Liberté pour les 12 indépendantistes catalans condamnés

La Cour Suprême d’Espagne vient de condamner 9 prisonniers politiques catalans pour « sédition ». Oriol Junqueras : 13 ans de prison, Dolors Bassa : 12 ans, Raul Romeva : 12 ans, Jordi Turull : 12 ans, Carme Forcadell : 11,5 ans, Joaquim Forn :  10,5 ans, Josep Rull : 10 ans, Jordi Cuixart : 9 ans, Jordi Sanchez : 9 ans. Les 3 autres accusés, M. Borras, S. Vila et C. Mundo, sont condamnés pour « désobéissance » à une amende de 60000€ mais sans prison.

Officiellement les faits qui sont reprochés aux condamnés tournent autour de l’organisation du référendum d’autodétermination de la Catalogne du 1er Octobre 2017.

Oriols Junqueras, secrétaire général de l’ERC (Gauche Républicaine Catalane) a été élu député aux Cortes (Assemblée Nationale) et député européen. Il était Vice-Président du gouvernement catalan en 2017.

Avec lui, 5 autres anciens ministres catalans (dont 3 élus en Mars dernier au parlement de Madrid) et la présidente du Parlement Carmen Forcadell ont ainsi  été condamnés

Sont condamnés aussi les « 2 Jordis » dirigeants des 2 organisations culturelles qui ont organisé plusieurs manifestations massives ces dernières années (de plus d’un million de manifestants …)

Ces condamnations éclairent un fait : les liens de la monarchie espagnole d’aujourd’hui avec le régime franquiste n’ont pas été entièrement coupés.

Selon les lois de l’Etat espagnol, la sentence est définitive, aucun appel n’est possible.

La seule solution pour empêcher cette infamie est une loi d’amnistie.

La Gauche Démocratique et sociale tient à exprimer sa solidarité avec les prisonniers politiques catalans

Pour le droit à l’autodétermination des peuples

Pour la République en Catalogne et dans toute l’Espagne

Pour l’amnistie et la libération des 9 prisonniers politiques catalans

 

solidarité avec les pompiers et leurs revendications !

Construire l’unité pour une alternative sociale et écologique

Michelin a annoncé la fermeture de son usine de La Roche sur Yon en Vendée, qui emploie 619 salariés. Comment accepter cette décision brutale alors que, Michelin, c’est 22 milliards de chiffre d’affaire, 665 millions de dividendes en 2018 et pas moins de 70 millions de CICE perçus ? En Gironde, l’usine Ford à Blanquefort qui comptait 850 salariés a fermé. A Bessé sur Braye en Sarthe, la liquidation de la papeterie Arjowiggins a laissé sur le carreau 578 salariés, 120 intérimaires et de nombreux sous-traitants…et tout un territoire dévasté. Ce sont quelques exemples, parmi tant d’autres, des dégâts que le capitalisme provoque tous les jours. Ce système sacrifie impunément des vies au nom de la course au profit maximum.

 

Rompre avec le système économique dominant

 

Le thème de la fin du capitalisme resurgit dans le débat public y compris dans les grands medias (1). La hausse des inégalités de revenu est criante, une nouvelle crise financière est à craindre, le réchauffement climatique largement dû au capitalisme est bien réel. Ce sont bien des raisons de remettre à l’ordre du jour le besoin de rompre avec le système économique dominant, et de s’engager vers un nouveau modèle économique. Il est possible de « redonner au public le pouvoir de penser l’alternative au capitalisme » (2). Mais ne soyons pas naïfs : le capitalisme ne tombera pas de lui-même comme un fruit mûr.

 

Les luttes d’aujourd’hui sont l’élément-clé pour préparer le « dépassement du capitalisme » et son abolition (3). Les privilégiés défendent toujours le système dont ils tirent avantage. En France, c’est le rôle assigné à Macron par la bourgeoisie qui veut mettre fin aux fortes résistances que le néo-libéralisme suscite chez les salariés et dans la jeunesse de notre pays.

 

Préparer la grève interprofessionnelle

 

Les attaques contre la Sécurité sociale et les retraites sont significatives du projet macroniste. Le retour d’un déficit de la sécurité sociale est largement dû « à un assèchement délibéré des recettes provoqué par la non-compensation intégrale des exonérations de cotisations sociales » (4) décidées par le gouvernement. L’autonomie du budget de la Sécurité sociale est bafoué par Macron qui veut  le fondre dans celui de l’Etat. Quant aux retraites, Macron s’obstine à imposer un système de retraites par points qui vise à baisser les pensions et  à individualiser au maximum le système. Au final, aucun actif ne saura avec certitude quelle sera sa pension quand il sera en retraite. Multiplions les rencontres, les débats, les explications … Pour préparer la grève interprofessionnelle. Et imposer le droit réel à la retraite dès 60 ans avec une pension décente, la prise en compte de la pénibilité.

 

Se rassembler à gauche

 

La bataille contre la privatisation d’ADP est à relancer vers le million de signatures. C’est un combat contre Macron et son monde, celui où tout est marchandise au plus grand profit des grandes entreprises. Il est grand temps que la gauche, porteuse historiquement d’un projet alternatif au capitalisme, se rassemble. Alternative sociale et écologique ou régression sociale et chaos climatique. Une course de vitesse est engagée ! Il n’y a plus de temps à perdre !

 

Pour en débattre, la Gauche démocratique et sociale (GDS) organise des « Rencontres pour construire l’unité » à Pau les 16 et 17 novembre (pour plus de renseignements et s’inscrire : contact@gds-ds.org)

 

(1) Dernier en date le quotidien Le Monde titre « le capitalisme est-il fini ? » dans son édition des 13 et 14 octobre

 

(2) Gérard Mordillat dans l’Humanité du 8 octobre co-auteur de la série « Travail, salaire, profit » diffusée sur Arte

 

(3) Thomas Piketty « Quand je parle de dépassement du capitalisme, je pourrais dire abolition »

 

(4) Déficit de la Sécu : 11 organisations demandent le retour à la compensation intégrale des pertes de recettes

 


La Sécurité sociale, idéal concret à promouvoir #4

Nous aurions pu avoir un système de santé parmi les plus chers du monde comme celui des États-Unis (18 % du PIB pour 11,8 % en France), qui laisse sans couverture sociale 29 millions de résidents et dont l’efficacité contestable est de plus en plus… Lire la suite…

 

C’était pas ça la Ligue !

 

Les éditions Syllepse ont publié en novembre 2018 un opus de presque 800 pages, signé par deux militants venus du maoïsme et de l’OCT et qui avaient rejoint la LCR (1) Il est intitulé sans nuance : « C’était la ligue ». Il s’agit, comme il l’écrivent au début et à la fin, d’un témoignage, d’un travail de « passeur » tant il est vrai qu’il ne peut y avoir « d’histoire officielle ». Et, en effet, ca n’en est pas une, ils abusent, ce n’était pas ça la Ligue !

 

Les militants de la LCR ont été un triple produit historique du mouvement ouvrier, trotskiste, un produit du mouvement social, mai 68, et un produit des luttes de classes,  de la jeunesse et du salariat quatre décennies durant.

 

In vivo, il y a eu un fantastique brassage, mais, dans ce livre il s’agit d’un immense nettoyage. Ca se veut consensuel, c’est polémique. Ca se veut de bon sens, c’est de la combine. Et là ou c’est acide, ils ont mis du miel par dessus. C’est le point de vue d’un petit groupe interne un temps appelé « groupe de travail ». C’est leur vision mais on n’a pas vécu ça. Ils ont le droit d’avoir leur point de vue bien sur. Mais ce n’était pas ça, la ligue.

 

Quant a on a agi profondément et à un niveau central toute cette période, on ne peut pas s’y reconnaître.

 

On ne cesse de se mettre en colère tout au long, devant la partialité, la mauvaise foi, l’épuration des réalités et des idées les plus importantes. Le grand public passera à coté, mais pas les militants concernés. Chaque phrase chaque paragraphe, le plan même, ferait, si l’on avait le temps de la ré écriture, l’objet d’une autre version, d’un détail différent en tous points.

 

On y cherche la vérité en permanence car même quand elle est approchée, ce n’est pas un bon alcool,  elle n’a pas le goût de la vérité.

 

Ce livre a bien le droit d’exister, il est une compilation de récits qui leur appartient, il est la version d’une histoire « interniste », tournée sur elle même, sectaire et codée d’après la relecture sélectionnée, révisée, par un des (petits) courants qui a survécu à l’intérieur de cette organisation au milieu du grand maelstrom idéaliste et militant qu’elle fut.

 

Ceci n’est pas malhabilement fabriqué c’est même trompeur car le récit semble donner à tout le monde, il se veut main stream, conciliant, faussement consensuel, mais en fait, il ne l’est pas du tout, ce sont des « Lettres de mon moulin », du petit cousin par alliance du meunier adressées à ceux de ses fils qui voudront bien y croire.

 

Les poissons sont noyés, les contre-vérités limées, les épisodes triés et mélangés, mais pour qui connaît bien il s’agit d’un règlement de comptes manifestement fractionnel,  il s’agit du point de vue bien identifié à mi chemin d’une partie d’une des tendances (3) et des soubresauts éclatés de la majorité, récit systématiquement opposé à celui qui fut le combat de l’autre tendance, la 1.

 

Ca ne part pas de la culture du trotskisme, ça ne prend pas en compte la profondeur de mai 68, ni la richesse multiple et pluraliste qui a été celles de nos sources, de nos idées et de nos combats.

 

ca ne part du mouvement réel des masses, mais de la lecture des rubriques de Le Monde.

 

tant que les lapins n’ont pas d’historiens, l’histoire est faite par les chasseurs, là ce sont des lapins qui font le boulot des chasseurs.

 

C’est un récit par le bout de leur « lorgnette »,  partisan, qu’il ne faut surtout pas « avaler » comme ça, disons le aux historiens, aux vrais, il doit être presque totalement décrypté et ré écrit à l’envers !

 

Qu’on se rassure, je ne le ferai pas, parce que j’ai déjà donné en grande partie ma version dans « Mai 68 histoire sans fin ». Et moi je ne prétendais pas du tout faire une histoire complète intitulée « C’était comme ça… »  J’ai plutôt chercher à faire un travail de mémorialiste, engagé, partisan, sincère, sans manœuvrer les faits, ni manipuler les points de vue, je disais ce que je pensais, je laissais aux historiens sérieux le soin de trier.

 

Je répète bien : « aux historiens ». Pas aux idéologues de passage, soucieux de pérenniser leurs petits points de vue clanique.  Avec eux, l’histoire est racontée sous l’égide de quelques artisans chasseurs et les lapins – dont je suis – doivent se défendre (1)

 

1)

 

Les militants de la ligue étaient un produit du « dehors », pas moulinés du dedans comme ce livre ressasse, pas produit d’une secte, mais produit de l’histoire, de notre classe sociale et de l’action de masse.

 

J’ai baigné dans la direction des premières JCR avant les ICR,  dans la direction de la LC avant la LC, et j’y suis resté pendant près de 30 ans, bon an mal an. Ma contribution « Mai 68 histoire sans fin » raconte donc 1965-1994 avec un point de vue très partial mais totalement différent.

 

Je n’ai jamais apprécié le caractère récit interne, story stelling « entendu », le coté « familial », clanique, du reste du noyau dirigeant de la LC et de la LCR. Je n’en étais pas. Je ne détenais pas ces « codes » qui influencent tant nos deux auteurs.

 

Le fait en est que je venais de Sotteville-lès-Rouen, que je devais être le seul d’origine ouvrière et en ces temps là, ouvrier moi-même, et que la majorité de mon temps était dévoré par ce qu’on appelait « le travail de masse », syndical, UNEF, en direction très large des jeunes et salariés. Je voulais continuer à regarder au loin, les gens normaux, hors du « cercle » du bureau de l’impasse Guémenée, et non pas vivre selon les quelques articles, lignes et reflets que le journal Le Monde voulait bien donner de nous.

 

A tort, j’avais une défiance tout provinciale envers les activistes parisiens, et toute intellectuelle envers ceux qui n’étaient pas de ma classe sociale. Je dis bien « à tort » : car c’étaient des préjugés infondés mais ils m’ont protégé de gober bien des bêtises et bien des préjugés gauchistes dominants à la mode en ces années-là.

 

La LCR ne se comprend qu’en dehors de la LCR, pas en ressassant le vocabulaire interne (souvent faussement passionnant car charabiesque et j’y ai beaucoup contribué hélas) de sa presse et de ses bulletins intérieurs.

 

Sans le sou, activistes inlassables de tous les jours, à vingt ans, nous menions des batailles pour survivre, pour les salaires, pour un boulot décent,  pour des études menées au bout, nous subissions un régime capitaliste dur, et un monde de guerres et de barbaries.

 

Et nous étions à la fois un produit et une réaction à ce monde : produit des grèves des mineurs, de Rodhiaceta, de Redon, de la Saviem, de Renault, de la lutte unitaire contre les ordonnances anti  Sécurité sociale, de mai 1966 et 1967,  à l’université, contre le plan Fouchet, de la bombe nucléaire d’Hiroshima et De Gaulle, de Martin Luther King et Patrice Lumumba, du Torrey Canyon, Sartre, Simone de Beauvoir, Boris Vian, « Pierrot le fou » Godard, et enfin, un produit de la résistance par campagnes de masse contre la barbarie des bombardements US du Vietnam au napalm et aux défoliants chimiques. « Un grand espoir c’est Cuba » chantait Colette Magny.

 

2) Le trotskisme

 

Le propre des deux auteurs est de ne pas être du tout « trotskistes », de le dire et de critiquer tout ce qui l’était dans la LCR. Pour ceux qui ne le verront pas à la première lecture du livre, à la seconde, s’ils en ont le courage, ils constateront qu’il n’y a que des connotations négatives (raccourcis, allusions, piques, oppositions, dénigrement ) contre à la référence au trotskisme et à la Quatrième internationale. Ca parcoure tout le livre. Normal, ils ont passé leur vie à quitter ou à ne pas venir à la LCR à cause de cela et quand ils y sont venus ce fut pour combattre tout ce qui de près ou de loin avait à voir avec le trotskisme. Ils jouaient à être toujours « modernes »  en quête de nouveauté, de dépassement, d’élargissement, de renouvellement, soutenant tout ce qui bougeait et s’opposant sous toutes les formes au passéisme qu’ils attribuaient au trotskisme » et à ceux qui s’en réclamaient. On le voit jusqu’à la caricature, tout au long du livre, avec la succession d’erreurs, d’improvisations, d’occasions perdues, de tournant aveugles, d’aventurisme au jour le jour, d’incertitudes, sur les syndicats, sur la classe, sur le programme, sur les mouvements de masse.

 

Allons droit au fait : le PCI, les JCR, la LC, la LCR n’avaient qu’un seul intérêt, une seule force idéologique, une seule ligne référente continue a leur disposition, un seul fondement pour réussir mieux que les autres, une seule racine d’explication historique suffisante et capable de motiver des milliers de militants, pour agir séparément et face au stalinisme et à la social-démocratie, c’est la référence à l’action pratique de 1905 à 1940, la pensée théorique, les écrits riches, les débats vifs et pointus, le brillant intellectuel, la pugnacité humaine, de Léon Trotski.

 

Il ne s’agit pas là, de vanter un « gourou », ni un héritage  dogmatique figé,  encore moins de se plier à une étiquette ou de se soumettre à un quelconque « maitre à penser », c’est tout simplement parce que Léon Trotski, celui de 1905, celui de 1917, celui de la résistance à la trahison de la révolution, l’ennemi de la bureaucratie soviétique, le porteur, le sauveur héroïque du drapeau contre la dictature totalitaire stalinienne, était d’abord un génie, un grand humain, militant concret, intellectuel vivant, frayant avec une immense culture, brassant toutes les questions les plus fines de l’actualité du XX° siècle, traçant un long et ferme chemin d’action humaniste à travers toutes les luttes de classes du monde entier. Dans ses œuvres, il y avait une orientation vibrante, une inépuisable source multiforme, pour conduire une action révolutionnaire prolongée, légitime, pour parrainer une organisation comme la « Ligue ». Nos deux auteurs ont toujours voulu couper la LCR de cette sève, et ils n’étaient hélas, pas les seuls, ils couraient sans cesse après les tourbillons au jour le jour affaiblissant le rôle historique potentiel de la LCR et la livrant à la banalisation des idées, aux variétés opportunistes des humeurs gauchistes, comme tous les groupes qui sont nés et morts dans les années 60, 70, 80, 90 faute de racine et de constance.

 

Franchement l’apogée de la LCR se « transcendant » après une quête absurde, dans le NPA, coupant les ponts idéologiques avec cette histoire, c’était du suicide. Tous les groupes « centristoïdes » para-révolutionnaires, tant aimés par nos deux auteurs, (GP, VLR, OCT, GOP, restes des PSU…) de ces années là se sont effondrés et ont échoué dans une succession de flottements, de divagations, d’errements faute de se référer à des principes solides simples et exemplaires qui étaient pourtant là, à portée, prêts à être puisés utilement dans l’histoire vivante du trotskisme.

 

Non pas que ce fut un dogme, surtout pas, pour agir en fin du XX° et au début du XXI° siècle : Trotski était un chercheur scientifique, lui même a changé souvent, corrigé souvent, défriché, inventé, cherché, renouvelé, mais sa vie entière offre une référence exemplaire, pure et une méthode riche : bien plus encore que le magnifique Che Guevara, plus que tous les autres révolutionnaires du XX° siècle.

 

Rompre avec cette histoire et sa légitimité, c’était courir après toutes les dérives, tous les opportunismes, toutes les inventions et diverses fredaines du moment, sans former des jeunes, des intellectuels, des militants, sans consolider un début de parti ayant des racines, une continuité, donc un avenir.

 

 

a suivre !

 

JCR JCI

 

Mai 68

 

Mai 68  histoire sans fin

 

Répétition générale répétez quoi ?

 

Conquête de  l’ouest ?  69

 

L’histoire nous mord la nuque

 

Organisations traditionnelles de retour

 

La question du PCF

 

La question du PS

 

Classe ou dynamique ? FU ou FP ?

 

UNEF ou CR ?

 

Syndicats rouges ou syndicats de masse ?

 

Texte 30 et texte 33

 

Antifascisme ou aventurisme avant-gardiste  ?

 

Lutte armée foco ou parti de masse ?

 

21 juin 73 et dissolution

 

Solidarité chili ou révolutionnaire au Chili ?

 

FSI ou anti impérialisme

 

FSAMR ou syndicat de soldats

 

Portugal : MFA ou front unique ?

 

MLF ou MLAC ?

 

UR ou FNCL ?

 

Masses ou avant garde large ?

 

Condamnés à s’entendre ?

 

Giscard va gagner

 

81 : Hors de la dynamique de défaite de la droite

 

BAD

 

 

Mai 68 histoire sans fin

J’ai toujours expliqué, au travers de nombreux livres et articles, que mai 68 était « une histoire sans fin ». Il existe des cycles du mouvement des masses comme il existe des cycles économiques.

Depuis 50 ans, la profondeur de la grande grève générale a nourri des répliques sismiques régulières de génération en génération.  Certaines ont permis de grandes victoires à la jeunesse massivement mobilisée : loi Debré en 1973, loi Devaquet en 1986, CIP en avril 1994, CPE en avril 2006. D’autres ont exprimé la puissance croissante de la classe des salariés : les grèves de Renault, la Poste, les Banques, le Joint Français, Lip, la sidérurgie.

Même quand ces grèves ne gagnaient pas, elles laissaient des empreintes politiques profondes. La victoire électorale de mai 1981 est un effet différé de mai 68. Lorsque des conquêtes étaient obtenues (hausse du Smic, 33 % en 68, 13 % en 81, 40 h, 39 h, 35 h, droits du travail, 4° et 5° semaine de congés payés, retraite à 60 ans) elles imprégnaient la vie sociale quotidienne.

En août 1995, Madelin, ministre clamait qu’il fallait « un autre mai 68 et qu’on le gagne ». Le contredisant, en novembre-décembre 95, l’inacceptable « plan Juppé » dut reculer devant une autre grande grève quasi généralisée. La victoire de la gauche plurielle de Lionel Jospin en juin 1997 est aussi un effet différé de novembre-décembre 95.

En 2008, Sarkozy clamait encore qu’il « fallait liquider mai 68 » : 40 ans après ça l’effrayait toujours. Le pouvoir passa en force contre les retraites à 60 ans malgré les grands mouvements de 2003 et 2010 : mais en 2004, 20 régions sur  22 passèrent soudainement à gauche, et en 2010, l’entêtement de Sarkozy à poursuivre la même offensive libérale anti retraites le fit battre en 2012.

Jusque-là les vagues de mai 68 venaient battre les falaises de la droite et recevaient certains échos positifs de la gauche. C’est alors que le trio Hollande-Valls-Macron a pris la suite en trahissant tous les espoirs de 2012,  et ils se sont exercés à ne rien céder quelques que soient les mobilisations : y compris contre la scélérate loi El Khomri, lorsqu’il y eut 14 manifestations, avec sans doute 3,5 millions de participants au moins une fois.

Sorti putschiste en tête de ce trio, Macron s’imposa « par effraction » et, de façon forcenée, entreprit de bloquer et baisser le coût du travail pour hausser le coût du capital, contre tous les droits sociaux, afin d’ubériser la société « sans statuts, » « France start up », « post salariale». Macron a certes gagné sur les ordonnances anti code du travail, puis contre le service public de transport collectif de la SNCF : il s’apprêtait à une écologie punitive, à clore les cotisations chômage, maladie et la Sécurité sociale, à fermer les derniers services publics, HLM ou RATP, à en finir avec les retraites par répartition…  C’est alors, logiquement, de cette intransigeance folle du trio Hollande Valls et Macron que sont sorties, en tâtonnant, les « nuit debout », puis aujourd’hui les « gilets jaunes ».

Puisque même la gauche officielle trahissait, puisque les organisations défendant historiquement les droits n’étaient plus entendues, leur  « base » s’est insurgée d’elle-même. Après les « places » occupées des villes, ce sont les « rond points » et les Champs Elysées qui sont occupés, avant que ce ne soit les entreprises et la grève généralisée.

Les 50 % des salariés qui gagnent moins de 1700 euros, les 9 millions de pauvres et chômeurs en dessous de 900 euros, les 7 millions de retraités en dessous de 1000 euros, les millions de jeunes sans ressources ou en CDD bidons, se sont donc soulevés et on comprend tout à fait que leur colère soit plus grande, plus radicale et plus violente encore.

Car ça suffit ! La France n’a jamais  été aussi riche de son histoire et les richesses aussi mal partagées. Ca se cristallise, contre la dictature anonyme de la finance, sur le partage des immenses richesses disponibles : les 1 % d’en haut doivent rendre l’ISF et davantage aux 99%, les taxes injustes sur le carburant doivent être supprimées, la fiscalité doit redevenir direct et progressive, les salaires, et le Smic, à nouveau et en premier, doivent augmenter massivement, tandis que les dividendes doivent diminuer.

Comme toujours, les grandes explosions commencent de façon fortuite sur un objectif précis, et si le pouvoir  est sourd, le mouvement se généralise.

Gérard Filoche, Gauche démocratique et sociale

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rencontres pour l’unité à Pau les 16 et 17 novembre

 

Rencontres 16 et 17

 

 

La pénibilité et le travail ?

La pénibilité et le travail ? Celui des 550 accidents mortels, des 4500 handicapés du travail ? Celui des heures supp’ impayées ?

La pénibilité et le travail ? Celle des maladies professionnelles, amiante, TMS, surdité, cancers, qui augmentent, sont sous-déclarées, sous réparées.

La pénibilité et le travail ? 150 000 accidents cardiaques et 100 000 accidents vasculaires par an dont entre 1/3 et 50 % liés au travail…

La pénibilité et le travail ? Ce jeune ascensoriste de 26 ans écrasé par l’engin qu’il réparait, à cause de la compétition sauvage entre OTIS et KONE

La pénibilité et le travail ? celle des 516 000 « travailleurs détachés » sous payés, surexploites, discriminés ?

La pénibilité et le travail ? Celle des mini-jobs, des stages, des emplois saisonniers atypiques, des 3 X 8, des 4 X 8, des intérims et CDD répétés ?

La pénibilité et le travail ? Celle des millions de travailleurs pauvres qui n’arrivent pas à vivre avec leurs salaires ?

La pénibilité et le travail ? Celle du milliard d’heures supplémentaires non déclarées, non majorées, non payées attribuées à ceux qui ont un boulot au détriment de ceux qui n’en ont pas ?

La pénibilité et le travail ?  Celle des femmes qui gagnent 27 % de moins que les hommes ?

La pénibilité et le travail ? Celle des jeunes à 25 % au chômage et à 80 % en CDD contre une retraite repoussée à 65 et 70 ans ? ?

La pénibilité et le travail ? Celle des immigrés, forcés à bosser sans droits et sans papiers par des esclavagistes et marchands de sommeil  ?

La pénibilité et le travail ? Celle des seniors licenciés, 2 sur 3 a partir de 55 ans et qui ne peuvent cotiser que 30 ou 35 annuités alors que 43 sont exigés pour une retraite décente ?

La pénibilité et le travail ? Celle dans les restaurants dont 1 sur 4 utilisent des clandestins, non déclarés dans le fond de leur cuisine ?

La pénibilité et le travail ?  Celle des exploitants agricoles qui respirent des nitrate et des pesticides ?

La pénibilité et le travail ? Celle des marchands de main d’œuvres, de la traite d’humains, des « travailleurs détachés » ?

La pénibilité et le travail ? Celle du Medef : « le code du travail est l’ennemi des patrons » Gattaz

La pénibilité contre le droit du travail ?  Le pauvre exploité qui sue et se tait, à cause de mal chasse aux sorcières anti syndicales

La pénibilité et le travail sans statut ? « La liberté de penser s’arrête là où commence le Code du travail » selon Mme Parisot et… M Sarkozy

La pénibilité et le travail sans syndicat ? Sans syndicat pas de Smic, pas de durée légale, pas de congés payés, pas de sécurité sociale, pas de droit

La pénibilité et le travail ? Même pour celui  qui ne fait jamais grève, qu’on ne voit jamais manifester, qui n’est pas syndiqué, qui piétine son collègue ?

La pénibilité et le travail ? Sans délégué du personnel, sans comité d’entreprise, sans CHSCT, sans institution représentative du personnel ?

La pénibilité et le travail ? à France Télécoms et ailleurs, des dizaines de suicides, et patron acquitté ? au total 700 suicides liés au travail par an

La pénibilité et le travail ? Stress, risques psychosociaux, harcèlement, suicides, chantage à l’emploi, heures supp’ impayées ?

La pénibilité et le travail ? Les travaux les plus durs sont les plus mal payés, bâtiment, restauration, nettoyage, transports, entretien, industries

La pénibilité et le travail ? Dans le bâtiment, 1,1 million bossent surexploités, maltraités, mal payés, accidentés, meurent sans retraite

La pénibilité et le travail ? Celui des foutus dehors par « rupture conventionnelle » de gré à gré sans motif et sans mesure sociale ?

La pénibilité et le travail ? Celui des auto-entrepreneurs, un million en théorie, la moitié en réalité, dont quelques dizaines de milliers qui se font exploiter comme Uber et Deliveroo faux salariés, à bas prix et sans protection sociale ?

La pénibilité et le travail ? Pour celui qui bosse dur pour survivre misérablement ou celui qui exploite dur les autres pour vivre dans des palais dorés ?

La pénibilité et le travail ? Celle des actionnaires, des rentiers, des riches, des Carlos Ghosn qui gagnent 600 SMIC par an en dormant ?

La pénibilité et le travail ? Qu’est ce qu’il y connaît Macron ?

 

 

 

Macron menteur ! tout travail est pénible et Lubrizol est toxique

“Moi je n’adore pas le mot de ‘pénibilité’, parce que ça donne le sentiment que le travail c’est pénible.” (Macron à Rodez le 3 octobre).

Ce qui est pénible c’est d’avoir un président comme ça.

Pour lui, le travail, en fait, ça n’existe pas. Il n’y a que des consommateurs, les producteurs sont sommés de cesser de se battre pour leurs salaires, leurs droits, leurs conditions de travail, il est indispensable dans le néo-libéralisme macronien, que les individus cessent de réfléchir en tant que salariés ayant des intérêts communs avec leurs collègues face au patronat. Le rôle individuel du travailleur est de valoriser au mieux son entreprise pour qu’elle soit plus performante. Il doit s’identifier à l’intérêt du capital et coller aux besoins de la production. Toute lutte du travail contre le capital est inutile et néfaste, elle crée des déséquilibres  dont souffre le plus grand nombre. Il ne faut pas lutter, il faut s’adapter ».  explique bien Romaric Godin, dans son excellent livre, « La guerre sociale en France » « aux sources économiques de la démocratie autoritaire ».

Donc « pas de plainte » insiste Macron, il ne faut pas donner le sentiment que quelque chose va mal dans la production. Ceux qui résistent, qui se plaignent, qui refusent la pénibilité, s’arque-boutent sur leurs retraites, leur code du travail, leurs conventions collectives, leurs statuts, les salariés sont des « rentiers »,  des freins, des obstacles ! Ils empêchent un « retour au réel », un désir d’avenir que les régulations actuelles du travail empêchent d’atteindre. Il faut donc combattre ces rentes, celles des « corporations » de travailleurs geignards, des syndicats et les statuts qui s’appuient sur des avantages acquis caduques,  des luttes anciennes périmées, et des équilibres sociaux, et des compromis politiques destinés à disparaître.

Macron est vraiment une contre révolution en marche.

Evidemment, elle ne « prend pas ». On en est au point ou au moins 75 % du pays croit en permanence que ce gouvernement ment. Castaner s’est plaint au JDD d’avoir du faire face à 50 000 manifestations.

Macron, à Rodez ou ailleurs, dans ses pseudo «  débats »,  ment tout le temps quand il dit qu’à la RATP les salariés partent en retraite 5 ans avant tout le monde avec une moyenne de 3700 euros. Il ment quand il dit que la retraite d’un enseignant est de 2800 euros. Il ment quand il dit que les caisses de la Sécu sont à nouveau en déficit (alors qu’elles sont équilibrées et que c’est lui qui les pille en n’y remettant plus l’argent qu’il y prend). Il ment quand il dit que le débat principal est sur l’immigration.  Il ment quand il dit qu’il a réglé la question des « travailleurs détachés » alors que cette traite des humains continue de plus belle. Il ment quand il annonce « la fin du salariat » alors que 90 % des actifs sont salariés : on était 3 millions en 1910 et 30 millions en 2010. On est passés en un siècle de 9% de salariés à 90% de salariés. Son but, en mentant là-dessus aussi, c’est de nous enlever, quand on est 30 millions, ce qu’on a gagné quand on était 3 millions !

Et quand une catastrophe se produit comme à Lubrizol, des millions de gens pensent d’abord et en premier, que le gouvernement ment. Macron est un menteur parce que chacun sait il n’y a pas de travail sans pénibilité, ni d’entreprise qui fonctionne sans exploitation féroce. Tout le monde le sait et le pouvoir de mentir de Macron s’érode chaque jour.

Mais si la baudruche Macron, pourtant pénible, n’explose pas en fumées, c’est toujours pour la même raison : qu’ y a t il en face ? Que peut il y avoir à la place ?  Que fait la gauche ? A Marseille et dans des dizaines de villes, elle s’organise, mais alors pourquoi y a t il des francs tireurs, des retardataires, des diviseurs ? Aucun des 18 groupes de la gauche actuelle (EELV, Ensemble, FI, PG, PCF, PS, Générations GDS, GRS, MRC, NPA, LO, ND, RS, AL, POI /D, PRG) ne parviendra tout seul à être l’alternative à Macron. Pas d’hégémonisme, pas d’exclusive, respect de tous. Un programme commun (1800, 60, 32, 20, 5 et 50 %) n’est pourtant pas difficile à mettre en forme, personne ne demande l’unité de pensée, l’unité d’action suffira. Et pour les municipales, ce n’est pas difficile non plus de trouver plateformes et listes communes à gauche.

Là où il y a une volonté, il y a un chemin : « comité de liaison permanent de la gauche » !

 

 

Pénibilité, j’adore

Au boulot n° 463

Humanité dimanche

Une infirmière met ses lunettes à 60 ans pour chercher la veine. Une aide-soignante se luxe le dos en retournant un patient sur son lit. Un égoutier devient malade à 50 ans d’un cancer. Le cancer du menuisier c’est dans la gorge avec les poussières de bois. Celui du garagiste c’est dans le sinus avec les odeurs de benzène. Etaler l’asphalte ça vous brule. L’agriculteur respire les nitrates et les pesticides. La cueillette au sifflet, plié en deux, ça casse. Le cuisinier et le plongeur souffrent dans la cuisine à 50°. Le poseur de pavé dans la rue, agenouillé, a du mal à se relever. L’immigré pousse la brouette pleine de gravats. Le grutier fait pipi et mange à 120 m du sol, dans sa nacelle. Celui qui blanchit le ciment est d’abord blanc lui-même jusqu’aux sourcils : son masque le chauffe mais ne le protège pas. En tirant sur les cordes de l’échafaudage, l’homme a mal dans l’épaule et les mains blessées.

Le professeur des écoles a perdu sa retraite a 55 ans, il fait sa 40e rentrée des classes à 62 ans au milieu de ses gamins de 11 ans. La femme de ménage perd l’équilibre sur l’escabeau où elle nettoie les vitres. Le sertisseur d’émeraude a le nez sur une plaque d’amiante. L’aide à la personne âgée ne parvient plus à s’aider elle même. Le chauffeur de taxi a mal au dos, la télé lui dit « il faut bouger ». L’électricien monte sur le pylône par grande tempête. Le jardinier se redresse avant de piocher. Le verrier sait ce qu’il respire, l’amiante c’est l’anxiété. Le laborantin aussi. Dans la grande usine, la journée du métallo va être longue. Sous le haut fourneau, la ligne de métal est à 1400°. L’écrivain devant son ordinateur a une arthrose et ses doigts sont devenus crochus. Le garçon de café a une phlébite. Le jeune Mac’Donald se brule avec le grill et les huiles. Le livreur monte ses 5 étages sans ascenseur avec ses 60 kilos. Le coursier est en retard sur son vélo pour livrer la pizza.

Faire la nuit, ca nuit. Travailler le dimanche, femmes pauvre et précaire. Le conducteur de train change 20 fois ses horaires en 20 jours. «  Trois  X huit » c’est usant. A l’hôpital on court tout le temps, stress permanent. Le pâtissier fait ses gâteaux à partir de 3 h du matin. Le routier peine à garder les yeux ouverts à son volant. Il reste des mineurs qui creusent pour chercher l’or. Le postier a du cal à l’épaule. Celui du guichet tente d’endiguer l’attente des usagers. Le casse croute c’est sur le pouce. Le chirurgien est tendu, la vie entre ses mains. L’ouvrier d’Amazon calcule son temps de pipi. Le correcteur s’abime les yeux à traquer la coquille. La couturière ne sent plus son poignet « TMS », l’autre, c’est le coude.

Tout travail est pénible.

“Moi je n’adore pas le mot de ‘pénibilité’, parce que ça donne le sentiment que le travail c’est pénible.”(Macron à Rodez le 3 octobre). Même faire président, c’est pénible, on se fait mépriser par ceux qui travaillent.

Gérard Filoche

 

Ne croyez pas au bobard que la CFDT est passée devant la CGT

Le mode de scrutin servant à la représentativité des organisations syndicales ne peut pas être considéré comme satisfaisant aux yeux d’un démocrate attentif.

Gérard Filoche

Ne croyez pas au bobard que la CFDT est passée devant la CGT.

Le mode de scrutin servant à la représentativité des organisations syndicales mis en place par la loi Bertrand du 20 août 2008, qui vient pour la deuxième fois de donner des résultats, (2009-2012 puis 2013-2016), ne peut pas être considéré comme satisfaisant aux yeux d’un démocrate attentif.

C’est un système étrange qui agrège les résultats des élections des institutions représentatives du personnel, dans des conditions variables sur une période étalée sur quatre ans. C’est le contraire d’un scrutin direct et sincère. Ce n’est pas une photo, ni un constat, c’est un cliché bougé-brouillé, indirect qui perd tout sens.

Il est aléatoire: car les élections de CE sont théoriquement prévues tous les 4 ans, dans une partie seulement de 3 % des entreprises (qui regroupent 50 % des salariés).

Les élections de DP sont prévues à partir de 11 salariés dans une mince partie des 200 000 d’entreprises.

Dans le million de TPE existantes, il y a des élections « spéciales » à très faible participation par correspondance (10% puis 8 %).

En réalité, trop peu d’entreprises avaient des IRP, CE, des DP: seulement 4,923 millions de salariés ont eu l’occasion de se prononcer au moins une fois sur une ou plusieurs listes présentées par un ou des syndicats selon la CGT et 5,243 128 selon le ministère (+3,30 % de votants). 68 043 procès-verbaux envoyés par les DRH, seulement, ont été compilés selon le ministère qui affirme que c’est une hausse de 18,4 % par rapport à 2012.

Ce résultat est estimé à 60 % des 9 millions de salariés inscrits dans ces entreprises où le patron a organisé un vote pour les IRP. C’est donc peu sur un total de 23 millions de salariés qui sont dans toutes les entreprises incluses celles sans IRP, ou sans syndicat.je pars

Mais les lois Hollande El Khomri puis les ordonnances Macron-Penicaud  aboutissent à supprimer 50 % des élus des institutions représentatives du personnel environ 200 000 sont en cours de disparition sur 425 000 auparavant). ,

Le recollement national de ces élections organisées par les patrons se transmet par les « DRH » au Ministère : le favoritisme patronal a tout loisir de s’exercer à tous les stades de ces opérations.

Le vote pour les CE s’effectue souvent sur les critères de gestion (oeuvres sociales) et non pas pour l’action syndicale en général, laquelle est heureusement plus vaste : comment voulez vous, par exemple, mesurer avec un cycle de 4 ans, étalé entre janvier 2013 et décembre 2016, la représentativité des syndicats et l’opinion des salariés après l’immense bataille pour ou contre la loi El Khomri qui coure de mars à septembre 2016 ?

Lors des dernières élections nationales directes démocratiquement contrôlables, celle des prud’hommes, en décembre 2009, donnait 38 % des voix exprimées à la CFDT, la CFTC, la CGC, et 62 % à la CGT et FO.

Coup de théâtre, la première application de la loi Bertrand le 31 mars 2013 abaisse le score de la CGT et FO à 48,5 % tandis que la CFDT, CGC, CFTC, obtiennent 51,5 % des voix.

Cette chute de 62 % à 48 % est totalement improbable.

En dépit de ce système antidémocratique, lors des élections recensées en 2013, la CGT restait encore devant avec une très courte majorité à 26,77 % et 26 % pour la CFDT.

Par contre qui croit que la CGC est à hauteur de 10% et la CFTC à 9,5 % ?

Par contre Solidaires et UNSA sont éliminés parce que le seuil de représentativité est à 8 %.

Deuxième compilation de vote 31 mars 2017 : la CFDT arrache 26,37 % des voix dans le seul privé, juste devant la CGT avec 24,86 %. Cela suffit à une campagne de faussaire dans les médias : « tournant historique », « tremblement de terre », etc. FO est à 15,59 %, la CGC à 10,67 % et la CFTC à 9,49 %.

Alors qu’il y avait 35 % de taux de participation aux prud’hommes 2009, on est autour de 25 % de participation dans ce nouveau type de « scrutin étalé » de 2017.

Contrairement à ce qui est dit, la CGT toutes catégories confondues, privé, public, TPE reste quoiqu’il arrive à 24,27 % public et privé devant la CFDT.

Mais cela ne colle pas du tout avec les élections directes dans les TPE de décembre 2012 car elles donnent nettement en 2013, (10 % de participation) 10 points d’avance dans le privé à la CGT sur la CFDT, et c’est encore significativement confirmé entre le 30 décembre 2016 et le 13 janvier 2017, en dépit du « bug » qui a eu lieu (8 % de participation).

Comment expliquer que dans les petites TPE, endroit sensible, sans syndicat, deux scrutins directs donnent un maintien du scrutin des prud’hommes de 2009, en contradiction avec les scrutins « étalés » de 2013 et 2017 ?

La mesure prise en 2017 marque la fin de la période transitoire prévue par la loi du 20 août 2008 selon laquelle toute organisation syndicale affiliée à l’une des organisations syndicales de salariés reconnues représentatives au niveau national et interprofessionnel était présumée représentative au niveau de la branche.

Désormais, pour être représentative dans une branche professionnelle, les organisations syndicales devront dans tous les cas satisfaire au critère de l’audience de 8 % dans cette branche et plus largement respecter l’ensemble des critères de la représentativité (respect des valeurs républicaines, indépendance, transparence financière, ancienneté de deux ans, influence, effectifs d’adhérents et cotisations) pour être en capacité de signer des accords collectifs. Solidaires et Unsa sont éliminés définitivement.

La loi du 18 décembre 2014 a modifié les modalités de désignation des conseillers prud’hommes: la désignation (cooptation) des membres des conseils de prud’hommes se fonde désormais sur cette incertaine mesure d’audience. Ce qui déséquilibre encore plus les repères.

L’utilisation médiatique de la prétendue avance de la CFDT sur la CGT le 31 mars 2017, deuxième « scrutin Bertrand » est donc fortement soumise à caution.

La présentation de deux blocs « réformiste » et « contestataire » dans Le Monde (c’est jour de gloire pour Michel Noblecourt et sa présentation manipulatrice) ne repose sur rien.

Tous les syndicats sont à la fois réformistes et contestataires, et souvent à tour de rôle, (FO et CFDT) rien n’oppose ces deux prétendues démarches.

Noblecourt invente un bloc « dit réformiste » de 41,21 % CFDT CFTC rajoutant… l’Unsa. Et un bloc FO et CGT « dit contestataire » à 40,44 % en omettant… Solidaires et la FSU !

La CGC qui a basculé contre la loi El Khomri refuse avec ses 10,67 % d’être classée dans l’un des ces prétendus « blocs » qui font abusivement les « une » de France inter et de France 2.

L’UNSA qui, finalement, au niveau de son CN a été opposée à la loi El Khomri, alors que son BN était pour, la CFDT qui a vu ses fédérations métallurgie et culture opposée à la loi El Khomri, rien de tout cela ne correspond aux bobards idéologiques des médias, diffusés de façon abusive autour de ces audiences tellement incertaines.

Ne faut-il pas reposer la question ?

Revenir à un scrutin de représentativité globale clair, direct, national, contrôlable, démocratique, un jour férié tous les 4 ou 5 ans comme les prud’hommes? (On pourrait aussi refaire des élections à la sécurité sociale le même jour)

Le numérique, ça pollue énormément !

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