Dire « non » à la politique du gouvernement Valls ce n’est pas s’opposer au PS, c’est le sauver.

Le gouvernement Valls n’émane pas du PS. Il lui a été imposé par le mécanisme non démocratique des institutions de la Ve République. Il ne rassemble pas les socialistes, mais une toute petite partie d’entre eux. Il ne correspond pas au « projet » des socialistes, ni au vote de ses congrès.

Le gouvernement Valls ne rassembla pas davantage la gauche, et encore moins les électeurs de gauche, il les décourage et les pousse à l’abstention. C’est un gouvernement qui repose sur une tête d’épingle, qui défend une politique qui n’a pas de majorité dans le pays.

Le gouvernement Valls mène une politique qui échoue tant sur la baisse des déficits que celle de la dette. Elle aggrave les inégalités et le chômage de masse. Elle suscite un mécontentement croissant, et va donc dans le mur.

Puisque ni le président ni le gouvernement ne veulent se rendre compte de l’impasse dans laquelle ils sont et nous enferment, il urge d’en sortir. Chaque jour de plus de la politique du gouvernement Valls nous entraine dans la catastrophe. Il reste peu de temps pour corriger et sauver le quinquennat d’une débâcle complète.

Le débat d’idées et de conviction nous le menons tout le temps et partout, dans les institutions, dans le parti, dans les assemblées de la gauche, dans les luttes sociales. Ca se joue dans les mois qui viennent, surtout pas en « attendant 2017″.

Mais s’il y a un endroit (en attendant l’explosion sociale) ou, à l’heure actuelle, il peut se dénouer c’est au Parlement : il existe assez de députés convaincus pour refuser le budget « grec » catastrophique que le gouvernement veut imposer pour 2015 : 50 milliards en moins sur les besoins sociaux, Sécu, collectivités territoriales, fonctionnement des services de l’état, (allocations familiales) et 41 milliards donnés totalement en vain au Medef qui, avec la droite en demande le double.

Alors le Premier secrétaire socialiste, non élu, JC Cambadélis a  affirmé que si les députés votaient « non à la confiance » ils seraient exclus ( scissionnant le parti) puis le Président a affirmé que si la confiance n’était pas votée il dissoudrait l’Assemblée (la remettant à la droite UMP FN). Cette double menace est d’une grande violence antidémocratique.

C’est inadmissible de parler « exclusion » et « dissolution » face à la gravité de la crise morale, politique et sociale que nous vivons,  dés que le débat sur une autre orientation à gauche s’impose. Ce caporalisme (qui sanctionne aussi  des députés) est d’un autre âge. Ce côté totalitaire n’est ni social ni démocrate, il empêche tout débat, tout progrès, toute chance de nous sauver.

Alors les députés ont cherché un biais tactique pour se mettre d’accord entre eux et agir :  sans voter « non », s’ils étaient assez nombreux (autour de 65, 70) pour s’abstenir, au prochain vote, celui du budget, celui-ci ne passerait pas.

On peut comprendre que les 100 députés mettent du temps pour se « trouver », et pour peser sur le fond. On comprend les soucis tactiques forcément. On sait hélas que face aux hésitations, le gouvernement Valls en joue et, propose de maigres contreparties, de maigres amendements qui ne modifient pas, même à la marge, la catastrophique orientation.

Mais il faut bien se décider à débattre, à se mettre d’accord et à sauter le pas. Il faut prendre des risques, car sinon la défaite, elle, est certaine. Au moins faut- il le dire, en faire prendre conscience, car le temps passe, d’autres déroutes électorales sont possibles si on ne fait pas ce qu’il faut à temps.

Pour aider, il faut multiplier les rencontres roses, rouges, vertes, car il vaut mieux avoir, en faisant tomber Valls, un gouvernement alternatif prêt s’appuyant sur la majorité réelle existante du Parlement, EELV PS FdG.

Dans la construction indispensable incontournable, urgente d’une unité rose rouge verte, on ne réglera pas tout, ni le passé, ni tout le futur, ce qu’il faut c’est le présent, l’immédiat, un programme d’action court essentiel, sur deux ou trois questions essentielles pour nos électeurs, pour les salaries, pour le pays. Un programme de gouvernement donnera confiance dans la mise en cause de Valls, dans la possibilité d’assumer sa chute, et réduira les risques d’une aventure de type exclusion et dissolution. Cela peut même convaincre le président de ne pas faire un putsch suicidaire contre sa propre majorité de gauche.

On a besoin d’un « programme de gouvernement immédiat » avec une réforme fiscale, et une relance sociale (hausse des salaires, droit du travail, contrôle des licenciements,  réduction du temps de travail) redistribuant les richesses pour que l’économie reparte. Ca redonnera confiance à gauche, donc dans le pays, ça repartira, la donne sera nouvelle.

La gauche socialiste doit se rassembler comme à Bellerive, et mieux qu’à Bierville et Vieux Boucau (Gard inclus). On n’a ni le temps ni les moyens de ne pas agir ensemble dans un « collectif » par delà nos différences – secondaires – d’approche.

A Bierville, dimanche 5 octobre, nous avons appelé à l’unité des socialistes, de la gauche socialiste et de la toute la gauche (en présence de Pierre Laurent et d’Emmanuelle Cosse).  A Vieux-Boucau, Guillaume Balas a explique à la presse qu’il voulait « un rassemblement de Laurent Baumel à Gérard Filoche.  Dans le Gard, Arnaud Montebourg a sans doute mieux à faire que d’attendre 2017, franchement c’est dans les mois qui viennent que tout se joue.

Nous proposons qu’il se mette en place un « collectif » de tous les socialistes contre l’austérité. De tous ceux qui veulent hâter des choix nouveaux. Qu’on coordonne organisationnellement nos efforts. Qu’on batte estrade communes. Pour ça, pas besoin de « chefs » de leaders, ni de « César » mais d’une volonté commune : halte à l’austérité, oui à un gouvernement de redistribution des richesses pour la relance.

 

 

 

 

On peut pas accepter… qu’un Président de gauche puisse se comporter de façon putschiste contre sa majorité de gauche

 

Nous sommes les héritiers du livre de François Mitterrand « le coup d’état permanent ». Nous sommes sociaux démocrates, c’est à dire contre le « pouvoir personnel ». En tant que socialistes, si nous sommes confrontés à un conflit entre un homme et une assemblée nous sommes pour le pouvoir à l’Assemblée, pas pour le bonapartisme. Entre un président, même élu au suffrage universel (ce qui est contestable) et une assemblée parlementaire élue au suffrage universel, nous donnons préférence et priorité à l’assemblée.

Là, nous sommes dans une situation politique ou le Président de gauche élu, a changé de politique par rapport à son programme électoral, par rapport a celui du parti qui l’a désigné et élu, par rapport à ce qu’il défendait lors des primaires, et par rapport à ses engagements de gauche dans son ensemble (rappelons qu’en avril et mai 2012, François Hollande proposait à Jean Luc Mélenchon de participer au gouvernement).

Ce fossé est tellement spectaculaire, que le président à nommé un Premier ministre qui ne représentait que 5 % des voix aux primaires, et que celui-ci n’a pu rassembler aucun autre secteur de la gauche, aucun autre secteur socialiste. Pire, le premier ministre de façon putschiste, le 25 aout dernier,  a insisté pour chasser deux ministres qui risquaient d’apparaître « dissidents » en dépit du fait que ceux-ci avaient voté toutes les mesures droitières de ce gouvernement.

Il est donc prévisible, naturel que surgisse une opposition parlementaire de gauche qui se réclame  des projets initiaux, programmes initiaux, discours initiaux du parti, de la gauche, du président…

Que cette opposition obtienne assez de force pour contrer la politique droitière du Président et du gouvernement, pour laquelle elle n’a pas votée, pour laquelle elle n’a pas été élue… est légitime. Or on en est pas loin, puisque la majorité est de 289 voix, et qu’il y a 290 députes socialistes. Au total il y a 340 députés de gauche rose rouge vert. Plus de 100 députés socialistes ont déclaré s’opposer à la politique d’austérité conduite par le Président en dépit du fait le Président nie qu’il s’agisse d’une politique d’austérité. Le conflit est là.

Que doit faire un président, démocrate, s’il est confronté à la mise en minorité d’un des gouvernement qu’il a désigné, par SA majorité de gauche ? Ce qui a guetté et guette encore à tout moment le gouvernement Valls, vu que le reste de la gauche ne vote pas pour lui et qu’une partie substantielle des socialistes s’opposent à lui ?

Nous noterons que la réponse de François Hollande, a d’abord été claire : ni démission, ni dissolution. Il avait évidemment raison de plaider en défense de son mandat contre le harcèlement de la droite. Il avait aussi raison de ne pas vouloir d’élections anticipées sous prétexte des difficultés rencontrées et exploitées par la droite.

Un « chantage à la dissolution » pour faire rentrer les députés socialistes opposants dans le rang, n’a aucun sens dans ce cas : puisque toute dissolution revient à la victoire de la droite et … donc à une démission.

Chacun sait en effet qu’une démission du Président ou qu’une dissolution, par lui, de l’Assemblée, dans le contexte actuel donnerait immédiatement une majorité probablement très massive à la droite.

Mais après, le vote de confiance arraché de justesse par le gouvernement Valls, le Président Hollande a déclaré que si ce vote n’avait pas eu lieu, il aurait dissous.

Notons qu’il a déclaré cela.. après. Mais notons aussi qu’une telle déclaration est inacceptable. Qu’est ce que signifie pareille menace sinon un « coup d’état permanent » ?

Cela ne signifie t il pas : « je préfère la droite plutôt qu’une autre politique de gauche dictée par une autre majorité de gauche » ?

Ou encore « - Si vous ne faites pas ce que je dis, je dissous et je donne le pouvoir à la droite ».

Ou encore il ne peut y avoir qu’une seule politique de gauche,… la mienne. Or François Hollande l’a redit « il n’y a jamais une seule politique possible ». Bien sur, il existe une autre politique de gauche possible.

Ou encore ça veut dire « le pouvoir du parlement est nul, soit il enregistre la volonté présidentielle, soit il est dissous ».

Mettre ainsi un couteau sur la nuque du Parlement est une des interprétations possibles de la Ve République : ce que fit Chirac en avril 1997.

Mais nous autres socialistes avons toujours été opposés au pouvoir personnel, à ce genre de coup de force (qui ne réussissent pas souvent… comme en 1997) et avons toujours préféré la démocratie. Au point que nous défendons une Vie République parlementaire et avons voté contre l’élection du Président au suffrage universel direct.

Il y a donc quelque chose d’intolérable et on ne doit pas s’y résigner, aux propos du Président.  Cette menace est d’une extraordinaire violence contre la démocratie, contre les socialistes, contre la gauche.

Propos hardis, car si par malheur, il mettait son chantage à exécution, il en paierait cher le prix :  non seulement il perdrait la majorité de gauche à l’assemblée, mais il serait réduit à une cohabitation dans les pires conditions, avec 13 % d’opinions favorables dans les sondages, la droite victorieuse demanderait chaque jour son départ, ca finirait en catastrophe totale. Un Président de gauche qui dissoudrait sa majorité de gauche dans de telles conditions serait profondément discrédité.

On doit plaider au contraire pour, dans un pareil cas, redonner davantage de pouvoir au parlement… de gauche. L’échec d’un gouvernement minoritaire nommé aux forceps contre sa propre majorité, contre sa propre politique initialement soumise au vote et adoptée, par un Président, c’est l’occasion de jouer le jeu de la démocratie, de valoriser le parlement.

Il est naturel en pareil cas que ce soit le parlement qui fasse une proposition de gouvernement et de réorientation au président.

C’est le Parlement qui doit l’emporter sur le Président en cas de conflit, pas l’inverse.

C’est pourquoi une majorité rose rouge verte doit s’imposer si le gouvernement minoritaire Valls échoue. C’est aux députés de jouer ! C’est aux groupes parlementaires de se réunir et de mettre au point une plateforme commune, un programme d’action immédiate. Nos partenaires de gauche sont prêts à cela.

Mais dira t on, le président « cohabitera » avec ce gouvernement rose rouge vert ? Ne vaut il pas mieux cohabiter avec une majorité de gauche qui défend ce que vous aviez défendu (même si vous l’aviez abandonné en route) que de cohabiter avec une majorité de droite.. qui vous combat politiquement et veut vous chasser personnellement ?

Il ne faut pas accepter le chantage  exercé par François Hollande, il faut défendre la démocratie, il faut introduire de la Vie république, en pratique et non pas durcir la Ve République dans ses plus mauvais travers.

Soyons sociaux et démocrates. Pas comme les libéraux qui sont si durs et si peu démocrates pour imposer une politique impopulaire.

De Bellerive, à Bierville et Vieux Boucau… Vive la gauche !

Il faut une grande coalition de gauche au sein du PS pour barrer la route à l’aile droite aux néo-blairistes    -

 

L’aile droite du parti socialiste a le pouvoir. Elle est au gouvernement. Elle est à la direction du parti. Mais elle n’est pas majoritaire en son sein. Ni dans la gauche. Ni dans le pays.

La droite du PS incarnée actuellement par Valls, est à l’offensive pour tenter de gagner la majorité du PS mais elle est encore loin d’avoir réussi. Le gouvernement Valls est minoritaire et repose sur une tête d’épingle, il est isolé dans la gauche, et isolé dans la base des socialistes, isolé aussi de la grande masse des électeurs de gauche, – qui désormais s’abstiennent.

Ceci dit, ce sont Hollande et Valls qui dirigent de facto et imposent, contre la volonté de la majorité des militants, contre les votes des derniers congrès (Reims et Toulouse), contre les thèmes de la campagne électorale de mai juin 2012 (« projet  2011 », discours du Bourget),  l’austérité, la politique de l’offre, la baisse du coût du travail, le recul des retraites, le blocage des salaires, le recul de la sécurité sociale, le recul des communautés territoriales, et, maintenant, même le recul de la politique familiale… Cette politique va dans le mur, mais elle fait mal à la gauche, à toute la gauche.

C’est Valls qui a imposé un « putsch » le 25 août dernier et écarté deux des ministres, qui l’avaient pourtant aidé à devenir Premier ministre et qui avaient tout voté, tout avalé de la politique dite de l’offre et de baisse du cout du travail, les 41 milliards donnés au patronat, et les 50 milliards d’économies sur les besoins publics.

Valls mène une offensive déterminée à la  façon de Tony Blair, pour casser « the old labour », ce qu’il appelle « la vieille gauche », ce que Macron considère comme « une étoile morte », et mettre un terme à ce qu’est le Parti socialiste depuis des décennies.  Tony Blair pour imposer « The new labour » avait d’abord conquis l’appui de la City, écarté les dirigeants traditionnels du Labour, cassé les liens avec les syndicats, modifié les statuts, puis chassé les militants, ré orienté vers la droite, et nommé à la direction du parti une armée de financiers à la Macron. C’est ce que tentent de faire Valls et ses partisans : si par malheur ils réussissent à l’occasion du prochain congrès, c’en sera fini du parti socialiste ancré a gauche que nous voulons.

 

C’est pourquoi il faut une large coalition, un large front de ceux qui veulent maintenir un Parti socialiste ancré à gauche, unitaire avec toute la gauche, et non pas un parti aseptisé, néo libéralisé, coupé de la gauche et du salariat.

Cette coalition peut et doit se faire sur la défense d’une orientation alternative pour sauver le quinquennat de la catastrophe vers laquelle la politique actuelle de Valls aboutit. L’austérité, les mesures anti sociales, anti code du travail, pro Medef, sans contreparties, non seulement échouent, non seulement accroissent la récession, la quasi déflation, mais elles heurtent notre électorat, cassent le moral de la gauche, sapent les mobilisations militantes (adhésions, engagements, luttes…)

Il y a donc une course de vitesse pour les deux années qui viennent :

-       soit  Manuel Valls et les siens réussissent à se maintenir, donc imposer leur cours catastrophique, déceptions, échecs s’accroitront, (avec le chômage, les inégalités et la misère) et nous irons totalement dans le mur, nous perdrons les départementales, les régionales, puis les législatives et la présidentielle – nous en seront éliminés au premier tour.

-       soit la gauche se ressaisit, et dans le PS comme chez nos partenaires, EELV et FdG notamment, un sursaut s’opère, Valls est contesté et mis en minorité, la majorité rose rouge verte se ressemble derrière des objectifs centraux, immédiats de redistribution des richesses, de relance salariale, de réforme fiscale…

Plus vite Valls sera mis en minorité, plus vite un autre gouvernement de defense et de reconstruction du projet de gauche unie sera en place, plus il y aura de chances de sauver le quinquennat et d’empêcher un retour catastrophique de la droite.

La « grande coalition » qui permet de bloquer Valls, l’aile droite, le putsch des « blairistes », elle va comme on dit, des « Aubrystes » à UMA, de Montebourg à  la motion 3 MLG et à la motion 4 (PVPL). La majorité du parti est là, dans « vive la gauche », et elle peut, elle doit rester majoritaire. On peut et on doit empêcher le coup de force, la main mise des droitiers, après tout Valls et les siens ne se sont jamais « comptés » dans le parti, et Valls lui-même n’a obtenu que 5 % aux primaires ouvertes.

La motion 3 a obtenu 13, 7 % des voix à Toulouse, et la motion 4 a obtenu 11,9 %…  Cela fait un potentiel de 25 % des voix au départ… « UMA » (Hamon Emmanuelli, Balas, etc…) avait choisi de se fondre dans la majorité avec Valls au congrès de Toulouse, combien représentent-ils de ce fait, on ne le sait pas…  Sur les 61 % de la majorité motion 1 de Toulouse, combien de voix allaient aux « aubrystes », combien allaient a UMA, combien allaient à Montebourg et ses amis, c’est difficile à dire, mais avec les motion 3 et 4 cela fait une assez large majorité potentielle, a condition qu’il y ait entente, solidarité et respect.

Cela n’empêche pas et ne résout pas tous les problèmes politiques, il restera des questions en débat mais aucune de ces questions de fond ne progressera si ce sont les « blairistes » qui gagnent. Donc, on peut et on doit les traiter entre nous, sans mettre en péril la nécessaire coalition capable de  sauver le parti.

Est ce possible ?

Oui car il y a une chronologie, il y a des précédents, un chemin déjà parcouru ensemble

1°) Oui, car le 18 février dernier, il y a eu un acte fondateur avec le texte signé en commun au BN par 29 membres du BN (sur 72) et ce texte avait un fond excellent qu’on peut toujours reprendre contre l’austérité, pour une autre politique de relance… la base politique est là.

2°) Oui, c’est possible, car le premier « appel des 100 » en avril a regroupé toutes les mêmes composantes dans la mesure ou elles étaient représentées à l’Assemblée comme elles l’étaient au BN. Et le texte était héritier de celui du 18 février.

3°) Oui, c’est possible, car les 21 et 22 juin, à Bellerive sur Allier toutes ces mêmes composantes (motion 3, motion 4, UMA, appel des cent… socialistes contre l’austérité..) se sont réunies avec 300 socialistes et ont lancé un « appel » unitaire aux socialistes, sur la même orientation.

4°) Oui, c’est possible, car une quatrième initiative « unitaire » a réuni 600 militants à La Rochelle le 29 aout, avec les initiateurs du texte du 18 février, avec ceux de l’appel des cent, ceux de Bellerive sur Allier, une trentaine de parlementaires et de membres du BN, donnant naissance dans l’enthousiasme à l’appel « vive la gauche ».

Et le week-end des 4 et 5 octobre, alors il y a trois réunions distinctes ?

Oui, il y a une réunion « UMA » (ou ex UMA) à Vieux Boucau.

Oui, il y a une réunion MLG motion 3 et motion 4 à Bierville.

Oui, il y a une réunion des amis de Montebourg.

Alors que tous étaient ensemble au Bn, dans « l’appel des cent », à Bellerive, à Vive la gauche, les voilà qui se réunissent séparément ? En trois endroits le même week-end ?

C’est un héritage des débats du parti et des motions du congrès de Toulouse. Cela n’est pas contradictoire avec la coalition dont nous avons besoin pour sauver le parti. Le maximum d’unité est possible et nécessaire. Cela murit.

La preuve en est qu’une délégation de Bierville vont à Vieux Boucau, et que des délégués de Vieux Boucau viennent à Bierville. La preuve en sera surement que nous discuterons des mêmes questions, avec les mêmes préoccupations.  Donc l’accord est possible.

 

 

 

ANI maudit : les ravages des « complémentaires »

L’ANI du 11 janvier 2013,  en rendant obligatoire l’adhésion des salariés à une complémentaire santé, qui peut être une mutuelle (actuellement 56 % du marché actuel, 25 milliards d’euros), une institution « paritaire » de prévoyance (17 % du marché) ou une assurance privée (27 % du marché), efface d’un coup le principe de base de la sécurité sociale. Il se met en place un « millefeuille » diversifié et inégal de cotisations et assurances privées « complémentaires » au détriment des cotisations proportionnelles de toutes et tous, collectées par les mêmes caisses et redistribuées à chacun selon ses besoins, c’est à dire la « Sécu » comme nous l’aimons.

Le système du « millefeuille » cotisations, mutuelles, complémentaires, prévoyance et assurances existe au détriment de la « Sécu » socle mutualisé de la nation. L’ANI va contribuer à détourner d’énormes parts du salaire socialisé que sont les cotisations sociales vers la poche des dirigeants des grandes assurances privées. Les sommes en jeu, autour de 4 milliards d’euros, sont considérables.

A l’horizon du 1er janvier 2016, daté de la mise en œuvre effective prévue, toutes les entreprises quelles que soient leur taille devront proposer une « complémentaire » payée à 50/50 par les deux parties, employeur et salaires. (Jusque-là c’était 47 pour le salarié, 53 pour l’employeur). L’employeur ne payant que 8 % d’impôts l’octroi de cette assurance sera moins onéreux qu’une hausse de salaires.

Mais le « panier » de soins négocié par l’ANI est hyper restreint : en matière de lunetterie et de dentisterie, il est même inférieur, à la CMU complémentaire. Il est tellement a minima que les salariés des petites entreprises seront astreints à une sur-complémentaire : là des « contrats responsables » les obligeront à des « parcours de soins coordonnés » qui, s’ils ne sont pas respectés, leur imposeront des taxes supplémentaires en cas de dépassement des plafonds.

Le Conseil constitutionnel a imposé que la loi du 14 juin 2013 issue de l’ANI, au nom de « la liberté d’entreprendre » confie aux seuls employeurs, le choix des assureurs. Pain béni pour les gros groupes privés. Alors Axa, Generali, AG2R, Médéric-Malakoff, au détriment des Mutuelles, préparent avidement les prospecteurs et les prospectus : ils font du « dumping » pour conquérir cet énorme marché et feront remonter leurs prix fortement ensuite, la duperie contre les salariés n’en sera que plus grande.

Peu à peu tous les pans négatifs du bilan de l’ANI dicté par le Medef à 3 syndicats, se démasquent avec leur cohorte de reculs de droits du licenciement, en matière de précarité et de santé (1).

Gérard Filoche

(1) « Comment résister à la démolition du Code du travail » Gérard Filoche, Préface de Thierry Lepaon, Editions « Le vent se lève » 116 p. 10 euros,

Mon intervention au BN du PS de mardi 30 septembre : sénatoriales, dette à 2000 milliards ? Primes de naissance 2° enfant, Gattaz, Bayrou, et le code du travail…

Bureau national du PS du mardi 30 septembre  -   Intervention de Gérard Filoche

Je comprends qu’on tienne des propos s’efforçant d’atténuer notre nouvelle défaite aux élections sénatoriales. Mais il n’en ressort pas moins que c’est la troisième de l’année après le désastre des municipales le 30 mars, et le fait inouï que nous ayons été derrière le Pen aux européennes le 25 mai.

Dire qu’il s’agit d’un mécanisme électoral prévisible ne correspond pas à la réalité, puisque le mode de scrutin a été changé et qu’il était devenu plus favorable pour nous : qu’est-ce que cela aurait été sans cela ?

Il faut noter que la partie du Sénat soumise à renouvellement n’était pas la plus favorable ; lorsque ce sera l’autre, celle où nous avions le plus progressé en 2011, la défaite sera d’autant plus forte.

Dire qu’il n’y a pas eu de dynamique à gauche est vrai : nous entrainons nos partenaires dans nos défaites. Mais il y a eu des dynamiques malheureusement, et ce, au sein de la droite : le FN qui avait 3000 grands électeurs en a obtenu 9000, ce qui signifie qu’UMP, UDI, etc.… ont aussi perdu.

Dire publiquement que ce n’est pas si grave, risque de nous endormir et de nous empêcher de comprendre l’ampleur de notre échec.

Dire que le Sénat de gauche ne votait quand même pas nos lois, à cause d’une partie de sa gauche qui s’y refusait, ne diminue pas non plus l’importance du problème.

Nous avions eu du mal à gagner le Sénat pour la première fois dans l’histoire

Nous dirigions tout, 2 villes sur 3, 61 départements sur 100, 20 régions sur 22, l’Assemblée, et pour la première fois de l’histoire le Sénat, nous avions gagné la Présidence de la République, et nous sommes en train de tout perdre. Inexorablement.

Ce n’est pas parce que le peuple de gauche « reflue » vers la droite, pas du tout : nos électeurs ne « refluent » pas, ils ne vont pas « ailleurs », ni à gauche ni à droite, ça se voit car la droite recule aussi, mais nos électeurs ne votent plus pour nous… parce que l’exécutif qu’on nous a imposé ne fait pas la politique de gauche pour lequel nous avons été élus.

Nos électeurs restent à gauche, c’est notre politique qui n’y reste pas. Nos électeurs socialistes sont fidèles au socialisme, au parti socialiste, ils ne votent pas pour d’autres partis, mais ils nous signifient leur mécontentement en s’abstenant. Et leur abstention, de ce fait, a un sens clair sur ce qu’ils attendaient et attendent encore de nous

Puisque tu nous encourages à ne pas parler seulement du scrutin sénatorial, Jean-Christophe, je vais déborder ce sujet :

1°) La dette attribuée à notre pays vient de franchir 2000 milliards. Soit 95 % de notre produit intérieur brut. Elle a progressé de 9 % depuis 28 mois. C’est d’autant plus un problème que l’objectif affiché de l’exécutif est de réduire cette dette. Ainsi tous les sacrifices imposés pour la réduire, échouent ! Le Président de la République clame dans sa conférence de presse « les déficits, pas ça, pas avec moi… » Mais la réduction des déficits aboutit à ce que la dette augmente. «  Avec moi, la dette… » devrait dire le Président. Car la réduction des déficits qui est pratiquée ruine l’économie qui fait récession avec risque de déflation, et donc ne fournit plus les recettes nécessaires à équilibrer le budget. Résultat : la dette augmente. Chaque fois qu’on bloque des salaires, qu’on supprime des postes, des emplois, qu’on réduit des dépenses, la machine recule. Tout le monde le sait. Tout le monde le voit. Ce que je dis là n’est pas minoritaire, loin de là : partout en Europe, c’est la même discussion pour arrêter la politique catastrophique d’austérité. De grands économistes l’expliquent : réduire les liquidités monétaires ne sert qu’à faire reculer l’activité et accroitre la dette. Et tout ça pour emprunter, certes à bas taux, des fonds pour rembourser les intérêts d’une « dette » qui ne sera jamais elle-même remboursée ! Quel genre de monde financier totalitaire alimentons-nous par cette orientation politique infernale ? Et la droite nous pousse en réclamant encore plus de saignées, encore plus d’austérité, encore moins de dépenses publiques, encore plus de récession ! Tout cela est absurde.

2°) Or voilà que j’entends, je n’ai pas osé le croire au début, qu’on va faire reculer encore la politique familiale, que les allocations de prime de naissance, pour le deuxième enfant seraient divisées par trois, le congé parental par deux… je n’en reviens pas ! Dans notre pays en plein boom démographique depuis l’an 2000, 850 000 naissances par an, que cherche-t-on ? Quand on sait ce que ça signifie l’arrivée d’un 2° bébé pour un couple jeune… « On » (pas nous, pas le parti socialiste… l’exécutif) annonce cela pour « faire des économies » ? C’est aberrant.

Car je rappelle encore qu’il y a trois budgets en France et pas un seul ! Trois ! Le budget de la protection sociale, le budget des collectivités territoriales, le budget de l’Etat. Il ne faut pas tout mélanger. Constitutionnellement et de façon comptable, ils sont séparés.

Faire des économies sur le budget social, cotisations sociales, qu’est-ce que ça veut dire ? Ce budget qui est le plus important du pays, basé sur une partie de nos salaires mutualisés, ne génère que 10 % de la dette présumée du pays : 10 % ! 10 % des 2000 milliards. 10 %, ce n’est rien. 10 %, c’est peu comme dette. Ce n’est pas ce budget qu’il est urgent d’équilibrer.

Le 2° budget, celui des collectivités territoriales, ne génère que 11, 5 % de la dette présumée. 11,5 % seulement. Pourquoi s’en prendre à lui ?

C’est le budget de l’Etat qui génère 78,5 % de la dette totale qui nous est attribuée. 78,5% ! Et pas parce que les dépenses augmentent. Au contraire. Elles se tassent et se réduisent depuis plus de 10 ans. C’est parce que les recettes ne rentrent plus ! Le problème est un problème de recettes, pas un problème « d’économies ». On ne dépense pas assez ! Les banques n’investissent pas, elles entassent, spéculent et vivent sur leurs tas d’or. Les patrons ne produisent qu’à 70 % de ce que nos capacités productives peuvent produire. Les aides aux entreprises sont captées par les grands groupes, qui ont plus intérêt à licencier qu’à embaucher. Le chômage de masse paralyse l’activité du pays. Misère et inégalités sapent le moral des salariés qui nous délaissent donc et s’abstiennent massivement alors que, sans eux, nous n’aurions pas gagné tous les pouvoirs.

En s’attaquant au budget social, nous allons dans le mur, dans le mur, dans le mur.

Il faut faire la grande réforme fiscale qui amènera des recettes sur les dividendes, sur le CAC 40, sur les 1000 entreprises de plus de mille, sur les 500 familles, sur le 1 % qui possède 25 %, sur les 10 % qui possèdent 60 % du patrimoine. Ce n’est pas ceux d’en bas, ce n’est pas les 90 % qui doivent subir de lourds impôts directe et progressifs, mais ceux d’en haut, massivement exceptionnellement, urgemment, car tout ce qui nous manque de recettes est là.

Pas touche aux primes de naissance !

3°) J’étais absent la semaine passée quand Gattaz a osé réclamer qu’on revienne au 19° siècle, en supprimant toute durée légale du travail, le Smic et des jours fériés. Pour ce patronat obscurantiste auquel on donne en vain 41 milliards, il n’y en a jamais assez ! Pour eux il faut fouetter, accabler, faire souffrir davantage le salariat, lui arracher ses maigres droits restants ; pour eux « compétitivité égale schlague ». Le knout fait avancer, le dos courbé, le travail du dimanche, de nuit, sans mesure, sans repos, sans sécu, sans retraite. Le pire est qu’ils disent cela au nom de la compétitivité, ce qui est totalement mensonger, faux, stupide : car pour être « compétitifs », ce qu’il faut, ce n’est pas des salariés flexibles, fouettés, affamés, mais au contraire des salariés bien formés, bien traités, bien payés ! Ce n’est pas la compétitivité qui les motivent, ils s’en foutent en fait, la seule chose qui les intéresse, c’est leurs marges, leurs marges. pas pour l’emploi, mais pour les placer dans les iles Caïman : à peine leur donne-t-on le CICE, on l’a vérifié au 2° trimestre, qu’ils investissent moins et haussent leurs dividendes.

On m’a dit que Bayrou avait osé faire une attaque à la télévision, à DPDA, en jetant avec mépris sur la table devant des millions de téléspectateurs, le Code du travail jugé par lui, « trop gros » à côté du Code du travail suisse (!). Nul ne pense pourtant que le Code du travail suisse soit un exemple. Avec les idées fausses et non renseignées de notre Premier ministre qui veut « simplifier » un Code du travail qui a déjà été passé à l’acide des exigences du Medef, ou celles du ministre le Guen qui juge ce Code « répulsif », nous ouvrons ainsi la porte à des choses infâmes. Car Bayrou ment, triche, il n’a jamais travaillé pour avoir besoin du Code et se protéger de la violence, de la souffrance, de l’exploitation, des accidents, de la mort, du stress, du management brutal, de l’arbitraire, et surtout de la fraude au travail. Le Code ne fait pas 3990 pages, il en fait 675 !

Si voulez « simplifier » attaquez donc le Code du commerce, le Code civil (aux USA il fait 36 000 pages…) le Code de la Sécu, le Code pénal, mais pas le Code du travail qui est le plus petit de tous les codes.

675 pages de lois, pour 18 millions de salariés et 700 branches professionnelles, ce n’est pas trop ! C’est l’édition Dalloz qui rajoute 3300 pages d’arrêtés, décrets, jurisprudence, commentaires, sommaires, glossaires sur 3990. Comme s’ils publiaient Françoise Sagan amendée par Marcel Proust.

C’est de l’escroquerie intellectuelle que de s’attaquer à la « grosseur » du Code du travail : car en fait dix lois seulement servent aux prud’hommes. Et ce qu’il y a de compliqué dans le Code, c’est ce que les patrons y ont introduit ! Ce qui pose problème, ce n’est pas les 40 h ou les 35 h ou le repos du dimanche, ou les congés payés : cela tient chaque fois en deux lignes. Ce qui rallonge, ce sont les dérogations, limitations, exceptions, rajoutées à foison par les patrons sur le calcul du temps de travail effectif, sur les temps de pause, sur les pauses-pipi, sur le temps de casse-croûte et d’habillage, sur les astreintes, sur les équivalences, etc.

Il n’y a qu’à regarder les « contrats » et pas les lois. Les lois, du travail sont simples et tiennent en 675 pages ; mais les « contrats », c’est à dire les 385 conventions collectives nationales, celles rédigées négociées, publiées, par les patrons avec les syndicats, il faut cinq armoires de deux mètres sur trois, pour les contenir !

Assez d’attaques contre le code du travail sous la gauche, il ne faut pas l’épurer davantage : je rappelle que cela a été fait sous la droite pendant dix ans, ils ont même ré-écrit le Code entièrement, de décembre 2004 à mai 2008. Puisque Larcher vient de se faire ré-élire, je vais rappeler une de ses phrases fétiches prononcées le 15 mars 2004, « Il y en a assez des ces ayatollah de la Cour de cassation qui donnent des interprétations salafistes du Code du travail ». Ils ont réduit sous prétexte de recodification, de simplification, le Code de 500 lois et de 10 % : ce que cet ignare de Bayrou ne sait même pas ! Parce qu’en même temps, ils ont divisé les 1150 lois qu’il y avait en 3850 lois, ils les ont renumérotées en triplant leur nombre et en en supprimant 500. Et ces incultes se plaignent maintenant de 3850 lois ! Allons, tout est bon pour faire reculer l’état de droit dans les entreprises. Tout est bon pour aiguiser la surexploitation.

En France il n’existe qu’un seul jour férié chômé dans le Code du travail. Un seul. Les autres jours sont conventionnels. Et pas dans toutes les branches pareillement. Quand ils tombent un dimanche on les perd. On a 9,3 jours fériés en moyenne, on en a moins qu’ailleurs, ça ils ne le savent même pas. Et s’attaquer à la durée légale de 35 h c’est de facto supprimer le Smic mensualisé sur cette base de 151 h 66… Mais doit on énumérer encore d’autres absurdités ou provocations de Gattaz et de sa bande assez fanatique ?

a gauche le code du travail, les lois seules, 675 pages, puis à droite, le code annoté, commenté, 3990 pages

Toujours pas de « grande réforme fiscale » ! Par Jean-Jacques Chavigné

 

La suppression partielle de la 1ère tranche de l’impôt sur le revenu n’aurait rien d’une « grande réforme fiscale ».

Le 17 septembre 2014, au lendemain de la majorité relative qu’il avait obtenue à l’Assemblée Nationale, Manuel Valls annonçait qu’il proposerait la suppression, en 2015, de la première tranche actuelle de l’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP), la tranche à 5,5 %. Cette tranche concernait, en 2014, les revenus (par part d’imposition) de 6 011 à 11 990 euros.

Cette mesure aurait pour fonction de remplacer la baisse annoncée des cotisations sociales salariées sur les bas salaires (et des ressources de la Sécurité sociale), censurée par le Conseil constitutionnel.

Cette suppression serait, en fait, partielle, puisque la fraction de la 1ère tranche d’imposition de 2014, qui allait de 9 691 euros à 11 990 euros ne serait pas exonérée. Le seuil de la tranche d’imposition à 14 % (qui deviendrait la nouvelle 1ère tranche d’imposition) serait fixé à 9 690 euros en 2015 alors qu’il était de 11 991 euros en 2014. Le barème de l’IRPP serait donc « reprofilé ». Pour éviter un « effet de seuil » trop important pour les contribuables dont le revenu imposable (par part) serait situé entre 9 690 et 11 991, les conditions de la « décote » seraient modifiées. Cette décote bénéficie aux contribuables dont le montant brut de l’impôt sur le revenu est faible. En 2014, elle s’applique aux revenus dont le montant est inférieur à 1 016 euros par foyer fiscal (qu’il s’agisse d’une personne seule ou d’un couple). En 2015, elle devrait bénéficier aux contribuables dont le montant brut de l’impôt sur le revenu est inférieur à 1 135 euros pour une personne seule et à 1 870 euros pour un couple.

L’IRPP est un impôt progressif. Un contribuable disposant (par exemple), d’un revenu imposable (pour une part) en 2014, de 100 000 euros se voit appliquer un taux 5,5 % pour la partie de son revenu allant de 6 011 à 11 990 euros, un taux 14 % pour la partie de son revenu allant de 11 991 à 26 631 euros, un taux de 30 % pour la partie de son revenu allant de 26 631 à 71 396 euros, un taux de 41 % pour la partie de son revenu allant de 71 397 à  100 000 euros. Si la 1ère tranche d’imposition à 5,5 % était entièrement supprimée, ce contribuable bénéficierait d’une baisse d’impôt. L’imposition, en 2015, au taux de 14 % de la part de son revenu imposable entre 9 691 et 11 990 euros, au lieu de 5,5 % en 2014, supprimerait cette baisse potentielle.

Les contribuables imposés aux taux de 14 % au-delà d’un revenu imposable de 11 990 euros et ceux imposés aux taux de 30 %, 41 % et 45 %, ne bénéficieraient pas de baisse d’impôt liée au « reprofilage » du barème d’imposition. L’effet de la suppression partielle de la tranche d’imposition à 5,5 % serait, pour eux, neutralisé. Leur impôt ne diminuerait pas, mais n’augmenterait pas non plus. Les seuils d’imposition ne varieraient qu’en fonction de l’inflation.

Cette suppression partielle de la première tranche d’imposition profiterait à 6 millions de contribuables. Le renforcement de la « décote » bénéficierait à 3 millions de foyers. 9 millions de foyers, au total, bénéficieraient donc, dans des proportions diverses, de ces deux mesures.

Cette mesure aurait, cependant, plusieurs limites

Elle diminuerait les recettes fiscales de 3,3 milliards. Les effets de cette mesure seraient neutralisés pour les revenus moyens et supérieurs. L’IRPP de ces revenus ne diminuerait pas mais n’augmenterait pas non plus. Il faudrait donc compenser autrement ce manque à gagner de 3,3 milliards d’euros pour les recettes publiques. Comment ? Un milliard d’euros avait déjà été comptabilisé dans la réduction exceptionnelle d’impôt consentie aux contribuables les moins aisés dans la loi de finance pour 2014. Cette réduction exceptionnelle serait pérennisée. Il resterait 2,3 milliards d’euros à compenser Comment ? Cela ne serait certainement pas (à moins que la majorité de gauche à l’Assemblée nationale n’en décide autrement) par l’augmentation de l’impôt sur les sociétés (l’IS) puisque le principe fondamental de la politique de François Hollande est de diminuer les cotisations sociales comme les impôts des entreprises. Ces 2,3 milliards d’euros de diminution des recettes fiscales ne pourraient plus être compensées que par une augmentation de la TVA ou par une diminution des dépenses publiques. L’augmentation de la TVA ferait sortir par la fenêtre l’augmentation de pouvoir d’achat que la suppression partielle de l’actuelle 1ère tranche d’imposition aurait fait rentrer par la porte. La diminution des dépenses publiques se traduirait par une diminution des prestations sociales ou des moyens des services publics. Ce serait les foyers les moins aisés qui en pâtiraient, tout particulièrement les foyers qui n’étaient déjà pas imposables en 2014 et qui sont totalement ignorés par la mesure préconisée par Manuel Valls.

3,3 milliards d’euros représentent une somme importante. Il suffit, cependant, de comparer ce chiffre à celui des 41 milliards d’euros accordés au patronat pour constater que les deux plateaux de la balance ne sont pas vraiment équilibrés.

L’IRPP est de moins en moins progressif. Le taux marginal d’imposition (le taux le plus élevé) était de 65 % en 1986 il n’est plus aujourd’hui que de 45 %. Il y avait 13 tranches d’imposition en 1992 (avant la réforme Balladur de 1993), il n’y en aura plus que 4 en 2015.

L’impôt sur le revenu  représente (selon les chiffres de la CGT Finances) 15 % des impôts payés par un salarié gagnant 1 700 euros par mois, le salaire médian. Les 85 % restants sont des impôts indirects (essence et surtout TVA). Pendant des années, le Parti Socialiste, a répété que l’impôt sur le revenu était le seul impôt juste parce qu’il était progressif et que la TVA était l’impôt le plus injuste puisqu’il frappait du même taux d’imposition le PDG et celui ou celle qui vivait sous le seuil de pauvreté. Cela n’a pas empêché le gouvernement de Jean-Marc Ayrault d’augmenter de nouveau la TVA, dès décembre 2012.

La « grande réforme fiscale » à laquelle s’était engagé François Hollande supposerait une réforme d’une tout autre ampleur

Cette grande réforme implique une diminution importante de la TVA.

Elle demande le rétablissement de la progressivité de l’IRPP et le retour à 12 ou 13 tranches d’imposition.

Elle exige le retour au taux de 50 % de l’impôt sur les sociétés (l’IS), comme au milieu des années 1980, alors qu’il n’est que de 33 % aujourd’hui et, en pratique, de moins de 15 % pour les grands groupes.

Elle supposerait de revenir, comme François Hollande s’y était engagé (dans son 9ème engagement), sur les « niches fiscales » accordées aux ménages les plus aisés et aux grosses entreprises.  Les « niches fiscales » des grosse entreprises sont les plus importantes mais elles semblent, avec le « pacte de responsabilité », devenues intouchables. La « niche Copé » (exonération fiscale en faveur des grandes entreprises votée en 2004) a été quelque peu « rabotée » mais de moins d’un milliard par an et continuera de permettre aux sociétés de continuer à bénéficier d’une niche fiscale de plus de 3 milliards chaque année.  D’autres niches fiscales des grandes sociétés n’ont pas été remises en question. Elles représentent pourtant des manques à gagner d’une toute autre ampleur pour les finances publiques[1] : 34 milliards d’euros (en 2009) pour le « régime des sociétés mères-filiales » ; 18 milliards d’euros pour le « régime d’intégration fiscale »…  Pire, le « pacte de compétitivité » de Jean-Marc Ayrault a ajouté une autre niche fiscale de 20 milliards d’euros au bénéfice du patronat ; le « pacte de responsabilité » de Manuel Valls en crée une nouvelle, de 21 milliards d’euros supplémentaires.

 

 

 


[1] Assemblée nationale – Rapport d’information déposé par la Commission des Finances, présenté par M. Gilles Carrez, rapporteur général, député, 30 juin 2010.

 

D&S n° 217 le temps des Macron contre le temps du social

À la Une : Le temps des Macron… contre le temps du social

Sommaire :

- p.2 : agenda, abonnement, Bellerive-sur-Allier
- p.3 : édito
- p. 4 à 7 :François Hollande appelle au secours une Union Européenne qu’il a renoncé à changer
- pp. 8 et 9 : pour réussir le quinquennat : changer de cap – ce n’est pas Hollande
- pp. 10 et 11 : « la France ne se droitise pas » – Les « sans dents »
- pp. 12 et 13 : les négociations de branche, du vent ! – où va l’argent ?
- pp. 14 à 17 : La Rochelle et Vive la gauche
- pp. 18 et 19 : En finir avec la théorie funeste de deux gauches – Où est passé le ministère des droit des femmes ?
- pp. 20 : Suisse : Pour une autre politique de la santé
- pp. 21 : Internationales : “Devant le Medef, Valls a fait un bras d’honneur au PS”
- pp. 22 et 23 : Post-it Palestine – Crimes de guerre, désinformation & autres infamies de l’été
- p. 24 Vient de paraitre : Comment résister à la démolition du code du travail – Le bout du tunnel et l’inversion de la courbe

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Démocratie ! Non au pouvoir personnel ! Le pouvoir au Parlement ! Ni dissolution, ni exclusion

Aucun article de statut ne permet d’exclure un député socialiste qui ne vote pas la confiance à un gouvernement qui défend une ligne opposée à celle du parti

et un premier secrétaire pas élu est mal placé pour prétendre faire le père fouettard à la vieille mode stalinienne  Comme dit Gérard Collomb, « avec Valls nous pensions le projet socialiste irréaliste » sauf que le projet socialiste a été voté à l’unanimité, tout député socialiste qui refuse la confiance à Valls sur son discours opposé à ce projet est légitime !

 

aucune raison de laisser passer l’idée qu’un président de gauche pourrait s’arroger le droit de dissoudre l’Assemblée nationale parce que SA majorité ne répondrait pas fidèlement à sa politique droitière

nous sommes sociaux et démocrates, et le Parlement doit l’emporter sur l’exécutif

20 élus socialistes du 64 s’adressent au gouvernement

La députée Nathalie Chabanne. © Photo

ARCHIVES « SO »

Ils sont 20 élus ou responsables socialistes des Pyrénées-Atlantiques à suivre Nathalie Chabanne, députée de la deuxième circonscription pour rappeler Manuel Valls aux engagements pris par François Hollande lors de son discours du Bourget.

Si on savait la députée béarnaise parmi les « frondeurs » de l’Assemblée nationale, d’autres élus sortent du bois (1) à travers cette lettre, et grossissent les rangs des critiques du tournant libéral du Gouvernement. « La ligne politique réaffirmée par le Premier ministre Manuel Valls apparaît en rupture avec les 60 engagements de campagne de François Hollande », écrivent les co-signataires (1).

« Les récentes décisions du Gouvernement sur le pacte de responsabilité, le CICE, les 50 milliards d’économies sur le budget de l’État, des Collectivités territoriales et de la protection sociale ont été décidées sans un débat approfondi au sein du Parti socialiste. Ces mesures risquent, à terme, d’étouffer toute reprise et d’accroître les difficultés pour nombre de nos concitoyens », poursuit la lettre, qui ajoute : « La gauche a l’obligation de faire preuve d’audace et d’imagination pour proposer des solutions efficaces face aux inégalités indécentes, au chômage qui détruit, à une crise qui brutalise les plus modestes. »

Dissensions

Si au sein du PS national, la fracture menace, la sortie des 20 signataires marque a minima des dissensions au sein de la Fédération du PS, quand on sait que des parlementaires comme David Habib ou Martine Lignières-Cassou s’apprêtent à voter la confiance à Manuel Valls mercredi.

Mais comme l’écrivent les « frondeurs » d’ici : « C’est notre responsabilité, élus socialistes des Pyrénées-Atlantiques, d’interpeller le Gouvernement et de lui exprimer le désarroi et la révolte de nombre de nos concitoyens ».

(1) Parmi les signataires, on trouve les conseillers généraux Marie-Christine Aragon, Marie-Pierre Cabane, Michel Chantre, Kotte Encenaro, Natalie Francq, Christian Petchot-Bacqué, André Berdou, Henri Etcheto, Christophe Martin et Claude Serres-Cousiné. Les conseillers régionaux Bernard Uthurry, Anne Bernard, Pierre Chéret et Mathieu Bergé, ou encore le maire de Billère, Jean-Yves Lalanne.

Intervention au Bn du mardi 9 septembre 2014

 

Je l’avais dit ici, il y a un peu plus d’un an : nous sommes comme dans un TGV, bien installés dans le siège, tranquilles, il y a la lumière, il y a le paysage, nous avons nos ordinateurs, nous roulons à 300 à l’heure, mais… nous allons nous fracasser dans le mur.

J’avais dit cela avant le 30 mars et avant le 25 mai. Nous nous sommes déjà écrasés deux fois, mais on a une orientation qui fait comme si de rien n’était, et on continue dans un train fantôme, à faire comme si… « On » : c’est le gouvernement, c’est la ligne politique qui est devenue carrément libérale, et qui n’a plus rien à voir avec nos projets, nos promesses, notre raison d’être en tant que socialistes. Le gouvernement est plus minoritaire aujourd’hui qu’hier, il a rejeté encore tout un pan du parti socialiste, il se recroqueville sur une politique maintenue de façon volontariste contre tout bons sens.

Est-ce de l’autisme ? Non, le mot n’est pas bon, mais il y a de l’aveuglement, de la surdité à la fois.

Comment le putsch du 25 août a-t-il pu être possible ?  Comment le Président, qui, aux Comores, avait dit que le langage d’Arnaud Montebourg était compatible, s’est-il converti, arrivé à Paris, devant son 1er ministre, à un nouveau gouvernement plus restreint, plus droitier que le précédent ? Pour gouverner, il faut rassembler, donner confiance ; comment en arrive-t-on à un gouvernement qui divise, qui s’isole, et qui, dans les sondages connaît ensuite, sans surprise, cet effondrement ? François Mitterrand disait qu’il fallait d’abord « rassembler les socialistes » ; ce n’est délibérément pas le cas aujourd’hui. Et rien n’a jamais réussi à la gauche sans unité ; or là, ni les Verts, ni le FdG, ni le MRC ne nous soutiennent ni ne participent.

Et voilà qu’en guise de réponse à nos objections, à notre volonté de rester sociaux et socialistes, Manuel Valls nous multiplie les chantages, à la dissolution, à la crise institutionnelle, à Le Pen… Mais d’abord pourquoi menacer de dissoudre ? La majorité existe, c’est notre majorité de gauche.  Seul notre parti a 290 députés, mais avec ses partenaires il y a 340 députés de gauche. Il y a parfaitement place pour une autre politique, et il y a une majorité rose-rouge-verte pour la conduire. Moi, Président, je réunirais toute la gauche, et je dirais : « Nous sommes dans une situation de crise terrible, le patronat ne veut rien entendre, avec Gattaz ça ne marche pas, il se moque de nous de façon irresponsable, refuse toute action positive, en réclame toujours davantage sans rendre rien. Donc il faut réorienter, la gauche doit s’unir et se remobiliser ; appuyons-nous sur le salariat, il n’est pas trop tard, c’est même urgent, travaillons à mettre à jour un programme d’action immédiat, réforme fiscale, taxation des dividendes, redistribution, hausse des salaires… et on fait un gouvernement rose-rouge-vert pour conduite ce nouveau cours de la fin du quinquennat…  On doit pouvoir, ensemble, au moins prendre sur les dividendes et hausser les salaires, non ?

Il ne faut pas « agiter Le Pen » ; elle a fait 9 % des voix des inscrits le 25 mai, elle a perdu 1,2 million de voix, entre mai 2012 et mai 2014. Mais c’est notre faute, ce résultat. Parce qu’on désespère la gauche et que nos électeurs s’abstiennent. C’est à cause du fait qu’on décourage nos électeurs,  qu’ils s’abstiennent et c’est à cause de cette abstention, sans gagner elle-même de voix, par défaut, que Le Pen est en tête. Et si elle est en tête depuis dans les sondages, c’est qu’elle se nourrit de cette situation. Si nous menions une politique de gauche, nous la ferions reculer, ça aurait l’effet attribué à l’ail contre les vampires.

 

Car, comme dit Michel Sapin, c’est « la panne ». Tous les signaux sont au rouge. Chômage, dette, quasi déflation, croissance zéro, et bien sûr, il n’y aura pas 3 % de déficit, objectif inatteignable et absurde, puisque en le recherchant on nourrit la récession qui assèche les recettes fiscales, ce qui creuse le trou des déficits !…

Et c’est là, au milieu de tout ça, au lieu de redonner à nos concitoyens, aux salariés qui produisent les richesses, à nos électeurs, des éléments de confiance, que le premier ministre va faire un discours dithyrambique au Medef, sans donner aux « salariés » la place qu’ils méritent. Alors que le Medef se moque, que Gattaz ment ;  moi, j’ai entendu, de mes oreilles,  Laurence Parisot dire qu’il n’était pas question de contreparties, pas question de signer un « pacte », qu’ils allaient « se sortir de ce piège »… Ce sont des adversaires acharnés de la gauche ; inutile de croire qu’on va les séduire ou les acheter ; seuls leurs intérêts, leurs « marges » les guident, et ils savent qu’ils obtiendront encore mille fois plus de la droite…

Comment dire « j’aime l’Entreprise » ? Il n’y a pas  d’Entreprise ! ça n’existe pas, il existe 1,2 million d’entreprises toutes différentes, rien à voir entre les 1000 entreprises de plus de 1000 salariés qui produisent 48 % du Pib et le million de TPE de moins de 10 salariés. Et il est impossible d’aimer LES entreprises sans aimer les salariés, car elles ne valent rien, n’existent pas sans salariés. Ce contre-sens qui consiste à croire qu’en couvrant le Medef de milliards sans contrepartie,  ils vont créer l’emploi pour lequel nous militons. Ils ont intérêt au chômage, ils ne produisent qu’à 70 % de nos capacités productives, ils préfèrent leurs marges à l’emploi. Ils ne cessent de se plaindre sur leurs marges comme un paysan sur les saisons. (et leurs marges sont en moyenne de 28 %, de quoi se plaignent-ils ?  c’est la moyenne des marges pendant les « 30 glorieuses », sauf que la finance exercant son empire se refuse qu’ils s’en contentent aujourd’hui !)

On va voir les négociations par branches comme une litanie de faux semblants, de fausses promesses, d’évitements, d’imprécisions ; partout ils encaisseront, partout, ils licencieront, et il faut dire que les licenciements leur sont facilités depuis l’ANI, la loi du 14 juin 2013. Les Direccte ont même reçu la directive d’arriver à « zéro refus d’homologation » c’est-à-dire d’accepter tous les plans sociaux, ce qui est incroyable quand on prétend lutter contre le chômage.

Et on se sent mal à gauche quand François Rebsamen choisit de dire qu’il faut contrôler les chômeurs. Ça nous casse le moral dès le lundi matin. Ce n’est pas la lutte contre la fraude fiscale de 80 milliards qui est mise en avant, non, mais c’est celle contre la fraude présumée de 28 millions au Pôle emploi. Pourtant, on sait qu’un chômeur sur deux n’est pas indemnisé, c’est de cela qu’on devrait s’inquiéter, non ? On sait que les aides sociales ne sont pas consommées, à peine à moitié ! Pourtant, on sait que ces aides sociales non consommées sont largement supérieures à la fraude présumée. Pourtant, on sait que Pôle emploi est déjà l’objet de directives très sévères (malgré les carences en personnel) et qu’il y aurait eu 41 000 radiations pendant le seul mois de juin. Les radiations atteindraient 2,5%, mais c’est énorme car il y a 5 992 000 chômeurs toutes catégories confondues, outremer inclus. Non, ce n’est pas quand on échoue à faire reculer le chômage qu’il faut donner l’impression de s’en prendre aux chômeurs : leurs indemnités ne sont pas une aumône, mais un dû, ils ont cotisé, ils ont longuement payé pour une assurance chômage. C’est une assurance, ce qu’ils reçoivent n’est pas un abus.

Et que nous dit la presse d’aujourd’hui ? que la question des « seuils sociaux » est au centre de la rentrée, que le travail du dimanche va être traité par ordonnances, puis que ce n’est pas le cas, mais qu’on va « simplifier le code du travail » alors que celui-ci a déjà été passé à l’acide par la droite et le Medef de 2004 à 2012. Allons : à ne pas être à gauche, à être libéral à contre-vocation, il ne faut pas s’étonner des sondages, ni qu’on aille dans le mur.