Propositions de saisine du Conseil constitutionnel, de l’Organisation Internationale du Travail et du Conseil d’Etat

Contre la loi El Khomri du 8 août 2016

 

 


La lecture des plaintes formulées par les organisations syndicales grecques en 2010 et 2011 auprès de l’Organisation Internationale du Travail donne l’exacte mesure de la logique et de la violence à l’œuvre dans la loi travail. La réponse faite par le comité de la liberté syndicale de l’OIT a été la suivante : « Le comité constate que la longue liste de questions soulevées par les organisations plaignantes démontre la présence de nombreuses et sérieuses atteintes à la liberté de négociation collective et au principe de l’inviolabilité des conventions collectives librement conclues…Le comité souligne que la mise en place de procédures favorisant systématiquement la négociation décentralisée de dispositions dérogatoires dans un sens moins favorable que les dispositions de niveau supérieur peut conduire à déstabiliser globalement les mécanismes de négociation collective ainsi que les organisations d’employeurs et de travailleurs et constitue en ce sens un affaiblissement de la liberté syndicale et de la négociation collective à l’encontre des principes des conventions n° 87 et 98 ».

A ces reproches, il faut ajouter, s’agissant de la loi du 8 août 2016, qu’elle organise le retrait de la loi sur l’ensemble du droit du travail, en violation de l’article 34 de la Constitution, de la façon suivante : les principes légaux sont vidés de tout contenu (durées de travail, de repos, de délai de prévenance non quantifiées, « majoration salariale » non quantifiée, utilisation de la notion de « raisonnable »…) laissant ainsi l’accord d’entreprise – primant systématiquement l’accord de branche – « faire » la loi.

 

Article 1 :

Non respect de l’article 34 de la Constitution : les formulations utilisées (« refondation du code du travail » ; « place centrale à la négociation collective », ainsi que son application dans la loi, permettent d’affirmer que ce n’est plus la loi, mais l’entreprise, soit par l’accord collectif, soit par l’accord individuel, soit de façon unilatérale, qui fera la « loi ».

En donnant de façon presque systématique la primauté aux accords d’entreprise sur les accords de branche, fussent-ils plus défavorables aux salariés, le législateur n’est aucunement mû par l’intérêt général. Un intérêt général, conforme aux conventions internationales de l’OIT ratifiées par la France, dont le législateur est pleinement conscient, qui, par le nouvel article L.2232-5-1, confère précisément aux branches la mission de « réguler la concurrence entre les entreprises relevant de son champ d’application »…

La dernière rédaction de l’article 1 de la loi du 8 août 2016 (« Les dispositions supplétives applicables en l’absence d’accord collectif doivent, sauf à des fins de simplification, reprendre des règles de droit positif ») fait également litière des engagements peu ou prou pris dans les rédactions et déclarations antérieures, faisant valoir qu’à défaut d’accord collectif, les clauses légales antérieures à la loi travail seraient maintenues. Outre la réserve passe-partout d’une nécessité de « simplification », la référence au « droit positif », ensemble des règles en vigueur quel que soit leur source (doit du travail, droit civil, droit commercial…) réduit à néant les engagements. Si besoin était, la loi elle-même fournit déjà maints exemples de non respect du maintien d’un droit constant en l’absence d’accord : 1/ à défaut d’accord collectif, les conditions de dépassement de la durée maximale hebdomadaire moyenne sont plus défavorables qu’avant la loi (articles L.3121-24 et L.3121-25) 2/ à défaut d’accord collectif, l’employeur peut désormais fixer la période de référence pour les heures supplémentaires à 9 semaines pour les entreprises de moins de 50 salariés et 4 semaines pour les entreprises de plus de 50 salariés (article L.3121-45).

 

Article 2 :

Non respect des libertés fondamentales (article 1 de la Constitution, article X de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789) : article L.1321-2-1, la notion de « neutralité » sanctionnable désormais par le règlement intérieur, décision unilatérale de l’employeur, permettant toutes les dérives et discriminations ; de même la restriction de la manifestation des « convictions » de salariés en raison du « bon fonctionnement » de l’entreprise, soumise à l’appréciation de l’employeur.

Article 8 :

Non respect de l’article 34 de la Constitution, non respect du principe d’égalité (article 1 de la Constitution), non respect des conventions internationales n° 87 (articles 3, 8 et 11) et 98 (articles 2 et4) de l’OIT sur la liberté contractuelle ratifiées par la France le 28 juin 1951 et le 26 octobre 1951, non respect de la convention internationale n°154 de l’OIT (articles 7 et 8) :

Pour tout le livre 1er de la troisième partie du code du travail (durée du travail, repos, jours fériés, congés, contrôle de la durée du travail), ne seront plus opposables comme étant supérieurs aux accords d’entreprise les accords de branche antérieurs à la loi travail qui disaient qu’ils l’étaient.

Explicitation de la formulation très obscure de la loi travail sur ce point : « L’article 45 de la loi n° 2004-391 du 4 mai 2004 relative à la formation professionnelle tout au long de la vie et au dialogue social n’est pas applicable aux conventions et accords conclus en application des dispositions du livre Ier de la troisième partie du code du travail qui prévoient la conclusion d’un accord d’entreprise ou d’établissement ou, à défaut, d’une convention ou d’un accord de branche ». L’article 45 en question dit : « La valeur hiérarchique accordée par leurs signataires aux conventions et accords conclus avant l’entrée en vigueur de la présente loi demeure opposable aux accords de niveaux inférieurs. ». Cet article ne s’appliquant pas, la valeur hiérarchique accordée par les signataires d’un accord de branche ne s’appliquera plus pour les accords conclus avant la loi travail.

 

Quelques exemples de conséquences pratiques :

 

1/ article L.3131-3-1, un accord d’entreprise pourra limiter le nombre de jours fériés chômés par rapport à ce que prévoyait la convention collective de la branche ;

 

2/ article L.3131-2, un accord d’entreprise pourra décider de limiter le repos journalier continu de 11 h même si l’accord de branche ne le prévoit pas. Pire sur ce point, à défaut d’accord, l’employeur pourra (article L.3131-3) limiter le repos quotidien de façon unilatérale en invoquant un surcroît d’activité ! (conditions fixées par décret) ;

 

3/ article L.3121-19, dépassement de la durée de travail maximale quotidienne de 10h possible par accord d’entreprise pour des « motifs liés à l’organisation de l’entreprise » ;

 

4/  article L.3121-42, pour la modification de la répartition de la durée du travail, l’ordre public ne fixe plus qu’un « délai raisonnable » ;

 

5/ articles L.3121-28, L.3121-33 et L.3121-36, la loi ne fixe pas de cadre pour la « majoration salariale » de la rémunération des heures supplémentaires qui sera fixée par accord d’entreprise ou d’établissement ou, à défaut, par accord de branche avec un minimum de 10% de majoration. Ce n’est qu’en l’absence d’accord que s’appliquera la « disposition supplétive » qu’est devenue l’actuelle disposition légale (25% et 50%). Ce point très important, tant pour la rémunération des salariés concernés que pour l’ampleur du chômage, est tant éloigné du respect du rôle de la loi en matière de droit du travail et de l’égalité entre salariés que le gouvernement a annoncé, en échange de l’arrêt de leur mouvement de protestation que la loi ne s’appliquerait pas aux transports routiers…

 

6/ articles L.3123-33 et L.3123-38, un simple accord d’entreprise ou d’établissement (ou, à défaut, un accord de branche étendu) pourra désormais mettre en place des contrats de « travail intermittent » qui ont notamment comme caractéristique que les salariés, par « lissage » de leur rémunération sur l’année, font crédit à leurs employeurs.

 

Non respect de la hiérarchie des normes sur les salaires minima conventionnels, mise en cause de la liberté contractuelle, non-conformité au principe d’égalité qui résulte de l’article 1 de la Constitution et de l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, violation de la loi : article L.5125-1, un accord d’entreprise peut, en invoquant de « graves difficultés économiques » diminuer la rémunération, horaire et mensuelle, de salariés dont la rémunération horaire est supérieure à 1,2 fois le SMIC (dans la limite de ce seuil)

 

Non respect des conventions européennes et du 11ème alinéa du Préambule de la Constitution de 1946 : l’astreinte est considérée comme une période de repos (article L.3121-10)

 

Non respect des principes de laïcité (article 1 de la Constitution) et de liberté contractuelle garantie par la convention internationale n° 87 (articles 8 et 11) : pour la journée de solidarité (article L.3134-16) il est interdit de choisir le Vendredi saint et un des deux jours de Noël.

 

Non respect 11ème alinéa du Préambule de la Constitution de 1946, non respect des salaires minima légaux et conventionnels, non respect des arrêts de la Cour de cassation déclarant non « raisonnables » au regard des durées de travail et de repos des dispositions de conventions relatives au forfait jours : 1/ possibilité par accord entre le salarié et son employeur, de troquer renonciation à des jours de repos contre une « majoration de salaire » (article L.3121-59) qui peut être inférieure au salaire dû et donc ne pas respecter le taux horaire dû ; le législateur peut d’autant moins invoquer un quelconque intérêt général à cette mesure quand on observe que, dans la même loi, par modification de l’article L.241-18 du Code de la Sécurité sociale, cette renonciation au repos ouvre droit à une exonération forfaitaire de cotisations patronales pour les entreprises de moins de vingt salariés ; 2/ les dispositions supplétives parlent de « charge de travail raisonnable » et demande à l’employeur de s’assurer que la charge est « compatible avec le respect des temps de repos quotidiens et hebdomadaires » (article 3121-65).

 

Non respect du principe d’égalité (article 1 de la Constitution) : article L.5544-1, sans que soit invoqué un quelconque intérêt général, la loi institue une différence de traitement envers les marins en décrétant non applicables pour eux les articles L. 1222-7, L. 3111-2, L. 3121-1 à L. 3121-39, L. 3121-43, L. 3121-48 à L. 3121-52, L. 3121-63, L. 3121-67 à L. 3121-69, L. 3122-1 à L. 3122-24 et L. 3131-1 à L. 3131-3 , L. 3162-1 à L. 3162-3, L. 3163-1 à L. 3163-3, L. 3164-1, L. 3171-1, L. 3171-3, L. 3171-4 et L. 4612-16 du code du travail relatifs à la durée du travail et des repos et à leur contrôle ainsi qu’à la rémunération des heures supplémentaires.

 

 

Article 9 :

 

Non respect de l’article 34 de la Constitution : les formules alambiquées et ridicules finalement adoptées pour la détermination des congés pour évènements familiaux, à la suite de l’émoi suscité par la première rédaction qui autorisait, par accord collectif, des congés moins importants que ceux prévus par la loi antérieure, soulignent a contrario que la loi travail a bien pour principale fonction de transférer ce qui relève bien du domaine de la loi au domaine contractuel en violation de l’article 34 de la Constitution.

De même, comment soutenir que la durée des congés pour catastrophe naturelle – ou pour représentation, ou pour proche aidant ou pour participation aux instances d’emploi et de formation professionnelle ou à un jury d’examen ou ceux pour acquisition de la nationalité –  pourraient différer suivant les entreprises et ne pas relever de la loi ?

 

Non respect 11ème alinéa du Préambule de la Constitution de 1946 : report de congés payés (articles L.3142-118, L.3142-120).

 

Article 10 :

 

Non respect 11ème alinéa du Préambule de la Constitution de 1946 : la protection de la maternité est-elle la même avant ou après la loi ? La nouvelle formulation (article L.1225-4) laisse entendre que désormais, même en cas de grossesse constatée, la rupture du contrat de travail peut avoir lieu avant le congé maternité.

Article 11 :

Non respect 11ème alinéa du Préambule de la Constitution de 1946 : report de congés payés dans le compte épargne-temps (article L.3151-2).

 

Article 12 :

 

Dans cet article, un coup la loi n’est pas rétroactive (pour les conventions individuelles de forfait par exemple), un coup elle l’est (pour les accords collectifs conclus avant la loi portant sur la « programmation indicative » de la répartition du temps de travail).

 

La rétroactivité de la loi travail est à géométrie variable (articles 8, 12, 17, 21)

 

Article 14 :

 

Non respect 11ème alinéa du Préambule de la Constitution de 1946 : la loi travail ajoute un alinéa à l’article L.4511 du code des transports relatif aux durées maximales de travail des salariés travaillant sur des bateaux en relèves (navigation intérieure et transport fluvial) . « La convention ou l’accord collectif de branche étendu ne peut avoir pour effet de porter la durée quotidienne de travail effectif à plus de quatorze heures et la durée maximale hebdomadaire de travail à plus de quatre-vingt-quatre heures. Il ne peut pas non plus avoir pour effet de porter à plus de soixante-douze heures la durée hebdomadaire moyenne de travail calculée sur une période quelconque de seize semaines consécutives ».  Des durées non « raisonnables ».

 

Article 16 :

 

Non respect de l’article 34 de la Constitution, entrave à la libre  négociation collective garantie par les conventions internationales n°87 et 98 : article L.2222-3, possibilité de transformer les négociations obligatoires annuelles en négociations triennales, les triennales en quinquennales et les quinquennales en négociations tous les sept ans).

 

Entrave à la libre  négociation collective garantie par les conventions internationales n°87 et 98 : 1/ article L.2222-4, limitation à 5 ans des accords, «  à défaut de stipulation de l’accord sur la durée » ; 2/ article L.2222-4, cessation désormais automatique des effets d’une convention ou d’un accord arrivé à expiration, alors que jusqu’ici à défaut de mention explicite en ce sens dans la convention ou l’accord, ils se transforment en convention ou accord à duré indéterminée (Cass.soc. 25 janvier 1994) ; 3/ article L.2231-5-1, introduction d’un « secret » des accords dont une partie seulement pourrait faire l’objet d’une publication en ligne.

 

Article 17 :

 

Entrave à l’exercice de l’activité syndicale, de la liberté contractuelle et de l’indépendance des organisations syndicales garantis par la convention internationale n°98 de l’OIT (article 4) : articles L.2232-24 et L.2232-24-1, création d’une possibilité de négociation, de conclusion et de révision d’accord d’entreprise ou d’établissement avec un simple salarié, ni délégué syndical, ni représentant du personnel élu, à la seule condition d’être mandaté par une organisation syndicale. Ces salariés mandatés pouvant signer tout accord relevant du code du travail, en application des dispositions du nouvel article L.2232-24-1.

Entrave à l’exercice de l’activité syndicale et à la liberté contractuelle garanties par les conventions internationales n° 87 (article 8 et 11) et 98 de l’OIT (article 4) : articles L.2261-13 et L.2261-14, suppression du maintien à titre individuel des clauses d’une convention ou d’un accord dénoncés ou mis en cause après expiration du délai d’un an, à l’exception du maintien de la « rémunération des douze derniers mois » et la loi travail

 

Article 18 :

 

Atteinte à l’organisation judiciaire : articles L.2314-11, L.2131-20, L.2314-31, L.2324-13, L.2324-18, L.2327-7, L.2322-5, recours de décisions administratives devant le juge judiciaire « à l’exclusion de tout autre recours administratif ou contentieux ».

 

Atteinte à l’activité syndicale et de représentation du personnel : 1/ article L.2326-5, possibilité pour l’employeur d’imposer des réunions en « visioconférence » ; 2/ article L.2323-26-1, dispense par la loi pendant un an des obligations fixées par celle-ci pour les entreprises de plus de trois cent salariés ; 3/ article L.2323-9, L.2323-60, suppression des communications dues au comité d’entreprise, remplacées par une simple « mise à disposition » d’une « base de données »

 

Article 21 :

 

Mise en cause fondamentale de l’activité syndicale : articles L.2332-12 du code du travail et L.514-3-1 du code rural et de la pêche maritime, annulation possible par référendum organisé par l’employeur d’un refus majoritaire d’organisations syndicales d’un accord jugé défavorable aux salariés

 

Article 22 :

 

Non-conformité à l’article 34 de la Constitution, et aux articles 4 et 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, et à l’alinéa 5 du Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 : article L.2254-2, le prima de l’accord collectif sur la volonté contractuelle de l’employeur et du salarié est une atteinte à la liberté contractuelle et la généralité de cette autorisation à défaire en défaveur du salarié et par voie d’accord collectif une partie du contrat de travail est une violation incontestable de l’article 34 de la Constitution ; de plus en prévoyant que le refus exprimé par un salarié à la modification de son contrat de travail constitue un motif de licenciement, le législateur porte une atteinte à la liberté contractuelle, atteinte excessive et non justifiée par un intérêt général, atteinte caractérisée et disproportionnée au droit à l’emploi. Enfin l’accord dérogatoire, c’est-à-dire dans lequel la loi autorise un accord collectif à déroger dans un sens défavorable aux salariés, ne peut être autorisé par la loi que si cette dernière définit de façon précise l’objet et les conditions, de fond comme de forme, de ces dérogations et ici le législateur n’a pas respecté les compétences qu’il tire de l’article 34 de la Constitution.

 

Non respect de la hiérarchie des normes sur les salaires minima conventionnels, mise en cause de la liberté contractuelle, non-conformité au principe d’égalité qui résulte de l’article 1 de la Constitution et de l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, violation de la loi : article L.2254-2, en permettant par accord d’entreprise de ne maintenir que la rémunération mensuelle avec une augmentation du temps de travail, les salaires horaires de base conventionnels ne sont plus respectés. Disposition par ailleurs parfaitement contradictoires avec celles de l’article L.2253-3 qui interdit aux accords d’entreprise de se substituer aux accords de branche.

 

Non-conformité au principe d’égalité qui résulte de l’article 1 de la Constitution et de l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : article L.2254-4, par lequel un salarié licencié suite au refus de la modification de son contrat de travail se voit appliqué une fois au chômage dans le cadre d’un « parcours d’ accompagnement personnalisé » une indemnisation différente et du taux commun (supérieure) et du taux prévu pour ceux qui ont accepté une convention de reclassement personnalisé dans le cadre d’un licenciement pour motif économique (vraisemblablement inférieure).

 

Article 24 VI :

 

Mise en cause de la liberté contractuelle des organisations syndicales garantie par les conventions internationales n°87 (articles 3, 8 et 11) et 98 (article 4) de l’OIT : les organisations syndicales au niveau des branches sont sommées, dans un délai de deux ans, de lister les thèmes sur lesquels les accords d’entreprise pourront être moins favorables, faute de quoi le gouvernement menace de procéder à des fusions de conventions collectives.

 

Article 25 :

 

Mise en cause de la liberté contractuelle des organisations syndicales garantie par les conventions internationales n°87 (articles 3, 8 et 11) et 98 (article 4) de l’OIT : 1/ article L.2261-32, qui permet au gouvernement d’engager la fusion de conventions collectives de branches différentes et ce de façon discrétionnaire au vu des cinq motifs énoncés par la loi ; 2/ disposition de la loi qui permet au gouvernement d’engager d’ici au 31 décembre 2016 la fusion de branches ayant un champ d’application est régional ou local.

 

Article 25 :

 

Mise en cause de la liberté contractuelle des organisations syndicales garantie par les conventions internationales n°87 (articles 3, 8 et 11) et 98 (article 4) de l’OIT : possibilité donné au gouvernement de refuser l’extension de conventions collectives et de ses avenants en avançant la nécessité prétendument d’intérêt général de « restructuration des branches professionnelles »

 

Article 25 :

 

Entrave à l’exercice de l’activité syndicale garantie par les conventions internationales n°87 (articles 3, 8 et 11) et 98 (article 4) de l’OIT : menace de ne pas reconnaître la représentativité d’organisations syndicales au niveau d’une branche professionnelle, pour laquelle le gouvernement estimerait que l’un des motifs avancés à l’article L.2261-32 peut être invoqué.

 

Article 27 :

 

Entrave à l’exercice de l’activité syndicale garantie par la convention internationale n°87 (articles 3, 8 et 11) de l’OIT : article 1311-18 du code des collectivités territoriales, qui permet d’une part formalise le caractère facultatif de la mise à disposition de locaux syndicaux par les collectivités territoriales et permet le retrait du bénéfice de cette mise à disposition en échange d’une simple indemnité dont le montant n’est pas précisé et dont l’attribution est soumise à une condition d’ancienneté de la mise à disposition et à l’absence de clause contraire dans la convention entre la collectivité territoriale et les organisations syndicales.

 

Article 28 :

 

Entrave à l’exercice des fonctions de représentant du personnel : article L.2142-1-3, L.2143-13, L.2143-15, L.2315-1, L.2325-6, L.2326-6, L.2393-3, L.4614-3, qui imposent au représentant du personnel sous convention de forfait jours à prendre son crédit d’heures de délégation par demi-journée entière.

 

Article 33 :

 

Entrave à l’indépendance des organisations syndicales garantie par les conventions internationales n°87 (articles 3, 8 et 11) et 98 (articles 2 et 8) de l’OIT : articles L.2212-1 et L.2212-2, possibilité de formations communes aux représentants des salariés et des employeurs, sous couvert d’ « améliorer les pratiques du dialogue social », formations financées notamment par contribution des employeurs (article L.2135-10) et dont le contenu ainsi que les conditions dans lesquels elles sont dispensées,  les dépenses d’indemnisation et les frais de déplacement et d’hébergement des stagiaires et animateurs, peuvent être défini par accord d’entreprise.

 

Articles 39 et 43 :

 

Violation des principes constitutionnels de fraternité (article 2 de la Constitution) et du droit d’obtenir un emploi (5ème alinéa du Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946), violation de la loi informatique et libertés du 8 janvier 1978 : mise en concurrence systématique de toute la population active et des retraités portant atteinte à la cohésion sociale ; atteinte à la protection de la vie privée par la constitution d’un immense fichier de données personnelles lui-même constitué de plusieurs fichiers, concernant toute la population active et les retraités, fichier ouvert jusqu’au décès, avec une possibilité d’interconnexion de toutes sortes de fichiers par le numéro de sécurité sociale qui y est intégré : les articles L.5151-1 à 12, L.6323-1, L.6323-2, L.6323-4, L.6323-6, L.6323-6-1, L.6323-7, 6323-11, L.6323-11-1, L.6323-12, L.6323-15, L.6323-20, L .6323-20-1, L.6323-24, L.6323-25 à 41,  s’ajoutent aux décrets n° 2014-1717 du 30 décembre 2014 et n° 2015-1224 du 2 octobre 2015 relatif au traitement automatisé de données personnelles appelé « Compte Personnel de Formation » qui lui-même intègre un fichier dénommé « passeport d’orientation, de formation et de compétences, véritable livret ouvrier numérique (Etudes et formations suivies, Diplômes et certifications obtenues, Qualifications détenues et exercées, Expérience professionnelle, Aptitudes et compétences, Permis de conduire, Langues étrangères, Assermentations).

Sans compter les inévitables fuites de données constatées sur internet (fuites dont les tribunaux ont jusqu’à présent exonéré l’Education nationale pour les fichiers enregistrant les données personnelles et scolaires des élèves en arguant que l’administration avait fait son possible), l’accès aux données personnelles de toute la population active et des retraités sera inévitable pour au moins deux raisons : 1/ qui refusera l’accès à un employeur quand l’embauche ou la promotion seront en jeu ? 2/ le décret sur le « Compte personnel de Formation »  permet l’accès à des « conseillers en évolution professionnelle » parmi lesquels figurent les entreprises de travail temporaire.

 

Article 44 et 45 :

 

Non conforme à l’article 34 de la Constitution, l’introduction par simple ordonnance de l’application aux agents publics du « Compte Personnel d’Activité » qui constitue un changement fondamental de la loi portant sur les principes de base du droit du travail, changement fondamental revendiqué par les auteurs du rapport préparatoire à la loi travail.

 

Article 57 :

 

Non respect de la liberté contractuelle garantie par les conventions internationales n°87 (articles 3, 8 et 11), 98 (article 4) et 154 (article 7 et 8) de l’OIT et de l’article 34 de la Constitution : en demandant aux organisations syndicales au niveau national et interprofessionnel d’engager une « concertation » avant le 1er octobre 2016 et si possible une « négociation » sur « les modalités du fractionnement du repos quotidien ou hebdomadaire », en décidant que cette « concertation », à défaut d’accord, devra établir un « guide de bonnes pratiques » servant de « référence lors de la négociation d’une convention ou d’un accord d’entreprise », la loi travail fait pression sur les organisations syndicales pour obtenir des accords dérogatoires à la loi sur le repos quotidien et hebdomadaire.

 

Article 60 :

 

Violation de la séparation du judiciaire et du législatif (article XVI de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789) : articles L.7341-1, L.7342-1 à 6, la loi ne peut décider que les « travailleurs utilisant une plateforme de mise en relation par voie électronique » se voient qualifiés de « travailleurs indépendants », alors même que la justice est saisie de nombreux recours, y compris de l’Urssaf Ile-de-France, tendant à juger que la relation de travail est bien salariale, ce que le législateur n’ignore d’ailleurs pas, les articles L.7342-1 à 6 ayant pour objet, sous le chapeau « responsabilité sociale des plateformes » d’en conférer quelques minces attributs.

 

Article 61 :

 

Non-conformité au principe d’égalité qui résulte de l’article 1 de la Constitution et de l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : article L.5143-1, la loi confère aux employeurs des entreprises de moins de trois cent salariés un « droit d’obtenir une information précise et délivrée dans un délai raisonnable lorsqu’il sollicite l’administration sur une question relative à l’application d’une disposition du droit du travail ou des stipulations des accords et conventions collectives qui lui sont applicables ». Plus encore, « si la demande est suffisamment précise et complète, le document formalisant la prise de position de l’administration peut être produit par l’entreprise en cas de contentieux pour attester de sa bonne foi » et, «  pour assurer la mise en œuvre de ce droit, un service public territorial de l’accès au droit est mis en place par le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi ». Ce faisant, que devient l’égalité pour les salariés qui attendent souvent en vain ces informations et ces documents, sans parler d’un service qui leur serait spécialement dédié ?

 

Article 67 :

 

Non-conformité au principe d’égalité qui résulte de l’article 1 de la Constitution et de l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : article L.1233-3, qui fait dépendre de la taille de l’entreprise la définition de la cause économique réelle et sérieuse du licenciement. La différence de traitement résultant de l’effectif de l’entreprise n’est pas en rapport direct avec l’objet de la loi.

 

Article 69 :

 

Non-conformité au principe d’égalité qui résulte de l’article 1 de la Constitution et de l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : la ratification de l’ordonnance n°2015-1628 du 10 décembre 2015 relative aux garanties consistant en une prise de position formelle, opposable à l’administration, sur l’application d’une norme à la situation de fait ou au projet du demandeur conduit à un droit pour les employeurs d’exiger une position écrite  de l’administration attestant, et sans possibilité pour elle de changer ensuite d’appréciation, qu’ils ont bien rempli leurs obligations en matière d’égalité hommes/femmes, attestation qui permet aux employeurs d’échapper aux pénalités pendant la durée de l’accord ou du plan d’action portant sur l’égalité professionnelle hommes/femmes. Et il en va de même pour l’obligation d’emploi de travailleurs handicapés.

Comme pour l’article 61, on est devant un droit des citoyens, mais limité aux employeurs.

 

Article 77 :

 

Non-conformité au principe d’égalité qui résulte de l’article 1 de la Constitution et de l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, non respect des salaires minima garantis par la convention internationale n° 131 (article 2) ratifiée par la France le 28 décembre 1972 : en permettant à des régions « volontaires » de décider que le statut d’apprenti pourra désormais s’appliquer aux « jeunes » entre 25 et 30 ans, la loi introduit une inégalité de traitement injustifié et sans rapport avec l’objet de la loi. En outre, elle contrevient et à l’application du minimum légal, le SMIC, et à celle des salaires minima prévus par les conventions collectives.

 

Article 85 :

 

Non respect des salaires minima conventionnels garantis par la convention internationale n° 131 (article 2) ratifiée par la France le 28 décembre 1972, non respect des règles contractuelles relatives au contrat de travail : article L.1254-2, la rémunération minimale par l’entreprise dite de « portage salarial » des salariés dits « portés » ne fait pas référence, come il se devrait, aux salaires minima des différentes branches dans lesquelles ces salariés peuvent être amenés à travailler, mais d’une seule branche (entreprises de portage ?) et, à défaut d’accord de branche étendu, à une rémunération minimale forfaitaire non définie en fonction de la qualification et de la durée du travail réelle. En outre, de façon inédite en droit du travail il est indiqué que « l’entreprise de portage n’est pas tenue de fournir du travail au salarié porté ».

 

 

Article 86 :

 

Non respect de l’article 34 de la Constitution, violation de la loi : articles L.1242-2 et 7, la création d’un nouveau cas de recours au contrat à durée déterminée, un recrutement « pour un objet défini », laissant le soin à un accord de branche étendu ou, à défaut à un simple accord d’entreprise, d’en prévoir les « nécessités économiques », ne respecte pas l’obligation constitutionnelle de prévoir par la loi l’encadrement précis de ce nouveau cas de recours, qui pourrait sans contrôle possible enfreindre la règle légale essentielle d’interdiction du recours à un contrat à durée déterminée pour « pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale et permanente de l’entreprise ».

 

Article 87 :

 

Non respect de l’article 34 de la Constitution et mise en cause de la liberté contractuelle des organisations syndicales : sous couvert d’ « expérimentation », la loi met en place la possibilité pour les employeurs de mettre en place de façon unilatérale des contrats de « travail intermittent » sans que la loi ne vienne encadrer cette mise en place et sans obligation d’un accord collectif, contrats qui ont notamment comme caractéristique que les salariés, par « lissage » de leur rémunération sur l’année, font crédit à leurs employeurs.

 

 

Article 94 :

 

Non-conformité aux directives européennes (Directive 2001/23/Ce du 12 mars 2001) :  en contradiction totale avec l’objet du chapitre de la loi concerné (« Préserver l’emploi »), la loi prévoit de permettre aux grandes entreprises de ne pas appliquer le principe de transfert des contrats de travail, et donc de licencier les personnes dont le transfert des contrats est prévu par la loi française (article L.1224-1) en conformité avec les directives européennes.

 

Article 102 :

 

Violation du principe constitutionnel de fraternité (article 2) et du Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 (« La Nation garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence ») : article L.1226-2, la loi supprime l’impossibilité de licencier pendant son arrêt maladie un salarié victime d’une maladie ou d’un accident non professionnel en permettant une déclaration d’inaptitude pendant cette suspension de son contrat de travail.

 

Entrave à l’indépendance du médecin du travail, violation du principe constitutionnel de fraternité (article 2) et du Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 : les articles L.1226-2 et L.1226-10 limitent les propositions de reclassement du médecin du travail aux postes « existants » et lui confère une mission étrangère à sa fonction (estimer « la capacité du salarié à bénéficier d’une formation »).

 

Entrave à l’indépendance du médecin du travail : les articles L.1226-2-1, L.1226-12, L.1226-20, L.4622-3 et L.4624-2 confèrent au médecin du travail des missions étrangères à sa fonction : 1/ estimer si « l’état de santé du salarié fait obstacle à tout reclassement dans un emploi », estimation qui n’a rien à voir avec celle qui entre bien dans sa fonction et qui demeure (vérifier si tout maintien du salarié dans un emploi est ou non « gravement préjudiciable à sa santé ») ; 2/ s’assurer que les salariés ne portent pas « atteinte à la sécurité des tiers évoluant dans l’environnement immédiat de travail »

Non respect du Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 : l’article L.4624-1 supprime la visite d’embauche par le médecin du travail ainsi que les visites périodiques auparavant fixées par la loi ; le même article prévoit que le « suivi » de l’état de santé des salariés pourra ne pas être effectué par le médecin du travail mais par un autre « professionnel de santé » qui pourra n’être qu’infirmier.

Non respect du principe constitutionnel de fraternité (article 2, du Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 et du principe de gratuité du recours à la justice prud’homale : l’article L.4624-7 supprime le recours des salariés devant l’inspecteur du travail sur les avis et décisions rendus par le médecin du travail. Plus, les salariés licenciés alors pour inaptitude n’ont d’autre recours que le conseil de prud’hommes où ils peuvent être condamnés à payer les frais de l’expertise que le conseil peut décider. En Chine, la famille des condamnés payent la balle de l’exécution.

Articles 107, 109 , 113 et 116 :

Violation des dispositions des conventions internationales n°81 et 129 de l’Organisation Internationale du Travail ratifiées par la France le 16 décembre 1950 et 28 décembre 1972 : pour la quasi-totalité des articles du code du travail et du code des transports, « l’ inspecteur du travail » a été remplacé par « l’agent de contrôle de l’inspection du travail » et « l’inspecteur ou le contrôleur du travail » par « les agents de contrôle de l’inspection du travail ». Ce changement fondamental est issu du décret n°2014-359 du 14 mars 2014 qui porte gravement atteinte à l’indépendance et à la stabilité des inspecteurs du travail garanties par les conventions de l’OIT en ajoutant un échelon hiérarchique au-dessus des inspecteurs du travail et en rendant aléatoire leur affectation géographique. La conséquence pratique est que les salariés et les employeurs peuvent avoir affaire à des inspecteurs changeants voire à plusieurs inspecteurs en même temps.

Atteinte au droit de grève garanti par le Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 : article L.1324-10 du Code des transports, après huit jours de grève, la loi autorise tout simplement l’employeur, ou une organisation syndicale, à faire procéder par l’entreprise à une « consultation » des salariés sur la poursuite de la grève et les « conditions du vote » sont en outre définies par l’employeur.

Violation des dispositions des conventions internationales n°81 et 129 de l’Organisation Internationale du Travail ratifiées par la France le 16 décembre 1950 et 28 décembre 1972 sur l’indépendance des inspecteurs du travail ; atteinte à la séparation des pouvoirs : article L.6363-1, le législateur autorise le procureur de la République à « s’opposer », rien de moins, aux opérations de contrôle « envisagées en cas de recherche d’une infraction » concernant les entreprises de formation professionnelle, opérations dont il doit être « préalablement informé ».

Article 118 :

Violation des dispositions des conventions internationales n°81 et 129 de l’Organisation Internationale du Travail, non conformité à l’article 34 de la Constitution : l’introduction par simple ordonnance des dispositions fondamentales en droit du travail qui sont celles de son contrôle est contraire à l’article 34 de la Constitution. En outre, cette ordonnance, en confiant à un « Directeur Régional des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi » dont la seule dénomination donne la mesure de l’absence d’indépendance, le soin de sanctionner ou non par amendes administratives les infractions des employeurs, bafoue la liberté conférée par les conventions de l’OIT aux inspecteurs du travail de dresser ou non procès-verbal pour ces manquements.

Article 119 :

Violation des décisions du Conseil d’Etat : en permettant que Pôle Emploi se fasse justice en procédant à des retenues sur les allocations dues aux demandeurs d’emploi indemnisés, la loi annule ainsi le récent jugement du Conseil d’Etat qui avait donné raison aux organisations de chômeurs sur ce point.

 

II. Sur le décret d’application de la loi Macron, instituant une indemnisation forfaitaire indicative des licenciements sans cause réelle et sérieuse

Ce décret contrevient, pour les mêmes raisons, au principe d’égalité devant la loi qui a conduit le Conseil constitutionnel dans son arrêt du 18 juin 2010 à déclarer inconstitutionnel l’indemnisation forfaitaire des accidents du travail issue de la législation datant du XIXème siècle, la réparation devant, comme cela est le cas pour les accidentés de la route, concerner l’ensemble de dommages subis quand est reconnue la faute inexcusable de l’employeur.

 

Merci à Richard Abauzit

 

 

Mon intervention au BN du PS lundi 19 sept 2016: « sexisme pas mon genre » ? ça suffira pas dans les entreprises

En saluant Laurence Rossignol venue nous présenter au Bureau national sa campagne « sexisme, pas mon genre », je vais droit au but, sur l’une des questions essentielles. Est-ce qu’il faut plus de lois, et règlements pour lutter contre les discriminations sexistes, ou est ce qu’il faut surtout des campagnes d’éducation, d’information, et d’opinion ?  Bien sur qu’il faut faire les deux, mais une chose est certaine, dans les entreprises il faut davantage de lois, de contrôles et de sanctions sinon,  l’égalité salariale femmes hommes, dans 250 ans elle ne sera toujours pas imposée.

La discrimination salariale est la plus importante de toutes, elle est matérielle, elle l’emporte sur toutes les autres : combien tu gagnes, comment tu vis, pour quoi est-ce que « à travail égal » il n’y a pas « salaire égal », pourquoi est-ce que, même surqualifiées, les femmes gagnent moins, progressent moins dans leur carrière,  pourquoi est-ce l’homme qui l’emporte ?  Cette question structure toute la hiérarchie sociale, ca surdétermine tous les relations sociales, familiales et même les rapports intimes.

A temps plein, à travail égal, les différences atteignent 27 % de salaire en moins pour les femmes. Mais avec les différents types de contrats,  c’est bien pire puisque 85 % des 16 % de temps partiels sont des femmes et que seulement 7 % des  cadres supérieurs sont des femmes contre 93 % des hommes.

L’apparent effort de l’ANI du 11 janvier 2013 et de la loi Sapin du 14 juin 2013 pour instaurer un « plancher » de « 24 h minima » pour les emplois à temps partiels a été contrecarré par un tel nombre d’exceptions, que ce n’était plus un plancher mais une passoire. Les lois Macron du 8 août 2015 et El Khomri du 9 août 2016 ont fait disparaître ce plancher de la loi, en le soumettant au bon vouloir des employeurs, tout en sachant que l’immense majorité de ceux-ci avaient pourtant faire connaitre leur hostilité audit plancher.

Comme dans le temps partiel, les questions des heures complémentaires et supplémentaires ne sont pas réglées, ni les salaires, ni les retraites, ni le retour au temps plein, les discriminations sont puissantes.

Chacun sait ici qu’elles sont aggravées, par la forte discrimination, elle s’étend,  qui suit les retours de congés maternité, occasion de toujours freiner ou stopper les progressions des carrières féminines : le code du travail prévoit que les femmes retrouvent un poste « identique » ou « similaire ». On pourrait légiférer pour enlever le mot « similaire » et pour imposer un statut temporaire de « salariée protégée » (non licenciables sans autorisation préalable de l’inspecteur du travail) aux femmes de retour de couches : cela imposerait aux entreprises d’anticiper leur retour, de prévoir leur reclassement, et de ne pas pouvoir envisager de les écarter.

Pour ce qui est du salaire femme et homme, il y a eu (loi Rebsamen du 19 août 2015) du recul dans les obligations d’études, de comparaison, d’information, de suivi des employeurs auprès des institutions représentatives du personnel.  Il est certain que dans les entreprises, les intérêts sont trop forts, et que le port d’un badge « sexisme pas mon genre » n’aura pas l’influence nécessaire. Il faudrait que dans toute entreprise de plus de 20 salariés, les comparaisons soient obligatoires poste à poste, qualification à qualification, ancienneté à ancienneté. Il faudrait que l’inspection du travail soit systématiquement informée, dispose des moyens de contrôle et puisse saisir le juge en référé dés qu’une infraction est constatée. C’est ce qui manque depuis les 35 ans de la loi Roudy : la possibilité pour le juge en référé d’imposer une forte et dissuasive astreinte financière, sous délai approprié, et de la solder en cas de non  régularisation des discriminations constatées entre les salaires des femmes et des hommes au travail.

 

Il faut créer les conditions pour qu’Hollande ne soit pas candidat

 

François Hollande a le droit de se présenter aux élections, mais nous, gens de gauche, n’avons pas envie d’être “suicidés” avec lui.

Or c’est ce qui se produira: Hollande n’arrivera pas au second tour. Il ne pourrait y arriver que dans un cas extrême: une multitude de candidats à droite les empêchant tous d’accéder au second tour, une multitude à gauche autorisant très éventuellement Hollande à être le mieux placé, le tout face à Marine Le Pen. D’innombrables gens de gauche ne voteront à nouveau pour Hollande que dans ce cas extrême: s’il est opposé à M. Le Pen.

Mais notre souhait ne peut être de remettre en selle celui qui a trahi la gauche et l’hypothèse évoquée ci-dessus est très incertaine. La droite saura se ressouder autour d’un candidat majeur et le plus probable sera un duel droite-extrême-droite.

Tout se passe comme si, à gauche, nombreux étaient ceux décidés à laisser gagner la droite.

Vu la différence si ténue entre elle et Hollande-Valls, il n’y aurait plus d’enjeu et donc plus d’inconvénient à ce que chaque courant présente son propre candidat. Un Mélenchon requinqué à 15%, un Hollande à 12%, une Cécile Duflot à 5%, de petits candidats d’extrême-gauche à 1%, le résultat est le même: pas de candidat de gauche au second tour.

Raisonner ainsi est erroné. Premièrement, c’est méprisant pour le peuple car si la droite revient au pouvoir, elle appliquera une politique très agressive contre les travailleurs. Même le “tempéré” Juppé a annoncé la couleur. Cela n’est pas une raison – celle du “moindre mal” – pour se rallier à Hollande car, sur cette orientation, il serait de toute manière battu (sauf dans le cas extrême énoncé plus haut). Accepter la victoire de la droite, c’est accepter sans sourciller que les travailleurs soient agressés comme jamais.

Deuxièmement, c’est s’interdire de changer la gauche. On ne changera pas la gauche dans un contexte de bérézina – situation qui provoque toujours plus de divisions entre les partis et en leur sein. On ne changera la gauche que dans une dynamique de remobilisation permise par l’émergence d’une vraie candidature de gauche. Il n’y a pas d’autre voie.

L’idéal eût été qu’existât un grand processus d’États généraux de la gauche de transformation sociale et écologique, avec des milliers de réunions locales et départementales, puis un grand congrès national, discutant à fond d’un programme et puis que, sur cette base, on examinât quelle était la personnalité la plus à même de le porter devant les électeurs. L’Appel des Cent va un peu dans ce sens : trop peu, trop tard. La première tâche est d’éliminer l’hypothèse Hollande. On ne peut rien faire sans que ne soit d’abord évacué ce handicap majeur. Une fois Hollande poussé au renoncement (cela s’applique aussi à Valls), pratiquement n’importe quel candidat qui émergera sera plus à gauche que lui. Comment faire pour l’y pousser ?

Dans le contexte actuel, il n’y a pas d’autre moyen que les Primaires (si possible celle de toute la gauche en décembre, sinon celles du seul PS en janvier).

S’il y a des Primaires, Hollande sera obligé d’y participer, il y sera battu et c’est le seul moyen de le battre avant qu’il ne provoque l’irréparable : sa candidature aux élections. Nombreux sont à gauche ceux qui refusent des Primaires car elles sont fondées sur l’idée qu’à la fin tout le monde se rallie au candidat désigné, et nous ne voulons pas nous rallier à Hollande. Mais la réalité est inverse ! Il faut des Primaires pour que Hollande ne puisse pas être candidat. En 2012, pour la première édition des Primaires (du PS), trois millions de citoyens avaient participé. Aujourd’hui, il peut y en avoir plus et plus il y en aura, mieux ce sera car Hollande (Valls le cas échéant) sera battu. Et alors, le vent tournera à gauche. Le ou la candidate désigné.e, de toute manière plus à gauche que Hollande-Valls, sera pris dans la dynamique de la remobilisation et s’imposera comme le/la candidat.e unique de la gauche, d’une gauche de gauche. Et là, tout redevient possible.

Les « Primaires » ne sont pas ma tasse de thé.

Je les ressens comme un processus à l’américaine ou alors gaulliste (la recherche du Sauveur). J’aurai préféré des États-généraux. Mais le temps presse. On peut encore imposer des primaires de toute la gauche – que la direction du PS a en principe acceptées – si le PC, le PG, EELV, Ensemble !, le NPA, comprennent que c’est notre intérêt à tous que de déclencher cette dynamique de remobilisation, plutôt que de rester sagement dans la file d’attente pour la guillotine. Plus il y aura de participants aux Primaires, plus elles seront subverties.

S’il y a une autre solution, alors, qu’est-ce qu’on attend pour la rendre publique?

Michel Cahen (militant de Ensemble !, Bordeaux)

 

 

 

Procès inique en appel ce mercredi 14 septembre 2016 à Chambéry

Cela fera date dans la série des grands procès historiques iniques : l’inspectrice du travail Laura Pfeiffer à été jugée le vendredi 16 octobre 2015 à Annecy à la place du patron de Tefal, de son directeur du travail et…  du procureur. C’est un procès à front renversé : elle a raison à 100 % tout le monde le sait, mais la machine des puissants s’est retournée contre elle.

Figurez-vous qu’elle avait établi que l’entreprise Tefal commettait de nombreuses infractions. Elle rédige procès-verbal comme il se doit. Le patron de Tefal entreprend le directeur du travail pour lui demander de la museler. Celui-ci y répond favorablement : il réussit même en échange à obtenir un stage pour l’une de ses parentèles chez Tefal. Voilà l’inspectrice obligée de se défendre à la fois de son directeur et du patron Tefal.

A ce moment-là un salarié de Tefal découvre des documents dans une photocopieuse de l’entreprise le visant lui (« faut-il lui fixer des objectifs inatteignables ? ») pour le licencier. En même temps, il découvre les échanges de mels entre Tefal et le directeur du travail sur la possibilité d’écarter Laura Pfeiffer et il les transmet.

Laura Pfeiffer saisit le « Conseil national de l’inspection du travail » qui lui donne raison. Mais les documents se retrouvent sur internet et devenez ce qui arrive : c’est Téfal qui porte plainte contre l’inspectrice « pour violation du secret professionnel et recel de courriels », et il se trouve un procureur qui décide de poursuivre l’inspectrice et non plus Tefal : il déclare que c’est l’occasion « de faire le ménage à l’inspection du travail ».

Au point que même le directeur général du travail, Yves Strouillou est obligé de lui faire une mise au point le 26 mai 2015: « Vos propos ont suscité un émoi légitime… compte tenu de leur contenu, de leur portée, – eu égard à vos hautes fonctions – et de leur large publicité. » « Le caractère familier et la généralité de vos propos est choquante (…) C’est de nature à favoriser des pressions sur les agents au motif tiré de la nécessité de « faire le ménage ». C’est tout à fait contraire aux dispositions combinées de l’article 4 de la convention 81 de l’OIT du 11 juillet 1947 et de l’article R.8121-13 du code du travail et de l’article 6 de la dite convention : « Le personnel de l’inspection sera composé de fonctionnaires publics dont le statut et les conditions de service leur assurent la stabilité dans leur emploi et les rendent indépendants de tout changement de gouvernement et de toute influence extérieure indue ».

Hélas, le 16 octobre, le procureur a osé requérir 5000 euros d’amende et une inscription au casier judicaire susceptible de faire perdre son poste à Laura Pfeiffer. Elle a été condamnée à 3500 euros et inscription au casier judiciaire ce qui lui fera perdre son poste si l’appel du mercredi 14 septembre 2016 le confirme.

On est dans le domaine de la conjuration odieuse : les puissants de Haute-Savoie, patronat, haut fonctionnaire, magistrat se sont ligués pour faire oublier les fautes de Tefal, il n’ont pas hésité à se coaliser pour accuser de tous les maux la courageuse inspectrice qui avait pour mission républicaine de les combattre. Nous étions 1000 à Annecy ce jour là pour soutenir Laura Pfeiffer, mais ce sont des millions qui doivent se soulever contre une aussi grossière et énorme imposture. Jugement le 4 décembre.

Nous serons tous mobilisés, et j’y serais le  mercredi 14 septembre à Chambéry à 14 h devant le Palais de justice  pour Laura Pfeiffer et les droits internationaux du travail, le respect de la convention 81 de l’OIT.

Gérard Filoche, le 12 septembre 2016

 

Grande primaire de toute la gauche : c’est en passe d’être tout à fait majoritaire !

Des millions d’électeurs et de militants de gauche ne se résignent pas à la défaite en avril 2017 et au désastre qui suivrait mécaniquement en juin 2017. Ils comprennent que seule une candidature unique dés le 1er tour de la présidentielle commune à toute la gauche peut l’éviter.

On peut gagner si on s’unit, à gauche, sur un programme de gauche, le social au coeur. Faisons-le.

Il y a encore peu de temps j’étais le seul candidat aux élections présidentielles à militer pour une grande primaire de toute la gauche. On me disait « y a que vous pour y croire ». Ce n’était pas vrai. Lors de la fête de l’Humanité et des journées d’été de la Rochelle, cette question était dans toutes les têtes. Partout dans le pays ça sonne comme une exigence. Elle devient majoritaire !

Et ce week-end, à La Rochelle, avec toute la gauche socialiste, nous avons lancé un ultime appel à toutes les directions des partis de gauche (PS, PCF, PG, EELV, Ensemble, PRG…) pour organiser une grande primaire. Avoir un-e candidat-e unique de la gauche, cela devient de plus en plus évident aux yeux de toutes et tous, c’est la seule méthode qui permettra d’être au second tour des élections présidentielles.

JC Cambadelis répond : c’est « trop tard ». Disons-lui qu’assurément il aurait du en faire beaucoup plus quand, selon lui, il était encore temps !  Et ensuite chacun sait qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, quand on veut.

Jean-Christophe, ce sera mille fois plus important que de préparer le communiqué du Parti Socialiste du dimanche 23 avril 2017 nous invitant à voter « Les Républicains » pour faire barrage au Front National ;

Jean-Luc, plutôt que de préparer ton intervention le soir de la déroute du 23 avril 2017 où tu invites les militants et citoyens de gauche à rejoindre un nouveau parti autour de ta personne ;

et toi, Cécile, qui souhaite mettre les questions écologiques au cœur des propositions ;

Avec Pierre, qui appelle courageusement, comme nous, depuis des mois, à une plate-forme programmatique commune de la Gauche et à « construire une candidature commune ».

Un projet de plate-forme en 50 mesures a été élaboré par des rose rouges verts à partir de « l’appel des cent ».

Il me convient dans sa ligne générale.

Qu’il soit diffusé et que des centaines de milliers de citoyens en discutent et s’en emparent, qu’on sache ce que « veut le peuple » !

Il n’est pas trop tard. Il est juste temps.

Il est question de la vie de dizaines des millions de jeunes, salariés et retraités. Souhaitez-vous qu’ils subissent les coups de 5 ans de Droite aggravant lourdement, ceux portes malheureusement depuis 5 ans par le gouvernement Hollande-Valls ? Nous voulons majoritairement, massivement, le retrait de la loi El Khomri, il faut manifester ensemble le 15 septembre, mais il faut aussi une majorité politique pour y parvenir. ET nous aurons un nouveau code du travail, et la hausse des petits salaires et petites retraites…

Réunissons nous, toutes et tous à gauche, partis et candidats pour étudier la solution, les conditions, comment faire ces primaires, ce choix d’un candidat commun, et gagner en 2017

Gérard FILOCHE

12 septembre 2016

 

 

la cause d’une grande primaire de toute la gauche a fait un bond en avant

Ils ont délibérément bradé Alstom

Il paraît qu’il fallait « faciliter les licenciements pour faciliter l’embauche ». Le gouvernement et les grands médias nous ont seriné ça sur tous les tons.

Les Hollande-Macron-Valls-El Khomri qui ont défendu ça depuis 4 ans, les voilà face à Alstom. 500 emplois en moins. Ils disent « - Rien n’est définitif, y’aura de la concertation, ce ne sera pas des licenciements secs, mais des transferts » etc.…  Mais c’est pour faire passer la pilule : c’est une de nos plus belles usines qui ferme.

« Coup de massue » : 500 familles meurtries et un territoire de plus qui va se vider de sa substance industrielle. Fin d’un siècle d’histoire depuis 1879, de la construction ferroviaire, de la « Traction » à Belfort.

A l’origine, la direction du groupe Alstom, alors dirigée par Patrick Kron, (qui partit avec une prime de 4 millions d’euros) a vendu sa branche énergie à General Electric, en mai 2014, par coup de force, sans consulter les syndicats, en se moquant du gouvernement. Si on le laisse faire un patron français n’a aucun état d’âme à maltraiter la puissance publique et ne rend compte qu’à ses seuls actionnaires. Cela avait été contesté puis vite accepté par Arnaud Montebourg, alors ministre de l’Economie : « Sans l’intervention du Président de la République, du gouvernement et plus particulièrement d’Arnaud Montebourg, nous ne pourrions pas constater cette grande victoire » (déclaration de Valls 20 juin 2014). Et puis le charlatan Emmanuel Macron avait clamé ensuite : « L’Etat sera aux côtés d’Alstom. Nous aurons des administrateurs au conseil d’administration et nous saurons peser » promettant « Zéro licenciement ».

Nous leur avions crié à l’époque : « - Vous laissez faire, General Electric quand elle aura les clefs du camion, fera ce qu’elle voudra et comme vous avez un double langage, comme vous cassez le droit du travail, le droit du licenciement, vous vous enlevez tous les moyens de contrôle ».

Nous y sommes, le laisser-faire, la trahison du pays, surtout des salariés, ils s’en moquent, ils sont dogmatiques libéraux, avant tout. Chez eux, la pseudo liberté d’entreprise est une forme de fanatisme. Dire qu’il veulent « le secret des affaires » ! Leur concurrence est faussée, pas libre, elle sert à nous dépouiller, et les sociaux-libéraux sont soumis à ce sauvage monde-là. Depuis 2009, 1700 usines ont été fermées. Avec eux, ça fait des décennies que non seulement « l‘état ne peut pas tout », mais qu’il s’ôte les moyens de pouvoir agir un minimum.

Le minimum ce serait de rétablir le contrôle a priori des licenciements, de refuser ceux qui ont une cause boursière, spéculative, abusive, brisant nos emplois légitimes dans nos territoires. Ca permettait de tenir les patrons dans la main de la puissance publique. Et le minimum ce serait de réserver en plus le droit de nationaliser si nécessaire face à de telles menaces de désertification de nos fleurons industriels.

Gérard Filoche

 

Lettre ouverte à mes camarades du PCF Comment construire une candidature commune de la gauche

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Lettre ouverte à mes camarades du PCF

Comment construire une candidature commune de la gauche

Je voulais vous remercier de m’avoir invité, dimanche 28 août, à vos journées d’été à Angers.

Vous m’avez donné l’occasion de débattre avec une salle enthousiaste de la rentrée autour de la mobilisation contre la loi El Khomri. Cette bataille est décisive depuis six mois, nous n’allons pas laisser Hollande tranquille, il ne cassera pas 100 ans de Code du travail impunément. Jusqu’au bout nous exigeons son retrait.

Evidemment, les millions de manifestants de la gauche politique, syndicale, associative, qui ont su se montrer majoritaires dans le pays contre la loi El Khomri, s’interrogent sur le débouché politique qui permettrait d’assurer le succès de son retrait.

J’ai été vraiment satisfait des déclarations de Pierre Laurent dans la presse, au cours de ces journées en faveur d’une « candidature unique », de la construction d’une candidature « commune » de toute la gauche.

Nous savons tous que la droite tient des primaires pour passer de 12 à 1 candidat. Dans notre camp, certes divers, les postulants se multiplient, hélas, chaque parti prévoit sa primaire où il y aura 5, 6, 7 candidatures.

Pas besoin d’être grand visionnaire pour savoir qu’ainsi c’est foutu ! La gauche ne sera pas présente au 2èm e tour.

Qu’importent les scores et le contenu des campagnes des uns et de autres, aussi courageuses, innovantes et brillantes soient-elles, avec 4 ou 5 candidats et sans avoir réussi à imposer la mise à l’écart d’Hollande, nous perdrons tous et nous aurons un second tour entre LR et FN !

Certains s’y résignent : mais ceux qui paieront le prix d’une accélération vers la droite seront les plus vulnérables de notre société, ceux qui sont démunis, en urgence sociale.

Certains parient même sur cette défaite, croyant sanctionner le seul PS, alors qu’ils se sanctionneront eux-mêmes du même coup. C’est une politique suicidaire à courte vue.

Certains croient qu’ils auront au moins défendu leurs idées et qu’ils pourront enjamber la présidentielle. Ils ne calculent pas les ravages que cela produira sur tous les plans.

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FILOCHE2017.FR

contact@filoche2017.fr

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En fait, nos programmes, nos idées, nos combats, nos candidats seront battus et balayés pour un bon bout de temps. Etre absent du 2èm e tour, n’y laisser figurer que FN et LR aura des répercussions immédiates, mécaniques, sy stématiques sur les législatives, il restera quelques députés socialistes, aucun Vert, aucun PCF, aucun PG… ce sera une démoralisation de masse et un désastre pour longtemps.

Une autre issue est encore possible.

La gauche du Parti socialiste, lors du CN du PS du 18 juin, a imposé à la direction de Jean-Christophe Cambadélis, une résolution unanime pour vous la proposer aux conditions qui avaient été envisagées ensemble dans les multiples réunions unitaires sur ce sujet de janvier à avril.

Je cite : « Nous PS ne pouvons nous résoudre à ce que la gauche soit absente de ce débat qui engagera l’avenir de la France, et de la gauche.
Nous lançons un appel solennel au PCF et aux Verts : rassemblons-nous à travers un débat loyal dans une primaire de toute la gauche…

Le PS reste disponible pour une primaire de toute la gauche les deux premières semaines de décembre comme cela avait été envisagé… »

Il s’agit bien de primaires en décembre co-organisées, aux conditions envisagées en commun !

Bien qu’ayant été amené à voter cela, il est vrai que J-C Cambadélis ne se bat pas beaucoup pour l’unité.

Il faut dire pourquoi : parce que pour Hollande en décembre, ce serait cruel : soit il serait forfait, soit il serait KO. Les chances qu’il ne se présente sont probables et ce serait, à mes yeux, un service rendu à la gauche, vu le bilan de son quinquennat. Et s’il se présentait, il donnerait envie à des millions de manifestants anti El Khomri de venir voter contre lui.

Je comprends que la majorité de la gauche ne veuille pas prendre le risque que François Hollande arrive in extremis en tête, avec obligation de se désister pour lui ensuite. Votre congrès a voté en ce sens. Vous n’êtes pas seuls à refuser cela.

Si nous affichons rapidement un accord sur une plateforme commune, un pacte entre candidat(e)s et responsables politiques qui veulent une politique de gauche authentique, nous renforcerons notre position.

Une plateforme commune est évidemment possible, mais il faut la rédiger vite, tout le monde en convient. D’ailleurs, nous y travaillons ensemble depuis six mois avec « l’appel des 100 ». On peut avoir toute confiance dans la volonté du peuple de gauche, qui, enfin consulté, permettra de parvenir à un contenu final.

Si vous faites un signe, une proposition pour adopter une méthode en faveur d’une candidature unique, selon les mots et modalités que vous déciderez, alors la

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direction du Parti socialiste sera obligée de réagir. Ce sera à votre crédit. Vous ouvrirez espoir, action, et mobilisation quasi immédiate, car, à mon avis, des millions de gens intuitivement espèrent une solution.

Sinon, au prochain CN du PS, le 2 octobre, JC Cambadelis, se donnant le beau rôle et sans regret, dira « Les Verts et le PCF n’ont pas répondu », alors « à défaut » « nous organisons le 22 et le 29 janvier des primaires – forcément restreintes – de la « Belle Alliance Populaire » (sic !). Ultime tentative de Hollande pour s’imposer dans une primaire sous contrôle de l’appareil du PS.

Mais, ce n’est pas sans risques pour lui. Comment pourrait-il faire campagne ? Sur son « bilan » ? Sur des « promesses » ? Par contre sa seule présence, s’il n’est pas écarté, entrainera la multiplication des candidatures dont nous ne voulons pas et nuira à la cause commune et à la victoire.

Je suis disponible pour discuter d’autres formules si on m’apporte la preuve de leur efficacité. Mais je crois toujours qu’une grande primaire citoyenne de toute la gauche permettrait de faire valoir nos propositions en mobilisant largement des millions de citoyennes et de citoyens qui désespèrent de l’absence d’unité en 2017.

Une candidature commune construite unitairement ? C’est évidemment une construction démocratique, c’est à ça que servent des primaires : à appeler, hors des directions et des seuls cercles militants, des millions de citoyens à se mobiliser, à choisir, en votant, non pas pour un candidat d’après son étiquette, mais pour celle ou celui qui saura le mieux défendre une plateforme de gauche.

Dès lors, la question de la candidature de Jean-Luc Mélenchon se poserait différemment. En cas de grande primaire en décembre (ou de toute autre méthode permettant de choisir une candidature unique), soit il y participe avec de grandes chances de l’emporter et tout le sens de sa campagne en est modifié. Celle-ci devient unitaire, commune, elle augmente considérablement ses chances et les nôtres par la même occasion. Soit il s’y refuse, ce qui serait incompréhensible, et réduirait à coup sûr les intentions de votes en sa faveur.

Voilà ce que je voulais, fraternellement, vous dire. A votre disposition pour en discuter.

Bien fraternellement,

Gérard Filoche

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Lettre ouverte à mes amis d’EELV « Il est encore possible que ce ne soit pas foutu »

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Lettre ouverte à mes amis d’EELV

« Il est encore possible que ce ne soit pas foutu »

Je voulais vous remercier de m’avoir invité, samedi 27 août, à vos journées d’été à Lorient. Vous m’avez donné l’occasion de débattre avec un nombre non négligeable de vos militants de l’avenir de la gauche, et dans l’atelier où j’étais, j’ai même eu le plaisir à la fin, parmi les 150 participants environ, d’obtenir un vote favorable à près de 75 % en faveur de « primaires de la gauche ». On m’a dit que vous aviez prévu, lors d’un vote majoritaire de ce type, de mettre la question à l’ordre du jour de votre Conseil national.

Croyez que je m’en réjouis. A mes yeux, vous apportez depuis longtemps des idées essentielles à toute la gauche et la crise écologique confirme l’importance de votre place. Je vous lis, réfléchis et discute attentivement de toutes les perspectives que vous dressez pour la défense de notre planète : lutte contre le réchauffement climatique, transition énergétique, protection de la biodiversité, agro-écologie… d’un point de vue général, la construction d’un nouveau modèle de développement.

Je sais aussi que vous écoutez et participez quand il s’agit de la défense, à mes yeux si décisive, du droit du travail et des salariés et que vous êtes totalement engagés contre l’ignominieuse loi El Khomri qui jette à la casse un siècle de code du travail. J’ai, pour ma part, milité pour un groupe rose rouge vert au Parlement. Je suis en théorie pour un grand parti de toute la gauche, démocratique. Je suis pour la proportionnelle depuis toujours. Je ne suis pas du genre « socialiste hégémonique » mais plutôt du genre systématiquement unitaire. Sans unité de la gauche, à mon avis, rien de grand ne s’est jamais fait et ne se fera.

Je suis avec attention vos débats actuels et vos procédures internes de désignation de votre candidat. Vous allez à coup sûr réussir et trouver le ou la meilleur(e) représentant(e) possible.

Mais une fois que cela sera fait, comment se trouvera toute la gauche, politique, syndicale, associative, jeune, citoyenne qui a été si forte, si nombreuse contre la loi El Khomri… face à l’échéance de la présidentielle ?

La droite tient des primaires pour passer de 12 à 1 candidat. Pendant ce temps, dans notre camp, certes légitimement divers, les postulants se multiplient, et nous tenons des primaires dans chaque parti pour passer à 3, 4, 5, 6, 7 candidats.

Pas besoin d’être visionnaire pour savoir qu’ainsi, à la fin, c’est foutu ! Nous serons absents au 2° tour et nous n’aurons le choix qu’entre LR et FN.

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Certains s’y résignent : mais ceux qui paieront le prix d’une accélération vers la droite seront les plus vulnérables de notre société, ceux qui sont le plus frappés par l’urgence sociale.

D’autres parient même sur cette défaite, croyant sanctionner le PS alors qu’ils se sanctionneront eux mêmes du même coup.
D’autres encore croient, que « tant pis, on aura défendu nos idées ».

Je ne partage pas ce point de vue. En fait, nos programmes, nos idées, nos combats, nos candidats seront battus et balayés pour un bon bout de temps. Etre absent du 2èm e tour, laisser s’affronter le FN et LR et être ainsi écrasés aura des répercussions immédiates, mécaniques, systématiques sur les législatives, il restera quelques députés socialistes, aucun Vert, aucun PCF, aucun PG… ce sera démoralisation de masse. Cinq ans de droite serait un désastre pour la transformation écologique et sociale du pays et de l’Europe.

Nous pouvons encore l’éviter.

Une grande primaire de toute la gauche en décembre et encore possible. La gauche du Parti socialiste, lors du CN du PS du 18 juin, a imposé à la direction de Jean- Christophe Cambadélis, une résolution unanime pour vous proposer une primaires aux conditions qui avaient été envisagées ensemble dans les multiples réunions unitaires sur ce sujet de janvier à avril.

Je cite : « Nous ne pouvons nous résoudre à ce que la gauche soit absente de ce débat qui engagera l’avenir de la France, et de la gauche…
Nous lançons un appel solennel au PCF et aux Verts : rassemblons nous à travers un débat loyal dans une primaire de toute la gauche…

Le PS reste disponible pour une primaire de toute la gauche les deux premières semaines de décembre comme cela avait été envisagée… »

Il s’agit bien de primaires en décembre co-organisées, aux conditions envisagées en commun !

Bien qu’ayant été amené à voter ce texte, J-C Cambadélis ne se bat pas beaucoup, il est vrai, pour les primaires de toute la gauche. Il faut dire qu’en décembre, avec Hollande, ce serait forfait ou KO. Il ne se présentera pas ou bien, il sera battu. Alors au prochain Conseil national du PS, le 2 octobre, ce sera une mini dead line, JC Cambadelis, en se donnant le beau rôle et sans regret, dira « Les Verts et le PCF n’ont pas répondu » alors « à défaut » nous organisons le 22 et le 29 janvier des primaires restreintes de la « BAP » (« Belle Alliance Populaire » sic, à mes yeux, elle n’est ni belle ni alliance, ni populaire).

Et ce sera foutu !

Qu’importent les scores et le contenu des campagnes des uns et de autres, aussi courageuses et brillantes soient-elles, tout sera oublié devant la présence de LR et du FN au second tour !

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Tandis que si EELV et le PCF font un geste, un signe, une proposition, la direction du Parti socialiste sera obligée de réagir positivement et ce sera, à votre crédit, une grande nouvelle pour toute la gauche, tous y viendront, vous ouvrirez espoir, action, et je dirais, mobilisation quasi immédiate, car je n’exagère pas, des millions de citoyens intuitivement ont compris ce qui va arriver et désespèrent de la solution.

Croyez bien que si se rouvre la perspective d’une primaire de toute la gauche, ceux qui l’auront permise seront gratifiés, reconnus, et 3, 4, 5 millions d’électeurs se mobiliseront, ce sera un évènement qui changera toute la donne à gauche et changera aussi le rapport de force en faveur de la gauche contre la droite, nous pourrons gagner, sortir de ce piteux quinquennat sans passer par la droite et avec les moyens de gouverner ensemble, autrement.

Une plateforme commune ? C’est évidemment possible et rapidement, tout le monde en convenait à l’atelier de Lorient où vous m’avez invité. D’ailleurs, nous y travaillons ensemble depuis six mois avec « l’appel des 100 » pour y parvenir.

Une candidature commune ? C’est évidemment une construction démocratique, c’est à cela que servent des primaires, à appeler, hors des dirigeants et des seuls cercles militants, à choisir, en votant, non pas pour une étiquette mais pour celle ou celui qui saura le mieux défendre cette plateforme de gauche.

Là, ça ne sera pas foutu. C’est la seule méthode, la seule issue, le seul espoir pour que la gauche et les écologistes unis gagnent en 2017.

Voilà ce que je voulais vous dire. Et si votre direction souhaite en discuter, une séance d’échange et de travail prolongée, entre nous, permettrait d’étudier tous les aspects de cette question, que je ne peux approfondir ici sans rallonger abusivement.

Bien fraternellement,

Gérard Filoche

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Les jeux vains du cirque Macron et ses adulateurs

Ça fait longtemps qu’on n’avait pas vu un tel déferlement médiatique aussi cru et aussi vide.  Certes 95 % des médias sont entre les mains de 7 milliardaires et ces 7 milliardaires, les banques, le Medef sont « emballés » par le prédicateur Macron, une sorte d’OVNI libertarien qui figurerait brillamment à l’aile droite du parti républicain US, mais à ce point, c’est étonnant.

48 h non stop d’images, de sons, de papiers, de directs à temps perdu, de gros titres vides de contenu, de commentaires creux, d’exégèses interminables, de sottises, de ridicules pseudo-débats, sur un type qui ne dit rien, n’a aucune assise sociale,  aucun parti, aucun avenir.

En fait, les grands médias fêtent leur « capture » : ils ont enlevé à Hollande son mentor et sa créature, et le propulsent de toutes leurs forces, pour forcer ce dernier à ne pas se présenter, pour casser ce qui reste du PS, pour éclater au maximum le paysage politique en leur faveur, contre la gauche, avant la présidentielle.

Macron chasse sur les mêmes terres que les Valls, Le Guen et Cie, les voilà qui détournent plusieurs dizaines de députés PS, forçant Cambadélis à piquer des fausses colères et à les menacer d’exclusion… L’aile droite du PS est explosée et s’entretue, auto-entrainée dans une course folle au leadership dans la liquidation du PS, l’alliance à droite et la rupture avec toute la gauche.

Jean-Marie Le Guen, brutal ministre vallsiste, enfonce sur BFM le clou dans le cercueil du PS  pour « que la gauche se dépasse », afin de « rassembler le camp républicain » au sein d’une « nouvelle offre politique » qui aura pour but de « reconstruire la République ». « Je pense, ajoute t-il, qu’il faudra à un moment ou à un autre, et j’espère assez rapidement, dépasser les structures. Je pense que la structure Parti socialiste – ça a été dit d’ailleurs en son temps par Manuel Valls, par Jean-Christophe Cambadélis -, c’est une structure usée« .

Ce sont ces gens-là qui sont usés et essaient de se sauver du désastre qui les guette et où ils veulent nous emmener. Macron, c’est 4 ans de pouvoir et 1,3 million de chômeurs. Macron n’a rien de « neuf », c’est un vieux Rastignac de bazar, un Guizot de retour, un libéral XIXème siècle,  et en 4 ans, il se sera vite usé jusqu’à la corde, avec son créateur, Hollande, qui avoue : « Il m’a trompé avec méthode ». Oui, Macron, c’était un « favori », comme il y en eut tant, de Raspoutine à Tapie, il sera aussi éphémère et rejeté. Comme, on peut l’espérer, la Vème République, où décidément il urge d’en finir avec le « pouvoir personnel » et ses parodies déliquescentes.

Macron, ce n’est pas seulement l’obligation du travail le dimanche pour les femmes pauvres et précaires et les étudiants désargentés, c’est le banquier aux 12 points de « dette » officielle de plus, c’est les 41milliards donnés au Medef sans contrepartie, c’est le bradage de l’industrie façon Arcelor-Mittal, c’est une loi de 308 articles de destruction de centaines de droits sociaux, la casse du Code du travail, des 35 h, de la protection face aux licenciements boursiers, de la médecine du travail, des prud’hommes, et avec Sapin, de l’inspection du travail. Macron, c’est l’anti-écologie, qui, en pleine année COP 21, remplace les trains par des autocars. On s’épuiserait à redire ici les dizaines d’aphorismes réactionnaires, pro Thatcher, anti-sociaux, qui sont sortis de sa bouche depuis qu’il est en Cour. L’homme défend, comme les libertariens aux États Unis, une « société sans statut », les contrats zéro heure, les indépendants loueurs de bras, tacherons, journalisés, payés à la mission, au chantier, sans protection sociale.

Mais il le fait avec la complicité des plus grands donneurs d’ordre : ainsi il s’invite encore une fois à TF1 au journal télévisé et parle 21’ sans RIEN dire. Il le fait exprès : il crée le dérèglement, le suspens, l’attentisme, la manœuvre, et fait durer les révélations, comme savent si bien faire les prédicateurs. Et il se moque de ses adorateurs en prétendant créer un mouvement bidon, « de 15 000 », puis de « 50 000 », puis de « 100 000 personnes », avec des sondages fabriqués, et, des « porte-à-porte », tous ses représentants faux néophytes illuminés répétant mot à mot les mêmes éléments de langage magiques : « Le calendrier est d’interroger les Français, puis nous rendrons une analyse de leurs réponses, puis nous dirons ce que nous proposons, puis…». Comme si tout le monde ne savait pas d’où il vient et où il va. Comme si on ne voyait pas tous que ce cirque lent, méthodique, manipulateur est soutenu puissamment par les banques et le Medef.

Mais heureusement notre peuple, l’écrasante majorité du salariat sont éduqués, assez pour résister à cette embrouille, à cette pantomime. Nous allons aider à ce que ça fasse « flop » le plus vite possible. En sachant quand même que ça nous oblige, nous les socialistes, nous la gauche à être responsables pour offrir une alternative, à cette sinistre et déviante perspective présidentielle des Le Pen, Sarkozy, Juppé, Macron.

A bas les caricatures de « sauveur suprêmes », d’« egos illuminés », d’« ordo-libéraux » intégristes, à bas ce cirque minable, défendons l’honneur, la culture, l’intelligence collective, citoyenne, de notre grand pays pour une VIème République sociale, démocratique, parlementaire, écologique, féministe, pacifiste, internationaliste.

 

Gérard Filoche