Les lois anti-droits du travail de Hollande-El Khomri et Macron-Pénicaud datent de 2016 et 2017. Quel bilan après 4 et 3 ans ?

avant la covid Macron c’était déjà une catastrophe

 

 

 

Ils disaient que leurs lois « travail »  (en fait anti travail)  c’était bon pour la croissance : la croissance a reculé et elle a même été négative de 0,1 au dernier trimestre 2019.

Ils disaient que seule la croissance ferait de l’emploi :  alors ils prétendent maintenant que sans croissance, il y aurait eu un recul du chômage. Ils revendiquent + 1,1 d’emplois (les 35 h avaient donné + 4%) d’emplois)

 

Négatif !

Mais en fait, dans les médias, ils changent la référence et méthode de chiffrage,  ils ne parlent plus des catégories A, B, C, D, et E.

Ils n’évoquent que la seule catégorie A en France dite « métropolitaine » selon les chiffres du BIT et ils abandonnent ceux de la DARES et de Pole Emploi.

Or le BIT exclue du chômage toute personne qui a travaillé une seule heure dans le mois précédent : avec cette méthode, les demandeurs d’emploi BIT de la catégorie A selon le BIT ne sont que 3,365 millions.  Alors que les demandeurs d’emplois des catégories A, B et C au 3ème trimestre 2019 selon Pôle emploi, c’est 5,531 millions. 44 % des personnes émargeant dans la catégorie A de Pôle emploi (sont inscrits, ne travaillent pas, cherchent un CDI ou CDD à temps plein ou partiel) ne sont pas des chômeurs du point de vue du BIT.

Pourtant à Pole emploi, les radiations explosent et les dossiers d’inscriptions sont de plus en plus refoulés au vu des nouvelles normes (6 mois de travail au lieu de 4 sont nécessaires). La casse de l’assurance chômage le 1er novembre dernier est une tuerie et elle commence à donner ses effets : au lieu de 2,3 millions de chômeurs indemnisés, il en restera bientôt 1,2 million.

Ils truquent les annonces : l’INSEE claironne, mais d’après un sondage, une baisse à 2,4 millions, mais Pôle Emploi maintient qu’elle a 3,4 millions de demandeurs d’emploi inscrits. Et ils reconnaissent « en loucedé » que ce qu’ils appellent maintenant le « halo du chômage » augmente : c’est le cas de la catégorie « D » (en formation, stage, maladie, « pas disponibles immédiatement ») qui s’est remplie de 1,7 million !

Au total en novembre 2019 on avait quand même 6 182 100 chômeurs (hors Mayotte)

 

Négatif !

Ils ont surtout augmenté la précarité : le nombre de contrats courts bat tous les records : 87 % des embauches en CDD dont 1/3 pour une seule journée !

Ils ont augmenté le nombre de CDD, de CDDU (contrats d’usage étendus dans 12 secteurs d’activité), ils ont permis qu’il y ait trois CDD de suite, puis récemment que les CDD soient polyvalents dans la même entreprise, puis qu’ils durent plus longtemps (de 18 mois à 36 mois), puis qu’il y ait des contrats de chantier, à la tâche, à la mission.

Ils affirment qu’il faut être « agile » et faire plusieurs métiers en une vie et savoir se reclasser…  En fait les CDI sont 88 % (contre 12 % de précaires, intérim et CDD) et la durée des CDI s’allongent (de 9,5 années en moyenne à 12 ans en moyenne). Il y a de plus en plus le travail stable d’un côté et les instables de l’autre, par contre les CDD sont moins embauchés en CDI  47% , plus souvent au chômage, leurs salaires c’est 7 % de moins, à qualification égale

 

 

 

Négatif !

Ils disaient que ca faciliterait le taux d’activité, il n’est que de 71, 5 % rapporté à la population de 15 à 64 ans (en dessous de l’UE, 73,4 %, au dessus des 63,6 % aux USA)

La progression des ruptures conventionnelles dans le secteur privé atteignent 407 657 en 2018 et les licenciements ont été facilités partout.

Ils disaient que leurs lois étaient bonnes pour le dialogue social, la baisse des élus du personnel va être de 50 % : de 425 000 à 200 000 élus du personnel.

En 2010, 44 tribunaux prud’hommes avaient été supprimés, Pénicaud s’apprête à en supprimer 22 : ils ont connu une baisse du nombre de saisines de 40 %, mais ils résistent au respect des « plafonds d’indemnités » sachant que l’OIT en condamne le principe.

Ils voulaient que les français travaillent plus : en fait, au total les Français (temps pleins et partiels) travaillent en moyenne 1.514 heures par an soit… 12 % de plus que les Allemands (1.356 heures par an), et autant que les Britanniques. Même conclusion avec la productivité selon Eurostat, la productivité par personne occupée et par heure travaillée en France est supérieure à celle du Royaume-Uni et de l’Allemagne.

 

Négatif !

Ils voulaient qu’on travaille plus sur la vie active : D’après la dernière estimation d’Eurostat*, un Français passe en moyenne 35,2 ans dans la vie active. Un score très proche de la moyenne européenne (35,9 ans de vie active).

Quand ils disaient que les Français travaillent moins, comme sur la croissance et le chômage,  c’était donc faux, lorsque l’on prend comme base ceux qui occupent effectivement un emploi. Car si l’Hexagone est à la traîne c’est notamment en raison d’un taux de chômage élevé chez les jeunes et les seniors : moins de personnes au travail, c’est autant d’heures qui ne sont pas effectuées.

Leurs lois n’y sont pour rien : les salariés français restent les plus productifs au monde, avant et après. Mais avec moins de dignité, soumis au chantage à l’emploi

Conclusion : en février 2016, Hollande avait dit que la loi El Khomri ce n’était pas tellement pour l’emploi, mais plutôt pour changer de modèle social. Nul ne peut dire que ledit modèle social se soit amélioré. Avec Macron il se dégrade jour après jour.

 

Gérard Filoche

 

Démantèlement (suite) de l’inspection du travail

Au boulot chronique n°522 Humanité-Dimanche

 

 

Le 20 novembre, le Conseil national de l’inspection du travail (CNIT) a pris connaissance et donné un avis sur le projet de décret relatif à la suppression des DIRECCTE et de la création de DDETS et DDTES-PP.

Le CNIT déplore vivement que l’inspection du travail soir reléguée au dernier plan alors qu’elle représente entre 1/3 et les 3/4 des effectifs des futures directions départementales selon qu’il s’agit de directions départementales de l’emploi et des solidarités (DDETS) ou de DDTES fusionnant avec les services dédies à la protection des populations (DDETS-PP).

Le CNIT rappelle  qu’au terme des conventions internationales, le système d’inspection du travail ne relève pas de l’autorité́ des Préfets de région ni de département et ne se conçoit qu’en conformité́ avec l’article 3.2 de la Convention OIT n°81, selon lequel  « Si d’autres fonctions sont confiées aux inspecteurs du travail, elles ne doivent pas faire obstacle à l’exercice de leurs fonctions principales, ni porter préjudice d’une manière quelconque à l’autorité́ ou à l’impartialité́ nécessaires aux inspecteurs dans leurs relations avec les employeurs et les travailleurs ».

Le CNIT appelle l’attention de la ministre sur la rupture organisationnelle que représente cette réforme avec des risques majeurs sur le fonctionnement de l’inspection du travail :  conformément à l’article 6 de la convention n°81 : « Le personnel de l’inspection doit être composé de fonctionnaires publics dont le statut et les conditions de service leur assurent la stabilité́ dans leur emploi et les rendent indépendants de tout changement de gouvernement et de toute influence extérieure indue. »

Le CNIT s’interroge  sur l’opportunité́ de la mise en œuvre de cette réforme, avec des échéances au 1er janvier 2021 et au 1er avril 2021 alors que la pandémie en cours exige une disponibilité́ et une vigilance hors normes de l’inspection du travail.

Gérard Filoche

 

 

Cadeau de Noël pour les travailleurs des plateformes ?

Au boulot n° 521 chronique hebdo  dans l’Humanite dimanche 10° année

 

 

 

Un projet de directive relative aux travailleurs des plateformes numériques a été déposé par Mme Leila Chaibi, députée européenne membre de la commission emploi et des affaires sociales du Parlement européen. Elle est le fruit d’un travail collectif avec des chercheurs, des docteurs en droit privé, des économistes, et des syndicalistes dont le secrétaire confédéral à la CES (Confédération Européenne des syndicats) et le secrétaire du CLAP Collectifs des livreurs autonomes de Paris.

Elle rappelle génialement que le socle européen des droits sociaux dispose que les travailleurs ont droit à un traitement égal et équitable en ce qui concerne les conditions de travail, l’accès à la protection sociale et la formation et ce indépendamment du type et de la durée de la relation de travail.

Le projet de directive vise à garantir la protection des travailleurs des plateformes numériques, en alignant leurs droits du travail et leurs droits sociaux sur ceux du reste des travailleurs.

Elle entend pas « plateforme numérique » : entreprise de services organisés hors ligne, 
notamment dans le secteur du transport de personne avec chauffeur et de la livraison de repas, et dont l’objet est de proposer à ses clients via des modalités numériques et algorithmiques une force de travail qu’elle organise en vue de la réalisation de la prestation qu’elle leur propose.

Elle entend par « travailleur » : toute personne qui conclue avec une plateforme numérique un contrat portant sur la location de sa force de travail, qu’elle soit intellectuelle ou manuelle, en vue de la réalisation du service proposé et organisé par la plateforme et ce moyennant rémunération.

Aligner par directive au niveau européen toutes les travailleuses et les travailleurs des plateformes sur le statut de tous les autres salariés, voilà qui ne serait que respect de l’égalité des droits du travail et droits égaux à la protection sociale.

Enfin un légitime et nécessaire cadeau de Noël.

Gérard Filoche

 

Prévention santé travail Menace par la loi Lecocq en février 2021

Au boulot n° 520 chronique au boulot a lire chaque semaine dans l’Humanite dimanche

 

Ils ont fini, côté gouvernement, par reconnaître qu’un jour de carence retenu sur salaire en cas de maladie, au lieu d’être dissuasif contre l’abus de prise de congés était dissuasif contre la nécessité de se soigner. Pour ne pas perdre un jour de salaire, en ces temps de disette, la tentation était de ne pas se déclarer atteint par le virus. Et le « jour de carence » était contradictoire avec la prévention.

Hé oui, la santé et le salaire c’est lié. Ce ne sont plus les coups de grisou qui tuent, mais sur 250 000 accidents cardiaques et vasculaires, la moitié est liée au travail. Et le virus est au travail.

Tout le monde le sait, mais alors pourquoi le gouvernement Macron-Castex fait-il reculer la médecine du travail en pleine pandémie avec le projet de loi Lecocq, député LREM du Nord, prévu en février 2021  ?

Car la médecine du travail, ce n’est pas de la médecine générale, c’est une spécialité.

Ça demande une formation et une approche spécifiques liées. Il y faut donc un corps abondant de médecins formés comme des spécialistes en mesure de connaître les branches, les métiers, d’être présents sur le terrain. La médecine de prévention au travail, ça ne se pratique pas dans des cabinets en ville, ça implique la connaissance de l’ergonomie, des postures, des efforts exigés, de la température, des éclairages, des machines, des atmosphères, des risques. Et ça implique des CHSCT où l’on en discute entre protagonistes, patronat, syndicats et médecins, experts des relations psycho-sociales. Ca implique des médecins indépendants et une responsabilisation financière et juridique des patrons.

N’a-t-on pas davantage besoin de visites de la médecine du travail dans toutes ces usines et bureaux ou des millions de salariés sont obligés d’aller en première ligne, « coûte que coûte » et à « n’importe quel prix » pour faire fonctionner l’économie au risque d’attraper le Covid ?

Alors pourquoi le gouvernement a-t-il supprimé les CHSCT ? Pourquoi remplace-t-il la médecine du travail par la médecine de ville ?

Gérard Filoche

 

 

Chômage partiel : fraude patronale galopante incontrôlée

Au boulot n°519 chronique Humanité Dimanche

Neuf femmes de chambre, serveurs, cuisiniers d’un hôtel de Bourgoin-Jallieu ont été placés en chômage partiel par leur employeur lequel s’est mis en liquidation judiciaire le 8 septembre mais en déclarant neuf salariés en activité partielle pour recevoir les fonds publics sans les leur reverser. Une fraude de 15 000 euros et 28 500 euros de salaires sont dus. L’affaire tarde devant les prud’hommes le 3 décembre, les ex-cogérants s’étant rendus injoignables !

Exemple parmi des centaines de milliers d’autres : la fraude au chômage partiel a battu tous les records. Celui-ci coûtait 50 millions d’euros par an : la facture grimperait à plus 24 milliards en 2020 soit 25 fois plus. Il y aurait eu 12,5 millions de salariés en chômage partiel (et 8,5 millions en télétravail). En juin, Pénicaud avait reconnu 850 fraudes sur 3000 contrôles. Le chiffre de l’été, 225 millions de fraude (270 000 contrôles, 9500 délits) est largement sous-estimé. C’est probablement plus de 30 % de fraude.

Les admonestations de la ministre Bornes contre les patrons voyous n’ont pas eu d’effet dissuasif. Tout simplement parce qu’il n’y a pas de moyens de contrôle suffisants. L’employeur bénéficiait d’un délai de 30 jours aprèsle placement des salariés en activité partielle pour faire sa demande. La Direccte, autorité administrative, disposait de 48 heures pour la valider. Mais à défaut de réponse, la demande était implicitement validée ce qui se faisait tout le temps.

Or le gouvernement est en train de dissoudre les Direccte au 1erjanvier 2021. On n’est pas prêt de voir les sanctions tomber ! 
Le ministère du travail se coupe les bras et les jambes en créant des nouvelles DREETS et DDTES-PP (« Directions régionales de l’économie de l’emploi du travail et des solidarités » et des « Directions de l’économie de l’emploi du travail et des solidarités ») des usines à gaz (rejetée par tous les personnels et leurs syndicats) dans le but d’être complaisants envers les entreprises et de marginaliser l’inspection du travail.

Les patrons voyous ne vont pas avoir assez peur pour bien se tenir.

Gérard Filoche

 

 

 

 

Dans la marine, ça ruisselle pas

Humanite-Dimanche chronique hebdomadaire n°518 (11° année)


On sait combien les riches ne « ruissellent » pas. Plus ils sont riches plus ils en veulent.

Plus ils se croient tout permis.

« Le yacht M/Y IDOL de 59 mètres de l’héritier de Décathlon a été saisi dans le port d’Ajaccio » selon Corse-matin du 21 novembre qui explique : « L’équipage ne bénéficiait pas de protection sociale et de cadre légal concernant le temps de travail.Le propriétaire, par le biais de montages, ne déclarait pas le personnel ». Le droit du travail français a été contourné : navire battant pavillon maltais, appartenant à une société domiciliée sur l’île de Guernesey, laquelle embauche six membres d’équipage recrutés aux Philippines. Marins et hôtesses sont payés entre 1 500 et 2500 euros en fonction du poste à bord pour 70 à 85 heures par semaine sans jour de repos.

Lorsque le patron a demandé que l’équipage soit à disposition dans le cadre d’une soirée organisée à Ramatuelle, ils ont refusé. Suite à cet ultime abus, le capitaine, son second, les deux mécaniciens et les six employés philippins ont fait procéder à la saisie conservatoire du yacht dont la valeur s’élève à 2,2 millions d’euros, correspondant au montant des arriérés qu’ils réclament devant les prud’hommes le 20 décembre prochain.

Au delà des yachts privés, il y a les patrons de la marine marchande  : « en
 octobre 2020, plus de 800 000 travailleurs de la mer, sur le 1,7 million que compte la marine marchande, étaient bloqués, les uns à bord, avec l’interdiction de descendre, et les autres à terre, avec l’interdiction de monter » rapporte Pierre Rimbert dans le Monde diplomatique : « Pour ces derniers, l’absence de contrat, et donc de salaire, les condamne à la misère. Pour les autres, toujours en mer, l’enfer s’éternise depuis  mars, quand la mise à l’arrêt de l’économie asiatique, puis mondiale, a empêché la relève des équipages et comprimé l’horizon des matelots aux quartiers spartiates des porte-conteneurs et vraquiers ou aux ponts inférieurs des navires de croisière. »

Gérard Filoche

 

 

Histoire de Marie et Gabriel

L’annonciation faite à Marie mise en perspective

Du Trecento au Cinquecento, les « Annonciations faites à Marie » vues dans les Musées que j’ai visités, de Florence à Rome, de Venise à Sienne, de Turin à Pérouse, m’ont toujours fascinées. Ah qu’il est beau le Gabriel. Et qu’elle est attentive la Marie !

Il faut dire qu’à travers des centaines de tableaux,  refaits sans cesse pendant des décennies, la situation décrite est cocasse : un « archange » arrive, bel homme. Le mari n’est pas là, menuisier, il doit travailler ailleurs. Et « l’archange » propose à la Marie de lui faire un enfant. D’une façon il est vrai particulière puisqu’elle reste « vierge », et que l’honneur sera sauf, on dira qu’il est le « fils de dieu ». Beau coup. GPA. PMA. De quoi faire vaciller la foi des plus solides des anti mariage pour tous.

Depuis le temps que j’en parle avec délectation, ma fille Emma m’a offert à Noël, un livre sur « L’annonciation italienne » et « les perspectives ». Je m’attendais naturellement à ce que ce soit un livre un peu coquin sinon plus. J’imaginais déjà les regards pénétrants et multiples du Gabriel et ceux, intéressés, surpris mais séduits de la Marie. D’autant que mes souvenirs de mes visites assidues aux musées étaient très précis : la gestuelle du Gabriel était plus conquérante et offensive que celle des amoureux des films d’aujourd’hui, et les défenses de la Marie m’ont toujours semblé d’une vulnérabilité infiniment délectable, rarement autant réussie dans les grandes productions de nos jours. J’ai toujours souhaité qu’un éditeur me permette de publier en un beau livre illustré, une bonne cinquantaine d’Annonciation commentées, évidemment pas de façon religieusement orthodoxe mais avec une approche sensuellement intéressante. Hélas l’occasion ne m’en a jamais été donnée. Là Daniel Arasse, à la bibliothèque Hazan pour 18,25 euros ne se consacre pas à l’émotion érotique mais à l’ « histoire de la perspective » d’abord « théologisée » puis « contredite », et enfin « merveilleuse » et « débordée ». Il va de Florence à Venise, de Masaccio à Titien, d’Arezzo à Bellini. Mais le lisant j’avoue que derrière un ton très érudit, il laisse quand même à penser.

Il y dit que dans l’Annonciation s’opère une sorte de « caritas » qui permet l’Incarnation. Vertu et Incarnation. A la politique de l’offre, répond celle de la demande, et Marie, après une surprise légitime, « Ô vierge, hâtez vous de répondre, ô ma dame, répondez par une parole et recevez le Verbe, dites un mot qui ne dure qu’un instant et renfermez en vous l’Eternel. Levez vous, courez, ouvrez ». Ouvrir, Marie ne tarde pas. « C’est par l’ineffable charité divine que le Verbe s’est fait chair » : il y a une façon de dire ça dans le livre sérieux qu’Emma m’a offert, quand même, qui émeut le corps. « Comment cela sera t il ? » demande Marie  et Gabriel répond sans hésiter «  L’Esprit sain viendra sur toi ». Et de raconter que ça s’était déjà fait entre Dieu et Sarah, laquelle, Abraham étant  vieux, avait « ri en elle-même » à l’idée de pouvoir être enceinte, mais « Y a t il quelque chose de difficile pour le seigneur ? » Bah non. Marie répond à Gabriel sans se tromper : « Qu’il m’advienne selon ton Verbe ».

Pour que ça aboutisse à Noël, il faut que ça se passe le 25 mars. J’avais calculé pareil pour moi qui suis né le 22 décembre, alors que mon père René, menuisier, lui aussi, rentrait de 5 ans de camp de prisonnier fin mars 1945. La liturgie du 25 mars nous dit on, « c’est à la fois la création d’Adam, le péché originel, la mort d’Adam, celle d’Abel tué par Caïn, et celle du Christ sur la croix. » Terrible 25 mars ! « L’Incarnation est le moment où l’éternité vient dans le temps, l’immensité dans la mesure, … l’incorruptible dans le corruptible, l’infigurable dans la figure, …l’incirconscriptible dans le lieu, l’invisible dans la vision, l’inaudible dans le son, l’impalpable dans le tangible, la source dans la soif, le contenant dans le contenu, la longueur dans la brièveté, la largeur dans l’étroitesse … » selon Saint Bernardin. Evocateur !

On peut dès lors formuler le « problème artistique » de la « perspective » qui va nous occuper, écrit Daniel Arasse. Difficile aux peintres de « figurer l’Incarnation » !  Ils y font allusion au moyen de motifs accessoires et de détails iconographiques secondaires tout en se concentrant sur un dispositif perspectif centré et symétrique » : on y voit des plans avec des colonnes, des niches, des grottes, des buissons, des portes fermées et ouvertes, des alcôves, des coussins, et des lits.

Je préfère le Gabriel de Domenico Veneziano vers 1445, il a tout en matière de « dispositif centré » : il pointe le doigt, une colonne, une entrée arrondie centrale, une tonnelle avec buisson, une porte fermée, et à la pointe de la branche qu’il tient, jaillissent des lis blancs. Marie en face semble lointaine, barricadée derrière quatre autres colonnes, mais elle s’incline avec émotion et dévotion, les bras souplement repliés mais prêts à s’ouvrir, on voit bien qu’elle rend grâce.

Mais le Fra Bartolomeo 1497 lui ressemble beaucoup.

Les mêmes symboles fleurissent dans chaque annonciation : la colonne, le doigt pointé, l’éjaculat de lys, la porte, le buisson… Fra Angelico nous fait un Gabriel baroque  avec deux ailes florissantes et colorées, un bras tendu à mi hauteur, l’autre au doigt pointé, mais Marie s’est échappée des colonnes et s’est bien avancée pour le recevoir, le haut du corps dégagé, les bras croisés mais plus bas, souplement prêts à s’ouvrir eux aussi.

Gabriel exubérant, coloré, paré comme un paon, c’est aussi Filippino Lippi en 1484, qui résisterait à son déploiement de couleurs vives ?  D’ailleurs Marie s’incline bas.

Perino del Vaga fait un Gabriel en mouvement, incliné, il se précipite vers fougueusement, doigt levé aussi, et Marie dubitative, accoudée, se penche vivement, se tenant même le menton pour contenir  et centrer mieux sa grande attention envers le bel et jeune arrivant.

Avec Piero della Francesca, l’allée arrondie qui les sépare est plus profonde, la porte plus enfoncée, les colonnes plus nombreuses, Gabriel vient de dehors, il est à genoux, membres renfermés croisés masqués, Marie est en apparat et c’est derrière elle qu’est l’alcôve.

Le Gabriel d’Aretino vers 1390, est quasiment en action, il fonce, une main avancée à mi-hauteur, il touche le buisson, l’autre bras arrive pour étreindre, il a le regard braqué sur Marie qui attend dans l’alcôve, déjà presque en chemise, inclinée et volontiers défaite.

Un autre Piero della Francesca en 1455 dessine Gabriel le doigt pointe légèrement recourbée, l’autre main s’engageant, mais là ce sont les gestes de Marie qui expriment le mieux, à la fois la surprise et l’acceptation. « Ah bon » dit une main en l’air, et « mais oui » dit l’autre main très agitée. Le doigt bien dressé c’est encore dans le « maitre de l’annonciation Gardner ».

Ambrogio Lorenzetti fait brandir à la main de son Gabriel, une sorte de branchage serré et gonflé, tandis que l’autre main s’auto-désigne, et dit « oui, c’est bien moi, veux tu entendre mon verbe » ? Le visage est volontaire et déterminé à ne pas laisser passer l’Incarnation, ce grand moment de l’humanité. Marie lève les yeux au ciel mais ses mains parlent pour elle et, alanguies, disent oui.

Il existe un Pietro Lorenzetti où Gabriel a l’air de s’excuser de sa demande et où Marie se tasse dans le fond de sa chambre,  étonnée encore indécise. Gestuelle qu’on retrouve accentuée, chez Ferrer Bassa, 1346.

Guido da Siena fait un Gabriel accourant avec des symboles multiples, avançant et conquérant Marie, ailes, bras, fleurs, branches, déployées, Marie réfugiée dans la tour semble se défendre sans conviction, une petite main à son col, et l’autre, repoussant déjà sa robe.

Duccio 1311 fait un Gabriel impératif, quasi ordonnant le consentement, et une Marie, subissant, tassée sur elle même.

Pietro Lorenzetti place carrément Marie dans sa chambre et à côté du lit acquiesçant à un Gabriel didactique qui sent bien qu’il va l’emporter. Une colonne les sépare seulement.

Le Gabriel de Simone Martini de 1333 dispose lui aussi d’une batterie de branchages inclinés, fleurissant, orientés, et la main levée, s’adresse à une Marie qui minaude carrément. Inclinée comme le repoussant par le haut du corps, semblant le repousser et s’interroger, mais bien assise, le reste du corps bien en avant, exprimant le désir.

Il y a des fois ou Gabriel arrive en sujet volant (Biagio di Goro Ghezzi) tout entouré de traits de lumières (Cristofano Allori 1580) et où Marie paraît carrément circonspecte, l’œil intrigué. Dans le Carlo Braccesco, 1495 Gabriel arrive comme un oiseau, et Marie, surprise, semble s’en protéger.

Et il faut regarder les têtes inclinées des Marie qui disent « oui » avec un fin sourire, et plus ou moins de curiosité pétillante, de complicité immédiate, d’attrait manifeste, sinon carrément d’envie exprimée.

Dans Fra Angelico, on a l’impression que c’est déjà le second rendez-vous et que l’Incarnation est déjà passée par là. Dans Lorenzo di Credi 1485, Gabriel supplie si bien qu’on devine Marie illuminée et gracieuse, qui répond, « mais oui mon ami tout de suite» et lui fait signe de la suivre. Dans Cosme Tura, la Marie en rêve,  le peintre nous fait savoir, à nous, qu’elle ressent le bonheur qu’elle ressent, profondément, à la proposition de Gabriel.

Botticelli les dessine en vis-à-vis, Gabriel, en fait, incliné s’introduit vers la chambre, Marie, encore plus inclinée acquiesce totalement.

Par contre Gabriel est très féminin lui même dans Benvenuto di Giovanni ou chez Francesco di Gorgio 1475.

Par contre dans le Pérugin, 1490, plus de barrière entre Gabriel et Marie rapprochés et visiblement sur le point de conclure comme dirait Michel Blanc. La « perspective » s’estompe.

Dans le Sandro Botticelli, Gabriel et Marie sont déjà si proches, que l’on peut croire que la parade amoureuse est déjà dépassée, ils se touchent presque, l’acte va se consommer sous nos yeux.

C’est beaucoup plus cérémonial chez Léonard de Vinci,  Gabriel se déclare avec solennité, Marie assise, distante, mais avançant déjà subrepticement une main, l’écoute avec beaucoup de chaleur intérieure.

Dans André del Sarto,  1512, c’est Marie qui domine et dirige et va décider de ce qu’elle va répondre à un Gabriel suppliant. Le même peint une scène intimiste entre un Gabriel jeune et ange, et Marie sensuelle et bouleversée, en 1528.

Puis tout se débride avec le temps qui passe. On part vers ce que Daniel Arasse appelle la « perspective débordée ». C’est chaud.

Et hélas, ça va s’arrêter, trop court, car ça devient de plus en plus passionné, romantique, imaginatif. Les scènes d’approche ne sont plus suggérées mais imposées, fortes et parfois mystiques et mythiques. En fait le livre que m’a donné Emma ne permet pas de brasser assez de diversités, de siècles, de pays, de peintres,  pour travailler à celui dont je rêvais. Il permet juste d’aborder le sujet.

On finira par des esquisses des plus beaux, là où, en fait, ça commence : chez le Caravage, 1608,  la scène est torturée, c’est une tragédie et pas un flirt, Marie est agenouillée, et Gabriel la survole en souffrance, lui intime d’accepter.

Chez Véronèse, Gabriel est insolent de lumière, de beauté, de certitude, et domine aussi sa Marie.

Titien 1519, fait accourir un jeune Gabriel échevelé, vers une Marie sûre, forte, et belle, qui l’attend à genoux pour le recueillir.

Tintoret noue une pièce élégante et fine entre les deux qui se disent « oui ». Dans une autre en 1587, Marie est carrément renversée par la fougue de Gabriel…

Et on en est à 370 pages, je reste sur ma faim. Je veux le même avec de plus jolies et fidèles reproductions, sur une période plus longue, et la possibilité de saisir des détails plus riches surtout, chaque fois, les yeux de Gabriel et de Marie.

 

La proposition 22 de Uber

Au boulot n°517  chaque semaine lisez la chronique Humanité Dimanche, 11° année

 

La « proposition 22 » a été adoptée en Californie par référendum le 3 novembre 2020 : Uber a dépensé là-bas 200 millions de dollars pour faire adopter son système de dérégulation anti-salariat. Ceux qui s’y opposaient jusque-là, et avaient marqué d’énormes points en défense du statut de salarié (garantie aux employés de congés maladie, du paiement d’heures supplémentaires et accès à une assurance-chômage) n’ont disposé que de 20 millions de dollars pour y résister et ont été battus. Les chauffeurs et autres auto entrepreneurs en Californie sont redevenus corvéables à merci sans droit ni loi protectrice.

Comme quoi il faut se méfier des referendum sur des questions biaisées.

L’avocat Tony West qui a gagné ce vote réactionnaire est conseiller de Kamala Harris, et un certain Matt Olsen d’Uber Technologies a été recruté dans l’équipe de transition de Joé Biden. Uber souhaite, après les Etats-Unis, « changer la norme dans le monde entier ». Alexandria Ocasio-Cortez, députée de gauche, a alerté ses électeurs à New York sur le danger des « représentants venus de la Big Tech dans l’équipe Biden, ce qui va avoir un effet incroyablement dommageable sur les droits et le monde du travail»

Il ne faut pas prendre cela à la légère. Nous le répétons : nous savons que le principal soutien de Uber en France n’est rien moins que Macron : le point n°1 de son programme de campagne en 2017 était « la suppression des cotisations sociales », il plaidait dans son livre Révolution pour une « société post-salariale » « sans statut ».

La grande bataille mondiale de défense des droits du salariat est relancée, question centrale de la lutte des classes. Le salariat a de l’avance encore, il représente 54 % des actifs dans le monde et 88 % en France. Mais dans notre pays, il a reculé de 2 points ces trois dernières années, l’ubérisation  rampe. D’ailleurs maintenant il y a 16,6 % de pauvres parmi les « indépendants » contre 5,9 % parmi les salariés.

C’est clairement un enjeu de civilisation.

Gérard Filoche

 

intervention à la « convergence des services publics » anniversaire de la Sécu, Paris, le samedi 14 nov 20 à 17 h

Cette réunion montre la multitude de points communs entre les divers mouvements de gauche, comme l’a illustré aussi récemment le « plan de sortie de crise » proposé conjointement par 22 organisations et syndicats [Plus jamais ça (PJC)]. S’appuyer sur ces points de convergence communs permettrait d’être plus percutant pour agir efficacement. Deux exemples qui sont aussi des propositions d’action :
* « Non aux 18 € ! » : le forfait prévu de 18 € à chaque passage aux urgences est scandaleux, nous sommes tous contre et pourtant nous ne sommes pas parvenus (encore) à le renvoyer aux oubliettes : une action concertée à partir des 22 de PJC élargis à d’autres mouvement, une campagne massive sur les réseaux sociaux, pourrait permettre de bloquer cette mesure antisociale ;
* la réforme de l’assurance chômage : les cinq centrales syndicales ont pris position contre le projet de loi – ce n’est pas si fréquent. Là aussi, il faudrait s’appuyer sur cette unité pour faire levier et, tous ensemble à gauche, obtenir l’abrogation d’un texte qui casse les protections des plus fragiles.

- Je profiterai de l’occasion pour insister sur un fait : Macron n’agit pas masqué. Il a dit et écrit expressément (y compris dans son ouvrage-« programme » Révolution) que son objectif était de supprimer les cotisations sociales. Notre dénonciation peut et doit commencer par là, ainsi que notre contre-attaque pour la défense de notre Sécurité sociale. Il y a plus de trente millions de salariés en France ; nous devons pour eux et avec eux défendre un système dont ils sont les piliers, tous risques confondus, et faire en sorte que le patronat paye pour son financement, via les cotisations sociales.

- Il faut aussi rappeler que des trois budgets en France (Etat, collectivités territoriales et Sécurité sociale), celui de la protection sociale est celui qui à ce jour a produit le moins de dette, avec 10% de l’endettement public total – il est peut-être même trop équilibré. En tout état de cause, il faut préserver le budget séparé dédié à la protection sociale, avec des cotisations pré-affectées – contrairement aux autres recettes publiques – et veiller : d’une part, à ce que chaque Euro prit par l’Etat à la Sécu lui soit rendu ; d’autre part, à ce que les cotisations soient alignées sur les prestations (qui augmentent actuellement en pleine crise COVID) et pas l’inverse, en augmentant quand nécessaire le taux de cotisations notamment pour les patrons, sans recourir à des substituts comme l’allongement de la durée du travail.

En même temps, il faut :

- rétablir la gestion démocratique de ces ressources, qui sont une composante du salaire brut des salariés, dont le contrôle (notamment depuis Alain Juppé), cela a été souligné, a hélas été préempté par la technocratie libérale (le ministère des finances notamment). Je suis pour revenir à des élections liées la Sécu tous les cinq ans, pas selon le principe paritaire mais sur la base « un humain, une voix », permettant la désignation de représentants à une chambre séparée élue démocratiquement – qui dans le cadre d’une éventuelle VIe République pourrait se substituer au Sénat. Accessoirement un tel scrutin donnerait une indication sur la représentativité réelle des syndicats ;

- établir une cotisation progressive, avec un plafond ;

- veiller à l’unicité du système et supprimer la galaxie des mutuelles et des complémentaires (400 environ) qui sont le cas échéant à l’origine de prélèvements considérables sur les fiches de paye. Et pour cause : leurs frais de gestion sont en moyenne de 25 % (il n’y a qu’à voir ou entendre les nombreuses publicités via lesquelles elles s’affrontent et que nous finançons par nos cotisations), contre à peine plus de 5 % pour la Sécurité sociale. Elles créent des inégalités très fortes de protection entre salariés. Il serait tout à fait envisageable de les supprimer en intégrant leurs agents dans les cadres d’une Sécurité sociale dont l’unicité et la justice serait réaffirmées

* Je terminerai en évoquant trois points :

- L’importance de la prévention en général et de la médecine du travail et scolaire en particulier, dans lesquelles il nous faut (ré)investir. Importance pour les citoyens, mais aussi pour l’équilibre financier du système puisque prévenir, c’est faire des économies de soins pour plus tard.

- Une 5ème branche ? Pourquoi pas, si elle est associée à une cotisation spécifique avec une ligne de cotisation supplémentaire dédiée au sein du système de Sécurité sociale unique que je viens de décrire. Elle devrait recouvrir une acception large de la dépendance, y compris par exemple pour certains jeunes de 18 à 25 ans. Par ailleurs et en tout état de cause, les EHPAD ne devraient pas être confiés au privé – l’expression « or gris » est scandaleuse – et il faut augmenter à grande échelle leurs moyens. Les praticiens parlent de la nécessité de recruter 100 000 salariés pour établir des conditions d’hébergement plus humaines.

* Il manque 100 000 soignants ? Un des moyens pour trouver rapidement et efficacement des volontaires serait de créer immédiatement un 13ème ou un 14ème mois pour ces opérateurs indispensables de santé.

« Protocoles », faux chomage partiel, assurance prud’homale, précarité accrue

Au boulot  chronique hebdomadaire, n°516 Humanité dimanche

Code du travail en bouillie

Depuis 2013, par ANI, ordonnances, lois d’urgences, dérogations multiples, ils ont fait du code du travail un champ de ruines.

L’état de droit dans les entreprises recule tous les jours impitoyablement.

Ils en sont à inventer des « protocoles sanitaires » ou des « protocoles sur le télétravail », délibérément, pour qu’ils n’aient pas force de loi.

Selon E. Bornes, le télétravail n’est « pas une option », ce qui veut dire que ça peut en être est une et elle laisse juridiquement les patrons ne pas l’organiser.

Elle sait qu’une majorité d’entreprises, sous couvert de chômage partiel, trichent, encaissent l’argent et font travailler quand même. Mais les moyens juridiques de contrôle de l’inspection ont été retirés du code du travail.

Elle sait que la prise de congés payés est désormais arbitraire et le non-paiement des heures supplémentaires est systématisé.

Des publicités circulent impunément qui proposent aux patrons «  En cas de procès aux prud’hommes par vos salariés, anticipez le risque, l’assurance prud’homale prend en charge les condamnations » ! Comme s’il y avait une assurance possible pour les délinquants.

Il faut dire que les patrons peuvent s’en donner à cœur joie : ainsi le patron de Sud-Ouest jette dehors, sans procédure, un dessinateur de presse pigiste au bout de 13 années. Il lui dit, tranquille :  « Tu peux toujours aller aux prud’hommes, en ce moment ça va te prendre au moins quatre ans, tu seras épuisé avant de gagner »

C’est ce qui vient d’arriver à l’excellent dessinateur Marc Large, parce qu’il avait osé demander un contrat de travail régularisé, après 13 ans d’attestations de pige,  payées de moins en moins pour une même quantité de travail.

Un avertissement en direction de  tous  les précaires maltraités, partout en ce moment, par les profiteurs de pandémie.

Marc Large en appelle au soutien car tous les moyens sont bons pour  résister partout :

https://rue89bordeaux.com/2020/11/vire-de-sud-ouest-marc-large-grand-prix-du-dessin-de-presse/

Gérard Filoche