15 euros de l’heure : «fight for fifteen »


Décembre 2012, un mouvement exceptionnel voit le jour aux Etats-Unis dans le secteur de la restauration rapide. Au tout début, une petite centaine de travailleurs assez courageux pour se mettre en grève et exiger un salaire décent. Décent ? Oui mais combien ? Quelques AG auront suffi pour trancher : ils fixent 15 dollars par heure. C’est un salaire juste, nécessaire et possible.

La revendication est claire, unifiante. 15 dollars de l’heure, c’est à la fois énorme par rapport aux 9 dollars versés à cette époque dans ce secteur. 15 dollars, c’est en même temps très raisonnable. Pour réussir à vivre avec 9 dollars de l’heure, il faut travailler jusqu’à 80 heures par semaine, parfois dans plusieurs restaurants. Très vite le mouvement prend de l’ampleur. Des actions collectives, un soutien actif des syndicats, une médiatisation du mouvement et surtout une rage profonde pour remporter la bataille : en quelques mois la mobilisation devient nationale. Pour aider les salariés en lutte, la solidarité s’organise. Les travailleurs d’autres secteurs n’hésitent pas à aider, à soutenir, à organiser la lutte.

Mais impossible de faire céder les grandes entreprises qui dominent le secteur comme Mac Do ou Burger King. La mobilisation se poursuit et trois Etats décident d’appliquer de manière progressive ce salaire minimum. C’est une victoire large et incontestable. Il faut évidemment s’en réjouir. Mais le combat n’est pas terminé. Comment faire plier « Ronald » pour que les 4000 restaurants répartis sur le territoire américain puissent servir d’exemple aux autres fast-food ? Tout accord d’entreprise est absolument écarté par la firme qui n’hésite pas à licencier les salariés les plus véhéments.

Le mouvement « Fight for fifteen » lance alors une campagne « Come take my vote » (« Venez cherchez mon vote »).

Stratégie habile que de contraindre les candidats à l’élection présidentielle américaine à se positionner. Trump refuse « par principe » de payer un salarié plus de dix dollars de l’heure. Mais victoire, Bernie Sanders soutient. Et ca force Hillary Clinton à soutenir à son tour. 15 dollars de l‘heure c’est une hausse du smic de 44,7 %. Les travailleurs en lutte sauront rappeler à Hillary Clinton, dès 2017 l’urgence d’appliquer un salaire minimum digne au niveau fédéral.

En France, les salariés de Mac Do n’ont pas de meilleur salaire que leurs collègues américains. 1380 restaurants Mac Donald’s, 70 000 salariés, 80 % des contrats sont des CDI d’au moins 22 h. La firme transnationale sait très bien contourner le droit du travail, éviter tout comité central d’entreprise, et même au niveau de ses restaurants d’en moyenne 54 personnes – qui dégagent pourtant des bénéfices records en métropole. Mac Do lutte ces dernières années pour redorer son image : sauront-ils la préserver en refusant si les salariés français se mettaient, eux aussi, à réclamer 15 euros par heure ?

 

Gérard Filoche (merci à Germain Filoche)

 

 

 

Ce que la Poste ne devrait pas faire

 

Incroyable : ce printemps, il y a eu 214 jours de grève, record historique dans un Bureau de Poste à Rivesaltes. C’était à propos d’une simple réorganisation et d’une diminution du nombre d’emplois, 11 grévistes ont tenu bon et gagné pour un de leur collègue injustement sanctionné et tout s’est terminé par la signature d’un protocole de fin de conflit concernant le paiement des jours de négociation. La direction Services-Courrier-Colis Golfe du Lion a démontré sa rigidité et son incompétence en imposant ces 7 mois de grève.

Cet automne, on assiste à un conflit de 37 jours dans 3 bureaux de Poste du 13° arrondissement de Paris. Et à un autre conflit de 31 jours, avec 200 salariés, sur le centre de tri du Havre

A Paris le mouvement CGT Sud et FO, commencé le 7 septembre dans le 13° arrondissement. 37 jours pour obtenir, avec la CGT, SUD et FO :

- comblements de postes vacants par de la force de travail pérenne

- Un emploi récupéré sur le cadre réglementaire du secteur

- Un emploi en surnombre rattaché au secteur jusqu’à la prochaine réorganisation

- Des moyens de remplacement pour garantir le niveau des effectifs

- Une uniformisation des horaires d’ouverture des 3 bureaux (8 h 30-19 h)

- Des horaires de travail avec une réduction importante du nombre et de la durée des retours

- Le remplacement systématique de tout départ à hauteur du cadre de référence.

Soit 2 emplois qui ont été récupérés, ce qui est…  inédit au Réseau sur Paris depuis 10 ans.

 

Au Havre le conflit portait sur

- la délocalisation de l’activité de tri automatique vers le centre de tri de Rouen qui supprime des emplois,

- la suppression de 3 tournées de facteurs sur les 37 existantes,

- la prise de service retardée entraînant la perte d’une indemnité de collation (50 € par mois),

- la mise en place d’une « pause méridienne » d’une durée de 45 mn ou 1h non rémunérée qui remplaçait une pause de 20 minutes rémunérée.

C’est ce dernier point qui a cristallisé la contestation.  Il a fallu que le président du TGI décide d’une ordonnance imposant la négociation et la gestion des jours de grève et y participe lui même. Incroyable qu’il faille 31 jours de grève pour se faire entendre !

Qui sont donc ces dirigeants de centres Postaux pour faire durer à ce point des conflits avec leurs salariés ? Est ce cela la nouvelle « négociation » entreprise par entreprise ? Nous sommes pourtant dans un service public. Les revendications sont modestes, elles sont chaque fois le fait d’une majorité de salariés et d’une intersyndicale, la conviction et l’unité des agents démontrent leur sérieux.

Quelles sales visées se cachent derrière ces pratiques de la Direction de La Poste qui a reçu 300 millions de CICE pour l’emploi ? Tout cela pour des postes détruits,  démantèlement,  privatisation ?

Hollande a avoué ce qu’un « président ne devrait pas dire ». Reste à révéler ce qu’un « gouvernement devrait dire et faire ». Et ce que « La Poste ne devrait pas faire ».

Gérard Filoche

 

 

« Un président ne devrait pas dire ça »

 

 

 

 

Les « révélations » du livre de François Hollande sonnent le glas de 5 ans de renoncements. Quel échec et quelle hypocrisie ! Raison de plus pour que François Hollande renonce être candidat. Sinon il coulerait toute la gauche. Le seul service qu’il puisse nous rendre désormais c’est de s’effacer vite.

 

Jean-Luc Mélenchon a curieusement appelé à une candidature Hollande pour mieux le battre : mais à ce jeu-là, avec ce type de duel privé, la gauche serait éliminée dés le 1er tour, le soir du 23 avril à 20 h. Les scores de ces deux là n’auraient aucune importance, il ne resterait que le choix désastreux entre LR et FN pour le 2° tour.

Ce qu’il faut c’est battre ou écarter Hollande, avant, et les primaires des 22 et 29 janvier sont la meilleure occasion de s’en assurer. Une candidature supplétive de Valls ou autre, dans la lignée de la politique d’Hollande devrait aussi être battue. Il faudra voter pour abroger  la loi El Khomri, et affirmer une majorité le 29 janvier pour une candidature gauche socialiste et alors on oeuvrera encore et encore pour un seul candidat rose rouge vert et les millions de voix socialistes se mobiliseront derrière lui.

Car la victoire est encore possible en 2017 mais dans ce seul cas : avec une candidature unique de toute la gauche et des écologistes sur une plateforme commune pour répondre aux attentes et relever les défis pendant les 5 prochaines années.

Une alternative majoritaire à gauche

Je propose à tous les candidats de gauche, (notamment aux candidats classés gauche socialiste  Benoit Hamon, Marie-Noelle Lienemann, Arnaud Montebourg) et aux responsables politiques d’affirmer ensemble dés maintenant une volonté de discuter, à partir des attentes de la majorité de la population et avec la majorité de gauche et des écologistes.

 

Répondons  tous à la proposition de l’appel des 100 (et sur la base des «50 mesures » programmatiques qui ont été élaborées) de tenir une convention nationale le 12 novembre à Paris. 

En préparant cette convention dans les villes, et en assurant son succès, nous donnerons un signe et ferons converger tous les appels à l’unité, pour enclencher la dynamique citoyenne indispensable pour faire bouger les lignes.

 

 

 

 

 

Un candidat neuf peut changer la donne.

Un candidat de longue date inébranlablement fidèle aux salariés. Finissons-en avec le bilan d’Hollande, et les  voltigeurs à double langage qui vous disent une chose en font une autre. Il faut remettre les choses à plat et à fond. Ne courons plus de risques. Choisissez bien le candidat les 22 et 29 janvier prochains. Votez pour un des vôtres.

Si je suis candidat c’est pour ça, pour l’unité de toute la gauche et des écologistes pour mettre le social au cœur, redistribuer les richesses d’abord, engager la transition écologique, mettre au pas la finance, fonder ensemble une VI ème République démocratique et sociale, inventer une autre Europe sans austérité.

 

 

 

Campagne Filoche primaires citoyennes ouvertes à toute la gauche 22 – 29 janv « Votez pour l’un des vôtres ! »

Le Populaire du Centre
Primaire à gauche

Filoche à Limoges : « Votez pour l’un des vôtres ! »

Publié le 20/10/2016

« Je défends les salariés, ceux qui n’ont que leur force de travail, soit 93 % des actifs de ce pays », résume Gérard Filoche.

« Je défends les salariés, ceux qui n’ont que leur force de travail, soit 93 % des actifs de ce pays », résume Gérard Filoche. © Thomas JOUHANNAUd

Le candidat à la primaire de la gauche expose, dans tous les départements qu’il visite les solutions radicales (de gauche) qu’il préconise pour son pays et ses concitoyens.

 

Fils d’un cheminot et d’une aide-soignante de la banlieue rouennaise, Gérard Filoche a milité toute sa vie mais n’a jamais eu le moindre mandat électif. Il est pourtant cofondateur de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) et réélu membre du bureau national du PS à chaque congrès depuis son adhésion à ce parti, en 1994.

« Moi Président, je saurai les trouver, les milliards »

Depuis le 14 juin, il est officiellement candidat à la primaire de la gauche, avec l’obsession d’aboutir à une candidature unique de la gauche : « S’il y a ne serait-ce que deux candidats de la gauche, c’est mort ! », résume-t-il devant le Club de la presse du Limousin, avant de partir à la rencontre des militants et sympathisants creusois et de revenir à Limoges pour un meeting en soirée.

Inlassablement, depuis plusieurs mois déjà, cet ancien inspecteur du travail, qualifié en son temps de « bête noire des patrons », sillonne la France des départements où il est accueilli par des amis, des sympathisants, tels que Michel Aucouturier et Georges Martel, ses mandataires en Limousin, anciens membres du PS puis de Nouvelle Donne.

Et inlassablement, il développe la même argumentation et ses solutions radicales pour le pays : le Smic à 1.800 € tout de suite, la semaine de 32 heures, la retraite à 60 ans, aucun salaire supérieur à 20 fois le Smic.

« Hollande nous rendrait service en ne participant pas à cette primaire . »

Où trouver l’argent ?

« La fraude fiscale représente 80 milliards d’euros par an et l’optimisation fiscale 100 milliards d’euros. Actuellement, on récupère 2 milliards d’euros par an ; je créerai 2.000 postes d’inspecteurs du travail et autant d’inspecteurs des impôts et, moi Président, je saurai les trouver, les milliards manquants, car la finance est mon ennemie. Je dénoncerai également la directive sur les travailleurs détachés, créant ainsi quelque 300.000 emplois. La politique de l’offre ne marche pas, il faut redistribuer massivement pour relancer l’économie, dans un pays qui n’a jamais été aussi riche même si 1 % de la population possède 50 % des richesses. Je suis toujours socialiste, et le parti socialiste ne mourra pas, mais son aile sociale-libérale doit disparaître. Quant à François Hollande, conclut Gérard Filoche de façon lapidaire, il nous rendrait service en ne participant pas à cette primaire ».

Marcel Oudot

La Villedieu : Gérard Filoche plaide pour « l’unité de toute la gauche »

CreuseLa Villedieu

Politique

C’est à la bibliothèque de La Villedieu, au sud du département, commune toute proche de la Haute-Vienne que Gérard Filoche a fait une halte hier après-midi avant sa réunion publique le soir à Limoges.
Le socialiste, membre du bureau national, est candidat à la «primaire citoyenne ouverte à toute la gauche et écologistes» comme Arnaud Montebourg, Benoit Hamon et Marie-Noëlle Lienemann. Pour Gérard Filoche, une seule chose compte : un seul candidat de la gauche «pour empêcher le désastre» c’est-à-dire pour lui se retrouver au 2e tour de la présidentielle avec les Républicains et le Front national. Une idée difficile à mettre en place au vu des disparités de projets et des volontés de chacun. «La gauche c’est traduire la force du salariat. Qu’il y ait 19 partis de gauche, 30 orientations ne me gêne pas, moi, ce qui me gêne c’est quand il n’y a pas de points communs». Alors pour Gérard Filoche, il faut se réunir sur 4-5 points clés comme les 32h par semaine, le SMIC à 1.800 euros, la retraite à 60 ans… Il affirme que si ce n’est pas lui qui est devant, il se ralliera mais il se veut optimiste.
S’il est désigné, il enverra une lettre ouverte à Jean-Luc Mélenchon et le candidat écologiste. «Ma bataille, c’est d’y arriver. Nous n’avons aucune chance de gagner avec deux candidats à gauche», martèle-t-il.
Gérard Filoche avance également qu’il est le «meilleur défenseur possible des salariés, je préfère un président inspecteur du travail qu’un président inspecteur des finances. Je préfère un président qui a été ouvrier plutôt qu’un énarque».
La première chose qu’il fera s’il accède à cette fonction, c’est l’augmentation des salaires afin de relancer la consommation et ainsi redistribuer les richesses. Thierry Letellier, maire de La Villedieu s’interroge «l’augmentation du coût de travail ne risque-t-elle pas de faire comme en 81 ?». Pour le candidat aux primaires qui cherche encore des soutiens, cette redistribution sera «un choc pour l’Union européenne. On ne peut pas lutter contre le FN avec des idées mais avec des choses concrètes».
Après cette rencontre avec les élus de La Villedieu, il a visité l’entreprise Ambiance bois à Faux-la-Montagne avant de rejoindre en fin de journée Limoges.

 

 

 

Questionnaire Novethic posé au candidat Filoche sur la question de la sous-traitance

Dites nous quelles sont vos positions sur la chaîne de sous-traitance (supply chain)

Entre le 28 septembre et le 14 octobre 2016, Novethic interroge tous les candidats (déclarés ou en phase de l’être) sur la chaîne de sous-traitance. Vos réponses et les leurs seront publiées entre le 31 octobre et le 4 novembre à une large audience de citoyens et acteurs du monde de l’économie et de la finance.

Chaque déclaration fera l’objet d’une publication le site Novethic.fr (100 000 visiteurs par mois) et sur nos divers canaux (Plus de 17000 followers sur Twitter). Novethic est un site d’informations, un centre de recherche sur la finance responsable, un influenceur de la vie citoyenne et économique de notre pays. Voir notre présentation et notre méthodologie en fin de document.

La question de la chaîne de sous-traitance implique directement

  • L’emploi en France
  • La désindustrialisation
  • Le dumping social
  • La crise des migrants et les violences dans le monde

Basket, téléphone portable, Tshirt… Tout ce qui n’est plus fabriqué en France est néanmoins consommé ici. Ce simple fait implique une chaîne de production, d’approvisionnement, d’expédition. Autant de donneurs d’ordre, autant de moyens d’action et de pression. Un magnifique champ d’action pour un(e) politique.

La chaîne de sous-traitance (ou « supply chain »), c’est l’aspect le plus concret, le plus tangible du phénomène de mondialisation. Elle peut être encadrée par des lois, des décisions, des orientations politiques…

 

 

 

 

Nos questions

1 – Au titre de candidat(e) à l’élection présidentielle, pensez-vous devoir installer le sujet « chaîne de sous-traitance » dans le débat public ?

Oui, c’est un débat essentiel car la fausse sous-traitance, le marchandage et le prêt illicite de main d’oeuvre se développent eu détriment des droits du travail et des règles de la concurrence. Les faux artisans, les faux sous-traitants, les faux auto-entrepreneurs, les faux-vrais salariés sont légion et devraient faire l’objet de contrôles, de réglementations et de sanctions plus sévères.  La déréglementation crée un chômage abondant, des petits « jobs » honteux, une concurrence désordonnée et généralisée, fausse et forcée.

L’Ubérisation ou Ryanisation sont une attaque non seulement contre les droits des salariés, mais contre le principe même du salariat : cela consiste à tenter de remplacer les contrats et droits du travail par des contrats commerciaux sans droits.  C’est la mort des durées du travail, du salaire net et brut, et le retour aux loueurs de bras, aux tacherons, aux journaliers, payés a la mission, au forfait, à la tâche, au chantier.  Macron le dit auprès des jeunes «  Ne cherchez plus un patron, cherchez des clients » en précisant qu’il veut « une société sans statut ». Les libertariens, un secte de l’aile droite des républicains US, se développe en France, dans le Medef et parmi les libéraux en général, et prône le mythe totalitaire de l’Entreprise, sans code du travail, sans protection sociale, sans syndicat, sans délégués, sans contrôle public, sans impôt.

Ce retour à l’immédiat après-esclavage,  au 19° siècle, tel que certains fanatiques le défendent en France, va contre tout le développement historique du capitalisme mondial : car l’OIT précise bien qu’il y a un milliard de salariés de plus depuis trente ans dans le monde, et que partout l’économie informelle recule. Même en Californie, des jugements ont condamné Mac Donald pour lui imposer que tous ses salariés sous-traitants soient alignés sur ceux de la maison mère.  Uber a aussi été condamné en Californie et dans de nombreuses capitales du monde.  Le National Board of Labour à Washington  a soutenu et étendu les jugements de Californie, mettant en émoi le patronat  états-unien qui s’interroge sur les conditions ainsi bouleversées de la sous-traitance.

2- L’Etat doit-il avoir son mot à dire s’agissant de cette question ?

Bien sur, le droit du travail est constitutif du droit de la concurrence et l’état régulateur doit l’imposer. Sinon c’est Mad Max. il est absolument anti républicain de laisser le marché  briser toutes les règles, au détriment des entreprises et des salariés.

3 – Emploi et chaîne de sous-traitance : estimez-vous qu’une réglementation plus contraignante pourrait avoir des effets bénéfiques sur l’emploi en France ?

Oui, et je les ai fait adopter en 1996 dans des conventions du Parti socialiste, mais elles sont restées lettre morte alors que si nous leur avions donné suite, nous n’en serions pas au triste point où nous en sommes vis-à-vis des entreprises.

Disons d’abord que le slogan « vive l’entreprise »  est totalement stupide, il n’existe pas d’Entreprise, c’est comme si vous criiez « vive les poissons », il y a des requins et des sardines.

En France particulièrement l’ignorance est entretenue : il existe 1000 entreprises de plus de 1000 salariés, qui produisent 50 % du PIB.  Tout est là. Tout se décide là. Toute notre économie est dominée par elles. 58 multinationales françaises « blanchissent » 100 milliards par an au Luxembourg : le sort de notre pays se joue là.

En dessous, il y a 1 million de TPE, entreprises de moins de 11 salariés  qui font travailler 4,2 millions de personnes.

97 % des entreprises ont moins de 50 salariés et n’ont aucun droit syndical, ni CHSCT, ni CE…  et entre les deux, les 1000 et les 10, il y a 200 000 entreprises dont 80 % sont sous traitantes des « 1000 »  et même 50 % d’entre elles n’ont qu’un seul donneur d’ordre et sont donc des « externalisations » artificielles.  Dans ce système ca ne « ruisselle » pas de haut en bas, ca siphonne de bas vers le haut.

Il faut trois lois :

1°) Une responsabilisation complète et totale des donneurs d’ordre sur ce qui se passe sous leurs ordres : à eux, quand ils passent des marchés, de faire respecter les lois. Il faut qu’ils soient financièrement, économiquement, socialement, juridiquement, pénalement responsables de ce qui se passe avec leurs ordres.

2°) Un alignement des entreprises sous-traitantes sur la convention collective des donneurs d’ordre lors de la passation des marchés. De façon à ce que la sous-traitance retrouve son sens : une sous-traitance technologique, de compétences, pas une sous-traitance de main d’oeuvre, pour contourner les obligations légales, salariales, et autres.

3°) La facilitation de la reconnaissance des unités économiques et sociales conte l’artifice des franchises, des entités distinctes, des faux établissements indépendants. Il suffit que l’inspection du travail du siège ait le pouvoir de reconnaître ces unités économiques et sociales, (et le patron va devant le juge s’il la conteste) pour qu’on ait enfin un comite central d’entreprise chez Mac Donald

4 – Dumping social, concurrence déloyale, alimentation des réseaux mafieux… quelles mesures proposez-vous pour assainir la chaîne de sous-traitance ?

Je viens de le dire au travers des  trois lois proposées. Mais encore faut il qu’il y ait :

-        des institutions représentatives du personnel  qui disposent de moyens d’information, de contrôle et « d’avis conformes »

-        de syndicats qui ne soient plus victimes de la chasse aux sorcières mais qui voient leurs droits rétablis et protégés

-        d’une inspection du travail forte et suivie par la justice de notre pays  pour combattre les viols de droits et les vols de salaires : c’est la loi républicaine nationale qui doit l’emporter sur les divers contrats boutiques par boutiques.

-        D’un droit du travail fort à portée universelle et non pas entreprise par entreprise : interdiction immédiate des pseudo « travailleurs détachés », les patrons français devront les payer au même salaire brut que les salariés français.

5 – Un État américain, la Californie, a déjà adopté en 2010 une loi obligeant les entreprises californiennes à plus de transparence. Pourriez-vous défendre une telle loi en France ?

Oui, je viens de le dire, avec force,  en réponse aux deux questions précédentes ! La France découvre le reaganisme avec trente ans de retard, et sous la gauche, par des incompétents illuminés à la Macron, Hollande ou Valls qui  croient « moderne » le social libéralisme et par des fanatiques à la Madelin, Juppé, ou Sarkozy drivés par le Medef depuis sa refondation de 1999-2001.

La gauche avec les trois lois que je préconise s’allierait les petits et moyens patrons contre le pillage des multinationales. Il lui faudrait restaurer aussi le contrôle administratif préalable des licenciements sans cause réelle et sérieuse ou abusif  par l’inspection du travail, et ainsi la puissance publique se doterait des moyens de « tenir » la finance, les actionnaires et les patrons, les obligeant à négocier l’emploi poste par poste au lieu de spéculer à Panama et de fabriquer des millions de chômeurs.

 

Gérard Filoche le 18 octobre

 

L’appel du gouffre : Mélenchon appelle Hollande à être candidat ce qui signifie désastre assuré le 23 avril 2017

 

Nous autres, gauche socialiste, faisons tout ce que nous pouvons depuis un an pour écarter la candidature de François Hollande (ou de l’un de ses épigones), car, avec lui l’élection de 2017 est perdue et perdante.

Nous militons pour construire une candidature commune de toute la gauche et des écologistes.

C’est pour cela que nous avons défendu les primaires jusqu’au bout, y compris les « primaires citoyennes » des 22 et 29 janvier prochain. C’est pour cela que nous continuons à discuter avec la gauche rose rouge verte, car, si, par malheur, il y a deux candidats de gauche, aucun d’eux ne sera au deuxième tour : nous serons soumis au choix sinistre entre LR et FN.

Il n‘y a pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que face à la droite qui tient ses primaires afin de n’avoir qu’un seul candidat, la gauche ne peut se présenter en ordre dispersé.

S’il y a deux candidats de gauche importants, c’est foutu.

Et c’est là que survient Jean-Luc Mélenchon : il somme publiquement Hollande de se présenter, ce qui équivaut à appeler à la défaite. Il affirme que « la candidature du chef de l’Etat à sa succession est nécessaire pour la démocratie », alors qu’en fait elle ne sera utile qu’à la droite. Il appelle à deux candidats non pas pour gagner à gauche mais pour régler ses comptes privés.

Mélenchon se targue de sondages actuels qui le placeraient devant Hollande : mais ces sondages n’ont aucune sorte d’importance, puisque les deux scores s’annulent, puisque tous les candidats seront éliminés dés le premier tour.

Tous les beaux programmes, tous les projets de gauche seront rangés dans les placards, tiroirs du bas, dés 20 h le 23 avril 2017. Il restera peu de députés socialistes, et zéro députés PCF, zéro députés Verts, zéro députés PG…

C’est exactement le contraire que nous souhaitons : il est annoncé que les 22 et 29 janvier près de 2 millions d’électeurs de gauche viendront participer à la « primaire citoyenne ouverte à la gauche et aux écologistes ». Face à une telle mobilisation, soit Hollande renonce à se présenter soit il sera battu. Et alors une autre candidature émergera, capable de rassembler.

Nous ne voulons pas tirer un trait sur la victoire de la gauche en 2017. Nous refusons de choisir la défaite, on ne construit rien à partir de là : la gauche ne peut exister qu’unie, elle ne peut gagner et se construire qu’ensemble.

« Je ne serais pas d’accord avec un tour de bonneteau où viendrait un autre PS pour nous dire : « Moi, je ne suis pas impliqué, je ne suis ni responsable ni coupable ! Amnistie générale’ » rajoute Mélenchon. Sur ce point il a bien raison, nous ne voulons pas, en effet, quelqu’un qui a cautionné le Pacte de responsabilité, le CICE, la déchéance de nationalité et la loi El Khomri… Il a raison « toute personne qui a gouverné avec Hollande doit assumer la sanction collective »

Mais nous voulons quelqu’un de neuf qui défende les salariés, leurs salaires, leurs durées du travail, leur code du travail, leur retraite, le partage des richesses qu’ils produisent. Au sein de la gauche et des écologistes, on doit pouvoir trouver une plateforme commune : d’ailleurs « l’appel des cent »  rose rouge vert, et les « 50 mesures » qu’il propose sont une plateforme acceptable par toute la gauche. Un meeting se tient le 12 novembre à Paris sur cette base : tous les candidats de gauche et écologistes devraient y participer afin de trouver les moyens de se mettre d’accord, de reconstruire l’unité de la gauche, de choisir un candidat unique, commun, sur une base qui permette un quinquennat de transformation sociale de 2017 à 2022.

 

 

 

 

 

 

 

Finis les vestiaires en entreprise et on peut manger en travaillant, décret scélérat Valls El Khomri n° 2016-1331 du 6 octobre

 

 

De nombreux patrons en rêvaient depuis longtemps : supprimer les vestiaires ! Hé oui, car c’est une contrainte, pensez-y, ils occupent de la place, il faut les acheter, selon des normes, en hauteur pour qu’on puisse pendre deux vêtements de ville, une étagère pour y poser des affaires et cela doit fermer, serrure ou cadenas, pour la sécurité et l’intimité. Le vestiaire doit être individuel, à disposition des salariés, quelle que soit la taille de l’entreprise et son activité.

Des vestiaires collectifs doivent être séparés pour les hommes et les femmes et « réservés à cet usage et d’une surface suffisante, isolés des locaux de travail et de stockage, mais placés à proximité du passage du personnel, convenablement chauffés et aérés, équipés d’un nombre suffisant de chaises ou de bancs et d’armoires individuelles ininflammables (avec une serrure ou un cadenas), entretenus et nettoyés régulièrement ». L’employeur est responsable des vêtements déposés par les salariés dans leur vestiaire et ne peut pas fouiller dans les affaires personnelles d’un salarié sans son accord.

 

Tout ça c’étaient les articles R4228-2 à 6 du code du travail.

Mais c’est fini, Valls, El Khomri, Le Foll y ont pensé et viennent d’en décider autrement à compter du 1er janvier 2017

 

Par décret n°2016-1331 du 6 octobre 2016, « relatif aux obligations des entreprises en matière de vestiaires et de restauration sur les lieux de travail » l’art. R. 4228-2 du code du travail est modifié :

« Pour les travailleurs qui ne sont pas obligés de porter des vêtements de travail spécifiques ou des équipements de protection individuelle, l’employeur peut mettre à leur disposition, en lieu et place de vestiaires collectifs, un meuble de rangement sécurisé, dédié à leurs effets personnels, placé à proximité de leur poste de travail. »

Finis les vestiaires pour l’immense majorité des salariés ! Vous aurez droit à n’importe placard, tiroir, pour fourrer votre manteau trempé par les pluies d’hiver. Vous y compresserez votre sac, s’il y reste de la place.

De même il était interdit de manger sur les lieux de travail, c’est fini, le 2° alinéa de l’art. R. 4228-23 change pour que vous puissiez dorénavant manger sur place :

« Par dérogation à l’article R. 4228-19, cet emplacement peut, après déclaration adressée à l’agent de contrôle de l’inspection du travail et au médecin du travail par tout moyen conférant date certaine, être aménagé dans les locaux affectés au travail, dès lors que l’activité de ces locaux ne comporte pas l’emploi ou le stockage de substances ou de mélanges dangereux ».

Vous garderez votre sac sous vos pieds, ou votre manteau sur votre chaise, tout en mangeant à côté de votre machine, votre bureau, dans les locaux même où vous travaillez.

 

Il n’y a pas de petite régression, de petites économies, ni de petits cadeaux à faire aux patrons en enlevant aux salariés, intimité, sécurité et confort. Le diable est dans les détails des décrets de la loi El Khomri,Valls.

 

 

Babou : « respect »

Pour conduire une voiture, il faut une formation et un examen qui donnent le permis de conduire. Hélas ce n’est pas le cas pour conduire une entreprise.

C’est sans doute pour ça qu’on trouve des patrons comme ceux de « Babou » à Montreuil, à la sortie du M° Gallieni. Car ceux-là sont bien incapables de gérer leur magasin et de diriger 24 salariés. Non pas que le chiffre d’affaires et les comptes de résultats soient mauvais, non, c’est le rapport avec le personnel qui est désastreux. C’est le tracassin qui est le mode de rapport humains dominants.

Tracassin pour  les horaires, car il suffit de quelques minutes de retard pour que soient, sans autre forme de procès, déduites des « minutes » de salaire sur le bulletin de paie. Pourtant il n’existe pas de pointeuse, mais ça ne fait rien, il est enlevé 1 ou 2 euros, ou plus si les salariés restent 7 minutes pour se déshabiller et se mettre en tenue, au lieu des 5 minutes prévues par le « règlement intérieur ». Coté horaires, par contre, le couple gérant dirigeant de « Babou », les change volontiers, imposant des après-midi, ou des matinées à son gré, sans tenir compte des contraintes familiales de ses subordonnés. Sauf que ce n’est pas si évident de jongler avec la crèche ou la sortie d’école, et les vendeuses se trouvent prises au piège à la dernière minute. Ces modifications d’horaires et de poste sont utilisées comme « punition » pour un mot de trop ou un haussement d’épaule.

Tyrannique dans tous les détails, le couple de patrons passe son temps à dresser chacun des 24 salariés les uns contre les autres. La déléguée du personnel, élue depuis un an, c’est nouveau, dans l’établissement, n’est jamais consultée sur ces horaires mouvants ni sur rien d’ailleurs. Les heures supplémentaires ne sont pas payées. L’autre jour, parce que deux mots de trop ont été échangés entre deux salariés l’un d’entre eux, pourtant ancien, a été mis à pied, et une procédure de licenciement engagée.

Alors, la colère a explosé, et la grève, ça faisait 6 jours de suite samedi, avec un cahier de revendications long comme le bras. Leur mot d’ordre est écrit sur la banderole devant le magasin : « Respect ». Les deux patrons n’en font pas preuve : au lieu de négocier, ils s’acharnent à maintenir de façon périlleuse, la boutique ouverte, eux-mêmes avec leurs deux parents mobilisés en renfort, et une intérimaire. Mais les salariés, en majorité des femmes, ont la niaque : toute la journée, elles accueillent les clients avec de la musique des chants et des danses, et tractent, appuyées par la CGT, l’inspection du travail qui est passée, la municipalité, la presse. On n’est pas des pions dans l’entreprise.  Le « respect », elles doivent l’obtenir. Car c’est en se battant ainsi qu’on l’obtient.

Gérard Filoche

 

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Après le CN du PS du 2 octobre : Primaires citoyennes les 22 et 29 janvier – JE SUIS CANDIDAT

Chacun le sait : dés qu’il y a deux, trois, quatre candidatures de gauche à la présidentielle,  ce sera le désastre le soir du 23 avril 2017, et nous n’aurons plus qu’à pleurer toutes les  larmes de notre corps devant le sinistre choix entre le FN et LR et ses conséquences. Ce qui aura mécaniquement une traduction aux législatives qui en découlent : nous aurons une Assemblée nationale ressemblant aux conseils régionaux du Nord et de Paca. Le nombre de députés capables de résister  aux coups infâmes annoncés dans les programmes de tous les candidats de la droite sera réduit.

On sait aussi, puisque la gauche, avec Hollande et Valls est allé très à droite, la droite ira encore plus à droite : ce sont les salariés des deux sexes, jeunes, chômeurs, retraités, pauvres, nous toutes et tous, et surtout les plus vulnérables qui paieront le prix fort de cet emballement.

Voilà Juppé et NKM qui proposent de supprimer les délégués syndicaux permanents dans les entreprises de moins de 500 (99,5 % des entreprises !). Juppé, lui, propose de « remettre au travail les délégués syndicaux après deux mandats ». Ce sont les mêmes qui veulent un cumul des mandats pour les politiques !  Et Juppé, lui-même a enchainé les mandats  et n’a travaillé que 2 ans dans sa vie, au Canada quand il était repris de justice et privé de droits civiques ! Les voilà partis dans une surenchère mortifère contre le salariat, nos syndicats, nos droits,  nos salaires, nos retraites, notre Sécurité sociale. En face de ça, on doit donc combattre par tous les moyens et jusqu’au bout pour éviter un désastre du 23 avril.

La conscience grandissante parmi des millions d’électeurs et militants, de la menace de ce désastre fait pression sur les directions de tous les partis et tous les courants des partis, des syndicats, des associations.

La direction du PS est aussi sous cette pression. Hollande a déclaré qu’il ne se présenterait pas « s’il ne sentait pas que c’était possible », et que « ce ne serait pas pour répondre aux besoins d’une organisation ». Dans la même page du Journal du Dimanche, ce même 2 octobre, Cambadélis explique que « si Hollande ne se présente pas, le PS explosera ». L’enjeu est clair, ils savent tous que pour Hollande c’est foutu, mais ils lui demandent d’y aller quand même pour sauver l’appareil (Ch. Borgel, dans ce cas-là, dit que s’il restait 130 députés socialistes, au lieu de 289, « ce ne serait pas la Bérézina ». Mais l’hypothèse qu’il reste 25 députés socialistes et zéro du reste de la gauche, a aussi été envisagée). Donc, la direction du PS navigue à vue, son idéal aurait été des « petites primaires » pour sécuriser Hollande, mais encore faut-il qu’elles ne soient pas non plus trop petites, pour ne pas trop insécuriser l’élection et l’avenir de la majorité de l’appareil.

C’est dans ce contexte, qu’au CN du PS du dimanche 2 octobre, finalement  il a été décidé des « primaires citoyennes » ouvertes à toute la gauche et aux écologistes organisées les 22 et 29 janvier.

Tel  est le compromis reproduit qui a débouché sur un vote à l’unanimité dans le CN du PS le dimanche 2 octobre.  Elles n’auront pas lieu en décembre, à regret, et faute de réponse à ce jour des partenaires de la gauche à l’appel lancé depuis le CN du 18 juin. Mais l’appel a été néanmoins renouvelé et peut encore donner lieu à une ouverture à gauche et aux écologistes, le dépôt des candidatures étant fixées au 15 décembre.

On a gagné sur un autre point décisif : ce ne sera plus des « primaires de la BAP », c’est écarté, mais ce seront des « primaires citoyennes » organisées officiellement par les sensibilités participantes, courants, candidats, partis, dans une commission ad hoc, « (CNOP ») qui repartira les paroles, les  débats, les campagnes et leur financement.

Il reste donc toujours possible de se battre pour que toute la gauche et les écologistes y participent  sachant que la désignation du candidat écologiste aura lieu fin octobre, et que le PCF prendra une position le 3 novembre.

Au CN de la motion B, dans le XV° arrondissement de Paris, le dimanche matin,  je suis intervenu pour que la motion B se batte pour amender le texte proposé (et déjà publié) de la motion A majoritaire. Cela s’est traduit par une interruption de séance au CN lui-même, vers 16 h, devant toute la presse, et la majorité Cambadélis a intégré les amendements que nous exigions.  Quatre d’entre eux ont été intégrés, dont le renouvellement de l’appel à l’élargissement à toute la gauche et aux écologistes, lequel est rendu possible par le nouveau nom de la primaire : « primaire citoyenne ».

La version finale du nouveau texte, comme ce fut le cas en juin, laissant donc encore les portes ouvertes à toutes celles et ceux à gauche qui veulent ou voudront les franchir,  nous avons donc (re) voté à l’unanimité. Evidemment, comme après le CN du 18 juin, JC Cambadélis va tenter de donner son interprétation à lui, à ces « primaires citoyennes », mais nous avons les moyens de donner aussi notre interprétation et notre sens à celles-ci. Ce ne sont plus des primaires de la BAP. Ce ne sont pas non plus des primaires du PS. Ce sont des « primaires citoyennes » ouvertes à toute la gauche et aux écologistes. « Toutes les idées de la gauche y seront représentées » n’a cessé de répéter JC Cambadélis.

Nous n’allions pas renoncer, dans ces conditions, à ce CN, à poursuivre la bataille vitale pour que les primaires soient les plus ouvertes possibles et pour qu’il n’y ait à l’arrivée qu’un seul ou une seule candidate de toute la gauche et des écologistes. Si nous ne l’avions pas fait nous aurions donné le signal de la défaite, et abandonné, en fait, tout combat ensuite, sortis des radars.

Et d’ici le 15 décembre bien des événements vont se produire.

Des millions d’électeurs de gauche sont en train progressivement de prendre conscience de ce qui se joue en ce moment : – soit c’est l’unité à gauche et l’espoir – soit c’est la division et le désastre. Ils vont dire vigoureusement, nous l’espérons, à tous les appareils, appareillons, candidates et candidats que rien ne doit être considéré comme « foutu » en 2017.

Rien n’est joué, donc ! En avant !

Imaginez que Hollande n’y aille pas ?  Et même si Valls y allait à sa place ?  Le simple fait que ces hypothèses soient de plus en plus incertaines, nourrit l’aspiration au changement, la maturation des idées dans le vaste champ majoritaire de la gauche qui a bataillé contre la loi El Khomri depuis neuf mois.  Il y aura secousse et ouverture d’un champ nouveau.  Il y a du suspens donc de l’intérêt.

Le premier sondage indiquerait que 1,7 million d’électeurs de gauche s’apprêtent à participer. C’est un chiffre  qui surprend Cambadélis  lui-même qui précise aussitôt que « cela doit être exagéré ». Mais ça indique que les électeurs  n’ont pas fait la distinction, ils avancent à leur rythme, ils sont prêts à utiliser tous les moyens de s’exprimer et même à transformer une ex « petite primaire » en une « grande primaire » (sans même avoir compris, la différence entre les deux).  Il y a toujours 86 % d’électeurs de gauche qui sont favorables à une primaire quelle qu’elle soit, sans davantage se préoccuper de savoir si elle est « petite » ou si elle est « grande ». Ce score risque d’augmenter au fur et à mesure que la droite va faire réellement parler de « sa » primaire et occuper les écrans.

Ca bouscule du coup dans les faits, le PCF et les Verts car leur base, et leurs sympathisants et bien au delà, leurs électeurs, risquent de venir voter, quoiqu’il arrive, et tenter d’écarter Hollande. Surtout si les sondages indiquent, comme c’est à nouveau le cas, que Hollande hésite car il peut y être battu. La manœuvre de Cambadélis pour empêcher ça peut donc échouer. Ce qui explique que dans l’Humanité, une tribune, ait remis à l’ordre du jour la question de  la primaire malgré leur vote de congrès. Si le dernier sondage donne 13 % à Filoche dans les « sympathisants de gauche » c’est bel et bien que les « sympathisants de gauche » répondent à la question et peuvent se déplacer.

Dans ce cas-là, cela accroit les chances que Hollande soit annoncé comme battu et hésite encore plus à y aller. C’est une spirale que nous pouvons encourager. Poussons donc en ce sens  tout en poussant, sur le fond politique, la candidature Filoche qui devrait être récompensée pour sa constance unitaire, pour son optimisme entêté à gagner, et pour le fond politique qu’elle défend à travers cela – en défense des petits salaires et des petits retraites, 1800, 60, 32… Répartition des richesses d’abord !

Ca balaye un argument : dans ce cas de figure, il n’y a pas « trop de candidats » à la primaire citoyenne. Il n’y en a que six, et un septième est envisagé. Moins que la droite, elle-même. Aucun « danger » en matière de répartition des voix, même s’il y a un candidat libéral, il y a deux tours, les 22 et 29 janvier. Débattons ! Allons sur le fond politique, sur le contenu ! Et si ça se décante, si on se rapproche, si on trouve un accord sur une plate-forme,  on le fera. Ca doit être possible, on est dans la même motion. Jusqu’au 15 décembre, il y a du temps pour ça.

Assez de temps pour qu’une dynamique prenne autour du candidat  de gauche le meilleur ou la meilleure, anti libéral. Imaginez encore qu’il gagne comme des sondages le prévoient,  la dynamique interrogera celles et ceux qui se seront tenus hors de la primaire citoyenne : car un candidat qui se maintiendrait apparaitrait vite moins légitime que celui désigné par 2 ou 3 millions d’électeurs. Il serait soumis à forte pression pour ne pas diviser les voix et pour ne pas provoquer le désastre le 23 avril.

Pour qu’une dynamique prenne, il faut aussi lever les obstacles : qu’aucun des candidats ne soit considéré comme illégitime ni au plan politique ni au plan organisationnel (critères). Il a été dit au sein de la motion B qu’ils étaient tous les quatre complémentaires dans leurs apports, on doit pouvoir rédiger une plateforme commune et faire tous les gestes nécessaires pour y parvenir.

J’avais proposé à La Rochelle que les 4 candidats participent ensemble à la manifestation syndicale unitaire du 15 septembre pour le retrait de la loi El Khomri. J’ai été ovationné à La Rochelle mais hélas pas suivi à la Bastille.

J’avais proposé à la DN de la motion B du lundi 19 septembre que nous publiions une lettre ouverte commune des 4 candidats JC Cambadélis pour lui demander de ne pas fermer la porte, lors du CN du 2 octobre, à la gauche et aux écologistes pour la primaire si elle se tenait les 22 et 29 janvier.  J’ai été approuvé en réunion,  j’ai envoyé trois fois un projet aux trois autres candidats avec une semaine d’avance, mais je n’ai eu aucune réponse. J’ai donc publié seul, à regret, le projet de lettre ouverte dans Huffington Post. C’eut été mieux en commun. D’autant que nous avons eu finalement gain de cause.

Pour rédiger une plateforme commune, j’ai  rappelé que nous avions cosigné, Marie-Noëlle Lienemann, Guillaume Balas, et moi, « L’appel des cent » le 1er mai dernier. L’idée était de chercher une plateforme commune de toute la gauche, ce qui est évidemment nécessaire pour travailler à construire une candidature commune de toute la gauche. Tant bien que mal, à force de ténacité, nous avons avance et publié « 50 mesures » issues de cet appel des cent. Ces 50 mesures sont « roses rouges et vertes », unitaires. C’est, me semble t il une bonne base de départ et j’ai proposé plusieurs fois, aux mêmes camarades,  de la motion B, et 3 autres candidats, en même temps qu’on rédige une plateforme entre nous, d’associer les « 50 mesures », et les « cent ». Ca ferait gagner beaucoup de temps et de dynamique en termes d’unité, et si c’est bien fait, cela pourrait s’avérer absolument décisif  pour l’emporter les 22 et 29 janvier. Les « candidats de la plateforme » commune, rose rouge verte, attireraient bien plus d’électeurs ainsi !

J’avais proposé aussi à la Rochelle un meeting commun de nos quatre candidats. J’avais en tête que « l’appel des cent » avait discuté la veille, à la fête de l’Humanité, de proposer une initiative unitaire de ce type – fixée, depuis, au 12 novembre à Paris. Chacun imagine que si les représentants de la diversité de la gauche dont les 4 candidats faisaient réunion commune le 12 novembre au cœur de toute la gauche, le symbole serait fort et entraînant. J’espère cette fois, être entendu.

Il me semblerait aussi que nous devrions saisir certaines occasions pour parler d’une seule voix sur des sujets d’actualité ce qui aboutirait sans doute à faciliter une candidature commune, et une dynamique unitaire si nécessaire et ça attirerait, et ça entrainerait, et garantirait aussi mobilisation et succès les 22 et 29 janvier.

Ce qui n’empêcherait pas chaque camarade de mobiliser ses sympathisants : pour ce qui est de la candidature de Gérard Filoche, nous aurons une grande réunion nationale de campagne à Paris le samedi 10 décembre, en soutien à sa candidature. D’ici là le candidat Filoche a prévu de participer des dizaines d’initiatives et de meetings, (dont certains unitaires de « l’appel des cent », comme à St-Etienne et à Lyon les 3 et 4 octobre, d’autres contre les effets de la loi El Khomri, d’autres sur des sujets d’actualité nationale et internationale liés à son programme mis au point en juin-juillet dernier : www.filoche2017.fr).

 

 

 

 

 

Oui l’inspection du travail peut – et doit – contrôler les licenciements !

 

On ne peut pas laisser les employeurs décider du sort de millions de salariés pour le seul plaisir de leurs actionnaires qui ne veulent pas renoncer à leurs célèbres 15 % de marge bénéficiaire.

Il ne faut pas faciliter les licenciements, ca ne fait que du chômage. Quand l’état se dote des moyens de contrôler les licenciements, il se dote aussi du moyen de « tenir » les patrons à Belfort, à Florange, à PSA, à Sanofi, à HSBC… .

Que  peut-on faire sinon quand les  « plans » dit « de sauvegarde de l’emploi«   (PSE) et les licenciements abusifs se multiplient de façon éhontée, dramatique, cassant les emplois et les vies ?

D’abord laisser aux organisations syndicales tous les moyens de jouer leur rôle : les employeurs doivent être obligés d’informer, de consulter, de négocier avec les syndicats et des « avis conformes » des institutions représentatives du personnel toutes les alternatives aux licenciements, toutes les voies de reclassement et de formation, toutes les indemnités que méritent ceux qui ont produit tant de richesses et sont privés de la part qu’ils méritent.

Mais ensuite, quand manifestement, employeurs et actionnaires ne veulent pas renoncer à des licenciements abusifs, boursiers, la puissance publique doit se donner les moyens d’agir. L’état ne peut pas tout, mais dans ces cas-là, il peut beaucoup !

Quel service de l’état est le mieux placé, sinon celui qui est sur le terrain, qui a pour « mission d’alerter les gouvernements en place sur le sort qui est fait aux salariés » (convention 81 de l’OIT) c’est-à-dire le service public de l’inspection du travail ?

Celle-ci pouvait déjà réagir depuis 1993 a un possible « constat de carence » qui rendait « nul et de nul effet » les PSE abusifs : mais dans un délai imparti tellement court (huit jours après le lancement du plan, c-à-d avant le premier CE) qu’une telle décision n’a pas de portée réelle. Il suffirait d’allonger ce délai et de le reporter aux 15 jours qui suivent le dernier CE concluant le PSE pour tout changer : alors si l’employeur abuse et ne veut rien entendre, l’inspection, saisie par les syndicats, se fondant sur un « doute manifeste », pourrait se voir confier le pouvoir de suspendre les licenciements, obligeant l’employeur à revoir sa copie ou éventuellement à saisir le juge lui-même.

Autant de temps gagné pour de nouvelles et impératives négociations ! La puissance publique peut alors imposer un tel coût aux délocalisations et licenciements que ceux-ci n’en vaudront plus la peine. On aurait sauvé UMP à Docelles (88) ou maintenant ArjoWiggings à Wizermes (62).

Si vous vous privez de cela, vous vendez Alstom à General Electric avec un chèque en blanc : quand il veulent ils vous pillent les emplois !

C’est préférable de donner à l’inspection du travail ce pouvoir en amont plutôt qu’au juge en aval : car on a connu à la Samaritaine, à Faurécia, et dans bien d’autres entreprises des « victoires » de salariés qui se voyaient réintégrés deux, voire trois ou quatre ans plus tard judiciairement, mais que pouvaient-ils faire de cette « justice » rendue ?

J’ai souvenir d’une salariée de la Samaritaine, Brigitte Zerbib, licenciée en 1994, après avoir été 27 ans vendeuse, qui s’est défenestrée, faute d’espoir de retrouver un emploi : et pourtant une décision de la Cour de cassation, l’a ré intégrée deux ans plus tard, avec 130 de ses collègues … Quant à Faurécia, licenciant injustement en 2000, ils ont dû payer quatre ans après l’équivalent de 650 années de salaires, mais bien tard pour les ouvriers concernés qui n’avaient plus d’emploi.

Voilà pourquoi un constat de carence ou « veto suspensif » de l’inspection peut aider les syndicats à garantir, à temps, efficacement, emploi et justice sociale contre la rapacité des actionnaires : licencier leur coûtera d’emblée tellement cher qu’ils devront refaire le calcul de leur célèbre marge.

 

Gerard Filoche