Le comble : Juliette Meadel « espère » que les « frondeurs » auront un sentiment de « culpabilité » après le retrait de François Hollande

On se frotte les yeux. Toute la presse nous explique comment Emmanuel Macron et Manuel Valls se sont étripés férocement, et assez scandaleusement, entre eux, et comment à tour de rôle ils ont cerné le président, alors qu’ils étaient tous sur la même ligne politique libérale, le menaçant assez fort pour l’empêcher de faire campagne sur son bilan et pour sa réélection. C’était Brutus 1 et Brutus 2, à la fois pousses-au-crime et exécuteurs.

Ni les « frondeurs », ni la « gauche socialiste » n’a rien eu à voir avec cela. Les traquenards entre Valls et Macron ont miné le pouvoir, et l’ont empêché de réfléchir sur ses difficultés rencontrées depuis 5 ans.  A chaque élection perdue, municipales, européennes, sénatoriales, territoriales, régionales, ils ont interdit  de corriger l’orientation, de revenir à gauche, d’écouter les électeurs. Rarement pareille guerre d’égos aura été aussi destructrice, les féroces courtisans ont fini par étouffer le roi qui les avaient nommés

Juliette Maedel était aux premières loges, elle aurait pu et du voir cela, en gros plan.

Nous, la gauche socialiste, on a déployé toute notre énergie, en pédagogie militante, à chaque stade pour réfléchir, conseiller, suggérer, proposer  afin d’éviter ce « flop » final. Il suffit à tous les honnêtes militants, citoyens et électeurs de relire ce blog pendant 5 ans pour étudier cela : on a tout fait, on a usé nos énergies presque désespérément, toujours modestement, pour éviter cette déroute finale.

Nous mettre en cause nous ? Faut quand même pas pousser grand-mère dans les orties

 

Après le renoncement de François Hollande, la politique continue ! Ecartons Valls et Macron, faisons revivre la gauche !

Dans son discours du 1er décembre François Hollande a tenu un étrange raisonnement

Il affirme avoir rendu la France plus juste mais ne pas vouloir être candidat parce qu’il est « conscient des risques que fait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d’elle ». C’est incohérent.

La réalité est beaucoup moins tarabiscotée : c’est tout simplement parce qu’il a fracturé la gauche en menant une politique de droite que François Hollande ne voulait pas prendre le risque d’une humiliation au 1er tour de la présidentielle ou, pire, de se retrouver (comme Sarkozy) éliminé lors d’une primaire de son propre camp.

Dans son discours, il prétend avoir « conforté notre modèle social ». Il a sans doute oublié les lois Sapin, Macron et El Khomri qui ont provoqué un gigantesque pas en arrière de ce modèle social. LUI -même le 21 février, dans ‘avion pour la Nouvelle Calédonie expliquait que la loi El Khomri, c’était « pas tant pour faire de l’emploi que pour changer de modèle social ». Il a donc oublié les millions de manifestants contre la loi El Khomri.

Il affirme avoir « fait baisser le chômage » et précise « les résultats sont là ». Quels résultats ? Le nombre des chômeurs, toutes catégories confondues, a augmenté (selon les chiffres de novembre de la Direction recherches et statistiques du ministère du Travail) de 0,5 % au cours des trois derniers mois et de 1,3 % au cours des 12 derniers mois. Pire, entre mai 2012 et octobre 2016, le nombre de chômeurs des catégories A, B et C a augmenté de 1 139 600.

« La Sécurité sociale est à l’équilibre » affirme-t-il. Cet équilibre c’est la reègle d’or » de Mme Merkel, appliquée à notre protection sociale, le résultat des coupes claires qui ont été opérées dans le budget des hôpitaux et d’un transfert des remboursements de l’assurance maladie aux mutuelles et aux compagnies d’assurance, dont les tarifs n’ont cessé d’augmenter.

« La dette publique est réservée » continue-t-il. Difficile de trouver mieux comme langue de bois : entre 2012 et 2016, la dette publique est passée de 85,8 % du PIB à 96,5 % du fait de la politique d’austérité. Une augmentation de plus de 10 points : plus de 200 milliards d’euros ! Il a arrosé la rivière des banques pendant que notre jardin social s’asséchait.

« Les charges des entreprises ont été allégées » : quel étrange constat de réussite pour un Président qui continue de s’affirmer socialiste. Ces allégements n’ont servi ni à l’investissement productif, ni à l’emploi, uniquement à augmenter les dividendes des actionnaires.

Au niveau européen, il a agi « en votre nom pour que l’austérité puisse être enfin terminée » alors qu’il a fait ratifier le traité Merkel-Sarkozy sans en changer une seule virgule et que l’austérité a continué à saigner à blanc la Grèce, l’Espagne et le Portugal, sans parler de la cure de « rigueur » imposée à notre pays.

Il déclare avoir « régulé le système bancaire ». Pourtant, la loi de juillet 2013 a, selon le PDG de la Société générale devant la Commission des finances de l’Assemblée nationale, cantonné moins de 1,5 % des activités de sa banque dans des filiales spécifiques. Le danger d’une crise financière et bancaire est toujours aussi prégnant qu’en 2012.

Il se félicite de « la possibilité de partir plus précocement à la retraite ». Cette mesure, temporaire, ne concerne pourtant que quelques centaines de milliers de personnes alors que la réforme des retraites, en janvier 2014, a augmenté de 6 trimestres de la durée de cotisation pour la retraite et concernera des dizaines de millions de personnes.

Le plus triste dans le discours de François Hollande est sans doute l’explication qu’il donne de la seule erreur qu’il reconnaît : « avoir proposé la déchéance de nationalité parce que je pensais qu’elle pouvait nous unir alors qu’elle nous a divisé ». Il estimait donc qu’il était possible de « nous » unir sur une proposition qui était celle de l’extrême-droite depuis 40 ans…

Alors, que reste-t-il ?

Les 60 000 emplois dans l’éducation nationale et le mariage pour tous sont deux mesures positives. Mais tous les emplois d’enseignants ne sont pas là, et il avait ouvert la possibilité d’une objection de conscience aux maires qui ne voulaient pas respecté le mariage pour tous.

D’autres mesures sont (tels le compte pénibilité ou le compte formation) des coquilles vides ou une petite couche de chocolat pour faire passer la potion amère d’une politique de redistribution des richesses à l’envers.

Tout cela ne change pas grand-chose, malheureusement, au champ de ruines économique, financier, social et politique laissé par François Hollande.

Au tour de Manuel Valls d’assumer le bilan de la politique de François Hollande

Cela ne lui sera pas facile. En jetant l’éponge, François Hollande, même s’il a prétendu le contraire dans son discours, a reconnu DE FAIT que son bilan ne lui permettait pas de se représenter. Il a lancé un avis sans équivoque à tous ceux qui voudraient s’appuyer sur le bilan du quinquennat pour mener campagne contre la droite et l’extrême droite à la présidentielle, comme aux législatives : n’en faites rien car C’EST PERDU D’AVANCE !

Manuel Valls est coresponsable de ce bilan que François Hollande s’est refusé à assumer. Lorsqu’il affirmera que son programme est moins pire que celui de Fillon, qui pourra le croire, sachant ce qui a été fait, avec son active participation, des « 60 engagements » de François Hollande ?

Que faire maintenant ?

Le programme de François Fillon auquel la politique de François Hollande a servi d’efficace  tremplin est effrayant : suppression de 500 000 postes de fonctionnaires, 39 heures payées 35, fin de la rémunération des heures supplémentaires, cadeau de 100 milliards supplémentaires au patronat, diminution annuelle des dépenses publiques de 20 milliard, privatisation accélérée de la Sécurité sociale, retraite à 65 ans, dégressivité des allocations chômage, augmentation de 2,5 % de la TVA et suppression de l’ISF…

L’abandon en rase campagne de François Hollande lève une hypothèque.

Ces deux évènements libèrent une énergie nouvelle, un besoin de gauche et peut permettre d’éviter un second tour de la présidentielle où s’affronteraient Fillon et Le Pen.

Mais pour qu’une énergie soit utile à quelque chose, il faut, comme dans un moteur, un piston pour la canaliser. Or, aujourd’hui, il y a plusieurs pistons : le vainqueur de la primaire de la « Belle alliance populaire », Jean-Luc Mélenchon, Sylvie Pinel et Yannick Jadot. L’énergie dégagée à gauche par la victoire de Fillon et le renoncement de Hollande s’éparpille.

Il n’est pas possible de baisser les bras, de considérer une défaite en 2017 comme un fait accompli et de se contenter de préparer 2022. Il n’est pas possible de laisser les salarié(e)s, les jeunes, les retraité(e)s subir pendant 5 ans la droite ou l’extrême droite au pouvoir.

L’appel de Thomas Piketty

Thomas Piketty a adressé une demande expresse à Jean-Luc Mélenchon pour qu’il participe à une primaire de toute la gauche (éclatant ainsi les limites étroites de la « Belle alliance populaire » de Jean-Christophe Cambadélis), afin de désigner un candidat unique de la gauche, capable de figurer au second tour de la présidentielle.

JLM ne se rangera pas à cette idée sans rapport de forces. C’est maintenant une évidence : le seul objectif qui semble compter pour lui est de battre le PS. Sans doute faudrait-il, pour y parvenir, que l’appel de Thomas Piketty soit repris sous forme de pétition et que des millions de signataires obligent JLM et Jean-Christophe Cambadélis à accepter d’organiser une primaire citoyenne de toute la gauche et des écologistes, sous peine de se voir (eux ou leur candidat) irrémédiablement marginalisés.

Ne nous résignons pas à la défaite en 2017 !

 

Jean-Jacques Chavigné

 

 

 

Voyage à Abu Dhabi, dictature obscurantiste, raciste, sexiste, intégriste… et le Louvre des sables

Tout le monde s’en fou, en France, que des esclaves l’aient construit dans des conditions inhumaines

 

Le « Louvre des sables » d’Abou Dhabi,  disney de la culture

 

Ça affiche beau : « Louvre des sables ». Après avoir installé une branche de la Sorbonne, la France a vendu la marque « Le Louvre »  pour 400 millions d’euros aux Emirats arabes unis, comme si c’était un vulgaire Mirage ou un char Leclerc.

C’est le fruit d’un accord signé  pour 30 ans en janvier 2008 par Christine Albanel (1). D’un coût total d’un milliard d’euros, le projet devrait être achevé en 2013, conçu et mis en œuvre par une « Agence France Muséum », avec prêt dans les quatre premières années de 300  œuvres d’art par les musées français (Centre Pompidou, Musées d’Orsay, Guimet, Rodin, du quai Branly, châteaux de Versailles et Chambord, Bibliothèque nationale, …). « Construit sur l’eau, il ressemblera à une île recouverte d’une ombrelle d’acier de 180 mètres de diamètre reposant sur trois pieds » selon son architecte Jean Nouvel. Le futur bâtiment de 24 000 m2 sera installé dans une réserve naturelle située dans « l’île du Bonheur (Saadiyat) » qui groupera six institutions culturelles : un Musée en hommage au cheikh Zayed fondateur de la pétromonarchie, un Musée maritime, un campus de l’université de New York, une cité des Arts vivants, un Musée Guggenheim (de 42 000 m2)…

Ces objets culturels seront entourés de deux golfs, de résidences de luxe, sept marinas, des dizaines d’hôtels internationaux, trois ponts, un tunnel, une autoroute à 12 voies, un aéroport.

La « Tourism Development and Investment Company » nous vante joliment l’expression d’une « volonté de dialogue entre civilisations venant d’un pays arabe moderne, désireux de s’ouvrir au monde ».  En fait, l’émirat, pays le plus riche de la planète, avec ses immenses ressources pétrolières et son fonds souverain de 875 milliards de dollars, achète « l’après or noir » et s’offre « un sanctuaire de la culture universelle », comme si c’était un Parc Astérix, escomptant porter à 3 millions le nombre de ses touristes à horizon 2015.

Les dessous spéculatifs de toute cette affaire ont peu à voir avec la culture « universelle » :  experts, amateurs d’art, directeurs de Musée français ne s’y sont pas trompés, en dénonçant, dés 2007, cette délocalisation, privatisation du Louvre comme « prêteur sur gages ». Car derrière la « disneylandisation » de notre plus grand Musée républicain, il y a surtout des gros sous, de la diplomatie et de la guerre.

Les EAU absorbent 1/3 des exportations françaises au Moyen-Orient. 232 sociétés françaises y sont présentes : aérospatiale, défense, eau et électricité, électronique, BTP,  environnement, informatique, télécommunications, transport, luxe…

Total est le premier investisseur français. Un Haut fonctionnaire français crachait déjà le morceau dans le Figaro du 23 mars 2007 : « La France, dont les grosses entreprises sont déjà présentes et qui vient de faire une percée formidable avec l’installation de la Sorbonne et bientôt du  Louvre Abou Dhabi, a maintenant une vraie carte à jouer pour ses PME ».

La Joconde des sables et des dattiers n’est qu’un mirage : Areva, Thalès, Dassault, EADS, Suez, Véolia, BNP, Calyon, Giat, Gemaco, Saint-Gobain, Dior, Rolex en sourient encore. Derrière la Vénus de Milo, Sarkozy et son Quai d’Orsay déploient un tout autre art :  la vente d’armes et de Rafales, l’installation d’une base militaire à 220 km de l’Iran.

Gérard Filoche

 

 

90 % de travailleurs forcés

Les alliés barbares de  la France

 

Il y a un fossé entre les richesses fabuleuses des EAU, leur prétendue « ouverture aux arts et au monde », et la réalité du système despotique, inhumain qui y règne. Seul le cheikh dispose d’un pouvoir absolu et héréditaire, appuyé sur les tribus, organisation de base de la société. Il n’y a pas de partis politiques, ni de droit de réunion. Il n’y a pas de liberté de la presse, récemment encore le 2 juillet, l’éditeur Sami al-Araimi a été condamné à une lourde amende et son journal suspendu pour 20 jours. Ne parlons pas de la censure sur les œuvres des futurs musées : pas de femmes nues, voilez-les.

Le Premier ministre et les 18 ministres sont nommés et révoqués par l’émir. Le Conseil fédéral national, a été renouvelé en décembre 2006 par un collège de… 6 689 électeurs désignés qui représentent seulement 1 % de la population. Il n’y a pas d’élection du Conseil national consultatif composé de 50 membres « choisis » eux aussi par l’émir.

La Direction de la Sûreté de l’Etat (Amn ad-dawla) au pouvoir dictatorial, nomme et destitue les fonctionnaires, s’immisce dans les affaires de justice, modifie les verdicts, pressionne les juges. La législation est basée sur la Shari’a. L’intolérance religieuse domine la vie quotidienne, avec des interdictions de s’embrasser, danser, de jouer trop fort de la musique en public ou même se tenir la main pour des couples non mariés sans parler des codes vestimentaires ou de la consommation d’alcool. Le droit à la défense est limité. Le 30 juillet dernier, une jeune femme a été condamnée à la prison à vie pour avoir proposé un joint à un policier en civil. Les mises au secret peuvent durer des mois voire des années sans jugement. Les associations de défense des droits de l’homme sont interdites ou persécutées. Les droits des femmes sont quasi inexistants (il y a 71 % d’hommes), le divorce interdit, l’adultère condamné, l’homosexualité persécutée.

 

La torture et traitements inhumains sont légion : le Cheikh Issa ben Zayed al-Nahyan, frère du souverain d’Abou Dhabi,  ami de Sarkozy, peut être vu actuellement dans une vidéo diffusée sur Internet (ABC News)   où il torture longuement un homme en l’asphyxiant avec du sable, le frappant avec une planche cloutée, tentant de le brûler et lui roulant dessus en 4 X4. Le Cheikh Issa filme les souffrances de ses victimes puis les visionne pour son plaisir personnel. En raison du scandale provoqué par cette vidéo, les Etats-Unis, eux, remettent en cause l’accord visant à établir une coopération entre les deux pays dans le domaine de l’énergie nucléaire. Un exemple dont aurait pu s’inspirer la France.

 

Sarkozy était allé pérorer devant l’OIT, le 15 juin 2010, défendant les droits du travail et réclamant des sanctions aux pays qui ne l’appliquent pas, mais  il n’en avait rien dit, le 25 mai, à son ami l’émir qui construit le Louvre et la base militaire française en interdisant tout droit de grève, tout droit syndical, tout droit du travail.

Moins de 20 % des habitants sont des natifs qui ont les droits juridiques d’entreprendre, mais près de 90 % de ceux qui produisent dans les chantiers BTP, le pétrole, le gaz, n’ont aucun droit. 51% de toute propriété doit appartenir à un citoyen émirati. Le racisme est courant avec une telle forme d’apartheid social, ethnique. Les Indiens constituent la plus importante  communauté (avec 1,2 million de personnes) suivie des Pakistanais et des Bangladeshis. Leurs passeports sont confisqués dés leur arrivée sur le territoire, ils doivent payer des sommes énormes aux agences de recrutement et pour leur entrée (alors que cela doit incomber aux employeurs). Ils n’ont pas le salaire promis et ce qu’ils touchent est irrégulier. De mai à octobre, il règne de 38° à 48 °et ils travaillent toute l’année dans des conditions inhumaines beaucoup plus de 48 h par semaine. Il en est de même pour les nombreuses travailleuses domestiques esclaves, frappées et abusées physiquement, confinées, avec des durées du travail excessives. Les promesses de l’émir de respecter certaines règles de l’OIT et de prendre des précautions avec les travailleurs qui construiront « l’île du bonheur » et le Louvre n’ont aucun fondement juridique.

Human Rights Watch appelle les gouvernements intervenant dans les EAU à exiger des droits élémentaires :

1) Aller vers l’élimination des discriminations raciales et la liberté religieuse

2) Accepter la création d’associations, de syndicats et de partis politiques

3) Abolir la peine de mort et la torture.

4) Signer les conventions pour les droits des femmes

5) Tolérer l’homosexualité.

6) Autoriser le droit de grève et d’action collective des salariés.

7) Étendre les règles du travail aux domestiques étrangers

8) Accepter une législation sur le mariage et le divorce

Tandis que Sarkozy envoyait des jeunes hommes se faire tuer en Afghanistan pour combattre les Talibans, « barbares et moyenâgeux » mais pauvres, il avait engagé la France, son image, sa culture, son armée, avec les EAU « barbares et moyenâgeux » aussi mais très riches. C’était tout à l’image de sa politique : avec les talibans riches contre les talibans pauvres !

Ainsi le marché du luxe français est largement positif aux EAU, même si l’organisateur d’un salon récent, Denis Muller affirmait « certains de nos clients  d’Abou Dhabi possèdent déjà 150 ou 200 montres, il faut les surprendre ». C’est ce qui devait fasciner Sarkozy – Rolex : sa morale, sa culture, son clinquant s’arrangent de ces détails de l’histoire. Il espère seulement que le contrôle  qu’il exerce sur les médias empêchera que tout cela se sache en France.

À nous de faire savoir ce que cache le « Louvre » des richissimes émirs des sables.

 

w domestiques abou dhabi

 

- Capitale : Abou Dhabi ville

- Gouvernement : Emir Khalifa bin Zayid Al Nahyan II

- Population (en 2007) : 1 465 431 habitants

- Densité : 21 habitants/ km²

- Superficie : 67 340 km²

- Langue officielle : Arabe

- Langue des affaires : Anglais

- Religions : Abou Dhabi est géré par la loi islamique, mais il autorise la pratique d’autres religions.

- PIB (en 2006) : 56,15% du PIB fédéral

- Taux de chômage : Environ 5 %

Émirat d’Abu Dhabi

Fondation : 1971.

Statut : Abu Dhabi forme la fédération indépendante des Émirats arabes unis avec six autres émirats (Dubaï, Chardja, Fudjayra, Adjman, Umm al-Quaywayn et Ras al-Khayma).

Régime politique : monarchie.

Chef de l’État : Khalifa ibn Zayid al-Nahyan (depuis 2004).

Spécificités : le plus vaste et le plus peuplé des Émirats arabes unis.

Membre depuis 1967 des pays de l’O.P.E.P (Organisation des pays exportateurs de pétrole).

Situation géographique : l’émirat possède des frontières avec l’Arabie saoudite au sud et à l’ouest, avec Oman à l’est et avec les émirats de Dubaï et de Chardja au nord

Superficie : 74 000 km2 .

Population : 1 292 119 habitants (recensement de 2005).

Communauté française des ÉAU : 8 635 Français immatriculés en décembre 2007 (soit cinq fois plus qu’en 1990) pour une communauté français totale estimée à 12 300 personnes, en très forte progression, concentrée pour les deux tiers à Dubaï et pour un quart plurinationale

Langue officielle : arabe.

 

 

 

 

Motus et bouche cousue pour l’inspection du travail

 

Un projet de décret du 26 octobre 2016 circule pour museler davantage l’inspection du travail qu’elle ne l’est.

Extraits choisis :

«Art. R. 8124-17.- Dans l’exercice de leurs fonctions, les agents s’abstiennent de toute expression ou manifestation de convictions personnelles, de quelque nature qu’elles soient.

« En-dehors du service, ils s’expriment librement dans les limites posées par le devoir de réserve. Ils ne peuvent tenir des propos dénigrant le service public de l’inspection du travail. Ils ne peuvent se prévaloir de la qualité d’agent du système d’inspection du travail dans l’expression de leurs opinions politiques. (…)

Art. R. 8124-20.- Soumis au devoir de discrétion professionnelle, les agents du système d’inspection du travail s’abstiennent de divulguer à quiconque n’a le droit d’en connaître les informations dont ils ont connaissance dans l’exercice de leurs fonctions. (…)

« Art. R. 8124-23.- A l’occasion d’une visite d’inspection, l’agent de contrôle informe de sa présence l’employeur ou son représentant, à moins qu’il n’estime qu’un tel avis risque de porter préjudice à l’efficacité du contrôle. (…)

« Art. R. 8124-30.- L’agent de contrôle prête serment de remplir sa mission conformément au présent chapitre.  (…) « La formule du serment est la suivante :

«  »Je m’engage à exercer mes fonctions avec dignité, impartialité, intégrité, probité et neutralité et à respecter le code de déontologie du service public de l’inspection du travail. Je m’engage à ne pas révéler les secrets de fabrication et les procédés d’exploitation dont je pourrais prendre connaissance dans l’exercice de mes fonctions. » (…)

« Art. R. 8124-32.- La direction générale du travail et tout agent du système d’inspection du travail peuvent, sans préjudice des attributions du Conseil national de l’inspection du travail, saisir le référent déontologue de toute question entrant dans le cadre des missions de ce dernier et se rapportant au respect des principes et règles définis par le présent chapitre, notamment lorsque l’exercice de responsabilités politiques, syndicales, ainsi que l’engagement personnel d’un agent, sont de nature à soulever ou soulèvent des difficultés pratiques de conciliation avec les obligations énoncées à l’article 28 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires eu égard aux fonctions confiées ou susceptibles d’être confiées à l’agent au sein du système d’inspection du travail. »

Projet – 26/10/16   Fait le…  Par le Premier ministre et la ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social  Myriam EL KHOMRI

Ce n’est pas demain qu’un inspecteur du travail comme Pierre Hamp le faisait entre 1906 et 1912 dans l’Humanité, alors journal de Jean Jaurès, décrira ce qu’il voit comme exploitation et souffrance dans les entreprises. Fini aussi « Les carnets d’un inspecteur du travail » dont j’avais réussi à publier trois tomes de 1998 à 2008

 


 

Hollande obligé de renoncer – Unité de toute la gauche socialiste et non socialiste avec les écologistes pour battre Fillon-Le Pen


François Hollande a pris de façon responsable une décision qui s’imposait à lui  !  Son bilan politique est tel qu’il qu’il aurait été battu soit le 29 janvier 2017 à la primaire, soit le 23 avril 2017 dès le premier tour de la présidentielle. Il  a choisi de ne pas se représenter pour ne pas être humilié, et pour laisser une chance à l’unité de la gauche.

En fait, élu par la gauche en mai-juin 2012, il s’est écarté rapidement de ses électeurs, des salariés et il a conduit une politique tournée vers la droite, vers le patronat.  D’où son isolement : ceux d’en haut, malgré tous les cadeaux qu’il leur a fait, ne l’ont pas adoubé, ceux d’en-bas, se sont senti trahis et l’ont contesté. Seulement 4 à 7 % des français dans les sondages voulaient encore de lui !


Je l’ai répété depuis un an, le meilleur service qu’il pouvait rendre à la gauche était de ne pas se représenter et de laisser place au retour à une politique de gauche et à des candidats capables de l’incarner, ceux de la gauche socialiste.
 


Ce 1er décembre, où il choisit de rendre public son renoncement,  est symbolique : c’est le jour où sortent les décrets facilitant les licenciements prévus par loi El Khomri.
Tout un symbole ! Car c’est le programme inverse qu’il faut développer : il faut contrôler les licenciements, pas les faciliter. On ne peut pas laisser Airbus dont le carnet de commandes est de 1000 milliards, et qui a reçu des millions de CICE sans contrepartie, licencier 1134 salariés.
Se battre contre  le chômage, c’est se battre contre ce genre de plan social totalement insupportable. C’est reconstruire un code du travail protecteur, c’est faire des emplois publics, c’est passer aux 32 h… tout le contraire de ce qu’a fait Hollande et qui le conduit dans le mur…

Je le l’avais annoncé clairement, partout, et particulièrement au Bureau national du Parti socialiste, depuis l’ANI de 2013, la loi Sapin de juin 2013, la loi Macron du 9 août 2015 et encore plus, tout au long de l’année 2016, avec des millions de manifestants majoritaires contre la loi El Khomri : cette politique droitière d François Hollande  était suicidaire, elle allait a la catastrophe  !


Voila c’est fait, hélas.
Ce n’est pas une question de personne, de « pouvoir personnel » mais d’orientation.
Il faut revenir à gauche. Il faut redevenir socialiste.

Mais alors qu’on ne nous dise pas que Manuel Valls prend la place.

Valls est co créateur de cet échec, il est co responsable de cette politique depuis 4 ans, il devrait avoir la même dignité en l’occurence que François Hollande et se retirer aussi. Hollande et Valls c’est vert chou et chou vert, bonnet rose et rose bonnet. Il n’y a pas une feuille de papier à cigarette qui les sépare politiquement. La logique du départ de Hollande c’est la logique du départ de Valls.

Valls doit s’en aller avec son vis à vis et concurrent Macron..

Et Macron aussi !
c’est le trio infernal a coince Hollande.

Macron qui se dit  ni de gauche ni de gauche est entré dans une de ces absurdes compétitions personnelles avec Manuel Valls et à eux deux, ils ont pourri la vide de François Hollande, sapant ses capacités à voir une équipe pour aller à la bataille des présidentielles.

La place doit être laissée libre par Valls et Macron pour une orientation de retour à la gauche, aux fondamentaux du socialisme, du social

On peut battre tous ensemble Fillon, caricature thatcherienne passéiste, mais pas avec le programme de Hollande-Valls-Macron.

Il faut un programme de gauche qui privilégie la redistribution des richesses d’abord. La France n’a jamais été aussi riche, en fait, et les richesses aussi mal redistribuées.
Un deuxième tour Fillon-Le Pen n’est pas inéluctable. La gauche doit maintenant  tourner la page de ce quinquennat. Le rassemblement de la gauche est indispensable.
Cela peut parfaitement se faire sur la base  des propositions  que je porte en faveur des petits salaires et des petites retraites : le SMIC à 1800 euros, la retraite à 60 ans, les 32h pour lutter contre le chômage, un salaire maximum à 20 fois le SMIC, 30% d’énergies renouvelables en 5 ans, renouvellement démocratique avec une 6ème République.

J’en appelle à Marie-Noëlle Lienemann, à Benoit Hamon, à Arnaud Montebourg, pour qu’on se rencontre et qu’on mette au point une stratégie commune de la gauche socialiste, un « pack des quatre » dés maintenant, ensuite nous rencontrerons Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon.


Nous sommes tous des candidats légitimes. Nous sommes  complémentaires. En additionnant nos idées, nos forces, nos savoirs faire, nous pouvons faire gagner la gauche. La où il y a une volonté commune il y a un chemin commun.

La gauche peut construire une candidature commune sur une plate-forme commune. c’est LA condition pour passer le 23 avril, etre au deuxième tour le 7 mai et gagner : offrir la perspective nouvelle d’un gouvernement de gauche 2017-2022,
 

Gérard Filoche

Quand Frérot et Filoche débattent sur l’utilité de l’entreprise

Sommet de l’économie

Le 01.12.2016 à 13h09

 

Gérard Filoche, en verve comme à son habitude, a tenté d’ébranler Antoine Frérot, sans succès. Le débat entre ces deux personnages a un peu tourné au dialogue de sourds.

Antoine Frérot face à Gérard Filloche au Sommet de l'Economie
Le débat entre Antoine Frérot, PDG de Veolia, et Gérard Filoche, candidat à la Primaire de la gauche a un peu tourné au dialogue de sourds.

BRUNO DELESSARD POUR CHALLENGES

L’entreprise est-elle d’intérêt général ou d’intérêt particulier? C’était le thème du 3e débat du Sommet de l’Economie entre Antoine Frérot, PDG de Veolia, et Gérard Filoche, candidat à la Primaire de la gauche. Le débat entre ces deux personnages a un peu tourné au dialogue de sourds. Sur l’entreprise d’abord. L’ancien inspecteur du travail Gérard Filoche a signé un livre intitulé : « Vive l’entreprise ? » Une manière claire de jeter le doute sur l’utilité générale de l’entreprise. Pour Antoine Frérot, pourtant, « l’entreprise est un objet d’intérêt général. Les Français n’aiment pas les entreprises, encore moins les grandes ; mais tout le monde pleure quand elles meurent. » Pour le PDG de Veolia, il faut donc faciliter la vie des entreprises, seules créatrices de richesses. Une facilité que Gérard Filoche fustige : « Voyez Volkswagen, qui a réalisé une escroquerie gigantesque. Voyez Airbus qui malgré ses milliards de bénéfices licencie plus d’un millier de salariés. Voyez Smart qui fait passer le temps de travail de 35 à 39 heures payées 37 ! » Bien sûr, le candidat à la primaire de la gauche ne met pas toutes les entreprises dans le même panier : « Crier Vive l’entreprise ! c’est comme crier Vive les poissons ! Il y a des requins et des poissons rouges. Ce que je questionne c’est les grandes entreprises. » Il pondère encore : « Je ne remets pas en question l’exploitation des salariés exercée par les entreprises. C’est normal, c’est le résultat de l’échange d’un travail contre salaire. Mais je mets en question les conditions de cette exploitation. »

Sur l’exploitation justement, Antoine Frérot en est convaincu, un grand retournement est en cours. Après des décennies d’un rapport de forces trop favorable aux actionnaires au dépend des autres parties prenantes de l’entreprise (clients, salariés, fournisseurs, territoires…), un nouvel ordre est en marche. Le PDG de Veolia dresse son pronostic : « La force des actionnaires est en train de prendre fin. Bientôt, ce sera les clients. D’abus de position dominante en abus de position dominante, les entreprises ne vont pas s’y retrouver. » Evidemment, le syndicaliste n’est pas d’accord. Pour lui, l’exploitation capitaliste des hommes est toujours en cours et il faut soumettre l’entreprise à l’intérêt général. Par la loi. Et le voilà qui part dans une envolée lyrique sur la naissance du Code du travail, en 1910, suite à un accident dans les mines de charbon de Courrières qui avait provoqué un millier de morts. Il enchaine : « Dans ma vie d’inspecteur du travail, j’en ai vu des morts sur les chantiers. J’en ai vu des milliers d’handicapés du travail. Aujourd’hui, ce sont les grandes entreprises qui font les lois. Et qui les détournent grâce à une chaîne de sous-traitance en cascade qui fait des ravages. »

Contestation et discussion

Sur cette chaîne de sous-traitance, problématique en effet, Antoine Frérot cherche à débattre. Un texte de loi est justement en cours de discussion au Parlement pour instaurer un « devoir de vigilance » des multinationales tout au long de la chaine de leurs fournisseurs. Un mauvais texte pour le grand patron :  « Chez Veolia, nous avons 10.000 sous-traitants, dont beaucoup de PME. Nous représentons en moyenne 15 à 20% de leur chiffre d’affaires. Je suis allé voir le ministre des Finances pour lui expliquer que si je devais installer des process de vigilance pour demander à mes fournisseurs des garanties de cette nature, les plus petites ne pourront pas suivre. Et je passerais à 200 sous-traitants. »

Le patron de Veolia reconnait que la question reste entière. Pour lui, le meilleur moyen de pousser les entreprises à servir l’intérêt général est de veiller à la représentation de toutes les parties prenantes au sein de leurs conseils d’administration. Antoine Frérot fait alors une proposition originale : « Après l’ouverture des conseils d’administration à des représentants des salariés, imposée en 2013, il faudrait désormais ouvrir des sièges aux clients, ces parties prenantes de plus en plus prégnantes mais jusqu’ici sans pouvoir. » Gérard Filoche se lance : « Vive les class actions ! » Antoine Frérot, lui, préfère le dialogue : « En mettant tout le monde autour de la table, on favorisera le consensus qui veille à l’intérêt de chacun. C’est dans cette poursuite de l’équilibre entre toutes les parties prenantes que l’entreprise remplira mieux son rôle : créer des richesses. » Jusqu’au bout du débat, les deux orateurs seront restés sur leur posture initiale : le lutte et la contestation pour Gérard Filoche, la discussion et la recherche du dialogue pour Antoine Frérot.

>> Retrouvez en vidéo le débat entre Antoine Frérot, PDG de Veolia et Gérard Filoche, candidat à la primaire de la gauche

 

 

 

Article mesquin du Figaro :

« Filoche saisit la Haute Autorité de la primaire de la gauche… et se trompe de date

Par Aymeric Misandeau Le Figaro

 

Mis à jour le 30/11/2016 à 19:20  Publié le 30/11/2016 à 18:43

 

Gérard Filoche, candidat à la primaire de la gauche, se plaint de «bâtons dans les roues» pour l’empêcher d’accumuler les parrainages nécessaires à la validation de sa candidature.

Ancien inspecteur du travail et membre du bureau national du PS, Gérard Filoche compte bien concurrencer François Hollande et/ou Manuel Valls lors de la primaire de la Belle alliance populaire, qui se tiendra les 22 et 29 janvier 2017. Si François Hollande et son entourage sèment le doute quant à une candidature hors primaire du président sortant, ce n’est visiblement pas ce qui inquiète l’ancien syndicaliste. Marie-Noëlle Lienemann, Jean-Luc Bennahmias et François de Rugy craignent de subir le même vote utile qui a confiné quatre candidats de la primaire de la droite à moins de 7% en cumulé, mais Gérard Filoche a une autre priorité: obtenir ses parrainages.

Le candidat, socialiste passé par les trotskistes de la Ligue communiste révolutionnaire après une expérience infructueuse au PCF, semble en difficulté pour obtenir les précieux sésames nécessaires à la validation de sa candidature. Sont demandés pour figurer dans la compétition le soutien de 19 parlementaires, de 60 conseillers régionaux ou départementaux et de 15 membres du conseil national du PS. «De nombreux parrainages “tardent” à arriver», constate celui qui a protesté contre la loi El Khomry. «Depuis le début de la recherche de parrainages on nous met des bâtons dans les roues», annonce-t-il aussi.

Filoche se trompe dans la date du premier tour de la primaire de la BAP

Gérard Filoche a donc décidé de passer à l’offensive en saisissant la Haute Autorité de la primaire de la BAP. Le père de la candidate qui oblige Cambadélis à passer par une primaire interne à Paris pour les prochaines législatives accuse le parti d’ «entrave à une recherche équitable des parrainages et à leur obtention». «Malgré plusieurs de nos demandes (par mail, par téléphone et lors de la lors dernière CNOP[sic.]), il ne nous a pas été possible de recevoir les listings des différents collèges de “parrains” potentiels, ne serait-ce que celui des membres du Conseil national», se plaint-il auprès de Thomas Clay, président de l’institution garante du bon déroulement de cette élection.

«Nous demandons à la Haute Autorité de statuer en notre faveur et que la direction du PS, nous fasse parvenir ces (sic.) dans les plus brefs délais», conclut-il son courrier. Impossible vu l’oubli de savoir ce qui est demandé mais on suppose qu’il s’agit des fameux listings. Autre erreur cocasse, Gérard Filoche se dit «candidat à la Primaire citoyenne des 22 et 27 janvier». Lapsus révélateur peut-être, l’ancien syndicaliste semble déjà résigné à ne pas figurer au second tour, qui aura donc lieu le 29 janvier, et non le 27.

 

 

1°) Il ne s’agit pas de la « primaire de la BAP » (sic), elle est intitulée « primaire citoyenne ouverte a la gauche et aux écologistes ».

2°) si François Hollande sème le doute sur sa candidature hors primaire, c’est très inquiétant, au contraire, car totalement opposé aux statuts du PS, aux votes du PS, à la mise en place décidée, votée, engagée, confirmée de cette primaire citoyenne par le CN du PS.

3°) « Le candidat, socialiste passé par les trotskistes de la Ligue communiste révolutionnaire après une expérience infructueuse au PCF » est-ce nécessaire d’écrire cela, là, hors propos ? Résumé  comme cela, 53 ans de vie militante à gauche, c’est grotesque et faux. Comme si l’auteur du papier choisissait, hors sujet, de préciser, par exemple, que « l’approbation des parrainages dépend d’un ex-trotskiste de type lambertiste, actuellement Premier secrétaire à la tête du parti socialiste ? »

4°) Une faute de frappe a mis « 27 » janvier au lieu de 29 janvier dans la lettre, cela vaut il la moitié de l’article et son titre ? En quoi est-ce cocasse et preuve que je ne me résigne à ne pas être au 2° tour ?

5°) « Le père de la candidate qui oblige Cambadélis à passer par une primaire interne à Paris pour les prochaines législatives »  Qu’est ce que ca vient faire là ?  Ma fille a 38, ans, elle est libre militante et femme indépendante, elle s’appelle Léa Filoche, pour la nommer autrement dignement que par le fait que je sois son père, et qu’elle se présente selon les statuts du PS à l’élection comme candidate possible dans le 19° arrondissement de Paris.

C’est pas Misandeau c’est mysogine. Y’a du sexisme en plus du mépris de classe. une haine vulgaire et pas masquée.

6°) Oui, cela fait deux mois que nous avons demandé les listings pour contacter ceux qui peuvent parrainer. Or nous avions les promesses nécessaires de parrainage, et celles ci n’arrivent toujours pas signées. Oui, nous avons saisi la Haute autorité concernée.

7°) Je ne suis pas un ancien syndicaliste. Car si ma première carte syndicale remonte à 1963, même retraité, je suis toujours syndiqué. Dois je préciser là, que ce n’est pas à ce titre, ni à celui d’inspecteur du travail, que je suis candidat ?

 

 

 

sur RMC Bourdin ce 29 novembre 9 h à 9 h 30 = Pourquoi un smic brut à 1800€ ?

Proposition

Smic brut à 1 800 € par mois pour un travail à temps plein et donc un Smic net de  1 386 € par mois.

Aujourd’hui, le Smic brut s’élève à 1 467 € par mois : il augmentera donc de 333 € d’ici la fin du quinquennat avec une première hausse de 10 %, dès 2017. Aujourd’hui, le Smic net s’élève à 1 129 € par mois : il augmentera donc de 257 € d’ici la fin du quinquennat avec une première hausse de 10 %, dès 2017.

Constatation

Le Smic n’a pas eu de coup de pouce depuis 10 ans, à l’exception de celui, dérisoire, de 0,6 % au 1er juillet 2012 : 6,46 € par mois et l’équivalent de moins de deux baguettes de pain par semaine.
Le pouvoir d’achat du Smic n’a pas augmenté depuis 2007. Les femmes représentent 80% des salariés au Smic et sont particulièrement touchées. Entre juin 2012 et mai 2016, le Smic au augmenté de 11,5 %, quasiment la même évolution que celle de l’indice des prix à la consommation : + 10,5 %. Ce retard doit être rattrapé.
Ceux qui produisent les richesses sont loin d’en percevoir les fruits mais François Hollande et le Medef font en sorte que tous les gains de productivité soient captés par les seuls détenteurs de capitaux.

Objectif

Permettre, tout d’abord, aux salariés de vivre décemment s’ils travaillent à temps plein mais aussi s’ils travaillent à temps partiel. Pour un seuil de pauvreté égal à 60 % du revenu médian, soit 975 euros par mois pour une personne seule, 1,9 millions de travailleurs sont, dans notre pays, des travailleurs pauvres.
L’élément moteur de la croissance économique, ensuite, reste l’augmentation de la consommation malgré la pression ininterrompue sur les salaires. L’augmentation du Smic mettrait de l’essence dans ce moteur et permettrait aux PME, notamment à celles qui sont indépendantes des grands groupes, de trouver un débouché à leur production et d’embaucher. Calculer le coût de l’augmentation du Smic sans tenir compte de la dynamique qu’elle entrainerait est un calcul à court terme dont nous avons pu mesurer le résultat tout au long des 4 dernières années.
Permettre, enfin, d’aider à l’équilibre des comptes de la sécurité sociale car une partie de l’augmentation du salaire brut va alimenter les caisses de retraite ou d’assurance- maladie.

Arrêter de remplir un tonneau percé

Le taux de marge des entreprises (leurs bénéfices) continue d’augmente et atteint avec un taux de 31,4 % son plus haut niveau depuis 2011.
Les dizaines de milliards d’euros accordés aux entreprises par le CICE et les allégements de cotisations sociales ont avant tout servi à augmenter ce taux de marge.
L’augmentation des taux de marge des entreprises françaises, dont s’est félicité François Hollande, ne va pas à l’investissement productif (une augmentation de 1 % seulement en 2015) mais va financer les dividendes, la spéculation financière et finit en partie dans les paradis fiscaux. L’évasion fiscale représente une ponction considérable, de l’ordre de 60 milliards d’euros tous les ans, pour les ressources de l’État.

La concurrence
Les salaires minimum dans l’Union européenne et aux Etats-Unis

Dans l’Union européenne, 4 pays ont, aujourd’hui, un salaire minimum supérieur au Smic français : le Luxembourg (1923 €), l’Irlande (1 546 €), le Royaume-Uni (1 502 €) et l’Allemagne (1 473 €).
Le Premier ministre britannique, David Cameron, le successeur de Margaret Thatcher a, le 1 er  avril 2016, augmenté de 7,5 % le salaire minimum au Royaume-Uni. Son objectif déclaré est que cette augmentation atteigne 40 % en 2020.

Les récentes élections en Italie, Espagne, Portugal ou Irlande, les mobilisations en France contre le projet de loi El Khomri, sont le signe que quelque chose est en train de changer en Europe et que la tentative de recycler le vieux théorème d’Helmut Schmidt « Les profits d’aujourd’hui, sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain » est en train de faire long feu. Dans ce contexte, l’augmentation du Smic en France aura un effet stimulant sur la mobilisation de tous les salariés européens qui ne supportent plus l’austérité sans fin et l’accroissement inouï des inégalités.

Aux Etats-Unis d’Amérique, la Californie (devenue, en 2016, la 6 ème  puissance économique mondiale, devant la France) a décidé d’augmenter son salaire minimum de moitié, à 15 euros de l’heure à l’horizon 2022. L’État de New-York s’est fixé le même objectif pour 2018.

Les démocrates proposent une hausse de 47% du Smic américain en le portant à 15 dollars.

La compétitivité ne se limite pas au coût du salaire

La compétitivité par les coûts des produits ne se limite pas au coût du salaire, elle doit intégrer le coût du capital, celui des dividendes distribués.
La compétitivité est liée, également, à la qualité, au niveau de gammes des produits et donc aux investissements de recherche et développement réalisés par les entreprises. Et, de ce point de vue, notre pays est très en retard sur l’Allemagne. En 2010, les entreprises allemandes ont consacré 31 milliards d’euro à la recherche- développement, les entreprises française seulement 15 milliards. Entre 2001 et 2010, trois fois plus de brevets ont été déposés en Allemagne qu’en France. Les grandes sociétés françaises ont fait le choix d’augmenter la distribution de dividendes plutôt que d’augmenter la recherche-développement. Cette dernière s’élevait à 42 % des dividendes versés en 1992 et seulement à 25 % en 2010. Comment s’étonner, dans ces conditions,  du manque de compétitivité de l’économie française ? Le rôle de l’État est déterminant pour remédier à cette situation.

La compétitivité « hors coût » est, enfin, très importante. Cette compétitivité passe par les infrastructures, les transports, l’enseignement, les services publics et donc par les investissements publics. Le rôle de l’État, là encore, est déterminant.

Mesures d’accompagnement

Le risque de grignotage des salaires par les coûts du logement, de la nourriture, de l’eau, du gaz ou de l’électricité est réel.

Il faut donc veiller en parallèle à ce que des hausses de loyers ou des factures d’eau, de gaz, d’électricité ne viennent pas obérer ces augmentations. Il faut mener des politiques coordonnées pour y parvenir.

Nous proposons d’accompagner cette politique salariale d’un blocage des loyers sur 3 ans, de la fixation de tarifs sociaux pour l’eau, le gaz, l’électricité … les transports ou d’un quantum de mètres cubes, de kwh gratuits…

sur le financement

Augmenter le Smic de 333 euros mensuels bruts, cela correspond à une enveloppe d’environ 8 milliards. Nous proposons de créer un fonds de soutien aux très petites entreprises (TPE).

 

defendre les TPE, et PME contre les « gros »

1000 entreprises produisent 50 % du PIB

80 % des PME PMI ETI sont sous traitantes

50 % n’ont qu’un seul donneur d’ordre

c’est dans la passation des marchés que les petits patrons et artisans se font étrangler, pas a cause du cout du travail, mais a cause des exigences des donneurs d’ordre et des banques

ce sont les profits et dividendes d’en haut qui pompent qui pompent, qui pompent sur les salaires

il faut protéger les sous traitants de trois façons :

- que le donneur d’ordre soit responsable de tout ce qui se passe sous ses ordres

- que la convention collective du sous-traitant soit alignée sur celle du donneur d’ordre

- que les unités économiques et sociales soient facilement reconnues

si on augmente tous les salaires, celui qui devait faire réparer sa routière depuis des années, pourra enfin le faire … et l’artisan en profitera

si on augmente tous les salaires, les restaurants auront plus de monde, et les 40 % des salariés de la restauration qui sont au smic seront augmentés

si on augmente tous les salaires, le petit éditeur pourra augmenter les siens car il vendra plus de livres

 

 

 

Le trio minoritaire de la loi El khomri par 49 3 a explosé : bagarre Macron, Valls, Hollande

Ils auront tout fait pour la finance et contre les salariés, tout fait pour détruire le code du travail et la gauche. Et ils échouent, ils explosent.

- Ils ont affronté 70 % de l’opinion, 85 % du mouvement syndical, 14 manifestations avec 3,5 millions de participants au total, pour casser 100 ans de code du travail, pour dissoudre l’ordre public social républicain qui empêchait d’exploiter a fond dans les entreprises,

- Ils ont donné 41 milliards au patronat, sans retour, pour que celui ci atteigne des records de dividendes sur le dos de millions de chômeurs supplémentaires.

- Ils ont tellement baissé les impôts des grandes sociétés et limité ceux de l’oligarchie que leur fameuse « dette » présumée à augmenté de 14 points, de 86 % du Pib à 100 % du Pib. La France n’a jamais été aussi riche et les richesses aussi mal partagées. Ils se servent de l’argument de la « crise » présumée pour étouffer les besoins du peuple.

- Ils ont fait perdre à la gauche tout ce qu’elle avait gagné en 2012, une force sans précédent dans son histoire : le Sénat, les villes, les départements, les régions, 5 scrutins perdus en 5 ans.

- Ils ont divisé la gauche sans hésitation, accentuant les choix libéraux, choisissant la politique dite de l’offre, débattant de la déchéance de nationalité, de faciliter les licenciements,  de casser les CE, les CHSCT, la médecine du travail, l’inspection du travail

- Ils ont laissé filer 80 milliards de fraude fiscale, 100 milliards d’optimisation fiscale, ils ont poussé aux records de dividendes et à creuser les inégalités, ils ont bloqué les salaires et produit 1,3 million de chômeurs de plus depuis 2012.

- Ils ont paralysé sciemment le Parti socialiste, empêché la démocratie, le contrôle des militants, le débat de fond, tout fait pour que les primaires de 2017 ne soient ni larges ni ouvertes, ni unitaires.

 

Et voilà qu’ils explosent les moindres chances de gagner, provoquent celles de tout perdre en s’opposant les uns les autres alors qu’ils sont tous coupables collectivement de l’échec le plus lourd de l’histoire de toute la gauche, Valls, Macron, Hollande.

Le président de l’Assemblée nationale socialiste propose que le Premier ministre et le président de la République s’opposent dans les primaires des 22 et 29 janvier rien de moins… les mêmes qui appelaient à « suivre » à la discipline, appellent à casser la baraque.

Stop ! Halte aux dégâts ! Qu’ils aient la pudeur d’arrêter les frais !  Qu’ils renoncent et se retirent tous : ni Macron, ni Valls, ni Hollande !

Alerte ! Stop !

retirez vous, laissez une chance à la majorité de la gauche !

Il n’y a pas deux gauches  ! Il n’y en a qu’une ! Sans gauche unie, rien n’est possible.

Il n’y a qu’une gauche rose rouge verte et si elle est divisée et menacée, c’est à cause de vous !

Laissez se faire, se reconstruire, maintenant, une gauche unie !

Laissez à la majorité écrasante de la gauche, socialistes inclus, une possibilité de négocier une plateforme commune, qui rompe avec la politique de votre quinquennat manifestement échoué !

Que la direction du PS se ressaisisse, tire le bilan négatif de tout ça, fasse amende honorable et propose publiquement une grande conférence à toute la gauche pour une candidature unique sur une plateforme commune. On corrigera le tir. On abrogera la loi El Khomri.  On fera la réforme fiscale et bancaire. On augmentera les salaires, et on prendra sur les dividendes. On redistribuera enfin les richesses, on réduira la durée du travail et la précarité.

Ca fera un énorme coup de tonnerre, mais il le faut avant de s’écraser violemment dans le mur.  C’est encore possible d’éviter le désastre le 23 avril et en juin 2017.

Il faut plus que jamais un candidat commun et une plate-forme commune à toute la gauche sinon tous ses composantes perdent.

 

 

Hommage à Fidel : Cuba ne se rend pas, ne se vend pas

Il était impossible de construire le socialisme à Cuba dans une ile de 6 millions d’habitants. Encore moins qu’en Russie, dans un grand pays de 150 millions d’habitants isolé et arriéré des années 20.

Mais dans les deux cas, il était possible et nécessaire d’y faire la révolution et d’abattre les tyrans. Que ce soit l’infâme Nicolas II ou l’odieux et médiocre Batista

Les deux révolutions ont connu une vie comparable mais jusque là très différente.

Mais c’est toujours par le début qu’il faut commencer quand on tente de faire un bilan.

Qui a eu le courage, la volonté, la détermination de se lever et de combattre la tyrannie, la barbarie ?  Qui s’est levé, qui a gagné la majorité, qui a pris les armes, qui a osé gagner le pouvoir contre le despotisme ? C’est la première et seule question, la plus décisive.

Le tsar en engageant son pays dans la boucherie inutile de 14-18 contre l’Allemagne, avait fait tuer près de 7 millions de ses sujets, coté Russe, autant que tous ses « alliés » réunis. C’est devant cette hémorragie criminelle que son peuple, les femmes d’abord, se sont soulevés en février 1917. Ensuite il fallait aller jusqu’au bout et ne pas tergiverser, tenir parole pour conclure la paix, même séparée, distribuer du pain et la terre. La majorité des sociaux-démocrates russes est allée jusqu’au bout en octobre 1917. S’ils n’étaient pas allés jusqu’au bout, ils auraient été égorgés comme les Communards Français de 71, et un quelconque Kornilov aurait joué le nouveau tyran russe.

Il n’empêche qu’ensuite, même victorieux de justesse, ils ont été isolés, affamés, envahis, encerclés, (Voir « Reds » film de Warren Beatty, 1981 et lire « 10 jours qui ébranlèrent le monde »  de John Reeds) et tellement détruits que la contre-révolution l’a emportée de l’intérieur, Staline liquidant Octobre – plus brutalement encore que Napoléon liquidant les sans-culottes de 1789. Il n’y a jamais eu de socialisme ni de communisme en URSS, la contre-révolution y a triomphé et a dévoré cruellement les révolutionnaires : il était minuit dans le 20° siècle quand Staline a liquidé 99% des bolcheviks, le goulag les a broyé, le système bureaucratique a écrasé tous les espoirs socialistes révolutionnaires de 1917.

Cuba a, en partie, échappé à cela.

 

Fulgencio Batista, ce n’était pas le tsar. Seulement un médiocre et rapace sergent conspirateur, qui a tyrannisé Cuba de 1933 à 1959, par intrigues, complots, coups d’état, en lien avec les gouvernements US et la mafia. Il a pillé et affamé le pays, par le jeu, la prostitution et la drogue, devenu plaque tournante de la mafia, avec les « parrains » Meyer Lansky et Lucky Luciano. Par la torture et les assassinats, on lui attribue 20 000 morts dans une ile de 6 millions d’habitants (selon une estimation US citée par John Kennedy lui-même).

Alors oui, bravo aux jeunes gens courageux qui se soulevèrent  avec Fidel Castro contre cette dictature barbouze le 26 juillet 1953, tentant de prendre d’assaut la caserne de Moncada.  Oui et bravo à ceux qui récidivèrent en décembre 1956, en débarquant du Granma, menèrent la guérilla puis la grève générale unitaire et prirent le pouvoir le 1er janvier 1959 (Cf. les beaux films de Sydney Pollack « Habana » et aussi « Soy Cuba »).

Il faut, même 60 ans après, les applaudir, tous, inconditionnellement pour leur héroïsme.

Leur guérilla fut magnifique, leur victoire justifiée, le soutien du peuple fut complet et que nul ne vienne pleurer sur les tortionnaires et barbouzes qui périrent en tentant de les empêcher d’arriver à La Havane.

Mais, 40 ans après les bolcheviks, le nouveau pouvoir vainqueur mais tâtonnant de Fidel Castro dés l’été 1960, a été confronté aux éternelles menaces de contre révolution, de chantage, de blocus.

Les USA refusèrent d’acheter la récolte de canne à sucre le 3 juillet 1960, Khrouchtchev, alors en Inde, le 9 juillet 1960 annonça qu’il la rachetait. Les castristes échappaient à la famine et à la déroute, mais ils devenaient sujets indirects du pouvoir des successeurs contre-révolutionnaires de Staline, en place en URSS.

Les castristes résistèrent à l’invasion de la Baie des Cochons, durent renoncer aux missiles russes, mais souffrirent de la guerre économique impitoyable qui leur fut livrée.

Le reste de l’histoire du régime de Fidel Castro se comprend ainsi : ils vont batailler 50 ans pour sortir du blocus, des actions militaires US et des attentats, sabotages permanents émanant des terroristes ex-suppôts de Batista exilés à Miami. « Che » Guevara va chercher des soutiens en Afrique, à Alger, en Bolivie et s’y fait assassiner. Ils vont partout courir après des débouchés qui se ferment les uns après les autres, au Chili, en Angola, au Mozambique, au Nicaragua, au Salvador, en Chine, et tout semble perdu quand l’URSS s’effondre. La période « especial » des années 90, où ils n’avaient plus rien et manquaient de tout, prouve avec force qu’on ne peut pas plus construire le socialisme dans une petite ile de 1000 km de long que dans une Russie étalée sur 10 000 km.

Ils ont seulement survécu tant bien que mal en donnant remarquablement la priorité à l’éducation, à la santé, à la culture, à la lutte contre la pauvreté,  tout ce qu’une dictature barbouze n’aurait jamais fait. 99,91% de la population est éduquée. Cuba de Guevara et de Castro, universel, culturel, artistique, scientifique, brille un million de fois plus fort que le Cuba de Batista et de la mafia, et à sa façon Obama a fini par le reconnaître (il n’y a que les revanchards pillards, brutaux, mafieux, installés et enrichis en Floride, qui le nient et crient de joie au décès de Fidel).

Mais clairement l’absence de possibilité d’expansion économique a causé l’absence d’expansion démocratique : sans démocratie pas de socialisme (bien sûr le socialisme exige suffrage universel et pluripartisme). Le socialisme c’est d’abord donner à chacun selon ses capacités puis le communisme est censé donner à chacun selon ses besoins. La démocratie formelle doit être poussée jusqu’au bout. On était loin de tout ça. Ce n’est pas une excuse, c’est une explication.

Le blocus illégal (condamné 25 fois par l’ONU) et infâme (un bateau qui accoste à Cuba, 60 km de Miami, est banni de tous les ports US pendant 6 mois) a fait de l’île un parc fermé.

En permanence, pour Cuba, la question était de s’ouvrir ou de mourir. S’ouvrir était plus que difficile à cause du blocus, des menaces, des attentats et sabotages. Mourir c’était subir le même sort, une contre-révolution, comme les bolcheviks exécutés, éradiqués, c’est ce que les frères Castro ont su courageusement éviter, mais à quel prix !  Et chaque fois que des champs nouveaux s’ouvraient à Grenade, au Venezuela, au Brésil, en Argentine, au Pérou, ils ont déployé tous les efforts pour les approcher et les cultiver.

Cuba est demeuré une ile de sans-culottes qui ont évité aussi bien Napoléon que Staline. La longévité de Fidel n’en fait pas seulement un « géant du 20° siècle » comme certains disent un peu platement, il est bien plus : il est la butte témoin de la résistance, celle qui s’accroche à l’espoir universel, qui défend jusqu’au bout une révolution contre vents et marées, contre ceux qui veulent l’éradiquer. Ce n’est pas un modèle, c’est une praxis enfermée, limitée, bloquée, dans le combat de tout un siècle entre la barbarie capitaliste réelle et un si difficile, si fragile, si vulnérable, si nécessaire espoir socialiste.

Gérard Filoche, samedi 26 novembre 2016

 

 

 

 

« Ce qui a été omis à la mort de Fidel Castro » par Noam Chomsky

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    Le linguiste et philosophe Noam Chomsky, figure majeure du paysage intellectuel états-unien, nous a livré ses réflexions exclusives après la mort de Fidel Castro à l’occasion d’une rencontre dans les locaux de « l’Humanité » et de « l’Humanité Dimanche ».

    « Les réactions à la mort de Fidel Castro diffèrent selon l’endroit du monde où vous vous trouvez. Par exemple, en Haïti ou en Afrique du Sud, c’était une figure très respectée, une icône, et sa disparition a suscité une grande émotion.

    « Aux États-Unis, l’ambiance générale a été résumée par le premier titre du « New York Times », lequel indiquait en substance : « Le dictateur cubain est mort ». Par curiosité, j’ai jeté un oeil aux archives de ce journal pour voir combien de fois ils avaient qualifié le roi d’Arabie saoudite de « dictateur ». Sans surprise, il n’y avait aucune occurrence…

    « Il y a également un silence absolu sur le rôle joué par les États-Unis à Cuba, la manière dont Washington a oeuvré pour nuire aux velléités d’indépendance de l’île et à son développement, dès la révolution survenue en janvier 1959. L’administration Eisenhower a tenté de renverser Castro, puis, sous celle de Kennedy, il y a eu l’invasion manquée de la baie des Cochons, suivie d’une campagne terroriste majeure.

    « Des centaines, voire des milliers de personnes ont été assassinées avec la complicité de l’administration américaine et une guerre économique d’une sauvagerie extrême a été déclarée contre le régime de Fidel Castro. Cette opération, baptisée opération « Mangouste », a culminé en octobre 1962 et devait aboutir à un soulèvement à Cuba auquel Washington aurait apporté son appui.

    « Mais en octobre 1962, Khrouchtchev a installé des missiles à Cuba, sans doute en partie pour contrecarrer l’opération « Mangouste » mais aussi pour compenser l’avantage militaire dont disposait l’armée américaine dans la guerre froide, conséquence du refus par Washington de l’offre de désarmement mutuel émise par Moscou. Ce fut sans doute le moment le plus dangereux de l’histoire de l’humanité.

    « Personne ne se demande pourquoi Mandela, à peine libéré de prison, a rendu hommage à Fidel Castro.

    « Dès la fin de la crise des missiles, Kennedy a relancé les opérations terroristes contre Cuba ainsi que la guerre économique, ce qui a eu des implications majeures sur les capacités de développement de Cuba.

    « Imaginez ce que serait la situation aux États-Unis si, dans la foulée de son indépendance, une superpuissance avait infligé pareil traitement : jamais des institutions démocratiques n’auraient pu y prospérer.

    « Tout cela a été omis lors de l’annonce de la mort de Fidel Castro. Autres omissions : pourquoi une personnalité aussi respectée que Nelson Mandela, à peine libérée de prison, a-t-elle rendu hommage à Fidel Castro en le remerciant de son aide pour la libération de son pays du joug de l’apartheid ?

    « Pourquoi La Havane a-t-elle envoyé tant de médecins au chevet d’Haïti après le séisme de 2010 ?

    « Le rayonnement et l’activisme international de cette petite île ont été stupéfiants, notamment lorsque l’Afrique du Sud a envahi l’Angola avec le soutien des États-Unis. Les soldats cubains y ont combattu les troupes de Pretoria quand les États-Unis faisaient partie des derniers pays au monde à soutenir l’apartheid.

    « Sur le plan interne, à Cuba, il y avait certes une combinaison de répression, de violations des droits de l’homme, mais à quels niveaux ces abus étaient-ils liés aux attaques répétées venues de l’extérieur ? Il est difficile d’avoir un jugement clair sur cette question. Il faut également noter que le système de santé à Cuba s’est imposé comme l’un des plus efficaces de la planète, bien supérieur, par exemple, à celui que nous avons aux États-Unis.

    « Et concernant les violations des droits de l’homme, ce qui s’y est produit de pire ces quinze dernières années a eu lieu à Guantanamo, dans la partie de l’île occupée par l’armée américaine, qui y a torturé des centaines de personnes dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme ». »

    Cette entrevue fait partie d’un dossier de 28 pages paru dans « l’Humanité Dimanche » ( édition du 1er au 14 décembre 2016 ) à l’occasion du décès de Fidel Castro.

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