Tribune : Je hais et combat le racisme et l’antisémitisme

J’ai fait une erreur, vendredi soir 17 novembre 2017, en fin de soirée. Par fatigue, inattention, absence de vigilance mélangées,  en fin de  journée de travail, où je corrigeais les épreuves d’un livre de 750 000 signes contre la politique de Macron, destiné à paraître le 20 janvier 2018, j’ai re-tweeté  en annexe d’un message visant Macron, une image qui ne venait pas de moi, et dont, sur le coup, je n’avais pas perçu la nocivité.

Alerté rapidement par un proche, je l’ai revue, et découvert qu’elle n’était pas banale du tout, mais c’était un photomontage à deux niveaux, où des figures se superposaient, l’une éclairée, les autres dans le noir, ce qui en faisait un tableau aux tonalités antisémites comme l’extrême droite, par les temps actuels, sait en faire. Au point qu’ils ont su encore la faire évoluer depuis, et ont éclairé davantage l’arrière plan rendant le caractère antisémite encore plus évident.

Dés que j’ai été réveillé, alerté et que j’ai compris mon erreur, moins de 40 minutes après, j’ai supprimé ce re-tweet, puis j’ai assumé et clos en m’excusant publiquement.

Ceci a été fait de ma part, de façon rapide, claire et sans ambiguïté. « C’était une connerie ». Ma faute est réelle mais circonscrite à cela.

Personne ne peut me reprocher une quelconque complaisance avec le fond de ce tweet. C’est un montage antisémite, dont on m’a alors appris qu’il venait d’un site d’extrême droite. C’est un danger public, car s’il peut tromper un court temps des gens comme moi, il est susceptible d’en tromper beaucoup d’autres.

La preuve c’est que si, moi, je l’ai vite enlevé, certains le reproduisent à l’envie, et font ainsi le jeu de l’extrême droite qui a conçu ce piège. Alors que sans doute peu de gens étaient allés sur ma tweet liste au cours des quarante minutes de vendredi soir, depuis, voilà que d’autres malintentionnés ou naïfs lui font publicité. Dont une grande partie des gros médias de mauvaise foi.

Je n’ai commis aucun délit, selon la loi, il n’y a point de délit sans intention de le commettre (article 121-3 du Code pénal) heureusement pour toutes celles et ceux qui, hélas, reproduisent ce photomontage depuis (et qui ne devraient pas non plus, surtout ceux qui « éclairent » davantage le deuxième plan, accroissant la luminosité du fond du montage : pourquoi le font-ils ? dans quel but ? S’il s’avérait que ce soit dans le but de nuire, ils seraient en cause).

 

 

Je hais le racisme et je hais l’antisémitisme, de toute ma vie, hier comme aujourd’hui. Je suis un militant depuis  plus de 50 ans, contre ces maux. Je n’ai pas raté, pendants des décennies, une action, une affiche, un tract, un défilé, un concert, j’ai contribué avec énergie  à d’immenses manifestations, Je suis un des co-fondateurs de SOS racisme, J’ai défendu chaque fois que possible nos frères immigrés,  Je suis de toutes les fibres de mon corps,  internationaliste. Un passionné de la fraternité, de l’égalité. Et quand il s’agit de la question juive, pour mille raisons intimes et personnelles que je ne raconte pas ici, je suis juif de coeur au moindre risque d’oppression.

Je n’ai pas à être défensif sur ce sujet, tout ceux, très nombreux, qui me connaissent, savent que je suis un combattant de toujours, obstiné, confirmé, contre toutes les formes de racisme. Ceux qui ne le savent pas, ont, certes, été choqués, je le comprends, par le re-tweet et ce montage que j’ai maladroitement mais brièvement reproduit. Mais une fois que les circonstances sont expliquées, si on se charge de les éclairer et de les informer sur la vérité, ils comprennent.  Avec tous ces gens qui ont bien compris ce qui s’est passé, je demande de tourner la page,  pour sortir en confiance de l’épreuve.

 

Il y a déjà des débats, périlleux, entre Charlie Hebdo et Médiapart.  C’est de l’intérêt de la gauche entière, de ne pas alimenter des querelles que nous pouvons éviter et qui nous détournent de nos vrais et terribles ennemis, les racistes et antisémites, et nos exploiteurs, liés à la droite et à l’extrême droite.

Nous avons d’autres enjeux, affronter et battre Macron dans son travail de destruction de 100 ans de notre droit du travail, défendre notre protection sociale telle qu’elle existait depuis 1945 et en voie d’être abolie,  nous battre pour nos salaires contre la hausse spectaculaire des dividendes et des fraudeurs de la finance, en faisant  face aux campagnes d’intimidation, de dénigrement, d’insultes en provenance de l’Elysée.

Nous avons, pour cela, besoin d’une gauche unie, d’une coordination de toutes les forces capables et déterminées à résister et à gagner.

Gérard Filoche.

 

 

Un procès d’intention

L’exclusion « conservatoire » de Gérard Filoche par l’unanimité des membres présents du Bureau National du Parti Socialiste relève du règlement de comptes. Le moins que l’on puisse dire, en effet, est que cette exclusion ne s’appuie sur aucune base juridique sérieuse.

En droit français, pour qu’un délit (ou un crime) soit considéré comme tel, trois éléments doivent être réunis.

Un élément légal : l’infraction doit être prévue par une loi. La loi française sanctionne les actes anti sémites. Cet élément est constitué puisque Gérard Filoche reconnait lui-même que le photomontage qu’il a tweeté était antisémite.

Un élément matériel : il ne peut s’agir d’une simple pensée. Cet élément est, lui-aussi, constitué puisque Gérard Filoche a effectivement tweeté ce photomontage.

Un élément intentionnel : il faut que l’auteur du délit (ou du crime) ait intentionnellement enfreint la loi. Cet élément est déterminant. Il n’est, à l’évidence pas constitué dans ce qui est reproché à Gérard Filoche.  Ce dernier n’avait en aucun cas l’intention d’enfreindre la loi en tweetant un photomontage qu’il n’avait tout simplement pas examiné avec suffisamment d’attention pour  en apprécier le caractère antisémite.

Cet élément intentionnel n’existe pas pour deux raisons essentielles.

Tout d’abord, si Gérard Filoche avait eu l’intention délibérée d’accomplir un acte antisémite, pourquoi aurait-il effacé son tweet dès qu’il fut averti du caractère antisémite du photomontage et de son origine ? Pourquoi se serait-il aussitôt excusé ? Pourquoi aurait-il, dés le lendemain, réalisé une vidéo dans laquelle il expliquait qu’il avait fait une « connerie » ? Un antisémite aurait persisté et signé, se serait battu pour que l’on reconnaisse son droit à exprimer ses opinions antisémites.

Ensuite, il faudrait démontrer que cet acte n’était pas isolé, qu’il ne s’agissait pas d’un orage dans un ciel serein mais qu’il s’inscrivait dans une série d’autres actes démontrant que Gérard Filoche était ou devenait antisémite. On ne devient pas subitement antisémite. Or, il n’est pas possible de faire une telle démonstration, Gérard Filoche n’a jamais tenu le moindre propos antisémite, n’a jamais écrit la moindre ligne qui prête à confusion sur ce sujet. Il est vain de chercher dans les 37 livres qu’il a rédigés ou dans la revue (Démocratie & socialisme) dont il a été le rédacteur en chef pendant 23 ans, une seule phrase qui puisse être qualifiée d’antisémite. Pendant toute sa vie militante, il s’est, au contraire, battu contre le racisme et l’antisémitisme et cela, bien des pages peuvent le prouver. Le BN du PS a préféré croire à la génération spontanée.

L’élément intentionnel, délibérément oublié pour condamner Gérard Filoche est déterminant. Il faut avoir conscience des résultats auxquels aboutirait l’absence de prise en considération de cet élément intentionnel. Tous ceux qui, sur les réseaux sociaux, ont repris le photomontage dans l’intention de démontrer que le photomontage envoyé par Gérard Filoche était antisémite, auraient (quelque soit leur intention) commis un délit. S’ils sont au PS, en particulier au BN du PS, ils auraient dû être exclus. De la même façon tous les journalistes qui ont publié le photomontage dans l’intention de démonter que ce dernier était bien antisémite devraient être soupçonnés d’être les auteurs d’un délit et devraient donc faire l’objet d’une enquête judiciaire. Si l’on ne prend pas en compte l’élément intentionnel, en quoi ne seraient-ils pas lourdement coupables d’avoir propagé et aider à propager un montage antisémite ? L’élément légal et l’élément matériel sont réunis. Ne sont-ils pas, de facto, les meilleurs propagateurs de ce photomontage antisémite ?

Il faut donc raison garder et prendre en considération ce que tout le monde sait (en particulier tous ceux qui viennent, tout honte bue, de le condamner au BN du PS) : Gérard Filoche n’a pas intentionnellement tweeté un photomontage antisémite car Gérard Filoche n’est pas et n’a jamais été antisémite.

Les membres du BN du PS qui ont voté l’exclusion du Gérard Filoche ont tout simplement mis en application l’adage bien connu « quand on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage ». La pire des choses pour eux serait l’émergence d’un Jérémy Corbin à la française. Tous les moyens sont bons pour lempêcher et comme, selon un autre adage « l’occasion fait le larron », les larrons ont unaniment sauté sur l’occasion.

JJC

 

 

 

 

Mercredi 22 novembre : malgré cette décision affligeante et scandaleuse, le combat continue plus que jamais

La décision violente, bureaucratique, du BN du PS hier soir, 21 novembre, en mon absence, sans procédure ni débat contradictoire, est affligeante et scandaleuse. Ils ont pris un prétexte de faussaire pour exclure l’aile gauche du parti socialiste.

C’est affligeant parce que tout le monde sait que je n’ai absolument rien à voir avec l’antisémitisme.

Je hais et combat tous les racismes depuis plus de 50 ans, et chaque jour avec la même force et conviction militante. Je n’ai raté aucune manifestation, aucune mobilisation, aucun meeting, aucun concert, aucune action pour combattre l’antisémitisme. J’en ai souvent été à l’initiative et continue de l’être.  Je suis juif de cœur au moindre danger d’oppression. Je suis solidaire de tous mes camarades immigrés. Je suis internationaliste et je suis anticapitaliste car je sais, en théorie et en pratique, que c’est le capitalisme qui engendre les pires et plus violentes compétitivités, le chômage et la misère, donc les boucs émissaires, le fascisme, le racisme et les guerres dans le monde entier. Et je sais de façon aigue combien le monde actuel est dangereux en cela. Le retweet d’un photo montage qui n’était pas de moi, que j’ai effectué par manque de vigilance vendredi à 23 h, je l’ai enlevé aussitôt en découvrant sa nocivité antisémite et m’en suis excusé. Il est resté moins d’une heure. La faute était circonscrite et réparée, et devait donner lieu, pour moi comme pour les autres, à une vigilance accrue face à tous les pièges de l’extrême droite. A la direction du PS ils le savaient tous, je suis insoupçonnable sur le fond de la moindre trace d’antisémitisme,  ils ont fait comme s’ils l’ignoraient, ils s’en sont servis comme des faussaires. C’est avec une mauvaise foi affligeante et honteuse qu’ils ont fait cela au service d’un tout autre but.

 

C’est scandaleux parce que cette opération vise en fait, essentiellement à éviter un débat sur le fond dans le congrès du parti socialiste qui devait venir.

Cela faisait des semaines, nous l’avions noté, ici sur ce blog, dans la revue mensuelle D&S, a chacune de mes interventions en BN, au fur et à mesure, qu’ils cherchaient à faire barrage à l’expression de nos idées, celles de la gauche socialiste, au bilan nécessaire du quinquennat sortant, a la ré orientation à gauche vitale du parti, et à son retour au sein d’une gauche unie anti Macron.

Ils imaginaient toutes sortes de manoeuvres pour y parvenir : changer les statuts avant même le débat du congrès, supprimer les contributions politiques générales, supprimer les « motions » sur lesquelles les militants votent, supprimer la représentation des sensibilités à la proportionnelle. A la dernière réunion Rachid Temal proposait carrément d’exiger 40 signatures de membre du CN pour avoir le droit de déposer une motion politique générale au congrès alors que les statuts en cours prévoient qu’une seule signature d’un seul membre du CN suffit. Rien que cela nous écartait du droit de parole et nous chassait du congrès. Ils envisagent aussi de modifier le périmètre des votants, en acceptant que les membres ne se mettent pas a jour de cotisations de 2014 à 2017 et ne versent que 20 euros pour 2018 (moins de 10 % des militants ayant vote lors de la consultation sur une « feuille de route » le 28 septembre dernier).

Déjà nous voyions cela, et nous interrogions sur les capacités de la gauche socialiste  d’aller jusqu’au bout, dans ces étranges conditions, dans ce débat de congrès qui trainait et trainait depuis juin dernier.

Beaucoup nous disaient « Laissez tomber, ce parti n’est pas redressable, vous n’y arriverez pas ». Beaucoup de nos camarades étaient partis devant les purges, les viols de statuts, la mort de sections, de fédérations, la désertification des militants, la protection accordé souvent aux « macronistes ».

Nous ne voulions pas y croire sans avoir tout essayé. Nous avions le souci de la priorité au débat politique de fond. Car nous estimons, hier, et encore, que la perte du parti socialiste à gauche sans clarification est un recul pour toute la gauche. Car des millions d’électeurs socialistes désemparés se sont abstenus mais cherchent une voie. Car nos propres militants, dedans et dehors, nombreux, sont tous favorables à l’unité de la gauche.

Nous avions quand même, devant le désastre imminent,  anticipé, en construisant le réseau « GDS » gauche démocratique et sociale » autour de la revue de la gauche socialiste depuis 25 ans « démocratie et socialiste ». Nous avions re-dynamisé depuis cet été, notre site GDS, nos blogs, nos tracts à chaque manifestation contre les ordonnances anti travail de Macron, nous avions publié un matériel argumenté et mobilisateur en défense de 100 ans de code du travail, de la Sécurité sociale, du salaire brut, nous avions prévu une grande réunion nationale de l’appel des 1100 socialistes, le week end des 20 janvier 2018.

Nous défendions déjà et aussi une « coordination permanente »  de la gauche (FI, PCF, EELV, M1717, GDS… ) au niveau national et partout au plan local. Nous croyions pouvoir y parvenir dans le parcours qui nous séparait du congrès du PS prévu en fin mars. Mais là, ils ont mis fin brutalement, bureaucratiquement, artificiellement à ces espoirs et tentatives. Un parti de ce type sous un prétexte faussaire qui se permet cette brutalité pour écarter son aile gauche, n’est pas seulement malade, c’est hélas, un geste suicidaire. Il repose sur un mensonge et une mise en scène désespérante, à nos yeux et pour toute la gauche.

Cela ne nous fera pas taire, aucune hésitation, nous continuons, cela ne me fera pas arrêter tous les combats en cours pour faire échec par l’unité de la gauche et vaincre Macron.

Tellement de choses se faisaient en dehors de ce parti paralysé que cette exclusion n’empêchera rien. De nombreux meetings sont en préparation, ils auront lieu, revue, articles, livres, continueront, réunions unitaires et manifestations auront lieu.

La Gauche démocratique et sociale, vit et vivra,  et elle donnera à toutes et tous, tous les moyens de continuer le combat.

 

hier 21 novembre Gerard Filoche au congrès de la CGT FNAT

Mardi 21 novembre : congrès CGT alimentaire à Angers (400)

Jeudi 23 novembre : film dans St Ouen l’Aumône  sur Octobre  avec JJ Rue

Vendredi 24 novembre : réunion en Suisse Genève puis Lausanne canton de Vaud

Mercredi 29 novembre : à 20 h : avec Attac à Carcassonne

Jeudi 7 décembre ; réunion à Brest

Lundi 11 décembre : réunion à St Etienne

jeudi 14 décembre : équipe animatrice de D&S

Agenda Filoche 1er semestre 2018

Mardi 10 janvier : Sciences Politiques Lyon  colloque de 10 h à 18 h

Vendredi 19 janvier 2018 :  réunion Vaucluse 84 Attac

Lundi 22 janvier : impression du livre anti Macron, L’archipel

Samedi 20 janvier : réunion nationale GDS Paris

Mercredi 7 février : livre Macron et la casse sociale   Ed. L’Archipel en librairie

 

 

Le mardi 21 novembre : nous avons tenté d’éviter le pire

Gérard Filoche,

 

 

 

à  Rachid Temal

Parti socialiste

10 rue de Solferino

75007 Paris

 

 

Tu as observé que j’avais fait une erreur, vendredi soir 17 novembre 2017, en fin de soirée. Par fatigue, inattention, absence de vigilance,  j’ai retweeté  en annexe une image qui ne venait pas de moi, et dont, sur le coup, je n’avais pas perçu toute la nocivité.

 

Alerté rapidement par un proche, je l’ai revue, et découvert qu’elle n’était pas banale du tout, mais un montage à deux niveaux, ou des figures se superposaient, les uns éclairées, les autres dans le noir, ce qui en faisait un tableau aux tonalités antisémites comme l’extrême droite, par les temps actuels, sait en faire. Au point qu’ils ont su encore la faire évoluer depuis, et ont éclairé davantage l’arrière plan rendant le caractère antisémite encore plus évident.

Dés que j’ai été alerté et que j’ai compris mon erreur, c’est à dire moins de 40’ après, j’ai supprimé ce re-tweet, puis j’ai assumé et clos en m’excusant publiquement.

Ceci a été fait de ma part, de façon assez rapide, claire et sans ambiguïté. « C’etait une connerie ».

Ma faute est réelle mais circonscrite à cela.

Personne ne peut me reprocher une quelconque complaisance avec le fond de ce tweet.

C’est un montage antisémite, dont on m’a alors appris qu’il venait d’un site d’extrême droite.

C’est un danger public, car s’il peut tromper un court temps des gens comme moi, il est susceptible d’en tromper beaucoup d’autres.

La preuve c’est que si, moi, je l’ai vite enlevé, certains le reproduisent à l’envie, et font ainsi le jeu de l’extrême droite qui a conçu ce piège.

Alors que sans doute peu de gens étaient allés sur ma tweet liste au cours des 40’ de vendredi soir, depuis, voilà que d’autres malintentionnés ou naïfs lui font une publicité.

Dont une grande partie des gros médias de mauvaise foi.

 

Et c’est là que je ne comprends pas qu’au lieu de m’aider, en prenant acte du retrait du photo montage, tu lui donnes un retentissement en me condamnant.

 

L’extrême droite n’en demandait pas temps, elle réussit à diviser les  socialistes au lieu de les voir se tourner contre elle.  Certains parlent de porter plainte, non pas contre les auteurs conscients du photomontage, mais contre moi. Ce qui manque la cible, et dessert la cause.

 

Je te le dis, les dangers antisémites sont grands, il ne faut pas  s’en servir pour d’autres causes, ni jouer avec, et même à l’occasion d’une erreur comme celle là, nous devrions expliquer, les combattre ensemble

 

Je hais le racisme et je hais l’antisémitisme,  de toute ma vie, hier comme aujourd’hui. Je suis un militant depuis  plus de 50 ans, contre ces maux.

Je n’ai pas raté une action, une affiche, un tract, un défilé, un concert, j’ai contribué avec énergie  à d’immenses manifestations,

Je suis un des co-fondateurs de SOS racisme,

J’ai défendu chaque fois que possible nos frères immigrés,

Je suis de toutes les fibres de mon corps,  internationaliste

Un passionné de la fraternité, de l’égalité.

Et quand il s’agit de la question juive,  pour mille raisons intimes et personnelles que je ne raconte pas ici, je suis juif de coeur au moindre risque d’oppression.

 

Je n’ai pas à être défensif sur ce sujet, tout ceux, très nombreux, qui me connaissent, savent que je suis un combattant de toujours, obstiné, confirmé, contre toutes les formes de racisme.

 

Ceux qui ne le savent pas, ont, certes, été choqués, je le comprends, par le re-tweet et ce montage que j’ai maladroitement mais brièvement reproduit.

 

Mais une fois que les circonstances sont expliquées, si on se charge de les éclairer et de les informer sur la vérité, ils comprennent.

 

Avec tous ces gens qui ont bien compris ce qui s’est passé, je te demande de tourner la page,  pour sortir en confiance de l’épreuve.

 

Il y a déjà des débats, périlleux, entre Charlie Hebdo et Médiapart.  C’est de l’intérêt  du parti, de la gauche entiére, de ne pas alimenter des querelles que nous pouvons éviter  entre nous et qui nous détournent de nos vrais et terribles ennemis racistes et antisémites.

 

Nous avons d’autres enjeux, un congrès ou il faut tirer un bilan du quinquennat, ou il faut réorienter le parti à gauche pour avoir une chance le sauver de la perdition.  Nous avons laissé derrière nous, bien des procès justifiés, évité bien des exclusions, pour des faits bien plus graves et bien plus lourds de conséquences.

 

Je l’ai déjà dit, engager le parti dans des purges, empêcher le débat sur des motions, ne pas rechercher à  terme, un accord politique le « social au cœur »,  ce serait suicidaire.

 

Mardi 21 novembre, il est prévu de longue date, que je participe à Angers au congrès de la CGT agro alimentaire, en présence de 350 délégués. C’est la raison pour laquelle je te donne mes arguments par écrit, espérant, être entendu et éviter le pire.

 

Avec toutes mes salutations socialistes,

Gérard Filoche.

 

 

un portrait par france info

Gérard Filoche est exclu du Parti socialiste après la publication d’un tweet antisémite

L’ancien inspecteur du Travail de 71 ans est visé par une enquête préliminaire pour « provocation à la haine ou à la violence » après la publication d’un tweet jugé antisémite visant Emmanuel Macron.

Gérard Filoche pose à Paris, le 19 septembre 2016.Gérard Filoche pose à Paris, le 19 septembre 2016. (JOEL SAGET / AFP)

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Margaux DuguetLouis SanFrance Télévisions

Mis à jour le 21/11/2017 | 19:58
publié le 21/11/2017 | 19:04

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LA NEWSLETTER ACTUNous la préparons pour vous chaque matin

Le Parti socialiste a exclu, mardi 21 novembre, l’une des figures de son aile gauche, l’ancien syndicaliste Gérard Filoche. Ce membre du bureau national du PS est visé par une enquête préliminaire pour « provocation à la haine ou à la violence » après la publication d’un tweet jugé antisémite visant Emmanuel Macron. Voici le portrait que franceinfo lui a consacré quelques heures avant son exclusion.

Elle le prend par les bras et lui chuchote à l’oreille :  »Faut mettre tes lunettes Gérard. » Puis, Anne de Haro, conseillère prud’homale et déléguée CGT chez Wolters Kluwer France, se redresse et nous glisse :  »A part qu’il ne voit pas bien, il est extraordinaire. » Attablé dans son café fétiche juste en dessous de chez lui, aux Halles, dans le 1er arrondissement de Paris, Gérard Filoche sourit et acquiesce : oui, il n’a pas bien vu ce qu’il a posté sur Twitter. L’ancien inspecteur du Travail, membre du Bureau national du PS, paraît étonnamment serein pour un homme en pleine tempête. Dans la nuit du vendredi 17 au samedi 18 novembre, il a posté un photomontage montrant Emmanuel Macron le bras orné d’un brassard inspiré des nazis. La croix gammée y est remplacée par le signe dollar. Tandis qu’en arrière-plan figurent des photos de Patrick Drahi, Jacob Rothschild et Jacques Attali, devant les drapeaux américain et israélien.

Le tollé est immense, l’indignation générale, la condamnation unanime. Lui plaide « la connerie ».  »J’ai été inattentif, pas vigilant, raconte-t-il. Je corrigeais les épreuves d’un livre sur la politique de Macron. C’est un gars qui nous insulte tous les jours, il me met un peu colère. J’ai fait ce tweet avant de me coucher. J’ai cherché une image pour Macron, je ne l’ai pas vraiment regardée. Puis, c’est mon fils qui m’a réveillé et quarante minutes après avoir posté le tweet, c’était retiré. » Trop tard. Le parquet de Paris a ouvert lundi une enquête préliminaire pour « provocation à la haine ou à la violence ». Ses camarades du PS demandent son exclusion immédiate, le bureau national du parti devra trancher son cas mardi 21 novembre au soir. Pas de quoi inquiéter Gérard Filoche.

Si la maison me met dehors, elle se suicide en même temps (…). S’ils perdent leur caution de gauche, ça va mal aller.

Gérard Filocheà franceinfo 

« Il est insupportable, ça c’est vrai »

Gérard Filoche n’en sera pas à sa première exclusion. Il est né en 1945, à Rouen (Seine-Maritime) d’un père ouvrier et d’une mère aide-soignante. Il est viré du lycée Fontenelle six mois avant le bac.  »On était un groupe de lycéens et on se moquait du poète Paul Déroulède, un facho, un intégriste, ça nous donnait de la matière », dit-il. Le jeune homme est exclu  »pour mauvais esprit » et passera son bac en candidat libre. Il l’obtiendra  »brillamment ». Puis arrive Mai-68 et la carrière de prof de philo que s’apprête à embrasser Gérard Filoche vole en éclats.  »Mai 68, c’est la libération, un épanouissement personnel. Je savais très peu parler, je bégayais », se souvient celui qui devait alors prendre la parole dans des amphis bondés.

 

Gérard Filoche lors d\'un entretien pour franceinfo à Paris, le 20 novembre 2017.Gérard Filoche lors d’un entretien pour franceinfo à Paris, le 20 novembre 2017. (MARGAUX DUGUET / FRANCEINFO)

L’Unef, la CGT puis le PCF. Gérard Filoche enchaîne les combats politiques.  »C’était un excellent militant et à cette époque, il était assez discipliné, c’est la grosse différence », se souvient un ex-compagnon de route.  »Mais assez rapidement, il a été habité par l’esprit fractionnel », ajoute-t-il.

Il faisait des courants minoritaires partout où il allait. Ça lui faisait mal au ventre d’appliquer les consignes.

Un ex-compagnon de route de Gérard Filocheà franceinfo 

En 1966, Gérard Filoche est exclu du Parti communiste où il n’est resté que trois ans.  »J’avais fait un projet de tract très anticlérical de base contre Yvon Bourges qui venait de censurer La Religieuse de Jacques Rivette. Le secrétaire du PCF nous dit : ’On ne peut pas faire ça.’ Le tract est sorti sous l’Unef et non le PCF. On a été exclus notamment là-dessus. »

Après le PCF, Gérard Filoche participe à la Ligue communiste, qui deviendra la Ligue communiste révolutionnaire (LCR).  »Il était hyper militant, très actif », se souvient Alain Krivine, le leader historique de la LCR.  »Il avait une grande gueule. Il était insupportable, ça c’est vrai. Il était aussi très tendanciel, il aimait créer des courants », ajoute-t-il. Gérard Filoche quitte la LCR en 1994 pour le PS.  »On était un peu étonnés, d’autant qu’aujourd’hui, il n’est pas sur la ligne du PS, mais plutôt du NPA », analyse Alain Krivine.

Inspecteur du travail, même le dimanche

Si son activisme politique prend beaucoup de place, il ne met pas sa carrière professionnelle de côté.  »Gérard Filoche s’est fait connaître au moins autant en tant qu’inspecteur du travail que comme militant politique », commente Dominique Tricaud. Ce dernier, qui est l’avocat de Gérard Filoche depuis  »environ vingt-cinq ans », ne tarit pas d’éloges à son sujet.  »L’inspecteur du travail est là pour protéger et défendre les salariés. Gérard Filoche l’a fait d’une façon impressionnante durant toute sa vie professionnelle », juge-t-il.  »Il a été considéré, tant par les employeurs que par ses collègues, comme un très grand inspecteur du travail, résume-t-il. Gérard Filoche allait tous les dimanches faire le tour de son quartier pour chasser ceux qui enfreignaient la loi. »

Une version nuancée auprès du Point par  »l’un de ceux qui l’ont côtoyé à l’époque » :  »Il ne faisait pas grand-chose la semaine, à part militer, mais travaillait le dimanche dans son quartier du Marais pour mettre des PV contre ceux qui travaillaient le même jour ! »

Reste que Gérard Filoche montre un attachement extrêmement fort au Code du travail. Pourtant, il ne se voyait pas spécialement inspecter les entreprises.  »Contrairement à ce que les gens croient, il y a presque eu un choix du hasard, commente-t-il. En 1982, j’ai passé trois concours [de fonctionnaire de catégorie B] parce que j’avais mes enfants. J’ai été reçu aux trois », précise-t-il. Entre un poste de secrétaire administratif au ministère du Travail ou un autre à la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) et être contrôleur du travail, il choisit le dernier. « Ça me laissait plus de liberté de mouvement », commente-t-il. Et de concéder :  »Je ne connaissais pas la nature exacte de ce métier. Et quand j’ai compris, là, je suis tombé amoureux de la profession. »

 

Les deux ouvrages apportés par Gérard Filoche lors de l\'interview à franceinfo à Paris, le 20 novembre 2017.Les deux ouvrages apportés par Gérard Filoche lors de l’interview à franceinfo à Paris, le 20 novembre 2017. (MARGAUX DUGUET / FRANCEINFO)

Pourquoi cet  »amour » ? « Faire respecter le droit », assène Gérard Filoche. « Quand vous avez été salarié vous-même pendant très longtemps et que vous êtes fils d’ouvrier, vous êtes très attentif à ce que vous voyez dans une entreprise », explique-t-il. Il devient alors lyrique en évoquant le texte de loi. « Le Code du travail, c’est le texte le plus important dans une civilisation. Si vous n’avez pas de Code du travail, vous avez la barbarie. Le Code du travail, c’est un texte fait de sueur et de sang, de luttes et de larmes », déclare-t-il de façon solennelle.

« C’est le texte le moins enseigné. C’est le texte le plus dénigré. C’est le texte le plus vital, le plus intime, le plus essentiel pour des millions de gens. Même ceux qui ne le connaissent pas, ils en ont besoin un jour », ajoute-t-il.

C’est monsieur Code du travail. On a l’impression que c’est lui qui l’a fait. Il en fait une affaire personnelle

Alain Le Garrec, secrétaire de la section PS du 1er arrondissement de Parisà franceinfo 

Héros d’un feuilleton

Passionné par son métier, Gérard Filoche a l’idée, à la fin des années 1990, de lancer une fiction.  »A l’époque, il y avait des feuilletons sur Madame la Proviseure, L’Instit et je m’étais dit : ‘Pourquoi pas un feuilleton sur un inspecteur du travail ?’ » Avec l’aide du producteur Michel Rotman, l’un des nombreux acteurs de Mai-68, il fait avancer son idée. France 2 finit par diffuser, en janvier 2003, en première partie de soirée, un feuilleton intitulé Simon le juste dans lequel joue notamment Annie Girardot. Le héros principal est un inspecteur du travail  »profondément révolté par l’injustice qui, de visites de chantiers en entretiens avec des salariés, parvient malgré tout, à la fin, à faire régner un semblant d’équité », expose le texte de présentation.

 

(KUIV PRODUCTIONS)

« C’étaient des histoires à moi », relève Gérard Filoche. Mais le pilote n’a pas eu de suite.  »Il a fait 13,5% d’audience. Les dirigeants de France Télévisions n’ont pas trouvé cela suffisant. A mon avis, il n’y a pas beaucoup de gens qui voulaient un inspecteur du travail comme héros », commente-t-il.

Mais l’ex-fonctionnaire, qui a chez lui  »plus de 1 000 carnets » détaillant ses souvenirs professionnels, compte toujours faire connaître son ancien métier. Auteur de dizaines de livres,  »tous épuisés » selon ses dires, il va sortir au printemps la suite de son polar Cérium (éd. Cherche Midi), dont le héros est  »un inspecteur du travail qui mène l’enquête » dans le quartier où il exerçait.  »C’est le seul roman policier comme ça », insiste-t-il, confiant sur de nouvelles pistes pour une adaptation en série télé.

Un habitué des coups de sang

Une échappatoire pour celui qui pourrait être exclu de Solférino. Arrivé au PS en 1994 avec  »150″ de ses camarades, Gérard Filoche se fait vite remarquer par ses coups d’éclat.  »Je le connais depuis des années, c’est quelqu’un qui gueule dès qu’il a la possibilité de gueuler », confie Alain Le Garrec.  »Je l’ai connu au début des années 2000, il aime être minoritaire même chez les minoritaires. Il organise des factions au sein de mon mouvement Maintenant la gauche », explique l’eurodéputé socialiste Emmanuel Maurel. Une position qui laisse peu de place au compromis et au rassemblement. Résultat : Gérard Filoche n’a jamais été élu où que ce soit. Il a bien essayé, en 2001, pour les élections municipales de Combs-la-Ville (Seine-et-Marne) mais  »ils m’ont écarté », dit-il. Il n’a ensuite  »pas eu d’occasions » d’avoir un mandat d’élu.  »Il n’a pas été élu à cause de son outrance », nuance Emmanuel Maurel.

Mais Gérard Filoche est  »bombardé au bureau national » du PS de 2000 à 2005, puis réélu en 2012.

C’est du pain béni pour les plateaux TV. Les médias étaient contents d’avoir un gars du BN qui crache sur le gouvernement.

Un ex-compagnon de route de Gérard Filocheà franceinfo 

En 2014, il crève l’écran sur le plateau de LCI en pleine affaire Cahuzac.  »C’est la misère dans le pays, il y a cinq millions de chômeurs, 10 millions de personnes qui sont pauvres, qui ont moins de 900 euros par mois, et dont on ne parle pas… Et on a un chef du budget qui fraude lui-même ! », s’était-il indigné au bord des larmes. L’extrait fait un carton sur les réseaux sociaux.

 

Ce sont aussi ses tweets, déjà, qui font polémique.  »Il tweete de façon frénétique, il se comporte comme un troll », assure Emmanuel Maurel. En 2014 toujours, des dizaines de députés demandent son exclusion du PS après un tweet dans lequel il qualifie Christophe de Margerie, le patron de Total, de « suceur de sang » alors que ce dernier venait de mourir dans un accident d’avion.

En 2016, des socialistes écrivent à Jean-Christophe Cambadélis pour qu’il saisisse la commission des conflits sur des propos jugés  »contraires et attentatoires à ce qu’est le PS aujourd’hui », rapporte Le Lab. Plusieurs déclarations de Gérard Filoche sont visées : celle sur Christophe de Margerie, celle où il avait appelé à la démission d’Emmanuel Macron après l’accident de car de Puisseguin, sa référence aux  »rafles » dans les  »stades »au moment de l’éventuelle interdiction d’une manifestation contre la loi Travail ou encore sa phrase sur Hollande que  »même une chèvre battrait » en pleine primaire PS. A la manœuvre notamment : Alain Le Garrec et une quinzaine de militants de sa section.

Qu’a fait le PS pour tenter de contrôler son électron libre ?  »Il ne s’est rien passé, regrette Alain Le Garrec. J’ai eu l’occasion d’en discuter avec le président de la commission des conflits. Il m’a dit : ‘Je n’étais pas au courant que tu avais écrit une lettre’ ». Alors, forcément, aujourd’hui, l’ancien compagnon de route n’est pas surpris de voir Gérard Filoche récidiver.

Je savais que ça recommencerait, qu’il dépasserait la ligne.

Alain Le Garrecà franceinfo 

Un nouveau mouvement autour de Gérard Filoche ?

Personne ne croit cependant que Gérard Filoche soit réellement antisémite ou raciste.  »Il est outrancier, mais pas raciste et antisémite. Il est tellement obsédé par Macron que dès qu’il y a un truc qui traîne sur lui, il le poste, commente Emmanuel Maurel. Je lui ai envoyé un texto pour lui demander de s’excuser. Là, il en fait une histoire politique, une cabale macroniste. » D’autres ont une lecture différente de cet énième épisode.  »L’accuser de racisme, d’antisémitisme, c’est absurde, abonde Alain Krivine, qui y voit  »un prétexte pour le virer, il y en a plein qui en ont marre de lui. »

« C’est la troisième fois en moins de deux ans que le PS veut exclure Filoche. Ça fait quand même beaucoup. Quand on veut noyer son chien, on l’accuse de la rage », abonde Dominique Tricaud, l’avocat de Gérard Filoche, qui évoque, après le tweet sur De Margerie, un meeting contre la loi Travail où s’est rendu Gérard Filoche.  »La candidate locale trouvait qu’il lui avait fait de l’ombre ». Et l’avocat de glisser :  »On peut se demander quelles sont les arrière-pensées du PS… »

Dans son café des Halles, on sent Gérard Filoche un peu amer.  »Ils ne devraient pas me charger mais me défendre. Le parti aurait dû dire : ‘Gérard a fait une connerie, halte !’ » Que fera-t-il s’il est exclu du PS ?  »On n’arrêtera pas de militer, ça c’est sûr. » Pense-t-il créer son propre mouvement ?  »Oui, bien sûr, mais avec un peu d’amertume car on crée une force de plus. Ceci dit aujourd’hui, dans l’état où est la gauche, il y a déjà six, sept, huit forces. Il peut y en avoir une neuvième hélas, pourvu qu’elle se batte pour l’unité », répond-il. Et surtout contre Macron,  »le pire président de la République depuis 1945″, un homme  »irresponsable qui n’a pas de comptes à rendre dans des partis ».

L’interview touche à sa fin mais à l’évocation du nom d’Emmanuel Macron, Gérard Filoche s’agite. La machine se relance et ses propos flirtent de nouveau avec le complotisme. Le chef de l’Etat ferait  »la politique d’un lobby tout puissant : le CAC 40″.  Accompagnant sa logorrhée de poings fermes sur la table, Gérard Filoche ne s’arrête plus.  »Emmanuel Macron, il est sorti du Medef, du CAC 40, des quatre grandes banques. Il en est sorti comme d’une imprimante 3D. Il est totalement leur produit », dit-il, un rictus aux lèvres, avant de regretter :  »J’ai eu 15 appels samedi pour un tweet. Zéro appel sur les ordonnances Macron. Tout le monde s’en tamponne. »

 

Macron pour la société « post salariale » ? Le salariat le battra !

On a pu entendre l’actuel occupant de l’Elysée s’en prendre à ceux qui ne « sont rien », qui « ne travaillent pas pour se payer un costume », qui « n’essaient pas de se battre », qui « foutent le bordel au lieu d’aller chercher des postes », à celles qui sont « illettrées », à ceux qui sont « alcooliques » : les « fainéants ». Il demande aux jeunes « ne cherchez pas de patrons, cherchez des clients ». « Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout de l’autre, j’essaierais de me battre d’abord. » « Je suis pour une société sans statuts »

Toutes ces « macronades » ont un sens commun : contre les chômeurs et contre les salariés : « Je ne suis pas là pour défendre les jobs existants »

Macron est contre la société salariale issue de l’après guerre mondiale : il l’affirme crument dans son livre intitulé « Révolution » :

« Les membres du Conseil national de la résistance qui ont forgé le consensus de 1945 avaient pensé à la maladie, aux accidents du travail et à la retraite. (…) Ils n’imaginaient pas que le chômage concernerait un jour 10 % des actifs. Ils ne pouvaient concevoir la fragmentation du monde du travail, la montée en puissance de l’intérim et d’un système, en un mot, post salarial. » (page 76)

« Derrière les start up, il y a bien plus qu’un effet de mode. C’est un nouveau modèle d’entreprises et d’entrepreneurs qui est en train d’émerger. Il est le ferment d’une transformation économique et d’un changement culturel » (page 89).

 

Uber, trader, Thatcher, Jupiter :  start up

« L’univers professionnel  dans lequel nous évoluons depuis des décennies est en train d’être révolutionné. L’entreprise ne sera plus lieu de travail  de toute une vie, sous le régime du contrat de travail à durée déterminée. Le temps et le lieu de travail se dissocient, entre le travail dans l’entreprise, chez les clients, dans des lieux de travail partagés où a la maison. On changera de plus en plus d’entreprise de secteur et de statut. Cette évolution est inévitable. »

D’où son amour pour les start up, les indépendants,  Uber, Déliveroo, Ryan air, etc. « Je ne vais pas interdire Uber et les VTC, ce serait les renvoyer vendre de la drogue à Stains » « Une start-up nation est une nation ou chacun peut se dire qu’il pourra créer une start-up. Je veux que la France en soit une ».

« Cette transformation nous oblige tous. Refuser les changements du monde en nous contenant de rafistoler un modèle créé pour avant hier, ce n’est pas la France ». (Révolution).

Evidemment « le monde bouge » : c’est un cliché. Mais au lieu d’affronter, de réguler, d’encadrer par exemple, Uber ses fraudes fiscales, sociales et sa casse des droits humains, Macron défend la thèse qu’Uber incarne le futur et qu’il faut s’y plier et le généraliser.

 

C’est ça, sa construction imaginaire. Sur la base de laquelle il brise le modèle social français le pays, le salariat. « Je n’aime pas ce terme de modèle social. »

 

Casser les statuts, intermittence, CDI ou  sécurité sociale

 

Au lieu de dénoncer et combattre la finance, de chercher à faire payer les 87 hommes qui possèdent plus que la moitié de la planète, les 1 % qui détournent et possèdent 50 % des richesses, il considère qu’ils anticipent le futur. Pour lui, ce ne sont pas des pillards mais les « premiers de cordée » qui tirent le monde vers le haut. «  Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires »

Au lieu de défendre la vie des humains dans le cadre des révolutions technologiques, Macron fait programme de les y soumettre, il les accuse même les français en bloc d’être « en retard », rétifs, « hostiles aux réformes », il dénonce les « blocages ». « La France n’est pas un pays réformable », assure-t-il. « Beaucoup ont essayé : ils n’ont pas réussi, parce que les Françaises et Français détestent les réformes. Dès qu’on peut éviter les réformes, on ne les fait pas ! C’est un peuple qui déteste cela ».

Evidemment s’il s’agit d’ubériser tout le monde à 60 h par semaine, mal payés, rien de surprenant. Jacques Attali, son mentor, considérait qu’à terme « seule l’élite sera salariée » et rajoute : « Le statut de demain, c’est celui d’intermittent du spectacle.”. Leur prophéties à tous les deux, se veulent auto réalisatrices : le rapport Attali-Macron travaille en effet à ce que seuls « les meilleurs » soient salariés, et que la masse des autres ait le droit en tant qu’auto-entrepreneurs de promener trois fois par jour le chien des salariés.

Au lieu d’accepter des « statuts » qui évoluent naturellement, juridiquement, socialement, au lieu de combattre la concurrence déloyale et le travail dissimulé, Macron et ses inspirateurs réclament sans tarder une « société sans statuts ». « L’ubérisation » devient un « concept » et le tour est joué, voilà Macron intronisé par les financiers, les start up  et les aventuriers d’un futur incertain contre les industries, les services, les droits humains, besoins et exigences du présent.

Ajoutez à cela la menace du déclin, la rengaine libérale de la dénonciation des « situations acquises et des rentes garanties » des « surcroits de dépense publique », de « l’impôt mal conçu » et de la « dette considérable et insoutenable » (page 71) et une litanie descriptive des victimes de ce système bloqué (page 73) : « Comme la France de 1945 et du Conseil national de la résistance, nous devons changer de logique profond et refonder nos manières de penser, d’agir et de progresser ». (Page 74).

 

Et d’enfourcher le leitmotiv du Medef contre « Les jours heureux », et le programme du CNR : Macron en fait à son tour l’origine de tous nos maux, « depuis trente ans, la gauche comme la droite ont continué de défendre un système qui promeut l’uniformité, l’indifférenciation, la massification ». Pas étonnant qu’une des supportrices d’ « En marche » présente « la Sécurité sociale comme le dernier vestige d’une société communiste de 1945 ». Argument est tiré de ce que les objectifs du CNR ont été remis en cause… pour les remettre en cause. Puisqu’ils ont cessé d’exister en pratique, c’est qu’ils ne méritaient plus d’exister. Puisque la précarité s’est développée, c’est qu’il ne fallait pas lutter contre la précarité, il faut donc… la reconnaitre et l’adopter.

 

D’ou les lois El Khomri, la loi Macron 1 et les ordonnances, et la casse de la Sécu et de la protection sociale liée au salaire.

 

Mission impossible car  le salariat est plus fort

 

« Je pense qu’il est inconscient. » avance Naomi Klein, essayiste canadienne (Libération 12 novembre 2017) « Partout dans le monde, on observe que les politiques d’austérité, la mondialisation effrénée et la précarité économique qu’elles engendrent nourrissent l’extrême droite et la xénophobie. Et pourtant, Macron répond à cette élection terrifiante, où le FN a fait un score record, par des attaques contre le droit du travail, des réductions d’impôts pour les plus riches et une poursuite des politiques de libre-échange, tout en présentant cela comme une forme de progressisme. »

Uber a été condamné à Londres à reconnaitre ses chauffeurs comme des salariés, cella a déjà été le cas en Californie, et dans beaucoup d’autres pays. Macron essaie de nous faire aller à contre-courant de l’évolution mondiale  du salariat. Ce sera en vain.

En effet : le capitalisme ne dépassera  pas le salariat, c’est plutôt le salariat qui dépassera le capitalisme. L’OIT  explique qu’il y a un milliard de salariés de plus sur la planète  et que  l’économie informelle recule partout. En France le salariat, autour de 55 % en 1945, atteint 93 % de la population active en 2000 (sans doute 90 % aujourd’hui).  Les indépendants, autour de 45 % de la population active après guerre, naisse à 7 % en 2000 (sans doute 10 % aujourd’hui). Tous les efforts pour forcer des salariés à renoncer à leur statut et pour pousser des chômeurs à être à leur compte, loueurs de bras, journaliers, tâcherons,  peuvent  faire reculer le salariat de quelques points, à 90 % et fait remonter les « indépendants «  à plus de 10 %, mais ne peuvent pas renverser la tendance forte.

 

Le capitalisme, numérisé ou pas, pour bien fonctionner, a besoin de salariés bien formés, bien payés, bien traités, pas de précaires, ni flexibles.

 

La puissance du salariat gagnera

 

C’est le salariat qualifié produit toutes les richesses, et n’en reçoit pas la part qu’il mérite. Le salariat n’a que sa force de travail à vendre, mais il est le plus nombreux, le plus puissant. Le salariat tend à s’homogénéiser : les différences entre cols blancs et cols bleus se réduisent, les salaires sont compactés,  ils étaient dans un écart de 1 à 6 en mai 68, ils passés entre  1 et 2,2 aujourd’hui.  85 % des contrats sont des CDI et même 95 % entre 29 ans et 54 ans. La durée des CDI s’allonge, en trente ans, elle est passée de 9,5 ans en moyenne à 11,5 ans en moyenne.

 

De 93 % à 90 % des actifs occupés sont dépendants du « moule » salarial, c’est-à-dire de la relation de travail légale et conventionnelle qui l’accompagne. Mais aussi les jeunes, les chômeurs et les retraités. Les indépendants d’UBER gagneront tôt ou tard ce même statut contre leurs exploiteurs et contre Macron.

- Les jeunes sont des « salariés en formation » : par l’école et l’université, c’est autant d’apport de la nation à la future productivité des entreprises. Que les employeurs se plaignent que la main d’œuvre ainsi préparée ne soit pas assez spécialisée ni docile, ne change pas ce fait. La République les forme ainsi.

- Les chômeurs sont des salariés temporairement privés d’emploi. Les chômeurs ne sont pas des « assistés » contrairement à ce que d’indécentes campagnes voudraient faire accroire : ce sont des salariés qui ont cotisé, à une assurance et qui, licencié contre leur gré, reçoivent leur dû (et non une aumône). Cette assurance, ils l’ont payée sur leurs salaires. Ce sont des « ayants droits » et non des secourables, dépendants ou paresseux.

- Les retraités dépendent en direct au jour le jour, au mois le mois, d’une part soustraite des salaires de ceux qui sont en activité, après avoir payé les retraites de la génération qui les précédait. Le fondement du bonheur des retraités, c’est qu’ils vivent la nouveauté inouïe d’être payé pour être libres.

 

Le salariat est fort mais il ne le sait pas. Il faut le lui dire. C’est notre rôle.

 

Tous les grands médias patronaux titrent sur « la fin du salariat », mais ces mensonges vont se dissiper.

Et le salariat soumis à cette propagande s’interroge. C’est normal car la conscience de lui-même ne peut lui venir que dans l’action de masse. Le salariat existe « en soi », de par sa place dans le processus de production mais il n’a pas conscience de constituer une seule classe sociale. Il faut, pour cela, qu’il existe « pour soi », selon la formule classique. Il faut qu’une réalité objective devienne perçue subjectivement. Mais encore faut-il partir d’un même constat. Faisons -e et opposons le à Macron et a ses épigones.  Ensuite, c’est toute la question de la traduction de cette force sociale, au plan des luttes sociales, au plan syndical et au plan politique.

 

 

 

 

 

 

 

Intervention au BN du PS mardi 14 novembre 17 : Macron contre le repos quotidien européen de 11 h – Gattaz contre le convention 158 de l’OIT – Macron réprime les salariés de PSA et l’inspection du travail.

Au passage, avant de commencer, quatre ou cinq intervenants ont parlé, à l’instant, en considérant comme acquis que les salariés font plusieurs métiers dans leur vie, que le turn over prédomine, mais c’est faux, c’est le contraire, le CDI atteint entre 85 % et 95 % de contrats et ces CDI et contrats s’allongent, ils ont augmente de 20 % dans les derniers décennies, les gens s’accrochent à leur travail plus longtemps, la moyenne est passée de 9 ans à 11 ans.

J’approuve ce qui a été dit avant moi contre la sélection à l’université, contre le tirage au sort des étudiants, contre l’absence des crédits pour l’enseignement supérieur, sur la nécessité de soutenir les jeunes en cours de mobilisation sur ces questions. C’est bien de dire que le quinquennat s’est trompé sur ce point (aussi). Mais je le dis à François Rebsamen, on ne peut pas dire cela et soutenir le « contre budget » que le PS distribue partout, et où l’objectif de déficits est de 2,7 %. Ca ne tient pas, ce n’est pas honnête, ce n’est pas possible.

Oui, il faut choisir et centrer nos actions et campagne contre Macron pour être plus efficace : je le redis c’est la suppression des emplois aidés qu’il y a le plus d’intérêts dans les villes et villages. Sur 500 000 emplois aidés supprimés à terme, il y en a 120 000 tout de suite, ça fait mal partout, il faudrait faire des  collectifs de soutien, des mobilisations locales, puis rassembler, enfin une vraie campagne quoi, je n’ai pas l’impression qu’on la suive, qu’on agisse vraiment autant que cela mérite et que nous l’avons décidé – quand je l’ai proposé.

Autres campagnes possibles, à hiérarchiser derrière :

-       oui contre les 3 milliards de cadeaux d’ISF, les 1 ?5 donnés aux riches qui n’en ont pas besoin.

-        Oui aussi contre le remboursement de la taxe dividende de 10 milliards aux entreprises, la fausse auto enquête amnistiante de Bercy à ce sujet,

Attaquons Macron pour ce qu’il a osé faire devant la police, la gendarmerie et les préfets réunis à l’Elysée, il a clamé que c’en était fini du repos quotidien de 11 h !

Il n’a a aucun droit ni aucune autorité pour faire ce coup de force inouï. Les ordonnances qui prévoient que par accord d’entreprise ce repos quotidien puisse devenir « sécable », ne sont pas votées. L’Union européenne, par directive, impose un repos de 11 h. S’opposer sur ce point (et pas sur les travailleurs détachés, et d’autres directives condamnables) au repos de 11 h est stupéfiant, scandaleux, indéfendable !

Attaquer le Medef qui veut supprimer la convention n°158 de l’OIT, (signée en 1991 par Martine Aubry et 40 pays, dont l’Allemagne, sur 185 membres de l’OIT, mais pas signée par les US ni la G-B). On peut se réclamer de cette convention (période d’essai à 6 mois qui avait été confirmée contre la France à propos du CNE de Villepin, protection face au licenciement, licenciement écrit, licenciement motivé, recours devant l’employeur, recours devant le juge, réparation intégrale du préjudice subi). Comme de la déclaration européenne des droits humains fondamentaux de 1999. Voilà que Macron est tellement à la pointe de l’Europe libérale, tellement zélé, tellement à droite que l’on peut se réclamer des textes européens et OIT contre la situation vécue de la France, devenue depuis les lois El Khomri et ordonnances Macron, l’un des pires contre les salariés.

Enfin que le PS défende les salariés contre la répression syndicale :

-       ceux de PSA qui vont être jugés jeudi 16 novembre à 11 h au tribunal de Versailles. Ils n’ont rien fait mais sont, comme Jules Durand, accusés par deux cadres, soutenus par la direction de Renault. Ils risquent 6 mois de prison et le licenciement. Que le PS les défende et soit représenté jeudi sur place, je préside le comite de soutien, et toute la gauche y sera.

-       enfin défendre l’inspectrice du travail du 93 qui vient d’être « suspendue » et passe en conseil de discipline pour avoir manifesté contre les ordonnances. Il lui est reproché d’avoir répondu à un interview, alors que la télévision a mentionné qu’elle était inspectrice du travail et il lui est reproché d’avoir mis en cause, sa fonction, sa hiérarchie, et sa ministre, d’avoir manqué au devoir de réserve, et au code de déontologie scélérat mis en place par décret le 12 avril dernier. A ce compte, c’est le silence absolu réclamé contre l’inspection du travail, alors que les propos de l’inspectrice à l’écran relevaient d’une chansonnette « elle court après le patronat, elle coure pour détruire nos droits ». Si on en est là, la répression n’aura plus de limites. Il nous faut la dénoncer et l’arrêter.

 

Intervention au BN du PS du mardi 6 novembre : préparation du congrès du PSE

Puisqu‘on discute d’un projet texte bien banal et bien creux du PSE, qui nous a été communiqué en anglais, je voudrais dire, comme MN. Lienemann et E. Maurel avant moi, que ce n’est pas avec ce genre de document qu’on retrouvera une audience sur les questions de l’Europe.

Il faut d’abord clarifier les questions des rapports de certains partis du PSE avec l’extrême droite c’est à dire les exclure (Autriche)  Et aussi des rapports avec la droite, les dénoncer et les combattre (Allemagne). Et valoriser les orientations qui nous conviennent le mieux, Portugal et Grande-Bretagne, Costa et Corbyn. Tout en recherchant l’unité avec la gauche (GUE et Verts) plutôt qu’avec la droite. Ceci en vue des élections européennes prochaines.

Il faut clarifier sur les questions du libre échange et des traités en série comme le CETA, soulignant que la dérégulation… dérégule l’Europe au détriment de ses peuples.

Ensuite s’il faut choisir des thèmes qui soient directs et populaires, c’est sur les questions sociales, il faut choisir notamment d’amender :

-       sur la question de la durée maxima du travail à 48 h. Elle st toujours, et, depuis la directive 93-104 de Lisbonne, a 48 h. Mais c’était pour 15 pays, la Grande Bretagne ayant demandé une dérogation pour l’opt out (article 18). 14 pays ont donc une durée maxima du travail qui s’impose et s’oppose aux ordonnances Macron et à ses accords d’entreprise. Quid des 13 autres pour l’essentiel arrivés en 2004 lors de l’élargissement. Depuis 2004 la discussion a été ré ouverte, mais sans conclusion. Il faudrait confirmer et conclure : cela a des conséquences sur tout, santé, emploi, rejet du dumping social, etc.

-       l’occasion puisque le texte rejette les « contrats zéro heure » de dénoncer les « contrat commerciaux » qui remplacent les contrats de travail façon Uber. Uber a perdu à Londres, à Madrid, à Francfort, mais ici il a gagné grâce aux lois El Khomri et Macron. On pourrait peut être exiger qu’il soit mis à ces pratiques dans toute l’Europe et mener campagne active à ce sujet.

-       Sur la question des licenciements, on a Dassault, le même qui planque 1 milliard dans les paradis qui veut supprimer 300 emplois. Comment peut on l’en empêcher ?  Comment sinon en défendant et en instaurant un contrôle de la puissance publique sur les licenciements ? Cela aurait pour effet de faire reculer loin à droite les fameuses listes transeuropéennes que Macron annonce pour 2019. au passage, il faut défendre la convention n°158 de l’OIT que Gattaz veut dénoncer (celle qui dit 5 choses que le licenciement, il  doit être écrit, motivé, permettre de se défendre en interne, avoir un recours juridique en en externe et être réparé intégralement si le dol est reconnu – convention signée par la France en 1991, par Martine Aubry, mais pas par les US…)

-       sur la question du travail des enfants, il s’étend depuis que Villepin a permis l’apprentissage à 14 ans, le travail de nuit et du dimanche des 15 ans et que des précautions préventions ont été enlevées, (escabeaux, échelles, machines dangereuses… ) y compris chez nous, hélas, dans le décret du 4 février 2015. Les accidents de travail des jeunes semblent augmenter davantage que els accidents du travail adulte. On devrait exiger l’interdiction de tout travail avant 16 ans sinon 18 ans.

-       Sur la question des travailleurs détachés : cela n’apporte que de la discrimination, et rien de positif, meme pour les 200 000 salariés qui sont détachés et payés… comme chez nous. Cela profite par contre aux patrons français qui gagnent des millions sinon des milliards sur le dos des 450 000 salariés européens venus ici et qu’ils paient moins que les salariés français sur les mêmes postes de travail. C’est une discrimination intolérable, inacceptable et il faut donc inscrire et défendre « a travail égal salaire égal » dans chaque pays. Il faut dénoncer la directive .

-       Enfin pour lutter contre le dumping social, l’essentiel est le Smic. Il existe 22 pays sur 27 avec un smic. L’écart en Europe est de 1 à 9. Mais en parité de pouvoir d’achat il est de 1 à 3, ce qui rend plus crédible l’annonce d’un smic européen. Il existe un smic mondial depuis 1994, pour les marins, signé entre syndicats et les armateurs, il est en parité de pouvoir d’achat et révisé tous les deux ans. 18 pays européens, l’ont signé. Pourquoi ne pas parler d’un smic routier, si on a déjà un smic marin ? D’autant que Macron qui a frimé et s’est agité pour absolument rien sur la question des travailleurs détachés, n’a pas touché à la directive de 1996 sur les routiers. C’es un excellent angle d‘attaque, 48 h et smic routier.

-       Reste la CPO 21, si ce qu’a révélé Médiapart est vrai, cette note du gouvernement français estimant inapplicables les engagements pris sur la cop 21, ce n’est pas la peine d’aller à la COP 23. Donc il y aussi là un champ de bataille.

Je conclus en redisant que Macron, ce n’est pas la « droite banale » c’est Thatcher. Beaucoup mettent du temps à ouvrir les yeux sur l’ampleur de la casse sociale qu’il est en train de faire mais il serait temps qu’ils s’en rendent compte et adoptent le ton de combat qui est nécessaire contre cet ennemi là.

 

 

Macron inaugure le « Louvre des sables » avec les racistes esclavagistes obscurantistes d’Abu Dhabi voila le dossier paru dans Siné hebdo en 2009

 

90 % de travailleurs forcés

 

 

le « Louvre des sables » a été construit par la violence, l’apartheid, l’esclavage,

 


 

Les alliés barbares que Sarkozy a donné à la France

 

Il y a un fossé entre les richesses fabuleuses des EAU, leur prétendue « ouverture aux arts et au monde », et la réalité du système despotique, inhumain qui y règne. Seul le cheikh dispose d’un pouvoir absolu et héréditaire, appuyé sur les tribus, organisation de base de la société. Il n’y a pas de partis politiques, ni de droit de réunion. Il n’y a pas de liberté de la presse, récemment encore le 2 juillet, l’éditeur Sami al-Araimi a été condamné à une lourde amende et son journal suspendu pour 20 jours. Ne parlons pas de la censure sur les œuvres des futurs musées : pas de femmes nues, voilez-les.

Le Premier ministre et les 18 ministres sont nommés et révoqués par l’émir. Le Conseil fédéral national, a été renouvelé en décembre 2006 par un collège de… 6 689 électeurs désignés qui représentent seulement 1 % de la population. Il n’y a pas d’élection du Conseil national consultatif composé de 50 membres « choisis » eux aussi par l’émir.

La Direction de la Sûreté de l’Etat (Amn ad-dawla) au pouvoir dictatorial, nomme et destitue les fonctionnaires, s’immisce dans les affaires de justice, modifie les verdicts, pressionne les juges. La législation est basée sur la Shari’a. L’intolérance religieuse domine la vie quotidienne, avec des interdictions de s’embrasser, danser, de jouer trop fort de la musique en public ou même se tenir la main pour des couples non mariés sans parler des codes vestimentaires ou de la consommation d’alcool. Le droit à la défense est limité. Le 30 juillet dernier, une jeune femme a été condamnée à la prison à vie pour avoir proposé un joint à un policier en civil. Les mises au secret peuvent durer des mois voire des années sans jugement. Les associations de défense des droits de l’homme sont interdites ou persécutées. Les droits des femmes sont quasi inexistants (il y a 71 % d’hommes), le divorce interdit, l’adultère condamné, l’homosexualité persécutée.

 

La torture et traitements inhumains sont légion : le Cheikh Issa ben Zayed al-Nahyan, frère du souverain d’Abou Dhabi,  ami de Sarkozy, peut être vu actuellement dans une vidéo diffusée sur Internet (ABC News)   où il torture longuement un homme en l’asphyxiant avec du sable, le frappant avec une planche cloutée, tentant de le brûler et lui roulant dessus en 4 X4. Le Cheikh Issa filme les souffrances de ses victimes puis les visionne pour son plaisir personnel. En raison du scandale provoqué par cette vidéo, les Etats-Unis, eux, remettent en cause l’accord visant à établir une coopération entre les deux pays dans le domaine de l’énergie nucléaire. Un exemple dont aurait pu s’inspirer la France.

 

Sarkozy est allé pérorer devant l’OIT, le 15 juin, défendant les droits du travail et réclamant des sanctions aux pays qui ne l’appliquent pas, mais  il n’en avait rien dit, le 25 mai, à son ami l’émir qui construit le Louvre et la base militaire française en interdisant tout droit de grève, tout droit syndical, tout droit du travail.

Moins de 20 % des habitants sont des natifs qui ont les droits juridiques d’entreprendre, mais près de 90 % de ceux qui produisent dans les chantiers BTP, le pétrole, le gaz, n’ont aucun droit. 51% de toute propriété doit appartenir à un citoyen émirati. Le racisme est courant avec une telle forme d’apartheid social, ethnique. Les Indiens constituent la plus importante  communauté (avec 1,2 million de personnes) suivie des Pakistanais et des Bangladeshis. Leurs passeports sont confisqués dés leur arrivée sur le territoire, ils doivent payer des sommes énormes aux agences de recrutement et pour leur entrée (alors que cela doit incomber aux employeurs). Ils n’ont pas le salaire promis et ce qu’ils touchent est irrégulier. De mai à octobre, il règne de 38° à 48 °et ils travaillent toute l’année dans des conditions inhumaines beaucoup plus de 48 h par semaine. Il en est de même pour les nombreuses travailleuses domestiques esclaves, frappées et abusées physiquement, confinées, avec des durées du travail excessives. Les promesses de l’émir de respecter certaines règles de l’OIT et de prendre des précautions avec les travailleurs qui construiront « l’île du bonheur » et le Louvre n’ont aucun fondement juridique.

Human Rights Watch appelle les gouvernements intervenant dans les EAU à exiger des droits élémentaires :

1) Aller vers l’élimination des discriminations raciales et la liberté religieuse

2) Accepter la création d’associations, de syndicats et de partis politiques

3) Abolir la peine de mort et la torture.

4) Signer les conventions pour les droits des femmes

5) Tolérer l’homosexualité.

6) Autoriser le droit de grève et d’action collective des salariés.

7) Étendre les règles du travail aux domestiques étrangers

8) Accepter une législation sur le mariage et le divorce

Tandis que Sarkozy envoie des jeunes hommes se faire tuer en Afghanistan pour combattre les Talibans, « barbares et moyenâgeux » mais pauvres, il a engagé la France, son image, sa culture, son armée, avec les EAU « barbares et moyenâgeux » aussi mais très riches. C’est tout à l’image de sa politique.

Ainsi le marché du luxe français est largement positif aux EAU, même si l’organisateur d’un salon récent, Denis Muller affirmait « certains de nos clients  d’Abou Dhabi possèdent déjà 150 ou 200 montres, il faut les surprendre ». C’est ce qui doit fasciner Sarkozy – Rolex : sa morale, sa culture, son clinquant s’arrangent de ces détails de l’histoire. Il espère seulement que le contrôle  qu’il exerce sur les médias empêchera que tout cela se sache en France.

À nous de faire savoir ce que cache le « Louvre » des richissimes émirs des sables.

 

Gérard Filoche


 

 

- Capitale : Abou Dhabi ville

- Gouvernement : Emir Khalifa bin Zayid Al Nahyan II

- Population (en 2007) : 1 465 431 habitants

- Densité : 21 habitants/ km²

- Superficie : 67 340 km²

- Langue officielle : Arabe

- Langue des affaires : Anglais

- Religions : Abou Dhabi est géré par la loi islamique, mais il autorise la pratique d’autres religions.

- PIB (en 2006) : 56,15% du PIB fédéral

- Taux de chômage : Environ 5 %

Abu Dhabi.

Émirat d’Abu Dhabi

Fondation : 1971.

Statut : Abu Dhabi forme la fédération indépendante des Émirats arabes unis avec six autres émirats (Dubaï, Chardja, Fudjayra, Adjman, Umm al-Quaywayn et Ras al-Khayma).

Régime politique : monarchie.

Chef de l’État : Khalifa ibn Zayid al-Nahyan (depuis 2004).

Spécificités : le plus vaste et le plus peuplé des Émirats arabes unis.

Membre depuis 1967 des pays de l’O.P.E.P (Organisation des pays exportateurs de pétrole).

Situation géographique : l’émirat possède des frontières avec l’Arabie saoudite au sud et à l’ouest, avec Oman à l’est et avec les émirats de Dubaï et de Chardja au nord.

Superficie : 74 000 km2 .

Population : 1 292 119 habitants (recensement de 2005).

Communauté française des ÉAU : 8 635 Français immatriculés en décembre 2007 (soit cinq fois plus qu’en 1990) pour une communauté français totale estimée à 12 300 personnes, en très forte progression, concentrée pour les deux tiers à Dubaï et pour un quart plurinationale

Langue officielle : arabe.

Monnaie : dirham des Émirats arabes unis (AED).

PIB des ÉAU (2007): 139,6 milliards € (soit 190,125 milliards $)

Abu Dhabi : 56,15 % du PIB fédéral ; Dubaï : 30,84 % ; autres émirats : 13,01%

Production de pétrole brut des ÉAU  (2007) : environ 2,510 millions de barils/jour. Production assurée à hauteur de 87% par l’émirat d’Abu Dhabi et représente 8% de la production de l’O.P.E.P.

Réserves de pétrole des ÉAU : estimées à 97,8 milliards de barils.

Ville d’Abu Dhabi. Capitale de l’émirat homonyme et de la fédération des Émirats arabes unis.

Situation géographique : île du golfe Persique très proche du continent.

Fondation : créée en 1791 par la tribu bédouine des Bani Yas avec à leur tête Shakhbut bin Dhiyab.

Population : 597 000 habitants (recensement de 2005) ; dont 80 % d’expatriés venus de l’Extrême-Orient, de l’Inde, de l’Europe et des États-Unis.

Éducation supérieure :

Université Paris-Sorbonne Abu Dhabi. Créée le 19-02-2006 dans le cadre d’un accord de coopération internationale entre l’Université française Paris-Sorbonne (Paris IV) et le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche des Émirats arabes unis.

 

 

À propos d´Abu Dhabi

S´étendant sur 87 340 kilomètres carrés, Abu Dhabi est le plus grand des émirats qui constituent les EAU et occupe plus de 85 % de la surface totale du pays. Les EAU est l´un des six membres du Conseil de coopération du Golfe Persique.

La ville d´Abu Dhabi, construite sur la plus grande des 200 îles naturelles situées au large de l´émirat, est la capitale de l´émirat et des EAU, ainsi que le siège fédéral du gouvernement et de la plupart des ministères et institutions officielles, ambassades, radios publiques et compagnies pétrolières.

La population d´Abu Dhabi s´élève actuellement à environ 1,6 millions d´habitants et devrait augmenter de 6,8 % par an au cours de la prochaine décennie, pour atteindre les 3,4 millions prévus en 2015.

Abu Dhabi possède à peu près 9,2 % des réserves mondiales de pétrole et 4 % des réserves naturelles de gaz. Le revenu par habitant est de US$ 46 185, soit le plus élevé au monde. Conscients du défi posé par la forte dépendance du pays vis-à-vis de ses ressources de carbone, les décideurs émiriens cherchent activement à diversifier l´économie nationale.

Présentation générale

Evoluant dans l’ombre de son homologue « l’émirat de Dubaï », Abou Dhabi se veut, malgré sa discrétion, très prolifique. Fondé en 1791, cet émirat a toujours été dirigé par la famille Nahyan. Situé dans le Sud-Ouest des E.A.U, dont il représente environ 80 % du territoire, il profite d’une immensité désertique appelée communément Rub al Khali.

Réputé pour son raffinement culturel, Abou Dhabi est sûrement l’émirat le plus en phase avec l’expansion de l’art dans les pays occidentaux. En décidant de créer un musée universel du Louvre à Abou Dhabi, le gouvernement a souhaité affirmer sa place de leader culturel au sein des E.A.U. Prévue pour 2012, l’ouverture de ce musée sera un véritable événement diplomatique qui accentuera les relations, déjà amicales, avec la France.

Rappelons également l’ouverture récente de l’université Paris-Sorbonne Abu Dhabi. Cette institution dédiée à l’enseignement supérieur en langue française, attire les meilleurs étudiants des E.A.U mais aussi du Moyen Orient et au-delà.

Les secteurs qui recrutent

L’émirat d’Abou Dhabi est reconnu dans le monde entier pour ses ressources en pétrole et en gaz. Celles-ci constituent 31 % de l’enrichissement du PIB entre 2005 et 2006. Ainsi, les emplois à Abou Dhabi s’organisent autour de trois pôles industriels que sont le pétrole, le gaz et le BTP. C’est d’ailleurs dans ces trois secteurs que se concentrent la majorité des entreprises françaises. Abou Dhabi dispose également d’un important réseau de dessalement, qui constitue un nouveau terrain d’embauche.

Comment accéder à l’emploi

Pour trouver un emploi, vous pouvez dans un premier temps, vous aider du Comité Consulaire Pour l’Emploi et la Formation Professionnelle d’Abou Dhabi, qui a été mis en place par le Ministère des Affaires Etrangères au sein des ambassades françaises à travers le monde. Il conseille et oriente les expatriés français dans leur recherche d’emploi dans les différents pays étrangers. Il est également là, pour recueillir les offres d’emploi auprès des sociétés implantées dans le pays d’accueil, et mettre en relation les entreprises avec les demandeurs d’emploi.

La deuxième solution étant de prendre contact directement avec les filiales des sociétés françaises implantées sur place. D’ailleurs, un guide intitulé « Les implantations françaises dans les pays du Golfe est disponible auprès de la société UBIFRANCE ou auprès des Missions Economiques.

Ce document répertorie les coordonnées complètes d’un grand nombre d’implantations françaises et dresse un bilan de la situation économique de ces sociétés dans chacun des pays suivants : Emirats Arabes Unis, Arabie Saoudite, Barhein, Iran, Koweït, Oman, Pakistan, Qatar, Yémen.

Enfin, si vous êtes intéressé par le secteur public à l’étranger, vous devez joindre le ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie. Adressez-vous plus précisément à la Direction Générale du Trésor et de la Politique Economique au Bureau des ressources humaines et des réseaux.

Investissements

En matière d’investissement, l’émirat d’Abou Dhabi continue de lancer des projets ambitieux qui comportent tout de même certains risques financiers. En effet, Abou Dhabi semble vouloir diversifier son économie en développant ses capacités aéroportuaires et industrielles.

Malheureusement, Abou Dhabi subit, depuis peu, une forte inflation des prix, qui est passée de 3% en 2000 à 9,3% en 2006. Cette situation s’est aujourd’hui généralisée à l’immobilier.

Vie quotidienne

Santé

À Abou Dhabi, l’hôpital franco-émirien est très réputé pour les soins qu’il prodigue et la qualité de son personnel. Disposant des dernières technologies de pointe en matière de médecine, cet hôpital accueille régulièrement des médecins français.

Sachez également qu’avec la Caisse des Français de l’Etranger, une convention a été conclue l’hôpital franco-émirien, permettant la délivrance d’une prise en charge, sans avance de frais, en cas de séjours hospitaliers, exactement comme en France.

Logement

L’immobilier subit une inflation fulgurante des prix depuis quelques années. Sans doute parce que l’émirat se développe économiquement, et qu’il attire de plus en plus d’occidentaux. Cependant, malgré des logements élevés, Abou Dhabi offre un cadre de vie intéressant, et propose aux expatriés des locations de résidence, où ils sont en compagnie de leurs homologues français ou occidentaux. De plus, la société française qui vous emploie paye généralement une partie voire la totalité du loyer.

Enfin, sachez que le marché locatif est en plein essor ces dernières années et qu’il existe deux façons d’obtenir un logement. La première est de s’adresser au Khalifa Commitee, qui est un organisme gouvernemental, la seconde est de passer par les agences immobilières, qui elles prennent des commissions de 4 à 10 % sur le montant du loyer annuel. Il faut savoir qu’en tant que français, vous n’aurez pas le droit d’acquérir un bien immobilier à Abou Dhabi, cependant, vous pourrez le faire à Dubaï.

Scolarité

Il existe deux Lycées français à Abou Dhabi :

Lycée Théodore Monod

Tel : 00-971-2-6679009br> Email : ltm_dir@eim.ae

Lycée Louis Massignon

Tel : 00 971 2 444 80 75 / 00 971 2 444 80 85

Email : llmpro@llm.ae

Site Internet : www.llm.ae

Ces deux établissements proposent un enseignement secondaire équivalent aux lycées du territoire français, de plus, ils offrent un apprentissage complet de la maternelle au baccalauréat.

Leila Zellouma

 

 

 

Emirats Arabes Unis : Les travailleurs qui construisent « l’Ile du bonheur » sont régulièrement exploités   PDF   Imprimer         Envoyer

Mercredi, 20 Mai 2009 09:36

Human Rights Watch

« Ces institutions internationales doivent montrer qu’elles ne tolèreront  ni ne tireront parti de la brutale exploitation de ces travailleurs migrants…Les assurances vagues qu’elles ont reçues de leurs partenaires en développement ne sont que des produits de substitution creux pour des accords contractuels solides que leurs projets ne ressembleront pas aux affaires courantes à Abou Dhabi. »

Sarah Leah Whitson, directrice pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord

Le Louvre, le Guggenheim, New York University ainsi que d’autres institutions devraient protéger les travailleurs contre divers abus

Le rapport de 80 pages, « ‘The Island of Happiness’: Exploitation of Migrant Workers on Saadiyat Island, Abu Dhabi », (« ‘L’Ile du bonheur’ : Exploitation des travailleurs migrants sur l’île de Saadiyat, Abou Dhabi ») a constaté que si le gouvernement des EAU s’est attaché à améliorer les conditions de logement et à garantir le paiement régulier des salaires ces dernières années, nombre d’atteintes aux droits du travail demeurent courantes. Les institutions internationales qui prévoient d’ouvrir des succursales sur l’île – notamment le Guggenheim, New York University (NYU), et l’Agence France-Muséums (chargée du Louvre Abou Dhabi) – devraient de toute urgence obtenir des garanties contractuelles exécutoires que les entreprises du bâtiment protègeront les droits fondamentaux des travailleurs dans leurs projets, a indiqué Human Rights Watch.

« Ces institutions internationales doivent montrer qu’elles ne tolèreront  ni ne tireront parti de la brutale exploitation de ces travailleurs migrants », a insisté Sarah Leah Whitson, directrice pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Les assurances vagues qu’elles ont reçues de leurs partenaires en développement ne sont que des produits de substitution creux pour des accords contractuels solides que leurs projets ne ressembleront pas aux affaires courantes à Abou Dhabi. »

Abou Dhabi, capitale des EAU, espère faire de Saadiyat Island (« l’Ile du bonheur ») une destination touristique internationale. L’île, peu élevée au-dessus du niveau de la mer, comptera quatre musées et une salle de spectacles conçus par des cabinets d’architecture de renommée mondiale – notamment les Ateliers Jean Nouvel, Foster and Partners, et Gehry Partners – ainsi qu’un campus de New York University, des terrains de golf, des hôtels, et de coûteuses résidences.

Des travailleurs venus d’Inde, du Pakistan, du Bangladesh, et d’autres pays sud-asiatiques sont employés aux travaux des infrastructures de l’île depuis qu’en 2005 Abou Dhabi a fondé la Société d’investissement et de développement touristique (« Tourism Development and Investment Company », TDIC) pour superviser le projet. Le musée devrait ouvrir en 2013.

 

S’appuyant sur des entretiens menés auprès de travailleurs migrants, et sur des rencontres avec des représentants des gouvernements français et des EAU, ainsi qu’avec des membres d’entreprises et d’institutions internationales ayant des projets sur l’île, le rapport de Human Rights Watch documente un cycle d’abus qui laisse les travailleurs migrants lourdement endettés, mal payés et dans l’impossibilité de défendre leurs droits ou même d’abandonner leurs emplois.

 

Le gouvernement des EAU et les autorités chargées du développement de l’île de Saadiyat ne se sont pas attaqués aux causes profondes des abus commis contre les travailleurs : des frais de recrutement illégaux, de fausses promesses de salaires, et un système de parrainage qui donne pratiquement à l’employeur les pleins pouvoirs sur ses travailleurs.

 

Afin d’obtenir les visas nécessaires pour travailler dans les EAU, presque tous les travailleurs que Human Rights Watch a interrogés sur l’île de Saadiyat ont payé des frais importants à des « agences de recrutement » dans leurs pays d’origine, qui sont engagées pour fournir des travailleurs aux entreprises du bâtiment dans les EAU. Du fait que ces agences leur ont promis de bonnes conditions d’emploi aux EAU, de nombreux travailleurs ont vendu leur maison ou leur terre, ou bien emprunté de l’argent à des taux élevés d’intérêt pour payer les frais d’agence. A leur arrivée aux EAU, les travailleurs endettés -dont beaucoup sont illettrés- doivent signer des contrats avec les entreprises du bâtiment avec des conditions bien pires que celles qu’on leur avait promises chez eux. Les travailleurs n’ont pratiquement aucun recours contre les agences qui les ont trompés avec de fausses promesses de bons salaires et des frais de recrutement abusifs.

 

Les lois des EAU interdisent aux agences de faire payer aux travailleurs de tels frais. Les agences sont censées les faire payer aux entreprises, mais la loi n’est pas appliquée. De plus, il n’y a pas de pénalités si les entreprises, recherchant leur propre intérêt financier, travaillent en toute connaissance de cause avec des agences qui font payer les frais aux travailleurs.

Les travailleurs se retrouvent devant le choix d’abandonner leur emploi alors qu’ils doivent encore des milliers de dollars pour les frais de recrutement illégaux, ou de continuer à travailler dans des conditions qui relèvent de l’exploitation. Ils se sont plaints pratiquement tous de bas salaires et de soins médicaux médiocres. Les travailleurs ne peuvent pas non plus réclamer effectivement de meilleurs salaires ou de meilleures conditions de vie, puisque les lois des EAU ne protègent pas les droits fondamentaux de former des syndicats, de négocier collectivement ou de faire grève. Au contraire, le système de « parrainage » des EAU donne aux employeurs un contrôle quasi absolu sur le travail légal et la présence dans le pays des travailleurs, les visas étant liés aux employeurs individuels. Tous les travailleurs ont raconté que lorsqu’ils ont arrivés aux EAU, leurs employeurs leur avaient confisqué leur passeport. Les employeurs peuvent aller jusqu’à révoquer le visa d’un travailleur qui démissionne, ce qui entraîne son expulsion.

Certains travailleurs ont fait état de conditions qui équivalent à du travail forcé : leur employeur a menacé de leur imposer une lourde amende s’ils essayaient de démissionner avant d’avoir travaillé pendant deux ans, ce qui les a de fait obliger à rester sur « l’Ile du bonheur ». Les travailleurs sur l’île sont en général ignorants de leurs droits et ils ont peur d’exprimer des revendications, et il n’existe pas de contrôle indépendant et efficace.

« Les musées et New York University devraient insister pour que leurs partenaires locaux de développement garantissent les droits fondamentaux des travailleurs, qui devraient inclure au minimum le remboursement des frais de recrutement illégaux, des contrats officiels dans leur langue maternelle signés avant leur arrivée aux EAU, et le droit de grève et de négocier collectivement », a observé Sarah Leah Whitson. « Et ils devraient insister pour qu’il y ait un contrôle indépendant de leurs projets par une tierce partie, et imposer des pénalités significatives en cas de violations. »

Les recherches menées sur l’île de Saadiyat ont montré que les autorités avaient adopté certaines mesures positives. Bien que les installations destinées aux travailleurs fussent encore en construction quand Human Rights Watch a visité l’île, elles semblaient être relativement hygiéniques et non surpeuplées. La TDIC, la société appartenant au gouvernement et qui supervise l’aménagement de l’île, a cherché à obtenir des garanties contractuelles de la part des entreprises du bâtiment qu’elles ne confisqueront pas les passeports des travailleurs, ni n’auront recours au travail forcé, ni ne commettront d’autres abus.

Human Rights Watch a contacté les entreprises du bâtiment, les cabinets d’architecture, et les institutions internationales travaillant sur l’île pour les alerter sur la nécessité de prendre des mesures pour garantir que les travailleurs de leurs projets ne sont pas victimes d’abus. Beaucoup n’ont pas répondu à nos lettres. Quant au Guggenheim, à New York University et à l’Agence France-Muséums (chargée du projet du musée Louvre Abou Dhabi), seule l’Agence a pris certaines mesures pour obtenir des garanties contractuelles significatives de la part de la TDIC pour autoriser un contrôle indépendant des droits des travailleurs, mais même le contrat de l’Agence ne comporte pas de garanties ni de clauses lui permettant de faire appliquer les droits des travailleurs.

« Ces institutions internationales doivent montrer qu’elles ne tolèreront  ni ne tireront parti de la brutale exploitation de ces travailleurs migrants…Les assurances vagues qu’elles ont reçues de leurs partenaires en développement ne sont que des produits de substitution creux pour des accords contractuels solides que leurs projets ne ressembleront pas aux affaires courantes à Abou Dhabi. »

Sarah Leah Whitson, directrice pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord France: Le Louvre d’Abou Dhabi doit respecter les droits des travailleurs

Juillet 18, 2007

Le gouvernement français doit s’assurer que la réputation du plus grand musée de France ne soit pas ternie par des violations des droits du travail dans la première succursale du Louvre à l’étranger. Le Ministère français de la Culture doit s’engager publiquement et prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher l’exploitation des travailleurs immigrés au Louvre d’Abou Dhabi.

Sarah Leah Whitson, directrice pour le Moyen-Orient à Human Rights Watch

Le gouvernement français devrait s’engager publiquement à faire respecter les droits des travailleurs puis à garantir activement ce respect lors de la construction et de l’entretien de la succursale du Louvre prévue à Abou Dhabi, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.

En février 2007, Human Rights Watch a envoyé des courriers privés à l’attention du gouvernement français et du Musée du Louvre pour faire part de ses inquiétudes quant à l’exploitation des travailleurs immigrés aux Émirats Arabes Unis (EAU), en soulignant les obligations légales en matière de respect des droits des travailleurs dans le pays. Ces courriers n’ont à ce jour reçu aucune réponse.

D’après certaines informations, Abou Dhabi devrait payer près de 1,3 milliard de dollars à la France pour utiliser le nom du Louvre, ses œuvres d’art et son expertise. L’ouverture du Louvre d’Abou Dhabi est prévue pour 2012. Ce sera la première succursale du Louvre située en dehors de la France, et elle fera partie d’un domaine culturel qui se composera de trois autres musées, dont une succursale du Guggenheim.

« Le gouvernement français doit s’assurer que la réputation du plus grand musée de France ne soit pas ternie par des violations des droits du travail dans la première succursale du Louvre à l’étranger », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice pour le Moyen-Orient à Human Rights Watch. « Le Ministère français de la Culture doit s’engager publiquement et prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher l’exploitation des travailleurs immigrés au Louvre d’Abou Dhabi. »

Dans un rapport paru en novembre 2006, Human Rights Watch faisait état d’abus accablants à l’encontre d’ouvriers du bâtiment immigrés aux Émirats Arabes Unis.

Ils endurent des conditions de travail dangereuses et des années d’endettement auprès des agences de recrutement pour des frais qui d’après le législation des EAU devraient être payés par les employeurs. Les employeurs retiennent régulièrement leurs salaires et confisquent leurs passeports. Human Rights Watch a constaté que les agences gouvernementales des EAU ne tiennent pas les employeurs pour responsables de ces violations fréquentes de la loi, contribuant ainsi au climat d’impunité qui fait perdurer ces abus. A cela s’ajoute le fait que les EAU ne protègent pas les travailleurs en ce qui concerne leurs droits à s’organiser, à négocier collectivement et à faire grève.

En février, Human Rights Watch a fait part de ses inquiétudes dans des courriers privés adressés au président directeur général du Louvre, Henri Loyrette, et à l’ancien ministre de la culture, Renaud Donnedieu de Vabres. A ce jour, Human Rights Watch n’a reçu aucune réponse.

Plus spécifiquement, Human Rights Watch encourage vivement le Louvre à exiger de ses partenaires des EAU qu’ils ne retiennent pas les salaires de travailleurs, qu’ils ne confisquent pas les passeports, qu’ils collectent des informations et émettent des rapports publics sur toute blessure ou mort liée au travail, et qu’ils interdisent aux employeurs de prélever illégalement des frais d’embauche, de voyage et de visa auprès des travailleurs. Le Louvre devrait mettre sur pied un comité de surveillance indépendant et transparent chargé de contrôler les pratiques de travail au Louvre d’Abou Dhabi. De plus, le gouvernement français devrait s’assurer que le Louvre et ses partenaires des EAU adoptent ces mesures importantes en matière de droit du travail. La France devrait également exhorter les autorités des EAU, par ailleurs membres de l’Organisation internationale du travail, à garantir aux travailleurs le droit de négocier collectivement, de former des syndicats et de faire grève.

« Le gouvernement français doit montrer l’exemple à d’autres institutions culturelles ayant des projets aux EAU, et ce, en faisant respecter les droits des travailleurs », a ajouté WhitsonL’ONG de défense des droits de l’homme accuse l’émirat d’exploiter les travailleurs étrangers à l’oeuvre sur le chantier du Louvre d’Abou Dhabi. Les autorités s’en défendent.

Human Rights Watch a accusé mardi les autorités émiraties de ne pas empêcher les mauvais traitements des travailleurs étrangers, dans un rapport sur une île au large d’Abou Dhabi devant accueillir une antenne du musée du Louvre. Les autorités l’ont rejeté comme « trompeur ».

Dans un rapport sur les conditions de travail sur l’île Saadiyat (Bonheur, en arabe) au large d’Abou Dhabi, où sont prévues aussi des antennes du musée Guggenheim et de la New York University, HRW déplore la persistance des mauvais traitements à l’encontre des ouvriers dans ce riche pays pétrolier du Golfe.

« Bien que le gouvernement émirati ait entrepris d’améliorer les conditions de logement et d’assurer le versement à temps des salaires, les mauvais traitements infligés aux travailleurs restent fréquents », écrit l’organisation de défense des droits de l’Homme dans un communiqué à l’occasion de la publication de son rapport à Abou Dhabi.

Elle estime nécessaire que les institutions internationales concernées par les projets à Saadiyat obtiennent « instamment des garanties formelles engageant les entreprises du bâtiment à protéger les droits fondamentaux des travailleurs » sur l’île.

Intitulé « L’île du Bonheur: l’exploitation des travailleurs migrants », le rapport évoque « des frais illégaux d’embauche, des promesses de salaire non tenues et un système de parrainage qui donne à l’employeur quasiment pleins pouvoirs sur ses employés », dont la confiscation de leurs passeports.

Travail forcé?

La Compagnie d’Abou Dhabi pour la promotion du tourisme et des investissements (TDIC), un établissement public en charge du développement de Saadiyat, a rejeté le rapport de HRW.

« Le rapport a, non seulement, négligé les mesures et les actions entreprises pour améliorer les conditions de travail (…), mais il contient aussi des affirmations trompeuses et des hypothèses erronées », affirme-t-elle dans un communiqué publié mardi.

Elle rejette les griefs formulées par HRW, y compris la confiscation des passeports des ouvriers, une mesure « non autorisée » par la loi émiratie selon le communiqué.

Sarah Leah Whitson, directrice de HRW pour le Moyen-Orient et l’Afrique du nord, appelle les institutions internationales à « montrer qu’elles ne tolèrent pas ou ne profitent pas de l’exploitation grossière des travailleurs migrants ».

La TDIC a estimé que les accusations étaient infondées du moment qu’aucun des projets prévus à Saadiyat n’avait encore démarré.

« Aucun contrat de construction n’a été encore attribué », a déclaré le porte-parole de TDIC, Bassem Terkawi, à des journalistes lors d’une visite guidée dimanche sur l’île et à un foyer en construction devant accueillir 20 000 ouvriers dans les 12 prochains mois.

Abou Dhabi rappelle qu’il a signé six des huit conventions de l’OIT

Mais quelque 2 000 travailleurs étaient présents sur l’île pour des travaux d’infrastructure.

Certains de ces travailleurs sont « en réalité confinés » sur l’île depuis deux ans et leur situation s’assimile à « du travail forcé », indique HRW en citant leurs témoignages.

« Le gouvernement émirati a adopté une formule claire pour assurer et consolider la protection des droits des travailleurs étrangers », a déclaré un haut responsable du ministère du Travail, Humaid Ben Demas.

D’ailleurs, il a ratifié six des huit conventions prévues par la Déclaration de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur les principes et droits fondamentaux au travail, a ajouté M. Demas, cité par l’agence officielle Wam.

Les Emirats ont été souvent critiqués pour les conditions de travail et de séjour des travailleurs étrangers au moment où le pays, qui était en plein boom immobilier, avait attiré ces dernières années des centaines de milliers d’ouvriers bon marché, notamment d’Asie.

Immigrés au Louvre Abou Dhabi Exclusivité web

[ 30 juillet 2009 ]

 

Dans un rapport rendu le 19 mai dernier, l’association de défense des droits de l’homme, Human Right Watch (HRW), dénonce des conditions de travail scandaleuses sur l’île de Saadyiat, qui doit accueillir, entre autres institutions culturelles et éducatives, le Louvre Abou Dhabi dès 2013. A 500 mètres des côtes d’Abou Dhabi, les entrepreneurs de « l’île du Bonheur » ne dérogent pas à la fâcheuse habitude locale d’exploiter les travailleurs immigrés. Venus d’Inde, du Pakistan, du Bangladesh, du Sri Lanka, du Népal ou de Thaïlande, ces ouvriers du bâtiment ont souvent dû s’endetter pour venir aux Emirats et trouver un travail. Une fois embauchés, leur passeport est confisqué et leur salaire, bien inférieur à celui qu’on leur faisait miroiter, ne leur est pas versé régulièrement. Les 27 milliards de dollars que l’Emirat alloue au projet, les ouvriers du bâtiment n’en voient pas la couleur. Si Abou Dhabi a fait quelques efforts pour que la société en charge des travaux sur l’île, la Tourism Development & Invesment Company (TDIC), construise des hébergements décents, on reste bien loin du compte et les conditions des ouvriers sont, selon le rapport de HRW, proches du travail forcé. L’association a contacté l’agence France-Muséums (créée spécialement pour gérer le partenariat avec Abou Dhabi) ainsi que le musée Guggenheim et la New York University et compte sur ces institutions pour faire pression sur la TDIC, afin qu’elle rétablisse des conditions de travail décentes sur l’île. Seule l’agence française a demandé la mise en place d’un contrôle indépendant sur le chantier du Louvre, mais aucune mesure de sanction ou de recours ne sera mise en place. Les institutions de renommée internationale s’avouent impuissantes face à la force de pression financière que représente le projet, d’autant plus en cette période de crise. Elles se rendent ainsi complices de l’exploitation des travailleurs migrants.

Lucille Igersheim

Infos pratiques :

Tous les rapports de l’association Human Right Watch sont sur www.hrw.org

Emirats Arabes Unis : Les travailleurs qui construisent « l’Ile du bonheur » sont régulièrement exploités   PDF   Imprimer         Envoyer

Mercredi, 20 Mai 2009 09:36

Human Rights Watch

« Ces institutions internationales doivent montrer qu’elles ne tolèreront  ni ne tireront parti de la brutale exploitation de ces travailleurs migrants…Les assurances vagues qu’elles ont reçues de leurs partenaires en développement ne sont que des produits de substitution creux pour des accords contractuels solides que leurs projets ne ressembleront pas aux affaires courantes à Abou Dhabi. »

Sarah Leah Whitson, directrice pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord

Le Louvre, le Guggenheim, New York University ainsi que d’autres institutions devraient protéger les travailleurs contre divers abus

 

Le rapport de 80 pages, « ‘The Island of Happiness’: Exploitation of Migrant Workers on Saadiyat Island, Abu Dhabi », (« ‘L’Ile du bonheur’ : Exploitation des travailleurs migrants sur l’île de Saadiyat, Abou Dhabi ») a constaté que si le gouvernement des EAU s’est attaché à améliorer les conditions de logement et à garantir le paiement régulier des salaires ces dernières années, nombre d’atteintes aux droits du travail demeurent courantes. Les institutions internationales qui prévoient d’ouvrir des succursales sur l’île – notamment le Guggenheim, New York University (NYU), et l’Agence France-Muséums (chargée du Louvre Abou Dhabi) – devraient de toute urgence obtenir des garanties contractuelles exécutoires que les entreprises du bâtiment protègeront les droits fondamentaux des travailleurs dans leurs projets, a indiqué Human Rights Watch.

« Ces institutions internationales doivent montrer qu’elles ne tolèreront  ni ne tireront parti de la brutale exploitation de ces travailleurs migrants », a insisté Sarah Leah Whitson, directrice pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Les assurances vagues qu’elles ont reçues de leurs partenaires en développement ne sont que des produits de substitution creux pour des accords contractuels solides que leurs projets ne ressembleront pas aux affaires courantes à Abou Dhabi. »

Abou Dhabi, capitale des EAU, espère faire de Saadiyat Island (« l’Ile du bonheur ») une destination touristique internationale. L’île, peu élevée au-dessus du niveau de la mer, comptera quatre musées et une salle de spectacles conçus par des cabinets d’architecture de renommée mondiale – notamment les Ateliers Jean Nouvel, Foster and Partners, et Gehry Partners – ainsi qu’un campus de New York University, des terrains de golf, des hôtels, et de coûteuses résidences.

Des travailleurs venus d’Inde, du Pakistan, du Bangladesh, et d’autres pays sud-asiatiques sont employés aux travaux des infrastructures de l’île depuis qu’en 2005 Abou Dhabi a fondé la Société d’investissement et de développement touristique (« Tourism Development and Investment Company », TDIC) pour superviser le projet. Le musée devrait ouvrir en 2013.

S’appuyant sur des entretiens menés auprès de travailleurs migrants, et sur des rencontres avec des représentants des gouvernements français et des EAU, ainsi qu’avec des membres d’entreprises et d’institutions internationales ayant des projets sur l’île, le rapport de Human Rights Watch documente un cycle d’abus qui laisse les travailleurs migrants lourdement endettés, mal payés et dans l’impossibilité de défendre leurs droits ou même d’abandonner leurs emplois.

Le gouvernement des EAU et les autorités chargées du développement de l’île de Saadiyat ne se sont pas attaqués aux causes profondes des abus commis contre les travailleurs : des frais de recrutement illégaux, de fausses promesses de salaires, et un système de parrainage qui donne pratiquement à l’employeur les pleins pouvoirs sur ses travailleurs.

Afin d’obtenir les visas nécessaires pour travailler dans les EAU, presque tous les travailleurs que Human Rights Watch a interrogés sur l’île de Saadiyat ont payé des frais importants à des « agences de recrutement » dans leurs pays d’origine, qui sont engagées pour fournir des travailleurs aux entreprises du bâtiment dans les EAU. Du fait que ces agences leur ont promis de bonnes conditions d’emploi aux EAU, de nombreux travailleurs ont vendu leur maison ou leur terre, ou bien emprunté de l’argent à des taux élevés d’intérêt pour payer les frais d’agence. A leur arrivée aux EAU, les travailleurs endettés -dont beaucoup sont illettrés- doivent signer des contrats avec les entreprises du bâtiment avec des conditions bien pires que celles qu’on leur avait promises chez eux. Les travailleurs n’ont pratiquement aucun recours contre les agences qui les ont trompés avec de fausses promesses de bons salaires et des frais de recrutement abusifs.

Les lois des EAU interdisent aux agences de faire payer aux travailleurs de tels frais. Les agences sont censées les faire payer aux entreprises, mais la loi n’est pas appliquée. De plus, il n’y a pas de pénalités si les entreprises, recherchant leur propre intérêt financier, travaillent en toute connaissance de cause avec des agences qui font payer les frais aux travailleurs.

Les travailleurs se retrouvent devant le choix d’abandonner leur emploi alors qu’ils doivent encore des milliers de dollars pour les frais de recrutement illégaux, ou de continuer à travailler dans des conditions qui relèvent de l’exploitation. Ils se sont plaints pratiquement tous de bas salaires et de soins médicaux médiocres. Les travailleurs ne peuvent pas non plus réclamer effectivement de meilleurs salaires ou de meilleures conditions de vie, puisque les lois des EAU ne protègent pas les droits fondamentaux de former des syndicats, de négocier collectivement ou de faire grève. Au contraire, le système de « parrainage » des EAU donne aux employeurs un contrôle quasi absolu sur le travail légal et la présence dans le pays des travailleurs, les visas étant liés aux employeurs individuels. Tous les travailleurs ont raconté que lorsqu’ils ont arrivés aux EAU, leurs employeurs leur avaient confisqué leur passeport. Les employeurs peuvent aller jusqu’à révoquer le visa d’un travailleur qui démissionne, ce qui entraîne son expulsion.

Certains travailleurs ont fait état de conditions qui équivalent à du travail forcé : leur employeur a menacé de leur imposer une lourde amende s’ils essayaient de démissionner avant d’avoir travaillé pendant deux ans, ce qui les a de fait obliger à rester sur « l’Ile du bonheur ». Les travailleurs sur l’île sont en général ignorants de leurs droits et ils ont peur d’exprimer des revendications, et il n’existe pas de contrôle indépendant et efficace.

« Les musées et New York University devraient insister pour que leurs partenaires locaux de développement garantissent les droits fondamentaux des travailleurs, qui devraient inclure au minimum le remboursement des frais de recrutement illégaux, des contrats officiels dans leur langue maternelle signés avant leur arrivée aux EAU, et le droit de grève et de négocier collectivement », a observé Sarah Leah Whitson. « Et ils devraient insister pour qu’il y ait un contrôle indépendant de leurs projets par une tierce partie, et imposer des pénalités significatives en cas de violations. »

Les recherches menées sur l’île de Saadiyat ont montré que les autorités avaient adopté certaines mesures positives. Bien que les installations destinées aux travailleurs fussent encore en construction quand Human Rights Watch a visité l’île, elles semblaient être relativement hygiéniques et non surpeuplées. La TDIC, la société appartenant au gouvernement et qui supervise l’aménagement de l’île, a cherché à obtenir des garanties contractuelles de la part des entreprises du bâtiment qu’elles ne confisqueront pas les passeports des travailleurs, ni n’auront recours au travail forcé, ni ne commettront d’autres abus.

Human Rights Watch a contacté les entreprises du bâtiment, les cabinets d’architecture, et les institutions internationales travaillant sur l’île pour les alerter sur la nécessité de prendre des mesures pour garantir que les travailleurs de leurs projets ne sont pas victimes d’abus. Beaucoup n’ont pas répondu à nos lettres. Quant au Guggenheim, à New York University et à l’Agence France-Muséums (chargée du projet du musée Louvre Abou Dhabi), seule l’Agence a pris certaines mesures pour obtenir des garanties contractuelles significatives de la part de la TDIC pour autoriser un contrôle indépendant des droits des travailleurs, mais même le contrat de l’Agence ne comporte pas de garanties ni de clauses lui permettant de faire appliquer les droits des travailleurs.

« Ces institutions internationales doivent montrer qu’elles ne tolèreront  ni ne tireront parti de la brutale exploitation de ces travailleurs migrants…Les assurances vagues qu’elles ont reçues de leurs partenaires en développement ne sont que des produits de substitution creux pour des accords contractuels solides que leurs projets ne ressembleront pas aux affaires courantes à Abou Dhabi. »

Sarah Leah Whitson, directrice pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord

- qu’ils instaurent des réformes politiques dans le sens d’une plus grande participation des citoyens dans la vie publique du pays en particulier par l’adoption du suffrage universel et par l’institution du respect du principe de l’égalité de tous devant la loi, notamment en matière d’accès et de maintien aux fonctions publiques.

- qu’ils consacrent le principe de l’inamovibilité des juges dans les faits en l’étendant à tous les magistrats du pays y compris étrangers, pour assurer une réelle autonomie de la justice.

- qu’ils instaurent un contrôle des services de la sûreté de l’Etat par une commission de contrôle au niveau de la représentation nationale.

- qu’ils amendent les textes de lois limitant les droits d’expression et d’association et abroger toute sanction administrative ou judiciaire du fait de la simple expression pacifique d’une opinion ou d’un engagement politique ou associatif.

- qu’ils  collaborent avec les procédures spéciales de l’ONU et en particulier avec le groupe de travail sur la détention arbitraire.

- Sur le plan normatif : l’Etat devrait ratifier le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ainsi que la Convention contre la torture et intégrer dans les lois internes le crime de torture en instituant des peines appropriées pour le réprimer;  lutter contre la pratique de la détention au secret en instituant un système de contrôle sur tous les lieux de détention du pays en les plaçant notamment sous l’autorité de la loi.

-  l’état des EAU devrait aussi ratifier les Conventions de l’Organisation Internationale du Travail, notamment celles relatives au « droit syndical » » à la «  négociation collective » et aux « libertés syndicales » (C87 et C98), et intégrer les dispositions y afférant dans la Constitution et les lois internes et les consacrer dans la réalité, sans distinction aucune entre les nationaux et les résidents.

 

 

 

La France un « pays global » qui va installer une « base militaire » agressive à 220 Kms des côtes iraniennes – un risque grave, une volonté guerrière propre à ce type d’aventurier néo-libéral intégriste qu’est Sarkozy. Votez contre lui le 7 juin.

Le Monde s’interroge sur « l’anti-sarkozysme » comme si c’était une erreur de combattre de A à Z la politique ce ce président  – le plus réactionnaire et dangereux de notre histoire ! Pourtant il n’y a aucun risque de trop en faire : c’est plus que justifié !

Bling-bling n’est pas seulement un danger pour tout ce qu’il y a de social dans notre République française, il est un danger pour la République tout court. À peine avait-il nommé en 2007, le transfuge Bernard Kouchner, comme ministre des affaires étrangères, celui-ci avait annoncé qu’il « fallait se préparer à la guerre contre l’Iran ». C’était clair. Foutu criminel potentiel ! Ils rêvaient alors, eux qui avaient la nostalgie d’avoir « raté » l’Irak, d’accompagner Bush dans une nouvelle croisade d’ingérence contre les « armes de destruction massive ».

Depuis janvier 2009,  Barak Obama propose une autre approche au Moyen-Orient, mais il n’y a pas que le gouvernement israélien qui fait tout pour s’y opposer, il y a aussi le très guerrier et incontrôlable Sarkozy.

Le lobbying pour faire échouer toute négociation avec l’Iran tourne à plein régime à Tel-Aviv comme à Paris. Et le voyage à  Abu Dhabi pour essayer d’y vendre 60 Rafales, d’y installer 500 militaires français à demeure, d’y construire une centrale nucléaire, d’y créer pour la première fois depuis 60 ans une base militaire française, une base navale avec un quai de 300 mètres, de type impérialiste dans une région où règnent les plus fortes tensions au monde, ce n’est pas une petite affaire.

Car cet irresponsable de Sarkozy va jusqu’à déclarer aux Emirats arabes unis, (6 millions d’habitants, 1/5 ° des réserves d’hydrocarbures, proche du détroit d’Ormuz, où passent 40 % du pétrole du monde), que « la France, dans le long terme est aux côtés de ses amis : s’il devait leur arriver quoi que ce soit, nous serions à leurs côtés » !

Pareil engagement vis-à-vis d’un pays au centre de l’œil du cyclone est à peine pensable – sauf par un fauteur de guerre délibéré. Sarkozy  qui a déjà envoyé 1000 jeunes hommes de plus se faire tuer en Afghanistan, engage, en plus, la France dans un accord de défense, « un partenariat de sécurité », contre l’Iran si « la souveraineté, l’intégrité territoriale, et l’indépendance des Emirats arabes unis sont affectés ». Rien que cela !

« Si l’Iran vous attaquait, nous serions attaqués aussi ».  « Ça flatte son ego » persifle le Canard Enchaîné, mais ce n’est pas drôle car l’ego de Bling-bling peut éventuellement nous entraîner vers le gouffre !  Claude Angeli fait parler des officiers et experts militaires qui discernent un « comportement à risque ». Tout cela pour vendre les avions Dassault ?  Une note du Ministère de la défense (Hervé Morin) précise que cela n’a pas vocation « à être ratifié par la voie parlementaire » même pas à faire l’objet d’un débat.

Ainsi sans contrôle démocratique, la « main invisible » non pas du marché, mais de Sarkozy nous enferme dans un possible et terrible piége. Le Monde (éditorial du  28 mai) souligne que la France va se trouver au centre « des plaques tectoniques qui font trembler la région » : retrait annoncé des Etats-unis d’Irak, renforcement de l’engagement de l’OTAN en Afghanistan, volonté de l’Iran de devenir une puissance nucléaire, enfin risque de déstabilisation du Pakistan, autre puissance nucléaire, (ainsi qu’Israél – NDR) sans oublier le conflit israélo-palestinien.

« Le risque pris par la France est à la hauteur de ces menaces » conclue Le Monde qui ne trouve qu’une chose à regretter, c’est que cette démarche n’entraîne pas toute l’Europe…

Voter le 7 juin contre tous ceux qui veulent entraîner la France et l’Europe dans les guerres expansionnistes pour le pétrole et les marchands d’armes. Troupes françaises hors d’Afghanistan ! Désarmement nucléaire planétaire multilatéral !

 

GF

 

 

 

Quand la France vend un musée à Abou Dhabi

Le Louvre des sables

Sur une petite île bientôt transformée en sanctuaire de la culture, le plus grand musée du monde ouvrira en 2012 une prestigieuse succursale. Récit d’une bataille où se mêlent pétrodollars, oeuvres d’art et marketing

D’habitude, quand un ministre français se déplace en grand cortège dans les Emirats arabes unis, c’est pour vendre des Airbus ou des chars Leclerc… Le 6 mars, à Abou Dhabi, Renaud Donnedieu de Vabres, lui, a casé un musée. Rien de moins qu’un nouveau Louvre, qui doit ouvrir en 2012, à l’ombre des derricks et des dattiers. Un contrat colossal. Montant du chèque des cheikhs : près de 1 milliard d’euros au total. Ce jour-là, dans les suites du kitschissime Emirates Palace, le ministre de la Culture, accompagné du gratin des musées tricolores et des princes héritiers d’Abou Dhabi, a pu admirer les maquettes du pharaonique projet de l’île de Saadiyat, dont « le Nouvel Observateur » publie pour la première fois les photos.

Saadiyat ? « L’île du bonheur », en arabe. Une félicité arrosée aux pétrodollars. Pour l’instant, les gazelles courent encore sur cette langue de terre inhabitée. 27 kilomètres carrés, situés à 500 mètres des rivages d’Abou Dhabi, capitale des Emirats. Mais bientôt ce site naturel sera relié à la terre ferme par une autoroute à dix voies. Et de la poussière surgira une cité unique en son genre. Avec ses quartiers d’affaires et résidentiels (150 000 habitants prévus d’ici à dix ans), ses deux terrains de golf, ses bases de loisirs, ses trois marinas, ses 29 hôtels. Une chimère urbanistique de plus en plein désert ? Vous n’y êtes pas. Car Saadiyat ambitionne avant tout de devenir un sanctuaire de la culture universelle. La ville accueillera quatre musées prestigieux conçus par les plus brillants architectes : un « Guggenheim » dessiné par Frank Gehry, un Performing Arts Center, dédié aux arts de la scène, confié à Zaha Hadid, un Musée de la Mer confié au Japonais Tadao Ando et, enfin, un « Louvre » imaginé par le Français Jean Nouvel.

Le projet, on le devine, a été fraîchement accueilli dans le microcosme de l’art. Comment ? Un de nos grands musées de la République allait être « cédé » aux émirs du pétrole ? Conservateurs, collectionneurs et amateurs d’art sont montés au créneau pour manifester leur hostilité à la délocalisation partielle. Répondant à l’appel de Françoise Cachin, ancienne présidente du Musée d’Orsay et ex-directrice des Musées de France, ils ont signé une pétition soutenue par le site internet de « la Tribune de l’art ». « Pas question de brader le patrimoine national, pas question de l’exporter contre espèces sonnantes et trébuchantes, ont clamé, en substance, ces gardiens du temple. Le Louvre est un musée de la République, pas une officine de prêts sur gages ! »

Les partisans du projet n’y voient, eux, qu’une querelle d’arrière-garde. Leurs arguments ? Primo, même si notre patrimoine national n’a pas de prix, expositions, entretien, réfection, gardiennage ont un coût de plus en plus lourd que ni la billetterie ni les ressources propres du musée ne suffisent à couvrir. Secundo, au nom de l’universalité de la culture, la vocation des musées est aussi de faire voyager des collections : le British Museum, par exemple, les considère comme un « bien public » qui doit être accessible à la planète tout entière… Tertio, dans une économie mondialisée, la commercialisation de la marque, cet actif immatériel incomparable, constitue un fantastique moyen de rayonnement et un extraordinaire levier pour attirer touristes et investisseurs étrangers. Bref, le jeu en valait largement la chandelle…

Grand artisan du « Louvre des sables », Renaud Donnedieu de Vabres a tranché cette énième querelle des anciens et des modernes. Dès le 21 juin 2005, c’est l’un de ses proches conseillers qui a reçu pour la première fois Cheikh Sultan bin Tahnoon, parent de Cheikh Khalifa bin Zayed al-Nahyan, président de la Fédération des Emirats arabes unis. Sous les ors de la République, le visiteur a fait part à son interlocuteur d’un projet qui lui tient à coeur : l’implantation d’une antenne du Louvre à Abou Dhabi. Une lubie ? Pas vraiment. Car Cheikh Sultan n’est pas n’importe qui. Cet homme raffiné connaît bien la France puisqu’il possède dans la région parisienne une propriété où il séjourne de temps à autre avec sa famille. Il est aussi le président de la Tourism Development Investment Company (TDIC) chargée de mener à bien le projet pharaonique d’aménagement de l’île Saadiyat. Mais il est également le représentant d’un richissime pays. Ce micro-Etat, dont la capitale est peuplée d’environ 700 000 habitants, possède dans ses sous-sols près de 9% des réserves mondiales de pétrole et 5% de celles de gaz naturel. L’an dernier, dopée par l’explosion des prix du brut, sa croissance a frôlé les 20% ! Les autorités de l’émirat ont progressivement investi les énormes bénéfices pétroliers dans des participations industrielles allant de Piaggio Aero à Ferrari. Et elles ont décidé, en prévision de l’inévitable ère de l’après-pétrole, d’investir dans le secteur du tourisme et des loisirs. D’où l’idée de créer, à l’image de ces gigantesques plates-formes aéroportuaires, un hub culturel.

Quelques semaines après son passage à la Rue-de-Valois, Cheikh Sultan est reçu par le ministre en personne. Renaud Donnedieu de Vabres connaît les Emirats pour y avoir noué des contacts à l’époque où il était chargé de mission auprès de François Léotard, ministre de la Défense du gouvernement Balladur entre 1993 et 1995. Il n’est pas non plus sans savoir qu’Abou Dhabi est le premier débouché commercial de la France au Moyen-Orient. En 2005, les exportations vers ce pays ont dégagé un excédent commercial de près de 2 milliards d’euros. Un chiffre encore en progression pour l’année 2006. Mais si le ministre est convaincu du bien-fondé de l’opération Louvre, l’affaire n’est pas encore jouée. Henri Loyrette, le président du musée, traîne les pieds. Fort occupé par la gestion du Louvre au quotidien – un musée dont les collections sont riches de 445 000 oeuvres et qui en a prêté plus de 1 400 en 2006 à des institutions françaises et étrangères -, il est déjà mobilisé par l’implantation d’une antenne du Louvre à Lens qui doit ouvrir ses portes au premier semestre 2009. Surtout, il a été échaudé par la polémique suscitée par la collaboration du Louvre avec le musée d’Atlanta (lire notre encadré p. 20). Difficile dans ces conditions d’envisager un nouveau chantier qui verrait encore des chefs-d’oeuvre prendre le chemin de l’étranger. Comment faire ? Le ministre de la Culture sait que Matignon et l’Elysée ont un oeil sur le projet. L’enjeu est culturel certes, mais aussi diplomatique et économique. Alors, impensable d’y renoncer. Donnedieu de Vabres contacte d’autres dirigeants de musée, parmi lesquels ceux d’Orsay, du Centre Pompidou, de Guimet, du Quai-Branly, de Picasso. But de la manoeuvre : les convaincre d’alléger le fardeau du Louvre en participant à l’entreprise. L’accueil est plutôt frisquet : Bruno Racine, président du Centre Pompidou, hésite. Comme le Louvre, il travaille sur un projet d’extension en région, à Metz. De plus, des contacts ont été pris avec les autorités chinoises pour ouvrir une antenne de « Pompidou » à Shanghai. Un autre président tape carrément du poing sur le bureau : «Depuis quand les politiques ont-ils le droit de se mêler des affaires des musées?» Paradoxalement, ce sont les négociations entre le ministère de la Culture et les différents musées et institutions françaises (comme le domaine et château de Versailles) qui vont être les plus longues… Mais en définitive tout le monde trouvera un intérêt – au moins financier – dans le projet des Emirats…

En août 2006, une position commune est enfin arrêtée. Renaud Donnedieu de Vabres fait parvenir à Cheikh Sultan un document de quinze pages qui a été validé par le Premier ministre. Les exigences financières, les conditions de prêt des oeuvres, les contributions techniques et scientifiques y sont précisées. Le second volet des négociations peut alors débuter. Les Français vont avoir pour interlocuteur principal l’Américain Lee Tabler. Cet architecte de formation, qui joue un rôle très actif au sein de la TDIC, est un fin connaisseur de notre pays. Il est capable par exemple de raconter toute l’histoire du château de Fontainebleau, un site qu’il a assidûment fréquenté durant ses années d’études en France. C’est lui qui a suggéré aux Emiriens le nom des architectes du projet culturel de Saadiyat.

L’accord intergouvernemental négocié grâce à son entregent passe pour avantageux. Le Louvre, qui cède sa marque pendant trente ans pour 400 millions d’euros – dont 150 versés immédiatement – et touche aussi une aide de 25 millions sous forme de mécénat, a décroché une enveloppe sept fois supérieure à celle consentie au Guggenheim ! Grâce à cette cagnotte inespérée, il pourra s’agrandir en réaménageant la galerie sud (côté Seine) et en annexant une partie du pavillon de Flore, aujourd’hui occupé par le laboratoire des Musées de France. Le deal profite aussi aux principaux musées nationaux – Orsay, Versailles, Beaubourg et le Quai-Branly – regroupés derrière le Louvre dans une Agence internationale des Musées de France. Pour 165 millions d’euros, cette structure élaborera le nouveau concept scientifique et culturel. Objectif : créer un « musée universel » doté d’une collection permanente de 300 pièces et mettre au point un programme d’expositions temporaires sans dépouiller les collections des maisons mères. Il faudra agir avec tact. Car si les Emirats n’ont pas donné de consignes, on voit mal comment les futurs commissaires émiriens, même formés par les professionnels français, pourraient d’emblée accrocher des nus ou des oeuvres suggestives aux futures cimaises… Trouver le « trait d’union » entre les cultures ne s’annonce pas aisé.

Le pari n’est pas sans risque :quelle que soit leur qualité esthétique, les musées risquent d’être noyés, neutralisés par l’immense chantier qu’est devenue cette côte des Emirats, hérissée de tours de 50 étages, où les extravagances d’un capitalisme sans frein se nourrissent d’une main-d’oeuvre étrangère importée et systématiquement exploitée. Autre inconnue : la fréquentation. En 2004, Abou Dhabi a reçu près d’un million de touristes. A l’horizon 2015, il espère en accueillir trois fois plus. D’où viendront-ils ? D’Europe, bien sûr. Mais aussi d’Inde : pour les nouveaux riches de Bombay ou New Delhi en route pour le Vieux Continent, Abou Dhabi est l’étape idéale. Côté musées, c’est une autre affaire.

Alors, faut-il craindre que le Louvre ne gaspille ses forces dans le désert ? Il est bien sûr trop tôt pour trancher. Mais ne soyons pas trop frileux : les expériences de « délocalisation » en cours paraissent concluantes. En Grande-Bretagne, par exemple, le navire amiral de la Tate Britain a déployé plusieurs antennes : à Liverpool, à St Ives (en Cornouailles) et à Londres, la Tate Modern. Cette démultiplication, loin d’avoir affaibli la vénérable institution, lui a permis au contraire de voir progresser la fréquentation de ses différentes enseignes. Le second exemple, régulièrement cité, est celui du Guggenheim, présent à New York, Venise, Bilbao, Berlin et Las Vegas. Les fortunes de ces lieux sont diverses : l’implantation à Las Vegas au sein d’un complexe hôtelier de luxe a été un flop. Quant à Bilbao, l’effet de signe de l’architecture du bâtiment de Frank Gehry ayant été absorbé, on s’aperçoit que les collections permanentes qui y sont exposées ne sont pas d’une qualité grandiose. L’extension des musées a pour limite celle de leurs collections, bien sûr. Mais cet obstacle peut être surmonté grâce au savoir-faire des équipes. On sait qu’à Abou Dhabi les musées de la Reine Sophie (Espagne), de l’Ermitage (Russie) et du British Museum avaient été contactés. Si le projet du Louvre et des musées français a été retenu, c’est avant toute chose parce que ces derniers ont su s’adapter. Hier poussiéreux, ils sont devenus les symboles d’un monde qui bouge, qui tourne. Comme la planète.

Né en 1944, architecte DPLG, grand prix national d’architecture (1991), professeur titulaire des écoles d’architecture, Christian Hauvette décrypte les quatre grands projets de l’île Saadiyat.

Bernard Géniès, Jean-Gabriel Fredet  Le Nouvel Observateur

 

 

 

 

 

 

 

 

1100 socialistes de 100 départements appellent à http://reconstruire-la-gauche.fr/

Gérard Filoche

Membre du Bureau national du Parti socialiste

gerard.filoche@gmail.fr

 

 

 

 

 

Communiqué de presse – 2

 

Reconstruire, réorienter la gauche

 

Avec 1000 socialistes ou sympathisants socialistes d’une centaine de départements, nous lançons un appel à un congrès socialiste démocratique ouvert.

Nous voulons que le bilan du quinquennat Hollande soit enfin tiré.

Nous voulons, à partir de ce bilan, reconstruire et réorienter la gauche.

C’est la voie pour dégager une alternative politique, pluraliste, à vocation majoritaire.

Pour l’instant et depuis six mois, la poignée de responsables qui se disent dirigeants bloquent tout, purgent, excluent, minent ce qui reste du parti.

Nous voulons que les nombreux militants découragés qui quittent le Parti socialiste ou s’apprêtent à le faire puissent participer à ce congrès.

Et qu’il soit ouvert à toutes celles et tous ceux que l’avenir de la gauche concerne : syndicalistes, chercheurs, intellectuels comme simples citoyens. La dispersion rend, tous les jours, plus difficile le combat pour reconstruire un projet unitaire.

Nos propositions sont claires :

Remettre le social au cœur du projet socialisteRépartir les richesses d’abord ;  Prendre la tête de l’urgente transition écologique ;  Poser les jalons d’une reconquête démocratique en Europe comme en France.

Nous engageons ce combat avec la volonté de peser ensemble dans le débat public. Il est plus que temps pour que ceux qui ont conduit à la défaite soient remerciés, et qu’une autre orientation, vraiment socialiste et unitaire s’impose.

le 6 novembre 2017

 

pour les signataires :

Gérard Filoche, membre du BN du Parti socialiste

Claude Touchefeu, conseillère municipale à Toulouse,

Jean-Yves Lalanne, maire de Billère, Vce Pdst de l’agglo de Pau

Eric Thouzeau, conseiller régional Pays de Loire

Sybille Fasso, maire adjte Paris 10 ème

Pour tous contacts : contact@reconstruire-la-gauche.fr

Pour retrouver l’appel : http://reconstruire-la-gauche.fr/