Élections allemandes du 22 septembre 2013 La Grande Clarification ?

mardi 24 septembre 2013 par Mathieu Pouydesseau

D&S vous  propose cette analyse de notre camarade Mathieu Pouydesseau, installé à Berlin, et membre du PS et du SPD.

Le verdict des urnes est tombé. Le gouvernement sortant a été battu, mais Merkel triomphe ! Le bloc Union et le SPD sont les deux seuls partis à progresser en voix et en sièges. Les populistes anti-Euro manquent l’entrée au Bundestag pour 90 000 voix, le FDP libéral le quitte pour la première fois dans son histoire pour 30 000 voix.

La Gauche a la majorité absolue en sièges, mais nécessite une refondation complète ; le projet SPD-Verts échoue à construire une majorité, le positionnement des Linke et par rapport aux Linke est au cœur de la refondation à venir.

L’Europe peut et doit devenir le marqueur du clivage entre deux visions antinomiques de la société.

Quelle que soit l’alliance qui gouvernera – l’Europe sera le champ de bataille. Car toutes les avancées sociales que la Gauche souhaitait dans cette campagne – introduction d’un salaire minimum (8,5 € horaire pour le SPD, 10 € pour les Linke) et encadrement des emplois précaires et des mini-jobs, arrêt de la prime aux mères au foyer pour investir dans le système de crèches et assistantes maternelles, réforme des retraites pour abaisser l’âge de départ pour les catégories populaires, relance de l’innovation notamment pour la transition énergétique et de la consommation – ont in fine un rôle pour mettre fin aux déséquilibres en Europe.

Les Résultats :

Résultats électoraux, Élections fédérales allemandes de 2013, source wikipedia

CDU, le parti d’Angela Merkel : 34,1%
CSU, son allié catholique bavarois : 7,2%
Union : 41,3% et 311 sièges, soit une progression de 8% et d’une centaine de sièges

SPD : 25,7% et 192 sièges, + 2,4% et + 62 sièges
Linke : 8,4% et 64 sièges, – 3% et – 12 sièges
Verts : 8,3% et 63 sièges, – 2,3% et – 6 sièges

Près de 15% des suffrages ne seront pas représentés au Bundestag.

Les libéraux du FDP, alliés au gouvernement d’Angela Merkel, perdent 10 points et tous leurs élus, à 4,7%. 30 000 voix manquent pour atteindre la barre des 5%.
L’Alternative pour l’Allemagne (AfD), parti populiste anti-Euro, réussit pour sa première élection 4,6% et manque la sensation de peu.
Les Pirates, qui avaient réussi à entrer dans 4 parlements régionaux depuis 2011, stagnent au niveau national à 2,2%.
Les néo-nazis du NPD enfin réussissent avec 1,4% à atteindre le minimum de 1% requis pour recevoir le financement public des partis.
Les divers rassemblent encore près de 1,5%.

Analyse politique :

À droite :

Angela Merkel a profondément transformé l’agenda politique de la CDU. D’un parti profondément néolibéral, la CDU s’est déplacée vers le centre, gommant toute position clivante pour apparaître comme le partenaire indispensable à la construction de consensus.

La politique économique de Merkel entre 2009 et 2013 est marquée en Allemagne par le souci d’acheter la paix sociale, sur le dos des Grecs et des Espagnols. La CSU est le garant pour satisfaire la clientèle nationale-conservatrice : prime au maintien des mères au foyer siphonnant les budgets pour le développement des crèches, campagne sur la création de péages autoroutiers réservés « aux étrangers ».

L’espace ouvert à droite est béant. Le FDP ne l’a pas compris, et n’en a pas profité. C’est aussi ce qui a permis l’éclosion de l’Alternative pour l’Allemagne, parti populiste national-libéral, dont le message s’est construit sur une analyse économique de l’Europe et de l’Euro.

L’addition cependant d’un électorat vieillissant anti-impôts, de l’électorat anti-Euro et du NPD montre qu’une alliance populiste sur le modèle FN français, FPÖ autrichien ou Wilders hollandais, a un potentiel à 10-11% en Allemagne.

À gauche :

Le SPD a été traumatisé par la défaite de 2009. L’agenda 2010, notamment sa composante en politique sociale et économique, était une trahison de l’électorat traditionnel du parti et des alliés syndicaux. Cette désaffection n’a pas été compensée par un gain sur l’électorat des classes moyennes et supérieures – le pari social-libéral, la stratégie « Terra Nova » pour utiliser une comparaison française, est un échec politique, social et économique.

Sigmar Gabriel, bien qu’issu de l’aile droite, fut un adversaire de Gerhard Schröder au sein du SPD régional de Basse-Saxe. En héritant de la présidence du parti, il comprit que ce qui manquait au SPD était une vision stratégique pour se reconstruire. Il en a proposé une au Conseil national de Francfort, ainsi qu’aux congrès de Berlin et de Dresde : Mitte-Linke, Centre-gauche, ce qui pour un SPD qui s’inscrivait dans un « Neue Mitte », Nouveau Centre, est un gauchissement.

Si le travail programmatique a permis d’établir l’une des plate-formes politique les plus à gauche du SPD depuis la réunification, la perte de substance militante et l’absence de renouvellement à la direction laissent des déficits structurels difficiles à combler.

Passer de 800 000 militants en 1998 à moins de 460 000 en 2013 c’est aussi perdre le maillage du territoire, vivre sur l’engagement de militants dévoués mais vieillissants, se déconnecter des mouvements sociaux et syndicaux par manque de présence locale.

Knut Lambertin, dirigeant syndical DGB et vice-président de l’aile gauche du SPD, me disait dimanche soir : « Gabriel est le seul à avoir cette perspective stratégique. Mais nous sommes dans un état tellement critique, il nous faut plus de 4 ans pour nous reconstruire. Et Gabriel doit rester pour mener ce travail, car il le comprends, il fait ce travail de reconstruction, section par section, fédération par fédération ».

Ce travail sera difficile en entrant dans une grande coalition avec l’Union. L’aile droite la souhaite, persuadée que c’est sa seule chance pour survivre au sein du parti. L’aile gauche y est opposée, et organise une consultation interne sur le sujet des alliances.

Hilde Mattheis, réélue députée et leader de l’aile gauche, s’est déjà déclarée dans la première réunion du nouveau groupe parlementaire SPD – dans lequel l’aile gauche a augmenté sa représentation – prête pour l’option de nouvelles élections anticipées.

Ralf Stegner, un autre porte-parole de l’aile gauche, a déclaré : « Nous devons être une vraie alternative, et non pas la version gentille de la CDU ».

Le consensus au sein du parti est plutôt à rester dans l’opposition, laissant Merkel gouverner en minorité, et construisant un projet de nouvelle majorité – éventuellement avec les Linke et les Verts – capable de prendre le relais à tout moment.

Le danger ici serait de voir Merkel refuser une telle voie, et tenter de forcer de nouvelles élections en novembre-décembre, recherchant une majorité absolue seule.

Les Verts ont aussi porté l’Agenda 2010. Ceux-ci ont continué une évolution économique libérale, se ralliant aux politiques de l’offre. La contradiction entre leur positionnement et leur électorat cependant est intenable à terme. Ces contradictions sont apparues dès 2011, avec des résultats électoraux brillants gâchés par des scissions dans les groupes écologiques régionaux.

Les Verts n’ont pas su offrir une plate-forme crédible et alternative au projet libéral. Leur médiocre résultat, perte de 2 points par rapport à 2009, mais score inférieur aux Linke et à presque 8 points des sondages de l’été 2011, les plonge dans une profonde crise de leadership, de positionnement, de programme. C’est la raison principale pour laquelle un projet de majorité de gouvernement à gauche est improbable, la raison pour laquelle Angela Merkel ne souhaite pas gouverner avec eux.

Les Linke sortent affaiblis en voix et en sièges des élections (-3%, perte de 12 sièges), et pourtant, ils en sortent renforcés sur la scène politique. Malgré des contradictions aussi profondes qu’au sein des Verts, notamment entre l’aile syndicaliste issue des scissions du SPD en Allemagne de l’Ouest, violemment opposée au moindre compromis avec le SPD, et l’aile ex-communiste issue du PDS est-allemand, dominée par des pragmatiques ayant déjà gouverné avec le SPD au sein d’exécutifs régionaux, le parti a réussi à s’établir comme incontournable pour construire l’alternative à Angela Merkel.

Le principal défi est analogue à celui du Front de gauche : faut-il accepter de soutenir un gouvernement dominé par des figures sociales-libérales pour obtenir des avancées sociales, ou bien refuser la compromission de la participation gouvernementale ? Le parti a t-il vocation à gouverner ou à articuler une position tribunitienne ? Ce sont des débats aussi vieux que le mouvement socialiste, aussi pertinents en Allemagne qu’en France.

Beaucoup de Linke espèrent la reconduction d’une Grande Coalition pour pouvoir attaquer le SPD et grossir à son prix. D’autres espèrent que le SPD fera le choix de rester dans l’opposition pour créer les ponts nécessaires à la construction d’un projet de majorité plurielle. Cette ambivalence rend cependant la constitution dès 2013 d’un gouvernement d’union de la gauche très difficile.

L’Europe :

Le nouveau paysage politique allemand renforce en apparence Angela Merkel. Cependant, parce qu’elle n’a plus de majorité, parce qu’elle n’a pas de pression de son aile droite à redouter et à instrumentaliser, elle en devient plus vulnérable en Europe. Le SPD ne la soutiendra plus sur l’Europe. La campagne a montré que Steinbrück gagnait des points en attaquant Merkel sur l’Europe. Le succès du parti anti-euro AfD, qui frôle les 5% nécessaires à une représentation parlementaire, est aussi un signal fort. La bataille politique va se gagner sur le front européen, qui conditionne d’ailleurs tous les autres fronts sociaux et économiques.

Conclusion :

Le gouvernement sortant a été sorti, la chancelière triomphe, mais ce pourrait être une victoire à la Pyrrhus.
La clarification est particulièrement saine pour la gauche : sans union de TOUTES les gauches, il n’y a pas de perspective de majorité en Allemagne. C’est la nouvelle feuille de route, et c’est le SPD qui va porter l’historique responsabilité de structurer et rendre possible cette alternative.

Espérons que le SPD saura aussi se renouveler, structurellement et personnellement, pour conduire la Gauche allemande et européenne dans ce chemin.
C’est aussi une bonne nouvelle pour nous : la voie Schröder est définitivement enterrée. La Gauche allemande est dans l’état de la Gauche française en 1993, avant la constitution du projet de majorité plurielle.

C’est donc une chance unique de voir la Gauche européenne retrouver son identité et sa mission historique qui s’ouvre aujourd’hui.

Mathieu Pouydesseau
Bureau Fédéral et Conseil Fédéral FFE (section de Berlin)
Mandataire Maintenant la Gauche FFE
Membre de Forum DL21 (SPD)
Initiateur de l’appel Pour une autre Europe

Berlin-Londres, le mardi 24 septembre 2013.

Impôts, taxes, cotisations… reforme fiscale pour des impôts directs et progressifs

Impôts, taxes, cotisations…

Il n’y a pas « trop d’impôt »

 

L’impôt direct ce n’est pas des taxes indirectes, les taxes ne sont pas des cotisations, impôts, taxes et cotisations ce n’est pas pareil…

 

Il y a trois budgets en France. Trois budgets séparés qui coexistent.

Le budget de l’Etat qui s’élève à 290 milliards d’euros.

Celui des collectivités territoriales, enfin, se monte à 200 milliards d’euros.

Celui de la Sécurité sociale, beaucoup plus élevé, atteint 450 milliards d’euros.

La dette de l’Etat atteignait (fin 2011) 1 325 milliards d’euros et représentait 450 % du budget de l’Etat.

La dette des collectivités territoriales, enfin, se montait à 170 milliards, soit 85 % de leurs budgets. Les collectivités territoriales ne peuvent faire des déficits, mais elles sont victimes de spéculations odieuses sur leurs emprunts par des banques comme Dexia.

La dette de la Sécurité sociale s’élèverait à 200 milliards, soit 45 % de son budget. (nonobstant les exonérations excessives et inutiles de cotisations, et frais indus non reversés).

Mais surtout sur le total des dettes, 78,5 % provient de l’état, 11,5 % provient des collectivités, et seulement 10 % des caisses sociales.

Les attaques contre le budget de la Sécurité sociale au nom de l’équilibre des finances publiques n’ont dont donc que très peu de fondement.

La nécessite de faire un « audit » des différentes dettes s’impose. La façon de régler les déficits, dépenses et recettes s’impose différemment. Devant la campagne bovine de la droite « contre l’impôt », expliquer cela publiquement est impératif.

1°) Mélanger tout, nuit.

La notion additionnée de « prélèvements obligatoires » n’a pas de sens. Ca mélange et additionne des torchons et des serviettes. Pour faire une masse opaque. Des versements sous forme d’impôt à l’état et des parts de salaires mutualisées dans les organismes privés que sont les caisses sociales, ce n’est pas de même nature, et ça n’a pas le même but.

Les cotisations sociales ne sont ni une « charge » ni un impôt mais du salaire brut. Un salaire mutualisé, un bonheur.

Aux Etats-Unis, la santé n’est pas incluse dans les « prélèvements obligatoires » selon les comptes libéraux, mais elle coûte plus cher (14,5 % du Pib) et est moins efficace que celle, en France (11,5 % du Pib) que les libéraux mettent dans le sac des « prélèvements obligatoires ». En fait les cotisations sociales relèvent d’un accord original de « prélèvements volontaires » entre salariés, d’un salaire brut, mutualisé, redistribué aussitôt de façon directe ou différée.

Pourquoi étatiser la sécurité sociale qui ne l’est pas ? Nos libéraux veulent toujours « moins d’état », mais là, ils veulent mélanger cotisations et impôts, tiens donc…

Enfin il y a des cas où les libéraux « oublient » des « prélèvements obligatoires » : par exemple pour l’assurance automobile. Elle est obligatoire. Mais elle est versée à des assurances privées : alors les libéraux ne la compte pas dans les prélèvements dits « obligatoires ». Incohérence apparente très révélatrice.

Nos ainés, en fondant la Sécurité sociale, ont voulu, lucidement, à juste titre, séparer la protection sociale du reste des budgets, afin qu’il n’y ait pas de « transfert » possible de l’argent de la santé sur l’argent de la guerre. Les cotisations sociales sont pré affectées alors que l’impôt n’est pas pré affecté : c’est une séparation constitutionnelle fondamentale qui a résisté jusque là à tous les projets réactionnaires de « fusionner impôt et cotisation ».

Mélanger les deux, c’est commode pour la propagande libérale afin d’ « effrayer » en annonçant « 46,7 % de prélèvements obligatoires » pour imposer de faire baisser plutôt… les prestations sociales, qui pourtant génèrent moins de déficit et de dettes, que l’impôt.

Si les effets de la crise des « banques à subprimes » ont pu être atténués jusque-là en France c’est grâce à ces caisses sociales basées sur des cotisations séparées.

Le déficit, mineur, des caisses sociales provient essentiellement du blocage des salaires et des cotisations liées, du chômage et du refus du patronat de payer sa part pour le chômage qu’il crée et sa part pour les dividendes qu’il perçoit et qui ne cessent d’augmenter.

Ensuite, il faut rappeler que la santé n’est pas seulement une dépense (incontournable) mais génére toute une économie…

2°) L’impôt c’est l’impôt direct et progressif sur les revenus et sur les sociétés.

C’est l’impôt qui nourrit le budget de l’état. En principe. Si la droite avait gardé le taux d’imposition de Lionel Jospin de 1999 jusqu’en 2009, il n’y aurait pas eu de déficit pendant dix ans. S’il y a eu du déficit, c’est parce que la droite a baissé les impôts des riches et des sociétés.

Les dépenses publiques en proportion du PIB n’ont pas augmenté de 1999 à 2009. Le problème pendant dix ans, n’a pas été que les dépenses augmentaient, mais que les recettes baissaient.

Et à partir de 2009, les « aides » aux banques et la baisse des recettes due à la baisse des activités (diminution des recettes) du fait de la crise des banques se sont cumulées pour accroitre la dette : sous Sarkozy en 5 ans, la dette est passée de 66 % du Pib à 86 % du Pib soit en gros, 550 milliards de plus.

L’activité s’est encore contractée parce que le choix a été fait de « diminuer les déficits » pour « rembourser la dette ». Or ce choix aboutit à baisser encore les recettes : car l’argent « économisé » par la rigueur puis l’austérité part dans les caisses des banques privées… qui elles-mêmes assèchent l’économie. C’est le jardinier qui arrose la rivière tandis que son jardin dépérit.

C’est ainsi que la baisse des déficits de 5,3 % en 2011, à 4,8 % en 2012, à 3,9 % (en fait 4 % ou 4,1%) en 2013, se traduit par une nouvelle baisse des recettes qui augmente la dette : celle-ci passe de 85,9/Pib en 2011 à 91,7/Pib en mars 2013 puis à 94 %… rembourser la dette en priorité augmente la dette !

Voilà qui explique, non seulement qu’il ne faut pas faire un gramme d’austérité, mais au contraire faire une reforme fiscale, choisir la relance, l’investissement public, la hausse des salaires, la redistribution des immenses richesses qui existent. Plutôt que de serrer la ceinture qui diminue les recettes fiscales, il faut la desserrer pour mieux vivre. Travailler mieux, moins, tous, pour gagner tous plus. Redistribuer maintenant.

L’état n’est pas un ménage, il doit dépenser plus que ce qu’il gagne, il investit et faire tourner toute l’économie, un état est moteur, et pour cela il doit maitriser la monnaie, et ne pas la laisser aux banques privées. « La BCE doit prêter directement aux états » disait Francois Hollande dans sa campagne électorale. Il faut rappeler aussi que les salaires des fonctionnaires ne sont pas une « dépense », mais rapportent car ils produisent plus que ce qu’ils gagnent et les entreprises ne pourraient fonctionner sans cela… Les recettes de l’état, l’impôt républicain ne sont pas non plus une « charge » mais un bienfait social.

Tout cela va de pair avec une réforme fiscale. Si la gauche faisait son travail ! Car elle se fait accuser à tort de matraquage fiscal et elle n’explique pas ce qu’il en est. Pire, elle semble reculer idéologiquement devant l’occasion, en temps de « crise » de défendre l’impôt républicain.

La grande presse, contre la gauche (qui ne fait pas ce qu’il faut) fait de l’agitation sur ce matraquage fiscal. Elle va interviewer des salariés du bas de l’échelle qui se plaignent à juste titre de payer soudain et trop. Ca fait mauvais effet. Mais c’est parce que l’impôt ne frappe pas de façon progressive tous les revenus. En fait, il est trop élevé pour les petits et trop bas pour les riches.

Et au total il est trop bas pour ceux d’en haut et trop haut pour ceux d’en bas.

Mais quand on dit cela sans expliquer la confusion s’installe : il se trouve que la tranche à 75 % de François Hollande n’est pas mise en oeuvre tandis que le gel du barème des tranches d’impôt amène un million de petites foyers fiscaux à constater la hausse de leur prélèvement. La, ça cloche. A cause de ce gel du barème, de centaines de milliers de petits salaires se découvrent obligés de payer 300 ou 400 euros alors qu’ils ne payaient rien auparavant. C’est un choc et pas celui qui était attendu, encore une fois, par les électeurs de gauche.

L’exploitation par la droite UMP/FN du « trop d’impôt tue l’impôt » provient de ce qu’il n’y a pas de lisibilité : tout est mélangé indument, impôt, taxe, cotisation…et ca permet la démagogie sur « les impôts qui saignent les classes moyennes ».

Ce n’est pas vrai : l’impôt sur le revenu et sur les sociétés sont parmi les plus bas d’Europe.

Il faut faire un audit de la dette de l’état. 78,5 % de la dette totale. Pour diminuer cette dette de l’état, il faut une hausse des recettes.

Même Sarkozy avait fait mine de découvrir que les sociétés du CAC 40 ne payaient que 8 % d’impôt. Ce n’est pas changé alors qu’il y a 590 Milliards d’avoirs français dans les paradis fiscaux, 60 à 80 milliards de fraude fiscale, que le CAC 40 gagne 80 milliards de profits en 2012 et verse 40 milliards de dividendes, les 500 premières familles possèdent 330 milliards soit 16 % du Pib, 10 % de la population possède la rente et 60 % du patrimoine.

L’impôt sur les sociétés et aussi trop bas. Et injuste car il frappe les plus petites et pas les plus riches.

En fait l’impôt direct n’est pas assez progressif et mal réparti : en 1993 Balladur avait supprimé les 13 tranches d’impôt sur le revenu existantes, elles sont, depuis descendues à 5 sous Chirac remontées à 6 puis à 7 si la tranche à 75 % de François Hollande est réellement mise en oeuvre.

Mais il faudrait en vérité 20 tranches fines et progressives afin que nul ne puisse se sentir lésé : et il devrait y avoir une tranche à 90 % au dessus de 20 Smic comme du temps de la crise sous Roosevelt. La progressivité expliquée et assumée aiderait à combattre la démagogie anti impôts et les effets de seuil. Ce n’est pas les petits salaires et petites retraites qu’il faut imposer, ni des prétendues « classes moyennes » (que personne ne définit) mais l’ensemble des citoyens selon la réelle progressivité de leurs revenus. Que les plus riches paient le prix fort, d’autant que la crise leur est largement due et leur profite le plus !

3°) L’essentiel de ce que perçoit l’état ne provient pas de l’impôt direct mais des taxes indirectes. De la TVA : 62 % de ses recettes.

Ca fausse tout : car la TVA est proportionnelle et donc injuste. C’est un impôt mais indirect, donc moins juste. Elle est payée également par les riches et par les pauvres. C’est le même pourcentage prélevé sur le Smicard qui met de l’essence dans sa mobylette, et sur le rentier qui en met dans sa Jaguar. Le choix de l’augmenter en janvier 2014 n’est donc pas le bon. (Additionné à des hausses des cotisations salariales pour les retraites et a une baisse de celles-ci, tandis que le patronat ne paiera rien, le sentiment d’injustice en sera accru).

Certains se plaisent à affirmer que « la moitié de la population ne paie pas d’impôt ». Mais ils trichent sur les mots en disant ça : car toute la population paie la TVA. Ceux qui ne sont pas imposés sur le revenu paient bien davantage sous forme de taxe : il suffit qu’ils regardent leur ticket de caisse au supermarché. Souvent c’est ignoré ou mal perçu, mais cette « taxe » est plus lourde que l’impôt.

C’est pourquoi toutes les taxes, à juste titre sont mal perçues, sans que toujours les raisons en soient comprises : mais les gouvernements de droite cyniques et les gouvernements de gauche pas courageux estiment qu’elles sont indolores, que les citoyens ne les « voient » pas, et qu’elle évitent de mécontenter les riches… en prenant davantage aux pauvres.

La fluctuation de ces taxes sert à imposer par des « niches » des « cadeaux » des « pénalisations » des politiques ponctuelles : ainsi des taux de TVA sur la restauration, sur le bâtiment, sur le fuel, sur le tabac et l’alcool, etc.. Lorsque Sarkozy accorde la TVA à 5 % dans la restauration, il « lâche » ainsi 3 milliards soit l équivalent du salaire annuel de 100 000 fonctionnaires qu’il supprime par ailleurs. La TVA à 5 % ne crée aucun emploi, ne suscite aucun changement dans les prix et comportement des restaurateurs qui n’augmentent pas la qualité ni les salaires, mais l’état sacrifie 3 milliards pour cette clientèle.

Tout comme les taxes, la fluctuation de ce qui est appelé « niche fiscale » varie de façon peu compréhensible et contribue à rendre opaque l’ensemble de la politique fiscale aux yeux des citoyens. Faire varier les « quotients familiaux » pour faire varier les prestations attribuées aux familles pour chaque enfant, n’aide pas à la clarté. Car le plus simple reste « le prélèvement progressif et la redistribution égalitaire » : en clair, que Mme Bettencourt reçoive comme tout le monde les centaines d’euros des allocations familiales correspondant au nombre de ses enfants mais paie des dizaines de millions d’impôts directs de plus.

Raffarin expliquait qu’il ne faut pas « réparer de la même façon le bras casse de celui qui tombe au ski et le bras casse de celui qui tombe sur le trottoir en sortant de son travail ». Si justement ! Ils doivent se retrouver dans le même hôpital et être soignés de la même façon. Mais le plus riche des deux doit payer plus d’impôt et cotiser plus.

Alain Minc explique que son vieux père a profité jusqu’à 101 ans par la Sécurité sociale mais que ce n’est pas juste parce que lui, avait les moyens de le prendre en charge. Si ! La Sécurité sociale devait prendre en charge son père ! Mais s’il avait des « moyens » en trop c’est que l’impôt et les cotisations ne les lui avaient pas pris de façon suffisante et juste.

Augmenter, en les expliquant, les impôts directs et progressifs.

Ne pas augmenter mais baisser la TVA et les taxes injustes.

Redistribuer de façon la plus égalitaire possible.

Tels devraient être la philosophie et les axes d’une réforme fiscale. Celle-ci annoncée par le candidat Hollande, a été victime de l’ex ministre Cahuzac lorsqu’il a affirmé qu’« elle était faite ». Elle n’est toujours pas faite.

 

« Je suis un centimier »

 

Comment « économiser » sur la vie, la sueur, le salaire de ses salariés ? Une catégorie de patrons du bâtiment innove. Ce sont les patrons de la « démolition ».

C’est un secteur de travail pénible, un de ceux les plus risqués, avec le plus de pénibilité et le plus d’accidents. A tel point qu’il y a eu des négociations qui ont abouti à une convention collective appropriée avec des compensations modestes mais réelles auprès des salariés. Horaires, salaires minimaux, indemnités de repas, de petits déplacements, primes d’insalubrité, de nuisance, de pénibilité, ont été concédées dans ce secteur bien précis.

Les ouvriers effectuant les travaux présentant un caractère de pénibilité énumérés ci-dessous bénéficient suivant les cas d’une ou de plusieurs interruptions quotidiennes de travail égales à 10 % du temps de travail pénible effectué. Cette interruption est rémunérée et considérée comme du temps de travail effectif. Les travaux concernés sont:

- Travaux de montage et démontage occasionnels d’échafaudages volants, d’échafaudages de pied, de grues, de sapines, à une hauteur supérieure à 10 mètres au bord du vide, mesurée à partir de la surface de réception ou, à défaut, du sol (…/…)

- Travaux dans plus de 25 cm d’eau,

- Travaux avec utilisation manuelle d’un marteau-piqueur ou brise-béton,

- Travaux effectués dans des vapeurs d’acide,

- Travaux dans les égouts en service et dans les fosses d’aisance,

- Travaux dans des excavations dont l’ouverture est inférieure à deux mètres et à une profondeur supérieure à six mètres…

Alors des entreprises se créent qui proposent d’effectuer de la « déconstruction » du « curetage » ou « curage » plutôt que de la démolition. Elles prétendent intervenir avant la démolition et ne pas toucher aux murs porteurs, ni aux murs externes, mais s’attacher à « enlever » tout ce qu’il y a « avant » leur destruction, doubles parois, plâtres, ornements, réseaux de câbles, tuyaux, canalisations… Ce serait un « nouveau métier » déconstruction et curetage, en « amont » de la démolition… lequel pourrait se rattacher au secteur… du nettoyage. (Sans compter qu’ils ramassent des matériaux et métaux).

Et bien entendu, elles prétendent se rattacher à la « convention du nettoyage », bien moins avantageuse pour les salariés que la convention du bâtiment. Il existe les mêmes bruits, les mêmes risques, les mêmes pénibilités, les mêmes manutentions de poids, il s’agit du même contexte de chantier type BTP, mais ces nouveaux patrons du « nettoyage » entendent ainsi payer moins de cotisations liées aux accidents du travail, moins de primes, moins de salaire minima…

C’est sans scrupule et sans état d’âme : quand l’inspectrice du travail interroge l’un de ces patrons, celui-ci ose lui répondre « - Je suis un centimier. ». Chaque centime économisé en effet sur la sueur et la santé du salarié va dans sa poche et, par le truchement de la sous-traitance et des donneurs d’ordre, dans celle des majors du bâtiment.

 

Trop gros le code du travail ? vous mentez M. Bayrou

 

Ils haïssent tellement le Code du travail, qu’il faut en permanence qu’ils le remettent en cause. Voilà François Bayrou, ce vrai faux centriste plus à droite que les autres, qui s’y met : il montre un Code du travail français, énorme, et un code du travail Suisse, light, et il affirme que tous nos maux viennent de là ; le Code est trop gros ! Il faudrait donc encore des « chocs de simplification » (sic). Sur internet, circule un montage ou l’on voit quatre codes différents : en 1978 le code pesait 500 grammes, en 1988, 540 gr. en 1998, 750 gr. et en 2010, 1450 gr !

Le Code, il est vrai, s’est étoffé de 1910 à 2010. Mais on est passé en même temps de 3 millions à 18 millions de salariés. Et les autres codes, code civil, code pénal, code du commerce, ont grossi parallèlement de la même manière.

Aujourd’hui, 93 % des actifs sont salariés. Le code du travail, en fait, mesure le degré de notre civilisation. Là où il y a du droit DU travail, il y a du droit AU travail. Le Code exprime 130 ans d’évolution des rapports de forces sociaux. Il est fait de sueur, de larmes et de sang : chaque article, chaque alinéa, chaque décret, chaque arrêté résulte de combats et d’âpres négociations, d’accords minutieux ou de votes contestés au Parlement ; il a souvent été rédigé à la virgule près.

Le Code contraint l’employeur à payer non seulement l’acte productif, mais aussi tout ce qui le permet : le repos, les congés payés, le logement, le transport, la formation, la protection contre le chômage, les accidents du travail, la maladie, la vieillesse. Il aborde le droit de grève, les institutions représentatives du personnel, les droits syndicaux, l’inspection du travail, les prud’hommes (Michel Sapin veut supprimer les élections prud’hommes!). Et aussi toutes les questions en détail d’hygiène sécurité, conditions de travail, ce faisant il aborde des milliers de situations, chantiers, machines dangereuses, produits toxiques, questions de vie et de mort. C’est le droit le moins enseigné, le plus dénigré, le plus fraudé, le moins sanctionné.

Et en fait, il n’est même pas « gros » : la photo des quatre codes est manipulée. C’est parce que les éditeurs ont grossi le format, avec des gros caractères que ça pèse plus lourd mais, en vérité, il a été diminué de 10 % en signes lors de la « recodification » par ordonnance entre 2004 et 2008. C’est la droite qui a « recodifié » : c’est elle qui a fait 1890 subdivisions au lieu de 271 et divisé 1891 articles de loi en 3652 parties. C’est elle qui a tout redécoupé, renuméroté avec 4 chiffres qui a déclassé 500 lois en décret. C’est toujours le patronat qui complique les lois simples : 35 h, 48 h, 60 ans…

Mais au bout du compte pas plus de 10 articles essentiels servent aux prud’hommes et les 4/5 des 8 livres du Code ne sont pas des lois mais des décrets, arrêtés ou commentaires de jurisprudence. Si on ne retient que la partie législative, il n’est pas plus gros que le code… suisse. Bayrou nous escroque en jouant sur la « grosseur » : des milliers de précisions indispensables, concrètes, vitales, touchent à tous les métiers, branches, situations de travail, il n’y a rien de trop, ni de « compliqué ». D’ailleurs ceux qui le trouvent « compliqué » sont souvent ceux qui défendaient le Traite constitutionnel européen et l’ont soumis au vote des Français…

Suite de la « casse » de l’inspection du travail

 

Ca fait rager, mais ça va être dur d’expliquer pourquoi c’est la gauche qui détruit l’inspection du travail. C’est pourtant le cas. Michel Sapin a propose de casser lors de la CTPM prévue le 19 septembre tout ce qui faisait ses caractéristiques : une inspection indépendante, généraliste, territoriale. Il met fin à un fier corps d’inspection républicain existant depuis la Libération, des hussards du droit capables de tenir la dragée haute au patronat pour imposer l’ordre public social dans les entreprises.

 

La casse de Michel Sapin combine habilement une réforme statutaire divisant les agents et une réforme des pratiques de contrôle. La « concertation » a été un simulacre puisque le « plan Sapin » a obtenu zéro voix, aucun syndicat ne l’ayant voté à ce jour.

 

Il propose que tous les contrôleurs deviennent inspecteurs. Les agents de catégorie B vont devenir de catégorie A ! Présenté comme ça, qui pourrait être contre ? Cela apparaît comme une promotion pour les 1250 contrôleurs, qui peuvent espérer voir leur statut évoluer. Même si ce processus est étalé sur 10 ans. Même s’il met à bas le recrutement initial intègre par concours. Même si la « promotion » des uns s’accompagne d’une déqualification des autres : car les tout nouveaux inspecteurs… seront encadrés par une armée mexicaine de « DUC » (directeurs d’unités de contrôles) qui remplaceront les anciens « chefs de service » qui étaient… les inspecteurs.

 

Derrière ce coup de bonneteau, les sections territoriales sont redécoupées massivement. Là, par exemple, sur Paris, où il y en avait 40 il y en aura 150. Chaque inspecteur de nouveau type aura un secteur plus petit, mais des « unités de contrôle » les regrouperont avec des DUC « notateurs » et dispensateurs de « primes ». Les secrétariats seront regroupés en « pool » et c’en sera fini des « permanences » des ex-sections. Il est prévu – sauf si les syndicats ont gain de cause – que les nouveaux DUC s’arrogeront des « portefeuilles d’entreprise » au sein de chaque zone : imaginez qu’une inspectrice ne veuille pas accorder une dérogation à un grand magasin du 4° arrondissement de Paris pour ouvrir en soirée, celui-ci tombera dans le « portefeuille » du hiérarque qui se fera un plaisir d’appliquer, en contournant le droit, la volonté politique du Directeur général du travail.

 

C’est le moyen de mettre fin à l’indépendance des contrôles. In fine ce seront les « Direccte » qui s’empareront des entreprises « sensibles » sous les ordres du Préfet et du Ministère du travail. Les « Direccte » ce sont ces monstres bureaucratico-politiques qui ont remplacé les ex-directions départementales et régionales du travail : ils chapotent tous les services de contrôle (concurrence, consommation, travail, emploi, etc.).

 

Ce sont ces instances qui « homologueront » les plans de licenciements, désormais concoctés (depuis la loi scélérate du 14 juin issue de l’ANI du 11 janvier) en procédure accélérée par les patrons, par-dessus les Comités d’entreprise et qui échapperont aux contrôles du juge en même temps que de l’inspection.

 

(lire chronique « au boulot » chaque semaine dans l’Humanité dimanche » celle la date du 6 sept, a suivre) )

Le CNDH Romeurope condamne avec force les déclarations meurtrières du Maire de Croix

 

Collectif National Droits de l’Homme Romeurope
ABCR (Association Biterroise Contre le Racisme) ALPIL (Action pour l’insertion sociale par le logement) AMPIL (Action Méditerranéenne Pour l’Insertion sociale par le Logement) ASAV (Association pour l’accueil des voyageurs) ASEFRR(Association de Solidarité en Essonne avec les familles roumaines et rroms) Association Solidarité Roms de Saint- Etienne CCFD-Terre Solidaire (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement) LA CIMADE (Comité intermouvementsauprèsdesévacués) –CLASSES(CollectifLyonnaispourl’AccèsàlaScolarisationetleSoutiendesEnfants des Squat) FNASAT-Gens du voyage Habitat-Cité Hors la Rue LDH (Ligue des Droits de
l’Homme) –MDM (Médecins du Monde) MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié
entre les peuples) PU-AMI (Première Urgence- Aide Médicale Internationale) – ROMAQUITAINE
Rencontres tsiganes RomActions Romeurope 94 Secours catholique (Caritas France)
SICHEM (Service de Coopération Humanitaire pour les Etrangers et les Migrants) Une famille un
toit 44
URAVIF (Union régionale des associations pour la promotion et la reconnaissance des droits
des Tsiganes et des Gens du voyage d’Ile-de-France)
Et le Comité de soutien de Montreuil, le Comité de soutien 92 Sud, le Collectif nantais Romeurope, le Collectif de soutien aux familles rroms de Roumanie, le Collectif Rroms des associations de l’agglomération lyonnaise, le Collectif Romyvelines, le Collectif de soutien aux familles roms de l’agglomération orléanaise, le Collectif des sans-papiers de Melun, Collectif solidarité Roms Lille Métropole, le Collectif Solidarité Roms Toulouse, Collectif de soutien aux familles Rroms de Noisy le Grand, Collectif de Soutien aux Rroms du Val Maubuée.

Paris, le 17 septembre 2013

Où allons-nous ?

Le CNDH Romeurope condamne avec force les déclarations meurtrières du Maire de Croix dans le Nord, qui sont non seulement irresponsables, mais contraires à la loi. Le Collectif apportera son soutien aux associations anti-racistes qui porteraient plainte contre ces propos.

Le CNDH Romeurope rappelle qu’il a publié récemment une brochure pour lutter contre les idées reçues à l’égard des migrants Roms en situation précaire, à disposition de l’ensemble des citoyens, des candidats aux élections municipales et responsables politiques afin de savoir de qui on parle et lutter ainsi contre les discriminations. Il s’agit d’un outil pédagogique, particulièrement utile dans des périodes où certains représentants politiques visent une population, en raison d’une origine ethnique réelle ou supposée, en exprimant des propos racistes et incitant à un déchainement de violences à leur encontre. Cibler des boucs émissaires se révèle être une stratégie électoraliste à courte vue et contraire aux valeurs de la République. C’est un comportement irresponsable qui menace la cohésion sociale dans notre pays. Nos élus doivent donner l’exemple !

Nous sommes et serons particulièrement vigilants durant cette période aux propos d’élus ou de candidats qui font et feront le choix d’un discours de haine. Nous attendons du Gouvernement depuis longtemps une parole forte, et des responsables des partis politiques qu’ils assument une même ligne républicaine en sanctionnant ces propos publiquement.

Contact presse : 06 35 52 85 46

1 http://www.romeurope.org/IMG/pdf/20130613_guide_ceux_quon_appelle_les_roms-web-2.pdf

La confédération CGT contre le plan Sapin de casse de l’inspection du travail

Déclaration confédérale

Pour une Inspection du Travail

Indépendante, généraliste et de proximité

Le Ministère du Travail a engagé une importante réforme dite « Ministère fort », impactant les services de contrôle de l’Inspection du Travail.

L’Inspection du Travail est un service public essentiel pour protéger les salariés des abus du patronat. Son autorité repose sur trois critères essentiels :

  • Son indépendance, assurée par la convention 81 de l’Organisation Internationale du Travail,
  • Sa fonction généraliste, qui lui permet une présence dans toutes les entreprises,
  • Son maillage territorial de proximité qui la rend accessible à tous.

Telle qu’elle est aujourd’hui, la réforme remet en cause ces critères. Elle provoquerait immanquablement un bouleversement parmi le personnel, et un danger pour la protection des salariés : Remise en cause de l’indépendance du corps de l’Inspection du Travail, transformation des missions avec moins de contrôle dans les entreprises, notamment les très petites, désorganisation du maillage territorial…

Et sous couvert d’une évolution de carrière d’une partie des agents, une vraie menace continue de peser sur les effectifs de contrôle et des autres personnels.

Il serait impensable que ce gouvernement passe en force pour imposer cette réforme, contre l’avis majoritaire des organisations syndicales du ministère CGT, FO, FSU, Sud, et sans prise en compte des opinions des confédérations syndicales, représentant les salariés, premier usager de l’Inspection du Travail.

Ce dont a besoin l’Inspection du Travail, c’est de moyens humains pour assurer ses missions de contrôle, c’est le doublement des sections pour être encore plus proche des salariés, c’est la reconnaissance du travail des agents de contrôle, avec notamment un véritable déroulement de carrière pour les catégories C, B et A.

C’est aussi, comme le demande la CGT, permettre aux Inspecteurs du Travail de constater la situation de travail des salariés, particulièrement s’ils sont en situation de vulnérabilité, pour les aider à « s’en sortir ». C’est leur permettre aussi de pouvoir recevoir localement et directement tout salarié qui le demande.


D’autre part, si la concertation prévue au niveau départemental pour échanger et mettre en commun les expériences pourrait être une bonne idée, elle ne doit pas se confondre avec l’instauration d’une subordination de l’Inspecteur.

Enfin, la lutte contre le travail non déclaré doit pouvoir se construire entre l’Inspecteur du travail « local », les organisations syndicales et les représentants du personnel, mieux à même d’être efficaces que n’importe quel « groupe national d’intervention ».

La modification sans précédent du fonctionnement et des missions de l’Inspection du Travail voulue par la réforme « Ministère fort » aurait nécessité une consultation interprofessionnelle. Aussi, la confédération CGT s’adresse au Ministre du Travail afin qu’il prenne le temps de finaliser une véritable concertation avec les organisations syndicales.

La Confédération appelle toutes les organisations de la CGT à se rapprocher des syndicats CGT de l’Inspection du Travail pour agir ensemble pour une Inspection du Travail indépendante, généraliste et de proximité.

Montreuil, le 18 septembre 2013

Retraites : c’est les salariés qui paieront, pas les patrons

Dans le document qui retrace la «stratégie de politique économique de la France» envoyé lundi 30 septembre 2013 à Bruxelles, le président de la République reconnaitra que l’âge de départ à la retraite – effectif, mais pas légal – va faire un bond suite à l’allongement à 43 annuités de la durée de cotisation en 2035. « A terme un assuré qui débute sa carrière à 23 ans (c’est la moyenne en France) ne pourra partir à la retraite au taux plein qu’à partir de 66 ans, est-il écrit noir sur blanc page 21.
Publié le 18-09-2013 à 11h38 – Modifié le 18-09-2013 à 13h12
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Avatar de Gérard Filoche

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Membre du bureau national du PS

sur Nouvel Obs.fr  LE PLUS. Après avoir levé le voile sur les principaux axes de la réforme de retraites fin août, Jean-Marc Ayrault présente son projet de loi au conseil des ministres, mercredi 18 septembre. Pour Gérard Filoche et Jean-Jacques Chavigne, auteurs de « Une vraie retraite à 60 ans, c’est possible » (éd. Gawsewitch), en dépit des déclarations du Premier ministre, le compte n’y est pas.

Édité par Sébastien Billard Auteur parrainé par Malaurie Guillaume

 

 

« Une réforme juste et équilibrée », annonçait François Hollande le 28 août dernier. Le financement de la réforme des retraites de Jean-Marc Ayrault atteste pourtant du contraire. Les salariés (93% de la population active) et les retraités (dont près de 90% sont d’anciens salariés) subiront la totalité du coût de cette réforme. Le patronat sera totalement exonéré.

Mais ce n’est pas ce qui saute aux yeux. La grande presse n’a pas éclairé les détails du financement de la réforme. Et le débat sur le fond n’a même pas commencé au grand jour. Alors qu’il s’agit de la prolongation et du développement des réformes antérieures de la droite.

 

Un tableau de financement de la réforme des retraites a pourtant été publié sur le site du Premier ministre. Selon ce tableau, devraient être mis à contribution les retraités, les salariés et les employeurs.

 

1. Les retraités

 

83% d’entre eux étaient auparavant des salariés en activité. Il leur est imposé le report de la date de l’indexation des retraites du 1er avril au 1er octobre.

 

Coût de ce simple changement de calendrier :

 

- 0,6 milliards d’euros en 2014 ;

- 3,2 milliards en 2040.

 

Il leur sera imposé une fiscalisation des majorations de pension dont bénéficient les parents de trois enfants : jusque-là, elles n’étaient pas soumises à l’impôt, elles vont le devenir.

 

Coût de cette fiscalisation des majorations de pension :

 

- 1,2 milliards d’euros en 2014 aux retraites ;

- 1,7 milliards en 2040.

 

2. Les salariés en activité

 

Ils vont subir une hausse de 0,3% de la part salariale des cotisations retraites. Soit l’équivalent de :

 

- 1 milliard d’euros en 2014 ;

- 3,2 milliards en 2040.

 

Surtout, ils vont subir un allongement de leur durée de cotisation pour atteindre le seuil d’une retraite à taux plein, sans décote : 43 annuités, ce sera très difficile à atteindre. Mais cet allongement de durée de cotisation est censé rapporter :

 

- 2,7 milliards en 2030 ;

- 5,6 milliards en 2040.

 

On se demande même comment le gouvernement, qui a tenu un séminaire prospectif en août, où il était question du « plein emploi » en 2025, éprouve le besoin de fixer l’allongement des annuités de cotisations pour… 2035. Quel but ? Quelle cohérence ?

 

3. Les employeurs

 

Les employeurs devraient « à égalité » subir une hausse de 0,3% des cotisations retraites, tout comme les salariés. Cela fera 50/50 entre salariés et patrons alors que jusque là c’était 40% pour les salariés et 60% pour les patrons.

 

Cette hausse de la part patronale des cotisations retraites devrait rapporter :

 

- 1 milliard d’euro en 2014 ;

- 3,2 milliards en 2040.

 

En plus, il est question de l’instauration d’une cotisation patronale destinée à financer les « comptes individuels de pénibilité » (notion encore imprécise). Cette cotisation coûterait aux employeurs :

 

- 0,5 milliard d’euros de 2020 à 2030 ;

- 0,8 milliard en 2040.

 

Les retraités et salariés vont trinquer

 

Cette simple énumération de ce que vont payer respectivement salariés, retraites et employeurs montre que le caractère « équilibré » de la réforme n’existe pas.

 

Dès 2014, si on compare les charges :

 

- 2,8 milliards d’euros pour les salariés et retraités ;

- 1 milliard pour les employeurs.

 

En 2040, si on projette les charges, ce devrait être :

 

- 13,7 milliards d’euros supplémentaires pour les salariés et retraités ;

- 4 milliards seulement pour les employeurs.

 

Les mesures prises pour les femmes, les jeunes, les petites pensions sont mis en avant par notre gouvernement. Mais il s’agit de l’arbre qui cache la forêt. Pour le constater, il suffit de regarder encore une fois le tableau de financement diffusé par les services du Premier ministre.

 

Le coût total de ces mesures s’élèvera à :

 

- 0 euros en 2014 ;

- 0 euros en 2020 ;

- 0,4 milliards d’euros en 2030

- 0,8 milliard en 2040.

 

Un recul social

 

En vérité, il s’agit de montants cumulés et donc d’une moyenne de 0,030 milliard d’euros par an entre 2014 et 2040. Or, le total du montant des retraites versées en 2011 est égal à 280 milliards d’euros. Ce montant est donc dérisoire.

 

Les sommes dédiées au financement des mesures de pénibilité paraissent plus conséquentes :

 

- 0,2 milliard d’euros en 2014 ;

- 0,7 milliards en 2020 ;

- 2,7 en 2030 ;

- 4,1 milliards en 2040.

 

Mais il s’agit, là encore, de montants cumulés et donc d’une moyenne de 0,16 milliard d’euros en 26 ans (entre 2014 et 2040). Encore faut-il préciser que ces mesures pour la « pénibilité au travail » ont été chiffrées par les services du Premier ministre comme concernant « 100 000 salariés » sur… 28,5 millions occupés ou chômeurs. Ces mesures relèvent du « tri individuel » avec des « points pénibilité » (sic) et non plus des négociations de branches ou de métiers.

 

Mais sur les 4,1 milliards d’euros du coût potentiel de cette étrange mesure, seulement 0,8 milliard devrait être financés par les employeurs. Cela ne les incitera guère à diminuer la pénibilité du travail.

 

Les mesures concernant la pénibilité du travail, les femmes et les jeunes ne feront, dans l’immense majorité des cas, qu’atténuer un recul social : l’augmentation de six trimestres de la durée de cotisation qui frappera tous les salariés.

 

Le patronat bien à l’abri

 

Mais la lecture de ce tableau du Premier ministre ne suffit pas. Car la hausse de la part patronale des cotisations sociales sera « entièrement compensée par la baisse des cotisations familiales », a annoncé Pierre Moscovici lors de l’université d’été du Medef.

 

Celas signifie que les 3,2 milliards de la part patronale des cotisations sociales figurant dans le tableau du Premier ministre ne seront donc pas versés.

Conséquence :

 

- soit les allocations familiales diminueront (de façon étalée cela peut atteindre 34 milliards),

- soit la CSG sera augmentée (en dépit de ce qui est actuellement proclamé).

 

Dans les deux cas, ce sont les salariés et les salariés à la retraite qui paieront l’addition pour compenser la perte des cotisations patronales : et si cela passe par la CSG, il convient de le rappeler une fois encore :

 

- 12% seulement du produit de la CSG provient des revenus du capital ;

- 88% est assumée par les salariés.

 

Pire, Pierre Moscovici a annoncé dans la foulée :

 

« Le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) n’épuise pas la réflexion de la baisse du coût des facteurs de production et notamment du travail. »

 

Il se pourrait donc que le patronat n’ait même pas à prendre en charge le peu que lui coûtait le financement des « comptes individuels de pénibilité » dans le tableau de financement du Premier ministre.

 

Pourtant on le sait : le travail n’est pas un « coût », c’est une richesse, et ce qui coûte cher, trop cher, c’est le coût du capital. Les produits français seraient plus compétitifs si les dividendes prélevés de façon de plus en plus excessive par les actionnaires n’étaient pas aussi élevés.

 

Le pouvoir d’achat des retraités du privé affecté

 

Il faut rajouter le gel des retraites complémentaires. Un accord du 13 mars 2013, par ailleurs, prévoit une désindexation des retraites complémentaires. Au lieu d’être augmentées en fonction de l’inflation (1,5% environ) les retraites n’ont été augmentées que de :

 

- 0,8% pour l’Arrco au 1er avril 2013 ;

- 0,5% pour celles de l’Agirc.

 

En 2014 et 2015, le montant des retraites complémentaires augmentera de 1 point de moins que l’inflation. C’est le pouvoir d’achat de 11,5 millions de retraités du secteur privé qui subira une perte importante en 2013, 2014 et 2015. Laquelle se rajoutera aux prélèvements énumérés ci dessus. Les parts patronales ET salariales des cotisations retraites des régimes complémentaires devaient augmenter de :

 

- 0,1% en 2014 ;

- 0,1% en 2015.

 

Mais les promesses de Jean-Marc Ayrault et de Pierre Moscovici de ne pas augmenter « le coût du travail » font que ces cotisations patronales n’augmenteront pas.

 

Comment cette augmentation sera-t-elle  compensée ? Par une nouvelle baisse du montant des retraites ou par une hausse des seules cotisations salariales ? Dans les deux cas, ce seront les salariés et les retraités qui paieront. Seuls. La réforme des retraites ne coûtera pas un euro au patronat

 

Dans tous les cas, ce sont les salariés qui paieront pour toutes ces mesures. Les profits et les dividendes des actionnaires qui ne cessent d’augmenter malgré la crise seront totalement exonérés du financement de ces mesures comme d’ailleurs de la totalité de la réforme des retraites. Jean-Marc Ayrault et Pierre Moscovici l’ont assuré au Medef.

Pour une inspection du travail au service des salariés, exigeons le retrait du plan Sapin

 


 

 

Tous unis pour la défense d’une inspection du travail au service des salariés !
NON AU PROJET SAPIN
Extraits (figurent en bleu dans le texte) du projet remis aux membres du CTM le 12 juin précisé par la note « compte rendu consolidé des réunions des DIRECCTE du 26 juillet et 9 août 2013 »
Le projet : « L’Unité de Contrôle (UC) est l’échelon d’intervention de droit commun » = disparition des sections d’inspection telles que prévues à l’article R. 8122-3 du code du travail = briser l’Indépendance de l’Inspection du travail
L’actuel article R. 8122-3 du Code du travail dispose « la section d’inspection du travail est l’échelon territorial d’intervention en entreprise ».
L’article R. 8122-4 du code du travail indique que « le nombre de sections est fixé par arrêté du ministre chargé du travail ».
Dorénavant, seul le nombre d’unité de contrôle sera défini par voie d’arrêté ministériel.
I – Menaces sur les effectifs :
Si, c’est le nombre d’UC qui est défini par arrêté et non le nombre de sections, la question des effectifs d’agents de contrôle devient un grand point d’interrogation ???
Avant 1 section = 1 IT + 2 CT – 792 sections = environ 2380 agents de contrôle.
Demain, les UC seront à géométrie variable (entre 8 à 12 agents) et à tout moment le nombre d’agents à l’intérieur d’une UC pourra être diminué sans que cela pose de problèmes puisque seul le nombre d’UC aura une définition réglementaire. La DGT refuse de fixer des ratios (type effectif salarié/entreprises/nombre d’agents). Notons que 2380 agents /10 = à peine 230 UC.
Enfin,
- Les futurs Directeur d’UC seront pris sur les effectifs de contrôle et rien n’indique qu’ils seront compensés par des recrutements.
- Le corps de contrôleur va s’éteindre, mais aucune annonce n’a été faite sur un recrutement massif d’agents pour les remplacer dans l’ensemble des services (ni SA, ni IT).
- Les effectifs globaux vont connaître une diminution importante – En 2013 : 2037 CT, 1251 IT et 2043 C auront plus de 54 ans.
Tout indique que l’on s’achemine vers une réduction des effectifs de contrôle.
La situation des agents de secrétariats est particulièrement préoccupante : la réduction des effectifs enclenchée depuis de nombreuses années se poursuit sans relâche : mis à disposition de l’unité de contrôle, sous l’autorité du directeur d’UC, c’est un véritable déni de leur activité et de leurs compétences. Demain, loin de constituer une évolution du métier, c’est vers une perte de connaissance des secteurs, des dossiers et des usagers, c’est vers un travail en pool, c’est vers une dégradation des relations agents de contrôle/secrétaire que nous allons. Dans l’immédiat, si de nouvelles tâches sont confiées au secrétariat, c’est une vraie surcharge de travail puisqu’il faudra continuer à assurer le quotidien.
II – Menaces sur l’indépendance :
A – Si, c’est le nombre d’UC qui est défini par arrêté et non le nombre de sections, il n’y a plus affectation d’1 IT à une section mais affectation à une unité de contrôle.
Il n’y a donc plus de garantie de la pérennité de l’affectation de l’agent sur une section territoriale donnée.
En supprimant la section d’Inspection comme échelon territorial de base et en la remplaçant par l’Unité de Contrôle sous l’autorité d’un Directeur, la DGT et le Ministre s’attaquent directement à l’indépendance d’action de l’Inspection.
Aujourd’hui, la section est sous « la protection » de l’article 6 de la convention 81 de l’OIT qui dispose : «Le personnel de l’inspection sera composée de fonctionnaires publics dont le statut et les conditions de service leur assurent la stabilité dans leur emploi et les rendent indépendants de tout changement de gouvernement et de toute influence extérieure indue ».
Le principe d’indépendance qui a été réaffirmé et appuyé par l’article 6 de la convention 81 de l’OIT, a été rappelé ainsi par le rapporteur du gouvernement Madame MAUGÜE dans ses conclusions précédent l’arrêt du 9 octobre 1996 du Conseil d’Etat :  «  De fait l’indépendance des fonctionnaires chargés de l’Inspection du Travail vis-à-vis de l’administration préfectorale constitue le principe directeur de l’institution depuis sa création par la loi du 2 novembre 1892 » et à propos de l’inspecteur (mais cela est vrai aussi pour le contrôleur du travail) elle ajoute : « Pour exercer ses attributions il bénéficie d’une grande indépendance, celle-ci étant à la fois une obligation faite aux inspecteurs et une garantie qui leur est donnée ». C’est à la suite de ces conclusions que dans son arrêt le Conseil d’état a consacré l’indépendance de l’inspection comme principe général du droit : « Le principe général de l’indépendance de l’inspection du travail s’applique au regard de son action individuelle en matière de contrôle de la législation du travail ».
Demain, tout ce qui sera infra Unité de Contrôle n’aura pas d’existence règlementaire et pourra être crée, supprimé, modifié sur simple décision de la hiérarchie.
Associé aux portefeuilles d’entreprises qui seront « distribués » par nos chefs cela donne des agents de contrôle interchangeables. On imagine facilement le député ou le sous-préfet du coin saisi par un chef d’entreprise contrarié par un contrôle et demandant le « remplacement » de l’agent de contrôle. Avant la réforme, la hiérarchie, même si elle le voulait, ne pouvait « déplacer » le collègue demain notre hiérarchie pourra et devra s’exécuter ! La DGT indique qu’elle réfléchit à limiter le temps d’affectation d’un agent sur le même secteur !!!
B – Si c’est le nombre d’UC qui est défini par voie d’arrêté ministériel, demain, tout type de regroupement de services pourra avoir lieu, tout cadre spécialisé d’organisation pourra être retenu.
- les sections détachées qui n’existeront plus en tant qu’entité juridique pourront être supprimées
- le texte évoque les UC interdépartementales pour des raisons socio-économiques ou de taille du département :
* Les raisons socio-économiques s’opposent à la notion de territoire [c’est le regroupement de sites nucléaires dans la vallée du Rhône par exemple sur 3 départements (26/07/84)]
* A terme, c’est la disparition des petites unités territoriales [déjà très appauvries dans les autres champs.
Quel sera enfin le périmètre d’affectation de l’IT ? Manifestement le département ne serait plus la référence administrative !!
C – programmation et formatage des contrôles :
De la logique de programmation d’action pour assurer un niveau suffisant de contrôle dans les transports par exemple, à l’élaboration d’une ingénierie d’intervention du système d’inspection en direction des PME, la DGT veut encadrer au plus près l’activité des services. Elle s’appuiera pour cela sur les responsables d’UC dont il est envisagé qu’ils soient sous statut d’emploi (corvéable et déplaçable à merci).
Si c’est le nombre d’UC qui est défini par voie d’arrêté ministériel, demain, seul le responsable de l’UC (DUC ou Duchesse) qui ne sera pas un agent de contrôle ou accessoirement, disposera de l’autonomie suffisante pour organiser l’action du service. Le projet indique : « le sens de la réforme : l’inspection doit travailler autrement ; l’inspection doit répondre à des priorités et travailler collectivement dans le cadre des UC ».
Notons que le DUC a l’autorité hiérarchique (avant c’était le DR…suffisamment loin de l’IT) sur tous les agents ; il dispose des moyens de secrétariat « les secrétaires ne doivent plus effectuer des tâches de frappe, les modalités d’archivage relatives à une entreprise doivent être réinterrogées, les agents de contrôle doivent être autonomes en matière de rédaction sur les outils informatiques ; il définit les priorités : « L’unité de contrôle est dirigée par un responsable (DA ou IT expérimenté) qui exerce l’autorité hiérarchique sur tous les agents. Ce sera un des rôles essentiels du responsable de l’UC qui devra faire émerger des diagnostics de territoire pour conduire avec les agents des actions adaptées au territoire. Les actions en direction des PME doivent être repensées y compris par des démarches d’information et autres formes d’intervention à déterminer ».
Entendez vous parler de contrôle à l’initiative de l’agent et de réponse aux demandes des usagers ?!! Que nenni !!
Et le projet de préciser : « Tous devront se consacrer aux priorités de l’UC ».
Demain, l’agent de contrôle qui ne dispose plus d’autonomie d’action, cherchera sur le planning de l’UC ce qu’il doit faire et où il doit se rendre, éditera des lettres types (pour informer les PME), contrôlera par questionnaire (pour des interventions indolores) ; les entreprises auront été informées que le thème de contrôle du mois est : les fumées de soudure….ou les risques de l’acidité du pipi de chat …
Il pourra ensuite rendre compte sur CAP SITERE de l’inutilité collective du service [ne nous y trompons pas, la fin de la saisie de statistiques individuelles signifie d’abord, la fin de l’activité individuelle autonome - plus d’archivage de dossier parce que plus de dossiers, plus de frappe parce que plus de contrôles autonomes et demandant rédaction personnelle, plus d’ARM parce que plus de recherches…].
La mise en place d’objectifs collectifs aura également une incidence sur la mise en concurrence des agents à l’intérieur de l’UC (le canard boiteux qui n’a pas rempli sa part d’objectif sera montré du doigt) et entre UC (chaque lundi, les DUC rendront comptent en équipe de direction, de l’évolution des objectifs).
D – Et pour couronner le tout :
Le projet entend mettre en place des équipes d’intervention spécialisées régionales et nationales disposant de pouvoirs de contrôle autonomes qui pourront intervenir de leur propre initiative sans même informer les agents de contrôle.
Deux agents de contrôle pourront intervenir sur un même dossier – fin de l’opportunité des poursuites prévues par la convention 81 de l’OIT.
Une telle organisation ne pourrait être mise en place aujourd’hui ; elle ne peut s’articuler qu’avec la disparition des sections d’inspection.
III – Menaces sur la santé pour toutes les catégories d’agents :
Aggravation des conditions de travail – surcharge de travail – perte d’autonomie d’action – dévalorisation – perte de compétences …..
Combien d’agents en grande souffrance demain, combien de nouveaux suicides, combien d’agents qui ne supporteront plus la situation…..
Une seule stratégie : L’OPPOSITION COLLECTIVE
Face à des attaques, la CGT réaffirme son opposition à la réforme SAPIN et demande son retrait.
Après la publication du projet d’instruction du ministre, la CGT réaffirme :
- Non à la mise en place des unités de contrôle comme échelon de droit commun ; non à la nomination de DUCS et de DUCHESSES. La section doit rester l’échelon de droit commun, non l’unité de contrôle.
- Non au formatage des contrôles dans les PME.
- Non à la spécialisation, non aux super unités de contrôle régionales travail illégal ou seveso (etc.).
- Non aux pools de secrétariats, non aux open spaces
- Non aux diminutions des effectifs de contrôle et de secrétariat
- Non à la disparition des ARM
La CGT réaffirme son opposition à la mise en extinction du corps des contrôleurs du travail et exige :
- Une augmentation des effectifs de contrôle IT et CT
- Un plan massif de passage de C en B (CT/SA), de B en A (CT/IT) et l’ouverture de concours par le recrutement d’agents de catégories C et B (CT et SA)
- Une augmentation des effectifs de secrétariat C et SA
- Une vraie revalorisation pour tous les contrôleurs du travail
- le maintien et le renforcement des services de l’emploi et de la formation professionnelle.
Pour une inspection du travail au service des salariés, exigeons le retrait de la reforme Sapin, défendons les propositions faites par les organisations syndicales lors des assises de novembre 2012.
La CGT soutient toutes les initiatives locales (envahissement, pétition …) qui s’opposent au projet Sapin.
La CGT proposera une action nationale unitaire afin de stopper ce plan funeste !
Informons, alertons le plus largement possible
Mobilisons nous partout….
Le 16 septembre 2013.

 

CONTRE LA REORGANISATION DE L’INSPECTION DU TRAVAIL
Tous au Millénaire le mardi 24 septembre 2013
à 14h00 à l’occasion du CTR
(absences sur chèques syndicaux)

Contre la mise en place des Unités de Contrôle (UC) comme échelon de droit commun : la section doit rester l’échelon de droit commun.

Contre la mise en place de Ducs et de Duchesses chargés de surveiller et punir.

Contre la méthode brutale qui vise à changer brutalement  le métier des agents de l’inspection (secrétariat et agents de contrôle).

Contre la sortie des secrétaires des sections et contre leur rattachement à l’UC.

Contre le fait de « travailler autrement » en clair contre l’abandon du traitement de la demande individuelle et la réponse « à des priorités »

Contre la spécialisation accrue qui est en projet.

Contre les portefeuilles d’entreprises, la répartition des dossiers, la programmation des actions.

Contre la limite du temps d’affectation d’un agent sur le même secteur.

Pour le maintien des services ARM et des services de Renseignement de proximité dans leur configuration actuelle dans l’attente de leur doublement.

Contre un renforcement régional des missions emplois au détriment des missions départementales ;

Zéro suppressions de postes ! Les recrutements à venir ne compenseront pas les départs à la retraite, les promotions de CT en IT et les promotions d’IT en DUC. Le nombre d’agents de contrôle et de secrétariat va donc diminuer brutalement et rapidement.

RETRAIT DE LA RESTRUCTURATION DE L’INSPECTION DU TRAVAIL, RETRAIT DE LA REFORME SAPIN !

« Président des patrons » ou président des salariés, il faut choisir. Car le Medef, lui, choisit l’argent facile plutôt que l’emploi.

Ceux qui parlent de la « fin du travail » ou de la « baisse du cout du travail » font partie de ces économistes atterrants des radios du matin.

Le « coût du travail » est déjà beaucoup trop bas. Et le travail, il y en a besoin partout, il manque des bras et des cerveaux partout. Dans le privé comme dans le public. Le travail n’est pas un « gâteau » à parts fixes, c’est une comète en expansion infinie. Actuellement il est partagé sauvagement, brutalement entre sous travail, sans travail et sur travail. C’est d’ailleurs pour cela qu’il faut investir tout en le partageant mieux. Qu’il faut travailler mieux, moins, tous… et gagner plus. Encore faudrait il que l’argent qui va se cacher dans les iles Caïman et dans les caves a subprime, revienne pour investir. Et non pas pour spéculer, non pas pour nous sucer davantage le sang, non pas pour s’auto reproduire en circuit spéculatif fermé, non pas pour augmenter le chômage, mais pour créer, soutenir et développer nos usines, nos ateliers, nos services.

Le problème est que « nos » patrons français préfèrent l’argent à l’emploi. Ca rapporte plus de spéculer que d’embaucher.

Sur 80 milliards de profit du CAC 40, ils distribuent 40 milliards en dividendes.

Il y a donc 590 milliards d’avoirs français dans les paradis fiscaux, dont 108 milliards en Suisse.

Si on veut du travail, il faut aller chercher cet argent. Si on veut de l’emploi, il faut le partager.

« Président des patrons ?  » titre Libération. Tant qu’on fera confiance aux patrons pour « librement » embaucher, rien ne se fera. il faut leur rendre nécessaire d’embaucher et difficile de licencier. Leur donner un « crédit d’impôt » sans contre partie, c’est leur redonner du beurre là où ils ont déjà la tartine beurrée.

Ce ne sont pas des « emplois d’avenir » 50 000 ou 100 000 qui réduiront un chômage de masse de 5 millions. Il n’y aura pas de réduction du chômage sans réduction du temps de travail et pas de réduction du temps de travail et création d’emploi sans aller chercher l’argent là où il est, sans créer un environnement contraignant qui oblige les patrons a changer de comportement.

La gauche gouvernementale multiplie les « cadeaux » aux patrons en espérant un « retour ». Mais le Medef encaisse 20 milliards… et demande plus.. sans rien concéder. Gattaz réclame déjà 100 milliards de plus que ce qu’il reçoit… Le Medef veut soutirer à la gauche… de quoi faire couler la gauche afin d’obtenir ensuite davantage de ses amis de droite revenus au pouvoir. Copé annonce déjà qu’il gouvernera par ordonnances en xis mois… pour casser les 35 h, le droit du travail, les CE, la Sécu, les retraites…

« Séduire » les patrons est pure illusion. Or on peut obliger les patrons : ils ne connaissent que ça, le rapport de force. Il faut imposer fiscalement leurs grosses sociétés, il faut contrôler leurs licenciements.

Si on embauche 2000 inspecteurs des impôts, (et 1000 inspecteurs du travail) ça rapportera énormément. Il faut au moins ça, car il y a eu 25 000 postes de supprimés dans les services des impôts dans la dernière période…

La preuve qu’on n’a plus les moyens, en effectifs, d’aller traquer la fraude fiscale, est donnée quand le nouveau ministre du budget, Bernard Cazeneuve demande à la presse ses informations sur les listes d’offshores-leaks établies par des journalistes du monde entier ayant enquêté sur les fraudeurs et spéculateurs des paradis fiscaux. Si un grand état de la taille de la France, cinquième puissance du monde en est réduit à demander aux journaux de bien vouloir lui communiquer les noms des fraudeurs c’est qu’il n’est pas capable d’enquêter par lui-même. 2000 emplois d’inspecteurs, d’enquêteurs, de spécialistes financiers cela risque donc de n’être pas suffisant… en voilà du boulot, une comète infinie vous dis-je…

Le gouvernement prévoit un budget 2014 de super austérité, un record historique,  avec 15 milliards de dépenses en moins. Moins de fonctionnaires partout. C’est folie, ce sera mécaniquement de l’emploi en moins et de la dette en plus.

Dans ce cadre le ministre du budget prévoit une nouvelle réduction des dépenses de fonctionnement de l’état, gelées d’au moins 1,5 milliard, il annonce même qu’il économisera ligne par ligne du futur budget. Mais alors c’est qu’il ne croit pas une seule seconde qu’il va faire rentrer ne serait ce qu’1,5 milliard des paradis fiscaux ? Finalement, on vote des lois solennelles pour traquer la fraude fiscale mais on ne s’en donne pas les moyens et on n’y croît pas.

Alors qu’aller chercher tous ces milliards qui abonderaient nos caisses publiques, c’est possible, c’est à portée, encore faut il recruter des emplois…qui rapporteront mille fois leurs salaires.

Pareillement, c’est le droit du travail qui crée du droit au travail. mais encore faut il qu’il soit effectif, qu’il soit contrôlé, et il faut doubler les effectifs de l’inspection du travail et non pas la saborder encore une fois pour plaire au Medef (comme le fait actuellement une « réforme » Sapin)..

Le « compromis historique » pour concilier avec le patronat, ça n’a jamais marché nulle part…  Un Président de gauche ça doit, ça ne peut être que le « président des salariés » pas des patrons.

C’est pareil pour la relance économique, il faut dépenser plus et ça rapportera plus. C’est pareil pour le droit du travail, il faut le reconstruire et ça fera des embauches.

Là où il y a une volonté, il y a un chemin.