Bagagiste

Les bagagistes à Roissy, chez Fedex, sont obligés par leur employeur de porter des tenues uniformisées. Leur entretien est couteux, y compris celui des blousons chauds pour l’hiver. L’estimation des salariés, factures de pressing à l’appui, est en moyenne de 176 euros par mois. Dans ces cas là, de façon générale c’est l’employeur qui dédommage soit par prime forfaitaire, soit par note de frais réels. Fedex refuse : « N’allez pas au pressing » Ah oui, il faut les laver soi-même, et en dehors du boulot, bien sur ?

Les salariés, comme le mentionnait France inter ce matin 25 juillet,  sont obligés d’aller aux prud’hommes pour faire valoir leur droit.

C’est comme ces bagagistes poussés à devenir auto entrepreneurs : « Mettez vous à votre compte, faites vous payer à la pièce », tant par valise transportée, tant pour la durée et la longueur du transport, et payez vous mêmes vos assurances et protections sociales. Et comptez sur le pourboire du client, plus que sur le salaire versé par le donneur d’ordre.

 

Avant Hollande et El Khomri, Macron et Pénicaud,  le paiement du travail à la tache était clairement interdit. Le salaire devait être calculé en équivalent horaire, et les taux appliqués ne devaient pas être inférieurs au Smic net et brut. L’état de droit s’appliquait ainsi dans tout contrat de travail. Et les conventions collectives intervenaient en complément pour les primes de panier, de salissure, d’habillement et de douche, de nettoyage d’uniforme, de  temps de déplacement professionnel, de façon à pallier aux nuisances engendrées par le travail. Ce n’étaient pas des « régimes spéciaux » mais des conventions légitimes.

 

« J’ai entendu dire qu’il était en charge de la logistique des bagages »  disait sur BFM, le délégué général de « La République en marche », Christophe Castaner  à propos d’Alexandre Benalla qui se serait occupé des valises des « Bleus » sur le bus Impérial remontant les Champs Elysées au retour du Mondial de football. Payé à la tache ? De quelle convention collective relevait-il ?  Le 24 juillet, Macron a même fait applaudir le bagagiste Benalla. Peu de bagagistes se voient attribuer 7193 euros hors primes, logements et voiture de fonction. Toujours bien habillé, surtout pour TF1, comment les costumes et le pressing de M. Benalla ont ils été financés ?

 

Gérard Filoche  lire chaque semaine la chronique sur Humanite Dimanche, N°403 8° année

Il n’y a pas d’affaire Benalla, Crase, Mizerski mais une affaire Macron

23/07/2018 | la rédaction
C’était prévisible. Arrivé là « par effraction », créé artificiellement par les magnats des gros médias, le Medef, le Cac 40 et les banques, sans parti et sans base sociale réelle, Macron avait les pieds d’argile. 

Tout était résumé dans son choix de se dire jupitérien, un pouvoir personnel arbitraire au-dessus de tout : la 5ème République dans ses pires travers. Chargé de la colossale mission « thatchérienne » de créer une société post-salariale sans statut, de casser la SNCF et les services publics, de supprimer la Sécurité sociale et la retraite liée au salaire, ce Jupiter devait inévitablement déraper à la moindre occasion.

C’est son fantasme de toute puissance qui a explosé quand il a voulu renforcer les pouvoirs discrétionnaires de la 5ème République avec moins de députés et davantage d’autorité, y compris policière, dont il a abusé contre les salariés en grève, contre les cheminots, les postiers, les étudiants, les lycéens, et lorsqu’il a envisagé et commencé à faire fonctionner un corps spécial, sorte de garde présidentielle adaptée à ses mœurs  et ambitions.

L’affaire Benalla-Kraze-Mizerski et Cie fait exploser en plein vol le système Macron et donne l’occasion de le remettre au pas.

- Clarté et transparence : contrôle public du Parlement, de ses instances, des corps intermédiaires, des tribunaux avec des jugements et des sanctions  à hauteur de la gravité des faits.  Démission de tous les responsables impliqués.

- Cela suffit les impunités, après l’affaire Cahuzac, et à l’heure de l’affaire Urvoas-Solère qui devrait exploser elle aussi.

-Disons stop au coup de force de la révision constitutionnelle pour concentrer les pouvoirs, dont on voit à l’œuvre ce que cela donne avec Benalla.

-Imposons, au contraire, une marche à une 6ème République sociale, parlementaire, démocratique, transparente.

-Sinon, ce sera la continuation du quinquennat dans un sens autoritaire, réactionnaire et anti-social. La France n’a pas à subir encore 4  ans ces orientations et pratiques qui vont avec. La question de la destitution de Macron est posée. A la représentation nationale, de décider s’il faut faire usage de l’article 60 de la Constitution.

La responsabilité des forces de gauche est grande dans une telle situation. Reconstruire une alternative de gauche majoritaire est plus que jamais urgent. Il faut en finir avec la fragmentation actuelle de la gauche à un moment où le pouvoir macronien vacille.

 

 

affaire Macron : celle la elle est belle, les 3 la main dans le sac Mizerski, Benalla, Crases 3 des barbouzes recensés directeurs adjoint et « charges de mission » de l’Elysée et de LREM au boulot

Le temps au boulot

Pas besoin d’être Einstein pour connaître la relativité du temps. Il suffit d’’être contraints de bosser pour gagner sa vie. Je me souviens trop bien de mes deux années de travail de nuit, aux NMPP, quand j’étais ouvrier du livre. C’était dans le grand hangar boulevard Mac Donald, à la porte d’Aubervilliers, quand nous nous étions trois cent à recevoir, trier, préparer l’expédition des journaux la nuit. Il y avait une immense horloge qui trônait centralement et qu’on voyait de partout avec ses immenses aiguilles. Foutue horloge ! Foutues aiguilles ! Entre 9 h du soir et minuit, la grosse aiguille ne montait jamais. Elle trainait, trainait, et trainait encore et encore entre 22 puis 23 h avant d’arriver à minuit. C’était encore pire entre minuit et 3 h du matin : même quand on la regardait à la dérobée, l’aiguille ne redescendait pas, c’était long, long. Entre 2 h et 3 h du matin on croyait que ça durait 6 h. Apres 3 h ca allait mieux car la pause était à 4 h30 et on allait manger. Les femmes en grande majorité buvaient du muscat, et les hommes de la bière brune en mangeant notre plateau repas. Grâce à cet alcool, la dernière ligne droite s’effilochait plus vite et on prenait notre métro à 5 h 30. Ouf…
Pour ma fille qui a ses plannings RATP et commence à l’aube en ouvrant la grille de sa station tous les matins de la semaine à 5 h 20, c’est son « grand repos » qui lui parait court. Là, elle vient d’en avoir un de quatre jours. Superbe première belle journée, elle est libre, elle peut dormir, récupérer ! Le temps est long. Et puis le deuxième jour, elle s’éclate, elle sort et fait même la fête, youpi, elle vit. Survient le troisième jour, il est bon encore, on en profite un maximum, mais c’est déjà le troisième, jour, la veille du quatrième, le si proche, et finalement terrible quatrième, celui où on sait qu’on va reprendre le lendemain à 5 h 20, réveil à 4 h.
On ne va pas se consoler, en pensant qu’un quinquennat pour un « rien » comme Macron, ça peut lui paraitre long aussi, de quoi lui permettre de penser qu’il a tout le temps pour casser la Sécurité sociale, et puis hop un bon copain à vous, appelé Benalla fait une grosse bêtise et ça vous raccourcit le temps.
Gérard Filoche
lire rubrique « au boulot » chaque semaine dans l’Humanité dimanche

La « Sécurité sociale » chassée de la Constitution française ?

Ca fait des décennies que patronat et haut appareil d’état voulaient revenir sur le Sécurité sociale payée à la source, sous forme de « salaire brut » par les employeurs.

Au début les caisses de Sécurité sociale, fruit du travail, étaient logiquement gérées par les syndicats. (Cf. « La sociale » de Gilles Perret). Les ordonnances de 1966-67 De Gaulle-Pompidou remirent en cause cette gestion en donnant au patronat 50 % du contrôle des caisses (alors qu’auparavant les patrons n’avaient que 11,5 % des sièges selon le juste principe « un humain une voix »). Puis ils repoussèrent sine die les élections démocratiques aux caisses de sécurité sociale, les dernières ayant eu lieu en 1983. Michel Rocard en 1988 inventa une CSG, contribution qui n’était ni impôt ni cotisation, une sorte de « sas » pour passer du salaire brut à l’impôt, du système dit « de Bismarck » au système dit « de Beveridge ». Mais le Conseil constitutionnel freina et imposa quand même que cette CSG aille dans les caisses sociales, pas dans les caisses de l’état.

Michel Rocard puis Edouard Balladur différèrent les élections à la Sécu. Alain Juppé les supprima carrément et confia au Parlement la gestion du budget (appelé LFSS), resté distinct, des caisses Sécu. Ils appelèrent alors les « cotisations » des « charges » et les « réduisirent » peu à peu sous prétexte de « baisser le coût du travail ».

Aujourd’hui Macron annonce « la suppression des cotisations sociales » prélevées à la source et payées par les employeurs. Il veut les remplacer par des impôts prélevés à la source. Tout ira dans les caisses de l’état. Fin du salaire brut. Fin des cotisations pré affectées aux différentes caisses. Elles seront remplacées par des prélèvements non pré-affectés – donc à la merci des majorités politiques du moment. Un seul impôt, un seul budget, la « Sécu » n’est plus un sanctuaire, n’est plus un budget séparé.

Le budget de la Sécu ne générait que 10 % de la dette présumée du pays et il avait été puissamment soumis à l’austérité et à « la règle d’or » et brutalement équilibré. Le budget de l’état génère, lui, 78,5 % de la dette présumée : en fusionnant les deux budgets, ils vont pouvoir purger encore plus et réduire le volume du budget social, le vider de son « dingue de pognon ».

Curieuses gens, et capables de tout, hein, les ultra libéraux qui, prétendument, veulent « moins d’état »  : la Sécu était de droit privé, ils l’étatisent pour mieux la contrôler et la tuer.

Mais pour ça, il fallait changer la constitution : ils ont voté le 3 juillet de supprimer « Sécurité sociale » dans la Constitution française, et ne plus mentionner que « protection sociale ». Devant notre vive réaction, ils ont du reculer mais provisoirement, la bataille reste devant nous. Ils tentent encore, (Olivier Veran, le même député, amendement 1521, article 34 de la constitution) reviennent à la charge le 19 juillet afin d’essayer de « mélanger » l’institution  » Sécurité sociale »  sur le même plan que la « protection sociale » en général, leur idée étant de ne plus se heurter aux objections du conseil constitutionnel sur le « budget séparé ». C’est un peu comme si vous, vous remettiez l’argent de vos économies, de votre livret A d’épargne sur votre compte courant…

S’ils parviennent à achever ainsi cette contre-révolution sera achevée, ils auront mis 70 ans pour supprimer « la Sécu » issue du Conseil national de la Résistance.

 

Gérard Filoche

 

 

à lire chaque semaine la rubrique « Au boulot » dans l’Humanité Dimanche  -   ici la n° 399, 8° année

La « Sécurité sociale » chassée de la Constitution française


 

lundi 2 juillet 19 h Gérard Filoche au siège du PCF pour l’unité de la gauche pour une Europe Sociale https://youtu.be/NbFiNh99XOs via @YouTube

lundi 2 juillet 19 h  Gérard Filoche au siège du PCF pour l’unité de la gauche pour une Europe Sociale https://youtu.be/NbFiNh99XOs via @YouTube

 

Merci aux camarades du PCF pour la réunion du 2 juillet 2018.

Nous, GDS,  avions proposé à la mi mars 2018 à toutes les forces de gauche de se rencontrer a la fois pour soutenir les luttes sociales, notamment celle des cheminots, et à la fois sur le terrain politique en vue d’une liste commune aux élections européennes.

GDS a rencontré, pour cela, bilatéralement courant mars, le PCF, Générations, Ensemble, R&S, Nouvelle Donne.  Nous avons aussi proposé de rencontrer le NPA  et EELV,  FI et le PG.

 

A chacune nous avons proposé un texte « martyr » (cf.  site GDS) pour commencer à bâtir une plate forme électorale, appuyée sur 5 points centraux et fondamentaux :

-       1°) Contre la dictature de la finance : Halte à la fraude et l’évasion fiscale en Europe : 1000 milliards sont ainsi détournés. Priorité pour récupérer de toutes nos forces et par tous moyens ces 1000 milliards contre les fraudeurs, spéculateurs, banques, multinationales, pour une autre Europe sociale. La BCE doit prêter directement aux états.

-       2°) Egalité entre les peuples et les salariés : halte à la discrimination entre salariés européens, dénonciation immédiate de la directive « travailleurs détachés », salaire minimum en Europe aligné sur le haut, durée maxima du travail de 48 h respectée partout, un code du travail protégeant les travailleurs rédigé selon le principe de faveur

-       3°) Mieux être écologique : Halte à la destruction de l’environnement par la pollution (Volskwagen, le tout autoroute au lieu du fer et du fret) de la santé par l’agro industrie alimentaire et la malbouffe, et mise en œuvre décuplée des énergies durables

-       4°) Démocratie : priorité à l’Europe des élus, du Parlement contre l’UE technocratique, bureaucratique, libérale

-       5°) Europe ouverte préparant et permettant l’accueil des migrants, une Europe pacifiste  de coopération, de solidarité, pas de camps, pas de surarmement ni d’ingérences militaires.

Il s’agit de travailler, non pas à l’unité de pensée entre tous, mais à une plateforme électorale commune percutante, sur quelques slogans clefs, les meilleurs possibles capables de passer et de mobiliser largement.

 

La gauche actuelle est une mosaïque en danger mortel de morcellement si elle ne s’unit pas. Face à Macron, pourtant c’est plus vital que jamais de s’unir. Ce que nous n’aimons pas dans l’UE, c’est le poison Macron, c’est le libéralisme, pas l’Europe, Si la gauche choisit  de s’unir, elle peut passer en tête et rendre de l’espoir, renverser la donne actuelle. Rédiger une excellente plateforme commune n’est pas difficile, s’il y a une volonté pour cela.

 

Ceux qui, ayant déjà soutenu ensemble les luttes sociales, doivent commencer vite a rédiger une telle plateforme, il y aura une prime a l’unité parmi les électeurs et cela contribuera à faire réfléchir, et à faire venir travailler autour d’une table commune les composantes de la gauche qui refusent ou s’interrogent encore.

 

C’est pour cela que nous nous félicitons de l’invitation dans le même sens que le PCF nous a adressé ce lundi 2 juillet dans ses locaux. Nous les en remercions. Nous nous réjouissons que Ensemble, R&S, ND, Générations et des Verts, aient répondu à l’appel. Nous proposons qu’une méthode de travail soit mise en œuvre assortie d’un calendrier, dans les meilleurs délais, et nous serons présents à l’université d’été du PCF et à la Fête de l’Humanité en ce sens.

 

Bien cordialement, pour GDS

Gérard Filoche

 

Douleur

Evidemment cela attire les yeux.  L’ouvrier est en train de démonter l’échafaudage au coin des rues Lescot et de la Petite truanderie. Il est en bas de l’assemblage de poutrelles métalliques, chaussé de tennis blancs usés sales, essayant d’attraper  cinq à six planches en bois que son collègue du dessus lui descend avec à-coups par la poulie et une corde. On voit tout de suite qu’il n’arrive pas à attraper les planches,  elles sont disjointes, et tournent sur elles mêmes car la corde les balance.

Bras levés et tendus, dans une position inconfortable, il les rattrape une à une, les regroupe du mieux qu’il peut, et, de ses deux mains, parvient à les saisir. Posées sur leur extrémité sur le sol, elles ne menacent plus de le cogner, ils les agrippent enfin pour les emmener au camion, derrière. Il peine et vacille avec ses deux mains serrées et le poids des six planches à la fois.

Il parvient à ma hauteur : il n’a pas de gants.

Que lui dire ? C’est un petit homme fluet. Il me voit l’observer intensément et cela déclenche un regard d’inquiétude chez lui. Je vois alors ses deux mains ensanglantées. L’une est carrément cisaillée sur le coté. Le sang coule.

Nos regards se croisent j’essaie de dire « vos mains, les gants »  je ne suis qu’un vieil inspecteur du travail retraité, sans pouvoirs. Il me fait signe à la fois qu’il ne parle pas, il est visiblement étranger, je dirais syrien mais rien n’est sûr, et il me montre, dans sa poche arrière des petits gants mal pliés qui dépassent. Mais ce sont des gants de plastique, pas épais donc pas protecteurs, voilà pourquoi il ne les met pas.

Que dire ? Rien.

Moi, j’ai fait des trucs comme ça dans mon jeune temps. Mon père a eu une main brisée, les deux tendons coupés par le retour du ciseau sur la meule. La souffrance au travail est insupportable.  Il faudrait plus d’inspecteurs, de syndiqués, de contrôles, de contre pouvoir face aux patrons.

Des bons gants ca doit être possible à imposer, non ?

Pas dans ce monde où Macron qui chasse déjà les migrants, a dit aussi : « « Je n’aime pas le terme pénibilité donc je le supprimerais car il induit que le travail est une douleur ».

 

Gérard Filoche

 

 

chronique « au boulot » a lire chaque semaine dans l’humanité dimanche

 

Revue exceptionnelle, une des meilleures de la gauche, D&S n° 256 spécial été 18 mensuel 26° année

Un sommaire d’enfer comme toujours pour cette revue exceptionnelle, une des meilleures de la gauche, D&S n°256 spécial été 18 mensuel 26° année,
Sommaire
D&S n° 256 Le 26 juin 2018
Edito
P. 3 Une riposte unitaire devient vitale
Actualité
P. 4-5 Combattre l’islamophobie et défendre la laïcité
P. 6-7 Une stratégie “populiste” pas si populaire !
Politique
P. 8 à 10 Macron creuse un précipice sous ses pieds Fin des cotisations, fin de la Sécu ?
Social au cœur
P. 11 Au Rouvray, la lutte et l’unité ont payé !
Question d’éco
P. 12-13 Un rapport accablant à tout point de vue
En théorie
P.14-15 Le salariat aujourd’hui 3
Sa place dans la société et sa composition égalité
P. 16 En Irlande, un vent de liberté s’est levé écologie
P. 17 La vacance de M. Hulot
Notre histoire
P.18-19 Centenaire 15 Juin 1918 : Durand réhabilité
International
P. 20 Le G8 des pompiers pyromanes
P. 21 Le gouvernement « libéral-populiste » italien
P. 22 Armée suisse : le peuple tranchera
P. 23 Post-it Palestine
Suites et poursuite d’un nettoyage ethnique
P. 24 Liberté pour Sentsov et Koltchenko

 

sur abonnements : 30 euros = 10 n° de 24 pages = un an    soutien a partir de 40 euros

A débattre – Projet de texte « martyr » pour une plateforme commune européennes à gauche – G Filoche

 

 

Les élections au Parlement européen de 2019 devraient pouvoir changer l’orientation politique libérale actuelle qui ruine l’Europe, même si  le fonctionnement antidémocratique de l’Union Européenne, telle qu’il est, est un obstacle.

Pourtant, c’est un scrutin national, global, très politique : il pèsera et il importe de mobiliser et de voter massivement pour deux raisons :

1°) Pour mettre en échec la politique de Macron et proposer une alternative sociale et écologique

En France le règne anti-démocratique d’Emmanuel Macron s’attaque gravement à tout notre système social : droits du travail, service public, transports collectifs,  sécurité sociale, statut du salariat, hôpitaux, écoles, équipements collectifs, territoires, institutions démocratiques, Or Emmanuel Macron, comme il le dit lui-même, « arrivé là par effraction » entend se saisir de ce scrutin pour faire légitimer ses choix.  Soyons clairs : ce que nous n’aimons pas dans l’UE, en fait, c’est aussi justement, Macron et sa politique anti sociale, anti  écologique : le poison est chez nous. D’ailleurs, Macron ne cède pas aux libéraux de l’UE d’Allemagne ou d’ailleurs, il va au devant d’eux.  Ce que nous n’aimons décidément pas dans l’UE ce n’est pas l’Europe…  c’est le capitalisme néolibéral. L’heure est grave et impose, tout en faisant connaître un contre projet alternatif, de constituer une opposition assez forte et unie, pour que Macron ne s’installe pas davantage au pouvoir. C’est l’occasion d’unir la gauche sur le meilleur programme commun possible, de le bloquer pour mieux préparer une réelle alternance.

2°) Pour mettre en échec la politique ordo-libérale  de l’UE et préparer une autre Europe

Au Parlement européen qui ne possède par les pouvoirs démocratiques qu’il devrait, les députés que nous enverrons, auront néanmoins les moyens  de dire « non » aux directives les plus libérales de l’UE. Cela impose de chercher la plus forte représentation possible à gauche pour défendre des droits sociaux et les choix écologiques essentiels face aux libéraux qui mettent l’Europe en coupe réglée et menacent les intérêts de tous ses peuples.

Nous voulons un autre projet concret de société, une autre Europe, et meme si nous savons qu’il faut, pour cela, changer le pouvoir en France, toutes les directives européennes sont soumises au Parlement européen, ayons un  nombre de députés suffisants pour faire blocage, comme ce fut le cas en décembre 2008 contre la « semaine de 65 h ». Bataillons donc pour instaurer des choix sociaux, écologiques, démocratiques en France, beaucoup d’alliés potentiels nous entendrons en Europe, et cela contribuera à balayer l’UE libérale ! Non pas par un retour aux nationalismes mais pour marcher vers une véritable et nouvelle Union sociale.

Nous ne confondons pas l’Union européenne actuelle dont nous combattons l’orientation et l’Europe sociale, démocratique, écologique que nous voulons.

L’UE dégrade le sort de la majorité de ses peuples, par une politique faite de compétition économique sauvage, d’austérité, d’inégalités sociales, de fraude fiscale, de chômage de masse, de blocage des salaires, de recul des droits sociaux, des retraites et du travail, pour le seul intérêt des multinationales et des grandes banques. Le capitalisme détruit notre planète, notre environnement, nos vies et la majorité des dirigeants de l’UE actuels y participent, hélas.

Cette Union Européenne là, nous n’en voulons plus.

Elle tend d’ailleurs à s’auto-menacer d’explosion, au profit des nationalistes, des xénophobes, et tous les belligérants identitaires potentiels. Un sabordage dans ce sens là, nous n’en voulons pas non plus.

Depuis 2017, les électeurs ont eu le temps de se rendre compte que le mal ne vient pas d’ailleurs mais en priorité  de la « casse sociale » de Macron. Par exemple, Macron a davantage cassé le code du travail français par ses Ordonnances que ne l’est le code du travail allemand, ou que ne lui demandaient les « recommandations » européennes du 27 mai 2017.  Autre exemple, c’est Macron qui a  voulu casser la SNCF et les services publics. Macron a multiplié en pratique les choix anti écologiques et avec le scandale des pots d’échappement Volkswagen, la pollution par particules fines n’a pas de frontières.

C’est une autre politique globale que nous défendons et que nous voulons mettre en pratique des que possible. Nous concevons l’élection de députés européens en 2019 comme un premier pas pour changer de majorité en France et en Europe

Le salariat, est LA force sociale qui peut défendre à la fois une révolution sociale et une transition écologique. Impossible de défendre la planète et notre environnement sans attaquer le capitalisme. Et impossible de combattre efficacement le capitalisme et sauver, reconstruire une autre Europe, sans mobiliser et unir le salariat. Il nous faut ses voix.

Aller à la bataille en ordre dispersé, c’est laisser Macron caracoler en tête pour continuer sa politique destructrice,  et c’est laisser les libéraux en Europe agir encore plus comme ils veulent.

Nous voulons, avec des millions d’électeurs, combattre tous les plans de casse sociale, ici et dans l’UE.  Il serait absurde, dans ce cas, de défendre séparément 5 ou 6 plateformes différentes mais voisines.

Clairement nous choisissons l’unité à gauche sur la meilleure plateforme possible.

Une plateforme d’actualité, un socle commun, en positif, en cinq points :

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Cinq points, cinq messages, cinq objectifs, cinq thèmes

1°) Rendez-nous les mille milliards

Il existe mille milliards de fraude fiscale en Europe, qu’ils rendent cet argent que puissent mieux vivre les peuples.

La BCE doit être au service des peuples et pas l’inverse. Elle doit prêter directement aux états et la règle de plomb de zéro déficit doit être rejetée.

La sortie de la crise, du chômage de masse, de la misère et des inégalités,  c’est par la relance et la redistribution des richesses, pas par l’austérité. Par les services publics, pas par les privatisations.

L’interdiction de la fraude fiscale et de l’optimisation fiscale, une fiscalité qui s’impose à toutes les multinationales, GAFAM et autres. Une assiette commune consolidée de l’impôt sur les sociétés (ACCIS), et un impôt européen sur la fortune, adoptée à la majorité qualifiée permettant un véritable budget européen d’investissement et de solidarités. Exigence de la séparation des activités de dépôt et des activités spéculatives des banques, politique douanière active aux frontières de l’UE.

2°) Europe sociale contre l’Europe de la finance :

La fin de la mise en compétition des salariés et l’arrêt de la destruction de leurs droits du travail et sociaux : retour à l’état de droit dans les entreprises, contrôle des multinationales, avec réduction des durées légales et maxima du travail, établissement d’un Smic européen dans les 27 pays et harmonisation progressive de celui-ci, vers le haut, en parité de pouvoir d’achat. Dénonciation immédiate unilatérale de la directive organisant la discrimination des « travailleurs détachés ». A travail égal salaire égal, égalité des droits femmes hommes, et travailleurs immigrés, alignement sur le haut selon le principe de faveur, des droits du travail. Partage des richesses. Pour un véritable statut du salariat, et le renforcement de toutes les protections sociales, maladie, chômage, retraites, liées et payées à la source en même temps que le travail.

3°) Le capitalisme met en danger la planète : changer l’Europe pour la sauver

Pour sauver la banquise il faut nous sauver des diktats des banquiers. Défense de notre environnement par delà les frontières. Développement de tous les services publics de la santé, de l’éducation, de l’énergie, de l’eau, des transports collectifs (rail, fret ferroviaire, barrages hydrauliques) et du logement. Pour des énergies durables et renouvelables. Combat contre toutes les fraudes (Volkswagen), risques et gabegies (glyphosate, perturbateurs endocriniens) détruisant l’environnement, le climat, la santé, la planète. La politique agricole doit pouvoir répondre aux besoins des paysans pas aux impératifs de l’agro-industrie : pour une alimentation saine et accessible aux peuples d’Europe.

4°) Remplacer la main invisible du marché par la main visible de la démocratie : non au secret des affaires, transparence et contrôle populaire, redonner le pouvoir aux peuples.

Dénonciation de toutes les restrictions mises aux peuples pour prendre en main leurs affaires. Bataille pour un fonctionnement démocratique d’une Europe au service des populations, en renforçant le plus possible les droits du Parlement (élargissement du périmètre d’application de la procédure législative ordinaire, droit d’initiative législative). Ce ne sont pas des sociétés anonymes qui doivent décider de notre sort : développer les instruments collectifs de contrôle de la part des institutions publiques, des usagers et des salariés. Combattre toutes les discriminations, garantir l’égalité de tous les droits fondamentaux entre les peuples et entre les humains, femmes et hommes, immigrés, jeunes, selon leurs qualifications, et quels que soient l’âge, les orientations sexuelles, l’origine, la langue.

5°) Une Europe ouverte et attentive à l’immigration, une Europe coopérative, pacifiste pas guerrière :

Harmonisation d’une politique européenne ouverte, partagée et digne, de l’accueil et du droit d’asile, fin du système de Dublin. Pour une Europe non agressive, la réduction des armements partout, une Europe soucieuse de la paix dans le monde et d’échanges négociés, équitables et régulés (ONU, OMC, OIT, OMS, OME). Une Europe faite d’humanité, de partage, attractive et non pas faite de compétition, de sélection, de régression et de répression.

L’essentiel en 2019 n’est pas de savoir qui est en tête de la gauche, il est de mettre la gauche en tête.

Etre premier à gauche mais loin derrière Macron, dans ce cas,  le projet alternatif défendu – aussi bon soit-il – n’aura que peu d’impact et sera oublié dés le lendemain du vote. Tout sera à refaire.

Etre ensemble à gauche, mais devant Macron, tel est le bon choix si nous voulons que le projet défendu progresse et gagne ensuite.  Ce sera un pas en avant et tout sera possible.

 

L’unité d’action ce n’est pas l’unité de penser. La gauche est pluraliste et le débat d’idées la traverse et la booste, il ne s’arrête pas là.  En s’unissant sur une plateforme en 5 points, nous faisons ce qu’il faut pour être entendus dans une campagne électorale nationale d’importance.

Ces 5 points nous unissent mais ne résument pas tout. Les sensibilités sont et seront respectées, avec leurs éclairages, leurs nuances, leurs  accents, les composantes signataires seront toutes associées et respectées, mais nous choisissons ensemble de concentrer ainsi notre projet, de frapper sur le même clou.

Nous ne réduisons tous les combats à cela mais  nous voulons que des millions d’électeurs entendent ces 5 messages de façon dense, simple et claire.  Unis plus il y aura une forte mobilisation. Désunis l’abstention massive guette.

 

Réussissons ensemble, à mettre Macron en échec dans ces élections nationales et européennes, et à faire connaître ces 5 points,  pour préparer l’avènement d’autres projets communs pour les échéances d’après, pour une autre Europe et d’une réorientation de notre pays sur des bases sociales et écologiques.

 

Dans Huffington Post : encore serveuse à New York il y a 6 mois, Alexandria Ocasio-Cortez bat à plate couture un ponte du parti démocrate

Cette novice en politique de 28 ans a remporté la primaire haut la main face à un démocrate en place depuis 1999… et n’en a pas cru ses yeux

27/06/2018 10:50 CEST | Actualisé27/06/2018 14:07 CEST

Par Maxime Bourdeau

CAPTURE SPECTRUM NEWS NY

Encore serveuse il y a 6 mois, cette jeune latina bat un ponte du parti démocrate (et n’en croit pas ses yeux)

ÉTATS-UNIS – Le pari était tellement fou que les grands médias américains ne lui avaient pas accordé une grande attention. Contre toute attente, la novice en politique de 28 ans Alexandria Ocasio-Corteza pourtant battu le numéro quatre du parti démocrate Joe Crowleylors des primaires pour élire le représentant du 14e district de New York ce mardi 26 juin.

Élu et ré-élu représentant dans l’État de New York depuis 1999, Joe Crowley était considéré comme un potentiel successeur de Nancy Pelosi au poste de chef des démocrates à la Chambre. Sa défaite face à une militante latino-américaine n’ayant jamais participé à une élection, née dans le Bronx et soutenue par le sénateur Bernie Sanders et la candidate au poste de gouverneure Cynthia Nixon, est une véritable claque pour le parti.

Comme la jeune femme l’expliquait dans sa vidéo de campagne et le rappelle un portrait publié cette semaine dans Vogue, elle n’avait jamais envisagé de se lancer en politique. Il y a quelques mois encore, Alexandria Ocasio-Cortez était serveuse dans un restaurant. En cas de victoire lors des élections de mi-mandat en novembre, elle pourrait devenir la plus jeune élue du Congrès.

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Jeff Stein

@JStein_WaPo

This photo is from Nov. 14, 2017. Alexandria Ocasio-Cortez, 28, was then working as a bartender.

Less than a year later, she defeated the likely next Speaker of the House, and will almost certainly be the youngest woman ever elected to Congress

4:00 AM – Jun 27, 2018

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Ce sont avant tout l’explosion des loyers et des frais médicaux dans la ville qui l’ont poussée à se présenter à cette primaire, dans l’espoir de rendre New York à la classe moyenne, assurait-t-elle dans son clip électoral (ci-dessous).

Kyle Griffin

@kylegriffin1

In case you haven’t seen, here’s the viral campaign ad from Alexandria Ocasio-Cortez that raised her profile.

4:50 AM – Jun 27, 2018

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Alors qu’elle cumulait un retard de dizaines de points dans les sondages il y a quelques mois, Alexandria Ocasio-Cortez l’a emporté ce mardi avec 15 points d’avance. Un coup de tonnerre qui a surpris tout le monde outre-Atlantique, y compris la candidate dont la réaction estomaquée lors l’annonce des résultats a été filmée et partagée des milliers de fois sur Twitter, comme vous pouvez le voir ci-dessous.

Celle qui s’identifie comme une démocrate socialiste pourrait donc entraîner un glissement vers la gauche pour le parti démocrate, qui se mesurera aux républicains conservateurs de Donald Trumpen novembre. Un glissement qui a de quoi donner quelques sueurs froides à Andrew Cuomo -l’actuel gouverneur de New York adoré de l’establishment démocrate- qui aura à affronter à l’automne l’ancienne star de « Sex and the City » Cynthia Nixon qui propose un programme bien plus à gauche.

Ben Dreyfuss

@bendreyfuss

 

The video of Alexandria Ocasio-Cortez realizing she won is my favorite thing in the whole world 

http://

bit.ly/2MpOF92

(via ‪@NY1)

6:03 AM – Jun 27, 2018

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Beau joueur, son adversaire dans cette primaire démocrate a pris sa guitare et lui a dédié une chanson en apprenant qu’il avait perdu. « C’est pour Alexandria Ocasio-Cortez », a lancé Joe Crowley avant d’entamer « Born To Run » (qui pourrait ici se comprendre comme « née pour se présenter à une élection ») de Bruce Springsteen.

Holly Figueroa O’Reilly BWCS

@AynRandPaulRyan

Joe Crowley (‪@JoeCrowleyNY) is playing guitar and singing « Born to Run », dedicated to the candidate who just primaried him, Alexandria Ocasio-Cortez (‪@Ocasio2018

Classy af. Well done, sir.‪#NY14

4:30 AM – Jun 27, 2018

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Donald Trump lui aussi y est bien sûr allé de son commentaire. « Wow! Le député qui déteste Trump, Joe Crowley, qui, comme beaucoup s’y attendaient, devait prendre la place de Nancy Pelosi (comme chef de file du parti démocrate, ndlr), vient de PERDRE son élection primaire. En d’autres termes, il s’est fait sortir! », a commenté le président sur Twitter.

« C’est un choc que personne n’avait vu venir. Il aurait peut-être dû être plus gentil et respectueux envers le président », a-t-il continué ramenant à lui cette défaite. Il est plus probable que Crowley a au contraire payé sa politique trop centriste alors que de nombreux électeurs démocrates attendent que le parti prenne un virage plus à gauche en guise de réponse ferme à la politique ultra-conservatrice de Trump…

Donald J. Trump

@realDonaldTrump

Wow! Big Trump Hater Congressman Joe Crowley, who many expected was going to take Nancy Pelosi’s place, just LOST his primary election. In other words, he’s out! That is a big one that nobody saw happening. Perhaps he should have been nicer, and more respectful, to his President!

4:18 AM – Jun 27, 2018

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Contre la fermeture de l’usine Ford Blanquefort, contre les licenciements.

Contre la fermeture de l’usine Ford Blanquefort, contre les licenciements (communiqué unitaire)

Ce qui se passe à l’usine Ford de Blanquefort est un scandale, un scandale ordinaire certes, mais un scandale auquel il ne faut surtout pas s’habituer. C’est le scandale de ces multinationales qui détruisent l’emploi et le social sans aucune justification économique au nom de la course aux profits et aux dividendes et cela après avoir reçu de l’État, depuis 2013, 50 millions d’euros de subventions publiques.

Ford fait des milliards de dollars de profits, encaisse des millions de subventions de l’État et ferme, laissant ainsi sur le carreau 1000 travailleurs, sans oublier les milliers d’emplois induits.

Le cas de Ford n’est pas isolé. Les annonces de fermetures d’usines, de licenciements se multiplient ces dernières semaines dans l’indifférence générale alors que les profits explosent.

Nos organisations politiques soutiennent la lutte des travailleurs de Ford et de toutes celles et ceux qui se mobilisent contre les licenciements et les fermetures d’usines.

Nous serons présents à la manifestation du 30 juin à partir de 14h à Pey Berland à Bordeaux.

Organisations signataires : Alternative libertaire, Ensemble, Gauche démocratique et sociale, Génération.s, Lutte ouvrière, Nouveau parti anticapitaliste, Parti communiste français, Parti de gauche.