« La fin du salariat » ? (sic) surement pas, il n’a jamais été aussi puissant !

« Le lien de subordination incarné par le salariat ne correspond plus à notre système productif » (on dirait du Macron Rebsamen) selon Denis Pennel, auteur, au Seuil, en 2013 de « Travailler autrement : Quel avenir pour le travail à l’heure de la révolution individualiste ? ». Selon Denis Pennel « Nous avons sans doute franchi le point culminant du salariat ». (C’est très osé alors que le salariat représente 93 % de la population active, et qu’il n’a cessé de croitre depuis 70 ans.)

Pennel reconnaît que « les chiffres semblent contredire l’importance du travail indépendant, puisque la France compte seulement 2,6 millions de travailleurs non salariés ». (Il exagère, c’est moins, sans doute 2 millions). Mais, il souligne que  « l’hybridation des formes d’emploi progresse : CDD, intérim et temps partiel, le CDI à temps plein direct n’occupe plus que 70 % du champ du salariat« . (Il exagère encore, en fait 85 % des contrats sont des CDI et 95 % entre 29 ans et 54 ans).

Il prétend que la « pluri-activité brouille la frontière stricte entre salariat et travail indépendant » : 2,3 millions de personnes cumuleraient plusieurs activités professionnelles (non-salariés exerçant une activité secondaire salariée, salariés exerçant une activité secondaire non salariée, salariés à multi-employeurs). (C’est du pipeau, ces pauvres gens ne peuvent faire autrement pour survivre et ces économies informelles dysfonctionnent et relèvent du tiers monde pas du fonctionnement d’une économie développée comme la nôtre).

Il propose donc de faire du Macron : développer  de « nouvelles formes de travail, telles que les auto-entrepreneurs, micro-entreprises ou consultants indépendants…Chacun devenant son propre employeur et fournit à une organisation le fruit de son propre labeur ». (En fait la précarité a doublé mais elle ne fait que 15 à 18 % des contrats – les embauches sont à 80 % en CDD mais en flux, pas en stock et les « indépendants » ne sont que 7 % des actifs et souffrent dans leur RSI riquiqui).

Donc il faut remplacer la « subordination » par la « soumission librement consentie » comme le dit le Medef. Pennel prétend que le CDI ne protège plus les salariés : détenir un CDI ne garantit plus un emploi à vie. (Là, il ment : en fait la durée des CDI s’allonge contrairement a tout ce qu’il raconte et ils sont passés, en 30 ans, de 9,5 ans en moyenne à 11,5 ans)

« Un retour vers le passé »  se demande Plennel ? « Certains pourront voir le développement du travail hors salariat comme une régression historique » (Oui !) « Le danger face à l’essor du travail hors salariat est de revenir vers une marchandisation du travail, un travail à la demande, payé uniquement en fonction des tâches effectuées, une sorte de retour vers le « tâcheron » ou le travailleur « journalier ». En outre, le risque est de voir des emplois salariés se transformer en faux travail indépendant, uniquement pour des raisons d’optimisation sociale. […]  (Ca c’est vrai, ce serait une énorme régression et ils la souhaitent mais elle totalement improbable, à contre courant de toute la dynamique économique et sociale des 70 dernières années)

Pennel ne fait pas une analyse de la réalité : c’est un programme qu’il défend, celui de Macron (quand il modifie l’article 2064 du code civil) et du Medef.

 

lire « Salariés si vous saviez… » Ed. La découverte 2007, en voie de ré édition actualisée

lire chronique hebdomadaire « au boulot » dans l’Humanite dimanche ici n°236

Le slogan pervers : pour embaucher faut debaucher – une vie pour le contrat de travail mais à condition qu’il puisse etre mis à mort facilement ?

Ainsi, le Medef s’acharne à faire adopter le « licenciement sans motif » et l’UMP l’a repris à l’Assemblée nationale. Pour cela ils usent inlassablement du slogan pervers du père Gattaz : « pour nous permettre d’embaucher, il faut nous faciliter les licenciements ». Et tous les zélotes reprennent l’évidence : « pour embaucher faut pouvoir débaucher ». Pour signer le contrat il faut être libre de le déchirer.

Etrange quand même : avant de penser à la naissance du contrat il faut penser à sa mort. Ce qui occupe en premier chef le cerveau d’un patron, serait de se débarrasser demain de celui qu’il va salarier aujourd’hui. Il n’est pas intéressé par ce que celui-ci va produire ni sa qualification, il est obsédé par la procédure finale, la rapidité, le coût de la rupture de son contrat. Un patron ca n’a rien de positif dans la tête, genre « je vais garder longtemps un salarié » ni genre « mon carnet de commande impose que j’embauche ». Non, l’essentiel serait de ne plus être obligé d’envoyer une lettre, ni de convoquer le salarié les yeux dans les yeux, ni de motiver sa décision, et encore moins de payer des indemnités. Fini les licenciements humains, droit aux licenciements comme des chiens.

Plus question que le salarié fasse un recours devant le tribunal des prud’hommes  sous prétexte que le licenciement serait abusif ou sans cause réelle et sérieuse. Ca insécurise ! Les patrons sont risquophobes. Plus question d’entretien, de lettre motivée, toute poursuite pour abus de droit doit cesser. Licencier arbitrairement sans risque, voilà le saint Graal !  Le patron de droit divin doit pouvoir dire « dehors et je n’ai pas à dire pourquoi », le salarié doit obtempérer. Comme ça il sera davantage soumis n’est ce pas ? Laurence Parisot appelle cela « la séparabilité », elle dit « c’est comme un divorce » ! Et c’est toujours le même qui garde les meubles.

Finies la déclaration universelle des droits de l’homme de 48, la charte européenne de 99, la convention 158 de l’OIT, l’UMP et le Medef veulent supprimer l’obligation de motiver les licenciements et Macron prépare cela.

Vies, maladies, harcélements et morts au travail avant que François Rebsamen ne supprime les CHSCT


Pour démonter un panneau publicitaire (94 Chennevières sur Marne) un salarié de l’entreprise B  (95 Soisy sous Montmorency) se trouvait sur une nacelle depuis laquelle il tenait une corde sur laquelle était fixé un crochet devant maintenir le panneau pendant que 2 personnes au sol désolidarisaient celui-ci du bardage. Le crochet a cédé et le salarié est tombé en arrière, passant au travers d’une toiture en fibrociment et chutant sur le sol 7 mètres plus bas. Il est décédé.

 

Un mécanicien de l’entreprise H D (78 Buc) intervenait sur une pièce défectueuse d’un camion. Afin d’accéder à la pièce située au-dessus d’une roue, il a actionné un mécanisme de levée qui a finalement cédé, lui provoquant un écrasement du thorax. Les premiers constats tirés de l’enquête révèlent l’absence d’évaluation des risques professionnels.

 

Au sein de l’entreprise de transports N (94 Bonneuil sur Marne), un salarié a été gravement blessé après avoir été percuté puis traîné sur plusieurs mètres par un porte-container sur rail.

 

Le 13 mars, un salarié de la FFB (40 salariés, 92 Saint Cloud) est décédé après s’être jeté du 3° étage de l’entreprise. Il apparaît que ce salarié, en charge de la maintenance du réseau informatique, récemment missionné dans le cadre de la refonte du site internet, avait fait état de son stress lié à une charge excessive de travail.

 

Les salariés de la plateforme M de Mantes-la-Jolie (78) ont exercé leur droit de retrait en raison de problèmes de charge de travail et de risques psychosociaux, liés à la restructuration depuis plusieurs années. Un CHSCT extraordinaire est convoqué.

 

Charge de travail excessive et risques psychosociaux sont également en cause dans une procédure de danger grave et imminent au sein de l’entreprise G (78 Buc), chargée de la maintenance d’appareils de reprographie. Une réunion extraordinaire du CHSCT a eu lieu et le président du CHSCT y a relaté la démarche « risques psycho sociaux » entreprise depuis un an.

 

Les services de l’inspection du travail ont été alertés par une femme de chambre de l’entreprise L., intervenant au sein de l’hôtel M. (92 Neuilly) : suite à la déclaration d’un vol de 100 € dans une des chambres qu’elle avait nettoyé, il a été procédé à une fouille totale de son vestiaire et de ses affaires. Elle a du se dénuder intégralement afin que tous ses vêtements soient inspectés. Elle a déposé plainte pour agression sexuelle. Un CHSCT extraordinaire s’est tenu ; des mesures ont été actées afin d’éviter qu’une telle situation ne se reproduise : formalisation d’une procédure claire et partagée en cas de vol, formation des managers de M. et LCS sur cette procédure, amélioration de la sécurité de l’hôtel. Une décision de modification du règlement intérieur a également été notifiée à l’hôtel. Par ailleurs il a été constaté qu’aucun décompte de la durée du travail des femmes de chambre n’était réalisé, leur rémunération étant illégalement liée au nombre de chambres effectué et non pas au nombre d’heures effectuées, ce qui est hélas courant dans la profession.

 

a lire :  chronique hebdomadaire de l’Humanité dimanche  « au boulot » n°234

Avant que François Rebsamen ne supprime les CHSCT

Pour démonter un panneau publicitaire (94 Chennevières sur Marne) un salarié de l’entreprise B  (95 Soisy sous Montmorency) se trouvait sur une nacelle depuis laquelle il tenait une corde sur laquelle était fixé un crochet devant maintenir le panneau pendant que 2 personnes au sol désolidarisaient celui-ci du bardage. Le crochet a cédé et le salarié est tombé en arrière, passant au travers d’une toiture en fibrociment et chutant sur le sol 7 mètres plus bas. Il est décédé.

 

Un mécanicien de l’entreprise H D (78 Buc) intervenait sur une pièce défectueuse d’un camion. Afin d’accéder à la pièce située au-dessus d’une roue, il a actionné un mécanisme de levée qui a finalement cédé, lui provoquant un écrasement du thorax. Les premiers constats tirés de l’enquête révèlent l’absence d’évaluation des risques professionnels.

 

Au sein de l’entreprise de transports N (94 Bonneuil sur Marne), un salarié a été gravement blessé après avoir été percuté puis traîné sur plusieurs mètres par un porte-container sur rail.

 

Le 13 mars, un salarié de la FFB (40 salariés, 92 Saint Cloud) est décédé après s’être jeté du 3° étage de l’entreprise. Il apparaît que ce salarié, en charge de la maintenance du réseau informatique, récemment missionné dans le cadre de la refonte du site internet, avait fait état de son stress lié à une charge excessive de travail.

 

Les salariés de la plateforme M de Mantes-la-Jolie (78) ont exercé leur droit de retrait en raison de problèmes de charge de travail et de risques psychosociaux, liés à la restructuration depuis plusieurs années. Un CHSCT extraordinaire est convoqué.

 

Charge de travail excessive et risques psychosociaux sont également en cause dans une procédure de danger grave et imminent au sein de l’entreprise G (78 Buc), chargée de la maintenance d’appareils de reprographie. Une réunion extraordinaire du CHSCT a eu lieu et le président du CHSCT y a relaté la démarche « risques psycho sociaux » entreprise depuis un an.

 

Les services de l’inspection du travail ont été alertés par une femme de chambre de l’entreprise L., intervenant au sein de l’hôtel M. (92 Neuilly) : suite à la déclaration d’un vol de 100 € dans une des chambres qu’elle avait nettoyé, il a été procédé à une fouille totale de son vestiaire et de ses affaires. Elle a du se dénuder intégralement afin que tous ses vêtements soient inspectés. Elle a déposé plainte pour agression sexuelle. Un CHSCT extraordinaire s’est tenu ; des mesures ont été actées afin d’éviter qu’une telle situation ne se reproduise : formalisation d’une procédure claire et partagée en cas de vol, formation des managers de M. et LCS sur cette procédure, amélioration de la sécurité de l’hôtel. Une décision de modification du règlement intérieur a également été notifiée à l’hôtel. Par ailleurs il a été constaté qu’aucun décompte de la durée du travail des femmes de chambre n’était réalisé, leur rémunération étant illégalement liée au nombre de chambres effectué et non pas au nombre d’heures effectuées, ce qui est hélas courant dans la profession.

Grand meeting à Paris contre le projet de loi Macron salle Japy le 7 avril à 19 h

Presidence : Sarah Legrain et Cédric Clérin

intervenants

- Travail dimanche : Karl Ghazi (CGT Commerce)

- Horaires de soirée : Laurent Degousee (SUD Commerce)

- PCF : Olivier Dartigolles

- Inspection du travail : Cecile Drilleau (SNTEFP-CGT)

- PCOF : Christian Pierrel

- Services Publics : Patrick Hallinger (Convergences)

- PS : Liem Hoang Ngoc

- Femmes : Ana Azaria

- PS : Gérard Filoche

- Malika Zediri (Apeis)

- PG : Eric Coquerel

- Copernic : Willy Pelletier

- Ensemble ! : Clementine Autain

- Michel Faujour (FSU)

- EELV : Jérôme Gleizes

- Droit : Evelyne Sire-Marin

- NPA : Olivier Besancenot

- DAL : Jean-Baptiste Eyraud

une motion de toute la gauche du parti semble possible

Communiqué à propos du Congrès de Poitiers du PS les 21 mai et 6 juin

Nous participons activement à un travail d’élaboration croisé en vue d’une motion pour une majorité nouvelle capable de permettre au Parti socialiste de peser pour une ré orientation à gauche de la politique du gouvernement

Les amis de D&S travaillent assidument, après avoir présenté leur contribution (sauver le parti socialiste redistribuer les richesses) le 7 janvier, après avoir rédigé une contribution commune avec la majorité de la motion 4, à la rédaction d’une motion générale rassemblant 6 contributions, dont celle de MLG, la plus importante, celle d’UMA, et celle pour un « éco-socialisme » et rejointe par d’autres composantes.
Nous avons travaillé activement toute la semaine dernière afin de vérifier si nos positions permettaient une motion commune. Cela semble possible. Chacun le souhaite à ce stade. Nous le voulons. Il apparaît qu’il y a même un accord possible, à finaliser, sur le dispositif humain et organisationnel qui accompagne ce texte, premiers signataires, mandataires, instances…
Nous espérons présenter cette motion unitaire, à la date convenue, le 11 avril. La prochaine réunion de travail sans doute décisive est le mardi 7 avril.
Gérard Filoche

C’est une aberration de parler de « tripartisme »

Il existe deux classes sociales fondamentales.

L’actionnariat et le salariat. Ceux qui produisent les richesses et ceux qui se les accaparent. Ceux qui vendent le mieux possible leur force de travail et ceux qui l’exploitent au maximum. Ceux qui soutiennent la finance qui pille et ceux s’en défendent pour vivre. Il y a d’un coté, le salariat qui produit les richesses et n’en reçoit pas la part qu’il mérite, et de l’autre les 1 % de l’oligarchie qui se goinfrent des milliards arrachés au travail.

Il n’y a pas, face à cela, trois camps. Il n’y en a que deux. La droite et la gauche.

L’UMP, UDI et le FN sont le camp des soutiens aux banquiers. Les partis de gauche dépendent des votes de la grande majorité des salariés.

Il est insensé, ou fort malintentionné de classer le FN dans un « troisième camp ».

Il n’existe pas de « centre » qui puisse échapper au combat entre les salaires et les dividendes.

D’ailleurs jamais le FN ne s’en prend à l’oligarchie, aux détenteurs de capitaux, aux fraudeurs fiscaux, au Medef, aux financiers. Le Pen a exigé, exactement comme Angela Merkel et Christine Lagarde que le nouveau gouvernement du peuple Grec paie la « dette » qui lui est attribuée par les banques ! Elle ne conteste pas la « dette » indigne, elle ne remet pas en cause le tribut qui est exigé chaque jour au peuple par les banques : au contraire elle se sert de ce prétexte pour exiger que ce soit les immigrés ou les autres peuples qui le paient, les chômeurs, ou les minima sociaux mais pas les riches ni l’oligarchie. Elle est contre les services publics et les droits du travail. Le Pen est toujours courtoise avec « ceux du château » mais pas avec ceux qui ne peuvent vivre de leur travail. Elle est dans le camp classique de la droite extrémisée, mais pas du tout entre deux camps ou dans un autre camp.

Et l’UMP n’est pas du tout plus proche de la gauche que de Le Pen.

Elle est poreuse au FN au point qu’elle fait la course à l’échalote avec les thèmes les plus éculés de la vulgate d’extrême droite lepéniste. Sarkozy parle du porc dans les menus des repas des cantines ! Les deux électorats sont mêles non seulement dans les idées mais dans les urnes. L’UMP fait même au pouvoir une partie du sale boulot que le FN ne peut faire lui même.

On ne voit donc pas quel serait l’intérêt d’inventer cette curieuse et inédite notion de « tripartisme ». Quel est le but pervers ? De dédouaner le FN d’être en fait au service de l’oligarchie ? Ou dédouaner l’UMP de ses complicités avec le FN ? D’envisager une fumeuse alliance inter-classiste avec l’UMP par delà les intérêts antagonistes entre actionnariat et patronat ? De rendre confuse l’opposition entre droite et gauche ?

Qui a intérêt a ne pas délimiter le camp de la gauche contre celui de la droite et de l’extrême-droite ?

Alors que le FN multiplie les démagogies, se prétend ni de gauche ni de droite, emprunte des mots de gauche tout en les vidant de leur contenu, qui a le moindre intérêt à ne pas le ranger dans le camp de la droite ? Alors que le FN utilise de façon surabondante cette sale expression « UMPS » faut il lui faciliter la tâche en inventant un « troisième » camp ?

Un « tripartisme » pour deux classes, qu’est ce que c’est ?

Il n’y a pas de classe moyenne en France. Le salariat a gagné largement. Il représente 93 % des actifs. Et 98 % des ces 93 % gagnent moins de 3200 euros nets. Entre le bas et le haut du salariat les intérêts fondamentaux sont proches : les mêmes menaces existent contre le droit à l’emploi et le niveau du salaire.

A moins qu’il n’y ait plus de classes, ou encore que les partis n’aient pas de nature de classe ? Un parti peut il ainsi échapper à sa genèse, à son histoire, à sa continuité organisationnelle, à sa base sociale, à son électorat, à sa place dans les luttes sociales ? Avancer cette idée que trois partis pourraient ainsi « muer », est une idée bien dangereuse, dont le premier effet est de dédouaner le FN de ses racines et de sa direction fascisante. Et le fascisme c’est le stade horrible du capitalisme, quand ses grandes multinationales et ses banques ne peuvent plus assurer l’ordre en vigueur et ont absolument besoin de hordes armées supplétives pour défendre leurs pouvoirs et richesses.

Il faut au contraire impliquer le FN dans son rôle actuel : aiguillonner, pousser la droite et se préparer à suppléer en dernier ressort aux partis de droites traditionnels si ceux viennent à faiblir dans la défense de l’oligarchie.

Il faut au contraire rassembler, distinguer, unifier le camp de la gauche, s’appuyer sur la puissance du salariat majoritaire contre la droite et l’extrême droite, et non pas isoler, distinguer, inventer des « camps » aux contours trompeurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Déclaration au soir du 2° tour des départementales, le 29 mars 2015

Le Parti socialiste vient de subir, à nouveau une lourde défaite électorale. Pour la quatrième fois depuis le début du quinquennat, nous sommes sévèrement sanctionnés dans les urnes.

Les revers successifs aux élections intermédiaires – municipales, européennes, sénat et départementales – sont autant de tests nationaux qui témoignent du désaveu de la politique du gouvernement de gauche. Pendant dix ans le vote de nos électeurs nous avait donné une majorité partout. Aujourd’hui, son abstention massive exprime clairement le rejet des politiques de « l’offre » mises en œuvre depuis trois ans, qui tournent le dos à nos engagements,  qui échouent partout en Europe et conduisent aux portes de la déflation.

Sur fond de division de la gauche, de chômage de masse et désespérance sociale, les orientations économiques du gouvernement portent aujourd’hui la lourde responsabilité de placer le Front national devant le Parti socialiste. Ce n’est pas la France qui se droitise, c’est la politique du gouvernement qui ne répond pas aux attentes de nos électeurs.

Sauver la fin du quinquennat, c’est encore possible !

Face à la débâcle qui s’annonce aux régionales, face à la montée de l’extrême-droite et du chômage de masse, un sursaut s’impose. Il est temps de renouer avec une politique de gauche crédible, volontaire et ambitieuse, sans attendre un hypothétique retour de la croissance. La redistribution des richesses c’est maintenant !

Le rassemblement de la gauche ne se décrète pas, mais se construit. On ne combat pas le Front national avec indignation mais avec le progrès social.

Au sein du Parlement, il existe encore une majorité rose-rouge-verte qui ne demande qu’à vivre et à gouverner ensemble. Dans un esprit de responsabilité, nous renouvelons au Président de la République notre demande de réorientation des politiques économiques pour la justice sociale et la transition écologique.

Nos proposons un « contrat de réussite et de rassemblement » pour réaliser l’unité de la gauche et renouer avec la confiance des Français qui nous ont porté au pouvoir.

Dans soixante jours les militants votent pour le congrès socialiste de Poitiers. C’est la seule occasion pour qu’ils se ressaisissent de l’orientation du parti et qu’ils le sauvent avant qu’il ne soit trop tard.

Nous pouvons refaire du socialisme une idée neuve. Nous ne laisserons pas mourir le Parti socialiste. Unissons nos efforts pour une nouvelle majorité socialiste à Poitiers.

Fréderic Lutaud, Gérard Filoche, membres du Bureau national du Parti socialiste

fred.lutaud@gmail.com 0660398258

gerard.filoche@gmail.com 0607481167

Le 29 mars : unité de la gauche contre l’UMP, l’UDI et le FN !

Le 1er tour des élections cantonales peut se résumer en 5 chiffres : 49,7 % d’abstentions ;  36,8 % pour la gauche (dont 21,5 % pour les candidats soutenus par le Parti socialiste) ; 35,60 % pour la droite (essentiellement UMP-UDI) ; 25,2 % pour le FN.

La droite unie obtient, hélas, 226 élus dès le 1er tour, la gauche désunie 56, et le FN 8. En pratique malgré tous les effets de médias, c’est l’UMP qui a gagné loin devant le FN low cost.

Le FN ne peut se targuer d’avoir le score auquel il prétendait avant le 22 mars. Il est, néanmoins, dans le peloton de tête dans une élection qui ne lui est pas favorable. Il concourt au second tour dans de très nombreux cantons et dépasse les 30 % dans 25 départements, notamment dans le Nord, où il sera présent au second tour dans 37 cantons sur 41, alors que le Parti socialiste et les candidats qu’il soutenait sont éliminés dans 27 cantons.

Le PS et les candidats qu’il soutenait n’arrivent qu’en 3ème position, derrière l’UMP-UDI et le FN, dans une élection de proximité où il partait, pourtant, avec l’avantage de pouvoir s’appuyer sur une grande majorité de conseilleurs généraux.

La politique de Manuel Valls est bien évidemment en cause

L’abstention massive à gauche qui a permis la progression de la droite et du FN, en pourcentage des voix, est due à la politique libérale menée par Manuel Valls.

La « peur » de Manuel Valls, face au FN, proclamée dans tous les médias n’a que fort peu réussi à remobiliser les abstentionnistes (49,7 % d’abstention contre 55,7 % en 2011, mais seulement 35,1 % en 2008). Comment peut-on avoir « peur du FN » quand on gouverne et que l’on a tous les moyens pour  faire une politique de gauche qui remobilise les électeurs de gauche et envoie dans les cordes le FN, aussi bien que l’UMP et l’UDI ?

Et pourquoi n’aurait on pas « peur » de l’UMP qui pourrait diriger 70 à 80 départements et qui ferait une politique cruelle, stimulée par le FN ?

Le bilan de la politique de Manuel Valls devra être tiré en temps voulu, après le second tour des départementales, après le 29 mars. Le plus urgent, aujourd’hui, c’est de mener jusqu’au bout la bataille pour battre la droite et l’extrême-droite.

La gauche, toute la gauche, doit s’unir le 29 mars : cela ne regle pas les questions politique, il s’agit d’un désistement inconditionnel pour faire barrage au pire.

Il est nécessaire de remiser les controverses du premier tour entre candidats de gauche. Il sera temps, là encore, de tirer les bilans des causes et des effets de la division de la gauche au 1er tour, après la bataille qui reste à mener et qui doit voir toute la gauche se rassembler, face à la droite et l’extrême-droite.

Il faudra, également, après le 29 mars, tirer le bilan des causes de la division de la gauche au 1er tour des élections départementales.

Un accord de désistement entre tous les candidats de gauche, au profit du binôme de gauche arrivé en tête des candidats de gauche est une nécessité absolue. C’est la seule méthode pour limiter la casse du premier tour et tenter d’arracher chaque canton, chaque département à la droite et à l’extrême-droite.

Ce rassemblement nécessite des rencontres unitaires à gauche, pour affirmer la nécessité de politiques sociales et de présence de services publics dans les territoires, là où droite et extrême droite veulent les réduire.

Nous comprenons les électeurs de gauche qui choisiront de faire barrage au FN si celui ci est en position de gagner et quand aucun candidat de gauche ne peut figurer au second tour

Il ne doit y avoir aucune illusion sur les alliances avec le FN que pourrait passer la droite, une fois élue, afin d’obtenir une majorité qui vote le budget départemental. Il ne doit y avoir aucune illusion, non plus, sur le fait que la gestion d’un Conseil départemental par la droite ne pourra qu’accroître le désordre social et risquerait, ainsi, de faire gagner des voix au FN, lors des prochaines échéances électorales.

La dangerosité de l’UMP est la seule réelle, concrète, massive, à ce jour. Ce sont eux qui font et feront dans l’immédiat et demain, le sale boulot contre tous nos droits – aiguillonnés par le FN. Mais quand il vient à gagner, même par exception, le FN lui-même se revèle pire, plus agressif, plus toxique, plus provocateur que l’UMP ou  l’UDI, pour le salariat, pour nos concitoyens « issus de l’immigration »,  pour les immigrés qu’ils soient légaux ou « sans-papier », pour toute la société. La gestion chaotique anti sociale et anti culturelle des municipalités FN indique déjà, à leur échelle, ce dont ce parti est capable. Qu’en serait-il dans un département ?

Mobilisons-nous contre l’abstention, pour l’unité de la gauche, pour battre la droite et l’extrême-droite, le 29 mars !

 

 

 

Un « foyer infectieux » au Parti socialiste selon Macron ?

Sauver le Parti socialiste, imposer une politique de gauche

En combattant pour cela, sommes nous un « foyer infectieux » ? Des « fainéants » ?

Une pratique nouvelle, mais haïssable, a tendance à se développer sous le gouvernement Valls. C’est le temps des anathèmes et des insultes qui renait.

Forcément, un gouvernement pour lequel 95 % des socialistes n’ont pas voté, un gouvernement qui exclut de ses rangs la majorité des socialistes et la majorité de la gauche, se trouve légitimement contesté. Etant donné qu’il est minoritaire, qu’il dirige sur une « tête d’épingle », il devrait pourtant entendre, comprendre, intégrer les contestations car sinon il lui faut il se raidir et passer en force. Dans ce dernier cas manifestement choisi par Valls, les méthodes autoritaires, les rappels à la discipline, les menaces, les violences, les insultes réapparaissent quasi automatiquement.

Au point qu’il faut que le président lui-même reçoive les « frondeurs » pour adoucir et normaliser les rapports

Déjà Valls, ministre de l’intérieur, sous Jean-Marc Ayrault, le 31 mai 2013, avait traité Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale « d’irresponsable, démagogique, nocif ». Il n’avait pas été rappelé à l’ordre, ni traduit devant une quelconque « haute autorité » aussi continue t il de façon récurrente. Devenu Premier ministre, il se laisse aller et procède par coups de force, il impose à François Hollande le limogeage de Arnaud Montebourg et de Benoit Hamon, lesquels l’avaient pourtant porté au poste qu’il occupe.

Des menaces d’exclusion systématique commencent à pleuvoir : en cas de refus de la « confiance », en cas de « non vote du budget », en cas de non soumission aux choix libéraux imposés. Dissolution, exclusions, sanctions, haute autorité, tout devient nécessaire pour imposer son pouvoir minoritaire contre la majorité légitime du parti socialiste. Quand ce n’est pas Valls qui s’y colle, c’est le premier secrétaire du PS qui se voit contraint de relayer. Admonestations dans les médias, polémiques artificielles, « resserrez les rangs », « silence derrière le chef », tout est bon et inévitable pour défendre le petit, trop petit, pré carré de Valls.

C’est une pratique violente, ferme, avec des avancées et des reculs, qui avait servi à Tony Blair pour prendre à l’arrache, le contrôle du Labour party : il avait alterné agressions et flatteries,  menacé et divisé ses opposants, avant d’imposer une rupture avec les syndicats, avec les références de la gauche traditionnelle, et de créer le « New labour » qui se coula dans les traces de Margaret Thatcher sans en effacer les stigmates.

Valls ne pratique lui aussi que le forcing, tentant d’accréditer devant le Conseil national du PS que la « gauche peut mourir » alors qu’elle recule du seul fait de sa politique. Il mène campagne contre les socialistes de gauche. Il désigne le seul FN comme enenmi central au risque de le faire grossier. Il envoie un ministre comme Jean-Marie le Guen arracher la signature de dix députés socialistes  pour qualifier le Code du travail de « répulsif pour l’emploi » et dénigrer ceux qui le défendent.

Il prend parti publiquement, hors de toute précaution, de toute règle démocratique, en pleine Assemblée nationale, le 20 octobre 2014 pour honorer un PDG de Total  – qui vole la France – et demande à ce qu’un membre du BN de son parti soit exclu du PS pour avoir mis en doute celui qui est son parrain.  Deux jours après, Benoit Hamon se voit, parce qu’il mis en cause sa politique prié de quitter le Parti socialiste par le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

Il s’attaque à la CGT dont il exige, le 29 octobre 2014, que son  secrétaire, impose « l’exemplarité à tous les niveaux ». Il attaque carrément le PS comme étant une « gauche passéiste ». Il ose même réclamer de renoncer à l’appellation « socialiste ». Il vient, en criant, tout rouge, apoplectique, en réunion de groupe parlementaire, gronder les députés « frondeurs » comme s’ils étaient des enfants insuffisamment disciplinés en cour de récréation. Puis anti démocratiquement, constatant qu’il n’a manifestement toujours pas de majorité, il choisit d’imposer un « 49 3 », au groupe parlementaire faute d’avoir pu les terroriser pour qu’ils votent une loi à 100 % étrangère au programme socialiste, à la gauche, son histoire, à ses espérances.

Tout cela indique ce qui arrivera si le congrès de Poitiers du Parti socialiste devait, par malheur, donner le pouvoir qu’il n’a pas, à Manuel Valls et ses amis.

Mais avec le projet de loi Macron un pas supplémentaire a été franchi qu’on ne peut laisser passer sans crier « stop » : le ministre a traité les frondeurs de « fainéants » et expliqué qu’ils étaient « un foyer infectieux qui ne s’est pas éteint. »

Le Figaro en a fait gorge chaude :  Emmanuel Macron dans Le Monde, regrette que Jean-Christophe Cambadélis, au nom du PS, ait pris ses distances avec son projet de loi sur la question du travail du dimanche. C’est a cause du fait que Cambadelis a choisi 7 dimanches à la place de 12 dimanches travaillés… crime  infectieux.

Même si le premier secrétaire l’a finalement soutenu, Emmanuel Macron dresse un constat contrasté: « Sur (la) position initiale du parti, s’est greffé un foyer infectieux qui ne s’est pas éteint». «Qu’un ancien ministre, (Benoit Hamon) … vote contre le gouvernement, laisse à penser que l’on a perdue de vue la réalité des choses ou qu’on a perdu de la culture politique ».

« Il y a la politique des fainéants qui consiste à regarder la surface de l’eau » ajoute t il. Pour le non-socialiste, Emmanuel Macron, la rue de Solférino n’a pas suffisamment « joué son rôle de régulateur entre les forces en présence ». (Entendre: “n’a pas assez serré les boulons”) Le ministre juge qu’une «dynamique très politicienne s’est cristallisée » fustigeant «quelques parlementaires qui ont eu des réflexes de congrès sur ce texte et qui ont pensé qu’il s’agissait d’une motion du parti ». Comme si les 106 articles scélérats Attali-Macron approuvés ostensiblement par Angela Merkel, ne portaient pas suffisamment à discussion et comme si quelqu’un pouvait confondre les deux.

«Je pense qu’il y a une politique de fainéants et il y a une politique des artisans», dit Macron. « Moi je fais la politique avec les artisans et les artisans, au sens fort du terme, ce sont ceux qui ont passé des jours et des nuits à travailler un texte au fond, qui savent ce qu’il y a dedans, qui peuvent en être fiers »… « Il y a la politique des fainéants qui consiste à regarder la surface de l’eau. On meurt de cela » termine Emmanuel Macron contre les députés socialistes frondeurs hostiles à sa politique.

On atteint là un summum dont il faut manifestement sauver le Parti socialiste !