Remarquable : François Ruffin parle des femmes de ménage de l’Assemblée

PUBLIÉ LE 09/03/2018 À 14H56  MIS À JOUR LE 09/03/2018 À 15H02

Le discours poignant de François Ruffin pour rendre hommage aux femmes de ménage de l'Assemblée nationaleCapture de la chaîne YouTube de François Ruffin

Profitant de journée internationale du droit des femmes, le député François Ruffin a prononcé un discours pour réclamer l’égalité salariale. Il a pris pour exemple les femmes de ménage de l’Assemblée nationale.

“Ce matin, on a tapoté à la porte de ma chambre-bureau, au 101 rue de l’Université. J’étais encore au lit, je n’ai pas réagi. La porte s’est ouverte, j’ai grogné un “Je suis là”, et la porte s’est refermée avec un “Oh, pardon !” Comme j’étais réveillé, je suis descendu au petit déjeuner. Quand je suis remonté, les tapis de douche ne trainaient plus dans la salle de bain, la cuvette des toilettes était récurée, les serviettes changées, les poubelles vidées. Le même miracle se reproduit tous les jours. Ce n’est pas l’œuvre d’une fée, non, mais de femmes.” Voilà par quoi commence le discours de François Ruffin, prononcé jeudi 8 mars à l’Assemblée nationale, à l’occasion de la journée du droit des femmes.

Le député France Insoumise a décrit le quotidien discret et la présence quasi-invisible du personnel qui s’occupe de l’entretien du parlement. “Sous le même toit, dans la même maison, elles sont payées dix fois moins, avec toutes des temps partiels contraints, toutes sous le salaire minimum, toutes sous le seuil de pauvreté”, rajoute-t-il en élargissant le cas aux “auxiliaires de vie sociale et auxiliaires de vie scolaire, pour les assistantes maternelles, pour les emplois à domicile en tous genres”. “Pour toutes celles, des femmes le plus souvent, pour toutes celles qui s’occupent de nos enfants, des personnes âgées ou handicapées” souligne François Ruffin.

 

Il a demandé à ce que ces femmes soient intégrées au personnel de l’Assemblée nationale et qu’elle obtienne un statut pouvant davantage les protéger. Et si n’est pas possible « une alternative, alors, c’est que les députés et leurs équipes nettoient leurs toilettes eux-mêmes. Et qu’avec une telle mesure, cette tâche ne soit plus attachée à un genre. Que l’on compte parmi nous des hommes de ménage et des hommes pipi. »

Vous pouvez entendre son discours complet ici

➡ www.youtube.com/c/FrancoisRuffin80

 

A Avignon, un maître d’hôtel et un inspecteur de l’Ursaaf jugés pour avoir prouvé des délits

Bonjour, 24 heures après l’audience Martine Orange, de Médiapart a publié un article très complet, merci à elle pour ce travail remarquable.
Son allusion très marquée à la probabilité que le Pdt de la CCI ait utilisé l’argent public de la CCI pour me poursuivre à trois reprises pour une affaire privée est très intéressante….espérons qu’elle débouche sur une révélation fracassante.
Bonne soirée.
Philippe PASCAL
Si vous n’êtes pas abonné voici le copié-collé de l’article
A Avignon, un maître d’hôtel et un fonctionnaire jugés pour avoir
prouvé des délits
27 FÉVRIER 2018 PAR MARTINE ORANGE
Le ministère public a requis, le 26 février, la relaxe pour Philippe Pascal, ancien inspecteur de l’Urssaf, poursuivi pour avoir transmis à la justice des enregistrements clandestins prouvant le harcèlement moral de l’ancien président de la CCI d’Avignon. Mais le tribunal a tout fait pour montrer que ces enregistrements constituaient une violation de la vie privée.
Avignon (Vaucluse), envoyée spéciale.-  Dans une autre procédure, dans une autre ville, François Pignon, ancien maître d’hôtel, aurait peut-être eu droit au titre de lanceur d’alerte, pour avoir enregistré des conversations hebdomadaires avec son ancien employeur, à son insu, prouvant le harcèlement moral, la fraude aux cotisations sociales, la fraude à la TVA, le travail dissimulé. À tout le moins lui aurait-on sans doute reconnu un statut de salarié malmené.
Ce ne fut pas le cas devant le tribunal de grande instance d’Avignon, le 26 février. François Pignon y comparaissait comme accusé pour violation de la vie privée. Et il a été traité comme tel par le tribunal qui, avec constance, a décidé d’ignorer durant toute l’audience tout ce que contenait cet enregistrement pour ne se focaliser que sur le fait d’avoir enregistré son ancien employeur à son insu. Comme si l’affaire Bettencourt, comme si l’abondante jurisprudence sur les preuves n’avaient jamais existé.
François Pignon comparaissait devant le tribunal à la suite d’une plainte de son ancien employeur, François Mariani, pour violation de la vie privée. Pour faire bonne mesure, l’ancien président de la chambre de commerce poursuivait aussi l’ancien inspecteur de l’Urssaf Philippe Pascal pour avoir transmis, avec l’accord de sa direction, à la justice, dans le cadre de l’article 40 – qui fait obligation à toute personne ayant autorité publique de dénoncer des faits qui paraissent délictueux au procureur –, ces enregistrement recueillis lors de son enquête pour travail dissimulé dans l’hôtel dirigé par François Mariani.
Depuis sept ans, depuis qu’il a osé engager un redressement pour les pratiques de l’hôtel quatre étoiles et de l’école hôtelière dirigés par ce notable de la région, Philippe Pascal vit un enfer. Harcelé physiquement, moralement, sans le moindre soutien de sa hiérarchie, il a dû faire face seul aux multiples attaques judiciaires menées par François Mariani contre lui. Simplement « pour avoir fait son travail » (lire notre article sur l’affaire). Jusqu’à présent, la justice l’a blanchi dans toutes les procédures qui ont été engagées contre lui.
Restait la dernière plainte, jugée ce 26 février. Elle remonte à 2013. Bien que les enregistrements aient été confiés à la justice en 2011 – ils font désormais partie des pièces retenues dans une enquête judiciaire ouverte contre les pratiques de M. Mariani encore à l’instruction –, ce n’est que deux ans plus tard que François Mariani s’est décidé à porter plainte pour violation de la vie privée contre son ancien salarié et contre l’ancien inspecteur de l’Urssaf, estimant que « la divulgation de ces enregistrements porte atteinte à son image ». Depuis, l’ancien inspecteur de l’Urssaf a vécu avec cette menace judiciaire au-dessus de sa tête. À maintes reprises, il a fait en sorte de venir s’expliquer devant la justice. Quatre fois, l’audience a été reportée, à la demande soit de son co-accusé, soit de la partie civile. La cinquième fut la bonne.
« Nous sommes dans une procédure aberrante. »
vous reporter sur mediapart…

Toulouse : Pourquoi nous quittons le Parti Socialiste

 

Nous sommes engagé.e.s – souvent depuis de nombreuses années – aux côtés de celles et ceux qui veulent construire une société plus juste et moins inégalitaire, celles et ceux qui veulent une vie meilleure pour le plus grand nombre, celles et ceux qui veulent préserver une planète viable pour l’avenir. Pour notre part, nous avions décidé de le faire au sein du Parti Socialiste, parce qu’il nous semblait que c’était là que nous étions les plus utiles pour changer concrètement les choses. Aujourd’hui, après bien des batailles collectives, tant de temps, d’enthousiasme, d’énergie employés dans l’action   au service de ces enjeux avec le Parti Socialiste,  nous avons décidé de le quitter.

Nous faisons le constat que d’une certaine manière c’est lui qui nous quitte, plutôt que nous qui le quittons.

Certain.e.s d’entre nous sont déjà partis depuis  quelques temps ; d’autres  espéraient que le prochain congrès permette de tirer les leçons d’un quinquennat calamiteux et qu’il puisse sincèrement participer d’une reconstruction d’une gauche utile aux salariés.

Mais chaque jour la direction du Parti Socialiste s’enferme dans sa propre caricature :

Pour éviter que le bilan ne puisse être tiré, la direction a exclu un certain nombre de militants de la gauche socialiste comme Aurélie Filippetti, Gérard Filoche et des dizaines d’autres …

Elle a changé les statuts pour restreindre le débat : suppression des contributions, motion autorisée si elle est soutenue par au moins 16 membres du Conseil National (au lieu de 1 auparavant ….

Ce n’est donc pas un Congrès qui se prépare mais la continuité d’un appareil qui a pour principale préoccupation sa survie et de conserver le parti sur une ligne sociale-libérale.

Nous ne pourrons rien refonder à gauche sans tirer le bilan du quinquennat. C’est une erreur politique que de penser qu’il est possible de gommer cinq années d’errements, de reniements, de désenchantement de notre électorat.

C’est la première fois que le bilan d’un gouvernement issu d’une victoire de la gauche ne comporte aucune mesure sérieuse en faveur des salariés et que les droits des salariés ont même reculé.

Ces 5 années auront été particulièrement marquées par la non remise en cause  du traité européen Merkel/Sarkozy, le CICE,  le blocage du SMIC et des salaires, et pour couronner le tout la loi travail portée par El Khomri inspirée par Valls et Macron et l’utilisation du 49.3 pour la faire passer.

Sans parler de la faillite morale qu’a constituée la volonté d’instaurer la déchéance de nationalité.

Le Parti Socialiste continue à cultiver son ambiguïté avec Macron, son gouvernement et ses lois.

Cela a commencé par le non respect du résultat de la  primaire de la gauche, le sabotage de la campagne de Benoit Hamon, l’appel par des ministres et de grands élu.e.s à voter Macron dès le premier tour.

Puis après la victoire de Macron, le PS ne s’est pas positionné dans le rassemblement de toute la gauche face à lui : une majorité des candidats PS aux législatives annonçaient souhaiter la réussite de Macron. Sur les 32 députés rescapés seuls 5 ont voté contre la confiance au nouveau gouvernement.

Sur cette lancée le Parti Socialiste a toutes les chances de rester une force satellisée par Macron tournant le dos aux intérêts des salariés et à l’unité à gauche.

Aujourd’hui nous voulons continuer à être utiles au rassemblement de toutes celles et ceux qui ne peuvent accepter la main mise d’une infime minorité sur l’immense majorité des richesses, qui ne peuvent accepter le saccage écologique de notre planète, qui ne peuvent accepter que notre monde marche sur la tête.  Cela passe par le nécessaire rassemblement des forces disponibles pour cela,  par la reconstruction de la gauche, et nous savons que ce n’est pas- n’est plus- au Parti Socialiste que nous serons utiles à cette fin  .

Nous quittons donc le PS comme des milliers de militants l’ont fait ces derniers mois, tout en gardant intacte la volonté  de  poursuivre l’action  autour des grands enjeux sociaux et écologiques de ce siècle.

Aujourd’hui de nombreuses initiatives cherchent  de nouveaux chemins de transformation sociale, et dans ce but, pour reconstruire la gauche.

Chacun·e ira militer là où il se sentira utile, avec la conviction profonde que rien de grand ne se fera sans unité.

Nous participerons donc à toutes les initiatives permettant d’avancer dans la construction d’une maison commune de la Gauche, à oeuvrer au rassemblement indispensable pour ouvrir la voie à la concrétisation d’une autre politique.

Nous continuerons à nous battre pour la justice sociale, l’égalité, la démocratie, les enjeux écologiques. Chaque fois qu’il sera nécessaire, nous serons aux côtés des salarié.e.s de ce pays, battant le pavé pour garantir nos droits communs, la qualité des services publics, nos salaires et nos retraites, le droit à l’éducation, à la santé… pour préparer un demain meilleur qu’aujourd’hui…

Toulouse, le 26 février 2108


 

Au boulot

Température des locaux de travail : je me rappelle, jeune inspecteur du travail en agriculture, dans les Ardennes, en 1986, un accident du travail dans une scierie agricole, à Givet : c’était dans un grand auvent ouvert aux intempéries, l’employeur avait continué à faire travailler son salarié par moins 20° : deux doigts gelés. « Bah quoi, ici on ne s’arrête pas pour si peu ! ».

Grands froids : CALBERSON YVELINES situé à Trappes (78) avait été mis en demeure début 2017 d’installer un dispositif de chauffage collectif au sein de son entrepôt où travaillent notamment des caristes. L’établissement a osé former recours faisant valoir l’inapplicabilité de l’article R. 4223-13 dans la mesure où l’entrepôt, comportant une trentaine de rideaux métalliques fréquemment ouverts au niveau de ses quais de chargement, ne constitue pas un local fermé. Ces recours ont été rejetés :  l’inspectrice du travail va pouvoir enfin imposer sa mise en demeure.

Intoxication au monoxyde de carbone : deux salariés de la société de fabrication de vis et boulons MECANINDUS (78) en ont été victimes en raison d’une absence de captation à la source de deux fours de trempe très anciens Pourtant un plan d’actions avait été demandé dans le cadre d’une procédure d’arrêt d’activité (29 novembre 2017). L’entreprise avait proposé un plan prévoyant la réfection de joints et un dispositif de captage à la source. Après examen conjoint de ce plan avec l’ingénieur de prévention de la DIRECCTE et la CRAMIF, l’agent de contrôle a mis en demeure l’employeur de l’exécuter dans un délai de 6 semaines. 6 semaines c’est long et reste à ce que ça s’applique : car le plus souvent hélas, il faut obliger les entreprises et ne pas accepter « le laisser faire ».

Défaut de protection : La société POUGET, fabriquant des machines-outils à Stains (93) est depuis longtemps défavorablement connue pour de multiples accidents de travail graves causés par des défauts de protection et d’asservissement de machines dangereuses. Suite à un PV dressé en 2014, la société a enfin été condamnée (37 000 € d’amende) ainsi que son gérant (9 mois d’emprisonnement fermes, 3 600 € d’amende et interdiction de diriger une personne morale pendant 5 ans).

Risques psycho-sociaux : un salarié de l’agence MACIF d’Elancourt (78) a fait une tentative de suicide sur son lieu de travail, en s’entaillant les avant-bras. Il occupe le poste de conseiller après-vente, or une réorganisation au sein du groupe MACIF depuis janvier 2017 a entraîné la transformation des missions et des métiers, et notamment celui de conseiller en agence. La surcharge de travail des salariés et le sous-effectif de l’agence d’Elancourt ont été signalés ainsi que des questions de durée du travail.

Lutte contre la délinquance patronale

L’entreprise DELIVEROO FRANCE a été verbalisée pour dissimulation de salariés, par requalification de la relation de sous-traitance avec les livreurs sous statut de travailleurs indépendants. L’entreprise met en relation des clients souhaitant se faire livrer des repas à domicile avec des restaurants partenaires, et sous-traite intégralement la livraison des repas à des travailleurs indépendants. L’enquête, qui a duré une année, a révélé que tous les éléments constitutifs du lien de subordination juridique permanente entre DELIVEROO et les livreurs étaient réunis : les livreurs sont encadrés administrativement par DELIVEROO, qui adopte envers eux un fonctionnement de type salariat (validation de congés, établissement unilatéral des factures, gratifications et sanctions) et contrôle de façon permanente leur activité. L’infraction concerne 2 286 travailleurs pour la région parisienne. Une estimation de l’URSSAF chiffre un préjudice potentiel de cotisations de plus de 6 M€. Conjointement, un autre PV a été relevé pour recours abusif à des CDD. En effet, 81 salariés étaient en CDD, soit la moitié de l’effectif.

11 agents du Val de Marne ont contrôlé les conditions d’emploi des salariés des sous-traitants de l’entreprise de messagerie GLS à Vitry. Les colis sont centralisés à l’entrepôt, et l’acheminement vers le destinataire est intégralement sous-traité. 16 entreprises (le donneur d’ordre, 13 sous-traitants et 2 agences d’intérim) et 75 salariés ont été contrôlés, dont au moins 9 n’étaient pas déclarés du tout.

Un contrôle effectué à Domont (95) sur les chantiers de 4 opérations immobilières a mobilisé 9 agents de contrôle. Des manquements en matière de santé et sécurité ont été observés, ainsi que du travail dissimulé. Des employeurs créent des entreprises éphémères, immatriculées au RCS, qui embauchent directement des travailleurs étrangers. Dès qu’un contrôle est effectué l’entreprise est fermée et une autre entreprise suite à la lutte contre la fraude aux « travailleurs détachés ». Lesquels ont été recalculés comme étant au nombre de 516 000 dans le pays ! C’est dire si Macron n’a rien fait à ce sujet malgré sa frime de l’automne 2017.

Saisie par une personne demandeuse d’emploi, l’inspection du travail du Val d’Oise a constaté une forme « d’arnaque à l‘emploi ». Cette personne domiciliée dans le Cher avait déposé son CV sur le site de POLE EMPLOI. Contactée par un employeur lui proposant un poste de chauffeur privé, elle a signé un CDD portant la mention « conclu à New York » avec l’entreprise TOP PIZZA à Saint-Ouen l’Aumône. Elle a envoyé sa pièce d’identité et son permis de conduire ainsi que deux coupons Transcash de 50 €. Destinataire d’un chèque de 1 500 euros, il lui a été demandé de retirer l’équivalent de cette somme en liquide pour la remettre à un intermédiaire, en vue de la livraison d’un véhicule à son domicile. Méfiante, elle a saisi l’inspection du travail du Cher !

Chutes mortelles

Ce sont des données peu connues qui font froid dans le dos. Toutes les quinze secondes, dans le monde, un travailleur meurt d’un accident ou d’une maladie liée à son emploi, selon les chiffres de l’Organisation internationale du travail (OIT). Toutes les 15 secondes, 153 personnes sont victimes d’un accident lié à leur activité. Au total, 6 300 personnes par jour, soit 2,3 millions par an, décèdent à cause de leur travail.

Un double accident mortel a eu lieu sur un chantier de réhabilitation à Paris. Le responsable de l’entreprise MPM (92 Gennevilliers) travaillait à la déconstruction d’un toit avec deux de ses salariés. Ils ont fait une chute de 15 m en déposant la charpente. Deux sont décédés, la 3ème victime est gravement blessée. L’enquête révèle une absence de méthode dans le plan de sécurité et de protection contre les chutes de hauteur.

Sur un chantier de rénovation à Varreddes (77), le co-gérant de l’entreprise RODRIGUES LEMOS (77 Ocquerre) travaillait sur le toit d’un petit hangar quand il a chuté à travers le faux plafond, faisant une chute mortelle de 5 m sur la dalle en béton en contrebas. Aucun dispositif de protection contre les chutes de hauteur n’était prévu.

En France, si la première cause d’accident du travail est la manutention manuelle (52 % des accidents avec arrêt), elle est suivie des chutes de hauteur (17%), responsables de 25 % des invalides de la branche, principale cause de décès dans le BTP. Plus de 10 % des accidents du travail sont dus aux chutes de hauteur : 3e cause d’accidents du travail avec ou sans incapacité permanente, 2e source de journées de travail perdues par incapacité temporaire.

Le BTP représente près d’un quart du total des arrêts de travail, un tiers des cas d’incapacité permanente, et plus de la moitié des décès par chute de hauteur : entre 2010 et 2014, le seul secteur du BTP a été à l’origine de 1 008 décès. Les chutes de hauteur dans la seule année 2012 avaient entraîné :

  • 52 décès
  • 71 925 accidents du travail avec arrêt de travail, soit 11,2 % des accidents du travail
  • Plus de 6 millions de journées de travail perdues
  • 6 239 incapacités de travail avec invalidité permanente

Les accidents sont majoritairement de 3 types :

  • Chute à travers un toit dont le matériau est fragile.
  • Chute dans le vide sur les extérieurs.
  • Chute dans un trou/trémie fenêtre, ou dans un  escalier

Les principales causes des chutes de hauteur sont :

  • L’absence de protections collectives (échafaudages, plateformes sans garde-corps)
  • L’absence de protections individuelles (harnais antichute).
  • Un dispositif défectueux ou mal utilisé (point d’ancrage non conforme par exemple).

Enfin, 47% des intérimaires ayant eu un accident grave en 2014 travaillaient dans le BTP. Signalons qu’en Allemagne l’intérim est interdit dans le bâtiment. Et puis on peut vaincre Macron et réimposer des CHSCT.

Gérard Filoche

 

lire chaque semaine dans l’excellent magazine l’Humanité dimanche, la chronique, « au boulot » n° 378, 379, 380

 

«Mémoires d’un condamné», retour 100 ans après sa réhabilitation, sur l’affaire Dreyfus du syndicalisme

Médiapart parle de Jules Durand !

23 FÉVRIER 2018 PAR IMAGES EN BIBLIOTHÈQUES & MEDIAPART
« Le 25 novembre 1910, la Cour d’assise de Seine-Inférieure déclare Jules Durand coupable de complicité d’assassinat et ordonne qu’il ait la tête tranchée sur la place publique. » Jules Durand, docker et dirigeant syndical, est condamné pour un crime qu’il n’a pas commis, « un des cas les plus violents de la justice de classe que l’on puisse imaginer », écrira Jean Jaurès. La réalisatrice Sylvestre Meinzer est retournée au Havre, sur les traces de cette histoire oubliée.

Ouvrier charbonnier au port du Havre, condamné injustement à la peine de mort sur de faux témoignages, gracié sous la pression d’une campagne internationale de soutien, rendu fou par la prison, enfin libéré et brisé… De cette histoire, il ne reste aucune archive, les dossiers ont mystérieusement disparu. Dans Le Havre d’aujourd’hui, Sylvestre Meinzer rencontre les hommes et les femmes que Jules Durand aurait pu côtoyer : syndicalistes, juge, avocats, psychiatre, voisins, famille…

 

 

cf les nombreux articles sur ce blog

 

A mes yeux, c’est Jules Durand.  Un modeste charbonnier du Havre. Oublié aujourd’hui alors qu’il fut une très grande figure nationale et internationale du mouvement ouvrier français du XX° siècle.

J’ai découvert sa vie et son histoire, alors que j’avais moi-même 20 ans, au milieu des années 60, à travers la belle pièce d’Armand Salacrou « Boulevard Durand » lorsqu’elle fut jouée au « Petit théâtre » de Rouen, rue des Carmes.

Elle m’est furieusement remontée à la gorge en juin 2016, alors que j’assistais à l’une des nombreuses et magnifiques manifestations au Havre, contre la scélérate loi El Khomri.  2500 dockers, gilets rouges, étaient là, en carré, en force, bras croisés, tambours en tête, derrière leur banderole, résolus et impressionnants. Ils ne savaient pas encore que deux d’entre eux seraient, à tort, interpellés par la police de Manuel Valls au petit matin, ce Premier ministre qui traita, depuis l’Arabie saoudite, les grévistes d’Air France de « voyous », en septembre, les grévistes d’Air France accusés d’avoir bousculé des policiers qui leur barraient le chemin.

Il n’en fallait pas plus pour raviver mes propres souvenirs : mon père était chaudronnier-menuisier au dépôt de Rouen, j’avais 8 ans, je le revois rentrant à la maison, en août 1953, choqué, alors que les CRS avaient « gazé » les cheminots manifestant à hauteur du Champ des Oiseaux.

 

 

 

 

Jules Durand, né en 1880, secrétaire du syndicat des dockers charbonniers du port du Havre, a été la victime tragique, symbole et martyr, d’un spectaculaire crime social, de ce qui reste comme la plus grande manipulation anti ouvrière de la Justice en France.

Le transport du charbon par mer (sea coal) avait au début du XX° siècle un caractère stratégique. La Seine Inférieure était le département qui en importait le plus, à partir des Iles Britanniques, via le port du Havre ; les négociants, armateurs et compagnies Evan Thomas Radcliffe, Cory and Son, Tinel, Worms et cie, et la « Transat » (Compagnie Générale Transatlantique) étaient puissamment coalisées contre tout action ouvrière qui tentait de freiner leurs activités et profits. En octobre 1909, le « comité central des armateurs » se constitua et se dota le 8 mai 1910, d’une assurance pour contrer les grèves de marins et dockers.

Or la CGT au Havre était puissante et combative : dès le 15 aout 1900, elle imposait la journée de huit heures en deux vacations de quatre heures séparées par une pause de deux heures, temps marqué par la célèbre « cloche des dockers ».

Le métier de docker charbonner consistait à porter des sacs ou paniers du pont des bateaux aux quais, ainsi que des opérations dans les parcs à charbon, ou dans les cales, spécialité la plus pénible dite « choulage ». Ces taches de coolies s’effectuaient avec des outils simples, sacs, hottes, cordes, poulies, passerelles, échelles, pelles. Le patronat mécanisait avec des pontons, des bennes, élévateurs, convoyeurs, diminuant le nombre et les possibilités de revendications des 600 charbonniers du port. L’apparition en 1910 du dernier engin mécanique géant, le « Tancarville », précipita la grève cet été-là.

Jules Durand fut élu secrétaire du syndicat des charbonniers par une assemblée générale qui établit un cahier de revendications le 16 août : révision des salaires, douches sur les quai, baisse du nombre d’heures de travail pour compenser l’arrivée de la machine, respect du repos hebdomadaire. Les négociants importateurs de charbon répliquèrent par un lock-out, activèrent le Tancarville, et importèrent des « jaunes » pour y travailler.

La grève dura du 17 août au 14 septembre (dans une année, 1910, où il y eut 1502 grèves d’une durée moyenne de 12 jours).

Jules Durand, 30 ans, fut arrêté le 11 septembre, avec pour objectif de briser cette grève, par une machination de la « Transat » et de la police. Le prétexte fut qu’il y avait eu la veille au soir, quai d’Orléans, une rixe entre gens alcoolisés, et qu’un contremaitre, par ailleurs « un renard », un « jaune », Louis Dongé, alors qu’il y agitait un revolver, avait été désarmé par les trois hommes qu’il menaçait, frappé, sa tête avait cogné le sol, et il était décédé le lendemain d’une fracture du crâne. Jules Durand, leader syndical de la grève en cours, membre de la ligue des Droits de l’homme et de la Ligue antialcoolique, n’était même pas là, mais il fut accusé de « responsabilité morale » du décès de Dongé, et jugé en moins de deux mois, avec une instruction bâclée, des faux témoins payés par les patrons de la Transat,  et, bien que défendu par un jeune avocat de 28 ans, René Coty, et la Cgt, il est condamné le 25 novembre 1910, au terme d’un procès inique, à la guillotine (tandis que les assassins directs du contremaitre sont envoyés au bagne).

 

Commence son calvaire : Jules Durand tombe en syncope lorsque la sentence est rendue, il est transféré dans l’horrible cellule des condamnés à mort, à la prison de Rouen (« Bonne Nouvelle »), isolé, camisole de force, fers aux pieds et aux mains, lumière permanente mais affublé d’une cagoule noire quand il sort. C’est là que, sous les coups de la maltraitance, il perd la raison. Après un rejet de son pourvoi le 22 décembre 1910, il est partiellement gracié le 31 décembre. La peine de mort est commuée en sept années de prison. La campagne pour sa libération et sa réhabilitation s’amplifie, Jean Jaurès, en tête, l’indignation soulève, dans le monde entier, ses frères, les salariés,  mais aussi les militants des droits de l’homme, les intellectuels, et plus largement les démocrates.

Mais Jules Durand, s’enfonce dans les ténèbres dont il ne sort pas même dans les six semaines de liberté accordées à partir du 16 février 1911. Quand il sera vraiment libéré, il est trop tard : devant tant d’injustices, de souffrance endurées, de désespoir, sa raison l’a quitté. De l’hôpital Pinel du Havre, à Sainte-Anne à Paris, la folie le ronge, il ne saura ni l’annulation de ses condamnations ni le 15 juin 1918 son acquittement définitif, par la Cour de cassation. Il meurt, oublié de presque tous, à l’Hôpital psychiatrique de Quatre-Mares à Sotteville lès Rouen, le 20 février 1926.

Jules Durand a été triplement victime d’une machination judiciaire destinée à briser l’action syndicale, fatale pour sa santé et sa vie, d’un procès inique dont tous les rouages sont, depuis, connus dans le détail, et d’une absence de réparation et de condamnation de la Transat et des organisateurs des faux témoignages, les ingénieurs Ducrot et Delarue, clairement identifiés depuis.

Dans le prologue de la pièce d’Armand Salacrou, jouée au Havre pour la première fois en 1961, le prologue est un cri : « Or ton histoire, Durand, qui fut vivante, recommence à vivre tous les jours, à toutes les heures, à travers le monde sous de nouveaux costumes, dans d’autres villes, avec de nouveaux visages ; dans la ville où tu as souffert, un boulevard porte ton nom, « Boulevard Durand ». On honore ton souvenir. »

Gérard Filoche

 

Pour honorer Jules Durand, en plus de la pièce de Salacrou (1961), il faut notamment lire « L’affaire Quinot » d’Emile Danoen, (1951), « Un nommé Durand » d’Alain Scoff (J.-C. Lattès, 1984), « Les quais de la colère » roman de Philippe Huet (Albin Michel, 2005), « Jules Durand, un crime social et judiciaire » (L’Harmattan, 2015) par John Barzman et Jean-Pierre Castelain.

 

 

 

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lundi 26 février : un inspecteur de l’URSSAF devant le tribunal pour n’avoir fait que son travail

Un inspecteur de l’URSSAF sanctionné pour n’avoir fait que son travail
Société |

14 février 2018

C’est une véritable descente aux enfers que vit depuis 7 ans Philippe Pascal.

Cet ex-inspecteur de l’Urssaf a osé, avec le soutien de ses chefs et celui de la Procureure de la République en place en 2010, Catherine Champrenault, s’intéresser de très près aux intérêts de François Mariani, l’ex-président de la CCI (Chambre de Commerce et de l’Industrie) du Vaucluse et ex-propriétaire de l’hôtel-restaurant 4 étoiles « Les Agassins ».

7 années pendant lesquelles le dénigrement et l’utilisation de rumeurs nauséabondes ont remplacé l’admiration et la confiance de ses supérieurs.

7 longues années au cours desquelles il a véritablement été ostracisé et pendant lesquelles on lui a tourné le dos. Il a été rendu vulnérable. Sa santé en a pâti. Il a été placé à l’isolement social. C’est une mise en quarantaine professionnelle qui a depuis prévalu. Et tout cela pour avoir fait correctement son travail !

En effet, courant 2010, un informateur alertait les contrôleurs fiscaux de diverses fraudes potentielles qui pouvaient permettre à une entreprise de minorer substantiellement le montant de ses cotisations sociales et de ses impôts.

Philippe Pascal, au titre de sa fonction de secrétaire du CODAF (Comité Opérationnel Départemental Anti-Fraude) alerte le parquet et la machine judiciaire se met discrètement en branle. Une enquête est alors diligentée. En décembre 2010, le contrôle du personnel aboutit à la perquisition de l’hôtel « Les Agassins », à la découverte d’une double comptabilité et à la confirmation des malversations annoncées.

Mais très vite, deux mois après ce contrôle, Mme Champrenault est mutée en Guadeloupe. M. Pascal perd alors un premier soutien de poids face à un notable puissant.

Est nommé à sa place Bernard Marchal, resté quatre longues années à la tête du parquet avignonnais et depuis muté Procureur dans le Var. Etrangement, le traitement des dossiers qui concernaient le monde politique avignonnais a semblé se faire avec un investissement pour le moins tempéré ….

Début 2011, Philippe Pascal est contacté par un maître d’hôtel des Agassins licencié. Ce dernier lui remet un enregistrement où les faits de travail dissimulé sont clairement évoqués par l’employeur lui-même. Cet enregistrement permet de valider l’intentionnalité et l’ancienneté de la fraude.

Un an après, c’est un redressement de l’assiette des cotisations sociales de 715 000 euros qui est notifié par l’ex-inspecteur de l’Urssaf. Dans le même temps et pour les mêmes causes les services fiscaux notifient un redressement fiscal d’un montant dérisoire.

A partir de cet instant, Philippe Pascal est ciblé, on lui prédit les pires difficultés, physiques, morales et professionnelles !

C’est une période de vie rude, pénible et agitée que va endurer le fonctionnaire. Un véhicule 4X4 croisé en pleine campagne le contraint à lancer son véhicule dans le fossé pour l’éviter. Quelques mois plus tard, un ami est agressé après avoir été interpellé « M. Pascal ? » et lui sont octroyés 45 jours d’ITT (Incapacité Totale de Travail).  Enfin, sa voiture de fonction volée est retrouvée au pied des locaux de l’Urssaf avec inscrit sur le pare-brise « Tire-toi vite » !

Mais Philippe Pascal, combatif, reste sur l’affaire soutenu par le Président du CODAF, le Procureur adjoint d’Avignon M. Villardo et par la Directrice à l’Urssaf d’Avignon en poste jusqu’en 2013, Mme Couderc. Cette dernière lui demande même de faire le contrôle de toutes les sociétés dont le président de la CCI est le responsable.

Il tient alors une pelote dont le fil ainsi démêlé le conduit vers l’école hôtelière et jusqu’à des étudiants non payés pour de multiples extras mondains non prévus dans le cadre de leur formation. Résultats des courses : un redressement de 700 000 euros pour cotisations sociales impayées pendant 5 ans notifié par une collègue inspectrice, M. Pascal n’étant plus (à la demande de Mme Couderc) en première ligne pour des raisons de… sécurité !

Il est à noter qu’il restera dans l’histoire de la Sécurité Sociale comme le premier inspecteur de l’Urssaf auquel il a été offert par sa Direction un gilet pare-balles !

La pelote judiciaire toujours se démêlant conduit jusqu’à l’entreprise familiale de travaux publics et même en décembre 2013 à la CCI de Vaucluse dont François Mariani a été le président jusqu’à fin 2016. Ce dernier est alors mis en examen avec deux directeurs de la chambre consulaire pour détournement de fonds publics, prise illégale d’intérêt et atteinte à la liberté d’accès aux marchés publics.

Là, il semble qu’un seuil critique ait été atteint. Le Procureur adjoint Villardo est muté à Aix-en-Provence et fin 2013, la Directrice de l’Urssaf 84 est déplacée à Marseille pour cause de régionalisation. Philippe Pascal n’a plus aucun soutien pour mener ce difficile combat et se retrouve désespérément seul.

Le 1er janvier 2014, la réorganisation de l’Urssaf locale en organisme régionalisé le pousse même vers une voie de garage. Il lui est demandé de se dessaisir de ce dossier brûlant et notamment celui de la S.A. Mariani BTP en faveur des inspecteurs marseillais.

Lui, l’inspecteur consciencieux, privé du soutien de ses pairs, est même traduit devant le conseil de discipline pour manque de discernement et dénigrement de la hiérarchie dès le 7 janvier, soit une semaine seulement après la régionalisation ! Le conseil propose la rétrogradation mais les instances parisiennes réduisent sa peine eu égard aux services rendus et il ne sera sanctionné que de 7 jours de mise à pied … Ce qui est déjà scandaleux !

Et c’est le cycle infernal qui s’enclenche : relégation, burn-out, hospitalisations. Philippe Pascal demande lui-même son départ à la médecine du travail qui accepte de le licencier pour inaptitude à l’Urssaf, à tous les postes de l’Urssaf et dans tous les Urssaf. Ainsi, il ne peut être ni muté, ni déplacé et la Direction régionale est contrainte de le licencier à un an de sa retraite.

Les incidents qui ont menacé son intégrité physique ont cessés. C’est alors que d’autres menaces, judiciaires celles-ci, sont apparues.

Deux plaintes à son encontre sont déposées sur le bureau du Procureur Marchal par François Mariani.

La première pour corruption car il est reproché à M. Pascal, qui est président d’une association humanitaire, d’échanger sa clémence contre des aides en faveur de son association. La comptabilité et les comptes bancaires sont alors épluchés pendant deux mois mais aucune entreprise contrôlée ne s’est avérée être le mécène de l’association. Il faut préciser que cette plainte avait été accompagnée du témoignage d’un homme dont on peut douter de l’impartialité puisqu’il est un ami du Président de la CCI auquel il devait initialement succéder ! Cette plainte a été classée sans suite.

La deuxième pour recel d’enregistrement privé suite à l’exploitation d’une cassette audio livrée par cet ex maître d’hôtel. Lorsque l’ex-inspecteur a écouté cet enregistrement que pouvait-il faire si ce n’est la transmettre au Parquet par article 40 du Code de Procédure Pénale ? En effet, les révélations que l’enregistrement contient sont une preuve accablante de la politique d’emploi du personnel pour le moins atypique de cet établissement ! L’audience relative à cette plainte a été reportée à 4 reprises et ce 26 février 2018 à 14 heures on peut espérer le dénouement de cette affaire.

Enfin, lorsque le président de la CCI n’a plus été reconduit dans ses fonctions, le comportement des médias a changé et M. Pascal est directement passé du statut d’inspecteur-voyou aux méthodes inquisitrices à victime d’un complot !

Un article paru dans la Provence a déplu au notable qui a de nouveau déposé plainte pour atteinte à la présomption d’innocence contre conjointement le journal local et M. Pascal. Cette plainte a donné lieu au versement par M. Mariani de 1500 € en 1ère instance et 2000 € en appel à M. Pascal et au quotidien au titre de l’article 700 du Code de Procédure Pénale.

Cette histoire, jusqu’ici ainsi relatée, reste folle de par le surprenant phénomène d’inversion des rôles qui aura installé cet inspecteur de l’URSSAF dans celui du malfaiteur à châtier !

Et que dire de cette audience, déjà reportée 4 fois et qui le 13 décembre dernier le sera à cause de l’absence de maître Morice, l’avocat de M. Mariani, ténor du barreau parisien excusé pour une hernie discale bien à propos !

Rendez-vous est d’ores et déjà pris pour le 26 février pour enfin connaître le sort juridique qui sera réservé aux deux protagonistes de cette affaire.

Aurons-nous en ce début 2018 une justice à la hauteur de l’enjeu ? Celui de rendre le droit bien loin des pressions et des influences pour continuer de croire que notre démocratie reste belle et exemplaire. Cela, nous le saurons bientôt !

« l’indépendance et l’impartialité constituent les deux principes fondamentaux de tout système judiciaire : ils viennent garantir aux justiciables que l’acte de juger sera seulement déterminé par les arguments du débat judiciaire, en dehors de toute pression ou de tout préjugé. » Direction de l’information légale et administrative placée sous l’autorité du Premier ministre et rattachée au secrétaire général du gouvernement.

Crédit photo : La Marseillaise

 

Macron le reconnaît : « Je suis le fruit d’une forme de brutalité de l’histoire : une effraction »

Macron s’est révélé un peu plus lors de la pseudo-conférence de presse qu’il a tenue le 13 février dernier devant 120 journalistes. Il a dit exactement :

« Je ne suis pas l’enfant naturel des temps calmes de la vie politique. Je suis le fruit d’une forme de brutalité de l’histoire. Une effraction parce que la France était malheureuse et inquiète. »

 

Par cette déclaration, quasi-littéraire, Macron prétend se placer dans une distance esthétique par rapport au politique. Mais le souci ici n’est pas seulement esthétique.

Macron veut dire, d’une façon qu’on peut juger présomptueuse, qu’il est au-dessus des contingences politiciennes, qu’il est là parce qu’un destin singulier, le sien, l’aurait placé là sans qu’il l’ait voulu expressément. Il se présente en fils de l’Histoire, mais c’est la Providence plutôt, et non le peuple, qui l’aurait dressé au rang de sauveur d’une « France malheureuse et inquiète ».

 

D’où le terme d’« effraction » qu’il emploie également, à juste titre. Macron en effet a été élu par une minorité de citoyens en âge de voter, avec une abstention record de près de 25,5%. Il a été élu davantage pour faire un hypothétique barrage à Le Pen que par un geste du corps électoral qui fût délibéré, consenti, constructif et politique au meilleur sens du terme.

 

Il n’est pas étonnant dès lors que Macron se permette de passer pour l’homme providentiel de temps de crise. C’est pourquoi il prétend ne pas être « l’enfant naturel des temps calmes de la vie politique ».

 

Mais bien sûr le problème demeure, car l’actuel locataire de l’Elysée ne tire pas toutes les conclusions de cette carence démocratique, comme l’aurait fait un véritable homme d’Etat.

Reconnaissant lui-même qu’il n’a pas été élu sur une base clairement accepté par le peuple, il l’a été en effet « par effraction ». Et surtout hors de toute doctrine politique, élu en quelque sorte sur une illusion, ou pire une vacuité, ce qui explique au moins en partie la baisse considérable des opinons favorables dans une opinion qui découvre enfin, mais un peu tard, la supercherie. Et les annonces de cette semaine sur de prétendus baisse du chômage ou de redémarrage de la croissance ne seront ici d’aucun secours.

La situation est dangereuse car le programme de Macron n’en est pas un. Il n’y a rien de constructif, rien d’une vision à long terme, à part bien sûr la volonté affichée, revendiquée, sans complexe, de revenir sur tous les principes de l’Etat Social qui a fait jusqu’à maintenant la richesse, la spécificité, voire l’influence au plan international de notre pays.

 

Dans cette conférence Macron évoque la question du travail au travers une loi travail qu’il veut mener au bout mais qui va s’avérer bien vite, si ce n’est déjà le cas , comme une catastrophe. Son pari qui consiste à croire que cette loi va combattre le chômage est stupide et voué à l’échec, et dans le même temps sera facteur de souffrance sociale dont le peuple français et le monde du travail en particulier se seraient bien passé.

 

Emmanuel Macron continue de détruire patiemment à la suite de ces prédécesseurs à l’Elysée, au besoin par ordonnances, toutes les structures de solidarité (comme la sécurité sociale), structures collectives pourtant de nature à amortir les crises financières, et grâce auxquelles nous vivons en paix civile et en relative prospérité depuis la fin de la dernière guerre.

Si la résistance à cette politique n’est pas plus volontaire et collective il ira jusqu’au bout, instrumentalisé par les entreprises du CAC 40, encouragé par les exigences d’une Union Européenne plus que jamais monétariste et inégalitaire.

JM Gardere

 

 

 

Besoin de soutien

Le Parquet (!)  me poursuit pour le tweet que j’ai envoyé sans vérifier le 17 nov dernier celui que j’ai retiré au bout de 40′ en m’excusant de cette bévue, il n’y a aucun délit, tous ceux qui me connaissent le savent, l’audience est le 11 avril à 13 h 30 (Rv sur l’esplanade en face le Palais de justice de Paris) et la seule conséquence c’est que déjà des frais d’avocat sont ouverts, et ça coute cher, je n’ai naturellement pas les moyens et j’ai besoin d’aides pour faire face à ce procès, pour celles et ceux qui peuvent, selon le principe que ce sont les petits ruisseaux qui font les rivières et qui évitent de manquer d’eau, chèques à l’ordre de « G.Filoche-soutien » 85 rue Rambuteau 75 001 Paris

Ca suffit… M. Confavreux !

 

 

Bonjour Gérard,

Ce matin, Mediapart publiait un article de Joseph Confavreux intitulé « Antisémitisme : les gauches suspectées (1/3). Le genèse d’une gêne.

Au 7ème § il écrivait :

« Ces assassinats, le regain d’actes antisémites durant les années 2000, la propagation d’une hostilité « du quotidien » dans certains quartiers, encore attestée par la récente profanation de la stèle en mémoire d’Ilan Halimi, le tweet du militant de gauche Gérard Filoche reprenant une image antisémite piochée sur le site d’Alain Soral, qui vient de valoir à ce dernier une nouvelle condamnation à de la prison ferme pour provocation à la haine, ou encore les polémiques à répétition autour du livre Les Blancs, les juifs et nous d’Houria Bouteldja, figure du PIR (Parti des indigènes de la République), ont relancé une question lancinante : y aurait-il une complaisance accrue de la société française envers différentes formes d’antisémitisme qui serait plus sensible à gauche ? »

J’ai fais une réponse rapide.  Il fallait se dépêcher car, seuls les 1ers commentaires sont lus.  Un autre lecteur avait d’ailleurs déjà protesté contre l’usage qui était fait de ton tweet et avait dit qu’il avait aussitôt arrêté de lire l’article.

Voilà mon commentaire :

L’article de Joseph Confraveux est passionnant et je suis impatient de lire la suite.

Je suis, cependant, extrêmement choqué que le « tweet »  de Gérard Filoche soit mis sur le même plan que la récente profanation de la stèle en mémoire d’Illan Halimi.

Quelques minutes après avoir renvoyé ce tweet (Gérard Filoche affirme avoir tout simplement reçu un tweet de ce photomontage, très loin donc d’un quelconque « piochage » sur le site de Soral).  Gérard Filoche dont l’attention avait, quarante minutes après, été attirée le sur le contenu du tweet et sa provenance, l’avait aussitôt retiré et s’était excusé. Un antisémite aurait-il retiré son tweet ? Se serait-il excusé ? Soral l’avait-il retiré et s’était-il excusé ?

Gérard Filoche a écrit des centaines et des centaines d’articles et plus de quarante livres. Il met au défi quiconque d’y trouver la moindre trace d’antisémitisme. L’antisémitisme, dans le cas de Filoche, relèverait-il de la génération spontanée. Une génération spontanée d’ailleurs totalement éphémère, puisque rien de ce qu’il a écrit ou dit, par la suite ne va dans ce sens ?

Il a agi en tweeter sans doute un tantinet « compulsionnel »,  croyant reprendre une dénonciation, certes un peu osée, du « fanatisme » néolibéral de Macron. L’arrière plan du photomontage qu’il avait retwité était, en effet, beaucoup moins visible à ce moment là (pour ceux qui auraient bien voulu vérifier l’exactitude de leurs sources) que celui qui est paru le lendemain dans la presse. J’ai pour ma part, dû m’y reprendre à trois fois pour voir, pour distinguer sur internet, une fois averti, tout ce qu’il y avait sur ce montage. Dans un premier temps, j’ai vu Macron et son brassard orné d’un dollar ;  dans un deuxième temps, j’ai aperçu la photo de trois personnages que je ne reconnaissais pas ;  dans un troisième temps, j’ai reconnu le drapeau américain et le drapeau israélien.

Ce tweet a servi de prétexte au Bureau  National du PS pour exclure Filoche, sans même qu’il ait entendu. Il faut dire que c’était un militant qui gênait beaucoup par ses condamnations de la politique de droite de Hollande et Valls, tout particulièrement de leur loi travail.

Porter à la connaissance des lecteurs de l’article, la pétition signée par 17 000 personnes qui voulaient défendre l’honneur d’un militant, aurait permis, sans doute aussi, aidé à remettre à sa place l’accusation d’antisémitisme adressée à Gérard Filoche.

Les premiers signataires de cette pétition étaient : Guy Bedos (artiste), Christine Blum (consultante), Jacques Bidet (philosophe), Patrick Brody (syndicaliste), Patrick Chamoiseau (écrivain), Annick Coupé (syndicaliste), Jean-Baptiste Del Amo (écrivain), Christine Delphy (sociologue), Christian de Montlibert (sociologue), Annie Ernaux (écrivain), Karl Ghazi (syndicaliste), Jean-Marie Harribey (économiste), Anne Hessel, Daniele Kergoat (sociologue), Pierre Khalfa (économiste et syndicaliste), Jean-Marie Laclavetine (écrivain), Philippe Marlière (politiste), Gus Massiah (économiste), Gérard Mauger (sociologue), Christiane Marty (altermondialiste), Jean-Pierre Mercier (syndicaliste), Gérard Mordillat (écrivain), Gérard Noiriel (historien), Willy Pelletier (sociologue), Michel Pialoux (sociologue), Michel Pinçon-Charlot (sociologue), Monique Pinçon-Charlot (sociologue), Louis Pinto (sociologue), Patrick Raynal (écrivain), François Ruffin (réalisateur)

Le texte de cette pétition était le suivant :

« Oui, Gérard Filoche a retweeté un montage photo mettant en cause Emmanuel Macron dont, dans la précipitation, il n’a pas immédiatement perçu le caractère antisémite. Il s’est rapidement rendu compte de son erreur, a retiré le tweet, s’est excusé publiquement, a répondu aux journalistes.

L’affaire aurait pu s’arrêter là mais le tweet a été relayé sur la Toile pendant plusieurs jours au point de devenir une affaire d’État. Les condamnations, sans la moindre prise de recul, ont abondé. Le PS qui, ces temps-ci, peine tant à parler d’une seule voix, a retrouvé son unité pour exclure à bon compte une de ses dernières voix de gauche, sans autre forme de procès.

Voilà le plus inquiétant : les réseaux sociaux sont devenus le procureur le plus expéditif et le plus implacable, et derrière eux certains médias aussitôt aboient à l’unisson.

Filoche est donc antisémite : la sentence de Facebook est tombée. Qu’il disparaisse sur-le-champ !

Nous ne pouvons accepter cette accusation scandaleuse, cette atteinte portée à l’honneur d’un militant qui a consacré sa vie entière à défendre les libertés syndicales et le code du travail, à lutter contre le racisme et l’antisémitisme (il fait partie des fondateurs de SOS Racisme).

Cette polémique, comme celle qui oppose Charlie Hebdo et Mediapart, témoigne d’une extraordinaire dégradation du débat public. Journalistes et politiques rivalisent dans la surenchère et dans l’anathème. Il faudrait admettre une bonne fois que Twitter ne favorise pas l’intelligence dans le temps long, qui est celui de toute pensée politique digne de ce nom. Gérard Filoche a aujourd’hui l’occasion cuisante de s’en rendre compte, tandis que ses détracteurs continuent de tapoter furieusement sur les claviers de leurs smartphones.

Pendant ce temps, l’antisémitisme et le racisme répandent leur poison. Manuel Valls, si prompt à dénoncer l’antisémitisme, affirmait cette semaine encore que les musulmans « sont un problème ». Ce n’est pas la première fois, et il n’a jamais été inquiété pour ce type de propos.

Ça suffit. »

 

JJ Chavigné

 

lire sur ce blog ( er sur le site de www.GDS-DS.org ) toutes les explications détaillées , pétitions, meetings, débats à ce sujet. La bévue sur ce tweet a duré 40′ alors 40 jours après, pourquoi en reparler ainsi . Quelqu’un de sérieux écrivant sur Mediapart sans se renseigner, et osant en tirer des conclusions, ça pose problème, non ?