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Dix millions de pauvres. Ce chiffre a quelque chose de terrifiant. Et cela a commencé bien avant le Covid ! L’Insee note que la pauvreté avait déjà augmenté en 2018 alors qu’elle stagnait depuis 2014 : 14,8 % de la population vivait en-dessous du seuil de pauvreté. Sous Macron, tout s’est aggravé.
Dès 2019, le taux d’extrême pauvreté remontait en France et l’impréparation face au Covid en 2020 a rajouté des centaines de milliers ou de millions de pauvres. Dans la jeunesse notamment. Le taux de pauvreté des 18-29 ans est passé de 8 à 13 % entre 2002 et 2018 ; il fait un bond considérable encore non mesuré en 2020. Faute d’accès au RSA, les 18-25 ans sont affectés de plein fouet par la moindre baisse de revenus.
Faim
Depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, les 2 % les plus riches ont vu leur pouvoir d’achat augmenter, mais les 20 % les plus pauvres en ont perdu substantiellement, en raison du gel et de la désindexation de certains minima sociaux comme l’APL ou le RSA.
Le rapport du Secours catholique sur l’état de la pauvreté en France dès 2019 pointait du doigt la forte dégradation du niveau de vie des ménages et les choix impossibles auxquels ces derniers sont contraints pour survivre, 60 % de cas de loyers ou de factures de chauffage impayés, rupture de liens sociaux, incapacité à envisager un emploi et, de toutes façons, parmi les 300 000 SDF, un sur quatre est salarié.
Médecins du monde souligne que l’épidémie de Covid a fait éclater les inégalités de santé. Sous la pandémie, l’impréparation budgétaire, sanitaire, face au virus aggrave les inégalités sociales. Plus de 50 % des personnes en grande précarité sont infectées.
Fin 2020, plus de 10 % de la population française – soit 8 millions de personnes – a besoin de l’aide alimentaire pour subsister. Elles n’étaient que 5 millions en 2018. C’est le délégué général du Secours catholique, Vincent Destival, qui le dit dans Libération : en moins de trois ans, la politique de Macron a produit 3 millions de nécessiteux de plus.
La faim frappe 25 % de ces 10 millions de pauvres. C’est une fracture alimentaire massive : on mange des pâtes, des omelettes, on saute des repas, et ensuite on va aux Restos du Cœur quand il y en a un. Dans les quartiers populaires, la majorité des familles vivent de travail au noir, parfois de récup’ ou de mendicité, ainsi que des « aides » aléatoires des associations. La cantine, gratuite pour les familles les plus pauvres, est parfois le seul vrai repas de la journée pour les enfants quand ils peuvent y aller. Selon Ipsos, 14 % des Français sautent certains repas et 25 % se restreignent sur la quantité de ce qu’ils mangent. Chez les plus précaires – celles et ceux pour qui le revenu mensuel net du foyer s’élève à moins de 1 200 euros –, les pourcentages atteignent respectivement 38 % et 46 %. En ce moment, « on rencontre des gens qui n’ont pas mangé depuis trois jours », s’alarme Henriette Steinberg, la Secrétaire générale du Secours populaire.
Macron refuse toute hausse du RSA, alors que les associations réclament 100 euros par mois immédiatement et un RSA jeune de 18 à 29 ans. Tout juste s’il a annoncé, le 13 avril, une allocation spécifique ponctuelle de 150 euros, pour les bénéficiaires du RSA et 100 euros par enfant. Mais 36 % de celles et ceux qui sont éligibles au RSA ne le perçoivent pas !
Le 14 octobre, Macron a rajouté le versement d’une autre « aide exceptionnelle » de 150 euros par personne et un complément de 100 euros par enfant à charge pour tous les allocataires du RSA et des APL qu’il avait osé diminué au début de son funeste mandat ! Et encore 150 euros le dimanche 22 novembre. « Pour les familles avec enfants, cela peut être assez substantiel ; mais pour les autres, 150 euros, c’est vraiment l’aumône », assène Véronique Fayet, la présidente du Secours catholique. Et combien vont réellement toucher des 100 et les 150 euros ? Or, les prix augmentent : celui des légumes, de la viande, du chauffage, des loyers, jusqu’au prix des masques qui ne sont toujours pas gratuits et celui des urgences qui vont devenir payantes avec un nouveau forfait de 18 euros.
« L’effort » de Macron est resté bloqué au minimum. C’est à peine s’il a rajouté un milliard accordé aux maires pour faire face au coup par coup à la catastrophique extension de la pauvreté. Au total, le « plan de relance » de Macron (cf. D&S 278) consacre moins de 1 % de ses 100 milliards à la pauvreté.
Quid des « premiers de corvées » ?
Les familles modestes sont aussi celles que Macron avait saluées : ces métiers majoritairement féminins dits « de première ligne » : aides à domicile, femmes de ménage, caissières, aides-soignantes, assistantes maternelles, mais aussi ces cuisiniers, serveurs, chauffeurs, livreurs, agents de sécurité et d’entretien, éboueurs, cueilleurs, vendangeurs… « Quand on voit les fiches de paie des femmes de ménage en sous-traitance… Ce n’est pas digne », accuse François Ruffin.
Mais non seulement l’État ne fait rien pour les bas salaires et refuse toute hausse du Smic et des minima sociaux, mais les « primes » qu’il a parfois promises ont été aléatoires, exceptionnelles et insuffisantes. Les travailleurs de l’ombre, Macron ne les met en lumière que lorsqu’il en a besoin, mais il les éteint vite !
Un exemple ? Après avoir dans un premier temps publié un projet de loi de finances dans lequel aucune revalorisation des « aides à domicile » n’était prévue, le gouvernement a fait marche arrière, mais ce fut pour un modeste amendement proposant de verser 150 millions en 2021, et 200 les années suivantes, pour aider à revaloriser les rémunérations de ces salariés mal payés – dont le confinement a pourtant mis en évidence le caractère indispensable. A contrario, l’État refuse d’agréer l’avenant 43 signé en février 2020 entre les syndicats et les patrons de la branche associative (qui représente 60 % du secteur) et qui prévoyait 15 % d’augmentation.
Les soignants devaient toucher, depuis septembre, 182 euros de plus, au lieu des 300 euros qu’ils réclamaient légitimement. On est très loin du taux de revalorisation salarial nécessaire pour recruter dans la profession et la stabiliser.
Les salariés en chômage partiel (12,4 millions à la date du 11 mai et encore 8,4 millions en novembre) perdent 16 % de leur salaire depuis de longs mois. Cela frappe de plein fouet les capacités de vivre décemment, de survivre et d’aider ; les solidarités familiales et générationnelles en pâtissent.
Le tabou du Smic
Le Smic est déjà bien trop bas. Selon le baromètre de pauvreté du Secours populaire, « le niveau du Smic (1 219 euros) se situe en dessous du seuil de pauvreté subjectif estimé [...] à 1 228 euros. [...] Cela veut dire qu’on n’a pas 9,3 millions de personnes concernées ; on dépasse les 12 millions ! On va aller jusqu’où comme ça ? » Tous les salaires sont trop bas en France, et le Smic devrait être haussé à 1 800 euros.
5,9 % des 30 millions de salariés sont pauvres. Ils ne peuvent se soigner et ne supportent pas le ou les jour(s) de carence retiré(s) de leur salaire quand ils attrapent le Covid. Beaucoup sont obligés de travailler et de masquer leur contagiosité. Et quand c’est le travail qui les contamine, le Covid n’est pas reconnu comme une « maladie professionnelle », ce qui diminue leur protection salariale et sanitaire. Il y a entre 15 et 20 % de précaires, d’abonnés aux CDD, d’intérimaires, de salariés à temps partiels, de saisonniers et de titulaires d’emplois atypiques.
Les « ordonnances de l’état d’urgence » de Macron ont élargi cette précarité et laissé aux patrons la liberté de l’exploiter au maximum, ce qui aboutit à ce que les heures supplémentaires ne soient plus décomptées ni majorées, à ce que les congés payés soient suspendus. Ainsi tous les salariés travaillent plus et gagnent moins. Ce qui évidemment freine l’emploi et fait augmenter le nombre de chômeurs.
« Autoriser les employeurs à augmenter fortement les horaires de travail des salariés en poste causera une nouvelle vague de chômage et le seul rattrapage qui aura lieu sera celui des profits et des dividendes, mais uniquement sur un horizon court », résume Guy Desmarets, auteur de La Déflation compétitive (Ed. Classiques Garnier) cité par Romaric Gaudin dans Médiapart.
Pour 88 % des actifs, non seulement le droit au travail et le droit du travail ont été dégradés, mais il en est allé de même pour le droit des contrats de travail. Macron s’attaque aux conventions collectives elles-mêmes. Quant aux 12 % d’indépendants, la misère les rattrape pour 16,6 % d’entre eux. L’aide forfaitaire de 1 500 euros du gouvernement n’est pas suffisante pour permettre à un chauffeur Uber d’assumer ses charges fixes (la location du véhicule, les 300 euros mensuels d’assurance, les frais d’entretien) et d’avoir un reste à vivre décent.
C’est le cas de tous ces faux-vrais artisans, sous-traitants, prétendus « auto-entrepreneurs ». Macron est l’ami n°1 d’Uber, son programme affiché est de « supprimer les cotisations sociales », de créer une « société post-salariale ». Le gouvernement refuse en conséquence bec et ongles la requalification de ces travailleurs en tant que salariés.
« L’annonce que la crise va faire entre 800 000 et 1 million de chômeurs de plus nous inquiète. Ceux-là, on va les voir arriver en janvier », explique-t-on au Secours populaire. « Nous n’avons aucune visibilité sur la croissance à venir parce qu’on ne voit pas encore arriver les salariés licenciés. Mais on sait qu’ils vont venir et qu’il y aura encore plus de demandes quand leurs allocations chômage prendront fin. »
C’est ainsi que le salariat est miné à la base, aussi bien dans ses salaires que dans ses droits. Les pauvres tirent vers le bas les bas salaires, les bas salaires tirent vers le bas les hauts salaires, les chômeurs servent à saper les défenses de ceux qui ont encore un travail, et Macron, lui, tire contre tous les salariés et les contient par la violence. Car pour casser ainsi de haut en bas toute un système de droits et de protection sociale, il faut cogner fort. Pour faire du Hayek, il faut faire du Pinochet. C’est à cela que sa police s’exerce et que ses lois liberticides tendent. C’est cela que ses discours séparatistes et discriminatoires visent.
100 milliards pour le CAC40 ou pour le travail ?
Pourquoi tous ces discours dominants dans tous les médias sur la religion, le séparatisme, la sécurité ? Pourquoi la violence de la police ? Pourquoi les discours creux ou pervers sur la République et l’ordre ? Pour ne pas parler de social, ne pas parler des pauvres, ne pas parler des salaires, ne pas parler du droit ni de la santé au travail !
C’est pour faire diversion. Pour masquer la guerre sociale, on digresse volontiers sur les religions, le communautarisme, la délinquance, le terrorisme et sur une république mythifiée qui n’a surtout rien de social. Pour faire voter un budget 2021 encore plus libéral, plus orienté vers les cadeaux à la finance parée de toutes les vertus rédemptrices.
Pendant ce temps, derrière la crise sanitaire, l’épargne profite aux riches : 20 % des ménages, les plus aisés, ont thésaurisé 70 % au-delà croissance du patrimoine financier. La baisse des APL, la désindexation de plusieurs prestations (allocations familiales, RSA, retraites) qui progressent moins vite que l’inflation, ainsi que le durcissement des conditions d’accès aux allocations chômage font diminuer en 2020 de 240 euros les ressources des 5 % les plus pauvres, quand les ressources des 5 % les plus riches augmentent de 2 905 euros sous le seul effet des baisses d’impôt. Cette injustice qui fait porter les politiques d’austérité sur les plus fragiles est chaque jour plus difficile à vivre pour les millions de précaires et de salariés qui n’accèdent plus aux biens essentiels comme le logement, l’alimentation, l’éducation ou les loisirs.
Deux problèmes massifs
Le problème majeur de notre société est que nous avions 6,6 millions de chômeurs, en catégories A, B, C, D et E. depuis plus de cinq ans. Sous Macron, les gouvernants ont réussi à manipuler les chiffres ; ils ont changé les critères et sont parvenus à faire croire aux observateurs non informés que le chômage avait baissé autour de 7 % (soit 3,4 millions de chômeurs). En fait, toutes catégories confondues, il est resté supérieur à 10 % et touche 6,5 millions de salariés. Avec ce mensonge, ils ont fait passer en septembre 2019 une casse de l’assurance chômage qui est une véritable « tuerie ». Elle va dominer drastiquement le nombre des chômeurs reconnus comme tels, leurs indemnités et leur durée d’indemnisation. Cela devait s’appliquer au 1er avril 2020. Ils n’ont pas osé le faire à cause de la misère ambiante et l’ont reporté en 2021, mais ils sont bien décidés à ne pas céder.
L’autre problème est que nous avons 14 millions de retraités dont la moitié touchent autour de 1000 euros et ne peuvent vivre décemment. Mais le pouvoir a fait voter en janvier 2020 une casse de ces retraites qui abaissera en moyenne ces dernières de 25 à 30 % et ils s’entêtent dans ce sens, annonçant le recul de l’âge de départ en retraite à 63 et 65 ans, ce qui aura pour effet d’aggraver le chômage des jeunes autant que des « seniors ». Ils masquent que la différence d’espérance de vie entre les 5 % d’hommes les plus pauvres et les 5 % les plus riches s’élève à 13 ans, et que leur « réforme » des retraites servira surtout les cadres supérieurs et les plus riches.
Tout confirme le cap fondamental de la politique macroniste : servir les riches, faire payer les pauvres et les salariés. Et le gouvernement profite de la pandémie pour durcir cette ligne.
La défense de l’emploi et des salaires sont liées. C’est la ligne de front essentielle. C’est le cœur de la guerre qui se déroule. Il n’y aura pas d’harmonie sociale, sans retour à l’emploi pour tous avec des salaires décents pour tous.
En accompagnement des luttes des salariés concernés, on doit exiger de se donner les moyens juridiques pour dire efficacement « Halte aux licenciements ! ». Ce qui revient à partager du travail, à garantir la hausse des salaires, à imposer au capital qu’il cesse de piller le travail. « Le niveau de rémunération du capital », comme le dit élégamment Stéphane Lauer, éditorialiste du Monde « devient de moins en moins soutenable sur le plan social et écologique ». Cette crise doit être l’occasion de rendre aux salariés les immenses superbénéfices et les dividendes surabondants captés par les actionnaires. Imposer le partage des richesses, cela commence par protéger les emplois. Et aussi de les partager, en réduisant la durée du travail vers 32 h et même 28 par semaine.
Des outils existent
Commençons par exiger le contrôle préalable sur les licenciements, afin d’interdire aux patrons de licencier sans que tout soit fait pour assurer la pérennité de l’entreprise. Les « accords de performance » doivent concerner les patrons et les actionnaires, ils doivent gagner moins et continuer à produire.
En interdisant qu’ils licencient sans autorisation préalable, on place les patrons sous contrôle de leurs salariés et de la puissance publique. Les Comités d’entreprise doivent exercer un droit de veto, et donner ou non leur avis conforme. Les tribunaux de commerce doivent être supprimés. Des commissions départementales mixtes composées des IRP des salariés concernés, des syndicats, de l’Inspection du travail, des Dirrecte et préfets, de la Banque publique d’investissement doivent pouvoir proposer des solutions alternatives aux licenciements.
Des journaux jouent un rôle très utile pour recenser les centaines de plans de licenciements, et étudier et dénoncer, chiffres à l’appui, les mauvaises raisons qu’utilisent les actionnaires pour les mettre en œuvre. Outre les sites syndicaux – celui d’Info’com CGT notamment – et celui de L’Humanité quotidienne et hebdomadaire, on pense à Alternative économique, l’excellent site Bastamag, l’Observatoire des multinationales (Maxime Combes) et, récemment, Médiapart qui a publié le 30 novembre une « carte des plans dits sociaux » (cartesociale@mediapart.fr).
De Sanofi…
À Sanofi, le blocage des licenciements imposerait à la direction de discuter. Car le groupe a dévoilé un plan de deux milliards d’euros d’économies impliquant à terme 1 700 suppressions d’emplois en Europe, dont un peu plus de 1 000 en France. La crise sanitaire actuelle propice à l’activité des laboratoires pharmaceutiques devrait la remettre en cause et le refus d’autorisation de ces licenciements sanctionnerait le patron de Sanofi, Paul Hudson, qui a déclaré que le gouvernement américain serait prioritaire dans l’accès au vaccin contre le Covid-19 au motif que « ce pays partage le risque des recherches ».
Sanofi est un groupe dont 80 % de l’activité en France dépend de la Sécurité sociale et qui bénéficie chaque année de 150 millions d’euros au titre du crédit d’impôt recherche (CIR) et du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Il a terminé l’année 2019 sur une croissance de 2,8 % du chiffre d’affaires (36,1 milliards d’euros) et de près de 10 % du résultat net (7,5 milliards). Quatre milliards d’euros de dividendes ont été servis aux actionnaires, soit plus de 11 % du chiffre d’affaires ! Il y a là des arguments plus que solides et le droit, s’il est évidemment associé à une mobilisation sociale d’ampleur, peut imposer le maintien des 1 000 emplois !
… à Auchan
Auchan annonce la suppression de 1 475 postes alors que son chiffre d’affaire, comme celui de toute la grande distribution, a progressé. La direction invoque la crise du modèle de l’hypermarché, mais ça se savait depuis longtemps et les syndicats avaient alerté que les parts de marché étaient rognées de tous côtés par l’essor du hard-discount, du commerce en ligne, des magasins bio, etc. L’enseigne, fondée par la famille Mulliez dans les années 1960, y réalise encore 75 % de ses ventes, contre moins de 50 % pour son concurrent Carrefour, qui a beaucoup développé les magasins de petit format du type « City » ou « Contact » dans les centres-ville.
« Le groupe Mulliez a des devoirs vis-à-vis des salariés qui ont fait sa fortune, et nous proposons donc que les reclassements se fassent au sein du groupe », demande la CFDT. Le « groupe », ce sont toutes les entreprises dont l’Association familiale Mulliez (AMF) est actionnaire : outre Auchan, on dénombre Décathlon, Leroy Merlin, Boulanger, Flunch, Kiabi, Cultura… Un ensemble d’entreprises qui a toujours pris bien soin d’éviter d’être reconnu comme une seule et même unité légale. « Nous allons entamer des actions devant la justice pour faire reconnaître le groupe Mulliez en tant que tel », prévient à juste titre le délégué syndical central de la CGT Auchan. Si une telle démarche aboutit, le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) devrait tomber sous le coup du refus des licenciement et imposer des reclassements à l’ensemble des enseignes de la famille Mulliez, interdisant le risque de licenciements secs.
À Toulouse comme ailleurs
Airbus et Latécoère : les employés du célèbre équipementier toulousain, sous-traitant de premier rang d’Airbus, sont dans l’incertitude depuis l’annonce par la direction de 475 suppressions de postes (dont la quasi-totalité en Occitanie) sur 1 504 en France.
La région toulousaine, où le secteur aéronautique représente environ 60 000 emplois (soit 8 % de l’emploi privé), est particulièrement touchée. L’inquiétude est d’autant plus grande que le secteur stricto sensu irrigue tout un écosystème. Selon la Chambre de commerce et d’industrie de Toulouse, quand un emploi est menacé dans l’aéronautique, 2,5 emplois le sont dans d’autres secteurs. Dès que le géant européen Airbus est secoué, l’onde de choc se propage. Or, le constructeur a annoncé fin juin son intention de supprimer 5 000 emplois en France, dont 3 600 à Toulouse. Si des accords viennent d’être conclus pour éviter des licenciements secs, il n’en va pas de même chez les sous-traitants, fournisseurs et prestataires de services. L’intervention de la puissance publique dans l’intérêt de l’emploi et des salariés est impérative.
Le hic, c’est que cette intervention fait bien souvent défaut dans le France de Macron. Il en va ainsi dans le cas de Bridgestone où le refus d’homologation du plan de licenciements aurait pu imposer au patron de négocier à de bonnes conditions (voir encadré ci-dessous). C’est également le cas de Nokia, Total, de Rossignol, Mésachrome, Escoval, Société Générale, Bénéteau, La Halle, Cargill…
Que faire ?
Au lieu de « laisser faire, laisser aller » et de donner des « aides » à tire-larigot sans contre-partie, il faut responsabiliser les donneurs d’ordre, interdire plus d’un niveau de sous-traitance, imposer l’alignement des sous-traitants sur la convention collective des donneurs d’ordre, faciliter la reconnaissance des unités économiques et sociales, suspendre les licenciements et les contrôler, tout cela en vue de trouver des alternatives économiques avec des commissions mixtes départementales.
C’est ce que proposait la GDS dès le 6 avril 2020 dans son document « Pandémie et jour d’après » publié dans les colonnes de D&S n°254. Nous ne sommes plus les seuls à vouloir contrôler le tsunami de licenciements qui s’annonce. Un grand consensus devrait pouvoir s’établir à gauche dans la perspective de lutter aujourd’hui contre les sales coups de Macron et de gouverner demain en ce sens.
(ici reproduire la « une » du dossier d’avril « Pandémie et jours d’après »
GF
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Le gouvernement a donc laissé délibérément fermer Bridgestone le 12 novembre, en renonçant à utiliser la procédure de « refus d’homologation » qui existe pourtant encore dans le droit du travail. Bridgestone, un des premiers fabricants mondiaux de pneus, c’était 863 emplois à Béthune. 168 millions d’euros d’investissements auraient suffi à sauver l’entreprise, dont 100 millions d’euros en partie publics proposés par le gouvernement. À long terme, pour la collectivité, en termes d’emplois, cette réduction de 6 % dans l’industrie entraînera une perte de près de 4 % de l’emploi total du bassin, soit 2 500 postes en tout. Le coût cumulé sur dix ans de la fermeture sera bien supérieur : il atteindra 228 millions selon les économistes Axelle Arquié et Thomas Grjebine, qui se sont exprimés sur ce point dans Le Monde. |
Au boulot n° 523
Les gens qui passent devant nos recettes, à l’entrée de chaque station de métro croient qu’on est des lego. Mais non on est des humains enfermés là 7 h 30 : pas d’écouteurs, pas de lecture. Surveillés en permanence on a du boulot tout le temps : quand on n’est pas derrière la vitre, c’est qu’on fait le tour de station, qu’on décaisse les appareils de vente, qu’on reçoit la Brinks, qu’on est en intervention dans la station (malaise, bagarre, installation défectueuse) ou alors on s’occupe des PSIE (personnes séjournant indûment dans les espaces).
Si tu va faire pipi, t’as trois minutes, tu mets ton « ardoise » à ta recette indiquant ton proche retour. Si dans ces trois minutes il y a un incident ça déclenche « l’alarme dite de synthèse » : un vacarme retentit dans toute la station pour que l’agent, où qu’il soit répondre.
Il y a 20 ans, ils étaient 7 agents dans une station comme Bonne Nouvelle, maintenant il n’y a plus qu’un… la rentabilité étant la même, nous devrions être payés 7 fois plus et travailler 7 fois moins. Non, bien sûr, ça n’a pas été fait au service des salariés. Ni des usagers.
A la RATP « l’ouverture à la concurrence » prévue en 2022 nous est agitée sous le nez comme un couperet inéluctable prétendument bénéfique. Pourtant jusqu’en 1949, le métro était privé, et il a été bâti en dépit du bon sens dans un joyeux bordel que le service public a du s’employer à réguler depuis. Et ils veulent revenir à avant 1949.
On nous donne des nouveaux noms « managers », « animateurs » et on nous équipe de tablettes savantes : des « E-pv » projet « Symphonie ». C’est un écran et une platine qui permet de tout gérer sans se déplacer, les grilles, les caméras, les escaliers mécaniques et s’il nous arrive d’être au pipi, ça se sait au « pôle » directeur de chaque ligne.
Le seul objectif est de supprimer des postes, que ça coûte moins cher en personnel, en droits des salariés et en grèves.
Mais que fera une tablette « E-pv symphonie » en cas de malaise voyageur, de dysfonctionnement, d’attentat…?
Gérard Filoche
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avant la covid Macron c’était déjà une catastrophe
Ils disaient que leurs lois « travail » (en fait anti travail) c’était bon pour la croissance : la croissance a reculé et elle a même été négative de 0,1 au dernier trimestre 2019.
Ils disaient que seule la croissance ferait de l’emploi : alors ils prétendent maintenant que sans croissance, il y aurait eu un recul du chômage. Ils revendiquent + 1,1 d’emplois (les 35 h avaient donné + 4%) d’emplois)
Négatif !
Mais en fait, dans les médias, ils changent la référence et méthode de chiffrage, ils ne parlent plus des catégories A, B, C, D, et E.
Ils n’évoquent que la seule catégorie A en France dite « métropolitaine » selon les chiffres du BIT et ils abandonnent ceux de la DARES et de Pole Emploi.
Or le BIT exclue du chômage toute personne qui a travaillé une seule heure dans le mois précédent : avec cette méthode, les demandeurs d’emploi BIT de la catégorie A selon le BIT ne sont que 3,365 millions. Alors que les demandeurs d’emplois des catégories A, B et C au 3ème trimestre 2019 selon Pôle emploi, c’est 5,531 millions. 44 % des personnes émargeant dans la catégorie A de Pôle emploi (sont inscrits, ne travaillent pas, cherchent un CDI ou CDD à temps plein ou partiel) ne sont pas des chômeurs du point de vue du BIT.
Pourtant à Pole emploi, les radiations explosent et les dossiers d’inscriptions sont de plus en plus refoulés au vu des nouvelles normes (6 mois de travail au lieu de 4 sont nécessaires). La casse de l’assurance chômage le 1er novembre dernier est une tuerie et elle commence à donner ses effets : au lieu de 2,3 millions de chômeurs indemnisés, il en restera bientôt 1,2 million.
Ils truquent les annonces : l’INSEE claironne, mais d’après un sondage, une baisse à 2,4 millions, mais Pôle Emploi maintient qu’elle a 3,4 millions de demandeurs d’emploi inscrits. Et ils reconnaissent « en loucedé » que ce qu’ils appellent maintenant le « halo du chômage » augmente : c’est le cas de la catégorie « D » (en formation, stage, maladie, « pas disponibles immédiatement ») qui s’est remplie de 1,7 million !
Au total en novembre 2019 on avait quand même 6 182 100 chômeurs (hors Mayotte)
Négatif !
Ils ont surtout augmenté la précarité : le nombre de contrats courts bat tous les records : 87 % des embauches en CDD dont 1/3 pour une seule journée !
Ils ont augmenté le nombre de CDD, de CDDU (contrats d’usage étendus dans 12 secteurs d’activité), ils ont permis qu’il y ait trois CDD de suite, puis récemment que les CDD soient polyvalents dans la même entreprise, puis qu’ils durent plus longtemps (de 18 mois à 36 mois), puis qu’il y ait des contrats de chantier, à la tâche, à la mission.
Ils affirment qu’il faut être « agile » et faire plusieurs métiers en une vie et savoir se reclasser… En fait les CDI sont 88 % (contre 12 % de précaires, intérim et CDD) et la durée des CDI s’allongent (de 9,5 années en moyenne à 12 ans en moyenne). Il y a de plus en plus le travail stable d’un côté et les instables de l’autre, par contre les CDD sont moins embauchés en CDI 47% , plus souvent au chômage, leurs salaires c’est 7 % de moins, à qualification égale
Négatif !
Ils disaient que ca faciliterait le taux d’activité, il n’est que de 71, 5 % rapporté à la population de 15 à 64 ans (en dessous de l’UE, 73,4 %, au dessus des 63,6 % aux USA)
La progression des ruptures conventionnelles dans le secteur privé atteignent 407 657 en 2018 et les licenciements ont été facilités partout.
Ils disaient que leurs lois étaient bonnes pour le dialogue social, la baisse des élus du personnel va être de 50 % : de 425 000 à 200 000 élus du personnel.
En 2010, 44 tribunaux prud’hommes avaient été supprimés, Pénicaud s’apprête à en supprimer 22 : ils ont connu une baisse du nombre de saisines de 40 %, mais ils résistent au respect des « plafonds d’indemnités » sachant que l’OIT en condamne le principe.
Ils voulaient que les français travaillent plus : en fait, au total les Français (temps pleins et partiels) travaillent en moyenne 1.514 heures par an soit… 12 % de plus que les Allemands (1.356 heures par an), et autant que les Britanniques. Même conclusion avec la productivité selon Eurostat, la productivité par personne occupée et par heure travaillée en France est supérieure à celle du Royaume-Uni et de l’Allemagne.
Négatif !
Ils voulaient qu’on travaille plus sur la vie active : D’après la dernière estimation d’Eurostat*, un Français passe en moyenne 35,2 ans dans la vie active. Un score très proche de la moyenne européenne (35,9 ans de vie active).
Quand ils disaient que les Français travaillent moins, comme sur la croissance et le chômage, c’était donc faux, lorsque l’on prend comme base ceux qui occupent effectivement un emploi. Car si l’Hexagone est à la traîne c’est notamment en raison d’un taux de chômage élevé chez les jeunes et les seniors : moins de personnes au travail, c’est autant d’heures qui ne sont pas effectuées.
Leurs lois n’y sont pour rien : les salariés français restent les plus productifs au monde, avant et après. Mais avec moins de dignité, soumis au chantage à l’emploi
Conclusion : en février 2016, Hollande avait dit que la loi El Khomri ce n’était pas tellement pour l’emploi, mais plutôt pour changer de modèle social. Nul ne peut dire que ledit modèle social se soit amélioré. Avec Macron il se dégrade jour après jour.
Gérard Filoche
Au boulot chronique n°522 Humanité-Dimanche
Le 20 novembre, le Conseil national de l’inspection du travail (CNIT) a pris connaissance et donné un avis sur le projet de décret relatif à la suppression des DIRECCTE et de la création de DDETS et DDTES-PP.
Le CNIT déplore vivement que l’inspection du travail soir reléguée au dernier plan alors qu’elle représente entre 1/3 et les 3/4 des effectifs des futures directions départementales selon qu’il s’agit de directions départementales de l’emploi et des solidarités (DDETS) ou de DDTES fusionnant avec les services dédies à la protection des populations (DDETS-PP).
Le CNIT rappelle qu’au terme des conventions internationales, le système d’inspection du travail ne relève pas de l’autorité́ des Préfets de région ni de département et ne se conçoit qu’en conformité́ avec l’article 3.2 de la Convention OIT n°81, selon lequel « Si d’autres fonctions sont confiées aux inspecteurs du travail, elles ne doivent pas faire obstacle à l’exercice de leurs fonctions principales, ni porter préjudice d’une manière quelconque à l’autorité́ ou à l’impartialité́ nécessaires aux inspecteurs dans leurs relations avec les employeurs et les travailleurs ».
Le CNIT appelle l’attention de la ministre sur la rupture organisationnelle que représente cette réforme avec des risques majeurs sur le fonctionnement de l’inspection du travail : conformément à l’article 6 de la convention n°81 : « Le personnel de l’inspection doit être composé de fonctionnaires publics dont le statut et les conditions de service leur assurent la stabilité́ dans leur emploi et les rendent indépendants de tout changement de gouvernement et de toute influence extérieure indue. »
Le CNIT s’interroge sur l’opportunité́ de la mise en œuvre de cette réforme, avec des échéances au 1er janvier 2021 et au 1er avril 2021 alors que la pandémie en cours exige une disponibilité́ et une vigilance hors normes de l’inspection du travail.
Gérard Filoche
Au boulot n° 521 chronique hebdo dans l’Humanite dimanche 10° année
Un projet de directive relative aux travailleurs des plateformes numériques a été déposé par Mme Leila Chaibi, députée européenne membre de la commission emploi et des affaires sociales du Parlement européen. Elle est le fruit d’un travail collectif avec des chercheurs, des docteurs en droit privé, des économistes, et des syndicalistes dont le secrétaire confédéral à la CES (Confédération Européenne des syndicats) et le secrétaire du CLAP Collectifs des livreurs autonomes de Paris.
Elle rappelle génialement que le socle européen des droits sociaux dispose que les travailleurs ont droit à un traitement égal et équitable en ce qui concerne les conditions de travail, l’accès à la protection sociale et la formation et ce indépendamment du type et de la durée de la relation de travail.
Le projet de directive vise à garantir la protection des travailleurs des plateformes numériques, en alignant leurs droits du travail et leurs droits sociaux sur ceux du reste des travailleurs.
Elle entend pas « plateforme numérique » : entreprise de services organisés hors ligne, notamment dans le secteur du transport de personne avec chauffeur et de la livraison de repas, et dont l’objet est de proposer à ses clients via des modalités numériques et algorithmiques une force de travail qu’elle organise en vue de la réalisation de la prestation qu’elle leur propose.
Elle entend par « travailleur » : toute personne qui conclue avec une plateforme numérique un contrat portant sur la location de sa force de travail, qu’elle soit intellectuelle ou manuelle, en vue de la réalisation du service proposé et organisé par la plateforme et ce moyennant rémunération.
Aligner par directive au niveau européen toutes les travailleuses et les travailleurs des plateformes sur le statut de tous les autres salariés, voilà qui ne serait que respect de l’égalité des droits du travail et droits égaux à la protection sociale.
Enfin un légitime et nécessaire cadeau de Noël.
Gérard Filoche
Au boulot n° 520 chronique au boulot a lire chaque semaine dans l’Humanite dimanche
Ils ont fini, côté gouvernement, par reconnaître qu’un jour de carence retenu sur salaire en cas de maladie, au lieu d’être dissuasif contre l’abus de prise de congés était dissuasif contre la nécessité de se soigner. Pour ne pas perdre un jour de salaire, en ces temps de disette, la tentation était de ne pas se déclarer atteint par le virus. Et le « jour de carence » était contradictoire avec la prévention.
Hé oui, la santé et le salaire c’est lié. Ce ne sont plus les coups de grisou qui tuent, mais sur 250 000 accidents cardiaques et vasculaires, la moitié est liée au travail. Et le virus est au travail.
Tout le monde le sait, mais alors pourquoi le gouvernement Macron-Castex fait-il reculer la médecine du travail en pleine pandémie avec le projet de loi Lecocq, député LREM du Nord, prévu en février 2021 ?
Car la médecine du travail, ce n’est pas de la médecine générale, c’est une spécialité.
Ça demande une formation et une approche spécifiques liées. Il y faut donc un corps abondant de médecins formés comme des spécialistes en mesure de connaître les branches, les métiers, d’être présents sur le terrain. La médecine de prévention au travail, ça ne se pratique pas dans des cabinets en ville, ça implique la connaissance de l’ergonomie, des postures, des efforts exigés, de la température, des éclairages, des machines, des atmosphères, des risques. Et ça implique des CHSCT où l’on en discute entre protagonistes, patronat, syndicats et médecins, experts des relations psycho-sociales. Ca implique des médecins indépendants et une responsabilisation financière et juridique des patrons.
N’a-t-on pas davantage besoin de visites de la médecine du travail dans toutes ces usines et bureaux ou des millions de salariés sont obligés d’aller en première ligne, « coûte que coûte » et à « n’importe quel prix » pour faire fonctionner l’économie au risque d’attraper le Covid ?
Alors pourquoi le gouvernement a-t-il supprimé les CHSCT ? Pourquoi remplace-t-il la médecine du travail par la médecine de ville ?
Gérard Filoche
Au boulot n°519 chronique Humanité Dimanche
Neuf femmes de chambre, serveurs, cuisiniers d’un hôtel de Bourgoin-Jallieu ont été placés en chômage partiel par leur employeur lequel s’est mis en liquidation judiciaire le 8 septembre mais en déclarant neuf salariés en activité partielle pour recevoir les fonds publics sans les leur reverser. Une fraude de 15 000 euros et 28 500 euros de salaires sont dus. L’affaire tarde devant les prud’hommes le 3 décembre, les ex-cogérants s’étant rendus injoignables !
Exemple parmi des centaines de milliers d’autres : la fraude au chômage partiel a battu tous les records. Celui-ci coûtait 50 millions d’euros par an : la facture grimperait à plus 24 milliards en 2020 soit 25 fois plus. Il y aurait eu 12,5 millions de salariés en chômage partiel (et 8,5 millions en télétravail). En juin, Pénicaud avait reconnu 850 fraudes sur 3000 contrôles. Le chiffre de l’été, 225 millions de fraude (270 000 contrôles, 9500 délits) est largement sous-estimé. C’est probablement plus de 30 % de fraude.
Les admonestations de la ministre Bornes contre les patrons voyous n’ont pas eu d’effet dissuasif. Tout simplement parce qu’il n’y a pas de moyens de contrôle suffisants. L’employeur bénéficiait d’un délai de 30 jours aprèsle placement des salariés en activité partielle pour faire sa demande. La Direccte, autorité administrative, disposait de 48 heures pour la valider. Mais à défaut de réponse, la demande était implicitement validée ce qui se faisait tout le temps.
Or le gouvernement est en train de dissoudre les Direccte au 1erjanvier 2021. On n’est pas prêt de voir les sanctions tomber ! Le ministère du travail se coupe les bras et les jambes en créant des nouvelles DREETS et DDTES-PP (« Directions régionales de l’économie de l’emploi du travail et des solidarités » et des « Directions de l’économie de l’emploi du travail et des solidarités ») des usines à gaz (rejetée par tous les personnels et leurs syndicats) dans le but d’être complaisants envers les entreprises et de marginaliser l’inspection du travail.
Les patrons voyous ne vont pas avoir assez peur pour bien se tenir.
Gérard Filoche