Voila ce que disait en janvier 2011 Manuel Valls contre les 35 h – Va t il le redire ? Car c’est certain, on ne baissera pas le chomage de masse sans réduire la durée du travail

Est-ce que les 35 h sont « verrouillées » ?

Je reproduis ici un texte paru sur ce blog en janvier 2011 à chaud, choqué par une attaque de Manuel Valls -  à l’époque -  contre les 35h -   J’ose espérer que, Premier ministre,  Manuel Valls ne défendra plus cette position et qu’on pourra la reléguer au passé. Vivent les 35 h et quand on a 5,9 millions de chômeurs ce qui est d’actualité plus que jamais c’est la réduction du temps de travail…

25 questions-réponses rapides sur les 35 h

(presque) tout savoir sur les 35 h

Ce que Manuel Valls a dit exactement :
« Oui, nous devrons déverrouiller les 35 heures, qui n’existent déjà plus réellement. Cela doit permettre aux Français, pour ceux qui ont la chance d’avoir un emploi, de travailler davantage en gagnant plus, deux heures, trois heures, sans avoir recours forcément aux heures supplémentaires qui ont beaucoup coûté à l’Etat et à l’économie française ». Pour ceux qui n’ont pas de travail, l’allégement du coût du travail, devra relancer l’embauche (…)  »
« Le monde a changé depuis 1997 et nous aussi (…).… Est-ce que dans le monde tel qu’il est avec la  concurrence que nous connaissons, est ce que nous pouvons nous permettre d’être sur des idées des années 70, 80, 90 ? Non ! il faut donc dépasser la question des 35h au-delà des bénéfices qui ont concerné notamment le temps de vie des salariés, de la flexibilité qui a pu représenter dans les entreprises, Je prône un dépassement des 35 heures, au nom même d’une augmentation des salaires, d’une augmentation du pouvoir d’achat. »  (Europe 1 verbatim) janvier 2011

verrouiller, verbe transitif
Sens 1 Fermer en actionnant un verrou. Anglais to bolt
Sens 2 Bloquer, empêcher le passage.
Sens 3 Contrôler quelqu’un ou quelque chose, bloquer une action ou une situation
verrouiller : 2 synonymes : cadenasser, fermer.


1°) Est-ce que les 35 h sont  « verrouillées » ?

Il n’y a aucun verrou. D’aucune sorte. Les 35 h ne sont que la durée légale du travail. Elles ne sont que le seuil de déclenchement des heures supplémentaires. Le seul verrou existant est la durée maxima qui est de 48 h hebdomadaires. Avec les 35 h il y a place pour 13 h supplémentaires hebdomadaires, davantage qu’avec les 39 h où il ne pouvait y avoir que 9 h supplémentaires par semaine.

2°) Est-ce que les 35 h sont un carcan ?

Copé félicite Valls pour « sortir du carcan dogmatique hérité de Madame Aubry, c’est aussi se donner une arme de plus dans la cruciale bataille contre le chômage».

Il n’y a aucun carcan. D’aucune sorte. (d’une certain façon, hélas !)

C’est ce que Xavier Bertrand a répondu a Copé : il y a une scission sur ce point…  au sein de l’UMP : c’est le le chef de l’UMP qui en profite pour attaquer le ministre du travail UMP en épaulant Valls. (Les grands médias font mine de ne pas le voir pour se concentrer sur la…division du PS).

3°) Est-ce que les 35 h n’existent déjà plus réellement ?

C’est malheureusement ce qui a été, semble t il,  dit par Arnaud Montebourg, lui aussi candidat aux primaires socialistes : « Les 35 heures n’existent plus, donc évidemment rouvrir ce débat est inutile ». Ce disant, Arnaud Montebourg n’y connaît rien non plus. Les 35 h existent. Elles s’imposent même à 100 % des salariés, à 100 % des employeurs. C’est une durée légale d’ordre public social valable dans toutes les entreprises, toutes les branches, tous les métiers, tous les statuts.

4°) Est-ce que les 35 h empêchent les Français de travailler davantage ?

Emballé par Valls, Yves Jégo déclare : « N’attendons pas 2012 pour déverrouiller les 35 heures qui plombent la croissance française depuis 10 ans et ouvrons à nouveau le débat du + travailler plus + et du + travailler mieux + comme Jean-François Copé l’a proposé à juste titre, suivi par Manuel Valls ».
C’est aussi stupide : la meilleure année depuis un siècle de la croissance française, de l’emploi en France, c’est l’année 2000, année de la mise en place des 35 h. 350 à 400 000 emplois de plus. C’est la meilleure année sociale de toutes les annales. Moins de précaires, hausse de la masse salariale, toutes les caisses de protection sociales étaient au vert… Ce, avant que la droite, depuis 8 ans, ne mène notre pays à la catastrophe économique et sociale en revenant en arrière.

5°) Est-ce que les 35 h empêchent de travailler deux ou trois heures de plus ?

Stupide aussi. Il y a place pour 13 supplémentaires mensuelles majorées par semaine.

Quant au contingent annuel maximum d’heures supp’, il était de 91 h dans la métallurgie en 1995, de 120 h en général lorsque le patronat signait l’accord du 31 octobre 1995 considérant que les heures supp’ devaient être « exceptionnelles et imprévisibles » et alors que se préparait la 1° loi De Robien finançant les 35 et les 32 h pour les entreprises « volontaires ». (Ce qui coûta très cher, mais resta limité à 35 000 salariés). C’est la droite qui a tenté la première loi de réduction du temps de travail, par accord.

6°) Est-ce qu’à cause des 35 h on travaille moins que les autres pays ?

Mais non bien sûr ! Nous sommes dans la moyenne européenne : la durée hebdomadaire du travail en 2007 de l’ensemble des actifs était de 37 heures en France, pour 37,3 heures en moyenne dans l’Europe des 15. C’est presque une heure de plus qu’en Allemagne (36,2 h), une heure et demie de plus qu’au Danemark (35,5 h) et dans les pays Nordiques, et presque cinq heures de plus qu’en Hollande (32,2 h). Mais bien moins qu’en Grèce, au Portugal… (Cf. « Salariés si vous saviez.. » Ed. La découverte, GF 2008)

Car, surtout ce sont les pays les plus pauvres qui ont les durées du travail les plus longues !
Et les plus riches les durées du travail les plus courtes !

Le « Sortir de l’euro où sortir des 35 h » selon Gérard Longuet est donc une autre de ces phrases stupides qui ne veulent rien dire.

Nous avons en France le taux de productivité horaire le plus élevé au monde. On produit plus tout en travaillant moins !

7°) Est-ce que le monde (du travail) a changé depuis 1997 ?

Bah oui. Il y a davantage de chômeurs, les records mondiaux sont battus. Le néo-libéralisme et la dictature de la finance tendent à ramener les durées du travail réelles au niveau du XIXe° siècle, avec souffrance, stress, contre la santé et contre l’emploi. Sarkozy est allé chercher le chômage avec les dents : les chiffres de décembre 2010 en France, c’est le plus haut niveau de chômage depuis 15 ans… Il n’y aura pas de réduction du chômage de masse, sans réduction du temps de travail.

8°) Est-ce que les 35 h sont une idée des années 70, 80, 90 ?

C’est un progrès historique. L’histoire du code du travail EST l’histoire de la réduction du temps de travail. De 1840 à 1920, il a fallu 80 ans pour passer de la journée de 17 h à la journée de 10 h.  De 1936 à 2000, il a fallu 70 ans pour passer de 40 h à 35 h : en 70 ans, on a réussi en pratique, dans les faits, dans la vie réelle, (malgré une guerre mondiale et deux guerres coloniales) quatre choses en même temps :
-       produire plus
-       créer plus d’emplois
-       travailler moins longtemps
-       gagner plus
Et Valls et Copé voudrait faire tourner la roue de l’histoire à l’envers ? Revenir avec la même logique demain sur les congés payés ? sur la Sécu ? Copé le veut… Valls aussi ?

9°) Est-ce que les 35 h coûtent cher aux entreprises ?

Les 35 h ne devaient pas se faire à « profit constant » mais comme un moyen de redistribuer emplois et richesses. Mais non, le Medef a « mené la guerre » depuis 13 ans aux 35 h (depuis que le 10 octobre 1997 sur le parvis de Matignon, Jean Gandois du CNPF démissionnait en expliquant qu’il fallait des « tueurs » à sa place et cela donna naissance au Medef) . Le patronat ment en prétendant que « les 35 h ça coûte trop cher » : en fait pour refuser de négocier les salaires.  Mais ses profits n’ont jamais été aussi énormes, la France n’a jamais été aussi riche.

10°) Est-ce que les 35 h coûtent cher à l’état ?

Ça coûte à l’état qui prend sur les impôts que paient les salariés : parce que l’état redistribue d’énormes sommes au patronat. L’assistanat dans ce pays, c’est d’abord pour les patrons. Entre 30 et 45 milliards d’exonérations de cotisations sociales de 1 à 1,3 fois le Smic  ce qui va en premier dans les poches du CAC 40. Pareille pour la loi TEPA qui enlève les cotisations sociales sur les heures supp’.

11°) Est-ce que les 35 h ont déjà été détricotées  ?

Jack Lang :« Les 35 heures ont été déjà partiellement détricotées, réadaptées». Encore une fois ça ne veut rien dire ! les 35 h c’est un chiffre, un repère unique pour la durée légale. Une loi d’ordre public social. Pour 100 % des salariés. Ça ne peut pas se « détricoter »… le code du travail peut se “détricoter” pas “les 35 h”. Ca existe ou non.

Et Pierre Moscovici qui explique à Valls qu’il n’y a plus rien à faire, car tout a été fait…  : « si vous prenez tout ce que la droite a fait depuis 2002 avec les 35 heures, les verrous, s’il y en avait, ont été totalement levés» (sic – Moscovici) Il n’y connaît rien non plus. Il n’y avait pas de verrous, ils ne sont donc pas levés, tant que les heures supp’ restent majorées dans la loi.

12°) Est-ce que les 35 h ont bloqué les salaires ?

Pas les 35 h ! Lionel Jospin (et c’est ce qui lui a fait gagner les élections le 1er juin 1997)  a proclamé les 35 H HEBDOMADAIRES PAR LA LOI SANS PERTE DE SALAIRES. Ce sont les patrons qui ont bloqué les salaires et tout tenté pour les flexibiliser

Mais même dans les accords, il y a eu des cas infinitésimaux prévoyant un « gel » des salaires en contrepartie des 35 h : c’était là où les syndicats étaient faibles. C’est vrai que le Medef et la droite ont fait forcing pour affaiblir l’application concrète de la loi, son contrôle… mais c’est parce qu’il n’y a pas eu assez de sanctions en cas de non-respect des 35 h pas parce qu’il y en a eu trop… des « verrous », il en aurait fallu plus !

13°)  Est-ce que les 35 h ont été annualisées ?

Ce n’était pas par la loi ! Mais par accord. Dans moins de 0,3 % des cas, il y a eu des accords d’annualisation ou de modulation. Ils sont mauvais : car ils reviennent à rendre les heures supplémentaires invisibles et non majorées. Il fallait que des syndicats acceptent de signer ce genre de recul (mais c’est vrai…  la loi aurait pu et du les interdire) !
En fait le patronat n’aime pas les usines à gaz où il est contraint de signer des accords avec des syndicats. Il cherche toujours à faire autrement et les heures supp’ c’est ce qu’il y a de plus simple, il y  fait recours dans 76 % des cas pour ajuster les horaires…

14°) Est-ce que les 35 h ont été annulées par la flexibilité ?

Mais par définition les 35 h sont inflexibles. La flexibilité s’oppose aux 35 h, elle cherche à moduler la durée légale, la durée maxima, le taux des heures supp’ etc. mais tant qu’il reste un ordre public social avec un chiffre unique de repère, les 35 h sont là.

15°) Est-ce que la loi TEPA a réglé la question des 35 h ?

Non, elle a poussé à des heures supp’ en les faisant payer en partie par l’état (par les impôts de salariés). Cela revient à faire travailler plus ceux qui ont un travail au détriment de ceux qui n’en ont pas. Ça coûte cher et cela a mal marché : 4 milliards qui vont dans la caisse des patrons et augmentent le nombre de chômeurs non embauchés. En même temps, l’état Sarkozyste versait 300 millions d’euros à 600 000 salariés pour les faire travailler moins, en leur imposant du chômage partiel forcé dans leur entreprise, allez savoir…

16°) Est ce que les 35 h sont fraudées ?

Oui, c’est le principal problème.
Malgré l’offre d‘aubaine de la loi TEPA, le patronat dans sa large majorité a préféré continuer à ne pas reconnaître ni payer les heures supp’ qu’il impose à ses salariés. Il y a un milliard d’heures supp ‘ dans ce pays qui ne sont pas déclarées, pas majorées et même pas payées du tout, ce qui est l’équivalent de 600 000 emplois.
C’est le principal gisement, 85 % du travail dissimulé, la principale fraude ; le principal vol que subisse les salariés, la principale source de délinquance patronale. Là, il faudrait sévir et sanctionner dur ces voleurs.


17°) Est-ce que les 35 h n’ont pas d’effet dans les petites entreprises ?

Mais si ! Elles s’imposent à toutes les petites, moyennes et grandes entreprises. Même Alain Vidalies ne rend pas compte de la vérité quand il écrit : « Par exemple, Valls met en garde [les socialistes] contre une généralisation des 35 heures aux PME. Mais c’est François Fillon, en 2003, qui l’a mise en place. » Non, ca ne s’est pas passé ainsi !

a) D’abord les socialistes envisageaient les 35 h avec heures supp’ à 25 % ensuite, partout, en 1999, puis  des pressions en interne (Guigou, Fabius) ont permis que la majoration à 25 % ne s’applique pas temporairement pour les entreprises de moins de 20 salariés (plus de 5 millions de salariés). Il en fut ainsi, hélas, dans la loi Aubry II.
b) Mais selon la gauche, à partir du 1er janvier 2003, la majoration devait finir par augmenter aussi dans les moins de 20 de 10 % à 25 % pour les heures comprises en 36 et 40 h.
c) C’est la droite (Fillon en 2002) qui a repoussé cette date. Donc 5 millions de salariés des moins de 20, de ce fait, ont continué de 2003 à 2007 à faire des heures supp’ qui n’étaient majorées que de 10 % au lieu de 25 % ailleurs : c’est la droite qui faisait travailler plus en gagnant moins.
d) Puis la loi TEPA a encore modifié cela à partir du 1er octobre 2007 : toutes les heures, même dans les moins de 20, sont devenues majorées à 25 % (Mais défiscalisées et subventionnées).
e) Puis la droite incohérente (silence total des médias), en août 2008, par la loi Bertrand a permis de passer outre à… la majoration de 25 % et d’en revenir à 10 %  « par accord » (elle a failli préciser 0% ). Elle a même voté que tout ce qu’il y avait d’écrit sur le taux des heures supp’ dans les accords et conventions collectives devait être annulé et renégocié (énorme – la loi annulait tous les contrats sur ce point ! sic) : c’est le Conseil constitutionnel in extremis qui a censuré ce vote et heureusement maintenu le contenu des 185 conventions collectives de ce pays qui reprenaient les 25 % de majoration.

18°) Est-ce qu’il est déjà possible de déroger aux 35 h ?

Oui, depuis la loi Bertrand, par « accord » avec des syndicats représentant une majorité des salariés concernés.

Ce fut le cas à Continental et dans un certain nombre de cas phares où le patronat fit chantage à l’ordre public social, obligeant les salariés sous peine de chômage à travailler plus sans que les heures supplémentaires soient majorées… et puis les patrons de Continental, après avoir fait avaler cet accord,  ont quand même fermé et licencié.
En fait c’est ce que Copé et Valls voudraient imposer à tout le pays : l’accord initial de Continental.

19°) Est ce que les RTT ont été supprimées ?

Oui, il y a eu certains textes pour faciliter les « forfaits » sans contrôle et avec moins de jour de RTT parmi les cadres notamment, avec parfois une définition extensive et contestable du statut de « cadre ». Cela a été repris dans des conventions collectives et autres (mauvais) accords sous la pression du patronat.
Mais cela n’existe pas par la loi mais dans des accords dérogatoires (loi Fillon du 4 mai 2004 et de Bertrand d’août 2008) si ces accords sont signés par des syndicats majoritaires (il faut pour cela qu’ils capitulent devant les employeurs), cela reste donc l’exception.

20°) Est ce que les 35 h n’existent plus pour les cadres ?

Les cadres sont aux 35 h, de droit commun comme tous les salariés. En fait, nul ne peut les faire travailler plus de 10 h par jour, ni plus de 48 h par semaine ! Les « forfaits » doivent être contrôlés, ils ne sauraient être implicites, ils doivent être écrits explicitement de façon détaillée avec calendrier si modulation et RTT, signés par des syndicats majoritaires (! la définition de ces syndicats majoritaires a évolué entre la loi Fillon du 4 mai 2004 et la loi Bertrand d’août 2008), et ils ne peuvent servir à ne pas payer les heures supplémentaires. En cas d’annualisation, les heures supp’ dépassant le « forfait » doivent être comptabilisées et payées majorées.

Le contingent annuel d’heures supp’ fixé à 130 heures par la gauche a été porté à 180 puis 220 h par Fillon (avec possibilité de dérogation par branche, c’est 230 heures dans dans la poissonnerie, 380 h dans la restauration…) Au-delà du contingent, la majoration des heures supp’ était de 100 %… ce qui fait qu’en reculant la limite du contingent, la droite a fait travailler plus en gagnant moins.

21°) Est ce qu’il faut « étendre » les 35 h ?

Non, elles sont étendues. Les 35 h art 1 de la loi Aubry sont une loi magnifique, la plus avancée au monde.
Mais on pourrait prendre des mesures pour rapprocher la durée réelle du travail de la durée légale
-       Abaisser la durée maxima du travail de 48 h à 44 h.
-       Rendre les heures supp’ plus coûteuses que l’embauche en les majorant à 50 % dés la première heure
-       Abaisser le contingent annuel et en revenir à une limite de 120 h (10 h par mois)
-       Imposer deux jours de repos consécutifs incluant le dimanche
-       Soumettre les heures supp’ à un « avis conforme » des IRP (CE ou DP, CHSCT)

-       Rétablir un système de contrôle fiable et transparent des horaires réels, avec contrôle renforcé et sanctions de l’inspection du travail.

Travailler mieux, moins, tous et gagner tous plus, tel est le bon slogan !

22°) Et si on repassait aux 40 h ?

Faire machine arrière toute 70 ans en arrière, cela ne reviendrait qu’à une seule chose : abaisser les salaires
Car des millions de salariés perdraient la majoration de 25 % pour les heures entre 36 et 40.
ET il y aurait un million de chômeurs de plus au bas mot.

23°) Est-ce que supprimer les 35 h ça augmenterait les salaires ?

Ça les baisserait automatiquement pour ceux qui feraient des heures supp’. Et pour tous les autres qui auraient encore moins de travail à se répartir.

24°) Et si on augmentait le nombre autorisé d’heures supplémentaires ?

Il est déjà énorme et parfois heureusement inatteignable. Les Britanniques en effet pratiquent l’opt out. (Article 18 de la directive 93-104) Sarkozy a tenté de faire passer la semaine de 65 et de 72 heures quand il présidait l’Europe en décembre 2008 : il a été battu heureusement par le Parlement européen. Mais la directive sur le temps de travail est toujours sur la table en Europe… Danger !

25°) Et s’il n’y avait plus de durée légale ?

C’est le rêve absolu du Medef.  Il ne cesse de revendiquer cette « solution » … finale. Cela casserait tout repère, aussi bien pour la durée que pour les salaires. Plus de Smic à 151 h 66. Plus de « grilles de salaires « conventionnelles.Faire fluctuer, rendre confus, pour mieux couler tout le droit du travail.

Gérard Filoche, le 3 janvier 2011

Lire :
Balladur et les 5 millions de chômeurs 1993
les 35 h oui, la flexibilité non 1997 et 1999
Négocier les 35 h dans l’intérêt des salariés, 2000
Carnets d’un inspecteur du travail 2004 et 2010
La vie, la santé l amour sont précaires pourquoi le travail ne le serait il pas ? 2009

Arrêtez de « suicider » le PS, démocratie, écoutons les électeurs de gauche, halte à l’austérité, à la saignée des 50 milliards, aux 35 milliards de cadeaux aux patrons !

Dans le mur ! 155 villes de plus de 9000 habitants perdues par la gauche pour l’UMP. Le FN obtient 11 villes sur 36 000. Oh la droite ne fait pas un raz de marée, non. La droite ne gagne quasiment pas de voix en chiffres absolus. Mais elle gagne très largement en pourcentage, parce que c’est la gauche qui s’effondre en abstention-sanction.

Le peuple de gauche n’a pas glissé à droite, Les Verts et le FdG n’ont pas reculé, c’est le PS seul qui a perdu. Ses électeurs disent au Parti socialiste : « stop » ! Stoppe ta politique qui ne donne rien aux salariés, mais tout au patronat, qui instaure l’austérité pour plaire aux libéraux intégristes de Bruxelles, qui laisse le chômage augmenter, la misère s’accroire, les inégalités se creuser. La gauche n’a pas été élue pour ça en mai juin 2012.

Or que nous dit on ?

Mardi 25 mars, Michel Sapin, ministre, a estimé que « l’important, c’est de ne pas lâcher l’objectif qui est de faire diminuer le déficit de la France. Ça, ça ne changera pas. ». Pire : ils ont été nombreux parmi les hiérarques socialistes, à le redire aveuglément : « on ne change pas de cap ». Comme un défi, comme un mépris au visage de millions de nos électeurs.

Comme s’ils voulaient se suicider. Parce leur prétendu « cap » ils ne l’atteindront jamais. Par contre, ils perdront tout : après les villes, on perdra les européennes, on perdra le Sénat, on perdra les régions, on perdra l’Assemblée, on perdra la Présidence.

Ce n’est pas la faute aux maires, aux députés, aux élus, aux militants ni au parti socialiste, mais seulement et entièrement à la politique d’austérité conduite depuis 20 mois !

Pourquoi ce suicide désespérant ? Quelle arrogance ont ces « technos », ces « loin du peuple » qui ont les yeux fixés sur les taux d’intérêt pas sur les besoins des citoyens ?

Quelle vanité à ceux qui se croient autorisés à faire le malheur du peuple contre le peuple ? Pourquoi foulent-ils la démocratie aux pieds ? Ont ils une quelconque suprématie intellectuelle, une supériorité d’expertise technique, économique ? Non car leur politique échoue, ils sont incapables de faire reculer le chômage sur lequel ils ne cessent de blablater… En remboursant la dette ils augmentent la dette. Ils arrosent la rivière en asséchant le jardin. Ils jettent des steaks aux requins de la finance qu’ils retirent de la bouche de nos concitoyens.

La grande question est pourquoi ? Pourquoi sacrifier nos allocations familiales et donner 35 milliards au Medef, pour rien ?

Car on sait que c’est pour rien, depuis des décennies cela a été prouvé… mais ils continuent à prendre aux pauvres de l’argent public pour donner aux riches privés en prétendant que ceux ci vont redonner aux pauvres, ce qu’ils ne font jamais, bien sur…

Pourquoi sacrifier notre économie, nos emplois, nos services publics, baisser l’intervention de l’état de 50 milliards dans les trois ans à venir?

Le seul résultat est une saignée dans les trois budgets, celui de l’état, celui des collectivités territoriales, celui de la protection sociale… et ça sert à remplir les caisses « fiscalement optimisées » des paradis fiscaux, des dividendes.

Comment ne pas voir, qu’en payant en priorité les intérêts d’une dette qu’on ne remboursera jamais, ça fait monter la dette de 85,9 à 94, 3 % du Pib comme c’est le cas depuis que la gauche a gagné les élections de mai juin 2012 ?

La priorité à la réduction des déficits ? Elle ne marche pas, elle détruit.

Elle coule la France, nous plonge dans la récession, accroit les inégalités, augmente le chômage, alimente la misère. Alors que les quatre banques françaises possèdent 400 % de notre Pib, pourquoi transférer ce que gagnent les travailleurs à ces exploiteurs qui continuent de les dilapider dans l’économie casino, les caves a subprimes, les hedge fund et autres produits dérivés insensés ?

Et pourquoi en faisant augmenter cette dette indigne sous prétexte de rembourser ses intérêts artificiels, nous soumettre à des objectifs anti sociaux, anti économiques, anti emploi de banques privées, de lobbies privés bruxellois, dont la seule vocation est de piller le travail de dizaines de millions de nos concitoyens salariés ?

Pourquoi ne pas lutter contre la fraude fiscale, pourquoi ne pas imposer les richissimes familles et les multinationales qui siphonnent notre travail, pourquoi ne pas traquer les 600 milliards d’avoirs français détournés dans des paradis fiscaux, pourquoi laisser nos richesses se concentrer entre les mains de 1 % de nos concitoyens, et appauvrir les autres ?

Nous avons été élus pour le contraire de cette politique, nous avons été élus pour corriger cette horreur économique que Sarkozy, l’UMP et le Medef, imposaient au pays.

La démocratie c’est de respecter les électeurs, les citoyens, les salariés qui produisent les richesses, le peuple qui est le socle de la République.

Pourquoi céder à la dictature d’une minorité de financiers privilégiés et de leur système corrompu et irrationnel qui mène partout l’Europe à la catastrophe, qui a détruit la Grèce, qui étrangle un à un les peuples d’Italie, d’Espagne, du Portugal, et maintenant le notre ?

Même le FMI s’aperçoit que la priorité au remboursement de la dette n’est pas de bonne politique économique.

Et nous, au lieu d’ouvrir les yeux, d’écouter nos électeurs, on fait comme tous ceux des socialistes auparavant en Grèce, en Espagne au Portugal qui se sont suicidés en soumettant leur peuple à cette politique aberrante, contre productive, pour plaire aux ordres des banques et de la troïka. Car tous ont été battus, tous ont été suivis d’une politique encore plus dure de la droite, tous tentent de revenir au pouvoir en corrigeant, inversant cette politique suicidaire qui les a fait battre.

Au Portugal, Mario Soares dénonce la troïka qui conduit l’Europe à la catastrophe et prône une nouvelle « révolution pacifique » comme celle des oeillets. En Espagne, les socialistes appellent à reconstruire le code du travail que la droite liquide et à défendre le droite à l’avortement qu’elle interdit. Ici nous faisons reculer le droit du travail, et l’effectivité de l’état de droit dans les entreprises et nous avons même dix députés socialistes assez à droite pour remettre en cause dans sa totalité, le code du travail déjà tellement dérégulé.

Les 23 et 30 mars, les électeurs ont été très clairs. La gauche et ses espoirs, ses revendications, ses aspirations restent majoritaires largement, à la base dans ce pays : mais le parti socialiste a été sanctionné parce qu’il ne tient ni ses engagements concrets contre le chômage, ni même le sens général, la mission historique de la gauche, c’est la première fois à ce point qu’il n’y a aucune grande avancée sociale depuis 1936 quand la gauche arrive au pouvoir.

Le sursaut est nécessaire. Qu’on ne nous impose pas un remaniement sans discussion, sans changement de ligne politique. Démocratie ! Respect des électeurs ! Respect des socialistes : 40 % des membres du BN ont lancé un appel pour une autre politique à gauche ! Une centaine de députés envisagent de refuser la « confiance » à marche forcée, disent « non » à la continuation de ces choix suicidaires.

Halte ! Prise de conscience. Alerte. Le peuple et la raison l’exigent : ne bradons pas 35 milliards de nos allocations familiales au patronat. N’étranglons pas nos budgets nationaux, celui de l’état, celui des collectivités territoriales, celui de la protection sociale, de 50 milliards.

Prenons l’Europe libérale intégriste et totalitaire de la commission à témoin : elle va dans le mur, nous n’irons pas avec ! Nous allons tout faire pour tourner la roue du désastre à l’envers.

Nous allons augmenter immédiatement les salaires, aller chercher les milliards non pas sur le dos du peuple, mais dans l’oligarchie richissime, dans les banques rapaces. Nous allons réguler la finance folle et non pas nous soumettre à ses règles. Nous allons réduire les durées du travail et créer de l’emploi non par l’asséchement du travail mais par la récupération des dividendes, la redistribution des richesses entre tous. Nous allons faire la relance dont ils ne veulent pas, et nous en appelons aux peuples d’Europe pour qu’ils manifestent leur volonté de stopper les dégâts de la troïka et aller dans ce sens.

Nous voulons VIVRE pas nous suicider !

Le Parti socialiste est un grand parti, le premier grand parti de gauche, c’est à lui de tracer la voie, d’exprimer ses électeurs et de dire au gouvernement que, dans la république, c’est la majorité du peuple qui dirige, pas les financiers voraces et fous

il faut un gouvernement EELV PS FDG

Un socialiste de D&S ré élu au 1er tour qui gagne des voix

Municipales à Billère : Jean-Yves Lalanne, le faux méchant

Publié dans la presse locale Pyrenées atlantiques, le 28/03/2014  par odile faure
Le maire socialiste a créé la surprise. Sa liste a obtenu 58,83 % des voix. Homme de combats politiques, il a su convaincre, même si 37,44 % des Billérois n’ont pas voté.

Jean-Yves Lalanne n’a pas subi la « douche » infligée à la gauche dimanche dernier. L’élection pour le poste de maire se déroulera ce soir à 18 h 30.
© PHOTO PHOTO LUKE LAISSAC
Cette fois, Jean-Yves Lalanne ne refera pas les peintures de son bureau de l’hôtel de ville. Il ne changera pas non plus le mobilier comme il l’avait fait en 2008, en succédant à Jean Arriau.

La continuité, c’est maintenant, pour celui qui incarne l’aile gauche du Parti socialiste dans l’agglomération et qui ne parvient pas à faire oublier son image « trotsko ». Il a pourtant quitté la Ligue communiste révolutionnaire en 1995. Il y était resté 18 ans mais comme Gérard Filloche, un « copain de 30 ans » et une centaine d’autres, il en a claqué la porte pour rallier le PS.

Son passage à la tête de la CGT de Total, de 1994 à 2008, lui a également fait porter le costume du contradicteur. Sans parler de son insoumission à l’armée, lui qui avait créé le comité de soldats du 5e RHC qui lui valut deux mois de prison. À 56 ans (depuis mercredi), en dispense d’activité professionnelle pour cause de fermeture d’usine, il estime que son passage à la mairie ne l’a pas transformé. « Je n’ai jamais été dogmatique ! On peut avoir des convictions et être pragmatique. Notre score étonne mais mon histoire l’explique. Le syndicalisme, c’est l’école de la vie. De la fermeté sur les principes et les idées mais aussi de la souplesse pour trouver un compromis. »

Rythmes scolaires reportés

Le Mur des expulsés à Billère, c’était lui, comme la non-application de la réforme des rythmes scolaires. « On a reporté suite à une concertation avec les parents, même si je pense que la semaine de 4,5 jours est positive pour les enfants. À condition d’en avoir les moyens. Billère ne les avait pas. Il fallait construire des cantines. Nous serons prêts à la rentrée. »

Sa distance avec le gouvernement Hollande ne date pas d’hier. Elle lui a peut-être fait éviter la sanction des électeurs. À moins qu’ils apprécient son côté « accessible ». « Ils peuvent me joindre sur le portable (son numéro figure sur sa carte de visite, NDLR), je suis dans l’annuaire et je reçois sur rendez-vous, le jeudi. « Quand on a eu besoin de places de parkings, on l’a appelé et ça n’a pas traîné », explique une commerçante de l’avenue Jean-Mermoz.

« Il a souvent plein d’idées et est d’accord sur tout. Pour nous, c’est génial, même si parfois on s’y perd un peu », sourit un directeur d’association. La recette Lalanne, son bilan et ses projets ont visiblement convaincu les 62, 56 % des électeurs inscrits qui se sont déplacés dimanche.

Le chômage a encore progressé de 31.500 en février (+ 0,9 %). C’est la 4° hausse de suite et une très mauvaise nouvelle pour ceux qui en souffrent.

Hausse du chômage de masse :

Croit on une seule seconde qu’en donnant 35 milliards au patronat et en baissant de 50 milliards la part publique de l’état dans l’activité économique, on va baisser le chômage de masse. Le Medef s’apprête à encaisser ces mirifiques cadeaux en refusant tout engagement d’emploi en contrepartie.

Il n’y aura pas de réduction du chômage de masse sans réduction du temps de travail.

Comment est on passé de 9 millions de salariés en 1936 du privé à 18 millions en 2002 sinon en réduisant la durée du travail de 40 à 35 h ? Le seul moment dans les 30 dernières années où l’on a réduit de 400 000 (de plus que tous les autres pays voisins) le chômage de masse, ce fut au moment de la mise en place des 35 h.

Pendant 70 ans de 1936 à 2002 on a fait quatre choses en même temps : on a produit plus, on a double le nombre d’emplois, on a gagné plus et on a travaillé moins. Travailler mieux, moins, tous et gagner plus, c’est le propre des pays qui progressent. Ce sont les pays les plus pauvres qui ont la durée du travail la plus longue. Ce sont les pays les plus riches qui ont la durée du travail la plus courte. C’est quand on répartit le travail qu’on évite ou qu’on sort de la crise, pas quand on traine le boulet du chômage de masse.

A quoi ça sert de défendre les 35 h et d’allonger la durée du travail sur la vie ? C’est une ineptie inqualifiable de reporter l’âge de la retraite à 63 ou 66 ans quand on a 25 % de jeunes au chômage. En vérité il faut réduire la durée du travail, sur la semaine, le mois, l’année et sur la vie. Il faut fixer le cap des 32 h et revenir à la retraite à 60 ans. C’est LE moyen combiné de redistribution des richesses et de relance en même temps que de partage du travail. Et ce sont les dizaines de milliards de dividendes extorqués sur le travail qui doivent revenir payer la réduction de la durée du travail et les emplois qui en sortiront.

Nous sommes en plein boom démographique. Il y a 850 000 naissances par an depuis l’an 2000. Soit 8,5 millions d’enfants de plus en 10 ans. 12 millions en 14 ans. Les premiers arriveront sur le « marché » du travail en 2018, dans 4 ans… Croit on un seul instant que l’on va « digérer » une pareille augmentation de la population active sans organiser la baisse de la durée du travail ?

Information : (d’après AFP, le Figaro, Les Echos,  Dares, Pôle emploi) :


En plein entre-deux-tours des élections municipales, l’annonce par Pôle emploi d’une forte hausse du chômage en février ne pouvait tomber plus mal. C’est le quatrième mois d’affilée de hausse, mais surtout, son ampleur interpelle : avec 31.500 chômeurs de plus n’ayant pas du tout travaillé dans le mois (catégorie A, + 0,9 %), la hausse est 3 à 4 fois plus importante qu’en décembre et en janvier et constitue le pire mois depuis septembre 2013. En catégorie A, la France compte désormais 3,35 millions de chômeurs officiels. C’est un nouveau record historique et 150.000 de plus qu’un an auparavant. Au total toutes catégories confondues, on approche 5,9 millions de chômeurs. L’UNEDIC prévoit 67 000 chômeurs de plus en 2014.

Cela laisse craindre qu’avec la réduction des emplois d’avenir (50.000 prévus dans le budget 2014 contre 100.000 l’an passé) et la chute actuelle des entrées en apprentissage, la baisse du chômage des jeunes entamée au printemps 2013 soit enrayée.

Dans la catégorie A le chômage des jeunes croit de 0,3 %. Où est la « priorité à la jeunesse ? A l’autre bout de la pyramide des âges, le chômage des plus de 50 ans continue de battre des records (+1,3 % en février, +12,1 % en un an). Pourquoi repousser l’âge de la retraite à 63 ans ?

Toutes catégories confondues, plus de 2 millions de personnes sont désormais au chômage depuis plus d’un an, dont la moitié depuis plus de 2 ans et la durée moyenne d’inscription à Pôle emploi atteint 272 jours (neuf mois).

L’analyse qualitative laisse elle aussi apparaître des voyants tous au rouge. Tous les motifs d’entrées à Pôle emploi progressent, et en particulier les licenciements. Côté sorties, les reprises d’emploi et les entrées en formation reculent, tandis que progressent fortement les… radiations administratives (+ 28 % sur un mois !) et les cessations d’inscriptions pour défaut d’actualisation (+11,2 %). Au final, ce sont 34.000 personnes de plus qu’en janvier sorties des listes de Pôle emploi pour ces deux derniers motifs.

« Ces chiffres contrastent avec les derniers indicateurs disponibles tant sur le front de l’emploi et du chômage que sur celui de l’activité économique », analyse le ministère du Travail, qui rappelle que la France a recommencé, au quatrième trimestre 2013, à créer des emplois (une première depuis début 2012) et que les derniers indicateurs conjoncturels font apparaître « des signes de reprise de plus en plus tangibles ». Dans ce contexte, « la mobilisation du gouvernement comme de l’ensemble des acteurs économiques et sociaux doit continuer et s’amplifier encore », martèle le ministère… sans avancer toutefois la moindre mesure convaincante pour faire reculer le chômage de masse.

Remanier… l’orientation politique !

http://rmc.bfmtv.com/info/592011/municipales-francois-change-politique-reclame-filoche-ps/

Respect au président, car c’est au président de la république de gauche de reprendre la main. Puisque, hélas, dans la Ve République, tout se concentre et se décide ainsi, il lui faut tirer le bilan des 22 premiers mois de « son » quinquennat et ré orienter pour la suite sous peine de mort politique, pour lui, pour le parti socialiste, pour toute la gauche.

 

Le coup de massue électoral a été féroce, brutal, total. Avec le score du 23 mars 2014, transposé aux prochains scrutins, il resterait 50 députés sur 300, 19 régions perdues sur 22, 7 députés européens et le Sénat sera à droite en septembre prochain.

 

La gauche qui avait tout en main va perdre tout. Son électorat, le salariat, ses forces vives, le lui ont dit avec force. La droite ne gagne qu’en pourcentage tout en reculant en voix. La gauche reste largement majoritaire mais s’abstient pour manifester son rejet de ce que la gauche fait… et ne fait pas.

 

Le précédent vote de mai juin 2012 imposait un tournant à gauche pas une gestion droitière légèrement pondérée de la « crise ». Les 22 mois de « pacte de compétitivité » puis de « pacte de responsabilité » ne répondent pas aux urgences sociales, aux inégalités sociales, à la misère sociale. Le salariat qui produit toutes les richesses de ce pays, crie : « stop arrêtez tous ces bobards selon lesquels il faut se serrer la ceinture pour que ça reparte ! On n’y croit pas, ça ne marche pas, on ne supporte plus, ça nous coule, on explose… »

 

A abreuver le Medef et à assécher le salariat, la gauche perd. Il faut écouter, tirer la conclusion, redresser.

 

Que notre président de gauche le fasse avec ses mots, avec son style, avec le rythme qu’il veut, mais il n’a plus le choix : la dégringolade politique catastrophique ou le sursaut.

 

On ne peut pas continuer à dire qu’on va sabrer 50 milliards de dépenses publiques et donner 35 milliards de nos cotisations familiales aux patrons, actionnaires et financiers.

D’ailleurs ce n’est même pas la « faute » du président, le « Pacte de responsabilité » ne marche pas, ni le patronat, ni les syndicats n’en veulent, il n’a pas été signé, il est minoritaire, lui aussi, comme le PS aux élections.

Le Medef réclame 100 milliards sans contre partie et il mettra cet argent dans le puits sans fond des dividendes et dans les iles Caïman pas dans l’emploi.

 

S’il faut faire face au chantage des taux d’intérêts des marchés, c’est en les affrontant, pas en s’y soumettant.

 

Le président est obligé de retrouver son « esprit du Bourget » : ca consiste à prendre acte d’une tentative de 22 mois, qui a consisté à s’appuyer sur le patronat pour essayer de réduire le chômage.

Mais le patronat ne veut pas, il veut comme l’UMP davantage d’austérité, moins de salaires, moins de droits du travail plus de précarité, moins d’impôts et de services publics. Le patronat préfère la finance à la production, il préfère licencier que d’embaucher, il préfère la rente à la production, il préfère les placements aux investissements, il n’use que de 70 % de ses capacités productives.

La démocratie ça consiste à écouter les électeurs, pas les spéculateurs. Au moins 80 % de la gauche politique et syndicale, et de l’électorat de gauche ne supporte pas les propositions d’austérité qui lui sont faites.

 

Alors pour affronter le chantage de la finance, des marchés, des spéculateurs, il n’y a qu’à aller chercher l’argent là ou il est : dans leurs poches. La France n’a jamais été aussi riche et les richesses aussi mal réparties. Ils veulent moins de déficits ? Prenons les mesures d’urgence draconiennes que la « crise » exige : traquons férocement les 80 milliards de fraude fiscale et les 590 milliards d’avoirs français cachés dans les paradis fiscaux, prenons sur les 330 milliards des 500 familles (elles détiennent 16 % du Pib, + 59 milliards en un an), l’argent est à portée. Que les riches paient leur « crise », pas les salariés ni les pauvres qui en sont victimes.

 

Relançons l’économie, les salaires au lieu de l’asphyxier par la compression absurde des dépenses. Arrêtons de faire comme le jardinier qui arrose la rivière pendant que son jardin dépérit. Arrêtons de jeter des steaks aux requins en les retirant de la bouche des passagers du bateau.

 

 

Remanier n’est pas jouer, s’il s’agit de continuer à dire « il faut attendre les résultats, il faut mieux expliquer… » Peu importe le casting du remaniement, il faut le changement maintenant. Sous peine de mort, je le répète. La déroute sera totale si le président ne tire pas les conclusions et ne reprend pas le cours des espoirs de gauche interrompus. A gauche.

 

Il faut le dire pour remobiliser tous les électeurs qui peuvent l’entendre encore dimanche 30 mars.

 

Car ils le savent, ce n’est pas avec l’UMP et le FN que ca va aller mieux ni dans les municipalités ni dans le pays. D’ailleurs les électeurs n’ont pas fait progresser la droite en voix. C’est seulement la gauche qui baisse.

 

On peut, on doit appeler à l’unité de toute la gauche le 30 mars, mais pour battre la droite et l’extrême droite, il faut être remotivé à gauche.

Le « pacte dit de responsabilité » est devenu minoritaire. Qu’il soit rejeté, qu’on en termine avec les refus du Medef de toutes contreparties !

 

Mine de rien, c’est un évènement.

 

Pour des raisons qui lui sont propres, la CFE CGC fait machine arrière et ne signera pas le « relevé de conclusions » (du vent…) du 5 mars. C’est un coup de théâtre lourd de conséquences : la CFE-CGC qui avait décidé le 10 mars dernier de signer le relevé de conclusions sur les contreparties sociales du pacte de responsabilité, qui prévoit un allègement de charges de l’ordre de 30 milliards d’euros par an pour les entreprises, a finalement fait machine arrière. « La négociation chômage a montré que la confiance n’était pas au rendez-vous (…) le patronat a trahi les signataires potentiels du pacte de responsabilité », a estimé la dirigeante de l’organisation Carole Couvert. « A la base, il s’agit d’un pacte de confiance. On a toujours dit que l’on refuserait de signer un chèque en blanc au patronat, mais que nous étions dans une logique de renvoi d’ascenseur », a-t-elle confié à Boursier.com. Or, lors de la négociation chômage, « ce sont les mêmes protagonistes qui étaient au tour de la table », a-t-elle ajouté.

Le relevé de conclusions concernant les contreparties au Pacte de responsabilité sera finalement signé par une minorité de syndicats.

Du coté du patronat, le Medef, la CGPME et l’UPA l’ont validé alors que, côté organisations syndicales, seules la CFDT et la CFTC le ratifieront, FO et la CGT y étant fermement opposées. Reuters prétend que le retrait de la CFE-CGC n’empêchera pas cet accord d’entrer en vigueur car il ne s’agirait que d’un « relevé de conclusions » n’ayant pas le même statut qu’un ANI comme ceux sur la sécurisation de l’emploi ou la formation, lesquels nécessitent la signature d’au moins trois syndicats. Mais c’est du pipo car le « relevé de conclusions signé » selon la CFDT se voulait équivalent à un accord et soumis aux mêmes règles. Carole Couvert veut, par ce geste, « envoyer un signal fort au gouvernement ». « Nous tirons la sonnette d’alarme pour qu’il entende le mécontentement des classes moyennes », a-t-elle martelé…

Pas seulement des « classes moyennes » surtout du salariat tout entier…

Comme la « convention UNEDIC » ca suffit les textes dictés par le Medef ! Que le gouvernement s’empare de ce rejet et du refus du Medef de toute contrepartie pour prendre la pays a témoin : ce qui ne passe pas pour l’emploi, du fait du refus du patronat, doit passer par le contrôle des licenciements, par la reprise des entreprises en difficulté, par la contrainte forte et décidée contre les dividendes et la finance.

Reprenons les milliards au patronat donnons les au salariat, non à l’austérité oui à la relance !

Encore un « accord » (sic) dicté par le Medef : non à aux régressions des droits des chômeurs !

Le gouvernement va t il valider cette misérable convention contre les chômeurs signée par quelques dirigeants syndicaux sous la dictée, une fois de plus, du Medef ?

Que l’on ne nous parle pas des « droits rechargeables » C’est tellement évident qu’un demandeur d’emploi qui prend un emploi, lorsque celui ci s’avère fragile et temporaire, ne doit pas perdre ses droits, qu’il y a peine à se féliciter d’une telle « avancée ». Non seulement ce n’est pas un cadeau mais l’ANI du 11 janvier avait précisé que cela devait se faire « au fil de l’eau » avec un contrôle « ex post » ce qui impliquait que cela ne coute pas un sou de plus à l’assurance chômage. Ce sont des droits « déchargeables », un prétexte à les réduire tous : au final 400 millions d’euros seraient consacrés aux nouveaux droits rechargeables mais 800 millions d’euros seront pris a tout les chômeurs. Seniors, cadres, intermittents, ruptures conventionnelles et intérimaires seront ponctionnés : alors que plus d’un chômeur sur deux n’est pas indemnisé, l’accord comporte un amalgame de droits rechargeables a minima et de reculs aboutissant à une baisse des droits et des économies reposant entièrement sur les demandeurs d’emploi eux même. Le patronat pourtant fauteur de chômage ne met rien de sa poche.

 

Or non seulement ça ne coûtera pas un sou mais l’accord prévoit que les droits et indemnités reculent :

- Les allocations sont repoussées en cas d’indemnités de départ favorables. Lorsque les salariés se seront battus pour obtenir des compensations négociées à leur licenciement, ils les reperdront : ils devront désormais attendre jusqu’à 180 jours pour toucher leurs allocations chômage, au lieu de 75 jours maximum aujourd’hui. Ainsi les « ruptures conventionnelles » qui sont devenues le plus gros plan pas social du pays, (300 000 par an) seront l’occasion, en plus des licenciements sans motif qu’elles représentent déjà, d’une lourde taxation contre les salariés contraints de signer. Éric Aubin de la CGT : « D’après nos calculs, des ouvrières comme celles de La Redoute, avec dix ans d’ancienneté, pourraient attendre deux cent cinquante jours pour être indemnisées!»

- Les allocations vont être rognées pour dégager d’importantes économies en touchant beaucoup de chômeurs. Le taux de remplacement minimal du salaire de référence, qui sert à calculer l’allocation versée, va être abaissé de 57,4 % à 57 %. Ce taux minimal est appliqué à tous les chômeurs dont le salaire préalable dépassait 2.042 euros bruts par mois (pour ceux qui gagnaient moins, les taux appliqués ne changent pas). Avec ce coup de rabot, un chômeur touchant aujourd’hui 1.500 euros par mois en touchera à l’avenir 11 de moins.

- le régime des intermittents du spectacle recule encore : leur régime spécifique, que le patronat voulait supprimer en raison de son coût, est dégradé, en attendant l’ouverture de discussions avec l’État avant la fin de l’année. Les allocations des 112 000 intermittents indemnisés seront désormais plafonnées à 5 475 euros brut par mois (très peu atteignent un pareil « sommet » !) et un « différé » d’indemnisation est mis en place, pendant lequel les intermittents devront attendre pour toucher leurs allocations. Les cotisations sur leurs salaires vont passer de 10,8 % à 12,8 % (8 % côté employeurs, 4,8 % côté salariés).

- les plus de 65 ans mis à contribution : les salariés de plus de 65 ans, jusqu’ici exonérés de cotisations Unedic, vont devoir contribuer eux aussi au régime. Pour les seniors ce sera le recul de 50 à 52 ans de l’âge prévu pour bénéficier de 36 mois d’allocation au lieu de 24 mois. Ce ne sera plus le cas, avec la création d’une « contribution spécifique de solidarité » : 4 % part employeur, 2,4 % part salarié.

- Recul du départ à la retraite de 61 ans repoussée à 62 ans : un chômeur qui atteint 61 ans sans avoir encore tous ses trimestres pour une retraite à taux plein bénéficie aujourd’hui du maintien de ses allocations tout le temps nécessaire. Cette borne est portée à 62 ans. Rester plus longtemps au chômage au lieu d’être en retraite.

- le cumul petits boulots-allocation, un odieux système d’ »activité réduite », qui « permet » à plus d’un million de chômeurs de végéter entre petits boulots et allocations n’est plus limitée à 15 mois comme auparavant. Ca pourra durer plus ! Pôle emploi déduira de l’allocation mensuelle versée au chômeur 70 % de la rémunération brute qu’il a touchée durant ses éventuelles périodes de travail.

 

Sursaut ! Tous le 30 mars pour faire barrage à la droite et l’extrême droite

Sursaut ! Ne pensez ici, aujourd’hui, une seule seconde que je vais vous dire autre chose : quoique vous en pensiez : votez à gauche dimanche prochain !

Ne laissez pas le FN et l’UMP l’emporter, vous le regretteriez tous. Ce serait un recul terrible pour les salariés, pour les citoyens, pour les villes, pour les droits sociaux et du travail, pour l’environnement.

Il faut fusionner les listes, additionner les forces, faciliter tous les désistements à gauche. EELV, PRG, PS, FdG, PCF, PG, NPA, LO etc.

Dans la gestion de vos villes, il n’y a pas photo entre gauche et droite : vous le savez sur tout, logements, aides sociales, environnement, il y a des différences concrètes, parfois légères mais souvent importantes et très importantes, et tout ce qui est mieux est bon à prendre sur ce qui est pire. Chacun de nous, qui a du mal à boucler ses fins de mois, sait ce que ça veut dire. Il y a tant de misère, tant de chômeurs, tant d’inégalités qu’on a la rage, bien sûr. Je suis un syndicaliste et un socialiste, et je sais, au jour le jour, que quand je peux sauver UN salarié, UN salaire, UN droit, je fais œuvre essentielle contre la barbarie du Medef. Je n’oppose pas la réforme à la révolution ni les grands combats politiques nationaux aux gestions quotidiennes : je sais qu’une mairie de gauche aide, et est meilleure, toujours quelque part : pour l’aide sociale, pour l’école, pour le logement, pour l’écologie, la démocratie…

 

Alors le 30 mars, il faut corriger les votes du 23 mars. En fait dans le pays, la gauche est toujours majoritaire, mais une partie d’entre elle s’est abstenue. Un sursaut est donc possible. Pour faire barrage à la droite d’autant plus que celle-ci nourrit le FN en son sein.

En même temps il faut le dire à la gauche : c’est un 21 avril municipal. Une Bérézina. La politique est implacable : si vous êtes de gauche et faites une politique droitière, les électeurs qui ont voté pour vous vous sanctionnent. Si cela avait été une élection législative le 23 mars, combien resterait il de députés ? Moins qu’en 1993. Moins qu’en 2002.

Donc ce n’est pas la faute à nos élus, à nos édiles municipaux, c’est la faute à la politique nationale de conciliation avec les faiseurs de chômage, avec le Medef, avec la finance. Au fameux « pacte dit de responsabilité » sans contrepartie. Et ce sera pire aux européennes et en 2015 et en 2017 si on continue.

Ce qui s’est passé est extraordinairement lisible : la gauche a été victime d’une abstention à gauche par mécontentement de la politique, non pas des maires, mais du gouvernement.

La droite a été victime de ses divisions, corruptions, échecs et excès, les électeurs ont glissé de l’UMP au FN. Il n’y a pas de glissement de l’électorat de gauche vers droite. Mais l’abstention à gauche fait mécaniquement monter la droite, sans que celle-ci ne gagne des voix.

Faire barrage à la droite est immédiatement primordial sur tout le reste : on changera la gauche d’autant plus facilement qu’elle n’aura pas trop perdu. Plus la pression de la droite sera forte moins on y parviendra. Unissons nos listes, rassemblons les forces, limitons les dégâts.

Et tout le monde a pu le vérifier en cette occasion, une fois de plus, l’échec d’une partie de la gauche ne nourrit pas une autre partie de la gauche. Ceux qui ont voulu être « autonomes » au lieu de s’associer pour influencer ont perdu aussi. Les électeurs mettent toute la gauche dans le même sac. La bonne politique n’est pas de diviser mais d’unir. Il ne sert à rien de partir dans des polémiques gauche contre gauche : c’est ensemble qu’il faut réorienter, reconstruire. Unité de toute la gauche ! Un seul salariat, une seule gauche.

Bien sûr, il ne peut s’agir que d’une unité qui transforme, change, ouvre une autre dynamique politique. Pour lutter contre le chômage de masse ce n’est pas aux fauteurs de chômeurs patronat-Medef qu’il faut le demander, au contraire, il faut les arrêter, les contrôler, les contraindre, les forcer à arrêter le pillage du travail et la spéculation financière dans laquelle ils sont tous engagés. Si on leur donne des milliards, et le vrai faux « pacte de responsabilité » ils s’en goinfreront et le verseront dans le puits sans fond de leurs dividendes. Au contraire, il faut leur imposer les règles républicaines qu’ils ne respectent pas, le respect de l’emploi qu’ils piétinent, et briser leur soif de spéculation qui nous ruine. Il faut 32 h hebdomadaires sans perte de salaire, un smic à 1700 euros, la retraite à 60 ans pour tous, pas de salaire ni revenu supérieur à 20 fois le Smic.

Si on veut avancer il faut battre la droite le 30 mars come condition, comme moyen pour changer, réorienter la gauche.

Vient de paraitre D & S N°213 mars 21° année

UNE D & S N°213 – copie

Les 23 et 30 mars : ne pas s’abstenir – Donner la priorité à battre la droite et l’extrême droite

En choisissant parmi les listes candidates aux municipales les 23 et 30 mars, nous appelons à ce que la priorité de tous les votes soit de battre l’UMP, l’UDI, le FN. Pas de retour en arrière, pas une voix pour ces libéraux intégristes ni pour les crypto-fascistes.

Il n’y a pas photo, quand on entend parler Copé ou Le Pen, on mesure à quels types de dangers on s’expose. Certes, avec la gauche on n’a pas ce qu’on veut, mais avec la droite on aurait tout ce qu’on ne veut pas. Même si avec la gauche on a 20 % de gauche, avec la droite on aurait 120 % de droite.

On se plaint de François Hollande parce qu’il n’en fait pas assez à gauche, mais on se plaindrait de Copé qui en ferait trop à droite. Il n’y a pas photo : c’est l’UMP qui nourrit le FN, en attisant la démagogie de bas niveau avec des histoires sur les « pains au chocolat » ou le livre « A poil ». C’est l’UMP qui attise le rejet de l’action politique avec ses scandales à répétition, les frasques de Copé, les multiples délits de Sarkozy. C’est l’UMP qui veut carrément supprimer le code du travail, remettre en cause sécurité sociale et école publique, qui limitera drastiquement toutes les aides sociales et fera austérité puissance 100.

Alors certes, à gauche, il y a des déceptions, des colères, des revendications parce que le gouvernement recherche en priorité la collaboration avec le patronat au lieu de lui reprendre les dividendes et redistribuer les richesses.

D’où l’idée de sanctionner et de s’abstenir. Mais c’est un très mauvais calcul. L’abstention mécaniquement, au lieu de sanctionner la gauche, fait monter la droite et l’extrême-droite. Le mode de scrutin est binaire : droite ou gauche. Alors pas d’hésitation, pas de diversion, on vote à gauche.

Et l’idée de « sanction » n’est pas la bonne méthode. Elle n’aurait aucun effet positif. Au lieu de pousser la gauche vers la gauche elle la livrerait davantage aux pressions de la droite… Si la droite gagne, les sociaux libéraux seront renforcés au lieu d’être affaiblis…  Si la droite gagne les pressions du Medef seront accrues…

IL FAUT BATTRE LA DROITE POUR CHANGER LA GAUCHE

Or dans la majorité des cas, il y a une relative unité de la gauche dès le premier tour des élections municipales. Le FdG, dans sa majorité, a eu le bon sens de faire bloc contre la droite et de négocier des alliances au niveau local, en dépit des divergences nationales. Ce qui limitera les « sanctions » faisant le jeu de l’UMP et du FN. Ce qui augmentera les espoirs de changer la gauche dans une dynamique à gauche.

Il n’y a qu’une minorité de listes dites « autonomes » à gauche, et leur impact reste à apprécier. Lorsqu’elles mènent une campagne anti socialiste primaire, au lieu d’attirer, elles semblent repousser. Et il faudra bien qu’elles se posent la question du second tour : « participer activement à battre la droite » comme le propose Danielle Simmonnet (PG) à Paris ? Se désister inconditionnellement contre la droite, ou s’intégrer à leur tour dans les listes unitaires, tel est le choix qui s’imposera à elles.

L’appel des 40 % des membres du BN du PS, ne peut qu’aider la gauche dans ces élections. Si ca bouge à gauche, si ça débat dans le PS, cela ouvre un espoir à ceux qui, résignés ou mécontents, allaient s’abstenir.

Nous appelons donc à lutter contre l’abstention, à ne pas gaspiller une seule voix : votez pour l’unité de la gauche, partout où elle s’est faite localement, cela ne peut que hâter le moment où elle s’imposera nationalement. Pour un gouvernement EELV PS FdG. Faisons barrage à la droite, et, en même temps, travaillons à changer activement la gauche.

édito de D&S ° 213 Mars