Brignoles : plus qu’une alerte ! Danger ! Stop ! Unité et ré orientation à gauche !

Les résultats des élections cantonales partielles de Brignoles dans le Var sonnent l’alerte. Au premier tour, le Front national recueille 40,4 % des suffrages exprimés, l’UMP 20,8 % et la gauche est exclue du second tour. Le candidat du Front de Gauche soutenu par le parti socialiste obtient 14,6 % et la candidate EELV 8,9 %. Au second tour, le FN l’emporte devant l’UMP avec 53 % des voix alors que la participation n’augmente que… de 12 points.

La question que cette élection pose à la gauche n’est pas tant celle de la « percée » du parti d’extrême droite – très relative au vu d’une abstention de près de 70 % des inscrits au 1er tour et 58 % au second  – que celle de la très faible mobilisation de notre électorat. Le FN ne gagne pas de voix, c’est la gauche qui en perd… vers l’abstention.

Il est inutile de chercher à expliquer ces résultats par la division de notre camp, alors qu’il n’y avait que deux candidats de gauche contre quatre de droite, avec un candidat communiste soutenu par le PS.

Il est bien plus vain encore d’attribuer la responsabilité de l’échec à l’unité PC-PS comme ont tenté de le faire certains. Il est bien évident qu’un candidat de gauche, socialiste, supplémentaire n’aurait fait que diviser un peu plus encore nos voix.

Même s’il y avait unité PS + PCF Fdg + Verts, les chiffres stricts indiquent que 14,6 + 8,9 = 21, 5 % (plus s’il y avait dynamique). Et dans ce cas, il y aurait eu un candidat de gauche face au FN, ce qui aurait été quand même préférable au fait, pour la gauche, d’être obligéé de soutenir un candidat UMP au 2e tour !

La cause de cette défaite n’est autre que celle-là : à Brignoles, la gauche s’est massivement abstenue ! Et ce n’est pas une cause locale mais nationale : la politique du gouvernement crée un climat à la fois défaitiste résigne et de colère, à gauche, dans le pays.

Dans son discours du Bourget, François Hollande disait : « Je ne m’attends pas à des manifestations de soutien, si nous accédons aux responsabilités ».  Cette simple phrase était le petit ver dans le fruit magnifique que fût ce discours du 22 janvier 2012.

Cette phrase, en apparence anodine, relève d’une analyse erronée des rapports de forces politiques et sociaux, et mine en profondeur l’action du gouvernement  en limitant son « champ des possibles ».  Malgré les conquêtes des collectivités locales, du sénat, de l’assemblée et de la présidence de la République, la majorité de la direction du Parti Socialiste est encore convaincue que la France est à droite.

Pourtant, le cœur de la France bat à gauche. 93 % de la population active est salariée et 67 % d’entre eux ont voté à gauche  en 2012.  Notre camp social, c’est l’écrasante majorité de la population qui demande à être mieux protégée des effets de la crise, et qui aspire à percevoir des salaires permettant de vivre décemment, relançant d’ailleurs ainsi la consommation.

C’est en affrontant Merkel en Europe et le Medef en France, pour mener une politique volontariste de redistribution des richesses par la fiscalité, les salaires et le renforcement des services publics que le gouvernement trouvera le soutien populaire dont il a besoin pour mener son action.

Aujourd’hui, après le CICE, l’ANI, et l’allongement de la durée de cotisation pour la retraite, le Medef ose « donner un carton jaune » au gouvernement. Quand le gouvernement lui propose tout : 20 milliards de CICE, l’ANI loi du 14 juin, la non amnistie des syndicalistes, le non paiement des allocations familiales, la non imposition de l’EBE, le travail le dimanche, la casse de l’inspection du travail, le Medef réclame toujours Plus. Gattaz demande 100 milliards : on lui donne le doigt, il prend la main, on lui donne la main, il prend le bras. Et les patrons ne renvoient rien : ils n’utilisent que 70 % des capacités productives de leurs machines et usines, ils produisent moins pour gagner plus, ils licencient plus pour spéculer plus, il préfèrent l’argent que l’emploi. Donc à courir après l’alliance avec le patronat, le gouvernement perd sur les deux tableaux à la fois : les médias patronaux le placent à 20 % dans les sondages et les électeurs de gauche sont ulcérés.

Le patronat développe le chômage, bloque les salaires, accumule depuis des mois, en profitant de l’ANI,  les plans de suppressions de postes, d’Alcatel à Nouvelles frontières,  de Doux à PSA, de Michelin à Hamelin, …La grande purge. De l’agroalimentaire à la sidérurgie en passant par le textile ou l’, des multinationales aux PME… aucun secteur n’échappe à la déferlante de plans sociaux qui touche le pays depuis plus d’un an.

alors rien d’étonnant à ce que dans le même temps, le parti socialiste ait perdu les 8 élections législatives partielles dont 2 étaient des « bastions » de la gauche. Il a été éliminé du 1er tour dans  6  d’entre elles.
Et maintenant, Brignoles…

L’alerte est donnée, il est urgent de changer de cap !

Certes il n’y a pas de glissement de gauche a droite ! pour l’heure, il s’agit d’un glissement interne a la droite de l’UMP vers le FN. Et au sein de la gauche d’un tassement par abstention.

Aucune partie de la gauche ne gagne contre une autre partie. Quand le PS perd, toute la gauche perd. Le sort de toute la gauche est lié. Brignoles le démontre aussi, comme toutes les partielles précédentes. Le Fdg ne remplace pas les voix perdues du PS, les électeurs mettent toute la gauche dans le même sac.

A ce compte les municipales pourraient être une déroute. Mediapart évoque une étude qui annoncerait 75 villes de plus de 30 000 habitants que la gauche pourrait perdre. Et le FN serait en tête aux européennes. C’est grave ! Certains s’en réjouissent croyant qu’ils « sanctionneront » ainsi le gouvernement. Mais ce faisant ils luttent contre leur camp, contre eux mêmes. Ce ne sera pas une sanction du PS mais une victoire de la droite UMP et FN  qui s’enhardira pour la suite.

Même et surtout si on veut combattre et réorienter l’actuelle politique du gouvernement, il faut limiter les dégâts de cette politique, limiter les pertes des villes et les victoires désastreuses de la droite UMP et FN. Il est positif que des accords soient en bonne voie, comme à Paris : ils sont la seule riposte réaliste possible. comme le dit PIERRE LAURENT : « DES VICTOIRES AUX MUNICIPALES AIDERONT À OUVRIR L’ALTERNATIVE »

Il faut proposer l’unité de toute la gauche des le premier tour, partout ou c’est possible, pour combattre l’austérité et ses ravages.

Pour contenir la droite.

Pour exiger du gouvernement qu’il se ré oriente a gauche !

Pour un gouvernement EELV, PS FdG

 

ANI, loi du 14 juin et grève à Nouvelles Frontières (TUI)

L’assemblée générale du mardi 17 septembre à Nouvelles Frontières était « chaude ». Il y avait 200 salariés réunis au 32 rue Jacques Ibert à Levallois et quand le délégué CGT énuméra l’une après l’autre les 80 agences en grève dans toute la France, les « hourra » se succédèrent.

Il faut dire que le menace appelait une réponse forte : suppression annoncée de 306 postes ! Comme cela survient après une première baisse de 500 postes et qu’il faut y rajouter 300 emplois supprimés à Corsair, cette fois il s’agit de la survie de la célèbre société créée en 1967.

Devenue une filiale du voyagiste anglo-allemand TUI Travel PLC, le groupe a fusionné avec Marmara, Tourinter, Aventuria, alors que la brigade financière a enquêté suite à des soupçons de manipulation des comptes par l’équipe dirigeante.

Les salariés décrivent dans l’AG la façon dont la direction veut minorer le chiffre d’affaires, en sabotant le développement de l’activité : moins de brochures, moins de plans de développement, prix non compétitifs, encouragements à des reprises d’agences sous formes de « franchises », diminution des effectifs, extinction progressive des initiatives, ce qui plombe le chiffre d’affaires et entraine une spirale progressive de fermeture. Alors qu’elle affichait un chiffre d ‘affaires de 1 milliards d’euros et 1,45 millions de clients, la société est passée de 2612 salariés à un millier.

Pourtant les salariés s’étaient bien battus en février 2012 alors que 550 postes devaient être supprimés. « Nous avions déjà payé le prix fort. En dix ans, il y a eu six plans sociaux chez Nouvelles Frontières et près de 400 postes supprimés » expliquait Lazare Razkallah, membre CGT du comité central d’entreprise. TUI Travel, maison mère de TUI France, affichait une perte nette de 124 millions d’euros dés 2011 pour ses activités françaises mais le groupe lui, restait très florissant au niveau européen.

Comme partout ça ne suffit pas aux dirigeants, ils veulent toujours plus de marges, au détriment de l’emploi. Heureusement la CGT (62 % des voix) et FO (27 % des voix) sont majoritaires et refusent de signer les nouveaux « accords » prévus par l’ANI et la loi scélérate du 14 juin qui en est issue. Sinon, tout un système de « mutations » internes et externes « volontaires » se mettraient en place contraignant les salariés à céder individuellement. Ou bien encore un « plan » de baisse de salaires et de modulation d’horaires comme le prévoit les nouveaux types d’« accords de maintien de l’emploi ».

Ce qui n’empêche pas la direction de se tourner vers la « Direccte » cette étrange entité bureaucratique qui a pris la place des anciennes direction du travail : elle lui demande « d’homologuer » (le nouveau terme juridique dans la loi) son plan de départs… Que répondent la « Direccte » et le Préfet aux deux délégués syndicaux venu les voir ? « - Ah si vous ne négociez pas et ne signez rien, nous ne pouvons rien faire de notre côté ». Evidemment, car « homologuer » ça n’est pas du tout dire « contrôler » les licenciements, ça veut dire « entériner ». Et voilà comment la nouvelle jurisprudence de l’ANI se referme : le patron vous fait chanter et la Direccte vous renvoie à sa partition.

L’ ANI n’était pas du tout une « sucette » c’est un poison.

La France est de gauche !

 

(suite au débat sur LCI de matin,  vendredi 4 octobre)

 

N’importe quel observateur est obligé d’en convenir : la gauche est majoritaire en France. Elle a obtenu les voix des électeurs pour diriger 2 villes sur 3, 20 régions sur 22, 61 départements sur 100, elle a la majorité de l’Assemblée nationale et celle du Sénat, et le Président de la République est de gauche. 17 millions d’électeurs l’ont confirmé le 6 mai 2012.

Tous ces électeurs ont bien voté en connaissance de cause pour des partis de gauche qui se présentaient comme étant de gauche, radicaux, verts, socialistes, communistes, trotskistes, etc. La majorité absolue en voix et en sièges a été obtenue aux deux tours de chaque élection.

 

C’est logique : le salariat représente 93 % des actifs. Et 63 % des ouvriers, 69 % des employés ont voté pour la gauche le 6 mai. La majorité sociologique qui produit les richesses de ce pays vote naturellement à gauche.

 

Car ce que le peuple veut, ses élus sont censés le respecter. La force de la gauche, qui détient tous les pouvoirs institutionnels, devrait aboutir à des changements politiques correspondants à la fois aux promesses faites et aux mobilisations qui ont eu lieu (par exemple les grandes mobilisations pour les retraites de 2003 et 2010).

 

Cette constatation devrait entrainer des analyses, des espoirs et des résultats.

De façon même déformée, la droite et la gauche représentent deux camps opposés, celui de l’actionnariat et celui du salariat.

 

Pourtant dans les médias, les partis, quantité de voix s’expriment pour nier cette situation, nier que la France soit de gauche, et nier que le peuple veuille du changement.

 

 

 

La première thèse mensongère consiste à brouiller les deux camps : ils n’existeraient pas, il n’y aurait pas de vote traditionnel, pas de classes sociales opposées, tous les scrutins seraient dépourvus de sens : « UMPS » … C’est la pire des confusions car elle enlève les enjeux aux votes, nourrit l’abstention, méséduque et dégoute de la politique. C’est la spécialité du FN de dire « UMPS » 

 

L’extrême droite, FN nie en effet qu’il y ait une différence entre droite et gauche, nie donc le sens des votes qui ont rendu la gauche majoritaire. Pour le FN il n’y a que deux politiques, celle de tout l’establishment… et la sienne. C’est une façon brutale de dissumuler un siècle d’histoire politique, les différences entre classes, entre salariés et patrons, entre actifs et inactifs, entre exploités et exploiteurs, entre riches et pauvres…

Le FN nationaliste, nie les différences sociales au sein du peuple, nie qu’il y ait des intérêts opposés derrière la droite et la gauche. Il cantonne et met en scène les oppositions entre français et immigrés, entre « establishment » et lui.

c’est grave et dangereux.

Pourtant sociologiquement et politiquement les deux camps sont faciles à observer.

La droite bénéficie davantage des voix des rentiers, des propriétaires, des employeurs, des professions dites indépendantes (commerçants, agriculteurs, artisans, libéraux..) mais elle n’obtiendrait jamais la majorité si elle ne réussissait pas à capter, détourner aussi une partie des voix du salariat. Il y a toujours eu une part du salariat soumis aux propriétaires et aux patrons,, même si elle est minoritaire.

La gauche capte très peu les catégories supérieures, mais l’emporte largement quand elle réussit à mobiliser l’immense majorité du salariat et des catégories qui sont défavorisées. Normalement la gauche devrait presque toujours être majoritaire.

 

deux camps, deux forces sociales, deux électorats.

 

Le « centre » n’existe pas : quand on le cherche, c’est comme le triangle des Bermudes, on s’y perd. Il n’y a pas de « classes moyennes ». 98 % des salaires sont inférieures à 3200 euros. Il n’y a pas de base sociale pour le « centre » sauf s’il peut détourner en certains rares moments, des électeurs des deux camps, mais si ces deux camps font défaut aux vœux de leurs électeurs respectifs.

 

En général les observateurs des élections soulignent bureau de vote par bureau de vote qu’il y a peu de transfert entre ces deux camps. Le pays est très clivé et l’électorat plutôt fidèle. Ce qui change ce sont les variations à l’intérieur de chaque camp.

 

Quand la gauche perd, c’est qu’elle a démobilisé son propre camp : dans ce cas, il n’y a pas de glissement à droite, mais il y a abstention à gauche. Et mécaniquement cela fait « monter » la droite, qui, avec moins de voix, obtient alors une majorité en sièges. D’autant qu’avec un mode de scrutin qui n’est pas proportionnel, basé sur des circonscriptions injustement découpées, un contrôle des grands médias, il suffit de peu pour que ça bascule et que la droite l’emporte institutionnellement sans pour autant l’emporter en voix.

 

Le cas le plus célèbre fut le scrutin de mars 1993 : la droite gagna une majorité écrasante en sièges mais avec un nombre de voix, en chiffres absolu, plus bas que celui qu’elle avait quand elle avait perdu… en 1981. Ce n’était pas la droite qui avait monté, mais la gauche qui s’était effondrée.

 

Ceci dit, on comprend les ravages qu’engendre la confusion entre les deux camps : chaque fois que l’enjeu est masqué, cela profite à la droite. Chaque fois que la gauche peut être niée ou se nier, c’est plus facile pour la classe dominante – minoritaire sociologiquement par définition – de s’imposer.

 

D’où le fait qu’il ne faille pas « lâcher » le clivage droite gauche, qu’il faille même le souligner dans toutes les batailles d’idées, luttes ou élections.

 

 

Apres l’extrême droite, la deuxième thèse visant à nier que la France soit de gauche, vient de la droite et du centre. La droite considère toujours comme illégitime la gauche au pouvoir. c’est un accident si la gauche a gagné les élections.

Selon elle, aussi bien François Mitterrand que François Hollande sont des « erreurs », le scrutin présidentiel n’était pas fait pour eux, mais pour des « chefs » dignes de ce nom. La droite est bonapartiste et se considère comme porte parole aussi bien du patronat, de la rente, des indépendants, des propriétaires, que d’une partie du salariat (« ceux qui se lèvent tôt », ceux qui n’ont « pas besoin de corps intermédiaires » comme les syndicats, etc). La droite (dans le registre prophétie auto réalisatrice)  annonce que la gauche a déjà perdu… les prochaines élections (municipales, européennes) et ,la déstabilisant,  cherche ainsi à l’empêcher d’agir..

 

Alors le centre l’aide à faire croire qu’il n’y aurait pas deux camps, que la victoire de la gauche ne provient que d’un malentendu, que la majorité qui vote à gauche est composite, pas solide, friable, momentané. En permanence, la droite annonce la catastrophe dès qu’elle n’est plus au pouvoir et en appelle à l’illégitimité de la gauche. Selon elle, la France n’est en aucun cas de gauche.

 

Ce qui est curieux c’est que des thèses aussi surgissent à gauche pour prétendre aussi que la France n’est… pas de gauche !

 

 

D’abord cela provient de certains dirigeants socialistes, qui a peine élus, au lieu de valoriser et faire fructifier leur victoire, leur rapport de force nouveau et considérable (notamment en mai juin 2012) , s’empressent de dire que c’est fragile, que ce n’est pas suffisant, que la droite reste forte, que la finance est plus forte que prévue, etc.

Ils font ça pour se dégager de la pression, de l’attente de résultats, que le contrôle absolu de toutes les institutions leur impose. Ils ont la « majorité » mais la « crise » est telle qu’ils ne peuvent pas en user. Soit parce que la France n’est pas vraiment de gauche, parce que les gens n’ont pas vraiment voté à gauche, soit parce que l’adversaire de classe reste trop puissant…

 

On assiste même au spectacle de dirigeants socialistes qui mènent campagne en permanence contre la droite… alors qu’ils l’ont battue. Ils sont au pouvoir, ils ont tous les pouvoirs mais agitent sans cesse le danger de l’extrême droite… Au lieu d’agir politiquement pour faire disparaître physiquement matériellement les conditions de la montée de l’extrême droite, ils en combattent les idées, les menaces…

 

Pourtant c’est facile, l’extrême droite se nourrit de la misère, du chômage de masse, des inégalités et des frustrations qu’elles engendrent. Pour faire reculer l’extrême droite, il faut REUSSIR en actes une politique de gauche., augmenter les salaires, défendre les retraites à 60 ans, la santé, l’école…

 

Mais ils ne font pas ou très peu une politique de gauche, ce qui aide bien sur leurs adversaires à masquer l’idée que la France soit de gauche. Donc au lieu de donner confiance dans les transformations qui pourraient sortir de la victoire électorale écrasante, ils démobilisent et sèment le doute.

 

Ca se complique quand une autre partie de la gauche se met a dire elle même que l’autre « gauche » n’est pas de gauche, et que c’est elle la seule « vraie « gauche. Car si c’est vrai, c’est évidemment un triple malheur :

1°) une partie de la gauche a donc change de camp ,

2°) une partie des électeurs ne s’en sont pas aperçus et ont donc mal votés

3°) la « vraie » gauche est donc minoritaire face à une France clairement à droite !

Cela devient pire quand une partie de la gauche consacre son énergie à prouver cette thèse : la gauche au pouvoir serait de droite et la seule gauche de gauche est minoritaire… Evidemment cette thèse n’améliore pas le rapport de force, elle le mine… Elle conforte, par un autre bout, sous un autre angle l’idée qu’il n’y ait pas de différence entre gauche et droite… Donc qu’il n’y ait pas eu de vraie victoire en mai juin 2012, donc il est logique qu’on n’ait pas satisfaction… Le rapport de force implicitement est mauvais, l’espoir s’éloigne. Il est même subordonné à un renversement du rapport de force au sein de l’ex gauche avant… que la France ne soit de gauche…

 

Voilà pourquoi, il est plus sage de s’en tenir aux faits : la gauche est majoritaire. Ses électeurs attendent une politique de gauche. Si cette politique n’est pas mise en œuvre, c’est en contradiction avec l’attente de la majorité de l’électorat. On peut, on doit chercher à s’appuyer, à mobiliser la majorité de l’électorat pour imposer aux dirigeants de gauche qu’il a élu, « ses » dirigeants, une politique de gauche.

 

Pour imposer la majorité de gauche, il faut la faire surgir, l’unir, la mobiliser sur les thèmes qui lui sont communs. Par opposition à la droite, à l’extrême droite, au patronat à l’actionnariat. Alors on est forts, optimistes, et raisonnables, on a des chances de gagner, on en a la force.

 

 

 

 

Morts au travail à 21 ans et 17 ans

 

L’ordinaire : deux jeunes morts

Extraits d’une « note de conjoncture » du « pôle travail » de la Direccte ile de France » datée du 3 septembre. C’est une note très ordinaire. Rien que du récit clinique sur quelques-uns des accidents du travail connus au mois d’août .

21 ans

Le 22 août, sur un chantier de travaux d’isolation à Wissous (91) un chariot automoteur s’est renversé, coinçant sous sa structure son conducteur, qui a fait un arrêt cardio-ventilatoire et n’a pu être réanimé par les secours. La victime, âgée de 21 ans, était salariée de l’entreprise AGI, basée en région lyonnaise, et n’avait reçu aucune formation à la conduite. En outre le chariot, loué en Essonne, avait des roues très abîmées, et n’était muni ni de ceinture de retenue ni de portes.

Un lycéen stagiaire

Dans la note du 9 juillet dernier avait été signalé un accident du travail mortel survenu sur un chantier de rénovation d’un pavillon à Bry sur Marne (94), et dont avait été victime un lycéen en stage au sein de l’entreprise de BTP RG DECO (93 Aubervilliers). Les circonstances de cet accident sont désormais connues. Un salarié de RG DECO procédait à la démolition au marteau-piqueur d’un conduit de cheminée intérieur lorsque celui s’est est tombé sur le stagiaire. Ce salarié avait dans un premier temps déclaré ne pas avoir été témoin de l’accident, et que la cheminée était déjà déposée lors de sa survenance. Il s’avère qu’aucune étude préalable à la démolition n’avait été effectuée, et qu’aucune délimitation n’interdisait la présence de travailleur en contrebas des travaux de démolition. En outre la victime ne portait pas de casque. Un procès-verbal a été établi.

Un cordiste chute de 7 m :

Au cours de l’été sont survenus deux accidents graves dus à des chutes de hauteur. Dans le Val de Marne, le 22 août, un cordiste de l’entreprise MÉTHODE ALPINE a fait une chute de 7 mètres alors qu’il effectuait des travaux de réparation de maçonnerie sur les appuis de fenêtre d’une résidence. Sa corde de travail était trop courte et il n’était pas rattaché à la corde de sécurité. Il souffre de multiples fractures.

Pas déclaré :

En Seine Saint Denis, le 12 août, sur un chantier de ravalement, un travailleur recruté par le particulier propriétaire a fait une chute de plus de 3 mètres depuis un échafaudage en cours de montage. Il a été victime d’un traumatisme crânien sévère. Ce travailleur, étranger, n’était pas déclaré et n’avait pas de titre de travail. (…)

Travail dissimulé :

Bien que le parquet ait demandé sa relaxe, la compagnie AIR FRANCE a été condamnée par le tribunal correctionnel de Paris le 9 juillet à 150 000 € d’amende pour avoir recouru à une entreprise de sécurité coupable de travail dissimulé. (…)

Difficultés des services :

Les Hauts de Seine ont observé, au cours de l’été, une recrudescence des mises en cause d’agents de contrôle. Ainsi cinq plaintes ont été recensées (…) Les premiers éléments recueillis auprès des agents de contrôle concernés montrent qu’il s’agit essentiellement d’employeurs remettant en cause le bien-fondé de l’intervention de l’inspection du travail. ( …)

Il y en a qui trouvent que le « code du travail est trop gros » et qui veulent casser l’inspection du travail  ?

Gérard Filoche :  c’était dans l’Humanité-dimanche n°381 du jeudi 31 octobre ( chronique à lire chaque semaine)

Travail du dimanche : les adeptes de la dérégulation sont des rapaces (newsring)

 

01 octobre 2013, 17:03

La rédaction

Après le mouvement de fronde des enseignes Leroy Merlin et Castorama, qui ont ouvert, dimanche 29 septembre 14 magasins pourtant frappés d’une interdiction d’ouverture, et la réunion interministérielle organisée sur le sujet lundi 30 septembre, Gérard Filoche milite pour la défense du repos dominical, fondamental pour la vie sociale. Le membre du bureau national du Parti socialiste dénonce également les chantres de la dérégulation et met en garde le gouvernement contre une politique de concessions faites au patronat.

Description : http://n1.webedia.fr/imppix/i21633/c35095/p819/po84/cam0/cm1/cid0/pl19804/r8704424

Le débat sur le travail dominical est une foutaise absolue. Si l’ensemble des grands magasins ouvraient le dimanche, quelque 30.000 emplois seraient détruits dans les petits commerces. Par ailleurs, cela déstructurerait un peu plus la vie sociale, en tuant l’un de ces rares moments où les familles ont l’occasion de se retrouver. Les gens qui réclament le travail du dimanche sont des vandales, un temps de repos commun est nécessaire dans une société.

Dans le droit du travail, le volontariat n’existe pas

Les adeptes de la dérégulation à outrance sont des charlatans, des rapaces, des exploiteurs. A Castorama et à Leroy Merlin, le patronat a payé les banderoles le papier, organisé la communication des salariés, tout cela est honteux ! Contrairement à ce qu’on nous dit, il n’y a pas de volontariat dans le droit du travail. Le contrat du salarié se définit comme un lien de subordination juridique permanent. Dès lors, le tapage fait autour du soutien apporté par les salariés de Sephora à leur direction apparaît clairement comme une manipulation !

Il est très étonnant que le gouvernement reçoive des patrons hors-la-loi. A force de chercher des compromis avec le patronat, l’exécutif, le même qui n’amnistie pas les syndicalistes, en vient à faire des concessions. François Hollande n’a pas été élu pour ça, il a été porté au pouvoir pour défendre les intérêts des salariés qui ont majoritairement voté pour lui. En continuant dans cette direction, le président de la République va ruiner son capital électoral et sa politique risque d’être sanctionnée.

Le candidat Hollande avait marqué son attachement au repos dominical

En outre, ces rapports confiés à de grands patrons posent problème. S’il s’agit de reproduire le rapport Gallois et ses attaques contre les salariés, ce n’est pas la peine, on connaît déjà le contenu. Aujourd’hui, le gouvernement demande à Jean-Paul Bailly de se pencher sur le droit des salariés et le code du travail. Un homme, dont les méthodes de management brutales à la tête de La Poste ont eu des conséquences dramatiques et ont déjà prouvé son incompétence en la matière. D’avance, il y a tout à craindre.

François Hollande, candidat à l’élection présidentielle, avait lui-même expliqué, le 17 avril 2012 dans un discours prononcé à Lille, pourquoi le repos dominical qui existe depuis 1906, est fondamental pour les salariés, les familles, la culture, la vie associative, etc. J’ose espérer que mon cher Parti socialiste ne change pas de ligne également sur ce sujet.

 

François Hollande : « 20 % de gauche et 80 % de Medef » (ITV Ouest France)

Dans le document qui retrace la «stratégie de politique économique de la France» envoyé lundi 30 septembre à Bruxelles, le président de la République reconnaît que l’âge de départ à la retraite – effectif, mais pas légal – va faire un bond suite à l’allongement à 43 annuités de la durée de cotisation en 2035. « A terme un assuré qui débute sa carrière à 23 ans (c’est la moyenne en France) ne pourra partir à la retraite au taux plein qu’à partir de 66 ans, est-il écrit noir sur blanc page 21.

 

 


Depuis des années, Gérard Filoche parcourt la France pour promouvoir ses idées. Ce lundi, il fera étape à Guéret. Au programme : la défense des retraites, la redistribution des richesses, l’Europe et bien sûr le droit du travail. Interview.

«La dette justifie-t-elle le recul du droit du travail? », s’interrogera ce lundi soir Gérard Filoche à la mairie de Guéret. Cet ancien inspecteur du travail, membre du bureau national du PS, sera l’invité d’Attac 23. Militant de la gauche du Parti socialiste, il parcourt la France pour défendre ses idées. À 20h30, il sera surtout question des retraites et de la répartition des richesses. En début d’année, Gérard Filoche, bien connu pour sa verve, s’est opposé à l’ANI, à l’Accord national interprofessionnel, qui a débouché sur la loi du 14 juin.

Vous êtes décidé à combattre la réforme des retraites du gouvernement Ayrault. Pour quelles raisons ?

- Le Parti socialiste a été élu pour défendre les retraites et non pour les attaquer. Le déficit des régimes de retraite n’est pas acquis. Il est conjoncturel. Il dépend du chômage. Mais, l’espérance de vie ne s’allonge plus et la démographie, dans notre pays, est forte. C’est le chômage qu’il faut traiter, pas les retraites. On ne va pas améliorer la situation des chômeurs en faisant travailler plus longtemps les Français. Les seniors sont déjà virés à 56-57 ans. Les mesures proposées vont entraîner la baisse des pensions de retraite, donc celle du pouvoir d’achat et pousser ainsi un peu plus le pays vers la récession. Il ne faut pas écouter le Medef et Bruxelles mais plutôt instituer les 32 heures de travail hebdomadaires.

Pourquoi la réforme des retraites du gouvernement est-elle, selon vous, mauvaise ?

- Le report de la date de revalorisation des pensions d’avril à octobre va entraîner, pour un retraité, une perte de 144 € par an en moyenne et de 70 € pour une pension de 700 € mensuels. Ajoutons le gel des retraites complémentaires, la majoration de 10 % pour les retraités ayant eu plus de 3 enfants, la hausse des cotisations retraite. Au final, c’est une perte énorme.

Comment vous situez-vous, sur cette question, par rapport au gouvernement ?

- Je défends le droit à la retraite à 60 ans, sans décote. Je suis un socialiste qui soutient les propositions de campagne du candidat François Hollande. Mais, je constate que le gouvernement fait plutôt ce que nos adversaires veulent.

Des économistes considèrent que le pays s’appauvrit dangereusement et qu’avant de distribuer des richesses il faut d’abord en produire, ce qui semble de moins en moins le cas, non ?

- La France n’a jamais été aussi riche. Le produit intérieur brut a été multiplié par 9 depuis 1949. Si je me réfère au magazine Challenges, je constate que les 500 premières familles possèdent 59 milliards d’euros de plus en un an pour en totaliser 330. Elles ont gagné cet argent sur nous, sur notre travail. Savez-vous que 590 milliards d’avoirs français se trouvent dans les paradis fiscaux.

Mais, dans le même temps, les classes moyennes sont pressurées par les impôts et en conséquence leur pouvoir d’achat recule…

- Il existe plusieurs catégories de classes moyennes. Il faut savoir que 93 % des actifs, en France, sont aujourd’hui des salariés. Ils n’étaient que 45 % au lendemain de la guerre. Il faut aussi savoir aussi que 98 % d’entre eux gagnent moins de 3.200 € nets par mois. L’écart des salaires tend à se contracter, sauf pour les petites franches extrêmes. Il faut ajouter que 10 % des Français possèdent l’essentiel du patrimoine. D’où la redistribution des richesses que je demande.

La politique conduite par François Hollande est-elle mauvaise ?

- J’aime ce gouvernement. Je n’ai pas d’état d’âme. Je revoterai pour lui. Mais, je considère que le bilan actuel du président, c’est 20 % de gauche et 80 % de Medef. Les mesures prises ne sont pas à la hauteur de la situation de la crise que subit la France.

Votre discours, d’une manière générale, est très anti-entreprises mais n’est-ce pas elles qui produisent les richesses dont le pays a tant besoin ?

- On nous dit qu’on fabrique aujourd’hui les bonbons qu’on distribuera demain. Je pense qu’on est parti pour perdre les élections de 2014 et qu’alors on assistera à une politique beaucoup plus néfaste pour les idées que nous défendons.

La Cour d’appel de Paris a condamné Sephora à fermer à 21 heures. N’avez-vous pas l’impression que cette victoire des syndicats va à l’encontre de l’évolution de la société ? Ne faudrait-il pas revoir le droit du travail pour l’adapter aux réalités du XXIe siècle ?

- L’ouverture nocturne de certaines enseignes de nuit et de dimanche illustre une société décadente. Travailler la nuit, c’est prendre beaucoup de risques avec la santé des salariés pour bien peu de bénéfices au final. Rester ouvert une partie de la nuit est un phénomène récent qui ne correspond à rien et qui n’est pas profitable sur le plan économique. Casser le jour de repos commun le dimanche c’est du vandalisme social

Vous êtes un adversaire farouche du Traité constitutionnel européen. Là encore au sein du PS, n’êtes-vous pas minoritaire ?

- Lors de la convention du 16 juin j’ai déposé un amendement demandant la suspension de ce traité. Il a recueilli 73 % des votants?! Je suis minoritaire à la direction du PS, pas parmi les militants.

Robert Guinot
robert.guinot@centrefrance.com

REFUS de la Contre-Réforme des retraites : TOUS ENSEMBLE DANS L’UNITE LES 10 et 15 OCTOBRE 2013

La mobilisation reste nécessaire, indispensable sur le projet gouvernemental de Contre-Réforme des retraites !

En effet, malgré, les fortes manifestations unitaires du 10 septembre dernier, le gouvernement persiste dans sa volonté d’allonger une nouvelle fois la durée de cotisation pour avoir accès à la retraite (43 ans pour les salariés nés à partir de 1973) ! C’est le prolongement et l’aggravation des contres réformes précédentes.

Ce projet est injuste, inacceptable, il conduirait à un appauvrissement des futurs retraités (notamment les femmes) et interdirait l’accès au système de retraite pour les jeunes !! Les organisations syndicales prendront contact avec les organisations syndicales lycéennes et étudiantes, pour leur proposer de participer à ces rendez-vous et poursuivre la mobilisation …..

Une autre réforme des retraites est possible. La retraite à 60 ans, les départs anticipés pour travaux pénibles dès 55 ans, tels que cela existe dans de nombreux statuts et Conventions Collectives : voilà des propositions qui vont dans le bon sens !

Le financement des retraites nécessite de construire des alternatives par l’apport de ressources nouvelles, tout particulièrement en améliorant le pouvoir d’achat des salariés et en créant des emplois. Il est urgent d’augmenter l’ensemble des salaires, du privé comme du public, ce qui impose d’en finir avec le gel du point d’indice et de revaloriser l’ensemble des salaires.

Pour changer de cap et faire face à la situation, il faut rompre avec les politiques d’austérité imposées par le TSCG  et s’attaquer efficacement au coût du capital.

Le débat parlementaire qui s’ouvre le 7 octobre sur le dossier retraite doit être l’occasion pour les salariés de se faire entendre.

Déjà des appels unitaires à se mobiliser existent dans les départements.

Les organisations syndicales CGT, FO, FSU et SOLIDAIRES d’Île-de-France appellent :

A participer à un rassemblement interprofessionnel qui sera ponctué par une conférence de presse qui se tiendra devant le Ministère du Travail (métro Varenne) le Jeudi 10 octobre à partir de 12h30.

Enfin, les organisations syndicales signataires, organiseront une journée de mobilisation avec un rassemblement et une manifestation régionale le mardi 15 octobre à 12h30 au départ de St Augustin à l’appel de la CGT, FSU et SOLIDAIRES….Pour rejoindre le rassemblement unitaire, initié par FO, sur le Pont de la Concorde – face à l’Assemblée Nationale.

On aura nos dimanches (J.-J. Goldmann)

« Le combat de 2012, c’est de préserver le principe du repos dominical, c’est-­à-­dire de permettre aux travailleurs de consacrer un jour de leur semaine à leur famille, au sport, à la culture, à la liberté. Et j’y veillerai ! » François Hollande, le 17 avril 2012 à Lille

Faire travailler des femmes pauvres et précaires le dimanche ?

En 2011 Xavier Bertrand et Luc Châtel ont prôné la suppression du principe de repos dominical, et Sarkozy et l’UMP ont soumis aux députés la proposition de loi Maillé qui visait déjà à remplacer la civilisation du loisir par la civilisation du caddie. Sarkozy, pour mieux déréglementer la durée du travail, s’était attaqué à nos dimanches. C’est cette loi de droite qui fut adoptée et qui réglemente le travail du dimanche et les ouvertures exceptionnelles de magasins depuis 2011.

Le Medef et le patronat des grandes surfaces n’ont pourtant pas cesse de violer la loi et, comme depuis 20 ans, continuent de faire du lobbying pour ouvrir le dimanche… et la nuit. Et ils continuent même contre la loi Sarkozy-Maillé. Les Monop’ ou le BHV poussent pour ouvrir jusqu’à 22 h, et s’ils obtiennent satisfaction, ils pousseront pour ouvrir toute la nuit. Les chaines type Leroy Merlin contreviennent a la loi chaque dimanche depuis de longues années. Il y a va de la vie de 4 millions de salariés du commerce et assimilés.

Une nouvelle offensive, la dixième depuis 20 ans, surgit en septembre 2013 ou une chaine de parfums manipule quelques-uns de ses salariés… pour vendre du parfum la nuit ! (sic) La chaine organise une pseudo pétition de ses salariés autour d’une militante de l’UMP. Bien sur les salariés qui la signent ne VEULENT pas travailler la nuit, ils veulent la majoration de salaire accordé la nuit !

Inoui : Sephora est allé jusqu’à pousser ses salariés a « attaquer les syndicats ».. qui défendaient la loi ! ET les grands médias d’enfourcher à fond le « buzz » là dessus. Hélas les salariés ne perçoivent pas que si tous les magasins étaient ouvert la nuit, ils perdraient la modeste majoration « exceptionnelle » qui leur est donnée.

Le consentement d’un salarié à l’exploitation illégale qu’il subit ne donne aucune légitimité à cette exploitation. Le conseil d’état a toujours refusé de considérer que l’accord des salariés au travail du dimanche était un argument pour les patrons. En droit du travail le contrat se définit un » lien de subordination juridique permanent » : il n’y a pas de volontariat, c’est l’employeur seul qui décide du travail du dimanche ou de nuit, et qui verse ou pas la prime… J’ai vu des juges du tribunal d’instance de Paris qui refusaient d’entendre des salariés en audience lorsque ceux-ci étaient « cités » comme témoin par leur employeur en faveur du travail du dimanche : ils ne peuvent prêter serment car ils sont dépendants du patron.

Le Medef s’est fait le défenseur mensonger des entreprises, des salariés et des consommateurs : mais les petites entreprises n’ont pas intérêt à l’ouverture, elles périront. Les salariés n’ont pas intérêt à se faire exploiter jour et nuit et le dimanche, ils y souffriront et sans aucun avantage à la fin. Les consommateurs usagers finiront par être forcés de payer les plages d’ouverture plus longues, sans avoir davantage de sous dans leurs portefeuilles pour acheter plus.

C’est une forme de vandalisme social que de vouloir casser le repos dominical : celui-ci, collectif, est structurant socialement, tant pour la famille que la vie citoyenne, les loisirs, la vie associative, culturelle, sportive, etc. Le progrès véritable serait d’imposer deux jours de repos hebdomadaires pour tous. Pas de supprimer le seul qui existe. 
Certes, dans les secteurs de la santé, des transports, de certaines industries à feu continu et commerces précis (alimentation), des activités culturelles, le travail du dimanche s’impose. Mais la volonté doit être de limiter et non d’étendre ces cas. Pourquoi achèterait-on des fringues, des meubles ou autres produits non urgents le dimanche alors qu’on pourrait le faire le vendredi ou le lundi si les durées du travail réelles se rapprochaient vraiment des 35 h ?

Ce seront des femmes pauvres et précaires qui finiront par travailler le dimanche. En aucun cas il ne s’agira de « volontaires ». On nous raconte des craques : le « volontariat » n’existe pas en droit du travail : seul le patron décide, jamais le salarié qui est « subordonné ».

Certains patrons ouvrent déjà, dit-on. Mais ce sont des contrevenants ! Sur environ 700 000 commerces, il y aurait 22 000 ouvertures autorisées, et quelques milliers de plus en fraude. Ceux-ci ne peuvent se prévaloir de leur turpitude et doivent être sanctionnés. Actuellement 5 % des Français travaillent régulièrement le dimanche, et 20 % épisodiquement. Le système actuel oscille de façon équilibrée entre fermeté (interdiction) et souplesse (dérogations contrôlées).

L’offensive de la droite pour forcer au travail le dimanche s’appuie sur des « promesses » de compensation salariale. Certes, les salaires sont beaucoup trop bas et il faut les augmenter : mais pas en dégradant les conditions de repos.

Ceux des salariés qui réclament de « généraliser le travail le dimanche » ne comprennent pas que leur majoration (d’ailleurs souvent limitée à 30 % parfois 50 % très rarement 100 %) est due au caractère exceptionnel de l’ouverture, mais qu’elle sera remise en cause s’il y a généralisation.

On nous dit que c’est pour stimuler le commerce : c’est stupide, cela fera disparaître des emplois. Le pouvoir d’achat n’étant pas extensible, ce qui sera acheté le dimanche ne le sera pas les autres jours. Seules les grandes surfaces tireront leur épingle du jeu. Il a été calculé que les petits commerces y perdraient 30 000 emplois (c’est ainsi que toutes les associations de petits commerçants sont CONTRE la généralisation de l’ouverture le dimanche). Les embauches qui auront lieu le dimanche se traduiront par des réductions d’effectifs le lundi et les autres jours…

Les sondages sérieux sont clairs : 85 % des Français se prononcent CONTRE le fait de travailler eux-mêmes le dimanche. Infirmières ou traminots souffrent déjà pour obtenir dans les plannings surchargés, une fois toutes les 5 ou 6 semaines, un dimanche en famille…   Pourquoi faire subir cela aux autres, quand ce n’est pas nécessaire ? Défendons le droit au repos dominical adopté à l’unanimité par l’Assemblée nationale en 1906. Mieux : revendiquons le rétablissement de la semaine de cinq jours, avec deux jours de repos consécutifs légaux pour tous. On travaillera mieux… pour travailler tous.

Gérard Filochele lundi 29 septembre 2013

 

 


J’ai fait, en tant qu’inspecteur du travail, dans les années 90, 42 dimanches de contrôle et dressé 450 procès verbaux contre les infractions patronales au repos du dimanche dans le 3° arrondissement

Annexe : ci-joint  : extraits de « carnets d’un inspecteur du travail, »Ed Gawsewitch 2004

Fin 2003, un député de l’Ump, Didier Balkany a proposé de rétablir le travail le dimanche en augmentant le nombre de dérogations autorisées par la loi chaque année. On m’invite sur le plateau de Canal + (« Merci l’info ») pour le contredire. Trop facile : je suggére qu’il supprime les jours fériés restants et les 52 dimanches…

J’ai beaucoup travaillé dans le 3° arrondissement, le dimanche, pour limiter les infractions au repos dominical.

Pour les vendeuses de la rue des Francs-Bourgeois et des rues voisines de la rue de Sévigné à la rue du Roi de Sicile. Pour les caissières des grandes surfaces. Celles de Virgin par exemple, qui a défrayé la chronique plusieurs étés en ouvrant le dimanche. Pour les apprentis, pour les jeunes en contrats de qualification.

Les salariés du petit commerce ont une très mauvaise convention collective, peu de syndiqués, peu de moyens de se défendre, et les salaires souvent les plus bas. Elles n’ont pas le choix, ces vendeuses. Elles sont parfois même embauchées pour ne travailler que le dimanche. “ C’est une bonne cause, dit l’employeur dans la presse, je sauve mon commerce, je fais mon meilleur chiffre d’affaires, je crée de l’emploi, on anime un quartier tout entier qui, sinon, serait “mort” le dimanche. ”

Quel apparent bon sens, n’est-ce pas ?

Bénéficiant d’une implantation dans un quartier touristique d’affluence exceptionnelle, le Marais, cet employeur demande une dérogation permanente pour faire travailler des salariés le dimanche. De son côté, Virgin “ anime ” aussi les Champs-Élysées, cela rapporte, et pas seulement les jours d’arrivée du Tour de France. Dans le débat, le petit employeur fait le jeu de la grande surface tout en se présentant comme un martyr de l’administration. En réalité, ce “ petit ” commerçant possède des boutiques sur la Côte d’Azur, à Tokyo, à Montréal, et emploie au total 120 salariés. Ou comment se faire de la publicité en prétendant combattre pour “ la liberté du commerce ” !

Combat douteux… Les commerçants du Marais, regroupés en association, fraudent la loi commune de la concurrence. Si les quartiers voisins, puis tous les autres du même genre, ouvraient, bien sûr leur chiffre d’affaires baisserait. Certes ils “ animent ” le quartier, assez riche, mais cette animation est surtout le fait des habitués, venus en curieux ou en famille et qui se promènent peut-être davantage par intérêt culturel que dans le but d’acheter. Les touristes ne représentent en vérité qu’une modeste partie de la clientèle. Ce sont toujours les mêmes qu’on voit entre 15 et 18 heures le dimanche après-midi, par beau temps. Le chiffre d’affaires est, certes, de ce fait, plus important le dimanche. Mais d’anciens commerçants se souviennent amèrement qu’avant les “ ouvertures sauvages ” du dimanche, ils vendaient davantage le samedi : aujourd’hui, leur chiffre d’affaires est réparti sur deux jours. Certains commerçants, sans salariés, se voient contraints de suivre le mouvement et d’ouvrir le dimanche contre leur gré. Eux demandent à l’inspection du travail : “ Faites respecter la loi, nous préférerions ne pas être obligés de travailler ce jour-là.  Nul ne peut se prévaloir d’une ouverture illégale le dimanche pour solliciter une dérogation. Une fermeture ne peut être refusée que si le service rendu au public est indispensable : là, le public dispose sans problème des six jours ouvrables de la semaine pour faire ses achats.

Si l’autorisation était donnée d’ouvrir tous les commerces le dimanche, dans un premier temps, les grosses surfaces, Virgin, la Fnac et les grands magasins populaires en profiteraient. On estime que 30 000 emplois disparaîtraient dans les petits magasins, incapables de soutenir la concurrence. Des emplois seraient créés dans les grandes surfaces, à temps partiel bien sûr, orientés vers les week-ends, mais ce mouvement s’accompagnerait de diminutions d’emploi en début de semaine. Le pouvoir d’achat n’étant pas en expansion, la clientèle se répartirait, et, du côté du personnel, les grandes surfaces opéreraient alors des ajustements se traduisant par un solde négatif en emplois.

Ouvrir le dimanche crée du chômage.

Les sondages indiquent parfois que “ les gens ” sont favorables à l’ouverture des magasins le dimanche : mais les mêmes sondés précisent que, eux, “ personnellement ”, ne sont pas favorables pour travailler ce jour-là. On les comprend. Les conséquences sont lourdes : plus de plage fixe de repos dans la semaine, des millions de salarié(e)s à contretemps les uns des autres dans les familles, des enfants encore moins entourés, des activités sociales de toutes sortes réduites (loisir, culture, sport, religion, famille…). La civilisation des loisirs recule au profit de la civilisation des caddies, des supermarchés.

Contrairement à ces discours irréfléchis qui affirment que la fermeture des magasins le dimanche est “ archaïque ”, il faut sauvegarder dans l’intérêt de la société des périodes de repos, des moments communs de rencontre. Au moins un jour par semaine. D’ailleurs, la Révolution française, avec ses “ décades ” où le repos ne se prenait qu’une fois tous les dix jours, a naturellement échoué sur ce point.

Le mieux serait d’étendre cette nécessaire et utile phase de repos et de loisir à deux jours consécutifs, par principe, sauf dérogations exceptionnelles, dans toutes les professions où cela est possible. Certes, dans la santé ou dans les transports, ou dans des secteurs de pointe utilisés “ à feu continu ”, on sait que c’est difficile, mais on doit tendre à diminuer le nombre de salariés contraints d’assurer la continuité de leur service pendant que les autres jouissent d’un repos collectif.

Quel intérêt à ouvrir les banques le dimanche ? Quel intérêt à ouvrir les commerces tous les jours ? “ Parce qu’il y a trop de bousculade le samedi ”, nous rétorquent les uns. “ Parce que je n’ai que le dimanche pour faire mes courses ”, disent les autres. Eh bien, raisonnons autrement : si la durée du travail est effectivement ramenée pour tous à 35 heures en 2 002, si on marchait vraiment vers la semaine de 4 jours, on aurait du temps supplémentaire pour les faire, ces fameuses “ courses ”. Sans ouvrir le dimanche.

En attendant, rue des Francs-Bourgeois (mais ce n’est qu’un exemple, il y en a aussi dans une dizaine d’endroits significatifs au cœur de Paris… et en province), les “ ouvertures sauvages ” se poursuivent : ceux-là veulent créer un fait accompli, et en violant la loi républicaine, la faire évoluer de force. Ils en appellent à la “ liberté du travail ”, contre les “ cons ”, les “ inspecteurs gestapistes ”, les “ juges répressifs ”, les “ lois archaïques qui remontent au début du siècle ” et “ n’en ont plus rien à faire à la veille du XXIe siècle ”. Un lobby s’est créé pour “ l’ouverture le dimanche ”, d’ailleurs surtout constitué de dirigeants de grandes et moyennes surfaces.

Et les salariés ? Rue des Francs-Bourgeois comme ailleurs, ils n’ont pas droit au chapitre. On les associe de fait sans leur demander leur avis, on répond à leur place qu’ils sont “ contents ” – et ils ont intérêt à l’être. D’ailleurs le « volontariat » d’un salarié, le Conseil d’état, l’a dit, ne saurait constituer un motif de dérogation au repos dominical. Ce sont en majorité des vendeuses jeunes, sans charge de famille. Elles n’ont pas de majoration de salaire ce jour-là puisque la convention collective ne le prévoit pas, et pour cause… l’article L 221-5 interdit de faire travailler des salariés le dimanche. Elles sont à temps partiel souvent. Leur travail est parfois un revenu d’appoint, temporaire, ou au contraire indispensable qu’elles acceptent faute de mieux… “ Ne vaut-il pas mieux travailler le dimanche que de pointer à l’Anpe? ” serine régulièrement dans les médias, un des employeurs satisfait de son “ argument ”. À l’entendre, il vaut mieux travailler de nuit, 12 heures, sans sécurité ni hygiène, plutôt que d’être au chômage. Bientôt il vaudra mieux travailler en dessous du Smic que ne pas travailler du tout, etc.

Ces vendeuses sont donc embringuées par leurs patrons dans le “ grand combat ” de l’ouverture du dimanche. Les patrons ont eux-mêmes essayé de tenir parfois leurs boutiques. N’étant pas salariés, ils en ont le droit, dans l’habillement (pas dans la chaussure ni la mercerie où des décrets préfectoraux spécifiques les en empêchent) en se faisant aider par leurs ascendants et descendants directs. Ils ne tiennent pas longtemps, c’est trop dur pour eux de travailler tous les dimanches. Alors ils reprennent vite le combat pour que… les salariés travaillent à leur place.

La bataille a été épique et longue, elle est loin d’être achevée : un des employeurs “ invente ” de demander à ses salariés de prétendre qu’ils sont membres de sa famille, puis de ne pas donner leurs noms, puis de donner des noms inexacts. Comme ce ne sont pas des salariés clairement identifiés, le juge refuse le procès-verbal établi par l’inspection du travail !

L’employeur a multiplié également les “ sociétés distinctes ”, formant écran les unes par rapport aux autres, compliquant les formulations des procès-verbaux, et il a commencé, avec ses avocats une vraie guérilla contre l’inspection du travail. Celle-ci a eu le mérite de montrer les ressources que déploient les délinquants patronaux lorsqu’ils veulent mettre en échec la réglementation. Un d’entre eux a même organisé une cogérance de groupe : 12 de ses salariés ont été nommés « gérants » pour mieux contourner l’article L 221-5 : comme ces « gérants » sont « de paille », il n’échappera finalement pas au PV, mais il aura gagné du temps et compliqué la tâche de l’inspection.

L’employeur a donné des ordres pour que les salariés refusent les contrôles, il a fermé les portes au nez des inspecteurs et des contrôleurs, il a ameuté les clients et les a invités à s’opposer aux contrôles, il insulte les fonctionnaires, il organise une campagne de presse, de radio, même de télévision, il lance une campagne de pétition, il rédige des pamphlets visant nommément et tournant en dérision les inspectrices et inspecteurs du travail, il les affiche sur les murs. Alors l’inspection dresse ce qu’elle appelle des “ procès-verbaux d’obstacles ” : pour sanctionner l’obstacle à l’action de l’inspection du travail. Ceux-ci débouchent sur des peines de prison et des amendes plus lourdes que pour le fait de persister à employer des salariés le dimanche.

Les inspecteurs et les contrôleurs ont dû appeler la police pour établir les identités : mais, le jour du contrôle, les chefs de la police firent faux-bond, l’OPJ préféra rester à son bureau, il était seul de garde, et il y avait un match. Heureusement grâce à la sympathie des agents de base, qui vinrent en car, bloquèrent la rue, les inspecteurs purent obtenir, enfin, les vraies identités. Mais quand, ensuite, commencèrent à pleuvoir les premières amendes, on s’aperçut qu’elles coûtaient moins cher que ce que gagnaient les patrons en ouvrant le dimanche : ils firent leur calcul et continuèrent d’ouvrir. C’est seulement en cas de récidive que les amendes s’alourdissent. Il fallut six à huit mois pour que le premier jugement arrive. Il en fut fait systématiquement appel : quinze à dix-huit mois deviennent nécessaires pour que tombe le jugement définitif. Et combien de temps s’écoule encore avant que ne surviennent les sommations d’huissier et les obligations de payer ?

L’inspection du travail tente alors de pratiquer ce qu’elle appelle un “ référé ”, une procédure d’urgence, pour condamner l’employeur à de plus sévères astreintes financières. Mais le droit de faire appel à un juge des référés était donné par la loi aux inspecteurs du travail dans les seuls cas de risques de chute ou d’enfouissement, de dangers graves dans un chantier. Le ministre du Travail en 1992, n’accorda le droit de recourir au référé sur la question du travail le dimanche que par l’intermédiaire d’un décret. Les avocats de l’employeur attaquèrent le décret pour illégalité (prétendant qu’il aurait fallu une loi) tandis que les procédures avaient cours. Référé après référé, malgré de redoutables barrages procéduriers, on crut un moment que l’on pourrait empêcher ce groupement d’employeurs de faire travailler leurs salariés le dimanche.

Non sans volontarisme : faire le constat chaque dimanche (près de 40 dimanches de contrôle), dresser les procès-verbaux (près de 450 procès-verbaux dressés à l’encontre de la trentaine de commerçants groupés dans l’association du quartier des Francs-Bourgeois), prendre rendez-vous auprès de président du tribunal, fixer la date du référé, le faire notifier dans les délais par un huissier, tenir les documents à disposition des avocats des employeurs, enfin – tâche ardue – convaincre le juge que la loi sur le travail n’allait pas changer de sitôt, que c’était une question d’intérêt public, obtenir la condamnation à une lourde astreinte, la faire notifier, procéder à un nouveau contrôle, constater que l’infraction persistait, demander un rendez-vous à un autre juge chargé de l’application des peines qui décida alors, au vu de ce tout dernier procès-verbal, de liquider l’astreinte à une hauteur qu’il rejugeait appropriée à la nature de l’infraction. (C’est-à-dire que l’astreinte fixée à 100 000 francs par un premier jugement était “ liquidée ” seulement à 10 000 francs par un deuxième juge…) Cette procédure accomplie, il fallait la recommencer suffisamment de fois pour imposer aux employeurs de verser des sommes supérieures à ce qu’ils gagnaient en violant la loi. Nous crûmes y parvenir : mais les avocats l’emportèrent auprès du Conseil d’État contre le décret qui avait institué le droit d’engager des référés, et toute la procédure… fut mis à bas.

Les salariés continuèrent de travailler le dimanche. Beaucoup étaient hostiles, au début de ces années d’effort (1990-1993), aux contrôles de l’administration, l’employeur leur expliquant que les inspecteurs avaient pour but de leur faire perdre leur travail. Mais peu à peu, ils cessèrent de mentir sur leur identité, regrettèrent discrètement de l’avoir fait, comprirent que leur véritable intérêt n’était pas de travailler dans ces conditions, et, une fois épuisés les charmes d’une “ bataille juridique ” un peu folklorique, bon nombre se retournèrent contre leurs employeurs, qui eurent à leur tour des doutes et se divisèrent sur l’opportunité de ces méthodes. La presse s’empara de l’affaire. En plein été, Le Journal du Dimanche titra : “ L’inspecteur frappe aujourd’hui dans le Marais. ” Ce qui gênait plutôt le travail fastidieux de contrôle boutique par boutique. Toutes les chaînes de télé et tous les journaux en parlèrent. Les grandes surfaces essayèrent de tirer de ces affaires leur épingle du jeu : elles obtinrent du ministre Giraud d’ouvrir automatiquement, sans dérogation, cinq dimanches par an au lieu de trois. Mais même “ dans les zones touristiques d’affluence exceptionnelle ”, pendant la ou les périodes d’activités touristiques, dans les établissements de vente au détail qui mettent à disposition du public des biens et des services destinés à faciliter son accueil ou ses activités de détente ou de loisirs d’ordre sportif, récréatif ou culturel (art. L 221-8, loi quinquennale), et malgré le champ très étendu de ce texte, les préfets n’accordèrent pas davantage de dérogations.

Faute de loi ferme, de sanction, de volonté politique, les commerçants s’entêtaient encore, à la fin de la décennie 90 à ouvrir illégalement. L’inspection du travail devra recommencer une action soumise aux mêmes aléas en 1998 et 1999.

Les associations de petits commerçants demeurent pourtant majoritairement hostiles, de même que les syndicats, au travail dominical. Sur environ 700 000 commerces, certains chiffres indiquent qu’il y aurait 22 000 ouvertures. 5 % des Français, épisodiquement, et seulement un salarié sur cinq travaillent régulièrement le dimanche. Une sorte de statu quo s’est établi que certains voudraient voir remis en cause : ils y parviendront si la loi ne donne, là comme dans d’autres domaines, des moyens plus efficaces aux sections d’inspection du travail pour faire respecter la réglementation. Pourquoi le ministère, écrivais-je dans un précédent livre en 1997 et 1999, (« le travail jetable ») n’agit-il pas plus tôt pour introduire par la loi la possibilité de référés et d’astreintes sous forme d’amendes lourdes ?

Hé, bien, il a agi ! Dans sa loi de janvier 2000, Martine Aubry – bravo ! – a introduit un article permettant aux inspecteurs du travail par la loi, d’effectuer des référés. Reste à ce que nous nous mettions au travail et que nous ayons les moyens d’aboutir.

(et loi Maillé 2011 sous Sarkozy a compliqué négativement  les cas d’exception et d’ouverture… et le patronat continue a frauder … et les PV sont classés sans suite à nouveau…et les « Monop’ essaient encore plus d’ouvrir le soir, etc.. Et en banlieue des Bricorama, et autres Leroy Merlin violent allégrement la loi, même la  dernière loi de la droite )

Retraites : relire le discours du Bourget

 

« L’égalité doit commencer à faire partir à la retraite ceux qui ont commencé à travailler tôt, exercer les métiers les plus pénibles. Et c’est pourquoi, tout en ayant le souci de maîtriser les comptes et en ouvrant une négociation sur la réforme des retraites indispensable – puisque celle qui a été votée est non seulement injuste mais pas financée-, eh bien sans attendre l’ouverture de cette négociation, tous ceux qui ont 60 ans et qui auront cotisé 41 années retrouveront le droit à partir à la retraite à taux plein.
La négociation, elle, portera sur la pénibilité, les décotes, le montant des pensions, l’âge légal, l’évolution des recettes, indispensable, et la pérennité de notre système par répartition. »

François Hollande
Discours du Bourget du 22 janvier 2012
In La Revue socialiste n° 45-46 des 1er et 2e trimestre 2012

La relecture du discours du Bourget est instructive.

On pourrait revenir sur la retraite à 60 ans pour celles et ceux ayant cotisé 41 années. C’est finalement 41,5 annuités – 166 trimestres et attention de ne pas se faire licencier avec 160 ou 162 trimestres : la carrière est longue mais les annuités sont insuffisantes ! La pension subira une décote !

Quant à la négociation retraites, on est forcé de constater que ni les décotes, ni l’âge légal n’ont été traités. Quant à l’évolution des recettes, on pouvait penser que la formule renvoyait aux propositions du Parti socialiste taxant le capital. À regarder le projet chacun peut voir qu’il n’en est rien.

Ne pas faire ce qu’on a dit, c’est un déni de démocratie. Et cela peut avoir de graves conséquences.

Il est urgent de revenir au projet socialiste et de répondre aux attentes exprimées le 6 mai 2012. Et on verra la courbe des sondages s’inverser et la confiance plus qu’écornée lentement revenir.

« Jaurès, une voix pour la paix » représentations du 8 au 15 octobre 2013, ancienne salle de la Verrerie de Carmaux

Bonjour à vous toutes, à vous tous.

Tout au long de sa vie, Jean Jaurès a consacré sa formidable énergie au maintien des conditions de la paix – paix entre les peuples et paix sociale – constante préoccupation de la Gauche. Son assassinat le 31 juillet 1914, marque le début de la Grande Guerre, dont nous commémorerons l’an prochain le centenaire.

Histoire(s)du Pays de Jaurès présente un spectacle-événement, « Jaurès, une voix pour la paix », qui donne à voir, à partir de la tragédie de 1914-1918, l’actualité du message de Jaurès, sur la guerre et sur les causes des conflits qui conduisent parfois à l’affrontement : nationalismes, racisme, exploitation du travail, rivalités économiques…. On y trouvera une évocation de son action inlassable pour la dignité humaine, pour la paix et pour une Europe unifiée.

Les 10 premières représentations de « Jaurès, une voix pour la paix » auront lieu du 8 au 15 octobre 2013, dans la salle François Mitterrand, ancienne salle de la Verrerie de Carmaux, lieu emblématique des combats de Jean Jaurès il y a un siècle.

Un autre combat nous occupe, c’est le nerf de la guerre les finances. Nous avons besoin de vous soutenez nous par le financement participatif.

Il vous suffit de cliquer ICI. La participation minimale est de 5 euros, ce qui est peu mais qui cela va grandement nous aider.

Merci de nous ecouter, de nous entendre.

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