Récupération ! Indécence ! Le patron d’Airbus veut un marché du travail plus souple pour aider les réfugiés

Par latribune.fr  |  26/10/2015

L’Allemagne, qui s’attend à accueillir jusqu’à un million de migrants en 2015, devrait être plus « pragmatique » et ouvrir plus largement son marché du travail aux réfugiés, assure Tom Enders. (Crédits : Reuters) Dans une tribune parue ce lundi 26 octobre dans la presse allemande, Tom Enders, le patron d’Airbus, propose un assouplissement du marché du travail permettant de créer plus d’emplois – moins rémunérés – pour venir en aide aux réfugiés.
Le patron d’Airbus, l’Allemand Tom Enders, appelle son pays à plus de flexibilité sur son marché du travail, une nécessité, selon lui, si l’on veut intégrer les migrants dans le pays.

L’Allemagne, qui s’attend à accueillir jusqu’à un million de migrants en 2015, devrait être plus « pragmatique » et leur ouvrir plus largement son marché du travail, écrit Tom Enders dans un contribution au journal allemand Süddeutsche Zeitung parue ce lundi 26 octobre.

« Nous devrions avoir le courage de (le) déréguler », poursuit M. Enders, prenant pour exemple le modèle mis en pratique aux Etats-Unis. »Cela peut paraître difficilement imaginable maintenant. Mais aux Etats-Unis, les migrants sont intégrés avec succès parce qu’on les autorise à travailler très vite après leur arrivée », poursuit le patron d’Airbus Group.

Un travail précaire préférable aux allocations, selon le patron d’Airbus

Il propose ainsi de faire des aménagements dans le salaire minimum, introduit en Allemagne en début d’année, et de faire preuve de plus de flexibilité dans les contrats à durée déterminée.

« Des centaines de milliers de jeunes personnes dans les centres de réfugiés ne devraient pas être condamnés à (…) ne rien faire. Ils ne trouveront une porte d’entrée sur le marché du travail que si nous l’ouvrons et le rendons flexible », poursuit-il.

« Il est préférable pour eux d’entrer sur (ce) marché (…) par le biais » de petits emplois peu rémunérés « que de ne pas avoir de travail, de vivre des allocations et d’être condamnés à l’oisiveté et à la frustration », estime-t-il.

Un temps prompts à s’enthousiasmer pour l’arrivée de centaines de milliers de réfugiés, les milieux économiques et industriels allemands se sont récemment faits plus frileux, s’inquiétant notamment des coûts et des effets sur le marché du travail.

(Avec AFP)

A propos de la Loi Macron sur la libéralisation du transport par autocars, et sur la nécessité de défendre le transport ferroviaire.

Cher Monsieur Filoche !

Juste un petit mot, je ne veux pas accaparer votre temps, pour vous féliciter et vous remercier pour votre intervention ce matin sur l’antenne de RMC dans l’émission « Les GG », à propos de la Loi Macron sur la libéralisation du transport par autocars, et sur la nécessité de défendre le transport ferroviaire.

Je suis retraité de la SNCF, et bien entendu, je vois pertinemment les conséquences à venir de cette loi sur la SNCF et sur les lignes les plus fragiles du réseau.  Tout comme vous je suis normand d’origine et j’ai débuté ma carrière à Sotteville. Je sais que votre père était menuisier chez chez nous et il me semble que vous avez été également vous-même un temps à la Traction… Merci encore de défendre ce qui fut « votre famille » !

Comme beaucoup de cheminots, je connais un peu votre parcours, notamment à la LCR. Je partage pleinement votre position politique et me considère également comme « frondeur » socialiste. Même si aujourd’hui, je ne cotise plus, suite à mes désaccords avec la politique actuelle menée par le Gouvernement, je reste profondément de gauche et redoute le résultat des Régionales qui je le pense, sera terrible pour les français, avec le risque d’arrivée en force du FN sur le devant de la scène. Il y a longtemps, j’avais pris ma carte au PS, suite à une discussion constructive en gare d’Angoulême avec Arnaud Montebourg. Mon père, Lillois d’origine, était membre de la SFIO et ami de Pierre Mauroy.

Continuez à défendre vos idées que j’approuve pleinement. Beaucoup de gens de gauche se retrouvent dans votre position vis à vis du PS.

Avec mes respectueuses salutations,

Dominique RE-COMP

6, Allée du … 35890

Le danger des milliers d’autocars Macron

Un accident du travail, n’est pas le moment de se recueillir, mais de faire le maximum de bruit pour que les consciences s’éveillent, à chaud, et que les mesures soient prises vite, pour que ça ne se reproduise plus. C’est à ce moment là, hélas, tous les praticiens le savent, qu’on a le plus de chances de stopper des travaux dangereux et d’imposer des mesures de sécurité. Et souvent les patrons dans ces cas-là sont pour le recueillement des familles pas pour l’enquête de l’inspection du travail ni des services de sécurité !

Ce fut le cas pour la mort le 13 juillet d’un intérimaire de 41 ans tombé dans la fonte liquide à 1400° chez Arcelor-Mittal. Quand le CHSCT de Grand-Scynthe a voulu exiger une expertise, la direction a refusé, et on attend encore la décision du tribunal. Et un autre ouvrier, intérimaire lui aussi, de 29 ans est tombé dans la fonte liquide en septembre. Les gros médias des 7 milliardaires ont parlé des « chemises déchirées » à Air France mais jamais de ça ! Sinon ils auraient été obligés de reconnaitre que 21 % d’intérimaires chez Arcelor, site classé « Seveso » et en convention avec l’état, c’était tout simplement criminel.

On a tous été traumatisés par le tragique accident d’autocar/camion de Puisseguin et terriblement émus par les familles des 43 victimes. Les gros médias ont critiqué ceux qui parlaient très vite des urgences que soulevait ce drame. Bien sur que ces morts-là n’ont pas été causés par la loi Macron du 8 août 2015 mais ils alertent forcément car depuis 6 semaines, 250 000 passagers ont été transportés, à cause d’elle, en autocar contre 110 000 pour toute l’année 2014. L’urgence est donc de faire face aux risques pour ces milliers de nouveaux autocars qui remplacent en ce moment 40 % des trains. D’autant que des millions de pauvres, retraités, jeunes, n’ont pas le choix, exclus du service public de la SNCF par le prix exorbitant des trains, les voilà relégués dans une nouvelle « 3° classe » sur des routes dangereuses, dans l’insécurité des files de cars doublant des camions. Le tout autoroute contre le rail et le fret.

Charles Fiterman, ancien ministre des transports, listait dans l’Humanité du 17 octobre 2014 l’ensemble des inconvénients du transport par autocar : « Veut-on une nouvelle catastrophe comme celle survenue à Beaune sur l’autoroute A6 le 31 juillet 1982, avec 44 enfants morts ? » Les cars inconfortables et lents, soumis à des parcours épuisants ont jusque là tué 7 fois plus que le train : que va t il arriver avec des milliers de plus lâchés de façon incontrôlée sur toutes les routes. Les transporteurs se sont rués sur l’or sans même que les décrets d’application de sécurité de Macron aient été publiés. C’est la course des compagnies sous-traitantes, avec des intérimaires, et demain, des auto-entrepreneurs «uberisés». Sans parler de la pollution totalement contradictoire avec la COP21.

Alors oui, halte à la loi Macron, faisons le maximum de bruit, imposons de la stopper avant que d’autres accidents ne se produisent. Vite, retour au progrès : autant de rail que possible en service public, moins cher et pour tous, et seulement des autocars quand il n’est pas possible de faire autrement.

Gérard Filoche

 

à lire dans l’Humanité dimanche chronique « au boulot » n°262

Agenda 2° semestre 2015

Tous les lundis Bn du PS

Lundi 17 août : les Grandes Gueules sur RMC 12 h 12 h 40

Jeudi 20 août : Sud radio : les Sms de pole emploi 13 h 30 14 h

Samedi 22 août 9 h : Europe1 à 9 h : 10’ sur la rentrée

Mardi 25 aout : Sud radio le CICE  de 10 à 11 h

Mardi 25 aout : France info sur Valls et la rentrée

Jeudi 27 août : Marennes (480) 16  jeudi 13 h 30 14 h sud radio

Vendredi 28 et 29 août : La Rochelle 17 samedi 10 h atelier GF vendredi matin 10 h 11 h sud radio vendredi soir 23 h BFM

Lundi 31 août 10 h 10 h 45    12 h LCP  Europe 1 code du travail – 18 h 18 h 30 LCI : la rentrée politique + Russia today.

Mardi 1er septembre : Itélé décryptage 23 h

Mercredi 2 septembre : Sud radio  13 h 35 – 14 h ITV Grazia

Jeudi 3 septembre : foire de Chalons sur Marne 10 h 30 à 16 h

Dimanche 6 septembre, fête de la rose à Saint-Didier Dole 12 h 20 h (39) 250

Lundi 7 septembre : Skype direct avec Berlin

Mardi 8 sept 13 h 10  France inter

Mercredi 9 sept  I télé  12 h 30 et 13 h 05 pour deux fois 6 minutes

Jeudi 10 septembre  France culture 8 h 15 – 8 h 40

Jeudi 16 h 30 : LCP enregistrement : émission 45’ diffusée le samedi 12 septembre à 22h en première diffusion, le dimanche 13 septembre à 18h, le lundi 13 septembre à 17h15, le samedi 19 septembre à 15h15 et le dimanche 20 septembre à 10h. L’émission sera aussi sur le site internet publicsenat.fr

Arte jeudi 17 h 45 passage à 20 h 10 dans « 28″

Vendredi 11 septembre : France bleu  12 h 05  12 h 20  + sud radio 13 h 50 a 14 h

Samedi dimanche 12 et 13 septembre : Fête de l’Huma + là-bas si j’y suis samedi 14 h

Mardi 15 septembre, 19 h tournage documentaire sur droit du travail

Jeudi 17 septembre : Fédération santé CGT, LDJA Montreuil 93 (10) – a m à Tours

Samedi 19 septembre : Fête PS à Billère 64 + CN du PS (150)

Mardi 22 septembre 2015 : Amd de Lyon 69 (110)

Mercredi 23 septembre : BFM 18 h 30

Jeudi 24 septembre 14 h 30 : BdT de Paris, Groupama (70)

Vendredi 25 septembre : France info à 6 h 45

Samedi 26 septembre : Fête de l’UD-CGT de Strasbourg 67 (200) + séminaire MLG (50)

Lundi 28 septembre : UD CGT Toulouse code du travail 300) (Flashtalk France O)

Mardi 29 septembre : congres EDF RTE Dives-sur-mer  (50)

Mercredi 30 septembre : Vermus VSD et LGJ

1er octobre : SLT Ardisson

mardi 6 octobre : RTL 8 h 20 8 h 30   + RMC + BFMTV

Mercredi 8 octobre : club de la presse d’Europe1  18 h 45 – 20 h

Dimanche 11 octobre sur France 0 et 31 octobre diffusion de flash talk sur LCP

Mercredi 14 octobre au soir : CGT Malakoff (80)

Jeudi 15 octobre : le matin Dunkerque CGT interim (30) + BFMTV 22h

Vendredi 16 octobre : procès de Laura Pfeiffer à Annecy 73 (1000)

Mardi 20 octobre : Verrières Attac 78  (100)

Mardi 21 octobre : 9 h 30 CFDT Wittenheim 68 (120) + PS 19 h 30 Mulhouse (80)

Jeudi 22 octobre : Angouléme Champniers 16 UD CGT 17 h 30 21h (110)

Dimanche 24 octobre à 13 h sur LCP

Jeudi 29 octobre : 18 h 30 université citoyenne de la Courneuve 93 (60)

Samedi 30 octobre : 16 h maison des potes, FIAC Paris 14° discrimination loi et travail

Du 2 novembre au 12 novembre : réunions droit du travail avec syndicats en Martinique

Vendredi 13 novembre : 20 h Florange

Mardi 17 novembre : Angers attac

Mercredi 18 novembre : association Bezons

Lundi 23 novembre : Paris Première 20 h 45

Mardi 24 novembre : Montreuil : EDF CGT Emergences CHSCT+ Groupama

Mercredi 25 novembre : Rouen : université souvenir 68

Vendredi 27 novembre : cercle à St-Chamond 42

Mardi 1er décembre, : UD-CGT Vaucluse Sorgues

Mercredi 2 décembre : Eaubonne 95  Attac code du travail

Vendredi 4 décembre : Réunion Attac Val d’Orge (91)

Mercredi 9 décembre : « Repère » à Abbeville 80

Vendredi 11 décembre : Orléans (45) formation FSU de 9 à 17 h

Mercredi 16 décembre : Paris 13° Maison des associations Attac

19 janvier : Gard Repère

21 janvier : Metz formation CHSCT

23 Janvier 2016 : Louviers  76

27 janvier : Menton (06)

Air France : pourquoi l’état a t il voté un plan « qui pouvait être évité » ?

En fait Air France va bien. 85 millions de touristes, 88 % de taux de remplissage, un prix de l’essence qui n’a jamais été aussi bas, une suppression déjà de plus de 10 000 postes, un plan de 20 % d’efforts de compétitivité depuis 4 ans, les personnels au sol ont atteint 100 % des objectifs.  Avec 96 %, les hôtesses et stewards sont près du but. Les pilotes avec 67 % de mises en œuvre n’en seraient pas loin, sans la grève de 14 jours en 2014 provoquée par les intransigeances de la direction. Les navigants ont déjà réduit leur salaire de 20 % en l’espace de 20 ans : or contrairement à tout ce qui est dit c’est un métier hyper qualifié, lourd en responsabilités et terriblement usant. La « dette » de 5 milliards, sur un chiffre d’affaires global de 20 milliards, ce n’est pas énorme, car il faut toujours compter l’innovation, l’investissement. Le dernier trimestre atteint un record historique sans précédent de bénéfices !

Mais alors pourquoi tous ces cris d’orfraie de la direction ?

Parce que les dirigeants Alexandre Bezoügnes de Juniac et Fréderic Gagey sont des fanatiques financiers, méprisants du droit du travail et des personnels. Ils donnent une priorité excessive au remboursement de la dette au détriment du développement de l’entreprise, ils s’augmentent de 70 %, et comblent leurs actionnaires en mettant 150 millions de cote pour leurs retraites chapeaux. De Juniac est connu pour ses déclarations sur le travail des enfants, contre les 35h, et sur le fait que ses « amis du Qatar auraient mis tout les pilotes prison » plutôt que de négocier avec eux. En fait il veut « Ryaniser » Air France, liquider la compagnie, en la transformant par le biais de Transavia : il restera les lignes de prestige Air France, et pour le menu fretin, le « low cost » avec des pilotes surchargés et des conditions de trajet dégradées. Vous aurez droit aux sous-sols d’Orly, à porter vos valises, a une taxe en surcoût pour elles, à ne rien boire, et à payer pour aller aux toilettes, tout en étant en retard. Un peu comme ce que Macron fait contre la SNCF, le TGV pour les riches et l’autocar pour les pauvres. Comme ce qui a été fait pour la marine marchande française qui a été bradée. C’est ça, « la mode » de la gestion de la finance.

La grande provocation du 5 octobre :

Pour forcer la main aux pilotes et leur imposer de nouveaux sacrifices (les pilotes de Ryan air sont auto-entrepreneurs) de Juniac cherche à diviser les personnels. Alors il va faire sortir publiquement avant le CCE du 5 octobre, l’annonce d’un nouveau plan de 2900 suppressions de postes : 300 pilotes, 900 hôtesses et stewards, 1700 au sol. Il n’hésite pas pour cela à commettre un DELIT d’ENTRAVE (oui le premier délinquant, en droit, chronologiquement est De Juniac) en se servant de la presse : ce qui provoque l’explosion de colère des 2000 membres du personnel exaspérés qui se solidarisent entre eux. Dans une vidéo devenue culte, une jeune femme Erika se fait spontanément et à juste titre porte parole de tous les griefs des personnels contre les dirigeants. L’intersyndicale CGC, FO, UNSA, CGT est là, qui représente 70 % des salariés et quelques chemises sont déchirées – lesquelles vont donner prétexte à un déchainement d’une campagne de presse apocalyptique pendant 3 jours.

Le Premier ministre Manuel Valls en est la cause, se comportant comme un irresponsable brutal : lui qui fut si modéré face au menteur Jérôme Cahuzac ou lors des tirs meurtriers contre Rémi Fraisse, se déchaîne contre les « voyous » et exige de « lourdes sanctions ». En d’autres cas, il s’était drapé dans le fait que « ce n’était pas son rôle de déclencher des enquêtes » et dans la « présomption d’innocence ». Lui et Macron, l’état détenant 17 % d’Air France, font voter le 2 octobre les 3 représentants de l’Etat en CA d’Air France-KLM en faveur des 2900 suppressions de postes. Valls cherche à placer un de ses hommes à la tête d’Air France. Il utilise les méthodes exceptionnelles, intimidantes et vulgaires, d’une rafle policière au petit matin (procédure utilisée dans 1 % des cas, car il aurait suffi d’une convocation) contre 6 salariés d’Air France : ils sont mis « plus bas que terre » et « jugés avant d’avoir comparu », au total 11 salariés sont convoqués par la police et 2 pilotes mis à pied. Alors que le pénal tient le civil en l’état, ils sont sanctionnés arbitrairement. Macron traite ces « indignés » de « stupides ». Juniac affirme qu’il ne pouvait « faire autrement »… Tout cela alourdit le dossier et mécontente l’opinion puisque 54 % de Français disent « comprendre » les violences dans un climat tendu par l’existence de 6 millions de chômeurs et l’annonce de la suppression de 132 700 postes de fonctionnaires par les mêmes Valls et Macron.

Le choc et le recul immédiats :

Mais cela ne peut tenir. La compagnie sera déstabilisée si les évènements suivent ce cours et les dirigeants contestés risquent de ne pas avoir leurs retraites chapeaux. Les pilotes ne se sentent plus isolés : devant le front syndical solidaire, le 9 octobre, le dialogue est renoué : « Vu le contexte, qui a évolué, il nous paraît difficile qu’Air France mette en œuvre unilatéralement des décisions qui relèveraient du fait du prince », commenté Véronique Damon, porte-parole du SNPL. 12 organisations appellent à manifester le 22 octobre. Ségolène Royal fait une déclaration énorme à l’Assemblée, démentant Valls et Juniac :   “Les torts sont partagés”.

Ah bon, alors ce n’étaient pas des « voyous » ? Soit c’est le tour des dirigeants d’être réveillés au petit matin à leur tour par la police, soit les plaintes doivent cesser contre les salariés injustement provoqués puis humiliés et traqués. Et on entend alors se dire que « le plan de 2900 suppressions d’emplois peut être évité » : ce qui, quand on y réfléchit est inouï. Tout ça pour ça ! Normalement Juniac coupable d’entrave et de discours irresponsable, devrait démissionner, et Valls devrait s’excuser ! Pourquoi l’état a t il voté un plan « qui pouvait être évité » ? Les salariés poursuivis devraient être immédiatement relaxés et honorés : car finalement les fameuses « violences » auraient pu être beaucoup plus grandes et deux chemises déchirées ont fait plus pour rétablir le dialogue et sauver les emplois que des mois de palinodies.

Ce n’est pas l’histoire seulement d’Air France, c’est celle d’un gouvernement anti social, obtus et aux abois à la fois. C’est celle d’une tension en profondeur dans le pays, elle se sent partout et cela aggravera les effets électoraux hélas, le malheur étant que c’est une droite encore plus brutale qui cherche à en retirer les marrons du feu.

 

reuters : 29 octobre :

Le groupe aérien a dégagé un bénéfice d’exploitation de 898 millions d’euros au troisième trimestre. Il s’agit de la meilleure performance trimestrielle de son histoire. Une performance qui conforte les syndicats d’Air France dans leur refus du plan de restructuration lancé au sein de la compagnie française début octobre.

Ceux qui pensaient que la compagnie française était au bord du gouffre ne vont plus rien comprendre. Air France-KLM, la maison-mère d’Air France et de KLM, a publié ce jeudi bénéfice d’exploitation de 898 millions d’euros au troisième trimestre (juin-septembre) de son exercice 2015. Soit le plus gros profit opérationnel depuis la création du groupe en mai 2004.

Le record précédent (+725 millions) remontait au deuxième trimestre de l’exercice 2007-2008 (à l’époque, il était décalé), lequel s’étendait lui aussi de juillet à fin septembre, la meilleure période pour toutes les compagnies de l’hémisphère nord.

 

 

Valls : « Le CPA, la grande réforme sociale du quinquennat » ? « Compte personnel d’activité » contre « Sécurité sociale professionnelle »

Le Premier ministre Manuel Valls s’est lancé dans une série de nouvelles opérations d’envergure contre le droit du travail afin de « baisser le cout du travail ». Il présente cela en accusant le code du travail « d’être trop complexe parfois même illisible » et il propose de remplacer les lois par des contrats, « élargir la place de l’accord collectif par rapport au code du travail ». Il n’en restera plus qu’un socle commun minimum, le reste se réduisant à des recommandations, et le tout se fondant « au plus près des besoins » par des « accords » entreprise par entreprise. Cela devrait être soumis au vote avant l’été 2016

Manuel Valls a donc demandé à Jean-Denis Combrexelle (qui avait déjà passé par ordonnance, à l’acide, le code du travail, sous la droite, le réduisant sous prétexte de simplification,  pour le compte du Medef, entre 2004 à 2008) un rapport de 44 mesures pour mettre fin à l’ordre public social, à l’état de droit dans les entreprises, et le remplacer par des « contrats » multiples et aléatoires, au niveau des entreprises ou de « gré à gré » entre les patrons et leurs salariés.

Manuel Valls a aussi demandé au DRH d’Orange, Bruno Metting de théoriser en 36 « préconisations » la fin des droits essentiels du travail (salaire et horaire), d’inventer, sous prétexte de « révolution numérique » des « entreprises étendues » avec très peu de salariés et beaucoup « d’indépendants » à la tâche, à la mission, au chantier.

Manuel Valls annonce maintenant pour le 1er janvier 2017 ce qui devrait être, selon lui, “la grande réforme sociale du quinquennat » : un “compte personnel d’activités” sous forme d’une carte à puce ad vitae qui regrouperait divers « comptes » individualisés acquis tout au long de la vie professionnelle.  Compte personnel de formation, compte pénibilité, compte épargne temps, compte chômage rechargeable, compte jours enfants malades, compte congés parentaux, compte portage d’assurances complémentaires. Etc.

Près de 14 ou 18 comptes sont imaginés et énumérés, bien qu’ils soient aussi imprécis dans leur définition, les uns que les autres : un « droit à l’accompagnement »,  un droit au bilan professionnel, un droit à l’obtention de « briques de compétence », un droit à un « bouquet de services » sur mesure et individualisé,  un droit à une « deuxième chance »

“L’idée de ce nouveau « compte personnel d’activité » – selon ses services de presse -   le « CPA », (il va falloir s’habituer à cet acronyme), c’est de pouvoir mettre tout ça dans un seul compte, qui suivrait le salarié du début à la fin de sa carrière. Même s’il change plusieurs fois d’employeur. Même s’il passe du privé au public ou inversement. Et il est même question de pouvoir convertir des points d’un compte à un autre. Par exemple transformer des heures de compte épargne temps en heures de formation.”

Mais pour l’heure, ça tangue sec :  le CPA recensera essentiellement les droits déjà existants des salariés, selon Pierre Gattaz qui a bien précisé que cette  » nouvelle conquête sociale  » devra être « mieux de droits, pas plus et évidemment et surtout pas plus de financement »

Cela nous est présenté comme la « sécurité sociale professionnelle » :

Mais bien sur cela n’a rien à voir : la « sécurité sociale professionnelle » implique de mieux garantir les emplois, de contrôler les licenciements pour qu’ils soient motivés, de garantir le revenu en cas de chômage, et de permettre une formation de qualité qui permette de retrouver un emploi en progressant en qualification et en salaire. Travailler mieux, tous, moins, en gagnant plus et avec davantage de sécurité d’emploi. Sachant qu’aujourd’hui, 85 % des contrats sont en CDI et que la durée de ceux ci s’est allongée de 20 % en 20 ans et sachant que les salariés qui produisent le plus sont les salariés les mieux formés, les mieux traités les mieux payés, et non les flexibles, ni les précaires. La sécurité sociale professionnelle doit donner une sécurité de l’emploi à vie à tous, assurer les carrières et les compétences, garantir le temps libre et le bien être, et non pas fragiliser emplois, salaires et durées du travail.

Pourtant lorsque Manuel Valls propose un « nouveau CDI de transition et d’évolution professionnelle » et une « carte à puce ad vitae » on devine le contraire !

Le problème à ce qu’on peut en comprendre, c’est que dans ce nouvel et étrange CDI, il n’y a ni « sécurité » » ni « social », ni « professionnel ». Cela se présente au contraire, comme une sorte de filet de rattrapage à la flexibilité permanente qui deviendrait la vie des salariés. Il n’est fait mention d’aucun « droit » ni précis, ni contrôlé, ni sanctionné.

Alors à quoi sert donc cette étrange « carte ad vitae » qui retracerait toutes les étapes du parcours professionnel de chaque actif et ses droits à formation » ? (Rappelons qu’il s’agit de 150 heures sur toute la vie, moins d’un mois de formation)

« Ce sera l’équivalent inversé de la carte vitale car, à la différence de la carte vitale qui s’affiche pour le professionnel de santé, les informations et non pour l’usager, il s’agit ici de rendre lisibles pour l’usager les informations capitalisées sur son parcours ses formations ses expériences, ses compétences et ses qualifications ». (Rapport de Pascale Gérard, Secrétaire nationale du parti socialiste à la formation professionnelle) (La loi Macron prévoit aussi comme par hasard une « carte professionnelle » selon une autre directive européenne, pour « lutter contre le travail dissimulé dans le bâtiment »)

Mais qui va user, contrôler ce « compte personnel d’activités » ? Pas l’inspection du travail vu ses faibles moyens et pas la gendarmerie, donc seul le patron.

Sera-ce la carte du chemineau européen « détaché » ? Une nouvelle variante du « livret ouvrier » (qui a existé jusqu’à ce que les luttes ouvrières finissent par imposer à Napoléon III de le supprimer en 1856) ?

Les patrons non seulement exigent de licencier sans motif (le Medef veut dénoncer la convention 158 de l’OIT)  mais ils exigent de « trier à l’embauche » (périodes d’essai allongées, multiplication de CDD, d’intérims avant embauche) : qui les empêchera de demander la « carte ad vitae » en préalable à tout contrat…

En fait la carte est là pour combler les « trous » d’un travail précaire à l’autre…

Et comme le nouveau « contrat de transition et d’évolution professionnelle » s’accompagne d’une facilitation des licenciements comme l’ont déjà développé les lois Sapin et Macron, on devine le système qui se met en place : une valse d’emplois à droits et salaires variables, limités à la mission, au chantier, à la tâche, avec une ceinture de sécurité compassionnelle de l’état pour les « trous » d’emplois, sous forme de « comptes » alimentés tout au long de la vie, inscrits et limités sur la carte à puce.

On sera ainsi parvenus au bout du contrat individualisé, la fin des droits collectifs, les droits « personnels » seront surement payés par l’impôt après que les cotisations sociales auront été selon le rêve du Medef « fusionnées » absorbées, puis supprimées.

La destruction progressive du code et des conventions collectives :

Derrière tout cela il y a la cohérence du Medef depuis la loi Fillon du 4 mai 2004, le renversement de la hiérarchie des sources de droit, la « recodification » de 2004-2008, les lois Bertrand (rupture conventionnelle individuelle… sans motif) l’ANI Medef du 11 janvier 2013, la facilitation des licenciements Sapin-Macron, la diminution des informations des IRP et des IRP elles mêmes, (exemple :  Sapin, puis Rebsamen ont diminué drastiquement les informations des IRP sous prétexte que c’était « trop compliqué » pour les patrons, et voilà que Valls invente une carte à puce sophistiquée pour les informations « personnelles » ? incroyable, non ? ), la suprématie du contrat sur la loi, du contrat d’entreprise sur le contrat de branche, jusqu’à la « personnalisation » finale du contrat de gré à gré, son individualisation, tout cela induit après la remise en cause de l’article 2064 du code civil et du 8 février 1995 dans la loi Macron ouvrant à des « contrats civils »  ?

La bataille idéologique concomitante de la droite et de Gattaz contre le code du travail est liée à l’encouragement à des « auto entrepreneurs » sous traitants bidons ? Le rapport Bruno Mettling commandé et vanté par Manuel Valls prévoit des entreprises « étendues » avec peu de salariés et une nébuleuse d’indépendants autour. Attali le mentor de Macron prévoit « une société ubérisée ». Il explique que « seule l’élite sera salariée ». Macron prévoit une « société sans statuts, société non statutaire ». Leurs plans sont limpides.

Nathalie Kosciusko Morizet, résume tout ça en une seule phrase : « Le débat sur les 39 h est un débat de 2002, le sujet aujourd’hui c’est le travail indépendant ». Elle vous lâche le morceau : les nouveaux idéologues de la droite font campagne non plus seulement contre les droits du salariat, mais  contre le salariat lui même et ils l’écrivent  tous les jours dans Les Echos, le Figaro. L’Opinion titre régulièrement sur « la fin du salariat ». Et la synthèse se dessine : vous n’aurez plus un contrat de travail mais une carte a puce ad vitae !

La fin du salariat ?

Dans un film, Queimada (de Gilles Ponte Corvo), une révolte d’esclaves menace les grands propriétaires terriens. Ceux ci les massacrent à coups de fusils. Mais un propriétaire avisé, Marlon Brandon, leur suggère « Libérez vos esclaves ! Ils vous coutent cher, vous êtes obligés de les entretenir, eux leurs familles, leurs vieillards, de la naissance à la mort, ils sont à votre charge, libérez les, faites-en des salariés, vous ne les paierez que lorsque vous aurez besoin d’eux, ça vous coutera moins cher, vous n’aurez plus de charges ». L’immédiat après esclavage pour le salariat fut terrible, droits collectifs interdits et réprimés, des journées de 17 h, et pas droits, de protection pour la vie hors travail – hormis la compassion des hospices où on leur « comptait » les plats.

Il a fallu un siècle et demi de combats pour obtenir un code d’un travail, des conventions collectives, le paiement de cotisations sociales par l’employeur, un salaire net pour le travail productif et un salaire brut pour reproduire la force de travail. En même temps on gagnait des garanties de non-discrimination à l’embauche et des garanties contre l’arbitraire au licenciement : ca aussi ils veulent l’enlever, c’est pas prévu, pas plus que le décompte des heures supplémentaires ni les RTT dans la carte à puce.  Et aussi des institutions représentatives du personnel : il n’en est même plus question, la “carte ad vitae a puce” remplacera vos délégués… Elle deviendra tellement importante qu’ils prévoient de vous la remettre solennellement  à 16 ans au cours d’une cérémonie à l’école.

Maintenant et depuis longtemps le Medef ne veut plus du salaire brut. Il attaque chaque cotisation, les gèle (retraites, maladie, logement), les fait supprimer (allocations familiales) les rognent (handicapés, formation) les manipulent (accident du travail) les conteste ( cotisations chômage).  Ils veulent revenir aux débuts du salariat : et certains oeuvrent à détacher les cotisations sociales du travail pour leur complaire. Ils ne veulent plus de code du travail Gattaz a déclaré « qu’il était l’ennemi n°1 des patrons » ! Il tentent d’organiser le retour au XIX° siècle sous prétexte de modernité : avec des loueurs de bras, des journaliers sans droit ni loi ni horaires ni salaires. Contrat zéro heure. Travail au sifflet. Des VTC partout : les pilotes de Ryan air sont auto-entrepreneurs et c’est un rêve de De Juniac ! L’horreur économique présentée comme la modernité.

Mais en conclusion disons-le : cela ne se fera pas.

L’usine à gaz des “comptes personnels” est déjà en difficulté avec le fameux compte “pénibilité”, la retraite par points de pénibilité ? Le « compte » pénibilité individualisé ?  Quelle rotule, quel coude, quel poignet, quel TMS ? Quel degré de surdité ? Quel début de cancer  figurera tôt ou tard sur la carte ad vitae ? C’est déjà quasi intolérable : étiqueter et payer l’individu pour ce qu’il souffre au lieu de lutter contre la souffrance pose question. Mais même ça le patronat ne veut pas. Au début il était prévu « 12 causes de pénibilités » c’est tombé à 8 causes, puis à 4 causes, et maintenant à 3 causes reconnues, les autres ont été écartées !

Mais pour illustrer avec un exemple : chez les éboueurs, l’espérance de vie moyenne est de 58 ans tellement il y a de cancers. Leur droit COLLECTIF à retraite était à 50 ans. Ce n’était pas un « régime spécial » c’était un DROIT COLLECTIF pour celui qui mourait à 55 ans ou à 95 ans. Là, avec des points pénibilité individuels, il faut trier chaque humain individuellement selon le degré avancé de la mauvaise santé ? Tout cela est impraticable et explosif, le patronat lui même s’en est aperçu et refuse de “compter les points”. Il en reviendra forcément à des droits collectifs et à des « intermédiaires » : les syndicats, les IRP, les médecins du travail, les inspecteurs du travail.

Si le patronat rêve de remplacer le salariat par des auto-entrepreneurs avec cartes ad vitae, ça ne marchera pas.

Même en Californie Uber a perdu, et Mac Donald se voit obliger de traiter ses franchisés comme dans la maison mère. Le National Board of Labour, à Washington a confirmé. Voila que la modernité est californienne  et la réaction est macronienne. Ce qui va triompher ce sera de reconnaître les sous-traitants dans les mêmes conventions collectives que leurs donneurs d’ordre. Pas une société « macronisée ».

A Paris, les chauffeurs de chez Uber viennent de se battre ensemble, ils ont, occupé les locaux d’ Uber et se syndiquent, ils cherchent même à prendre en main en autogestion, leurs « applications ».  Entre Bernard Cazeneuve qui a fermement déclare “Uber illégal” en juin 2015 et Emmanuel Macron qui promeut depuis ses déclarations de décembre 2014  (lors de la conférence LeWeb, ou il est questionné par Loïc Le Meur et Grainne Mac Carthy) une “société ubérisée “, une « société non statutaire », c’est Macron qui perdra.

Ce qui va triompher, ce qui est moderne, et nous allons y aider, en refusant cette « carte a puce ad vitae », ça va être de renforcer les droits collectifs pas de les individualiser, d’obtenir des garanties indexées sur nos travail et nos salaires, pas de les diluer dans des comptes aléatoires. Nous allons mener campagne « pour que vive le code du travail ! »

Les VTC seront reconnus salariés contre Uber. Les pilotes de Ryan air ne seront plus forcés de s’humilier à se déclarer auto-entrepreneurs. Le donneur d’ordre sera responsable de ce qui se passe sous ses ordres. Les sous-traitants seront alignés sur la convention collective du donneur d’ordre. Les « franchisés » seront intégrés dans l’ “unité économique et sociale”. De Juniac ne réussira pas à imposer une carte à puce individuelle aux pilotes d’Air France, ils garderont des horaires collectifs.

Le salariat est trop puissant.

Il fait 93 % des actifs. Les « indépendants » rêvés par Kosciusko Mörike ne sont pas l’avenir, ils sont le passé. Le capitalisme développe le salariat. Les « offensives » idéologiques actuelles sur la destruction de celui-ci ne sont pas étayées. De 1945 à aujourd’hui les « indépendants » sont passés de 45 % à 7 %, leur RSI ne fonctionne plus et devrait rentrer dans la Sécu, pas l’inverse ! Le salariat est passé de 45 % a 93 % et c’est une tendance mondiale ! L’OIT dit qu’il y a un milliard de salariés de plus dans les derniers décennies : le travail informel recule partout.

Des petits malins Uber ou Blablacar essaient quand même au passage, in extremis, de piquer des milliards « au bluff » sur ce qui existe encore de travail humain non marchand, d’échanges, de partages traditionnels, auto stop, co-voiturage, échanges d’appartements, ou repas cuisinés, profitant  de la générosité humaine pour la taxer au passage de façon privatisée. Mais ce n’est pas l’avenir non plus. Le numérique devra et sera mis au service des humains et du contrôle facilité et renforcé des durées du travail et des salaires correspondants.

Gérard Filoche

Lire :

Rapport « le compte personnel d’activité » pierre angulaire de la sécurité sociale professionnelle » de Pascale Gérard (secrétaire nationale à la formation professionnelle du Parti socialiste).

« Uber la prédation en bande organisée » de Laurent Lasne – Editions le tiers livre

« Ubérisation = économie déchirée » de Bruno Teboul et Thierry Picard – Editions Kawa

Cf : débat avec Bruno Teboul, Laurence Parisot, in « flashstalk » France O et LCP

Laura Pfeiffer : Tefal a retourné la machine des puissants de Haute-Savoie contre elle

http://www.ledauphine.com/haute-savoie/2015/10/17/un-soutien-de-haut-vol-a-l-inspectrice-du-travail-et-au-lanceur-d-alerte …

Cela fera date dans la série des grands procès historiques iniques : l’inspectrice du travail Laura Pfeiffer à été jugée le vendredi 16 octobre à Annecy à la place du patron de Tefal, de son directeur du travail et…  du procureur. C’est un procès à front renversé : elle a raison à 100 % tout le monde le sait, mais la machine des puissants s’est retournée contre elle.

Figurez-vous qu’elle avait établi que l’entreprise Tefal commettait de nombreuses infractions. Elle rédige procès-verbal comme il se doit. Le patron de Tefal entreprend le directeur du travail pour lui demander de la museler. Celui-ci y répond favorablement : il réussit même en échange à obtenir un stage pour l’une de ses parentèles chez Tefal. Voilà l’inspectrice obligée de se défendre à la fois de son directeur et du patron Tefal.

A ce moment-là un salarié de Tefal découvre des documents dans une photocopieuse de l’entreprise le visant lui (« faut-il lui fixer des objectifs inatteignables ? ») pour le licencier. En même temps, il découvre les échanges de mels entre Tefal et le directeur du travail sur la possibilité d’écarter Laura Pfeiffer et il les transmet.

Laura Pfeiffer saisit le « Conseil national de l’inspection du travail » qui lui donne clairement raison le 10 juillet. Mais les documents se retrouvent sur internet et devenez ce qui arrive : c’est Téfal qui porte plainte contre l’inspectrice « pour violation du secret professionnel et recel de courriels », et il se trouve un procureur qui décide de poursuivre l’inspectrice et non plus Tefal : il déclare que c’est l’occasion « de faire le ménage à l’inspection du travail ».

Au point que même le directeur général du travail, Yves Struillou est obligé de faire une mise au point le 26 mai 2015: « Vos propos ont suscité un émoi légitime… compte tenu de leur contenu, de leur portée, – eu égard à vos hautes fonctions – et de leur large publicité. » « Le caractère familier et la généralité de vos propos est choquante (…) C’est de nature à favoriser des pressions sur les agents au motif tiré de la nécessité de « faire le ménage ». C’est tout à fait contraire aux dispositions combinées de l’article 4 de la convention 81 de l’OIT du 11 juillet 1947 et de l’article R.8121-13 du code du travail et de l’article 6 de la dite convention : « Le personnel de l’inspection sera composé de fonctionnaires publics dont le statut et les conditions de service leur assurent la stabilité dans leur emploi et les rendent indépendants de tout changement de gouvernement et de toute influence extérieure indue ».

Hélas, le 16 octobre, le procureur a osé requérir 5000 euros d’amende et une inscription au casier judicaire susceptible de faire perdre son poste à Laura Pfeiffer.

On est dans le domaine de la conjuration odieuse : les puissants de Haute-Savoie, patronat, haut fonctionnaire, magistrat se sont ligués pour faire oublier les fautes de Tefal, il n’ont pas hésité à se coaliser pour accuser de tous les maux la courageuse inspectrice qui avait pour mission républicaine de les combattre. Nous étions 1000 à Annecy ce jour là pour soutenir Laura Pfeiffer, mais ce sont des millions qui doivent se soulever contre une aussi grossière et énorme imposture. Jugement le 4 décembre.

 

Gérard Filoche

 

lire dans l’humanite dimanche chaque semaine

 

Laura Pfeiffer jugement le 4 décembre, vigilance !

Un soutien de haut vol à l’inspectrice du travail
Ils ont été très nombreux à Annecy le 16 octobre
à manifester publiquement leur soutien à l’inspectrice du travail
et à l’informaticien « lanceur d’alerte » renvoyés à tort
devant le tribunal… ledauphine.com

Arcelor Mittal 2 intérimaires (Randstatt) chutent dans la fonte en fusion 1400° – La presse préfère parler de 2 chemises déchirées

C’était un intérimaire de la société interconseil Randstad. Jérôme Domaerel avait 41 ans. Il est mort à 15 h 30, le 13 juillet, sur le site dunkerquois d’Arcelor-Mittal à Grande-Synthe. Le salarié, originaire de Calais, 30 minutes après « l’opération classique de bouchage du trou de coulée, lors des activités habituelles de préparation de la coulée suivante », Jérôme a chuté dans la rigole principale de fonte liquide » du haut-fourneau numéro 4. La fonte en fusion sort à 1400°C. Les restes de son corps calciné ont été retrouvés dans la rigole du haut-fourneau. Le corps a été autopsié et rendu à la famille : « Le cercueil était scellé, compte tenu des circonstances ». A ce jour, les circonstances de l’accident ne sont pas claires car la direction ose mettre des bâtons dans les roues à l’expertise demandée par le CHSCT et on attend la décision du tribunal..

C’était le 3° accident mortel au sein du groupe en peu de temps. Le 26 décembre 2014, un accident du travail avait déjà coûté la vie à un salarié de l’entreprise sidérurgique de 36 ans, percuté par une chargeuse. Le 12 avril, un jeune intérimaire de 21 ans s’était retrouvé coincé puis écrasé entre deux wagons, sur les rails, près de l’aciérie.

Et puis voila, pendant que l’enquête sur l’accident du 13 juillet est paralysée,  le  jeudi 10 septembre, en fin de matinée un autre ouvrier intérimaire de 29 ans a trouvé la mort sur le site de Fos sur mer, tombé lui aussi, dans une cuve en fusion. Les pompiers ont mis plusieurs heures à retrouver le corps dans la fonte.

Alain Audier, secrétaire général CGT du site, pointe du doigt le recours à la sous-traitance et à un salarié précaire « Ils travaillent sur des installations qui malheureusement se sont pas à la hauteur en termes de sécurité, de mise à niveau, d’entretien et de maintenance ». Il est anormal que dans ces métiers à haut risque, l’industrie se permette de recourir à des travailleurs peu formés, au péril de leur vie.

Il s’agit de « sites dits Seveso » pourquoi de jeunes intérimaires non formés y sont ils placés en exploitation ? L’actuel taux d’interimaires est monté à 21 % ce qui correspond à un chiffre scandaleux, forcément sur des postes permanents !

Faut il « adapter le code du travail aux entreprises » comme l’a déclaré François Hollande dans sa dernière conférence de presse ? Non c’est l’inverse !

Le code du travail n’est pas « illisible » Monsieur le Président, il dit bien dans quelles conditions des intérimaires doivent être utilisés : pas pour des postes permanents, pas dans des conditions dangereuses. Et l’état a des conventions avec Arcelor-Mittal !

« A ArcelorMittal… personne ne s’attarde sur un gant ou un casque moins bien mis : le principal est de redémarrer au plus vite la production ; au détriment de certains points fondamentaux dans la sécurité de circulation des employés » dit Bernard Collin secrétaire du CHSCT Fonte.

La CGT s’interroge, a contrario du Président de la république,  sur la politique de santé et de sécurité d’ArcelorMittal : est-elle réellement adaptée aux véritables risques auxquels les salariés sont confrontés quotidiennement ? Non bien sur.

« La sécurité et la santé des salariés ne sont plus considérées comme une priorité par nos dirigeants. Seuls comptent les résultats financiers de l’entreprise » ajoute la CGT qui a organisé une journée d’action le 15 octobre à Dunkerque avec 200 entreprises, une conférence de presse et la mobilisation d’intérimaires de Randstatt France.

Ce jour là, tout à été fait pour sensibiliser l’opinion : mais croyez vous que le premier ministre a traité de voyous » les patrons responsables, par faute inexcusable, de ces morts ? Non !  Croyez-vous que Pujadas a exprimé ses regrets d’avoir ridiculisé le Code du travail devant 5 millions de téléspectateurs et a fait sa « une » sur les morts d’Arcelor ? NON   Pourtant ce n’est pas nouveau hélas, depuis 1962,  il y a eu 200 accidents du travail mortels à Arcelor ?

Qu’en dit le sous-préfet, à la délégation de la CGT reçue ce 15 octobre, plutôt du genre poli mais fataliste ?  Que si Arcelor prend des CDD avant d’embaucher, c’est bon puisqu’ils deviennent des CDI ? Mais non un CDD n’est pas une période  d’essai. Et un CDD après des années d’intérim, ce n’est pas une procédure légale non plus. Et des intérimaires sans formation exposés aux risques non plus. Et puis supprimer des postes fixes et prendre 21 % d’intérimaires, ce n’est pas conforme non plus au code du travail. Décidément, ce n’est pas de trop de « code du travail » dont on souffre mais de « pas assez » et de pas assez de respect des humains au travail.

 

Ce n’est pas le moment de faire des rapports Combrexelle et Mettling mais de renforcer le code, la sécurité, les CHSCT, d’imposer au patronat de respecter  et de ne pas leur mettre des bâtons dans les roues.  Quant à l’intérim, il convient de dire qu’il y a eu 67 morts l’an passé parmi les intérimaires et que 2 millions d’intérimaires c’est dangereux ce n’est pas « normal », c’est ce que ceux de Randstatt, 3° groupe d’intérim, sont venus dire de toute la France, ce 15 octobre à Dunkerque. Ca ne fait pas la ‘une », les médias des 7 gros milliardaires du pays, préfèrent parler des chemises déchirées que de la violence des  morts ouvrières.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

22 octobre Air France. L’intersyndicale demandent la levée des poursuites et des procédures disciplinaires engagées contre tous les salariés.

Air France. L’intersyndicale demandent la levée des poursuites et des procédures disciplinaires engagées contre tous les salariés.

Douze Organisations Professionnelles d’Air France réunies ce jour en intersyndicale dénoncent les méthodes d’interpellations de salariés Air France suite aux événements survenus lors du CCE du 5 octobre 2015.

Parce que les conditions de l’arrestation de ces salariés, présumés innocents, apparaissent plus proches de celles employées pour interpeller de potentiels terroristes que des salariés désespérés, victimes eux aussi de la violence sociale dans laquelle ils sont plongés,

Parce que le dialogue social est primordial,
Parce que les organisations syndicales sont les seules à pouvoir transformer la violence sociale des projets de la direction d’Air France en négociation,
Parce que la médiatisation à outrance et l’acharnement judiciaire ne sont pas favorables au retour de la sérénité et du dialogue social dans l’entreprise,
Nos organisations syndicales demandent la levée des poursuites et des procédures disciplinaires engagées contre tous les salariés.

Parce qu’Air France, ce fleuron de l’industrie française, est aujourd’hui en crise par manque de vision stratégique cohérente de ses dirigeants,
Parce que notre entreprise est victime du manque de soutien de son premier actionnaire, l’Etat, pourtant « propriétaire moral » d’Air France,
Parce que l’Etat régulateur défavorise l’environnement économique dans lequel notre compagnie est plongée et arbitre souvent au profit de nos concurrents,
Parce que les licenciements envisagés par la direction d’Air France, dans un contexte de croissance du transport aérien, constituent une faute majeure.
Parce qu’un avenir ambitieux pour Air France est possible,
Nous appelons à la mobilisation l’ensemble des salariés, le 22 octobre prochain, afin d’exiger un autre avenir pour Air France.

Roissy, le 13 octobre 2015

Retraites complémentaires Le Medef impose encore le recul de l’âge de départ à la retraite

Edito de la lettre hebdo de D&S

 

Nouvelle séance de négociation sur les retraites complémentaires ARRCO-AGIRC le 16 octobre. Les propositions du Medef visent à reculer le départ en retraite à 64 ans. Partir plutôt entraînerait un abattement sur la retraite. Totalement inacceptable !

Le patronat propose d’introduire des abattements au montant des pensions complémentaires versées avant 64 ou 65 ans. Partir à 62 ans entraînerait un abattement de 25% de sa pension et à 63 ans 15% de moins ! Le taux plein ne serait garanti qu’à 64 ans.

Rappelons que pour une retraite à taux plein, la règle est d’avoir 62 ans et 166 trimestres de cotisation. Cette règle, contenue dans la loi pour le régime général n’est pas remise en cause en droit. Mais, en fait l’abattement proposé par le Medef ne peut avoir que deux conséquences : soit reporter l’âge de départ à 64 ans, soit partir avec une pension amputée pendant deux ans.

Non seulement, le Medef n’accepte pas de jouer sur les paramètres de financement en augmentant les cotisations patronales mais il pousse à modifier les deux autres paramètres que sont l’âge de départ et le montant des pensions.

En faisant jouer à la baisse les pensions, le patronat tente d’ouvrir à nouveau le « marché «  des retraites aux assureurs privés et aux banques. En repoussant l’âge du taux plein il fait le pari du retour de la droite en 2017 pour repousser une nouvelle fois l’âge de départ en retraite.

Pour bien se faire comprendre, le patronat propose d’aggraver le gel des pensions – ce qui est déjà le cas – un nouveau report de la date de revalorisation des pensions, un gel de la valeur du point couplé avec un hausse du prix d’acquisition des points ARRCO et AGIRC …

L’objectif est de parvenir à un régime complémentaire dit « à cotisations définies ». Dès lors que les sources de financement sont taries, l’équilibre financier n’est possible qu’en baissant les pensions des retraité-e-s, en réduisant le niveau des futures pensions au regard du salaire de fin d’activité, en reculant l’âge de départ en retraite.

Les soi-disant efforts financiers sur quelques années pour rétablir les comptes masquent de plus en plus mal un objectif de fond : bouleverser le système de retraite solidaire construit depuis la libération et basé sur des prestations garanties. Cette attaque doit être appréciée à son juste niveau et combattue fermement.

Toutes les organisations syndicales rejettent aujourd’hui les propositions patronales. Et comme le pointe la CGT, « les entreprises bénéficient de plus de 200 milliards d’aides publiques sous différentes formes (exonérations, CICE, pacte de responsabilité….)  et ne pourraient pas trouver les 8 milliards nécessaires pour assurer le versement des retraites complémentaires à l’horizon 2020 ? ».

Alors que la droite (Sarkozy, Wauquiez…) met en cause la représentativité des syndicats de salariés, Manuel Valls a justement rappelé l’importance de ce qu’il appelle « les corps intermédiaires ». On serait en droit d’attendre de la gauche au  gouvernement un soutien aux syndicats face aux exigences du Medef. Mais on attend…et on n’entend rien !