zone euro, les euro-obligations ou la monétisation des dettes publiques.
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Méta
Terreur barbare au coeur de Paris
16 novembre 2015 – 2:49
A notre camarade, Bernard Grangeon
14 novembre 2015 – 17:41
Dans cette triste situation, nous apprenons le décès, hier soir, vendredi, à Clermont-Ferrand de notre ami et camarade Bernard Grangeon
J’étais loin, en Martinique, et j’ai été ravagé dès que j’ai appris l’accident vasculaire de notre vieil ami Bernard Grangeon, j’ai espéré toute la semaine qu’il s’en tire et reste avec nous. J’adresse toute mon affection, émue, fraternelle, douloureuse, à sa femme et ses enfants. Je sais combien il admirait ses enfants et tenait à sa famille.
C’était mon pote, j’aimais sa gouaille affable, j’avais toujours plaisir à voir ses yeux pétillants.
Pour notre collectif, son décès hier soir, c’est la perte d’un de nos plus vieux et plus cher compagnon. Il a toujours été au coeur de nos choix, de nos luttes, une figure joviale, résolue, efficace. A Clermont-Ferrand, en Auvergne, comme au plan national, il animait le réseau de la gauche socialiste qui, parfois sans le savoir, lui doit beaucoup.
Bernard était quelqu’un sur lequel on pouvait chaleureusement compter, solide et plein de ressources aussi bien théoriques que pratiques. Il était dans le premier rang de notre équipe. Entre autre, il s’occupait de la comptabilité de notre imprimerie et il fut l’organisateur remarquable de la belle conférence de juin 2014 à Bellerive-sur-Allier où 300 militants de tous les courants du parti, de tous les départements se retrouvèrent, contribuant ainsi à la naissance de la motion B. Depuis les années 70, dans l’action politique et syndicale, et depuis plus de 20 ans dans le Parti socialiste nous avons défendu l’idéal de la gauche pour les salaires, la réduction de la durée du travail, la sécurité sociale, les retraites, les services publics, pour l’égalité et la démocratie sociale.
Cela faisait 40 ans que nous étions intimement liés et, depuis 1992, autour de la revue D&S dans les mêmes combats pour le socialisme : c’est dire, si c’est un déchirement et une tristesse terrible, une absence déjà considérable et un compagnon qu’aucun d’entre nous n’oubliera. Salut Bernard, notre grand et estimé camarade.
GF
Bernard (Grangeon) tu as commencé à militer à la CFDT construction.
Tu as commencé fort : 2 mois de grève en 1973 à Centre Auvergne, le plus gros opérateur immobilier de Clermont Ferrand où tu étais employé comme comptable.
Tu militais alors au CERES la tendance de gauche du tout nouveau PS. Peu de temps après la dissolution de la ligue communiste révolutionnaire en 1973 tu rentres à la ligue que tu quitteras en 1993.
Pendant ces 20 ans tu es en première ligne de tous les combats :
• Soutien au comité de soldats
• Soutien au Chili,
• Soutien à la révolution portugaise qui te vaudra une garde à vue suite à un meeting avec des soldats portugais
• Bataille pour l’unité de la gauche en 80 et 81 avec un gouvernement composé de ministres communistes et le désistement pour le candidat le mieux placé.
• Lutte contre le front national et contre la tenue de meeting Le Pen à Clermont.
• Campagne Juquin en 88
• Membre du comité central de la ligue, tu te retrouves de nombreuses fois candidat aux élections locales pour la LCR.
• Aux municipales de 89 tu es élu maire adjoint avec une liste d’union de la gauche à Blanzat.
Tu rentres au PS avec le courant de Gérard Filoche dans la gauche socialiste en 1994.
A la suite du conflit Centre Auvergne tu es licencié. Tu retrouves du travail dans un cabinet comptable où tu restes quelques années. Pendant ce temps tu continues à militer avec la CFDT Construction. Outre ton soutien aux nombreux conflits, tu crées et anime une section syndicale dans les scieries du département.
Puis enfin tu peux rentrer à EDF. A l’EDF tu as notamment animé dans l’intersyndicale la grande grève de 88.
Tu milites dans l’opposition CFDT jusqu’en 2003, date où avec une grande partie des militants de l’union régionale tu rejoins la CGT. Car entre temps l’opposition CFDT est devenue majoritaire en Auvergne fin 94.
Tes connaissances comptables ont été mises à contribution à de nombreuses reprises pour la politique comme pour le syndicalisme.
Tu aimais les chiffres, réfléchir et parler.
Désintéressé, tu as mené le combat pour la justice sociale, pour l’unité sans te soucier de ta carrière ni d’une sécurité financière.
Courageux, tu n’as pas hésité à prendre des risques pour assumer toutes tes convictions. Tu as résisté aux calomnies.
Généreux, tu as donné aux autres durant toute ta vie militante, tu aimais rendre service gratuitement.
Serviable, nous avons été nombreux à te solliciter en cas de besoin pour tes compétences ou tes connaissances et tu étais toujours présent.
Sylvie, Florian soyez fier de Bernard comme il était fier de vous.
Bernard aujourd’hui nous pleurons ton départ mais nous te remercions de tout ce que tu as apporté à l’humanité.
Tu ne seras plus avec nous physiquement mais nous garderons toujours ta mémoire.
René Defroment
Tribune pour Le Parisien sur les sanctions injustifiées contre les salariés d’Air France
13 novembre 2015 – 15:07
Bonjour Monsieur,
Je vous contacte aujourd’hui pour savoir si vous auriez envie de réagir à l’annonce des sanctions contre les salariés d’Air France sous forme de tribune :http://www.leparisien.fr/economie/emploi/licenciement-de-4-salaries-d-air-france-la-colere-des-syndicats-13-11-2015-5272311.php
Est-ce qu’elles vous semblent justifiées ? Exagérées ?
Totalement injustifiées. C’est un peu comme dans l’Ancien temps où les manants étaient punis pour les fautes de leur seigneur. Le premier délinquant chronologiquement c’est le PDG d’Air France De Juniac. Avec l’appui des 3 représentants de l’état (donc avec la décision initiale de MM. Valls et Macron), De Juniac fait adopter un « plan » de 2900 suppressions d’emploi au Conseil d’administration le 2 octobre. Mais il le rend public à la veille du CCE d’Air France du 5 octobre. C’est un « délit d’entrave » caractéristique qui est à l’origine de tout ce qui suit. L’explosion de colère des salariés est provoquée par ce délit : leurs élus viennent à une réunion où les dés sont pipés et tout est bouclé d’avance. Alors qu’ils ont déjà fait des sacrifices énormes dans un « plan » précédent. Ce qui est surprenant c’est qu’avec pareille provocation, il n’y ait pas eu davantage de chemises déchirées. Puis l’état et Air France reculent : Ségolène Royal déclarent que « les torts sont partagés » : s’ils sont partagés pourquoi est ce seulement les salariés qui sont arrêtés au petit matin, et licenciés avant même qu’il y ait un jugement ? Le pénal tient le civil en l’état : alors pourquoi la direction frappe t elle les salariés sans même attendre le jugement du 4 décembre ? Parce qu’elle se sent morveuse ? Ensuite le Président lui même dira que l’arrestation des salariés au petit matin n’était pas forcément la meilleure procédure (elle n’est utilisée que dans 1% des cas). Et puis il sera dit officiellement que « le plan de 2900 suppressions de postes peut être évité » : tout ça pour ça ? Si cela « pouvait être évité », alors les représentants de l’état et le PDG sont les responsables, ils doivent des excuses aux salariés et doivent redresser le tir en mettant fin immédiatement à toutes ces poursuites qui se révèlent indignes.
Utiles ou non ?
Evidemment contre productives. Air France a été obligé de révéler quelques jours plus tard, que les bénéfices du trimestre précédent dépassaient tous les records historiques de l’entreprise depuis 2008. 88 % de taux de remplissage, 85 millions de touristes, prix de l’essence jamais aussi bas, sacrifices considérables des salariés… Air France va bien ! Mais cela dépend de quel point de vue se gère l’entreprise : d’un point de vue financiariste ou d’un point de vue industriel. Les dirigeants d’Air France sont, comme tant de patrons d’aujourd’hui, des fanatiques financiaristes: ils préfèrent donner la priorité au remboursement d’une dette qui n’est pas excessive plutôt qu’au développement de l’entreprise. Ils remboursent 900 millions en un an au lieu d’acheter 900 millions d’essence a bas prix, par exemple. Ils vont réduire la voilure d’Air France pour donner la priorité au low cost. Pour aller vite, leur projet est de fermer Air France réduite à quelques grande lignes prestigieuses et de « ryaniser » l’entreprise : le projet n’est pas industriel, ni productivité, ni compétitivité, le seul but recherché c’est l’augmentation des marges des actionnaires. A la fin, les pilotes seront « ‘auto-entrepreneurs » comme à Ryan air. De Juniac s’augmente de 72 %, les actionnaires gagnent 60 % de plus, 150 millions d’euros sont mis de cote pour les retraites chapeaux. C’est la casse d’une grande entreprise du pays : comme cela a été fait pour la marine marchande, et en ce moment pour la SNCF ou le gouvernement ferme 40 % de TER pour le low cost de milliers d’autocars-Macron.
Qu’en pensez-vous ?
C’est que « passé les bornes il n ‘y a plus de limites ». Tout ce que fait ce gouvernement de gauche est la tête à l’envers. Des candidats comme Pierre de Saintignon, dans le Nord Pas de Calais Picardie, pour lequel je vote avec plaisir, ont « les pattes sciées » par ce genre de politique -même s’il fait une campagne excellente. Comment peut on prétendre défendre les valeurs de la gauche, en faisant la politique de la droite puis en se fondant avec elle ? L’honneur de la gauche serait d’arrêter immédiatement les poursuites, de reconnaitre que les salariés et leurs syndicats avaient raison, et de changer la façon de défendre les grandes entreprises de notre pays au lieu de les brader sous les ordres destructeurs de la finance.
Merci beaucoup. Bien à vous, Louise Pothier
ce vendredi 13 novembre : Gérard Filoche défend le droit du travail à Florange
13 novembre 2015 – 12:16
Le code du travail est-il vraiment trop compliqué ? Pour en débattre, Gérard Filoche sera vendredi, à Florange. Invité de Polar sur la ville, l’ancien inspecteur du travail, membre du bureau national du PS, dénonce la réforme annoncée.
09/11/2015 à 09:00, actualisé à 09:28
l’est republicain
Le projet de réforme du code du travail vient d’être présenté par la ministre Myriam El Khomi. Cette réforme est présentée comme nécessaire face à un code du travail trop lourd et trop complexe. Vous avez été inspecteur du travail pendant trente ans. Combien pèse réellement le code du travail ?
Gérard FILOCHE : « 250 g ! Pujadas est un falsificateur ( le présentateur de France 2 a plusieurs fois mis en avant à l’antenne un code de 3 000 pages N.D.L.R. ) Le code du travail c’est 675 pages de loi et 3 500 pages de commentaires. Le présenter comme ça, c’est comme si vous présentiez Sagan amendé par Proust. Le code du travail est en fait le plus petit de nos codes. »
Ne faut-il pas au moins le rendre plus « lisible » ?
« Le code est lisible pour ceux qui veulent le lire ! Tout ceci c’est de la manipulation et un geste de mépris pour les 18 milions de salariés. Le code du travail ce sont les acquis de cent ans de luttes, de larmes, de sueur, de sang. »
Quel est alors l’intérêt de cette réforme ? Le gouvernement évoque sa volonté de « refonder le modèle social » ?
« C’est du baratin. L’objectif de cette réforme tient en une phrase de François Hollande : « Il faut adapter le droit du travail aux entreprises « . Depuis plus d’un siècle nous nous battons pour le contraire : adapter les entreprises au respect du droit humain. Le droit du travail c’est le droit des humains. Mais aujourd’hui c’est la finance qui dirige. Pierre Gattaz ( président du Medef ) a dit « le code du travail c’est l’ennemi numéro 1″, on veut se débarrasser de l’ennemi numéro 1. »
Quelle est votre crainte ?
« La loi s’impose sur les accords d’entreprises. Cela ne devrait pas être remis en question mais ce que l’on peut craindre, c’est du chantage au licenciement. Regardez l’escroquerie du référendum chez Smart à Hambach alors que Daimler n’a aucun problème économique. C’est la même manipulation depuis Napoléon III, on met un canon sur la tempe des employés. Sur le flingue c’est marqué « pôle emploi ». »
Quelle serait pour vous la bonne réforme du code du travail ?
« ll faut le renforcer pas l’affaiblir. Je peux leur donner dix mesures pour mieux protéger les salariés et les petits patrons – réduire la durée légale du travail, empêcher la précarité, établir un nouveau contrôle sur les licenciements, réguler la sous-traitance… – Ces dix points avaient été pris en compte dans le projet socialiste en 2011, il était écrit qu’on allait reconstruire le code du travail pas le démolir. »
Vous êtes invité par Polars sur la ville à Florange. Florange ça vous inspire ?
« À Florange, j’étais pour la nationalisation. ( La nationalisation temporaire, de la filière liquide d’ArcelorMittal envisagée en 2012 pour sauver les hauts-fourneaux N.D.L.R. ) Ne pas l’avoir fait est une erreur politique, économique et sociale. »
Vous n’épargnez pas le gouvernement, Manuel Valls et Emmanuel Macron en tête. Comment vous sentez-vous au sein du PS ?
« Majoritaire ! Chez les militants, il n’y a pas de doute. Mais le parti ne sert à rien quand c’est le pouvoir personnel qui décide… »
Est-ce vraiment le code du travail qui est compliqué ? Débat avec Gérard Filoche, vendredi 13 novembre,
à 20 h 30, au bar de La Passerelle à Florange. Entrée libre.
Abrogez les trois CDD consécutifs !
3 novembre 2015 – 10:54
Il y a deux ans seulement (lors de l’accord national interprofessionnel du 11 janvier 2013 et la loi du 14 juin 2013), il était encore question de lutter contre la précarité des jeunes au travail. L’idée était même de taxer les contrats à durée déterminée (CDD) pour dissuader les patrons d’en user.
La loi Rebsamen fait le contraire : elle fait un tournant à 180 degrés, elle organise la précarité des jeunes au travail. Au lieu d’un contrat à durée indéterminée (CDI), elle prévoit trois CDD. C’est comme le CPE de 2006 (contrat première embauche que Jacques Chirac a dû abroger devant les manifestations de centaines de milliers de jeunes), mais c’est sur 18 mois. Trois CDD consécutifs sont maintenant possibles.
Ça touchera surtout les jeunes qui arrivent au travail sans expérience professionnelle, ça n’a pas de sens, ça ne fera pas davantage de boulot. C’est une brimade anti-jeunes. Le CPE de 2006, c’était la menace d’être viré sans motif pendant 24 mois. Avec la loi Rebsamen, on peut désormais être viré trois fois en 18 mois, sans motif, ou bien pris trois fois selon le bon vouloir du patron, à la tête du jeune, sans justification.
80 % des jeunes sont embauchés en CDD, 20 % en CDI, en flux, alors que 85 % des contrats en stock sont des CDI : c’est une discrimination par l’âge, pas une contrainte économique.
Stop! Je ne veux pas apprendre après 545 jours que je ne fais pas l’affaire : 545 jours à être moins payé, 545 jours à taire les problèmes rencontrés, 545 jours à espérer en vain. 545 jours pour apprendre que je ne suis plus rien! Abrogez les trois CDD consécutifs ! Abrogez la précarité spécialement organisée pour les jeunes ! Nous appelons à la mobilisation pour imposer le retrait des trois CDD consécutifs. ■
Premiers Signataires : Tuncay Cilgi (collectif Stop3cdd, Initiateur De L’appel),
Btissam Mnari (collectif Stop3cdd, Initiateur De L’appel),
Philippe Martinez (secrétaire Général De La Cgt),
Fabienne Ferrerons (responsable De La Jeunesse Ouvrière Chrétienne),
William Martinet (président De L’unef),
Ismaël Chbani (secrétaire Général De L’unl),
Xavier Hasendahl (responsable De La Fidl),
Karim Benchaïb (responsable Maison Des Potes),
Victor Vauquois (codirigeant Des Jeunes écologistes),
Nordine Idir (président Du Mouvement Des Jeunes Communistes De France).
Site Internet : Stop3cdd.fr
Pour battre la droite, changer la gauche
2 novembre 2015 – 19:53
Ainsi JC Cambadelis nous avait demandé le 16 octobre de voter en force pour l’unité de la gauche… dans le but de l’imposer à nos partenaires. C’était pour se rassurer, car pour convaincre c’était la pire méthode.
Surtout après avoir théorisé le « tripartisme » FN, UMP, PS. Et après avoir reproché à l’UMP le « ni ni » afin d’accuser celle-ci de ne pas prendre ses responsabilités contre le FN dans un désistement républicain réciproque entre UMP et PS.
Ceux qui veulent suivre, à partir de là, la stratégie de la direction du PS, du gouvernement et de la présidence, doivent avoir un peu de difficultés.
Car J.C. Cambadelis s’est, depuis, ravisé : il a affirmé que, vu les propos de Bertrand et Estrosi contre les réfugiés, il n’est plus question de se désister pour eux et que le PS se maintiendra. Cette fois, quitte à laisser passer le FN car c’était pareil. C’est lui qui reprenait le « ni ni ». Pas question qu’il n’y ait plus d’élus dans le NPDC (Nord Pas de Calais) et dans PACA (Provence Alpes Cote d’Azur). D’autant que les listes PG-Verts pourraient atteindre plus de 10 % et se maintenir donc ravir les seuls élus à gauche en cas de désistement du PS pour l’UMP.
A partir de là tout va en vrille : l’idée s’impose de façon chaotique à la direction du PS, du gouvernement et de l’Elysée, que la bataille des élections n’est plus sur la « question sociale » mais sur celles « des valeurs ». Dans ce cas, la « valeur » c’est de faire barrage au FN et d’être second face à lui. Bataille politicienne qui n’enchante pas la tête de liste du PS dans le Nord : Pierre De Saintignon sait, lui, qu’il lui faut, pour gagner, parler social et il refuse explicitement toute présence de Macron symbole anti social. Il est pour l’union sans Macron.
Mais ce n’est pas fini, car la droite UMP semble décidée à ne pas lâcher la 2° place – dans les sondages en tout cas. Que faire dans cette hypothèse sérieuse ?
Valls lâche Cambadélis visiblement : l’ennemi est bien le FN, pas l’UMP. Il re-grossit le danger de ce dernier frontalement : cela lui vaut à son tour d’être repoussé logiquement par Pierre de Saintignon qui considère que ce ne sont pas des choses qu’il faut dire « quand on fait campagne » et qu’on veut gagner, que ça accrédite le FN et que c’est préparer la défaite et qu’il ne restera plus alors qu’à laisser l’UMP devant et à rafler tout.
Résultat : Valls qui a annoncé un tour de France, ne va pas dans le Nord, c’est Cambadelis qui va à Lille.
D’ailleurs Valls voyant les difficultés de revenir au désistement inconditionnel, va jusqu’à étudier l’hypothèse de la fusion des listes anti FN. Donc d’une fusion des listes UMP-PS. Plus seulement un front républicain passif, mais un front républicain actif. Quitte à accréditer l’UMPS tant décrié par Le Pen. Plus question d’aller donner le change avec un alliance avec les Verts recentrés : Valls confirme donc, sans état d’âme, l’aéroport Notre Dame des Landes, et plus question d’unité à gauche, il confirme l’attaque contre le code du travail, contre la fonction publique, pour le « compte personnel d’activité ». Peu lui chaut que ça fasse perdre des voix puisque sa stratégie n’est pas l’unité de la gauche mais l’unité avec l’UMP.
En gros Valls propose à Pierre de Saintignon d’être élu sur une liste UMP, Cambadelis lui propose d’être élu sur une liste PS mais dans un CR UMP FN. Aucun des deux ne lui donnent les moyens de gagner alors que Pierre de Saintignon est le seul à faire une campagne « sociale ».
Là, à ce stade, ils ont fait deux fois le tour à 360° des ressources stratégiques possibles anti-FN sur… « les valeurs ». Ils lâchent « le social », creusant leur tombe, et tâtonnent vers une « union nationale » anti FN. Quitte à paraître paniquer et dans le cas évidemment probable ou l’UMP refuse, se retrouver seuls, nus, sans « valeur », sans « social » et sans… liste.
Dans tout cela, il y a un climat de déroute. Car pour affronter le Pen, en l’érigeant en ennemie principale dés le premier tour, il faut être assuré de participer au deuxième. Sinon, c’est bien de déroute qu’il s’agit. Transposé à la présidentielle, tout cela est catastrophique : certains vous diront qu’avec une stratégie comme ça, c’est déjà joué, le 2° tour sera entre Le Pen et le candidat UMP. Hélas !
Nous, nous voulons garder la ligne : battre la droite, changer la gauche.
Il faut renverser le cours tragique de la déroute. Unifier la gauche sur une plateforme de gouvernement rose rouge, verte. Travailler coute que coute à l’unité de toute la gauche. Et plutôt que d’avoir un candidat résigné et brouillé des le départ avec tout ou partie de la gauche, et tentant de passer par contrainte au deuxième, il faut tenter un candidat unique enthousiasmant et unifiant la gauche dés les premier tour. Pour cela, il faut des primaires, c’est le seul moyen. Nous proposons donc, pour battre la droite et le Pen, une plateforme et un seul candidat désigné par des primaires de toute la gauche.
Trop de morts : Arcelor et l’Etat doivent cesser d’employer des intérimaires
1 novembre 2015 – 11:10
Il y a quelque chose de profondément choquant, dans une entreprise qui a connu 200 accidents du travail mortels depuis 1962, de continuer ainsi…sans frein ni honte et dans le plus grand silence médiatique. Les militants des syndicats CGT de Randstad ont pourtant manifesté le jeudi 15 octobre à Dunkerque pour demander que cela cesse : ils ont été reçus par un sous préfet… mais sans suite ! Alors ils ont fait une demande exceptionnelle qui a été acceptée par leur entreprise de travail intérimaire Randstad : retirer immédiatement 28 intérimaires qui se trouvaient chez ArcelorMittal Dunkerque par mesure de sécurité en constatant que leurs postes n’étaient pas « mis au niveau de sécurité attendu » Les contrats s’achevaient vendredi 27 octobre : ils ne seront pas renouvelés. Une autre affectation leur sera proposée et la garantie d’un maintien de salaire.
ArcelorMittal n’a pas souhaité commenter « à ce stade » la décision de Randstad mais a assuré appliquer sur tous ses sites des règles de sécurité « strictement identiques pour l’ensemble des opérateurs, qu’ils soient internes à l’entreprise, sous-traitants ou intérimaires ». Mais on sait bien qu’ils ont eu quatre décès depuis fin décembre 2014 (trois à l’usine de Grande-Synthe, un à Fos-sur-Mer dans les Bouches-du-Rhône) et qu’il n’en est rien. Lorsque la CGT a demandé une expertise du CHSCT, la direction d’Arcelor s’y est opposé et la demande est au tribunal. Même Randstad, avoue qu’il y a un « diagnostic partagé avec notre client » et un travail de « longue haleine » faisant ressortir des » lacunes dans les équipements de protection des personnels (ex: harnais), des parcours ou encore la détection des gaz « .
Le syndicat CGT du groupe sidérurgique a invité l’ensemble des autres entreprises d’intérim à faire de même. Dans une lettre ouverte à l’organisme patronal du secteur, la CGT a demandé vendredi à Prism’emploi d’«exiger » de ses 600 adhérents « le retrait immédiat des salariés intérimaires du groupe ArcelorMittal ». Mais ça restera sans écho si l’état ne pèse pas : Valls, Macron, El Khoumri feraient bien d’ouvrir le code du travail plutôt que de le ré écrire.
Gérard Filoche (chronique « au boulot » n°267 chaque semaine dans l’Humanité dimanche)
Randstad retire 28 intérimaires d’ArcelorMittal Dunkerque par mesure de sécurité
Publié le 30/10/2015
Nord Littoral

L’agence de travail temporaire Randstad a retiré vendredi 28 intérimaires employés sur l’usine ArcelorMittal de Dunkerque en attendant que leurs postes soient «mis au niveau de sécurité attendu» et le syndicat CGT du groupe sidérurgique a invité l’ensemble des entreprises d’intérim à faire de même.
«Nous avons décidé de retirer 28 personnes sur les 70 actuellement déléguées sur le site de Grande-Synthe jusqu’à ce que leurs postes soient mis au niveau de sécurité attendu», a confirmé Sophie Durand, directrice de la communication de Randstad, après une information de la CGT.
Pour la majorité des personnes, les contrats s’achevaient vendredi soir et ne seront pas renouvelés, précise-t-elle. Une autre affectation sera proposée aux autres, avec la garantie d’un maintien de salaire.
ArcelorMittal n’a pas souhaité commenter «à ce stade» la décision de Randstad mais a assuré appliquer sur tous ses sites des règles de sécurité «strictement identiques pour l’ensemble des opérateurs, qu’ils soient internes à l’entreprise, sous-traitants ou intérimaires».
Le groupe, qui déplore quatre décès sur ses sites français depuis fin décembre 2014 (trois à l’usine de Grande-Synthe, un à Fos-sur-Mer dans les Bouches-du-Rhône), indique avoir pris des «mesures de renforcement de la sécurité» après ces accidents.
Selon la CGT, trois de ces travailleurs étaient intérimaires, mais aucun chez Randstad.
Selon la porte-parole de Randstad, cette décision «n’est pas une réponse à une injonction de la CGT», qui revendique avoir «obtenu» le retrait des intérimaires, mais la conséquence d’un «diagnostic partagé avec notre client» et un travail de «longue haleine» faisant ressortir des lacunes dans les équipements de protection des personnels (ex: harnais), des parcours ou encore la détection des gaz.
Dans une lettre ouverte à l’organisme patronal du secteur, la CGT a demandé vendredi à Prism’emploi d’«exiger» de ses 600 adhérents «le retrait immédiat des salariés intérimaires du groupe ArcelorMittal».
Droit au repos des patrons boulangers
30 octobre 2015 – 22:43
Un boulanger de Saint-Paul les Dax, dans les Landes, qui a voulu faire fonctionner son four à pain 7 jours sur 7, a été condamné – à juste titre – pour cela. Et tous les séides opposés au droit du travail osent s’en indigner.
Il « a beau arguer que ses 22 salariés ont tous leurs 2 jours de congé hebdomadaire et que s’il applique la journée de repos, le manque à gagner le forcera à licencier, le message sous-jacent est suffisamment factieux pour que la Préfecture lui ordonne illico d’appliquer le règlement. « Une véritable provocation » s’insurge André Bercoff dans le Figaro.
Hé oui, il y a des règlements relevant du droit de la concurrence (pas le code du travail) qui obligent les patrons boulangers à fermer au moins un jour par semaine. C’est ordinaire et légitime pour les commerçants. Histoire de permettre qu’ils se reposent à tour de rôle à égalité. Ca les protège contre eux-mêmes. Ceux qui trichent prennent le pain… des autres. La mauvaise foi évidente d’un petit patron avide ne suffit pas à lui autoriser le viol déloyal de la concurrence et il doit donc être empêché et sanctionné, dans l’intérêt général des autres patrons boulangers : le Préfet à raison.
Mais regardez comment la manipulation s’opère : Le Figaro, Bercoff et quelques autres dénoncent le fait qu’ « en France, en 2015, travailler tous les jours, même si employeurs et salariés sont d’accord, même si chacun y trouve son compte » soit interdit. Les voilà qui attaquent, dans la foulée, le Code du travail, la durée maxima du travail des salariés qui est de 48 h et leur repos hebdomadaire obligatoire. Vous lisez bien : pas seulement le repos du dimanche : le repos hebdomadaire ! Le « droit » devrait être de « travailler 7 jours sur 7 »… si on veut. Sinon, ose écrire Bercoff, ça veut dire que « l’ennemi c’est le travail » !
Il a fallu 80 ans de 1840 à 1920 pour passer de la journée de 17 h à la journée de 10 h. Il a fallu 70 ans entre 1936 et 2002 pour passer de la semaine de 40 h à la semaine de 35 h. Nous avons ainsi réussi, à doubler le nombre d’emplois, à produire plus, à gagner plus en travaillant moins. Et nous protégeons ce progrès en imposant une durée quotidienne du travail limitée à 10 h et une durée maxima du travail hebdomadaire limitée à 48 h avec un repos dominical depuis 1906.
Oui la loi interdit de travailler plus de 6 jours sur 7, pour protéger l’emploi et la santé, la vie et le salaire des salariés. Un patron qui fait travailler un de ses subordonnés plus de 10 h et plus de 48 h commet un délit. Oui, il doit être contrôlé et sanctionné, comme un délinquant – telle est la loi, l’ordre public social existant, depuis 70 ans.
à lire dans l’Humanité Dimanche chronique hebdomadaire « au boulot » n° 227 12 février 2015
Au boulot n°265
La loi et le goût du pain
Le patron boulanger des Landes continue à faire des siennes : il veut travailler sept jours sur sept. Il prétend qu’il fera deux embauches en plus des 24 salariés qu’il emploie déjà. Il a fait trois émules autour de Dax et en Béarn. Ils violent, ce faisant, la réglementation, et ils ont tous été condamnés à des amendes qui montent jusqu’à 1500 euros. Leur volonté de travailler 7 jours sur 7 sans limites a même été exaltée, nous dit on, à New York : par les « tea party », aile droite du parti républicain américain, ceux qui veulent tout déréglementer. Et ici, l’occasion était trop belle au milieu des méandres de la loi Macron : Nathalie Kosciusco-Morizet et Nicolas Sarkozy n’ont pas hésité à aller soutenir ces forçats du « non stop ». Coup politicien : « Il faut travailler plus et rien ne doit empêcher ceux qui le veulent ». Les idéologues de droite manipulent : « Comment ose t on empêcher la liberté du travail » ? Valls, y a ajouté son couplet : « la France est le pays d’Ubu ».
Sauf que cette instrumentalisation du boulanger de Dax est carrément rétrograde. Il ne s’agit d’ailleurs pas de droit du travail concernant les salariés, mais de règle de la concurrence concernant les patrons entre eux.
La boulangerie-pâtisserie c’est 11 milliards de chiffre d’affaires. Il y a 32 000 boulangers 35100 établissements, 1 boulangerie pour 1 800 habitants, 160 000 emplois, 77 % ont moins de 5 salariés, 1 % seulement ont plus de 20 salariés.
Ne peuvent travailler 7 jours sur 7 que les plus grosses structures, y compris les industrielles, et si elles le font, évidemment, les plus petites mourront. La dispute ne concerne pas même pas le principe du repos dominical : depuis 1976, les boulangeries sont ouvertes le dimanche, moyennant une rémunération des employés majorée de 20 %. Il s’agit du droit à un repos hebdomadaire quelque que soit le jour choisi : sans au moins un jour de repos, seules 5 % des boulangeries qui ont assez de personnel pour établir un roulement l’emporteront au détriment des plus petites. Pour 2 emplois prétendument créés par l’excité de Dax, cela débouchera sur une vague de dizaines de milliers d’emplois supprimés. Et, au passage, sur un petit changement de civilisation, le goût du pain.
La Confédération nationale de la Boulangerie s’y oppose. S’il y a obligation de travailler 7 jours sur 7 la profession vivra un enfer et déclinera forcément. Il manque déjà de 10 000 boulangers en France. Une boulangerie qui compte 3 ou 4 employés ne peut fonctionner “7 sur 7”, ou alors ce sera au détriment de la qualité du produit. Les grosses structures prendront le pain des autres. Tout finira donc dans la boulangerie industrielle ensachée et les « dépôts de pain » plutôt que l’actuel et déjà insuffisant quadrillage du territoire par des boulangeries où l’on trouve chaque jour à tour de rôle, du bon pain, blanc, et frais pour tous.
le 30 octobre 2015
CQFD « Ce code qu’il faut défendre » – Campagne unitaire « pour que vive le code du travail »
28 octobre 2015 – 16:14
j’ai signé avec toute la gauche :
Le 4 novembre 2015, Manuel Valls et Myriam El Khomri présenteront les grandes orientations de la loi de réforme du code du travail, dans la suite des propositions du rapport Combrexelle.
Contre ce projet régressif, le SNTEFP-CGT a pris l’initiative d’impulser, en lien avec la Fondation Copernic, une campagne large et unitaire mobilisant chercheurs, responsables associatifs, politiques et syndicaux.
Vous trouverez ci-dessous l’appel, publié par le journal L’Humanité du 28 octobre 2015 et la liste des premières personnalités signataires. La campagne sera lancée publiquement le 9 novembre 2015 à 19h00 à Paris (Bourse du travail, 3 rue du Chateau-d’eau 75010 Paris M° République).
Non au rapport Combrexelle
Pour un droit du travail protecteur des salarié-es !
La construction du Code du travail en France est issue d’un siècle entier de grèves et de négociations. Les lois et les conventions internationales concernant les durées légales, le smic, les conditions de travail, les institutions représentatives du personnel, la santé, l’hygiène, la sécurité, et les droits attachés aux licenciements sont le fruit des combats passés. Il en est de même de la construction du statut de la fonction publique.
A peine les lois Macron et Rebsamen votées, le gouvernement compte engager, en suivant les préconisations du rapport Combrexelle, une réforme qui peut changer la nature du Code du Travail et transformer la fonction de la négociation collective. La volonté affichée de simplification dissimule un projet de déréglementation qui vise à affaiblir les droits des salarié-es en élargissant les possibilités pour la négociation d’entreprises de déroger au code du travail en défaveur des salarié-es.
Ne nous y trompons pas. L’ensemble des salarié-es est visé. Le Premier ministre préconise le même breuvage pour la fonction publique : « il faudrait un rapport Combrexelle pour la fonction publique ». D’ores et déjà un agent sur cinq est soumis au système du contrat. Et Macron affirme que le statut des fonctionnaires n’est plus ni « adéquat » ni « justifiable ».
En réalité le droit du travail n’a jamais été aussi complexe que depuis que se sont multipliées les dérogations à la loi en faveur du patronat. Le but du Medef et du gouvernement n’est pas de simplifier le droit du travail. Il est de mettre en cause la légitimité de la loi, de liquider définitivement le principe de faveur, qui prévoit que les accords d’entreprises ne peuvent déroger aux accords de branche ou au code du travail que s’ils sont plus favorables aux salariés. Le but est de mettre la négociation collective au service de la compétitivité et des employeurs et d’aboutir à un code du travail facultatif pour sa plus grande partie. Le rapport Combrexelle va même jusqu’à prévoir qu’un accord collectif puisse primer sur « l’intérêt individuel » du salarié-e concrétisé par son contrat de travail. Sont donc remis en cause par ces propositions tant les acquis collectifs des salarié-es que les avantages individuels des contrats de travail.
Le respect des droits des salarié-es est un choix politique qui concerne toute la société, il doit donc faire l’objet de décisions s’appliquant à toutes les entreprises. La négociation collective est nécessaire pour prendre en compte les situations diverses. Elle doit rester un complément au service des salarié-es et non pas se substituer à la loi. Le droit du travail, hélas, est le moins enseigné, le moins connu, le plus dénigré, le plus fraudé, alors qu’il est le plus essentiel, le plus vital pour 18 millions de salarié-es. Réduire les droits des salarié-es, c’est aussi par contre coup s’attaquer aux chômeurs-euses, aux retraité-es, aux jeunes qui débutent une activité professionnelle.
La justification première du droit du travail, contrebalancer le pouvoir patronal, reste plus que jamais d’actualité. Face aux tenants d’une simplification du droit du travail au travers d’un droit avec le moins possible de lois, de juges, de sanctions, nous défendons un droit du travail avec davantage de droits pour tous et toutes les salarié-es, leurs représentant-es, les Comités d’entreprise (CE), les Comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), des médecins du travail non soumis au patronat, et davantage d’inspecteurs-trices du travail avec une garantie d’indépendance. Nous voulons un droit du travail plus accessible, plus effectif, avec un accès au juge facilité, des sanctions réelles et rapides des violations aux règles qu’il prévoit.
Nous refusons tout ce qui renforce la soumission des salarié-es à l’exploitation patronale. Ensemble, nous appelons à faire campagne contre les projets annoncés par le gouvernement, visant à réduire et à subordonner les droits des salariés aux exigences des entreprises. Nous appelons à expliquer, à mobiliser, à empêcher par toutes actions utiles, que le patronat et le gouvernement liquident un siècle de combats. Pour un droit du travail protecteur des salarié-es ! Que le progrès social l’emporte au travail, pas l’exploitation féroce !
La campagne unitaire, à l’initiative de la Fondation Copernic et de syndicalistes de l’inspection du travail et du ministère du travail et de l’emploi, sera lancée lundi 9 novembre 2015, salle Croizat, Bourse du Travail (3, rue du Château-d’eau 75010 Paris – M° République), à 19h00, avec les représentants des partis, les personnalités, les syndicalistes, les féministes, les salarié-e-s, qui se mobilisent ensemble pour défendre le droit du travail. Venez nombreux.
Premières personnalités signataires
Catherine Achin (politiste)
Paul Allies (juriste)
Bruno Amable (économiste)
Genevieve Azam (ATTAC)
Ana Azaria (Femmes Egalité)
Ludivine Bantigny (historienne)
Stéphane Beaud (sociologue)
Fatima-Ezzahra Benomar (Les Effronté-E-s)
Loïc Blondiaux (politiste)
Laurent Bonelli (politiste)
Jacques Bidet (philosophe)
Patrick Bruneteaux (sociologue)
Mireille Bruyere (économiste)
Claude Calame (anthropologue)
Christophe Charle (historien)
Isabelle Charpentier (sociologue)
Deborah Cohen (historienne)
Philippe Corcuff (sociologue)
Pierre Cours-Salies (sociologue)
Thomas Coutrot (ATTAC)
Laurence De Cock (historienne)
Marielle Debos (politiste)
Caroline De Haas (féministe)
Marine De Lasalle (politiste)
Christine Delphy (féministe)
Monique Dental (féministe)
Paul Dirckx (sociologue)
Josepha Dirringer (juriste)
Emmanuel Dockès (juriste)
Cedric Durand (économiste)
Guillaume Etievant (Copernic)
Nathalie Ethuin (sociologue)
Éric Fassin (sociologue)
Anne Fretel (économiste)
Jean Gadrey (économiste)
Franck Gaudichaud (politiste)
Dominique Godineau (historienne)
Bertrand Geay (sociologue)
Didier Gelot (économiste)
Ozgur Gun (économiste)
Jean-Marie Harribey (économiste)
Odile Henry (sociologue)
Michel Husson (économiste)
Sabina Issehnane (économiste)
Sophie Jallais (économiste)
Fanny Jedlicki (sociologue)
Esther Jeffers (économiste)
Anne Jollet (historienne)
Pierre Khalfa (Copernic)
Danièle Kergoat (sociologue)
Razmig Keucheyan (sociologue)
Michel Koebel (sociologue)
Rose-Marie Lagrave (sociologue)
Christian Laval (sociologue)
Frédéric Lebaron (sociologue)
Catherine Leclercq (sociologue)
Olivier Lecour Grandmaison (historien)
Rémi Lefebvre (politiste)
Philippe Légé (économiste)
Patrick Le Moal (Copernic)
Wenceslas Lizé (sociologue)
Frédéric Lordon (économiste)
Michael Lowy (sociologue)
Jonathan Marie (économiste)
Christiane Marty (féministe)
Gus Massiah (Aitec)
Gérard Mauger (sociologue)
Hélène Michel (politiste)
Julian Mischi (sociologue)
Christian de Montlibert (sociologue)
Robi Morder (juriste)
Corinne Nativel (géographe)
Olivier Neveux (prof études cinématographiques)
Ugo Palheta (sociologue)
Willy Pelletier (Copernic)
Irène Pereira (sociologue)
Elsa Peskine (juriste)
Roland Pfefferkorn (sociologue)
Louis Pinto (sociologue)
Dominique Plihon (ATTAC)
Bernard Pudal (politiste)
Cécile Rabot (sociologue)
Emmanuel Renault (philosophe)
Jacques Rigaudiat (économiste)
Michele Riot-Sarcey (historienne)
Daniel Rome (ATTAC)
Catherine Samary (économiste)
Yasmine Siblot (sociologue)
Arnault Skornicki (politiste)
Charles Soulié (sociologue)
Henri Sterdyniak (économiste)
Maya Surduts (CADAC)
Suzy Rojtman (CNDF)
Daniel Rome (ATTAC)
Lucie Tanguy (sociologue)
Albena Tcholakova (sociologue)
Annie Thebaud-Mony (sociologue)
Julien Thery-Astruc (historien)
Sylvie Tissot (sociologue)
Christian Topalov (sociologue)
Aurélie Trouvé (économiste)
Jacques Sauvageot (ITS)
Morgan Sweeney (juriste)
Florence Weber (sociologue)
Cyril Wolmark (juriste)
Réponse à la rédactrice en chef du LabE1
26 octobre 2015 – 20:10
Aurélie Marcireau
Rédactrice en chef
Le Lab Europe 1
A l’attention de Monsieur Gérard Filoche
Paris, le 26 octobre 2015
Monsieur,
Lors d’une émission sur RMC, ce lundi 26 octobre, vous avez qualifié un journaliste de ma rédaction d’ « imbécile» puis de « salopard». Vous avez, bien sûr, tout à fait le droit de ne pas être d’accord avec les lignes vous concernant dans l’article sur Noël Mamère publié vendredi 23 octobre sur le Lab. En revanche, l’injure publique n’est pas acceptable.
Sur le fond de l’article, que nous maintenons, je suis prête, bien évidemment, à en parler avec vous.
Je vous prie de croire, Monsieur, à l’expression de mes salutations distinguées.
Aurélie Marcireau
Rédactrice en chef du Lab Europe 1
Madame,
« L’article » de votre « journaliste » est un montage malhonnête qui m’a délibérément mis en cause et nui en poussant des gens distraits ou malintentionnés à se précipiter sur les réseaux pour me traiter de « salopards » « abject » ou « indécent » et autres noms d’oiseaux, ce, des dizaines de milliers de fois. Toutes ces injures publiques ont été suscitées par votre désinformation volontaire. Une petite fois en retour à l’envoyeur reste très modeste et humble de ma part.
Quand j’ai appris la terrible tragédie de Puisseguin j’ai reproduit le message du Président de la République depuis Athènes, alors qu’il était aux côtés d’Alexis Tsipras, il était facile de le vérifier sur ma liste de tweets.
Dans le car de Puisseguin, cela aurait pu être ma mère, ou bien l’enfant mon enfant, chacun se le dit. J’ai toujours eu peur depuis la catastrophe de Beaune du 31 juillet 1982 et j’ai toujours refusé que mes enfants prennent l’autocar pour aller en vacances, j’ai également mille fois polémiqué contre les partisans des cars en évoquant Beaune ou Valenciennes-Roquemaure ou, plus récemment l’accident, moins grave, de Lille.
Il est facile aussi de vérifier que les appels à « http://www.macron-demission.fr » sont diffusés chaque jour sur nos réseaux FB et tweeter depuis plus de trois semaines, et le texte comportant 20 lignes signé par 16 000 personnes ne fait pas d’allusion aux autocars. Il y a suffisamment d’autres motifs pour exiger la démission de Macron quand on défend simplement ses droits de salariés.
Il est facile aussi de vérifier que les dessins humoristiques sont également diffusés quasi quotidiennement, en défense militante du rail contre le tout autoroute, du train contre l’autocar, du fret contre les camions depuis de très longs mois : et nul ne peut imaginer, même en invoquant les « forces de l’esprit » que les dessins de notre regretté Charb fassent allusion à Puisseguin. Même si nul ne peut imaginer non plus ce que Charb aurait dessiné…
Dans mon esprit, il ne peut y avoir de lien entre Macron et l’accident du vendredi 23 octobre, car la loi dite Macron est parue le 8 août. Et même si, depuis 6 semaines, il y a 250 000 voyageurs de plus dans les cars (au lieu de 110 000 dans toute l’année 2014), impossible de dire de celui là qu’il s’agit d’un « car Macron ». Autre chose bien sur, est l’avenir et je partage, par ailleurs, et je l’ai dit aussi, les profondes inquiétudes de Noël Mamére : je l’ai moi-même argumenté (une fois de plus) sur le fond dans http://www.filoche.net : « Les dangers des milliers d’autocars Macron« . Cela n’a visiblement pas intéressé votre « LabE1″
Je suis un militant sincère, je ne « vends » pas mon site ni mes idées, je ne « profite » pas d’une tragédie, je n’ai pas besoin de « pub », ce sont des choses dignes, graves et sérieuses, etc… D’autant que les décrets « sécurité » de la loi Macron ne sont pas publiés, et que d’autres malheurs, je ne les souhaite pas, peuvent surgir dont, cette fois, la « folie des autocars » de cette loi sera, hélas, responsable. Tout inspecteur du travail sait que lors des accidents du travail graves il faut alerter et hurler pour en éviter d’autres – mais je suis en retraite.
Je ne vais pas non plus vous faire la leçon sur le fait que quand je tweete et retweete sur les deux terribles décès de deux intérimaires de 41 ans et 29 ans, tombés dans la fonte liquide à 1400° chez Arcelor, mettant en cause la direction, le droit du travail et l’Etat, là, ça n’intéresse pas le LabE1. Même quand je me déplace à Dunkerque avec les syndicats qui essaient de mobiliser avec peu d’échos. Vous savez mieux que moi ce qu’il en est de la partialité et des choix éditoriaux.
Votre « journaliste » a choisi de faire un montage malintentionné honteux et il l’a fait délibérément en jouant malignement sur les temps et sur les mots. Il n’a pas cherché à informer mais à désinformer pour créer l’effet.. qu’il a créé ! Il n’a pas cherché non plus à corriger, à redresser le tir, à citer mes idées au fond, au contraire, et pire, alors que je l’ai bloqué, il me traquait il y a encore peu, sur tweeter.
Ca suffit ! Au lieu de m’envoyer cette lettre, c’est une lettre d’excuses qui serait opportune.
Gérard Filoche
le 26 octobre



Gérard Filoche sera l’invité du prochain débat d’actu proposé par Polar sur la ville, vendredi 13 novembre, à Florange. Photo DR





