les « sans-dents » et nos soins dentaires

François Hollande appelait-il les pauvres, avec ou sans humour noir, les  « sans dents » comme l’écrit Valérie Trierweiler dans son livre « Merci pour ce moment » ? Nous ne le saurons sans doute jamais mais cela n’a pas la moindre importance.

La seule question pertinente serait plutôt de savoir si la politique menée par François Hollande a amélioré le sort de ceux qui ont de plus en plus de difficulté à avoir accès aux soins dentaires. Plus d’un Français sur trois a déjà dû, l’an dernier, renoncer à ce type de soins pour des raisons financières. Médecins du monde souligne qu’en France, l’état de santé dentaire des plus de 40 ans est « particulièrement dégradé » surtout chez les plus pauvres et que les plus de 60 ans ont, en moyenne, « 15 dents absentes». La Sécurité sociale rembourse plutôt correctement les soins dentaires mais le remboursement des prothèses dentaires n’a, le plus souvent, qu’un lointain rapport avec les tarifs pratiqués par les dentistes.

François Hollande n’a strictement rien fait pour résoudre ce problème, qu’il s’agisse de l’encadrement du prix des prothèses dentaires ou de l’amélioration de leur remboursement. Les contrats souscrits dans le cadre de la CMU et de l’aide à la complémentaire santé sont restés, pour l’essentiel, des contrats « bas de gamme » qui ne permettent pas d’accéder à des soins de qualité. Nombre de services d’urgence hospitalier ont été touchés par les restrictions budgétaires et la réduction de 21 milliards d’euros des dépenses de la Sécurité sociale, prévue par le « pacte de responsabilité », risque d’accroître le nombre de personnes qui devront renoncer à des soins dentaires.

En réponse aux assertions de Valérie Treiweiler, François Hollande affirme l’authenticité de sa « relation humaine avec les plus fragiles, les plus modestes, les plus humbles, les plus pauvres ». Il n’y a aucune raison de douter de son affirmation. Mais, là encore, qu’on en doute ou non n’a guère d’importance. Les bonnes intentions ne suffisent pas : l’enfer en serait pavé. La seule question qui se pose est politique : pourquoi François Hollande a-t-il laissé la pauvreté s’approfondir dans notre pays ?

Sans une politique en faveur du Medef et des banques, menée par un Président de gauche qui s’est fait élire sur un programme à l’exact opposé, les propos de Valérie Trierweiler, n’auraient jamais pu rencontrer un tel écho. C’est cette politique qui a rendu François Hollande à ce point vulnérable.

Si l’on cherche à tout prix à trouver une morale à tout cela, elle pourrait être celle-là : peut-être, vaut-il mieux, comme la Finance, faire partie des ennemis de François Hollande plutôt, que, comme les pauvres, être de ses amis.

JJ Chavigné

Quelles entreprises raflent la mise des 41 milliards de Valls ?

Dans un débat sur France 24 un représentant du Medef, Thibault Lanxade me défendait l’Entreprise, « créatrice d’emplois » en des termes que Manuel Valls n’aurait pas renié. Mais tout patron qu’il était, il ne savait pas ce qu’étaient les entreprises de notre pays.

L’Entreprise avec un grand « E » ça n’existe pas, c’est un MYTHE. Il existe 1,2 million d’entreprises très différentes. Elles n’ont rien à voir entre elles : CAC 40, grands groupes, ETI, PME-PMI ou TPE.

Thibault Lanxade s’indignait que je dénonce principalement les 1000 entreprises qui, à elles seules, produisaient 48 % du PIB, décidaient de tout et captaient l’essentiel des 41 milliards que Valls allait distribuer. Il entendait, lui, Medef, nous rebattre les oreilles avec les ETI, PME, et TPE.

Mais les entreprises de taille intermédiaire (ETI, entre 250 et 4999 salariés, 2,8 millions de salariés)) censées être l’épine dorsale des exportations sont en fait sous contrôle des grands groupes. Les ETI « indépendantes » ne jouent qu’un rôle très marginal dans l’économie et dans les exportations avec 166 000 salariés.

Quand aux PME (plus de 10 mais moins de 250 salariés) dont il me rabattait les oreilles, dans 1 cas sur 2 elles n’ont qu’un seul donneur d’ordre, ce sont des filiales des groupes, des unités sans autonomie ni même parfois de consistance. De nombreuses PME  ont été rachetées par les grands groupes sans lesquels elles n’existeraient pas. Elles ont été créées pour « externaliser » un service de l’entreprise-mère ou échapper à des seuils sociaux (11 ou 50 ou 300 salariés) ou faire sortir des salariés du champ d’une convention collective. Les PME sous contrôle d’un groupe emploient 1,450 million de salariés !

Certes les PME « indépendantes » emploient encore 2,070 millions de salariés mais sur un total de 17 millions de salariés, ca ne représente que 12,5 % des salariés du secteur marchand, ce qui est très loin des 50 % à 70 % annoncé par le porte-parole du Medef ! 97 % du total des entreprises ont moins de 50 salariés.

Quant aux TPE (moins de 11 personnes, 4,2 millions de salariés) elles emploient 19 % des salariés du secteur marchand (hors agriculture). Il s’agit, notamment, des artisans et des commerçants. Il n’y a rien à voir entre la faiblesses du million de TPE de moins de 11 salariés et la puissance des 1000 entreprises de plus de 1000 salariés.

Alors qui est-ce qui rafle les crédit impôts compétitivité (CICE) et les 41 milliards du « Pacte » dit de « responsabilité » ?

Ce sont bel et bien les « groupes », en France,  2 % des entreprises qui emploient 64 % des salariés (50 % dans les groupes français et 14 % dans les groupes étrangers) et réalisent 70 % de la valeur ajoutée. Ce sont les 217 entreprises de plus de 5000 salariés qui emploient 31 % des salariés qui se goinfrent le plus des milliards de l’état. Et pourtant ce sont elles qui ont les marges les plus élevées, qui licencient le plus, qui embauchent le moins !

Affiche Finale

 

à lire dans ma chronique hebdomadaire de l’ Humanité Dimanche n°202

Négociations de branches pour le CICE et le « Pacte de responsabilité » ? Du vent !

« Le patronat n’a pas passé la vitesse supérieure. Il doit aller plus vite. Il faut qu’il fasse son boulot ! » s’insurge Laurent Berger, selon qui « deux branches professionnelles ont signé un accord, vingt ont ouvert des négociations, quatre font un état des lieux sur leur situation économique et sociale, vingt-quatre n’ont rien fait du tout. Ce n’est pas acceptable ! »

Sur les 700 branches, à peine 47 « sont mobilisées ». A peine « une vingtaine devrait finaliser leurs discussions d’ici à la fin octobre » assure le Medef dans un communiqué.

Et encore, ce chiffre est-il contesté par les syndicats, mais aussi par la CGPME : « Nous avons beaucoup de branches en commun avec le Medef, et d’après ce que nous voyons, c’est bien moins. » Pour beaucoup, l’engagement se limite à de vagues discussions.

Ce n’était pas la peine d’introduire dans l’ANI du 11 janvier 2013 que les Comités d’entreprises pourraient demander des comptes sur l’emploi du CICE ! Le patronat se moque impunément de sa propre signature ! (cf. Bilan de l’Ani dans le dernier livre « comment résister à la démolition du Code du travail ? » Ed le vent se lève, 116 p 10 euros Gerard Filoche, préface de Thierry Lepaon)

Les accords tangibles sont au nombre de deux : dans la chimie et dans la métallurgie.

Le ministre des Finances se met donc à expliquer qu’il ne fallait « pas attendre d’effets directs sur les embauches du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi » (CICE).

Cet avantage fiscal est d’après lui destiné « à aider les entreprises à reprendre l’initiative ».

Il ne faut plus selon lui s’attendre à un effet direct du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) sur les embauches » ose dire Michel Sapin lors d‘une visite du site de la société Broc Service Frais à Feyzin, près de Lyon, vendredi 5 septembre :

« Ce n’est pas comme ça que fonctionne l’économie, ce n’est pas comme ça que fonctionne une entreprise : le CICE est là pour aider les entreprises à reprendre de l’initiative », a-t-il affirmé.

« L’initiative cela peut être de sauver une entreprise »

« L’initiative, cela peut être un investissement, cela peut être de sauver une entreprise », a ajouté Michel Sapin.

S’il y a « des entreprises qui grâce au CICE ne vont pas créer un emploi », le ministre considère néanmoins qu’elles « vont éviter d’en détruire ». Et d’ajouter : « Le CICE vient d’être versé, donc on ne sait pas à quoi dans chaque entreprise il peut être utilisé ».

Lire CICE : « Il y a une responsabilité évidente des entreprises françaises » (Sapin)

Tout ça parce que le « Rapport d’évaluation du CICE » est censé être fait rendu bientôt ! le Comité de suivi du CICE, présidé par Jean Pisani-Ferry, commissaire général à la stratégie et à la prospective, doit présenter d’ici la fin du mois ce rapport « d’évaluation de ce dispositif. »

En 2013, le CICE représente 4 % de la masse salariale des salaires inférieurs à 2,5 Smic, et 6 % en 2014. En régime de croisière, il doit représenter un budget de 20 milliards d’euros annuels. Tout ça pour dire qu’il n’y a « pas de relation directe avec la création d’emplois » !

Prenons l’exemple concret de la branche chimie souvent évoqué :

L’industrie chimique en France a perdu 41704 emplois de 2000 a 2013 pour des bénéfices en considérable hausse. Elle est passée de 244 685 à 203 161 emplois selon le patronat de l’UIC (union des industries chimiques). La chimie ca pèse 83 milliards, pour les raffineries, le caoutchouc, la plasturgie, la pharmacie… On cite Sanofi, Arkema, Rhodia, Michelin, Faurecia, Loreal, Alcan-Pechiney…

Alors le CICE puis les milliards du « pacte dit de responsabilité » vont être déversés au secteur : pour la seule branche chimie ce sera 80 millions de C3S, 180 millions de baisse d’impôts, 290 millions de CICE, 80 millions d’exonérations de cotisations patronales. Au total : 685 millions d’euros.

« Ca va être bénéfique pour l’emploi » affirmait le président Hollande le 14 juillet. L’UIC annonce en effet 47 000 recrutements d’ici 2017. Soit environ 15 000 par an pendant 3 ans.

Faut il y voir un exemple fameux de « contrepartie »  patronale aux centaines de millions reçus par cette branche chimie ? (Notons que cela revient très cher : 140 000 euros par emploi).

Mais seront-ce des emplois  » nouveaux » ?

Non, pas du tout affirme à juste titre la branche CGT chimie. Car en 2013 il y a déjà eu 15 689 recrutements « naturels » (8755 en CDI, 6924 en CDD) qui ne compensent d´ailleurs même pas les départs  » naturels » en retraite, les restructurations, fin de CDD, etc. Le « solde » est négatif depuis 2000 de 1,5% par an.  Mais alors ca va continuer : cela correspond simplement, en prolongeant ces calculs, aux 47 064 annoncés sur trois ans.

« Supercherie » crie la CGT ! Mais non, pas du tout, réplique cyniquement l’UIC car ce sont des emplois que nous ne supprimerons pas alors qu’ils l’auraient été !

Y’aura t il tout de même un excèdent de création d’emplois?

Autour de 1000 emplois en plus par an explique candidement l’UIC ! Alors ça coûte encore davantage de subventions publiques en plus pour ces mille emplois privés, le cout est énorme ! rétorque la CGT.

Et chacun de comprendre, à partir de cet exemple industriel concret et précis (mais on peut aussi se remémorer les 3 milliards donnés sans aucun effet emploi pendant 5 ans aux patrons de la restauration, ils auraient financé 100 000 fonctionnaires…) qu’on est pas près d’inverser la courbe du chômage.

On comprend que Berger s’inquiète, le Medef ne se presse pas et fait du vent, Michel Sapin prend les devants en expliquant que si on connaît la vie des entreprises, il ne faut s’attendre à rien.

Si on connaît la vie des entreprises au 2° trimestre, on sait qu’elles ont distribué 30, 3 milliards de dividendes alors qu’elles recevaient 7 milliards de CICE.

On va se faire saigner 50 milliards de nos besoins publics pour en donner 41 milliards aux actionnaires qui se goinfreront tandis qu’on restera avec 5,9 millions de chômeurs toutes catégories confondues.

 

 

 

 

 

Arrêtez le bashing personnel, ce n’est pas François Hollande qui est en cause, c’est la ligne politique d’austérité

Pourquoi ils en font tant contre la personne de Hollande ? C’est pour protéger sa ligne politique. Personnaliser la politique c’est dépolitiser les personnes.

C’est le sens de la grande offensive contre le président, c’est pour ça qu’on ne parle plus des 41 milliards donnés aux patrons, et des 50 milliards arrachés de nos besoins sociaux.

Parlent-ils des dégâts de l’ANI ?  Non ils parlent de la pluie qui mouille le président.

Parlent ils de la hausse du chômage à cause de la facilitation des licenciements de la loi du 14 juin 2013 ?  Non ils parlent de la monture des lunettes du président.

Parlent-ils de l’explosion des CDD et autres contrats précaires ? Non ils parlent du putsch de Valls qui force la main au Président pour éliminer une partie PS du gouvernement.

Parlent-ils des seuils sociaux ? Non il n’y encore eu aucune information et aucun grand débat là-dessus, mais ils discutent tous les jours de la démission ou de la dissolution du gouvernement.

Parlent-ils des déficits et de l’échec à les réduire du fait de l’austérité qui nourrit la récession ? Non pas de débat là-dessus, ils parlent du livre de Trierweiler.

Parlent-ils des dégâts de la politique de la BCE et du suivisme de l’exécutif français à son égard ?  Non ils parlent de l’impétueux Macron.

et pourtant ils sont là, tous les officiels de la pensée dominante, les hauts du pavé, les pseudo économistes atterrants, les petits, les moyens les gros Macron, à « c’dans l’air » ou « mots croisés », totalement engloutis dans cette imbécile politique libérale qui est devenue celle de la gauche, et ils se régalent de pouvoir casser la gauche, eux qui défendent, en pire ce qui la fait échouer

Ainsi, ils ne laissent pas voir que c’est la politique d’austérité qui est rejetée, ils tentent de faire croire que c’est l’homme, que c’est le président, que c’est François Hollande. C’est un leurre.

Ils veulent gommer François Hollande pour… sauver te continuer sa politique.

Ils le font de façon systématique éhontée, ils vont même jusqu’à tronquer des photos quand le Président reste assis ou lève la tête, pour le montrer hésitant ou affaibli ou distrait, ou pas dans le coup. Ils ne lui rendent même pas hommage quand il se force comme son public à rester sous la pluie au cours d’une cérémonie. Rien ne lui est épargné à titre personnel jusqu’à lui faire dire, sans preuve, et de façon non crédible, des mots indignes ou à contre sens.

Moi, je le redis, ce n’est pas l’homme qui est en cause. François Hollande n’est ni Flanby, ni fraise des bois, ni capitaine de pédalo, ni anti pauvres, il est plutôt brillant intelligent avec un grand esprit de synthèse, et il est courageux et déterminé, ferme et décidé pour faire ce qu’il fait.

Mais c’est ce qu’il choisit de faire, pas lui, qui est en cause.

il a choisi les marchés et la courbe des taux d’intérêt, pas son électorat, or on ne gouverne pas contre son électorat

Le problème n’est pas dans la personne du président, il est dans la ligne politique du président.  Il est entouré de banquiers et de libéraux, et il n’entend qu’eux, ne pondérant même plus sa politique d’un vernis de gauche. C’est là qu’est le mal, dans la politique pas dans la personne.

il s’est laissé influencer par Valls et a accepté à plusieurs reprises ses diktats inclus le putsch du 25 aout, or valls lui même defend une ligne plus a droite que Blair, et minoritaire dans le parti socialiste, dans la gauche et dans le pays.

Alors François Hollande peut aussi changer, rien n’est joué, car il n’existe pas qu’une seule politique, il l’avait dit. Il est capable de tenir compte des rapports de force et si Valls est battu demain à la confiance et ou après-demain au budget au Parlement, le président est capable de comprendre ce que cela signifie et de corriger le tir en nommant un autre gouvernement correspondant aux aspirations de sa majorité et de ses électeurs.

A un certain stade, à laisser courir où à reprendre les attaques de la droite contre le président,  on se fermerait la porte de l’alternative qui reste ouverte à l’Assemblée. Oui, le président peut écouter la démocratie, le Parlement, la majorité rose rouge verte.

 

 

Les « sans-dents » ?

François Hollande appelait-il les pauvres, avec ou sans humour noir, les  « sans dents » comme l’écrit Valérie Trierweiler dans son livre « Merci pour ce moment » ? Nous ne le saurons sans doute jamais mais cela n’a pas la moindre importance.

La seule question pertinente serait plutôt de savoir si la politique menée par François Hollande a amélioré le sort de ceux qui ont de plus en plus de difficulté à avoir accès aux soins dentaires. Plus d’un Français sur trois a déjà dû, l’an dernier, renoncer à ce type de soins pour des raisons financières. Médecins du monde souligne qu’en France, l’état de santé dentaire des plus de 40 ans est « particulièrement dégradé » surtout chez les plus pauvres et que les plus de 60 ans ont, en moyenne, « 15 dents absentes». La Sécurité sociale rembourse plutôt correctement les soins dentaires mais le remboursement des prothèses dentaires n’a, le plus souvent, qu’un lointain rapport avec les tarifs pratiqués par les dentistes.

François Hollande n’a strictement rien fait pour résoudre ce problème, qu’il s’agisse de l’encadrement du prix des prothèses dentaires ou de l’amélioration de leur remboursement. Les contrats souscrits dans le cadre de la CMU et de l’aide à la complémentaire santé sont restés, pour l’essentiel, des contrats « bas de gamme » qui ne permettent pas d’accéder à des soins de qualité. Nombre de services d’urgence hospitalier ont été touchés par les restrictions budgétaires et la réduction de 21 milliards d’euros des dépenses de la Sécurité sociale, prévue par le « pacte de responsabilité », risque d’accroître le nombre de personnes qui devront renoncer à des soins dentaires.

En réponse aux assertions de Valérie Treiweiler, François Hollande affirme l’authenticité de sa « relation humaine avec les plus fragiles, les plus modestes, les plus humbles, les plus pauvres ». Il n’y a aucune raison de douter de son affirmation. Mais, là encore, qu’on en doute ou non n’a guère d’importance. Les bonnes intentions ne suffisent pas : l’enfer en serait pavé. La seule question qui se pose est politique : pourquoi François Hollande a-t-il laissé la pauvreté s’approfondir dans notre pays ?

Sans une politique en faveur du Medef et des banques, menée par un Président de gauche qui s’est fait élire sur un programme à l’exact opposé, les propos de Valérie Trierweiler, n’auraient jamais pu rencontrer un tel écho. C’est cette politique qui a rendu François Hollande à ce point vulnérable.

Si l’on cherche à tout prix à trouver une morale à tout cela, elle pourrait être celle-là : peut-être, vaut-il mieux, comme la Finance, faire partie des ennemis de François Hollande plutôt, que, comme les pauvres, être de ses amis.

JJ Chavigné

A lire sur nouvel.observateur.fr : quel vote le 16 septembre ?

Le 16 septembre, le choix est possible, on peut redresser le cours de la gauche !

Comment préparer le gouvernement rose rouge vert de remplacement à celui de Valls ?

L’incertitude est grande à propos du vote dit de « confiance au gouvernement Valls » du 16 septembre. A quoi auraient servi les réunions et les travaux des « frondeurs » si c’est pour voter la confiance ? Les grands espoirs suscités par les députés socialistes conscients de la catastrophe qu’encoure la gauche retomberaient – au moins momentanément – comme un soufflé.

Si on comprend lucidement que la politique d’austérité favorable à la finance et aux marchés mise en place par Valls va échouer et désespérer le peuple de gauche au point de livrer le pouvoir à la droite et à l’extrême-droite lepéniste, c’est maintenant que le sursaut s’impose.

Or le sursaut, il est là, à portée du bulletin de vote, le 16 septembre. Il est possible d’arrêter la course absurde dictée depuis des mois, par les Jouyet, Macron, Boone, Sapin, Valls, et de revenir aux promesses du Président au Bourget, au « projet » socialiste, à l’unité de la gauche.

Nous avons  à « Vive la gauche » les moyens de l’action.

Les moyens de la réussite sont disponibles : il faut batailler pour que suffisamment de députés socialistes votent « non ». Et c’est tout à fait possible.

On entend le mot « abstention » : mais quel sens a t il ? Cela veut dire qu’on n’a pas d’idées encore, qu’on attend, qu’on n’a pas tranché, que ce sera pour le prochain coup ?

C’est inexact : on sait tout ! On n’ignore rien de ce qui va se produire.

L’abstention laisserait la « confiance » triompher et Valls faire ! Le Pacte d’austérité sera mis en œuvre, les milliards iront aux dividendes pas aux salaires ni à nos besoins sociaux. La « panne » sera confirmée : récession, chômage, inégalités. Le mécontentement grandira avec tous les désespoirs, les colères et les haines.

Et alors que nous avions la solution entre nos mains nous ne l’aurions pas saisie ? L’histoire repasse rarement les plats. Le risque c’est de ne pas en prendre.

On nous dit « tout le monde n’est pas prêt, il faut que ça murisse encore ». Dans doute, mais pour convaincre les hésitants, il ne faut pas hésiter soi-même.

Car en fait, tout le monde sait, intuitivement ou consciemment, dans le parti, de quoi il retourne : soit on s’oppose à ce grand tournant libéral, soit on le subit ; on a vu à La Rochelle, la grande disponibilité majoritaire des militants à s’opposer.

Le cœur du parti est à nous ! Mais encore faut-il le faire battre ! C’est la tâche des « vive la gauche », ce n’est pas le moment d’attendre, de ne pas lutter, de ne pas « vivre ». Soyons certains que sinon ce sera « mort la gauche » telle que nous l’aimons.

La politique annoncée par Valls a absolument besoin, pour s’appliquer, de mater le groupe parlementaire et le parti. Il s’est révélé putschiste sans remords le 25 août, il n’a pas hésité à écarter l’essentiel du parti socialiste du gouvernement, il fera encore des « coups » jusqu’à sa victoire finale.

On nous dit : il y aurait 53 ou 54 abstentions possibles parmi les députés et on ajoute, que ce serait peut-être suffisant…  pour que le « non » à la confiance l’emporte. Alors là c’est la mauvaise solution. Il faut assumer, et pas non pas ruser.

La gauche la plus consciente doit prendre ses responsabilités. Imaginez que « vive la gauche » s’abstienne et qu’il manque une voix au non ? Et pourquoi s’abstenir si on espère (secrètement) le non : il faut prendre toutes les responsabilités politiques ! Le risque c’est de ne pas en prendre.

Et pourquoi demander aux « autres », nos alliés potentiels de EELV, FdG, MRC, PRG, de voter non si « vive la gauche » ne le fait pas ? Comment si on s’abstient, prévoir la relève, et en cas de « non » travailler avec nos alliés ?

On nous dit : il faut « attendre » le budget… Mais quel sens ça a… d’attendre ?

Entre temps, le gouvernement Valls triomphera, organisera son offensive, gagnera du temps précieux, préparera mieux sa bataille pour les prochains coups. Il utilisera toutes les procédures parlementaires bien connues, que ce soit les votes bloqués et les ordonnances pour écarter tout ce qui pourrait le gêner de la part de « vive la gauche ».

Ne sous-estimons pas Manuel Valls comme le firent les adversaires de Tony Blair. Comme Blair il forcera la majorité qu’il aura obtenue, il la divisera, la combattra vite et sans hésitations et il a le pouvoir pour le faire.

Il faut s’unir aussi au sein de « Vive la gauche » car sinon notre opposition actuellement majoritaire au sein du PS se fera découper en rondelles avec le temps.

Ne retardons pas le moment où on peut prendre les décisions car nos électeurs attendent des résultats, bien au-delà de nos choix tactiques. Et maintenant, au point ou on en est, chaque jour compte pour sauver et réussir la fin du quinquennat.

Ne nous laissons pas menacer par le chantage à la démission et à la dissolution : il ne saurait avoir lieu en aucun cas. C’est un hoax.

Valls nous fait un autre chantage en substance :«  c’est Le Pen ou moi s’il y a crise institutionnelle si vous ne votez pas la confiance ». Mais Le Pen est déjà en tête depuis le 25 mai et chaque jour de plus de la politique de Valls l’y maintient. Non pas parce que Le Pen monte en voix, (elle a obtenu moitié moins de voix le 25 mai 2014 que le 6 mai 2012) mais c’est la gauche ecoeurée qui s’abstient. Seule une politique de gauche peut faire reculer Le Pen : augmentez les salaires baissez les dividendes cela fera sur Le Pen l’effet attribué à l’ail sur les vampires.

Le Président a écarté la démission. Et une dissolution serait une déroute inouïe : un président qui ferait ça, contre sa propre majorité, ce serait pire que la démission, il se ferait bannir de la gauche, il serait bon pour l’exil.

Donc la mise en minorité de Valls, c’est la porte ouverte aussitôt à un autre gouvernement issu de la majorité parlementaire de gauche.

Cette majorité, elle existe, on l’a vue : à La Rochelle, dans les discours d’Emmanuelle Cosse, et Pierre Laurent, de Jean-Luc Laurent.

Il existe une autre politique et elle est bien connue, et majoritaire elle aussi a gauche.

Il faut précipiter les rencontres rose rouge verte à l’Assemblée et à tous les niveaux pour que se dégage un programme d’action immédiat, au consensus, de « salut public » sur les grandes questions du redressement économique et social : budget de relance, reforme fiscale, hausse des salaires, réduction du temps de travail, renégocier sur un meilleur rapport de force, avec l’Union européenne et avec le patronat – qui devront bien nous entendre alors – pour redonner ses droits au salariat qui est notre base sociale et électorale naturelle.

Il faut augmenter les salaires comme premier signe. C’est rapide et clair, ça donnera confiance.

Plus tôt ou on aura écarté l’anomalie du gouvernement Valls II, plus tôt il y aura un nouveau gouvernement, plus tôt on pourra agir et reconquérir, remobiliser, notre électorat, le peuple, la France.

Il faut en débattre publiquement, pas en secret. Ce n’est surtout pas un complot, ni une manœuvre, ni une intrigue,  mais l’exercice plein et entier de la démocratie parlementaire ! Faisons pénétrer de la VIe République dans la Ve !

Quel(le) premier(e) ministre proposera t on au Président après la mise en minorité du gouvernement Valls ?  Quelle équipe représentant toute la gauche ?  La question n’est pas abstraite, elle est d’actualité pleine. Urgente. Mais facile à résoudre. Là où il y a une volonté, il y a un chemin vite parcouru. C’est ça la sortie de crise. C’est à portée. Osons le Parlement, osons la démocratie, osons la gauche pour qu’elle « vive » !

Gérard Filoche, membre du BN du PS, samedi 6 septembre

tribune in Le Monde.fr Manuel Valls passe en force par ordonnance ? Faire qu’il soit battu | 04.09.2014 à 12h08

 

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Avant son coup de gueule sur le plateau de Michel Field, sur LCI, le 2 avril, Gérard Filoche, l'ancien trotskiste, membre du bureau national du Parti socialiste, était médiatiquement inconnu. Bien des députés socialistes vont être interrogés, secoués, inquiétés par le passage en force annoncé par ordonnances. Faut-il prendre le risque de mettre en minorité « leur » gouvernement ? Ça ne s’est encore jamais fait dans de telles conditions. Que risque-t-on ? 

Ce qui ne s’est jamais fait, c’est qu’un gouvernement socialiste passe en force contre sa majorité de gauche pour faire passer des lois anti sociales. Ce qui ne s’est jamais fait, c’est qu’on ait affaire à un « coup de force » d’une minorité de socialistes qui gouvernent contre leur parti, contre la gauche.

Officiellement notre parti socialiste est contre la remise en cause des seuils sociaux, et contre des ordonnances pour élargir le travail le dimanche à des femmes pauvres et précaires et des étudiants désargentés, et aussi contre une prétendue « simplification » du code du travail (il a été déjà « simplifié » pendant 10 ans par la droite, entièrement ré-écrit, avec 500 lois supprimées et 10 % de son contenu enlevé).

Notre « projet » socialiste de 2011 prévoyait de « reconstruire le code du travail », pas de le détruire davantage qu’il ne l’est. « Le combat de 2012, c’est de préserver le principe du repos dominical, c’est-­à-­dire de permettre aux travailleurs de consacrer un jour de leur semaine à leur famille, au sport, à la culture, à la liberté. Et j’y veillerai ! » François Hollande, le 17 avril 2012 à Lille

Si c’était la droite, nous serions vent debout dans la rue avec les syndicats qui sont tous opposés à ces ordonnances. Nous avons multiplié les communiqués de dénonciation, en tant que PS, et nos dirigeants aussi chaque fois que Sarkozy et ses prédécesseurs utilisaient cette méthode « pour aller plus vite » pour passer en force.

La campagne électorale en 2012 défendait que « la loi devait l’emporter sur le contrat ». Le candidat défendait qu’il fallait « constitutionnaliser » ce principe du débat préalable des partenaires sociaux, du « contrat », qui devait précéder toute loi sociale. Et il passe par ordonnance contre les syndicats eux mêmes, contre la concertation, contre toute sorte de « contrat » et contre la loi ordinaire. Ce n’est pas loyal.

La procédure adoptée par Manuel Valls est profondément anti-démocratique, elle est utilisée seulement pour violer sa majorité. En fait, il n’y a aucune sorte d’argument d’urgence, ni d’efficacité qui justifie des « ordonnances ». C’est donc clairement une façon symbolique de faire taire toute critique, toute opposition. Sur ce sujet sur d’autres. Cela se reproduira donc. Si les députés se laissent faire, sur le principe, cela voudra dire qu’ils abandonnent leur souveraineté et leur mandat.

Il faut bien réfléchir, mais quand on est députés, il y a des heures graves et des responsabilités exceptionnelles.
Si la majorité vote la confiance et vote les ordonnances, elle se dessaisira de ses prérogatives, la démocratie parlementaire sera court-circuitée. Il sera perdu bien plus qu’un simple vote.

Manuel Valls en minorité, il faudra bien que le président écoute sa majorité parlementaire. Il faudra bien qu’il reconstitue un autre gouvernement à présenter au Parlement, dans des conditions ou celui-ci soit normalement capable d’obtenir la confiance et de légiférer.

Nous sommes sociaux-démocrates : sociaux et démocrates. Le président élu par la gauche ne peut dissoudre la gauche. S’il le faisait ce serait un raz-de-marée à droite, et lui-même devait choisir la voie de la démission et même carrément celle de l’exil : il serait exécré à jamais par la gauche, il ne remonterait jamais dans l’opinion avec pareil bilan. C’est pourquoi mettre en minorité Manuel Valls est possible et nécessaire pour la gauche, il n’y a pas d’autre solution pour sauver la fin du quinquennat.

Le président, si Manuel Valls est heureusement mis en minorité, devra redésigner un nouveau premier ministre susceptible d’obtenir la majorité rose, rouge, verte, qui existe à l’assemblée. Un gouvernement capable de « rassembler d’abord les socialistes », comme le disait François Mitterrand, et non pas de les diviser. Un gouvernement capable de rassembler toute la gauche : on a pu entendre, à La Rochelle, Pierre Laurent et Emmanuelle Cosse se dire prêts à une telle politique, elle est là, il est possible de la mettre en œuvre rapidement sur un programme d’action immédiat, consensuel et qui redonnera confiance à notre électorat.

En fait, rejeter le coup de force de Manuel Valls ce n’est pas un risque, c’est une chance. C’est un vote de salut public. C’est même si on y réfléchit la seule chance pour les députés de rester fidèles à leur électorat, à leur mandat, de redonner un espoir et un élan à gauche avant qu’il ne soit trop tard. La seule politique réaliste c’est d’arrêter les dégâts de la ligne d’austérité suivie jusque-là, sinon on perdra tout, les régions, les départements, l’assemblée… et la présidence. Et en perdant tout, on laissera une droite et une droite extrême s’emparer du pouvoir ?

C’est salutaire pour la gauche en pareilles circonstances de ne voter ni les ordonnances ni la confiance.

Gérard Filoche (Membre du bureau national du Parti socialiste)

 

Le 16 septembre, Manuel Valls engagera la responsabilité de son nouveau gouvernement devant l’Assemblée nationale. Si la position des députés « frondeurs » agite les rangs socialistes, certains, chez Europe Écologie – Les Verts ont déjà fait leur choix et appellent à ne pas voter la confiance à Valls II.

Selon le Journal du Dimanche, deux textes internes à EELV demandent aux parlementaires verts de voter contre la confiance. Le premier d’entre eux, intitulé Gouvernement Valls II : l’impossible confiance, est signé par des cadres du parti réputés proches de Cécile Duflot, note le JDD. Parmi les signataires, on trouve David Cormand, n°2 du parti, ou encore Philippe Meirieu, Jean-Sébastien Herpin, Florence Pelissier, etc.

Et voici ce qu’on peut y lire :

Ce gouvernement a choisi de déchirer le compromis historique de la majorité de 2012 au profit d’une convergence idéologique avec un libéralisme effréné. […]
Notre responsabilité n’est pas de nous compromettre. […] Nous appelons donc tous les parlementaires n’ayant pas abdiqué à changer le réel au profit de la solidarité, de la démocratie, de la justice et de l’écologie, à refuser d’accorder leur confiance à ce gouvernement en votant contre le 16 septembre.

Mais ce n’est pas le seul texte qui appelle à voter contre la confiance. Un deuxième, Nous n’avons plus confiance !, circule également dans les rangs écolos. Celui-ci est signé par l’ancien ministre de l’Environnement Yves Cochet, Françoise Alamartine, le maire du 2e arrondissement de Paris Jacques Boutault, le conseiller de Paris Jérôme Gleizes et l’ancienne porte-parole d’EELV Elise Lowy.

Ils dénoncent « l’orientation du gouvernement Valls II » qui, selon eux, « n’a plus rien à envier aux politiques conduites par la droite« . Ils ciblent également le nouveau patron de Bercy Emmanuel Macron :

La nomination comme ministre de l’Economie d’un ancien banquier d’affaires est à cet égard un symbole fort. […] Nous appelons donc les parlementaires écologistes et de gauche à voter contre la confiance au gouvernement.

Comme le rappelle le JDD, en avril, lors du vote de confiance sur Valls I, un député écolo sur 17 avait voté contre, six s’étaient abstenus.

La France « ne se droitise pas », elle reste à gauche, C’est pour cela que Valls et Hollande chutent en popularité et nous font perdre toutes les élections.

La thèse que tentent de diffuser peu à peu les supporters de la ligne actuelle Hollande-Valls, c’est que « la France se droitise », ce n’est pas la faute à leur politique s’ils baissent dans les sondages et perdent les élections, c’est parce que les Français évolueraient à droite.

« Il n’y a pas désir de gauche » disent leurs éditorialistes.

« La preuve c’est que Mélenchon ne monte pas ».

« Les Français vont vers Le Pen ».

Ainsi s’excusent-ils d’être impopulaires. Ce n’est pas leur faute, c’est la faute au peuple versatile, ingrat, inconstant qui, hier votait à gauche et qui les lâche. Ils ne font donc que suivre en le freinant ce mouvement général lorsqu’ils mènent une politique…  droitière.

Bien que ce soit très grossier comme tentative d’excuse aux choix anti sociaux du gouvernement Valls, répondons y car de temps en temps sur internet, quelques tentatives de reprise de cette argutie, surgissent. Parfois aussi dans la bouche de tenants de l’aile droite du PS.

D’abord, mettons les choses au clair : la déroute aux municipales a bien pour origine des causes nationales et pas locales. Ce n’est pas la faute aux maires, le scrutin a pris le même sens nationalement quasiment partout.

Aux municipales, les 23 et 30 mars, cela a été une déroute catastrophique du Parti socialiste pas de la gestion municipale. Et cela est du a la politique nationale de François Hollande (dite de l’offre, de baisse du cout du travail, d’austérité, de cadeaux aux patrons…) qui a provoquée une abstention massive à gauche. Le PS, à cause de cela, est revenu en arrière sur son implantation acquise depuis 1977. C’est lui qui a été sanctionné par l’électorat.

Mais pas parce que cet électorat est passé vers la droite ! Non la droite n’a pas gagné de voix ! Elle en a même souvent perdu. Si elle gagne c’est en pourcentage pas en chiffre absolu. Il y a nombre de villes où elle perd massivement des voix et gagne au premier tour ! Ce sont les électeurs socialistes qui se sont massivement abstenus.

Nos électeurs socialistes sont fidèles. Ils ne sont pas allés voter ailleurs. Alors s’ils se sont abstenus au contraire de ce qu’ils pratiquaient depuis plusieurs décennies à ces élections, il faut qu’ils soient sérieusement déçus par nous.

Le sens de leur abstention saute aux yeux : électeurs socialistes de longue date, ils ne sont pas versatiles, ce qu’ils attendent des socialistes c’est une politique socialiste, de gauche. Et c’est parce que ce n’est pas le cas qu’ils s’abstiennent pour sanctionner le parti qui est le leur. C’est justement parce qu’il y a un désir de gauche non satisfait.

Et c’est parce qu’ils sont fidèles et qu’on ne les détache pas si facilement que cela d’un parti pour lequel ils votent depuis longtemps, que « Mélenchon ne monte pas ». Mélenchon passe son temps à dénoncer le Parti socialiste en des termes agressifs dont la liste est grande, impressionnante et durable. Il dit du PS que c’est un « astre mort » et de la gauche socialiste qu’elle est « subclaquante », « qu’elle couine et se couche ». Il ne propose pas l’unité de la gauche, il propose la guerre des deux gauches. Il ne propose pas de battre la droite, il propos de battre le PS. Il ne séduit donc pas l’électorat socialiste, il le repousse même si celui-ci avait la velléité de se tourner vers lui.

Des millions d’électeurs qui ont voté Hollande, pensaient la même chose, sur le fond politique, que ce défendait Mélenchon (sur les salaires, le chômage, le partage des richesses…) mais ne le jugeaient pas en situation de gagner ni de réaliser ce qu’il disait. Ils votaient socialistes pour être surs de battre la droite, certains que la gauche gagne, en espérant qu’elle tienne ses promesses. Ils avaient un puissant désir d’une autre politique, de gauche. Mais manifestement cette politique là n’est pas mis en œuvre.

La gauche est toujours là, majoritaire dans le pays, mais stupéfaite que son gouvernement ne fasse pas une politique de gauche. C’est ce qu’on entend le plus souvent exprimer : la déception ! La France ne se droitise pas, sinon elle voterait à droite, c’est précisément parce que son gouvernement la trahit, que la gauche s’abstient.

D’où ce sentiment massif de rejet, de colère, de déception qui s’est installé en deux ans.  C’est un puissant désir de gauche, trahi. C’est une colère accrue à cause de l’ampleur croissante du chômage, des inégalités, de la misère. Ce n’est pas du tout une envie de droite.

Et la droite non seulement n’attire pas mais repousse. Elle ne gagne pas de voix, elle gagne par forfait, par la force de l’abstention à gauche. D’autant qu’elle est divisée et que sa position consiste à faire de la surenchère sur ce fait le gouvernement Valls. La où Valls propose 41 milliards aux patrons, la droite leur propose 100 milliards !
Et là, on peut retourner l’argument, si « la France se droitisait », si les électeurs se retournaient à droite, la politique de Valls devrait l’emporter. Mais ce n’est pas du tout le cas, Valls comme Hollande se minorisent, vis-à-vis de la droite qui ne veut pas d’eux et vis-à-vis de la gauche qui leur reproche d’aller à droite. Ainsi la politique de Valls, qui tente de séduire le patronat et les marchés échoue vis-à-vis d’eux tout en perdant sa base sociale et électorale naturelle.

Le Pen ? Elle profite de la décomposition de la droite. Car pour l’essentiel ses voix ne viennent pas de la gauche, mais de glissements internes à l’UMP.

Elle non plus ne gagne pas de voix en chiffes absolus : du fait de l’abstention, elle est en tête aux européennes du 25 mai 2014, avec moitié moins de voix que ce qu’elle avait à la présidentielle de mai 2012. Sauf que cette arrivée en tête nourrit sa dynamique propre.

L’UMP fait du Valls puissance 10 mais ce n’est pas non plus ce que veut la partie « populaire » mécontente de la droite, alors Le Pen leur fait des propositions démagogiques qui les attirent. C’est pour cela que Le Pen a teint si fortement son programme en « social » et en anti libéralisme, elle fait d’une pierre deux coups : elle se renforce contre la gauche libérale et contre la droite libérale.

En fait on pourrait même dire qu’il y a même une poussée, sous deux formes opposées, à droite et à gauche contre le libéralisme, les banques, l’oligarchie … au point que même à droite, les dirigeants qui épousent  l’antilibéralisme l’emportent sur ceux qui le soutiennent. Dans tous les camps, les électeurs cherchent à se débarrasser de la tutelle faillie du libéralisme. Personne ne supporte plus l’étalage de 1% de riches et de 10 millions de pauvres.

En fait il n’y a guère de déplacement électoraux entre la droite et la gauche. L’électorat, à quelques variantes prés, est stable et fidèle. Il existe deux blocs qui sont l’expression déformée de deux classes sociales fondamentales et antagoniques, le salariat et l’actionnariat.

La gauche est et reste largement majoritaire à la base depuis plus de 30 ans.

Comme l’avait dit François Mitterrand en 1981, « c’est la victoire de la majorité sociologique ».  En 1993 quand la gauche connaît la déroute, c’est a cause de sa politique pas parce qu’il y a glissement à droite. Il ne reste plus que 52 députés de gauche au point que certains parlent de la « mort » du PS sans comprendre que 4 ans plus tard il reviendrait au pouvoir lorsque Lionel Jospin proposerait « les 35 sans perte de salaires ».

Mais en 1993, la droite gagne et connaît un raz de marée mais en obtenant moins de voix en chiffres absolus que ce qu’elle avait obtenu en 1981, 12 ans plus tôt lorsqu’elle avait…  perdu.  Ca veut dire que ce n’est pas la droite qui progresse, c’est la gauche qui s’effondre sur elle-même à cause de la politique si peu à gauche suivie sous les gouvernements Rocard, Cresson, Bérégovoy. C’est ce qui recommence en pire aujourd’hui.

En fait, les « camps » droite et gauche sont installés et varient peu. Mais ça bouge à l’intérieur de chaque camp. A droite ça glisse de l’UMP vers Le Pen. A gauche ça s’abstient pour protester quand les gouvernants ne sont pas à la hauteur.

Et dans les dix dernières années face à la droite, entre 2001 et 2013, la gauche s’était même renforcée au point de donner tous les pouvoirs au parti socialiste : communes, départements, régions, assemblée nationale, sénat, présidence. C’était plus qu’un désir de gauche, c’était une lame de fond venue de loin et consolidée.

Si cette écrasante majorité se tasse aujourd’hui à nouveau, ce n’est parce qu’il y a un retournement d’attentes, c’est parce que ces attentes sont trahies. Et le choix de l’abstention s’explique parfaitement : l’abstention a un sens politique extrêmement clair, il n’est pas difficile à interpréter, toutes les études, y compris celles officielles de la majorité du BN du PS, le 31 mars, reconnaissent les faits : pas de désir de droite, sanction du nationale du PS à cause de sa politique nationale droitière…

C’est pourquoi Valls va dans le mur, il n’existe pas de majorité pour sa politique. Elle fera perdre le Sénat, les cantonales, les régionales, et les législatives.. et le Président. Ce n’est pas une question d’hommes, c’est une question de ligne politique. L’actuelle orientation d‘austérité appliquée au forcing pour plaire aux banques, aux marchés, aux libéraux européens, à Merkel, est suicidaire. Ce sera pire qu’en 1993, la déroute va être totale, la coupe sera bue jusqu’à la lie.

La seule possibilité d’empêcher cela et de sauver le quinquennat, c’est d’en revenir à une politique de gauche capable de mobiliser l’électorat socialiste et de gauche, c’est de renoncer à céder aux libéraux, c’est de rebâtir, sur la majorité parlementaire toujours existante, un gouvernement rose rouge vert, unitaire, qui donne envie ET satisfaction à l’électorat de gauche, pour qu’il appuie et vote à nouveau de façon active contre la droite.

 

 

 

 

Non, il n’y a pas 200 à 300 000 ni 350 000 offres d’emplois non pourvues !

 

En ouvrant la deuxième conférence sociale, le jeudi 20 juin 2013, François Hollande déclarait, à l’étonnement général : « Nous avons à regarder une réalité, elle n’est pas nouvelle. Il y a à peu près de 200 000 à 300 000 recrutements qui sont entamés, puis abandonnés, parce qu’il n’y a pas de candidats suffisamment qualifiés par rapport aux emplois qu’on propose ».

voila que le 2 septembre 2014 François Rebsamen parle de 300 à 350 000 emplois et en déduit qu’il faut davantage contrôler les chômeurs.

 

ne sait-il donc pas que plus d’un chômeur sur deux ne touche pas d’indemnités ?

ne sait il pas que les sommes non utilisées pour les indemnités sociales sont largement supérieures à la fraude présumée ?

Ne sait il donc pas que la traque aux faux chômeurs est menée de façon diligente par Pole emploi ?  41 000 radiations en juin 2014 ? 2,5 % de radiations ( sur 5,9 millions de chômeurs toutes catégories, c’est énorme).

Ne sait il pas que Pole emploi estime déjà récuperer 50 % des sommes de cette fraude et estime que le reste est autour de 28 millions d’euros (contre 80 milliards à la fraude fiscale).

ne sait-il pas que les indemnités chômage, sont un du et pas une aumône, il s’agit d’une « assurance chômage », les chômeurs ont cotisé pour recevoir ces indemnités légitimes ?

ne sait-il pas que ce chiffre de 350 000 emplois non pourvu, c’est un hoax, il a déjà avancé sous la droite, mais il a toujours été contesté et jamais prouvé ? D’ailleurs l’article ci dessous déjà publié en juillet 2013 par D&S, repris ici, est confirmé… par La Tribune et Le Monde (voir annexes)

 


Le serpent de mer des « offres d’emplois non pourvues »

C’est le serpent de mer des « offres d’emplois non pourvues » qui resurgit. Il avait déjà été agité par François Fillon en 2004, il parlait alors de 300 000 offres d’emplois non satisfaites.  Nicolas Sarkozy l’avait de nouveau utilisé en janvier 2008 pour faire pression sur les demandeurs d’emploi et diminuer les indemnités de ceux qui auraient refusé « deux offres d’emploi acceptables ». Nicolas Sarkozy parlait alors de 500 000 offres non satisfaites.

Une image catastrophique des demandeurs d’emploi

Le but des annonces de François Fillon et de Nicolas Sarkozy était de donner une image négative des demandeurs d’emplois. Des « assistés », des  gens qui ne veulent pas travailler ! La preuve, il y a 300 000 ou 500 000 offres d’emplois non pourvues : si ces gens-là voulaient travailler, il ne devrait y en avoir aucune.

Ce n’est pas, heureusement, ce que dit François Hollande. Il dit simplement que les échecs de recrutement proviennent d’un manque de qualification, ce qui n’est pas la même chose. Ce n’est pas pour autant qu’il existe 200 à 300 000 offres d’emplois non pourvues dans notre pays.

Des chiffres sujets à caution

Beaucoup de ceux qui auront entendu la phrase de François Hollande en déduiront que sur les 5 millions de chômeurs que compte la France, 200 000 à 300 000 pourraient trouver un emploi s’ils avaient une  qualification suffisante.

C’est faux, pour quatre raisons.

1-    Parce que le chiffre d’offres non pourvues, faute de candidat, selon Hélène Paris, directrice des statistiques et de l’évaluation à Pôle emploi  n’est que de 126 000 en avril 2013, 1/3 des offres d’emplois non pourvues de Pôle emploi. ( Et 192800 offres en septembre 2014) C’est le seul point de repère stable, le restant n’est qu’extrapolation. Les autres emplois offerts, comptés comme non pourvus (les 2/3), n’ont pas débouché sur un recrutement parce que les offres ont été retirées par les entreprises : elles ont trouvé preneurs en interne, elles sont passées par un recrutement hors Pôle emploi, ou bien elles étaient farfelues (bac + 5, 10 ans d’expérience, payé au Smic), elles permettaient à une entreprise de se faire de la publicité ou de se constituer une base de « curriculum vitae » dans laquelle piocher un jour…

2-    Parce que les offres d’emploi ne peuvent pas être pourvues immédiatement et qu’il est normal qu’à un instant T, il y ait des offres d’emplois qui ne le soient pas. C’est ce qu’on appelle le « chômage de friction » qui existe même en période de plein emploi. Contrairement à ce qu’écrit « Le Monde » du 20/06/2013[1][1], il ne s’agit pas d’un « stock » mais bien d’un « flux ». Ce qui paraît étonnant, au contraire, c’est la faiblesse du chiffre avancé. Il y a 21 millions de recrutements en France chaque année et 300 000 emplois ne représentent que 1,43 % du nombre de recrutements. C’est dérisoire et ne peut fonder aucune politique sérieuse de l’emploi.

3-    Parce que ce chiffre ne dit rien sur la réalité de l’offre d’emplois : s’agit-il d’un CDI ou d’un CDD de 4 jours ? Personne n’en sait rien. Il est pourtant évident que refuser un CDD de 4 jours ne changerait rien à la situation de l’emploi dans notre pays.

4-    Parce que la formation ne fait que changer la place dans la file d’attente pour l’emploi mais ne crée pas un emploi de plus. Michel Rocard l’affirmait dès 1989. Si les entreprises manquaient vraiment de salariés, elles dépenseraient ce qu’il faut pour les former, comme elles le faisaient au début des années 1970.

Une proposition dangereuse

François Hollande ajoutait « S’il s’agit d’un différentiel de salaires, cela peut arriver, alors comblons-le, cela peut-être la responsabilité de l’Etat, parce que mieux vaut un tel soutien que la poursuite d’une indemnisation de chômage, cela coûtera moins cher et cela permettra de favoriser le recrutement et donc l’embauche ».

L’Etat serait donc prêt, selon François Hollande, à payer la différence entre un emploi sous-payé et les indemnités de chômage. Un encouragement incroyable à tirer les salaires vers le bas donné aux entreprises qui n’ont pourtant pas besoin de cela !

Relancer la croissance !

Michel Sapin, à la sortie de la conférence sociale, posait la question « Mais pendant que la croissance est en panne on fait quoi ? » Il avait parfaitement raison de poser cette question car il y n’y a que deux moyens de faire reculer le chômage de masse : la croissance et la réduction du temps de travail. Or, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, aujourd’hui, fait très exactement l’inverse.

Il continue de respecter le TSCG et la politique d’austérité qui a généralisé la récession à toute l’Europe. Lors de la convention Europe du parti socialiste, 68,9 % des suffrages exprimés avaient pourtant exigé la suspension de ce traité.

Il affirme vouloir résoudre la « question » de nos retraites en augmentant le nombre de trimestres cotisés, c’est-à-dire en allongeant le temps de travail sur toute une vie. Autant d’emplois dont les jeunes seront privés. Il a même fait voter une loi sur « la sécurisation de l’emploi » (l’Ani) qui permet d’augmenter le temps de travail hebdomadaire dans une entreprise, au-delà de la loi et des conventions collectives.

Il ne lui reste donc plus qu’une solution pour « inverser la courbe du chômage » à la fin de l’année : multiplier le nombre des salariés en formation en « stages-parking ». Ils pourront, ainsi, sortir des statistiques des demandeurs d’emploi. Cela ne sera que reculer pour tenter de mieux sauter car casser le thermomètre n’a jamais fait baisser la fièvre.

Avoir recours à un tel procédé était, auparavant, l’apanage de la droite. Il indique l’impasse dans laquelle se trouve la politique de notre gouvernement dès lors qu’il se refuse à utiliser les deux seuls moyens existant pour faire reculer le chômage : la relance de la croissance et la diminution du temps de travail, comme l’avait fait Lionel Jospin entre 1997 et 2001.

Il est urgent que le gouvernement de Jean-Marc Ayrault change de politique économique, relance la croissance dans notre pays et qu’il renonce à allonger la durée de cotisation pour pouvoir bénéficier d’une retraite à taux plein. Il est tout aussi urgent que François Hollande se décide à prendre la tête d’une alternative de gauche en Europe, opposée à la politique de la droite européenne, menée par Angela Merkel, catastrophique pour le salariat.

Le dirigeant de FO, Jean-Claude Mailly, à la fin de la conférence sociale, déclarait «  je retourne dans le monde réel ». Ce serait sans doute le meilleur conseil à donner à notre gouvernement.

Jean-Jacques Chavigné  (juin 2013)


Message personnel à François Rebsamen : la France est un des pays d’Europe qui compte le moins d’emplois vacants

Selon Eurostat, la France est un des pays d’Europe où les emplois vacants sont les moins nombreux. Autrement dit : si les chômeurs sont si nombreux à être chômeurs dans l’Hexagone c’est d’abord et avant tout parce qu’il n’y a pas (du tout) de boulot et pas parce qu’ils tirent au flan.. Si quelqu’un peut en informer notre ministre du travail François Rebsamen, il n’a pas l’air d’être vraiment au courant…

Pour en savoir plus : http://epp.eurostat.ec.europa.eu/statistics_explained/index.php/File:Job_Vacancy_Rate_by_country_2014Q1.PNG

 

 

le nouvel observateur reprend cette analyse :

 

Contrôle des chômeurs : 350.000 emplois vacants ? Pas exactement

François Rebsamen a estimé mardi à 350.000 le nombre d’emplois non pourvus, demandant à Pôle emploi d’effectuer davantage de contrôles. Mais que signifie réellement ce chiffre ?

Un homme devant une agence de Pôle emploi à Arras, le 20 novembre 2013. (PHILIPPE HUGUEN/AFP) Un homme devant une agence de Pôle emploi à Arras, le 20 novembre 2013. (PHILIPPE HUGUEN/AFP)
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Et si la France comptait 350.000 emplois vacants parce que les chômeurs ne recherchent pas assez activement un emploi ? C’est en substance ce qu’a laissé entendre le ministre du Travail, François Rebsamen, mardi. Alors que les gouvernements successifs se montrent incapables d’enrayer la hausse continue du chômage, le raccourci a valu au ministre du Travail une avalanche de critiques. De la part des syndicats, de la gauche de la gauche, jusqu’au Parti socialiste.

Tous ont dénoncé non seulement la stigmatisation des demandeurs d’emploi dans un contexte totalement défavorable sur le marché du travail. Mais ils ont aussi émis des doutes quant à la réalité des 350.000 emplois non pourvus, « un vieil argument déjà porté sous Nicolas Sarkozy », regrette Eric Aubin, secrétaire confédéral de la CGT.

Lire« Rebsamen fait porter le chapeau aux chômeurs »« > »Non, il n’y a pas 200 à 300.000 ni 350.000 offres d’emplois non pourvues ! », tempête le tonitruant socialiste Gérard Filoche sur son blog. Pourquoi ce chiffre n’est pas crédible ?

Parce que c’est un chiffre approximatif

Il n’existe aucun recensement spécifique des emplois non pourvus. Le nombre d’emplois vacants est le résultat d’estimations et d’extrapolations faites à partir de différentes études de la Dares et de Pôle Emploi, l’enquête annuelle « Besoin de Main-d’œuvre » notamment.

Ce chiffre varie au fil de la conjoncture mais demeure toutefois assez stable. En mars 2009, Jean-François Copé, alors président du groupe des députés UMP, évaluait le nombre d’offres non pourvues à 400.000. En 2003, François Fillon, ministre du Travail, parlait de 300.000. En mai dernier, c’est le Medef qui a repris le flambeau, affirmant avoir 400.000 offres qui ne trouvent pas preneur.

Parce que c’est un chiffre fourre-tout

Principale difficulté : ce chiffre ne dit rien de ce que sont réellement ces emplois. CDI ? Contrat saisonnier ? CDD ? Or pour un chômeur, ces différences ont des conséquences : doit-il par exemple accepter un CDD de quelques jours au risque de perdre ses indemnités de chômage ?

Deux heures de ménage par semaine, c’est une offre d’emploi », rappelle Pierre-Edouard Magnan, du Collectif national des chômeurs et précaires. « Avec ça, on essaie de faire croire aux gens qu’il y a du boulot. »

« Un emploi vacant, c’est juste un recruteur qui exprime un besoin à un instant donné, et non un poste bien défini durablement à pourvoir », précise au « Nouvel Observateur »  Jean-Louis Zanda, chercheur à Pôle emploi.

Parce que c’est un vivier de jobs précaires

Dans son enquête « Besoins en Main-d’œuvre » (BMO), Pôle emploi précise que certains secteurs d’activité concentrent plus de postes non pourvus que les autres. On y trouve les services à la personne, la restauration, le commerce ou encore le bâtiment et l’industrie.

Dans le trio de tête des dix métiers qui recherchent le plus de main d’oeuvre – « pour la plupart à faible niveau de qualification », précise Pôle emploi – hors saisonniers, on trouve d’abord les agents d’entretien de locaux, puis les aides à domicile et enfin les employés polyvalents de cuisine.

L’enquête BMO mesure les intentions de recrutement des employeurs pour l’année à venir. Eric Aubin déplore le manque de sérieux de l’utilisation qui en est faite par les politiques :

Ils oublient de dire que ce sont des projections et que beaucoup concernent des CDD très courts. »

L’enquête 2014 confirme qu’un peu moins de la moitié seulement des postes proposés sont emplois durables : CDI, CDD de six mois ou plus et missions d’intérim de six mois ou plus.

Parce que c’est un vivier de jobs rebutants

Bref, les emplois non pourvus sont très hétérogènes. Ils vont de l’ingénieur hautement qualifié au ramasseur de pommes saisonnier, en passant par l’employé hautement qualifié sur une tâche précise pour laquelle il n’existe pas de formation.

Fin 2013, le Conseil d’orientation pour l’emploi – rattaché à Matignon – a publié un rapport dans lequel il met en avant l’inadéquation des compétences de demandeurs d’emploi avec le profil de poste. Il pointe aussi la manque d’attractivité de certains métiers (pour les plus recherchés notamment) ainsi que la saisonnalité de certains secteurs. Le COE recommande donc aux employeurs d’ »améliorer l’attractivité » de ces emplois.

Avant la sortie de François Rebsamen, son prédécesseur Michel Sapin a appréhendé le sujet avec un peu plus de délicatesse et de pragmatisme. En juillet 2013, le gouvernement a ainsi débloqué 50 millions d’euros – dans le cadre d’un plan de 185 millions – pour former 30.000 chômeurs dans les filières qui rencontrent des difficultés pour recruter.

 

mplois non pourvus : les chiffres et les mythes Il s’agit d’un flux normal sur tout marché du travail

L e mythe des 350 000 emplois non pourvus en France a ressurgi mardi 2 septembre par la voix du ministre du travail et de l’emploi, François Reb- samen. Mais ce nombre grossier ne reflète aucunement la réalité du mar- ché du travail. Il déplace sur les chô- meurs la responsabilité de la crise de l’emploi. A mesure qu’on les décor- tique, ce nombre et ces mythes s’évaporent.

Le 20 juin 2013, lors de la conférence sociale, François Hollande évoquait « 200 000 à 300 000 recrutements qui sont entamés, puis abandonnés, parce qu’il n’y a pas de candidats suffisam- ment qualifiés par rapport aux emplois qui sont proposés ». Mardi 2 sep- tembre 2014, François Rebsamen re- prenait ce discours en rehaussant à 350 000 le nombre d’offres d’emploi non pourvues.

Face à un tel désintérêt des chômeurs pour les offres, il en déduisait la né- cessité de « renforcer les contrôles » et d’accroître les sanctions le cas échéant, car « il n’est pas possible, dans un pays qui est en difficulté, qui veut se redresser (…), d’avoir des gens qui ne cherchent pas d’emploi ».

Mais le discours de François Rebsa- men comporte plusieurs raccourcis. D’une part, 350 000 offres, même pourvues de force, n’apporteraient de réponse qu’à un dixième des chô- meurs sans aucune activité (catégo- rie A), ou encore à 1 inscrit sur 20 à

Pôle emploi (le nombre des inscrits excède ce mois-ci les 6 millions). Il s’agit de volumes incomparables.

D’autre part, ce chiffre des offres non pourvues est fragile, tendancieux, et un peu trop rapidement monté en épingle.

Discours fragile, car cette estimation a connu bien des variations. En 2004, François Fillon annonçait 350 000 offres non pourvues. En 2008, Nico- las Sarkozy avançait 500 000 offres non satisfaites, avant que son mi- nistre du travail, Xavier Bertrand, n’adopte le chiffrage de 250 000 en février 2011.

Considérant que l’ANPE gérait 35 % des offres totales en 2004, ce nombre de 350 000 venait originellement d’un simple triplement du nombre d’annonces de l’ANPE ne trouvant pas preneur. En oubliant que les em- ployeurs confient régulièrement à l’ANPE leurs offres les plus compli- quées à pourvoir auprès d’un public lui-même éloigné du marché du tra- vail. Ces proclamations sont d’ailleurs réduites en avril 2013 par les précisions d’Hélène Paris, direc- trice des statistiques et de l’évaluation à Pôle emploi, pour la- quelle « parmi les 470 000 offres d’emploi retirées en 2012, environ 126 000 n’ont pas été pourvues faute de candidats ». Il s’agit en effet de dis- tinguer entre les offres non pourvues faute de candidats, et celles non

pourvues pour d’autres raisons.

Pourtant, le marché du travail fran- çais connaît chaque année un peu plus de 21 millions de recrutements (3 millions en CDI, 18 millions en contrats atypiques). Même en admet- tant le nombre de 350 000 offres non pourvues, celui-ci ne représenterait que 1,7 % des embauches totales – soit, à l’inverse, 98,3 % des offres d’emploi qui trouvent preneur.

Discours tendancieux, car la pré- sence d’offres d’emploi non pourvues est tout à fait normale. Il s’agit de chômage frictionnel : tout emploi a une durée incompressible de recrute- ment, entre le dépôt de l’offre et la sélection d’un postulant.

Le chercheur Marc-Antoine Estrade a montré qu’un CDI ou un CDD de plus de six mois met en moyenne cinq se- maines à trouver preneur, tandis que le recrutement d’un CDD de moins d’un mois s’opère en deux semaines ( » Les emplois non pourvus : mythes et réalités « , Regards croisés sur l’économie, n° 131/2013). Tout mar- ché du travail connaît des offres d’emploi non pourvues… le temps qu’elles le soient ! Par ailleurs, la montée des contrats atypiques et précaires depuis les années 1980 aug- mente mécaniquement le nombre de procédures de recrutement et donc d’offres d’emploi temporairement non pourvues.

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Lorsqu’un employeur remplace un salarié en contrat court par un autre salarié en contrat court, par exemple, deux offres auront été proposées dans la même année, avec plusieurs semaines de « non-pourvoi ».

Enfin, à côté des 126 000 offres non pourvues à Pôle emploi faute de can- didats en 2012, n’oublions pas que 274000, soit plus du double, ne l’ont pas non plus été, mais pour divers motifs : inexpérience des recruteurs dans les petites entreprises, décon- nexion entre l’annonce et les com- pétences réelles nécessaires pour le poste, pourvoi en interne, recrute- ment extérieur à Pôle emploi (rela- tions personnelles ou familiales, can- didature spontanée, etc.), simple pu- blicité sans véritable poste offert, offre trop sélective, salaire inaccep- table pour la qualification requise, abandon du recrutement parce que le carnet de commandes ne s’est pas rempli ou que le besoin a disparu,

ENCADRÉS DE L’ARTICLE

voire constitution illégale d’une base de CV à travers les candidatures à des offres fantômes, vers laquelle revenir ultérieurement.

Lire l’absence de pourvoi des offres d’emploi sous l’angle de la seule mo- tivation des chômeurs est donc émi- nemment réducteur. Discours monté en épingle, car il permet d’affirmer que le taux de chômage est un enjeu de coercition vis-à-vis des chômeurs, et que la formation constitue la so- lution permettant l’adéquation entre une offre de travail et des chômeurs peu ou mal qualifiés.

Ces deux affirmations permettent des lissages statistiques de court terme : la radiation pour le premier, la mise en formation (et la sortie sub- séquente des statistiques du chô- mage) pour le second, malgré l’introuvable lien formation-emploi – seul un tiers des emplois français sont sujets à une formation spéci-

fique, et les entreprises s’appuient en priorité, lors du recrutement, sur la motivation du candidat et les connaissances interpersonnelles.

Les offres non pourvues constituent un flux normal sur tout marché du travail, dont l’estimation est gonflée, dont la lecture en termes de moti- vation des chômeurs n’est pas perti- nente, et dont la compression hypo- thétique ne réglerait pas grand-chose au chômage.

La question fondamentale d’une po- litique d’emploi – et l’angle mort du discours sur les « offres non pour- vues » – demeure l’accroissement de ce volume d’offres, et non son pour- voi intégral.

Hadrien Clouet

Sciences Po ■

Hadrien Clouet

est doctorant au Centre de sociologie des organisations (CSO / CNRS-Sciences Po). Il est spécialiste des marc

 

A La Rochelle, les leaders des Verts et du Parti communiste ovationnés par les militants socialistes

« Il y a de la place sur la gauche de la salle ». A quelques minutes du début de la conférence sur l’union de la gauche, l’organisateur de l’université d’été du PS, David Assouline, a un petit problème. « Si certains, à droite de la salle, peuvent migrer à gauche, ce serait plus équilibré », insiste le responsable socialiste. La phrase a dû faire sourire ses invités du jour.

Pour cette dernière « plénière » – grande conférence dans le jargon socialiste – de l’édition 2014, le PS a en effet convié l’ensemble des dirigeants de la gauche, du communiste Pierre Laurent au radical Jean-Michel Baylet, en passant par l’écologiste Emmanuelle Cosse, l’ex-communiste Robert Hue, le chevénementiste Jean-Luc Laurent et l’écolocentriste Jean-Luc Bennahmias.

« Le Medef, les promoteurs immobiliers… Cela fait beaucoup pour une première semaine »

Si les autres sont moins critiques, Pierre Laurent et Emmanuelle Cosse aimeraient justement que le PS attache autant d’importance à rééquilibrer la salle qu’à faire bouger la politique du gouvernement. « Depuis quand la seule feuille de route de la gauche est celle du Medef et des promoteurs immobiliers ? (…) Est-ce à Pierre Gattaz de nous aider à penser le monde de demain ? », feint de s’interroger Pierre Laurent.

 

(FRANCE 2 ET FRANCE 3)

« La politique du nouveau gouvernement conduit par Manuel Valls est une voie sans issue », tonne-t-il, sous les applaudissements du public, ponctués de quelques sifflets. Et d’insister : « Le contrat de 2012 a été rogné jour après jour. Aujourd’hui, il n’est pas rogner bout par bout, il vient d’être déchiré cette semaine devant les Français ». Une militante tente bien un « on est au PS ici, pas au PC, merde », mais ses voisins lui intime de la boucler.

A la fin de son intervention, une partie de la salle, composée d’élus et de militants socialistes, se lève et scande « Unité, unité, unité ! ».

 

intervention Gérard Filoche à l’assemblée de « vive la gauche » à La Rochelle samedi 30 août

Que cela fait plaisir d’être dans une assemblée du Parti socialiste qui parle des salariés…

Il faut y dire : « oui aux 35 h », c’est la loi la plus avancée au monde et nous devons  défendre la réduction du temps de travail… « vive le code du travail » qui doit être reconstruit, et non pas affaibli, car il protège l’état de droit dans les entreprises, la santé, la sécurité et la dignité des salariés, leurs emplois et leurs salaires… oui il faut augmenter les salaires et baisser les dividendes…  la redistribution des richesses, la réforme fiscale cela doit être maintenant pour la relance de l’économie…

Non, nous n’avons pas à céder sur le repos du dimanche, sur les élections prud’hommes, sur l’amnistie des syndicalistes,  sur les seuils sociaux, sur le contrôle des licenciements, sur le combat contre les CDD, la précarité, les temps partiels…

Non, nous ne pouvons laisser faire un dirigeant qui au nom de la gauche, des socialistes, ose parler une heure devant un parterre du Medef sans même mentionner les salariés, nos électeurs !   Ce sont les salariés qui créent les richesses et n’en reçoivent pas la part qu’ils méritent. Non, nous ne pouvons assécher nos fonds publics, et nos besoins sociaux de 50 milliards, pour les jeter en CADEAUX dans le puits sans fond des dividendes du Medef dans les iles Caïman.  L’assistanat sans retour aux patrons n’a jamais créé un emploi, le patronat est sous la férule de la finance qui préfère spéculer plutôt que d’embaucher… Il y a 30 % de dividendes le trimestre dernier, trois fois plus que les investissements… Les « aides » aux entreprises, cela est prouvé depuis des décennies,  n’ont jamais crée d’emplois !

Je parle comme membre du Bureau national du parti, nous avons, au BN, un mois après la conférence de presse présidentielle du 14 janvier, c’est à dire le 18 février dernier, initié, discuté, rédigé un texte et un appel contre l’austérité, il a été signé par 40 % du Bn, par 29 membres sur 72, motion 3, motion 4, UMA, et au delà, il y a eu 8000 socialistes signataires, ce texte, appel,  disait déjà qu’il n’y avait pas une seule politique possible, que le Parti n’avait jamais vote la « politique de l’offre », il n’avait jamais vote la « baisse du coût du travail », il n’avait jamais vote les cadeaux aux patrons sans contrepartie… Il avait voté la lutte contre la précarité, le contrôle des licenciements boursiers, la reprise des entreprises en difficulté…

Nous devons faire un front uni « vive la gauche » pour sauver notre parti de la mainmise qui s’annonce… Car il ne faut pas laisser dire que Valls s’est séparé de son  « aile gauche », non il s’est séparé du cœur du parti, et le cœur du parti, c’est nous, ici, avec ses 5 %, Valls est  à la marge du parti, l’aile libérale,  et sa politique n’est même pas sociale libérale, car on y cherche ce qu’il y a de social,

J’attire l’attention de tous ici, regardez bien les films, les livres, étudiez à fond l’histoire, la façon dont, en Grande-Bretagne, le blairisme a mis la main sur l’ « Old Labour », le vieux parti, qui avait ses militants, ses syndicalistes, ses traditions de gauche… Les méthodes utilisées par Blair pour imposer le « New Labour » sont celles de Valls, celles du putsch,  du coup d’état permanent, brutal, avec des avancées fulgurantes mêlées à des reculs faussement apaisants… Les opposants au blairisme, c’est-à-dire nous, ce que nous sommes ici, ont été incrédules, attentistes, paralysés et ont eu l’énorme tort de ne pas faire bloc, ils se sont laissés berner par l’audace et le cynisme de  Blair qui les a divisé et les a vaincu un par un, les uns après les autres… Sidérés, à chaque offensive de Blair ils n’y croyaient pas,  et ont été totalement balayés. Soyons détermines et unis, donc. Blair a gagné le soutien de l’establishment, et de la City et s’en est servi pour écraser toute opposition dans son parti, il a modifié les statuts,  et chassé syndicalistes et militants, et à la fin, il n’est plus resté que des petits Macron, des moyens Macron, des grands Macron, les dirigeants étaient tous devenus des Macron 1, des Macron 2, des Macron 3, des Macron 4…