300 000 emplois dans l’hôtellerie restauration ? suffit il de traverser la rue ?

 

Ils ont un culot à toute épreuve, les patrons de l’Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) : principal syndicat patronal du secteur (un million de salariés), au cours de leurs « Assises de la restauration commerciale » ils ont affirmé qu’ils « recruteraient volontiers près de 300 000 salariés » mais qu’hélas, il y avait pénurie de main d’œuvre ! En gros 300 000 fainéants actuellement parmi les chômeurs, refuseraient de « traverser la rue » pour venir travailler dans leurs cuisines, cafés, restaurants et hôtels.

Mais quel boulot ?

C’est la branche où les salaires sont les plus bas,

les horaires sont les plus longs,

les heures supplémentaires les moins payées,

les conditions de travail les plus épuisantes,

les maladies professionnelles les plus nombreuses,

la précarité la plus développée,

le travail illégal le plus poussé,

les immigrés les plus maltraités

les pourboires (loi Godart) détournés,

la violence au travail la plus fréquente (hiérarchie brutale, des apprentis sont battus),

le turn over le plus systématique,

la convention collective la moins intéressante,

la représentation syndicale et celle des salariés la plus faible !

Et tout ça n’est pas dû à la mondialisation ni « à l’Europe », il n’existe pas de concurrence internationale !

Ce n’est pas dû aux impôt ni aux taxes : le patronat de la restauration a bénéficié d’une baisse de la TVA à 5,5 % pendant plus de 5 ans et il n’en a rien fait : il n’a ni modernisé, ni baissé les prix, ni haussé les salaires. Ils se sont mis cette niche fiscale dans la poche et ils ont continué à frauder : 25 % des emplois ne sont pas déclarés, la quasi totalité des heures supplémentaires ne sont jamais recensées ni payées. Il y en a qui utilisent des auto-entrepreneurs pour faire des sandwiches et d’autres qui abusent des immigrés, à la plonge ou aux fourneaux. Et on ne parle pas là des « petits restos », les grandes « chaines » (250 000 salariés) sont les pires.

Et ils voudraient encore un CDI plus flexible ?

Question de mentalité : André Daguin, grand patron de la restauration conseillait ses collègues vis à vis des personnels : “Vous devez être ceux qui menacent, pas ceux qui sont menacés. Vos dents doivent rayer le parquet. L’indulgence est comme la pitié, elle vous déshonore et elle déshonore aussi ceux qui en bénéficient. La société a besoin de durs, pas de mous. L’ennui, c’est qu’il y en a beaucoup, des mous, beaucoup trop. Il faut arrêter de reculer le moment de l’effort. Ne soyez pas indulgents avec vos salariés. Il y a tout plein de bac + 12 qui sont infoutus de travailler, ils ne sont même pas capables de trouver un balai pour faire le ménage. Quand on doit licencier quelqu’un, il ne faut pas cacher la vérité. Vous savez, c’est aussi difficile pour celui qui coupe que pour celui qui est coupé. Moi, je préfère les assassins aux escrocs : les escrocs, les gens les trouvent sympas. Les assassins, non, évidemment ; mais pourtant, ils ont un grand mérite, c’est de ne pas être hypocrites ».

 

Changer de mentalité patronale, changer de pratique, supprimer les contrats courts, hausser les salaires, respecter les horaires, prendre des personnels bien formés, bien payés, bien traités, et c’est vrai, on aura 300 000 emplois de plus, et un bien meilleur service aux clients lié à une qualité de vie des personnels.

Gérard Filoche (lisez chaque semaine l’Humanité dimanche, chronique « au boulot » n°440)

http://www.regards.fr itv de Gérard Filoche pour « Midinales »

Alors que la gauche française est divisée, Gérard Filoche veut croire que l’union des gauches est toujours possible. A la veille d’une nouvelle mobilisation qui aura lieu lors du traditionnel 1er mai, on fait le point avec lui sur la situation sociale et politique. Le membre fondateur de la Gauche Démocratique et Sociale est l’invité de #LaMidinale.

http://www.regards.fr

VERBATIM

Sur les élections en Espagne
« Il ne faut jamais dire que la social-démocratie est définitivement morte. »
« Il faut toujours réfléchir sur les conditions dans lesquelles ces partis-là existent et gagnent et comment la gauche peut exister. Mais surtout, il ne faut pas être sous leur dépendance pour mener une véritable politique de transformation sociale. »

Sur le compromis en politique
« La politique, c’est une question de fond, ça dépend du mouvement de masse qu’il y a derrière les appareils et comment il peut les bousculer. »
« Il faut du compromis mais il faut qu’ils soient les meilleurs possibles. Si c’est pour ressortir une politique à la Hollande avec la même trahison qu’ils ont fait pendant cinq ans, c’est non. »

Sur la proportionnelle en France
« Quand Macron veut 20% de proportionnelle, c’est pour diminuer le nombre de députés et concentrer le pouvoir autour du président donc il ne faut pas l’accepter. »
« Il faut plus d’élus. Il faut mille élus avec des petites circonscriptions. »
« Il faut plus d’élus, il faut que les gens participent, que les élus soient contrôlés, révocables et qu’il y ait une limite dans le temps et dans le cumul des mandats. »

Sur les annonces du président
« C’est une contre-révolution. »
« Macron avait déjà écrit ça dans son livre Révolution c’est-à-dire l’idée d’une France uberisée, une société sans statut, post-salariale, sans loi ni droit et sans sécu. »
« Macron est obligé de mettre des bémols, il a un peu chaud aux fesses. »
« Au bout de six mois d’agitation, il n’a pas répondu aux gilets jaunes. »
« Quand on travaille, on veut un salaire, on ne veut pas des aides, on ne veut pas l’aumône. »
« Il faut que le capital paye, que les patrons payent. Et que fait Emmanuel Macron ? Du passe-passe. »

Sur les gilets jaunes
« Mon cœur bat avec les gilets jaunes. »
« Je suis gilet jaune depuis tout petit. »
« Il faudrait 300 euros tout de suite, pour tout le monde. »
« C’est une question de répartition des richesses entre le capital et le travail. »

Sur les violences policières
« C’est le règne de la peur qui fait reculer les manifestations. »
« C’est un terrorisme d’Etat. Ils savent ce qu’ils font avec les tirs et les arrestations. C’est une répression sans précédent dans notre pays. »
« Emmanuel Macron mène une guerre sociale. »

Sur les européennes
« Je crois que je vais voter pour l’une des listes de gauche. »
« Franchement, c’est désespérant : il y aurait une liste commune, on serait à 30-35%. »
« Ils se tapent dessus alors qu’il y a peu de différences quand on les écoute attentivement. Ils disent à peu près la même chose. »
« Pourquoi ne peut-on pas se mettre d’accord sur ce qui unit et mettre de côté ce qui nous sépare ? »
« Il ne faut pas qu’il y ait de chef, de tribun ou de césar. Il faut qu’il y ait un collectif. »

Sur l’après-européennes
« Si on ne réussit pas à bousculer la politique de Macron, avec les gilets jaunes et les organisations syndicales, c’est parce qu’il n’y a pas d’issue politique. »
« Il ne suffit pas d’additionner les partis mais on ne peut pas le faire sans les partis. »
« Pour dépasser les partis, il faut additionner les partis. »
« Pour faire le Front populaire, il a quand même fallu mettre Thorez, Cachin et Blum sur la même tribune. »
« C’est pas mal qu’il y ait des sensibilités différentes parce qu’il faut du débat dans la gauche. »
« L’unité, c’est pas se rallier, ni de se soumettre, c’est de se respecter. »

Sur la fédération populaire de Mélenchon
« Je préfère l’union de la gauche parce qu’au moins, on sait de quoi il s’agit. Dans le peuple, il y a les patrons. »
« J’ai toujours un peu de difficulté à parler de collaboration de classes. Pour moi, il y a des classes sociales, donc c’est l’unité de ma classe : ma classe, c’est le salariat. Le salariat, c’est la gauche. La gauche, c’est le salariat et je veux unir le salariat. »
« L’appartenance à la gauche est déclarative. Il n’y a pas de tribunal pour juger qui y est et qui n’y est pas. »

Sur le 1er mai
« Gilets jaunes et gilet rouges. »
« Je milite pour qu’il y ait des millions de manifestants. »
« A un moment donné, les digues vont se rompre. L’explosion est devant nous, elle n’est pas derrière. »
« Je suis un vieux soixante-huitard. Mais jeune de coeur. Il faut que les entreprises soient occupées et que la grève soit générale. Ça ne se décrète pas mais même si ça ne se décrète pas, il fait agir dans ce sens. »

 

1er mai 2019 : finance très violente contre peuple très en colère + le mensonge de Castaner à propos de l’hôpital la Pitié

 

J’étais heureux dans le métro ligne 4 vers 13 h hier 1ermai, car la rame était archi pleine et on se rendait tous au départ de la manifestation, prévue à 14 h 30 Boulevard Montparnasse vers place d’Italie. Il allait y avoir beaucoup de monde au défilé.

En voulant sortir station Montparnasse, 5 sorties sur 7 étaient fermées. Ce sont celles qui débouchaient tout de suite sans encombre sur la place. Il faut remonter vers la gare, sorties 1 ou 2 Océane ou Bienvenue. C’est long mais à la sortie Bienvenue très loin du rassemblement, il y a contrôle de police, fouilles, corps à corps,  tous les jeunes au faciès sont visés, pas moi avec mes 73 ans. C’est juste oppressant. Je redescend à pied tout le long de la Tour, j’arrive sur la place où il y a quelques ballons  FSU, CGT, Sud engagés dans le boulevard.

Je cherche le stand de Siné mensuel. Je cherche mes amis de GDS au point de rendez vous. J’essaie de remonter en tête pour saluer des camarades, mais rien n’a commencé  quand la police balance des lacrymogènes.

Ca fait de plus en plus mal aux yeux ces saletés. Tout le monde reflue. Attention, il n’y a ni « black blocks », ni casseurs, les gens qui sont là n’ont aucune action belliqueuse. Ils sont seulement colère de se faire traiter ainsi.  En fait l’information circule (et plus tard les images le confirmeront) : la police a délibérément attaqué la tête du cortège syndical, l’empêchant de se former et d’avancer.

Je cause avec mes voisins et voisines, des gilets jaunes, des syndicalistes, on parle naturellement de Macron qui refuse toute écoute, toute attention à nos revendications, salaires, retraite, on compare nos sorts, nos infos, nos actions… ou est-ce qu’on s’est vus ? A Elancourt. A Aubervilliers. A la Bourse du travail. A Dreux. On me remercie « pour les vidéos ». On fait des selfies. On blague mais pas longtemps, deuxième vent pourri de gaz lacrymogènes, on reflue, certains me protègent, me conseillent de reculer, on y est contraint, puis on recommence à essayer d’avancer.

Je croise et salue Philippe Martinez qui reflue et qui a été pris comme cible, devant. On est revenus place Montparnasse. On ré avance, on va aller au pas, il faut 45’ pour revenir là où on étaient bloqués une heure plus tôt. On est « nassés » comme au temps de Marcellin, les flics sont au contact, ferment toutes les rues. J’ai un tract de la GDS, Gauche démocratique et sociale, à distribuer (en faveur de l’unité de la gauche) mais c’est quasi impossible. Ce système de la nasse, du blocage, proximité flic et gaz avec manifestants, est une vraie provocation ; le bon système quand un ministre de l’Intérieur ne veut pas provoquer, c’est de rendre les flics invisibles. Là, ils sont sous le nez des éventuels lanceurs de projectiles, et nous sommes coincés sous leurs ripostes, matraques…

J’apprends que d’autres stations de métros sont fermées, et que les gens ne peuvent pas nous rejoindre, que devant la Rotonde on ne passe qu’au compte-goutte. Que ça grenade à Gobelins. Les morceaux de manifestations, devant, sont disloqués. Pas à pas, nous on atteint les 7 Parnassiens. Pas à pas la Coupole (pas gardée mais quand il n’y a pas amas-provoc de flics, ca se passe mieux). Il faut une heure et demie pour arriver à Vavin puis remonter jusqu’à Port-Royal. Découragés, les militants FSU on replié leur gros ballon. Attac avait prévu un cortège amusant de masques Benalla, il ne se verra guère. Des points fixes sont bousculés. Quelques poignées de militants de FI et de Générations. Des voitures qui transportent des handicapés manifestants sont immobilisées. On rage tous là, car en pratique c’est le droit de manifester qui est interdit.

Le gouvernement ment  comme des arracheurs de dents sur ses buts véritables : tout est fait pour dissuader, faire peur, freiner, repousser. Mais il est vrai pour l’en empêcher, il manque aussi un grand cortège de gauche structuré dynamique, unitaire.

En fait, il faut bien le comprendre si Macron fait peur de façon délibérée, c’est parce qu’il a peur lui même.

Depuis six mois, si Macron n’avait pas orchestré ce terrorisme d’état, cette violence policière de plus en plus forte, il y aurait eu des millions de manifestants dans les rues, comme le 13 mai 68.

Ce régime est isolé, il ne veut pas négocier, il ferme systématiquement toutes les portes aux aspirations de la majorité des salariés, mais attention, cela exacerbe les rages.

Entre 1968 et 2006, les pouvoirs négociaient : la dictature enragée de la finance ne le permet plus.

En plus de les contrôler, de le dissuader, de les frapper, ils mentent sur les chiffres de manifestants il disent 10 000 là ou il y 100 000. Tout le monde le sait, tout le monde voit les vraies images des cortèges massifs dans toutes les villes du pays depuis six mois, mais ca ne fait rien, ils mentent. Hier encore, ils mentent, et en plus, le soir, et ils dénaturent : à chaque mobilisation, un petit génie médiatique trouve un truc, il dénigre sur un thème, soit l’Arc de triomphe napoléonien, soit Finkielkraut, soit le Fouquet’s, soit les commerces, et là c’est l’hôpital la Pitié. Castaner envoie un tweet qui tombe sur le coup de la loi : mensonge, la Pitié n’a pas été attaquée ni envahie, intox filmée, mais il s’en moque, c’est le cynisme complet, le mal est fait, ils ne s’excuse même pas, il a distillé a des millions d’exemplaires, son mensonge public, faux mais le poison est répandu : « Castaner démission » normalement, mais les médias des grands milliardaires le protègent.

Et tout ça sans répondre aux revendications légitimes, Macron a fait 150 h de télé, plus 2 h 30 de conférence de presse,  sans prononcer le mot salaire, pourtant objet de la principale revendication.

Mais est ce que toutes ces manœuvres, toutes ces violences de Macron, toute  cette répression policière inédite et féroce, ca va suffire à empêcher l’explosion ? Je ne crois pas. Il la retarde, certes. Mais c’est un mouvement d’une profondeur, d’une durée, d’une énergie, d’une créativité sans précédent soutenu par une majorité dans le pays. Il est basé sur des besoins énormes insatisfaits, ça accumule sa puissance. Il suffit de parler avec les gens, ils étouffent. La vapeur va sortir. Ce sera comme toujours de façon inattendue mais encore plus violente.

Macron certes n’a encore rien lâché, il le sait, mais il devrait pourtant entendre avant qu’il ne soit trop tard pour lui.

 

 

20 000 à Toulouse le 1er mai

Toulouse, un 1er Mai sur la ligne jaune

01 MAI 2019 | PAR EMMANUEL RIONDÉ

Le 1er Mai toulousain a donné à voir un mouvement serein et déterminé, au sein duquel les convergences entre mouvement social, climatique et gilets jaunes continuent de se construire.

Toulouse (Haute-Garonne), de notre correspondant. - Il était 13 h 20 cet après-midi quand l’hélicoptère de la gendarmerie a fait son apparition dans le ciel toulousain, sous les huées goguenardes des quelques milliers de manifestants demeurant dans le secteur Saint-Cyprien / Pont Saint-Pierre. Des consignes passées au téléphone – « Ne vous embarquez surtout pas sur les quais, là-bas on va se faire déboîter… » – et des masques à gaz accrochés en tours de cou, comme autant de marques de ce que sont devenues les manifestations toulousaines depuis cinq mois. Des policiers en civil, masqués pour la plupart d’entre eux, et des CRS bloquent les accès au centre-ville. Quelques premiers tirs de lacrymos vers 13 h 30 augurent de la séquence « tension » d’un 1er Mai qui, jusque-là, s’était passé sans heurts, mais avec une belle intensité politique.

L’intersyndicale CGT-FSU-Solidaires, les gilets jaunes et les militants climat s’étaient donné rendez-vous à 10 heures sur la place Esquirol. La manifestation, dense, a rassemblé selon nos estimations plus de 10 000 personnes, 20 000 selon la CGT. Un cortège déterminé autant que pacifique, donnant à voir un mouvement qui semble très loin de « l’essoufflement » régulièrement annoncé. Et une convergence toujours plus aboutie des différents secteurs mobilisés.

 

Le 1er Mai 2019, à Toulouse. © MR

 

« C’est le 1er Mai, c’est normal qu’on soit là. Les syndicats sont à nos côtés tous les samedis, alors on est là aussi, l’union fait la force, résumait, à l’heure du départ, Christophe, l’une des figures des gilets jaunes toulousains, un brin de muguet dans une main, un mégaphone dans l’autre. Avant de poursuivre : « Ce qu’il a sorti Macron l’autre soir, on s’y attendait un peu à vrai dire. Alors, même s’ils emploient de plus en plus la force, on va continuer. On va travailler sur le terrain, s’organiser petit à petit, faire des propositions, construire… » Depuis des semaines, tous les mardi soirs, les gilets jaunes se retrouvent pour travailler en atelier.

Non loin de là, Mathilde, collégienne de 13 ans, est venue « pour défendre le climat », une question dont, selon elle, « on ne se rend pas assez compte ». Elle regrette qu’il n’y ait pas plus de jeunes comme elle. « C’est tombé pendant les vacances, résume lucide, son père. La manif précédente, ils étaient nombreux, ça leur avait fait sécher les cours. »

Au pied du camion de la CGT, Cédric Caubère, le secrétaire départemental de l’UD-CGT 31, a pris le micro : « Emmanuel Macron ne sera jamais l’antidote contre l’extrême droite ; le seul antidote contre le fascisme, c’est la conscience des travailleuses et des travailleurs de former une classe, et de la nécessité de s’organiser. » Il invite à « créer les conditions d’une grève générale massive et interprofessionnelle ».

Une intervention aux accents révolutionnaires de nature à donner des frissons d’angoisse au maire Jean-Luc Moudenc qui, dans un entretien accordé à Actu Toulouse, a fait part de ses inquiétudes. L’édile y dénonce « cette porosité et cette complicité entre le mouvement des gilets jaunes, tel qu’il est aujourd’hui, et l’extrême gauche ». Mardi 30 avril, des gilets jaunes se sont rassemblés place du Capitole, parvenant à accrocher des banderoles en façade de la mairie : « Justice sociale », « Justice climatique », « Reprenons le pouvoir ».

Sur un coin de la place, des militants de la Fédération anarchiste vendent leur dernier ouvrage, tout fraîchement édité, Les Gilets jaunes : points de vue anarchistes. Dans le cortège, les femmes en lutte, les Kurdes, les antifas, Act-up, ou le nouveau collectif Palestine vaincra, tractent, échangent, tendent leurs banderoles entre les arbres. Le collectif AutonoMIE est aussi de la partie.

 

La manifanfare à Toulouse, le 1er Mai 2019. © MR

 

Cela manquait un peu à Toulouse, c’est une première et elle est saluée comme il se doit par de nombreux manifestants qui se massent autour d’eux, sourire aux lèvres : La Manifanfare, regroupant une bonne vingtaine de musiciens, prend sa place dans le cortège. Pas aussi affûtée politiquement que la « fanfare invisible parisienne », mais assumant une tonalité « funk »: « On a un répertoire plutôt New Orleans que chants de lutte, résument Lorraine et Jimi, leurs cuivres en bandoulière. Mais on veut être dans les manifs du mouvement social, et suivre tout ça, désormais… »

 

Il est 12 heures et « Le chiffon rouge » de Fugain retentit alors que les syndicalistes invitent à la dissolution du cortège et convient les manifestants à prendre « le pot de l’amitié » à la Bourse du travail. Une partie d’entre eux s’y rend, une autre poursuit la manif vers le Bazacle, qui accueille traditionnellement des rencontres le 1er Mai. Sous la bannière Greenpeace, Justine, Caroline, Hélène, Éric et Aurore sont satisfaits de la journée et ne s’étonnent plus de la convergence observée : « Les gilets jaunes défendent aussi la cause climatique », assure Justine, militante climat dont le fils et la fille « ont un gilet jaune ». Pour elle, « aucun gouvernement, pas plus que Macron ou l’UE n’est à la hauteur des enjeux, ça c’est clair. Mais la société civile se mobilise, c’est bien, on avance, il faut le relever et le dire. »

 

On travaille moins ? Macron menteur une fois de plus

 

 

« La France travaille beaucoup moins que ses voisins » répète Macron. Faux, la preuve en est dans toutes les statistiques et dans tous les graphiques ! C’est épuisant cette obstination à mentir. « L’état c’est moi, le mensonge c’est moi ! » et « tous les médias à mes ordres vont répéter après moi et en chœur mes mensonges ».

 

Le salariat français bosse et produit beaucoup !

 

La DARES prend la peine de puiser dans Eurostat des enquêtes sur les forces de travail, 2016 et 2018, on y voit la durée moyenne de travail des salariés en Europe, et la France (36,3 par semaine)  est 3° derrière le Royaume-Uni (36,8 h semaine) et l’Espagne (36,4 h) mais devant la Suède (36,2) l’Italie, (35,5) l’Allemagne (34,8) la zone euro (34,9) le Danemark (32,3) les Pays-Bas (29,3).

Et la France a le plus fort taux de productivité au monde, devant les US, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni (PIB par heure travaillée en parité de pouvoir d’achat OCDE 2015).

Par contre le patronat français est nettement plus mauvais :

En création d’emploi (Eurostat : hausse cumulée sur 3 trimestres en 2018), la France est 25° position en UE ! Le taux d’utilisation des capacités de production, -0,5 sur le trimestre, à 84,4% – poursuit une baisse progressive. A 0,3 % au premier trimestre, la croissance française est repassée en dessous de celle de la zone euro. La balance commerciale française affiche un important et croissant déficit de 62,9 milliards d’euros en 2018. Le smic et les salaires sont bloqués, les dividendes explosent. La précarité est repartie à la hausse. Le Medef choyé par Macron (Flat tax, baisse de l’IS, ISF, CICE, suppression des cotisations sociales) ose s’inquiéter qu’il soit demandé un peu de « solidarité aux entreprises ».

Mais surtout les inégalités en partage du travail et des richesses s’accroissent

Il existe prés de 6 millions de salariés qui travaillent près de 60 h et six millions de chômeurs qui travaillent zéro heure. C’est un partage du travail imposé, brutal, sauvage qui disloque le pays. Le patronat fraude deux heures supplémentaires sur trois et Macron finance les autres très cher par l’impôt et sans cotisations sociales. Au total c’est un gâchis énorme, des centaines de milliards perdus, mais Macron s’en moque : il fait baisser les statistiques du chômage, comme Castaner le fait avec les chiffres de manifestants ! Il a quasiment osé parler de plein emploi, faisant passer à la trappe, les « riens » qui n’ont « pas traversé la rue » et ne se sont pas « bougés » pour « retrouver du boulot »…

Macron met en cause les 35 h alors qu’il faudrait passer aux 32 h (et un jour aux 28 h !) -  Contre ça, un seul slogan pour tous les salariés, capable d’unir la gauche dès qu’elle le veut : « travailler mieux, moins, tous et gagner plus » !

Gérard Filoche

 

 

 

 

le 7 mai à 18 h à la Bourse du travail : le grand procès de Macron

Préjudice d’anxiété

 

 

Qu’est ce que le « préjudice d’anxiété » ? Il est nécessaire d’y revenir vu l’importance qu’il a prit.

La loi du 23 décembre 1998, rendait possible un « départ à la retraite anticipée pour les salariés exposés à l’amiante » même lorsqu’ils n’ont pas développée de maladie.  En effet, asbestose, mésothéliome ou cancer de la plèvre peuvent attendre de longues années avant de se manifester. Parfois il est très tard pour se soigner et trop tard pour se plaindre car les procédures sont longues et vous êtes décédé avant d’avoir obtenu « réparation » ! (Ainsi que nous l’avons vu avec les verriers de Givors).

En 2010, la Cour de cassation, a reconnu le droit pour les salariés d’un établissement classé « amianté » selon l’article 41, de demander réparation d’un préjudice tenant à « l’inquiétude permanente » dans laquelle les plonge le risquede développer l’une des maladies liées à l’amiante.

En 2017, la Cour de cassation a limité le champ : pour que les plaintes prospèrent, il fallait  que  l’établissement soit classé « article 41 ».

Mais entre 1995 et 2009, l’Institut de veille sanitaire estime entre 61 000 et 118 000 morts, et d’ici 2050, entre 68 000 et 100 000 morts. Les procédures engagées par des salariés sont donc devenues de plus en plus nombreuses.

La Cour de cassation a opéré un revirement de jurisprudence,  le 5 avril 2019 : même s’il n’a pas travaillé dans un des établissements mentionnés à l’article 41, un salarié exposé à l’amiante et ayant, de ce fait,  « risqué » de développer une maladie grave, peut demander la réparation d’un préjudice d’anxiété sur le fondement du droit commun régissant l’obligation de sécurité de l’employeur, s’il apporte la preuve qu’elle n’a pas été respectée.

Bravo !  Mille fois bravo !

Pourquoi ce sain principe de « préjudice d’anxiété » reste t il dans un champ limité ?  D’autres risques graves sont en cause. Le préjudice d’anxiété frappe 6 millions de chômeurs et 15 000 chômeurs par an en meurent. L’espérance de vie de la profession des égoutiers est en moyenne de 58 ans. L’espérance de vie d’un ouvrier est en moyenne de 9 ans de moins qu’un cadre. L’espérance de vie en bonne santé est autour de 63 ans et elle baisse.

Sont frappés du préjudice d’anxiété tous ceux, qui, en écoutant Macron, ne sont plus surs de partir à 62 ans ni du nombre d’annuités exigées risquent de perdre leur retraite, désindexée de façon aléatoire un an sur deux, ou transformée en « points » de niveaux fluctuants.

Hors loi de 1998 et article 41, à lui seul, le discours de Macron nous insécurise dans une inquiétude permanenteet généralise le principe d’anxiété. Agissons pour obtenir réparation avant qu’il ne soit trop tard.

 

Gérard Filoche

 

lire l’humanité-dimanche chaque semaine

 

 

Après Macron, 6 mois de blabla, 150 h de télé, tout ça pour ça…

 

Six mois de manifestations du magnifique mouvement des gilets jaunes,  cinq mois de débat et d’agitation de Macron, 150 h monopolisées de télévision, une conférence de presse et tout ça pour ça ! Il ne prononce même pas le mot salaire.

 

Il est contraint de parler uniquement à cause de la force des gilets jaunes et il les méprise, il ne leur répond sur rien : ni sur les salaires, ni sur les retraites, ni sur les minimas sociaux, ni sur les services publics, ni sur l’ISF, ni sur la justice fiscale, ni sur les inégalités, ni sur le carburant et les transports, ni sur le RIC, pas même sur le vote blanc.

 

Pourtant son langage est  raboté, son ambition bien diminuée : « je peux mieux faire ». Il est dans un tourbillon et il godille. Il connait pas le pays, comme dirait Ruffin. Il parle des « plis de la société » des « angles morts », de « l’épaisseur humaine », et de « la boule au ventre » des « femmes isolées », de la « collectivité d’individus ». Mais pas des classes sociales.

 

Ou alors il évoque « les classes moyennes » qui n’existent pas, il y met un  « s » tellement il ne sait pas les définir mais il veut faire savoir qu’il les aime infiniment plus que le salariat.  Il ment sur tout : « – On ne travaille pas assez » et ne peut plus afficher de but clair : « à quel âge la retraite ? » Il enfouit « le projet » de son livre « Révolution » : obligé, par le rapport de force qui lui est devenu défavorable,  de masquer ses objectifs initiaux, d’ubérisation, de France start up, de société  post salariale, sans statut, ni droit ni loi du travail.

 

Les questions de journalistes, triés et invités, sont douces : « Comment va le président ? » Aucun ne demande « comment vont les 610 blessés graves  (dont 260 blessures à la tête, 23 éborgnés, 5 mains arrachées), les 4570 Gardes à vue, les 3747 condamnations, les 697 comparutions immédiates, les 216 personnes emprisonnés, les plus de 12 000 arrestations).

Tout le monde sait bien qu’il a quand même pris des coups de pieds au derrière de la part de millions de salariés y compris de ses électeurs. Démission ! Dehors ! Dissous ! « Un manque de confiance aussi, dans les élites, toutes les élites, votre serviteur au premier chef… »  8 millions de téléspectateurs jeudi 25 avril au lieu de 23 millions de 10 décembre dernier. Effet pschitt : il ne veut rien leur dire de ce qu’ils attendent donc des millions de français n’attendent plus rien de lui. L’explosion sociale menace.

 

Les premiers de cordée ?

 

Il nie que la corde soit cassée entre ceux d’en haut et les derniers de corvée d’en bas. Tout le monde en rit, car chacun sait que rien ne ruisselle, les riches veulent toujours être plus riches, les exploiteurs plus exploiteurs, l’élite se goinfre avec le patronat cupide. Y a qu’a regarder le « premier de cordée » Carlos Ghosn, il s’est goinfré de 11 millions de dépenses personnelles sur le compte de Renault et de Nissan, en plus de 600 Smic qu’il se payait à l’année. Ca ne ruisselle pas, ils pompent, ils pompent, ils pompent. « Y’a pas d’argent caché, ni de trésor magique, » radote Macron : mais si ! On a vu un milliard sortir en une nuit pour  Notre Dame de Paris, jamais on a vu ça pour les misérables !

Il suffit de regarder la fraude fiscale 100 milliards, l’optimisation fiscale, 100 milliards, 57 milliards de dividendes, ca rapporte plus de spéculer avec 600 milliards d’avoirs français loin dans les paradis fiscaux, plutôt que d’embaucher ici, d’investir.

 

 

 

 

L’impôt ?

« Les vrais inégalités ne sont pas fiscales » Donc il ne propose pas de traquer la fraude et l’optimisation fiscale.

L’ISF, il botte en touche avec mépris, sans aucun argument (il faut bien qu’il tienne sa parole et rembourse ses commanditaires qui lui ont donné 16 millions d’euros pour se faire élire).

Il feint de dire qu’il y en a trop d’impôt. Alors qu’il n’y en pas assez : « déficits » et « dettes » viennent de là. Si tout va mal c’est parce qu’ils ont considérablement baissé l’impôt progressif sur le revenu IR (77 milliards) et l’impôt sur les sociétés IS (59,7 milliards).

On n’a pas un problème de dette mais un problème de recettes.  Ca va s’aggraver.

Un peu plus de 50 % des 37, 4 millions de foyers fiscaux sont actuellement imposés : soit 17 millions de contribuables. En-dessous ce sont les plus pauvres.

L’IR « progressif » ne rapporte que 77 milliards selon les chiffres 2015 de la DGFiP,  la part des foyers imposables est tombée à 42,8 %. En trois ans, le chiffre a reculé de près de 10 points par suite de baisses précédentes de l’IR. Macron, semble donc vouloir encore baisser les impôts sur le revenu des 15 millions de foyers fiscaux restants, chacun de 300 euros en moins : cela veut dire que même la tranche élevée de revenu entre 217 519 euros et 73 779 euros en bénéficierait.

Ces 5 milliards vont surtout être « cadeaux » à ceux qui n’en ont pas besoin.

Le problème des inégalités devant l’impôt va s’accroitre car le principal impôt, la TVA (190 milliards) est payé de façon injuste, proportionnelle, par tous,  y compris les pauvres. 100 % des contribuables paient ces 190 milliards de TVA, soit 66 % de l’impôt, Macron ne veut pas baisser la TVA.  Les 20 millions les plus pauvres n’auront rien.

 

Le niveau des retraites :

 

C’est Macron qui a haussé la CSG et les a désindexé de l’inflation. Il feint de mettre un terme à cette turpitude qui vient de lui, en 2020 et 2021, en pillant au passage et d’ici là, plus de 3 milliards à tous les retraités. Il parle d’une retraite à 1000 euros, mais déjà 50 % des 17 millions de retraites sont à ce niveau tristement bas. Par contre il continue de menacer de son « système de retraite par points » que nul ne réclame parce que justement cela lui permettrait à l’avenir de faire baisser les retraites à son gré, comme il vient de le faire de 2017 à 2021.

 

L’âge de la retraite :


Il déploie tout l’art de l’hypocrisie, ne repoussant pas formellement l’âge de départ de 62 ans (déjà trop élevé) mais laissant courir le nombre d’annuités exigées pour partir avec un niveau de retraite décent. Il dit qu’on « vit plus vieux » mais veut ignorer que l’espérance de vie en bonne santé recule de 64 vers 62 ans parce qu’on s’use déjà trop au travail. Il reconnait que les gens n’arrivent pas à continuer de travailler à partir de 55 ans, ce qui est contradictoire, ils sont au chômage à la place de la retraite et les jeunes n’ont pas de boulot, ca devrait militer pour le retour à 60 ans, et à 55 ans dans les métiers pénibles, mais Macron n’aime pas le mot « pénibilité » pas plus que le mot « retraités ».

Travailler plus ?

 

Sur la vie, donc. Sur la semaine, il n’ose pas aller jusqu’au bout, mais les 35 h ne sont plus qu’une référence légale, le taux des heures supp’ peut être abaissé jusqu’à 10 %, il est possible d’en faire sans limite puisque la durée maxima de 48 h est devenue dépassable jusqu’à 60 h par accords, sans autorisation préalable de l’inspection du travail.

 

Elles sont payées par les salariés eux mêmes avec nos impôts, et sans cotisations sociales – à la place des patrons.  Hors la France est au 6° rang de l’UE en matière de durée réelle du travail et elle a le plus fort taux de productivité au monde par heure. Aucune raison de « travailler plus » sans « gagner plus » mais il a menacé quand meme d’un jour férié en moins…

 

La « prime Macron » ?

 

D’abord elle mérite d’être appelée « prime gilet jaune ». Mais elle est limitée, aléatoire, sans cotisation sociale, ce n’est pas du salaire. Or les gilets jaunes n’ont cessé de le redire, et les syndicats aussi : on veut du salaire, pas d’aides, d’aumônes, ni de primes, mais du salaire pour payer décemment notre travail.  Travail et salaire ! Mais non, tout le fond de la politique de Macron est de baisser le cout du salaire et d’offrir des marges plus importantes aux capitalistes, aux actionnaires et à leurs dividendes.

 

Chômage de masse :

 

Pas un mot, ou plutôt il laisse entendre de façon inouïe qu’on est déjà au plein emploi,  ce qui est la pire insulte faite aux 6 millions de chômeurs, pour lui ce sont des « rien » laissés pour compte, rayés de la carte, dont il abaisse les indemnités et rend difficile de les toucher, pour lui les chômeurs sont comme les retraités, c’est à dire, ne sont pas productifs, tant pis pour eux, il n’est « pas là pour défendre les jobs existants ».  Pourtant avoir 6 millions de salariés qui font 60 h et 6 millions de chômeurs qui font 0 heure, c’est un gâchis productif incalculable dans notre société !

Le chômage ne baisse pas, il fait seulement baisser les statistiques : Macron refuse le partage du travail et des richesses, c’est le choix d’une société fracturée, explosive, et donc qu’il faut  réprimer brutalement, ce qu’il fait.

 

Maisons de service au public :

 

Il y en aurait 1300 qui fonctionnent. Il dit « une par canton » : il existe 4055 cantons (en moyenne 150 par régions, 40 par départements). Une façon de reconnaitre les méfaits des politiques destructrices des services publics suivies depuis des décennies : mais c’est sa politique qui a cassé les transports Sncf, et les petites lignes, mis en place les « cars Macron » qui font faillite, diminué écoles et hôpitaux, administrations et services, marginalisé les maires, supprimé les emplois « aidés ».

Alors il va rebâtir cela ? Avec quels moyens, en baissant les impôts ? Qui va payer ? Les collectivités ? Faire appel au privé ?

 

Moratoire sur les hôpitaux ?

Heureusement, car c’est la tragédie, ils sont à l’os. Au contraire d’un moratoire, il faut recruter en masse dans les services hospitaliers.

Ecole : classes de 24 ? On parlait de 12 pour éviter les décrocheurs ? Et si c’est avec 2500 professeurs en moins et la suppression de la culture générale dans les LEP, c’est mauvais signe.

Il semble lâcher sur les 120 000 fonctionnaires en moins, mais sans autre précision ce qui n’est pas rassurant sur le statut,  ni les salaires alors qu’il y a déjà 20 % de précaires dans la FP.

 

Institutions : il veut renforcer la V° surtout pas une VI°

 

Il veut toujours sa réforme institutionnelle, cet été, à l’américaine, des régions plus fortes morcelant le pays, des transferts de compétences, des différenciations territoriales, selon les besoins du capital : pourquoi pas différents smic ou des codes du travail différents ?

 

Il veut aussi 25 à 30 % de députés en moins, ce qui les rendra plus puissants moins accessibles aux électeurs, mais plus liés au pouvoir personnel présidentiel encore plus centralisé et moins démocratique. Pour faire passer cela il accorde une proportionnelle très limitée à 20 %.

 

Rejet du vote blanc, rejet du RIC, un RIP inatteignable, Macron c’est Jupiter ou Lucifer mais pas un démocrate. Un « conseil de participation citoyenne » ? avec 150 tirés au sort ? « un « droit d’interpellation des individus » (sic ! 200 à 300 000 gilets jaunes l’interpellent chaque samedi depuis 6 mois !) Fin « des grands corps » ? Remplacés par quoi ? (les « Young leaders ?)  et « un conseil de défense écologique » : y’en a déjà des dizaines, un de plus !

 

Immigrés :

 

Là, il se lâche, c’est lui qui tient à traiter ce sujet, dont personne d’autre n’a parlé, mais il est en concurrence directe avec le Pen. Alors il en rajoute, la traque contre l’islamisme politique, contre les « passeurs » (lui qui a rejeté les passagers de l’Aquarus et aide les garde chiourmes libyens à esclavagiser les migrants). Pour un « patriotisme ouvert il faut avoir des limites ». Frontières fermées, mais « patriotisme inclusif » : « travailleurs détachés » à condition qu’ils soient discriminés surexploites et sous payés. Il est sur le terrain de Salvini et de Orban pour tenter de gagner l’électorat de RN : ce faisant il est de plus en plus proche, et pareillement dans la politique autoritaire de l’état, il est le marchepied de Le Pen.

 

 

Au total :

 

Une conférence de presse d’un personnage manœuvrier mais empêtré, isolé entre les mains de l’oligarchie, mais haïssable pour son fanatisme ordo-libéral, il est atteint mais toujours dangereux.

Il n’a pas compris l’essentiel : nous voulons le recul des inégalités, la redistribution des immenses richesses et nous l’imposerons, avec les gilets jaunes, tous les syndicats, et la gauche de ce pays, quand elle va réussir à se réunir et à se reconstruire en pouvoir alternatif. Le programme nous l’avons, l’unité nous l’aurons.

 

 

 

 

L’unite de la gauche, la FI, Jean Luc Mélenchon : un pas dans le bon sens Concrétisons vite

Mercredi 24 avril, dans une interview à Libération, Jean-Luc Mélenchon a fait ce que nous estimons être un pas dans la bonne direction : il a proposé la création d’une fédération populaire voulant rassembler toute la gauche.

Nous accueillons favorablement cette ouverture de la part du dirigeant de LFI. Cela fait bien longtemps que la GDS se bat pour l’unité de la gauche : pour des primaires de toute la gauche en 2016-17, pour l’unité Mélenchon-Hamon-Jadot aux présidentielles, pour l’unité en soutien au mouvement social et pour la constitution d’une maison commune de toute la gauche suite à la débâcle de 2017. Encore le 9 avril dernier, notre porte-parole Gérard Filoche signait une lettre adressée à tou.tes les dirigeant.es de la gauche pour proposer une démarche commune pour les européennes.

Bien entendu, il existe des divergences, des rancœurs et des arrière-pensées qui constituent des obstacles à l’unité. Il en a toujours été ainsi à gauche et il y a toujours eu une solution éprouvée : le débat transparent sans préalable pour constituer un socle programmatique commun en s’appuyant sur ce qui réunit et en écartant autant que possible ce qui divise.

Or, comme le constate Jean-Luc Mélenchon lui-même dans son interview à Libération, aujourd’hui ce qui réunit domine largement. Neuf-dixième du temps, dit-il, les députés des trois groupes de gauche à l’Assemble Nationale votent dans le même sens. Toutes les listes de gauche aux européennes disent vouloir changer les traités européens, mettre fin à l’austérité et accueillir dignement les migrants. Tous les partis de gauche s’opposent à la politique économique et sociale de Macron et à son virage autoritaire. Tous les partis de gauche sont pour lier les enjeux sociaux aux enjeux du climat et de l’écologie. Voici de bases pour discuter. Ne cherchons pas des obstacles sur le chemin de l’unité: untel propose son programme comme base de discussion, un autre telle clarification sur l’Europe ; ces préalables nuisent à la construction d’une dynamique vertueuse.

Et ne remettons pas cela à plus tard.  Rencontrons-nous dès maintenant. Il ne suffit plus de se dire pour l’unité, il faut le démontrer.

 

communique au nom de GDS  www.gds-ds.org

 

Vient de paraître l’excellent revue mensuelle D&S, N°264 (27° année), la plus expérimentée, la plus opiniâtre, la meilleure au coeur de la gauche, la plus rigoureuse, la plus militante, la plus unitaire