Résolution sur Arcelor-Florange et Pétroplus, adoptée par le conseil fédéral du PS des Pyrénées-Atlantiques, unanime, vend 30 nov 2012

pour information

La priorité fixée par notre gouvernement est l’emploi et la lutte contre les excès de la finance :
Face à l’urgence de la situation, face au risque majeur de désertification économique de régions entières, face à la nécessité absolue de sauvegarder notre outil industriel et nos savoir-faire, pour être prêt le moment venu à participer à la reprise de l’activité, nous devons réagir. Nous savons qu’il faudra du temps pour remonter la pente, mais des décisions doivent être prises en priorité.
Les militants socialistes et le gouvernement qu’ils soutiennent doivent être à l’offensive.
Les salariés de notre pays doivent savoir que la puissance publique s’engagera pour la sauvegarde de l’emploi, défendra les secteurs clefs de l’industrie et engagera sa mutation et sa modernisation.
Pour mettre en œuvre cette stratégie, nous devons au plus vite nous mobiliser pour des adopter des mesures législatives qui prévoient :
– L’interdiction des licenciements boursiers, sur le modèle de la proposition de loi adoptée par la majorité sénatoriale au 1er semestre 2012 ;
– Des nationalisations, fussent-elles provisoires. Les privatisations de nombre de nos industries ont été une véritable catastrophe : l’état actuel des grands secteurs qui ont été privatisés (chimie, aluminium, santé, acier, banques…) permet d’en mesurer les dégâts ;
– La mobilisation de fonds publics à travers la Banque Publique d’Investissement.

Arcelor-Florange et Petroplus méritent une action forte pour ouvrir une phase de redressement. Nous proposons de procéder à des nationalisations temporaires, dans l’attente d’un repreneur fiable prêt à rester durablement. Cette action ne doit pas être un simple symbole : elle doit s’accompagner d’une réflexion stratégique sur l’avenir de la filière acier en France, d’une réflexion sur la transition énergétique et soutenir des recherches pour que nous ne prenions aucun retard technologique.

La fédération des Pyrénées-Atlantiques demande au BN du PS d’engager une vaste campagne de mobilisation pour soutenir l’action du gouvernement pour le redressement productif.

« Nationalisation » n’est pas un gros mot ! il faut une économie mixte

A gauche et dans le mouvement syndical, les interrogations sont nombreuses. Au sein du Parti socialiste, aussi. Car le débat existe au sein même du gouvernement, et c’est normal face aux pressions de la finance internationale, face aux exigences du Medef.
Les engagements pris au cours de la campagne électorale ne suffisent pas pour déterminer comment mettre au pas un Lakshmi Mittal. Oui, comme nous l’avions défendu dans le texte de la motion « Maintenant la gauche, le social au cœur » lors du congrès de Toulouse, la question de la nationalisation est légitime. Il serait paradoxal que ce soit Mittal qui paraisse gagnant malgré la lutte de longue haleine des sidérurgistes lorrains et le soutien affiché du gouvernement. Sans parler du chantage qu’il exerce contre d’autres sites et contre d’autres gouvernements européens.

Or il est manifeste à la lecture attentive de l’accord signé avec Mittal que l’emploi n’est pas conservé de façon pérenne, que le fonctionnement des hauts fourneaux n’est pas assuré au delà d’avril 2013, que la filière de l’acier est incertaine (même sous future éventuelle version Ulcos, projet européen lointain – a échéance de 5 ou 6 ans ? – pour lequel Mittal n’a toujours pas postulé alors que la date limite de dépôt à Bruxelles est le 20 décembre 2012).
Donc la nationalisation est devenue le seul moyen, en la circonstance, de reprendre la main sur le dossier et de sauver à la fois l’emploi et la filière acier. Nationalisation n’est pas « contraire à l’air du temps », ce n’est pas un « gros mot » encore moins un « mauvais signe », comme l’affirment les néolibéraux : c’est au contraire une orientation positive, dans le sens du bon vent qui souffle contre le libéralisme ! Nationalisation, c’est à la fois une sanction, un sauvetage, une nécessité et un exemple ! Il y a une majorité d’idées dans notre pays pour une telle nationalisation, nos concitoyens veulent un état volontaire.
Et soyons clairs, il ne s’agit pas d’une nationalisation « temporaire » superficielle sorte de tour de passe-passe, visant à nationaliser les pertes et à privatiser ensuite les profits lorsqu’ils seront de retour… Cela doit entrer dans une grande politique, dans un grand plan de re-développement de l’économie contre le marasme destructeur qu’impose la finance. Par exemple, il faut inclure Pétroplus dans cette même démarche. De même qu’on a besoin d’acier, on a besoin de raffinerie : hors de question de désertifier la France au nom des « ratios » exigés par les banques ! S’il n’y a « besoin » à court terme que de 11 000 tonnes d’acier au lieu de 19 000 tonnes, demain il n’y en aura pas assez ! Ca vaut le coup d’y placer 1 milliard. De même Petroplus est irremplaçable et si les spéculateurs versatiles sont défaillants, le rôle d’un état volontaire c’est d’y faire face de façon durable. Rappelons que la « déclaration de principe fondamentale » rédigée, discutée, approuvée par le PS sous l’égide de François Hollande en 2008, prônait « une économie mixte ». Nous sommes pour une économie mixte ! Et des nationalisations peuvent être des « modalités » mais aussi des « finalités » car il faut rebâtir un grand périmètre de secteur public cohérent pour protéger, faire vivre l’industrie, l’énergie, un grand pôle financier public, les transports, les communications, les équipements essentiels, la protection sociale, la santé, l’école…

(au passage, ne nous privons pas de l’argument, les mêmes « offusqués » par le gros mot « nationalisation » et ceux qui affirment que « ça coûte trop cher » – il s’agit pourtant d’un placement à rapport – ne sont pas offusqués quand Dexia, banque toxique, est nationalisée trois fois, renflouée trois fois, payée trois fois à hauteur de 30 milliards, 30 fois plus que ce qui est en jeu à Florange et Pétroplus, et ce, sans aucun retour, sans garantie, sans contrôle ! )

Il est tout aussi naturel que de nombreux députés socialistes s’interrogent sur la voie suivie quant au crédit d’impôt de 20 milliards accordé à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, leurs bénéfices, leur exposition à la concurrence internationale. Et tout cela, pour l’instant, sans aucune contrepartie exigée en termes d’emplois par exemple. « Une mesure trop sélective serait considérée comme une aide d’Etat » dit Pierre Moscovici en réponse aux députés socialistes demandant que ne puissent pas bénéficier de ce crédit d’impôt les entreprises cotées en bourses qui ont distribué 37 milliards de dividendes à leurs actionnaires en 2011. Cette réponse ne peut pas nous satisfaire. Tenir tête à Bruxelles et à ses règles libérales doit être un des marqueurs de la gauche ! Déjà Mme Parisot réclame 20 autres milliards pour l’année suivante, toujours sans la moindre contrepartie.

Il est d’autant plus naturel que de nombreux députés socialistes s’interrogent sur le « pacte de compétitivité » que les 20 milliards d’euros accordés au patronat seront le fruit d’une augmentation de 7 milliards d’euros par an de la TVA (l’impôt que le PS a toujours considéré comme le plus injuste) et d’une diminution de 10 milliards d’euros des dépenses publiques. La diminution des dépenses de l’Etat : la RGPP sous un autre nom. La diminution des dépenses de l’assurance-maladie alors qu’en 2011, 25 % des habitants de notre pays ont dû renoncer à des soins faute de moyens financiers. La diminution des dépenses des collectivités territoriales qui représentent 70 % de l’investissement public, qui sont e n première ligne pour le versement des prestations sociales et sans lesquelles nombre d’associations seraient appelées à disparaître.

Plus que jamais, le Parti socialiste doit rester un lieu de débats et d’actions pour accroître le rapport de forces social. Il n’est pas possible de se contenter de reproduire les communiqués de l’Elysée ou de Matignon : ce fut pourtant le seul argument pour ne pas mettre le mot « nationalisation », mardi 4 décembre dans le communiqué du Bureau national sur Florange. Tout le monde dit que le PS ne doit pas être un parti godillot. Alors à quand une campagne du PS pour une loi contre les licenciements boursiers ?
Plus que jamais, dans toutes les réunions socialistes (sections, instances fédérales ou nationales), la discussion est légitime, elle est même indispensable. Animée par la volonté réaffirmée de voir l’action gouvernementale réussir, elle doit mobiliser activement notre électorat en faisant contre feu à la droite et à ses déboires.
Plus que jamais, le débat à gauche est nécessaire. Il doit être formalisé. Bien sûr parce qu’il faut commencer à préparer les prochaines échéances électorales, notamment municipales. Mais pas seulement ! Il faut faire avancer réflexion et unité sur les mesures immédiates et suivantes à prendre par la gauche. Un comité de coordination a été inauguré entre les Verts d’EELV, le MRC, le MRG et le PS, c’est positif mais il faut travailler à ce qu’il s’étende à toutes les forces de la gauche.
Plus que jamais, la question sociale reste déterminante pour faire reculer le chômage de masse et hausser les salaires. En ce sens, l’issue des négociations entre les syndicats de salariés et le Medef sera décisive. Au PS, avec les autres partis de gauche, d’être aux côtés des syndicats dans le bras de fer en cours. Il ne faut pas que le Medef puisse imposer la flexibilité du travail, c’est-à-dire libertés pour les patrons et contraintes pour les salariés, telles qu’il les exige !

 

 

extrait de la « lettre de D&S » 5 décembre – (inscrivez vous sur le site D&S pour les « 20 ans de D&S » le samedi 15 décembre, il suffit d’un clic)

Non à l’accord révélé avec Mittal : nationalisation !

je n’ai pas voté le communiqué du BN du PS, mardi 3 décembre, sur Florange, on n’avait pas encore le texte de l’accord avec Mittal, mais il était impossible de croire que l’emploi était conservé de façon pérenne, que le fonctionnement des hauts fourneaux était assuré, que la filière de l’acier était assurée (même sous future éventuelle version Ulcos). Alors la motion 3 n’a pas voté, à la différence d’ex-UMA qui l’a cautionné avec le reste de la motion 1 (et malgré les doutes exprimés qui traversent celle-ci).

Oui à la nationalisation seul moyen, en la circonstance, de reprendre la main sur le dossier et de sauver l’emploi et la filière acier. Mais il ne s’agit pas d’une simple nationalisation « temporaire » visant à nationaliser les pertes et à privatiser ensuite les profits lorsqu’ils seront de retour… Cela doit entrer dans une grande politique, dans un grand plan de re développement de l’économie contre le désert et marasme destructeur qu’impose la finance. Par exemple, il faut inclure Petroplus dans cette même démarche. Rappelons que la « déclaration de principe fondamentale » rédigée, discutée, approuvée par le PS sous l’égide de François Hollande en 2008, prônait « une économie mixte ». Nous sommes pour une économie mixte ! Et des nationalisations peuvent être des « modalités » mais aussi des « finalités » car il faut re-bâtir un grand périmètre de secteur public cohérent pour protéger, faire vivre l’industrie, l’énergie, un grand pôle financier public, les transports, les communications, les équipements essentiels, la protection sociale, la santé, l’école, la culture. (cf. D&S et @quevivelamotion3)

Du 28 nov au 17 déc vote de représentativité pour les syndicats pour 3,5 millions de salariés des TPE (la CGT a obtenu 5 jours de vote en plus)

Inouï ! Des élections syndicales ont commencé dans les très petites entreprises (TPE) depuis le 28 novembre et se terminent le 12 décembre 2012. Qui le sait ?
On est en plein scrutin et pas de flash radio, pas de débat, pas d’information télévisée, pas d’explication et pas de mobilisation sur ce scrutin, à croire qu’ils veulent que ça rate !
Dans les moins de 11 salariés, il y a 3,5 millions de salariés. Chacun a le droit et l’occasion de voter pour le syndicat de son choix afin d’établir sa « représentativité » au niveau des branches professionnelles comme au niveau national.

Les pouvoirs publics ont mis en place ce scrutin sur « sigle syndical » pour les seuls salariés de ces TPE. Ils peuvent choisir : CGT, CFDT, FO, Sud Solidaires, UNSA, CFTC, CGC…  Ce vote, prévu tous les 4 ans, se fait par correspondance ou par Internet, au choix de chaque salarié. 


Mais ce n’est pas de la tarte : car les salariés de ces entreprises-là, justement n’ont pas l’habitude, il n’y a pas de syndicat, ni de syndiqués, ou bien ils sont rarissimes. Et il n’y a eu aucune grande campagne d’information ni de débats sur le sens de ce vote. Par définition ces entreprises sont isolées ou morcelées.


Courant novembre 2012, les salariés concernés ont théoriquement reçu à leur domicile des documents électoraux (enveloppes et bulletins de vote par correspondance, propagande des organisations syndicales, code confidentiel de vote). 

Les salariés peuvent voter à leur domicile, mais également dans leur entreprise. Pour ceux qui ont fait ce dernier choix, leur « temps de vote » doit être considéré comme du « temps de travail » (à l’instar du vote pour les élections des représentants du personnel ou pour les élections des conseillers prud’homaux). Gare aux patrons qui n’aime pas qu’on vote pour un syndicat dans leurs taules, y’en a un paquet.

Si un salarié a choisi de voter par Internet depuis son lieu de travail, son employeur doit assurer la « confidentialité » de son vote. Or l’administration du travail n’a pas imposé aux employeurs de réserver un poste informatique aux opérations de vote par Internet.
Ils sont donc obligés de voter sans se faire voir. Parce qu’ils sont « subordonnés » et que la démocratie dans l’entreprise, ça n’existe pas, c’est un combat.
Alors que préparent-ils ? Le communiqué final expliquant que « les salariés ne sont pas motivés » par le syndicalisme, par les syndicats, par ce scrutin ? On va encore nous redire que « le syndicalisme en France  » est minoritaire ou inexistant, qu’il n’y pas de syndicats dans le privé ?

Il y aura silence sur la « chasse aux sorcières » de la part du patronat. Nul n’expliquera comment le syndicalisme a reculé au fur et à mesure que grossissait le chômage, car le chantage à l’emploi est devenu l’idéologie première du patronat ! Nul ne racontera comment le code du travail a été passé à l’acide des exigences du Medef pendant les dix ans de droite. Nul ne cherchera à décrire comment la violence au travail, le stress, les accidents, les suicides, ont progressé en même temps que la surexploitation, la flexibilité, la précarité.

Non, ils diront : il y a eu peu de votants. Ils ont organisé cela. Et ils mettront cela sur le dos des salariés.
Pourtant les syndicalistes sont les héros de notre temps, sans eux, il n’y aurait aucun espoir, sans eux il n’y aurait aucune conquête, sans eux pas de congés payés ni de Smic, sans eux pas de retraite ni de sécu, sans eux pas de convention collective ni de droit du travail. Et ceux, même peu nombreux qui auront voté pour eux dans les « TPE » devront être ovationnés et encouragés au nom de l’intérêt général du salariat.



Pour en savoir plus, un site dédié a été créé par le ministère du Travail : http://www.electiontpe.travail.gouv.fr/ Décret n° 2012-904 du 24 juillet 2012, JO du 25

dernière minute :

Démocratie sociale, représentativité – Elections TPE : la CGT obtient 5 jours de délai de vote – mardi 4 décembre 2012 , par F. Dayan

Depuis le 28 novembre, les salariés des très petites entreprises et employés à domicile devraient pouvoir voter par correspondance ou par internet. Mais deux difficultés majeures se sont fait jour.
Les pouvoirs publics (ministère du Travail) ont pris un retard considérable dans l’organisation du scrutin : plusieurs centaines de milliers de salariés n’ont pas reçu le matériel électoral à l’ouverture du vote et le recevront au plus tard le 5 décembre 2012, soit avec 8 jours de retard. Devant cette situation, dès le 28 novembre, la CGT a pris, par la voix de Bernard Thibault, contact avec le ministère du Travail, en demandant un aménagement permettant d’allonger la période de vote.
La CGT se félicite d’avoir obtenu un délai pour les votes par correspondance, qui feront, comme le précise le courrier envoyé aux électeurs, « l’objet d’un dépouillement de tous les plis parvenus avant le 17 décembre 2012, 14 heures … »
Cependant, une difficulté demeure : En effet, depuis l’ouverture du scrutin par voie électronique, nombre d’électeurs sont dans l’impossibilité technique de voter, l’application « Java » mise en place par le ministère du Travail n’étant pas supportée par tous les navigateurs internet. Dès à présent et jusqu’au terme du scrutin, la CGT prend toutes dispositions, avec ses organisations territoriales, pour informer le plus largement les salariés des TPE, pour favoriser leur vote par correspondance. De même, elle prend des initiatives locales pour permettre l’accès au vote par internet du plus grand nombre. La CGT invite tous les salariés des TPE à se connecter sur son site internet dédié pour disposer de toutes les informations et instructions nécessaires et prendre connaissance des propositions revendicatives qu’elle défend. Montreuil le 4 décembre 2012

Editorial de D&S n°199 : abonnez vous et venez débattre le 15 décembre pour le n°200, 20 ans

Le week-end du congrès de Toulouse restera comme celui où 60 patrons demandèrent à la gauche de leur verser 60 milliards à titre d’assistanat. Ces grands patrons font partie des 1000 entreprises de plus de 1000 salariés qui produisent 48 % du produit intérieur brut : alors qu’ils ont distribué 187 milliards de dividendes en 2011, ils osent demander 60 milliards « d’aides » à l’état et exiger en même temps que baissent les indemnités des chômeurs et que soit cassé davantage le Code du travail.

Pendant ce temps-là, le congrès du Parti socialiste glissait comme un vaisseau fantôme. Tout avait été fait pour que ce congrès n’en soit pas un : expédié, bâclé, gommé d’avance. Pourtant les militants se sont rebellés, 32 % d’entre eux ont manifesté leur opposition, comme ils le pouvaient et vers la gauche. Les salariés de Sanofi, voisins, sont venus manifester leur exigence d’une intervention volontaire de l’état contre les richissimes actionnaires : ovation ! Toutes les questions politiques vitales (salaires, emploi, contrôle des licenciements, droit du travail) étaient posées hors scène mais ne perçaient qu’exceptionnellement à la tribune. Les interventions vigoureuses comme celles de la motion 3 – applaudies plus que les autres par l’immense majorité de la salle – ne reçurent aucune réponse. La préoccupation principale de la direction était de réussir l’intronisation d’Harlem Désir tout en faisant ovationner le plus possible Jean-Marc Ayrault.

Il n’y a donc pas eu de débat avec les 32 % de militants des 4 motions qui avaient refusé de « suivre » la motion 1. Et dans la motion 1, le seul objectif était de « caser » toutes les candidatures aux instances y compris celles d’ex-UMA, l’ancienne minorité de gauche ralliée. La lutte des postes avait remplacé la lutte des idées pour les dirigeants de l’ex motion C  » – ex Un monde d’avance » – du congrès de Reims. Le « monde d’avance » a nettement pris un « monde de retard ». Et la coulisse ignorait encore l’essentiel : que la « 6° motion », le rapport Gallois, 6 jours plus tard, allait prendre la barre avec 20 milliards de cadeaux aux patrons et une TVA augmentée.

Quelques jours plus tôt, le PS distribuait un tract national vantant le rejet de la hausse de 1,4 points de la TVA de Sarkozy prévue le 1er octobre et soulignant en creux le « gain de pouvoir d’achat » que cela représentait. Il a donc fallu présenter cette hausse de la TVA Ayrault du 6 octobre comme n’ayant rien à voir avec la hausse sarkozyste opportunément annulée : elle n’est que de 0,6 % pour des produits non essentiels mais accompagnée d’une baisse de 0,5 % pour des produits de base, sans omettre un « taux intermédiaire » à 10 %. Les 20 milliards sont présentés comme des crédits d’impôt pour les entreprises qui créeront de l’emploi. Le « cap » du vaisseau de la gauche reste donc le même : viser le chômage, atteindre la justice sociale.

Pourtant les « 300 000 emplois » attendus pour ces 20 milliards coûteront 60 000 euros chacun ce qui est rudement cher payé. D’autant qu’il n’a été prévu aucune contrepartie, ni sanction et les patrons, comme d’habitude, se goinfreront sans embaucher. La TVA est un impôt injuste socialement, et la baisse annoncée de 10 milliards de dépenses publiques, notamment dans les budgets des collectivités locales, va dégrader l’emploi. Même des parlementaires de la motion 1 se sont indignés, et au CN du PS, le 17 novembre, des « contreparties » ont été réclamées avec force. Pas de réponse à ce jour.

Ou va t on ? La boussole du gouvernement était fixée depuis le début sur une « ligne de crête » entre actionnariat et salariat. Mais là, le choix a été fait de verser aux actionnaires. Le rapport de force social l’empêche d’assumer ce mauvais choix, alors il est obligé de le nier en affirmant que le « cap » de la justice sociale est maintenu. Mais d’un coté le Medef toujours plus rapace, exige le maximum de flexibilité, les charlatans de Moody’s et « marchés » dégradent quand même la « note » de la France (y compris, ironiquement celle du MES, pourtant conçu comme le « mécanisme européen de stabilité »). De l’autre, le salariat s’impatiente et grogne en profondeur (et il exige nettement majoritairement la nationalisation de Florange et de Petroplus).. L’irruption des luttes dans ce contexte est la seule voie pour démasquer le vaisseau fantôme, en revenir au réel cruel des urgences sociales.

Parisot veut un 2° plan de 20 milliards d’assistanat pour le patronat et refuse toute contrepartie

Il n’y a jamais de surprise avec elle. Sinon dans l’intensité du caractère réac et provocateur de ses propos : si certains reprochent à François Hollande d’être trop diplomate et prudent, la patronne du Medef, elle, n’hésite jamais à « cogner » sur le pouvoir de gauche. Elle, elle laisse sentir où sont ses ennemis et elle combat farouchement sans pitié.

Dans les rangs socialistes, au Bureau national, au groupe parlementaire, dans tout le parti, tous ceux qui ont été sonnés par le soutien apporté au sinistre « rapport Gallois » et par les 20 milliards de crédit d’impôt aux patrons, il y a une offensive – légitime – pour exiger des « contreparties » en terme d’emploi, de droit du travail : alors Parisot mène campagne pour fermer soigneusement toutes les portes à cette offensive.

Ainsi affirme t elle avoir l’appui du Premier ministre Jean-Marc Ayrault pour « relancer la compétitivité en France » (sic) et elle réclame déjà d’aller encore plus loin que les 20 milliards d’euros d’assistanat pour les entreprises étalés sur 3 ans, financés par des hausses de TVA, une « fiscalité écologique » et des économies sur les dépenses publiques. « Ce n’est pas un choc » (…) « Ce n’est peut être pas assez fort en terme de puissance, en terme d’intensité », (…) « Pourquoi ne pas envisager un bilan dans un an et si les effets positifs attendus se révèlent exacts, penser à un deuxième élan (…) »
Interrogée sur ce que les entreprises seront prêtes à faire en retour, sur BFM-TV, Parisot répète que le Medef refuse  » toute conditionnalité  » :  » C’est quelque chose de naturel, on n’a pas besoin de s’engager ». Elle argue qu’il y a 1,2 million d’entreprises en France : « Ca veut dire 1,2 million de décisions différentes possibles ». Autrement dit, passez votre chemin, rien à voir, les patrons feront chacun ce qu’ils veulent de l’argent donné par l’état avec les impôts et la TVA versés par les salariés…


Si certains ont un doute regardez encore une fois la restauration !

Un secteur qui n’est pas en « concurrence » internationale. 900 000 salariés. Dont 250 000 dans des chaines. Les salaires les plus bas, les durées du travail les plus longues et les plus dures, le contingent d’heures supplémentaires le plus élevé, la flexibilité la plus poussée, la précarité la plus grande, le travail dissimulé le plus fréquent, les maladies professionnelles les plus nombreuses, le taux de syndicalisation le plus bas, les institutions représentatives du personnel quasi-inexistantes, la convention collective la plus faible ! Rien à voir, répétons le avec la mondialisation et l’Europe, rien ! Sarkozy a baissé le taux de TVA à 5,5 % le 1er juillet 2009 : il donne ainsi au patronat de la restauration 3 milliards par an, 3 milliards ! 12 milliards en 4 ans. Les conditions ? Embaucher, moderniser, baisser les prix. Aucune de ces « conditions » ne sera respectée. Aucune. Pourtant 3 milliards, c’était le salaire de 100 000 fonctionnaires, de professeurs, infirmières, de policiers, d’agents des services publics…100 000 emplois vitaux perdus… en échange… de rien ! Et quand Jean-Marc Ayrault veut remonter la TVA à 10 %, le patronat de la restauration réclame de changer la loi Godart pour que le différentiel soit payé… en sortant le pourboire des additions… et en faisant payer ce nouveau pourboire de façon négociée et individualisée directement à la fin de chaque repas entre le salarié et le client !
Mais il n’y a pas que la restauration : que croyez vous que va faire le patronat de la grande distribution qui gagne des milliards, exploite des centaines de milliers de salariés, et n’est pas non plus, en concurrence internationale ? Que croyez vous qu’il va se passer dans le bâtiment, avec 1,1 million de salariés surexploites avec le plus fort taux d’accidents mortels du travail ? Comme dit la rapace Parisot : « Ca veut dire 1,2 million de décisions différentes possibles »

Sauf que dans ce pays, il y a 1000 entreprises de plus de 1000 salariés qui produisent 48 % du PIB. Et un million d’entreprises de moins de 11 qui font travailler 3,5 millions de salariés. Gageons que les premiers « assistés » seront les grosses multinationales et pas les petites TPE.
D’ailleurs par exemple SFR qui bénéficiera comme tant d’autres d’une partie de ces 20 milliards de crédit d’impôt « sans condition » annonce déjà la « décision » de suppression de 900 postes en 2013. Parisot réclame 20 autres milliards en 2014 : pour que SFR supprime 900 postes de plus en 2015 ? Et tout ça, « sans conditionnalité » ?

Mais où en est cette loi contre les licenciements abusifs et boursiers ? Nationalisation de Florange et Petroplus !

Depuis des mois, et jour en jour, Florange, Petroplus, Sanofi, font la « une » des journaux puis … rien ne se passe. Arnaud Montebourg, ministre du « redressement productif » tempête… et le gouvernement dans son ensemble, jusque-là, ne suit pas.


Pourtant il y a, dans chaque région, 100, 200 cas de petites, moyennes, et grandes entreprises qui sont sur la sellette. Pas seulement Florange et Petroplus. A peu prés partout, dans toutes les branches, dans tout le pays, au-delà des cas symboliques et médiatisés, ce sont des centaines de « plans » dits de « sauvegarde de l’emploi » qui sont sur la table. Le patronat se déchaine, nullement reconnaissant des promesses de « pacte de compétitivité » qui lui ont été faites. Le chômage de masse croit chaque mois, c’est la faute à Sarkozy, mais il urge d’y mettre un terme. Des dizaines de milliers de salariés sont menacés de perdre leur emploi et chacun le sait : une activité fermée ne renait pas, c’est une perte industrielle sèche, c’est un recul économique du pays tout entier. Des décisions doivent être prise. Vite.
Elles tardent d’autant plus cruellement que François Hollande avait annoncé dans ses « 60 propositions » que le redressement dans la justice serait le maître mot » de son mandat, et qu’avec Jean-Marc Ayrault la priorité affichée est la lutte contre le chômage.

Alors pourquoi ?


On nous dit que le dirigeant de l’un des grands syndicats de ce pays, François Chéréque a menacé : s’il y avait un projet de loi sur les licenciements avant la fin du « sommet social », il quitterait immédiatement la table desdites négociations. Il y a là une sorte de curieux dogmatisme qui exige que « le contrat précède la loi » et qu’un accord des « partenaires sociaux » soit un préalable à ce que la République légifère. (cf. précédemment sur ce blog en sept. 2011 le texte « loi et contrat »)
La fin dudit « sommet » étant fixée au 31 décembre, est-ce la cause du retard ? Si c’est le cas, disons-le, c’est inacceptable, il y a des limites à ce qu’un dirigeant syndical, quel qu’il soit, à la fois laisse licencier des salariés, fermer des entreprises et fasse du chantage à la République. Il y a urgence, ce n’est pas le moment de céder à pareil caprice « idéologique ».
On nous dit que la loi serait difficile à élaborer, qu’il faut qu’elle soit bien préparée pour qu’elle « passe » le Conseil constitutionnel. En face, le Medef mène campagne pour « la liberté d’entreprendre » et empêcher toute ingérence de la puissance publique envers les patrons incapables et actionnaires égoïstes.

Immédiatement contrôle des licenciements abusifs et boursiers :


Il y a des mesures simples, immédiates, qui ont déjà été en vigueur, de façon éprouvée, et qui, à tort, ont été abrogées : le contrôle de l’inspection du travail sur les licenciements. Ce système d’autorisation repensé remis en oeuvre, redonnerait immédiatement à la puissance publique des instruments de négociation incontournables avec les patrons qui procèdent à des licenciements abusifs et boursiers.

On nous dit que « les nationalisations ne seraient plus dans l’air du temps », qu’on n’est plus dans les années 80.


Ca, c’est une belle bêtise d’admettre que « l’air du temps » est pollué par les idées libérales réactionnaires. Oui, il faut nationaliser plutôt que de perdre une industrie essentielle au pays. Oui, il faut nationaliser plutôt que de laisser la finance privée spéculatrice décider à la place des intérêts publics fondamentaux. La France a besoin de sidérurgie, de raffinerie, de recherche pharmaceutique, de chantiers navals, et si les financiers veulent liquider ces activités dans nos territoires, il faut les en empêcher et en prendre le contrôle. C’est le cas à Florange, Pétroplus, à Sanofi… Ca c’est le bon air du temps.

On nous a dit que les nationalisations ont échoué :


Ce qui a échoué, c’est de gérer les entreprises nationalisées avec les méthodes du privé, et non pas dans l’intérêt général.
Et il est plus juste de souligner que ce qui a échoué, ce sont les privatisations ! Ou la gestion « privée » dans les entreprises nationalisées avec ces incapables de « grands commis » dits de l’état et biberonnés aux sources du libéralisme ! La privatisation de France Télécoms est un désastre total qui a nui à l’entreprise, à ses résultats, à l’emploi, aux usagers, aux salariés et à l’état : une catastrophe, on n’en retient que gâchis, incompétence, incohérence, souffrances humaines multiples et pertes sèches d’exploitation ! Des imbéciles présentés comme grands visionnaires, ou « dans l’air du temps » ont voulu séparer la Poste et les communications, voilà qu’aujourd’hui La Poste fait tout aussi imbécilement des « produits financiers » et qu’on y revend… des téléphones ! Quand à la SNCF, on « recolle » enfin RFF (« voies ferrées ») et exploitation, tout en accueillant ô stupidité suprême, des « trains privés » !

Le secteur public doit être restauré, élargi, sans complexe.


N’est-ce pas François Hollande qui fit voter en 2007 à la quasi unanimité une « déclaration de principes » fondamentales du Parti socialiste qui prônait une « économie mixte »
Il faut défendre le secteur public et n’avoir pas peur des nationalisations lorsqu’elles s’imposent à la puissance publique comme seule solution pour défendre industrie et emploi.
Hé bien sur, il ne s’agit pas nationaliser les pertes « temporairement » pour ensuite re-privatiser les profits comme cela s’est fait parfois, mais bel et bien d’une intervention de l’état prenant les choses en main dans l’intérêt général, celui des salariés pas celui des actionnaires.

Facilitation, développement soutien aux coopératives :


Il faut aussi faciliter, permettre des reprises des entreprises sous forme de coopératives, des « Scop » par les salariés eux mêmes (priorité de reprise, statut ad hoc, soutien bancaire public).

Reprise des entreprises viables avec intervention de l’état :


Enfin, oui, il ne faut pas laisser à l’arbitraire des financiers, des actionnaires, la possibilité de « fermer » des entreprises viables sous le prétexte qu’elles ne rapportent pas assez de marges : la puissance publique doit pouvoir user de droits de préemption, et pouvoir agir juridiquement pour des « reprises » plutôt que des liquidations.

Pas « d’aides » sans conditions et sans respect des conventions et droit du travail :

C’est le droit du travail qui crée du droit au travail. Ce sont les salariés les mieux formés, les mieux traités et les mieux payés qui produisent le plus, pas les flexibles, pas les précaires. C’est le contrôle par les salariés, leurs syndicats, l’inspection du travail, les prud’hommes, qui permet le respect de l’état de droit dans les entreprises et qui garantit du même coup leur compétitivité

Réformer drastiquement les tribunaux de commerce :

Cela implique notamment de ne plus laisser ces décisions à des « tribunaux de commerce » aux fonctionnements et intérêts très opaques.

Un grand pôle financier public : la BPI

Pour cela, il faut prendre l’argent là où il est et le placer là où il faut ! C’est le rôle volontaire d’une banque publique qui ne fonctionne pas selon les critères rapaces et court-termistes des actuelles banques spéculatives.
Il y a 213 milliards de dividendes empochés par les actionnaires en 2011, qui n’ont aucune utilité sociale, aucune utilité économique.
Les temps ne sont pas à donner 20 milliards de crédit d’impôt indifférenciés sans contrepartie aux patrons de tous secteurs, qui les redonneront  à ces actionnaires sous forme de dividendes supplémentaires.
Au contraire, c’est leur taxation massive en ce temps de « crise » (d’ailleurs provoquée par leur activité spéculatrice) qui est essentielle.
Et toute autre « aide » doit être conditionnée, contrôlée, et soumise à sanction en cas d’inobservation des droits et conventions passées.

Un rapport de force, un état volontaire :

Quand on a un patronat qui ne sait qu’exiger flexibilité et rentabilité, qui menace sans cesse de licencier et de s’expatrier s’il n’a pas gain de cause, il faut l’affronter et ne pas croire que c’est en le cajolant qu’on aura satisfaction.

 

Comment ils ont étranglé le peuple grec depuis 2009 ! et cette nuit du 27 novembre encore…

Après avoir infligé 11 plans d’austérité, une véritable destruction sociale, au peuple grec, après l’avoir forcé à brader ses entreprises publiques, ruiné sa production, aggravé sa dette odieuse, liquidé ses droits sociaux, à l’éducation, à la santé, salaires et retraites, la troïka UE/BCE/FMI a joué, mardi 27 novembre 2012, à relâcher la pression.
C’est un peu comme un chat jouant avec la souris qu’il a capturé et qui est à sa merci. C’est un peu comme les barbares des temps lointains, envahissant un pays, brulant les maisons, violant les femmes, détruisant les trésors puis rendant des terres aux vaincus pour qu’ils produisent à nouveau de quoi alimenter les occupants.
La politique d’austérité infligée par l’UE depuis 2009 sous prétexte de la « rembourser », a provoqué une telle récession qu’elle a porté la dette grecque de 100 points du PIB à 170 points du PIB !

Cette dette odieuse provoquée par l’oligarchie grecque
- qui avait soutenu la dictature des Colonels de 1967 à 1974,
- qui avait acheté un énorme et vain armement à Thyssen Krupp,
- qui avait dispensé armateurs et popes de payer des impôts,
- qui avait ruiné le pays avec les Jeux Olympiques de 2004,
- qui a caché des dizaines de milliards en Suisse
- qui avait confié à Goldman Sachs le soin de truquer les comptes,
cette dette odieuse, chacun savait qu’elle ne serait et ne devait jamais être payée !

Pourtant les banques européennes et mondiales s’en sont servi à mort, prenant dessus des taux d’intérêts à 7, 8 , 12 et même 17 %. Et la BCE, le FMI, l’UE Merkel se sont comportés comme des rapaces, exigeant non pas de l’oligarchie mais du peuple qu’il soit saigné pour le compte de ces banques privées usuraires.
Ceux de la troïka qui ont infligé des mesures cruelles, cette immense souffrance au peuple grec pour le compte des banques privées devraient être arrêtés et jugés devant un tribunal pénal international pour crimes économiques. Quand on sait que la BCE a prêté 1000 milliards aux banques européennes privées en 2012 au taux de 1 %, et qu’elle a laissé ces mêmes banques imposer des taux de 7, 8 ou 12 % à la Grèce, le crime est signé ! Tout cela au nom d’une étrange et rituelle orthodoxie monétaire, d’une stupide « règle d’or » dont les seuls bénéficiaires sont les spéculateurs, les usuriers, les banques privées qui exercent ainsi une dictature contre les états, les républiques et les citoyens.

Ce mardi 27 novembre, la troïka a encore discuté 14 h de la façon dont elle pouvait tirer le maximum de marrons du feu qu’elle alimente en Grèce.
Elle a débloqué 44 milliards d’aide qui n’avaient pas été donnés depuis l’été. Car il faut savoir que toutes les « annonces d’aides à la Grèce » dont les journaux européens sont quotidiennement remplies ne sont que du « pipo ». Ce serait une grave erreur de croire que l’UE « aide » la Grèce. La Grèce ne reçoit rien. Pas un euro. C’est aux banques privées créditrices de la Grèce que ces fameuses « tranches d’aide » sont données ! Et du point de vue « communication », elles sont données plusieurs fois, d’abord dans votre poste de radio, ou votre journal quotidien et bien plus tard, sur les comptes des banques prêteuses à taux usuraire.
Ainsi, les 17 pays de l’euro et le FMI de Christine Lagarde, ont fini cette nuit du 27 novembre par autoriser le déboursement à partir du… 13 décembre de trois tranches de crédits suspendues depuis l’été et qui permettent au trésor grec d’éviter la banqueroute. L’enveloppe « d’aide » en retard atteint 44 milliards, dont 10 milliards que le conseil du FMI devra lui-même débloquer à son tour. Soyez sûrs qu’on vous en fera encore plusieurs fois l’annonce !
Hors de la vue du peuple, Lagarde et Draghi ont allégé cette dette artificielle infligée à la Grèce et alors que tout le monde le sait depuis le début, elle ne pourra jamais la payer. La dette devra être ramenée à 124 % du PIB en 2020 (au lieu de 100 % en 2009). Elément nouveau : ils promettent de la réduire encore, « à moins de 100 % », en 2022 (sic). Comme l’écrit Le Figaro « Ils ont aussi balisé sur 10 ans le retour du pays vers davantage de stabilité financière. » Ils ont même réduit de 1 point le taux d’intérêt accordé à la Grèce par les créanciers publics. Ils rallongent les échéances de ces prêts de 15 à 30 ans, c’est-à-dire au-delà de 2040. Ils reportent de dix ans le paiement des intérêts au fonds de sauvetage FESF. Dès 2013, la BCE et les banques centrales nationales rétrocéderont 11 milliards de profits ( !) réalisés… sur les obligations grecques. L’Eurogroupe autorise enfin Athènes à racheter ses propres titres, avec une décote probable de plus de 60 %. Tout cela sachant que la Grèce doit encore théoriquement 240 milliards dont 80 milliards au privé et le reste au public, FESF et BCE.

Pourquoi maintenant et pourquoi si tard ?

Parce que la Grèce est exsangue. Il n’y a plus grand chose à en tirer. Le FMI considère que « les grecs sont arrivés au bout des efforts qu’ils sont capable de faire ». Impossible de les piller davantage. Et la peur que le sort infligé aux Grecs a produit en Europe, a joué tous ses effets, en Italie, en Espagne, au Portugal qui se sacrifient à leur tour cruellement pour des taux de 6 à 7 %… … Le FMI poussait même à un abandon immédiat de créances publiques (pas privées). Les trésors européens et le ministre allemand Wolfgang Schäuble s’y opposaient férocement puis ont cédé dans la nuit. Pour Jean-Claude Juncker, le Fonds est désormais « complétement revenu à bord ». Mario Draghi a annoncé « un retour de la confiance envers la Grèce et l’Europe ». Selon Christine Lagarde : « la Grèce est à nouveau sur la voie d’une dette viable ».
« L’accord de cette nuit met fin à une trop longue incertitude, lâche le commissaire à l’euro Olli Rehn avant d’avouer clairement : « La Grèce avait fini par s’imposer comme un test de crédibilité et d’aptitude à prendre des décisions ».

Cette dernière phrase est la plus limpide : il s’agissait d’un vulgaire « test match ». Est ce que la troïka était capable de faire plier ce bouc émissaire, oui ou non ? Est ce que la dictature de la finance l’emportait, oui ou non ? Est ce que l’Europe entière peut être menacée et soumise à ce régime ?

Mais est ce que « les marchés » rapaces toujours insatisfaits, après réflexion, ne vont pas juger que cela est prématuré, coûte « trop cher », tire trop sur le FESF, et revenir à la charge ?

La revue D&S fête son numéro 200 et de ses 20 ans… 20 ans de luttes sociales, 20 ans de gauche socialiste

avec la revue jeune « Offensive socialiste » qui fête son 50e numéro

Après les succès de la gauche socialiste au congrès de Toulouse venez débattre avec D&S et préparez la suite pour les luttes sociales, pour l’unité de toute la gauche – La gauche socialiste n’a jamais été aussi forte à la base du Parti socialiste. La séquence du Congrès de Toulouse n’a pas clos les débats. La « motion 6″ (le rapport Gallois) est fort contestée. Pas d’austérité, haussez les salaires pour la relance. « Avec le social au coeur » – Pour que vive la motion 3 dans la durée – Venez débattre avec nous

Samedi 15 décembre 2012 de 14 h à 2 h du matin
Débats, apéritif, spectacle, repas, fête

13h : accueil & buffet « sur le pouce » :
•14h15 à 16h15 : Premier débat : « l’Europe, la dette, l’austérité » (Pierre Khalfa, Willy Pelletier, Jean jacques Chavigné…
• 16h30 à 19h00 : Second débat : « La gauche dans tous ses états » (Francis Parny, Pouria Amirsahi, Emmanuel Maurel…)
• 19h00 à 20h00 : apéritif des 20 ans
20h00 à 21h30 : spectacle : « Résistance »
A partir de 21 h 45 : repas collectif, festif, musique et surprises. Fin à 2 h du matin

Le lieu : 190 Bvd de Charonne à Paris à « Confluences » M° Philippe Auguste
La participation : de 10 à 20 euros collectés à l’entrée (et lors des inscriptions)
Les inscriptions : dés maintenant par retour de courrier mel à « D&S » en précisant si vous avez besoin de logements

D&S n° 199 novembre 2012, 28 p. vient de paraître
Abonnez vous, soutenez, venez débattre aux 20 ans de D&S

En « une » : « le contrôle sur les licenciements, c’est maintenant »
P. 2 : informations diverses, agenda
P.3 : éditorial : compétitivité contre solidarité
P. 4 et 5 : les suites du congrès de Toulouse
P. 6, 7 et 8 : 14 questions, 14 réponses sur la compétitivité
P. 9, 10 et 11 : qu’est ce que la compétitivité ?
P. 12 : « commission Jospin » : de la démocratie
P. 13 à 24 : les 20 ans de D&S et les luttes électorales
P 13, 14, 15 : Lionel Jospin 1195 et 1997
P. 16, 17, 18 : le bilan du 21 avril 2002
P. 19, 20, 21, 22 : la victoire contre le TCE en 2005
P. 23, 24 : pour un parti unifié de toute la gauche
P. 25 : femmes et compétences
P. 26 : Post it Palestine : Shlomo Sand
P. 27 : le vote Obama aux USA
P. 28 : le vote des « petits » + avec D&S le 15 décembre

Conseil national du PS le 17 nov : la motion 6 (le rapport Gallois) fort contestée

Le Conseil national du PS s’est réuni, très fortement renouvelé. Plus de 30 % de ses membres ont été élus sur des motions opposées à celles de la direction majoritaire. Et même au sein de la motion 1 il y a eu un fort renouvellement. Le BN lui-même est renouvelé à au moins 80 % ! Une vraie secousse. Il faudra du temps pour mesurer tous les effets de ce mouvement interne.

Avec 13,67 %, forte de 11 800 voix, la motion 3 dispose de 65 membres élus au CN, titulaires, suppléants et membres de diverses commissions et elle a 7 membres au BN. Mais la motion 4 (Hessel : 11,99 % des voix) dispose aussi de 45 membres et il est possible de la compter à gauche du parti et de travailler avec elle. Même la motion 2 est représentée à la proportionnelle (5 %) et pas mal de questions sont posées en son sein. Au sein de la motion 1, les ex-UMA ( ex- « Un Monde d’avance » ) ont conservé une trentaine de postes mais peu au BN. Dans les fédérations, la grogne de la base du parti s’est manifestée par ces 32 % de voix qui ont refusé la motion 1 le 11 octobre, par 28 % de voix sur le candidat Emmanuel Maurel qui a été nationalement opposé à Harlem Désir le 18 octobre, et le jeudi 15 novembre par des scores encore plus importants aux élections des comités, bureaux et secrétariats fédéraux (souvent plus de 30 %, 40 %). Jamais la gauche du parti n’a été aussi forte à la base du parti.

L’ampleur croissante et la répétition de tous ces votes non suivistes par rapport à la majorité du PS exprime le malaise profond qui traverse le parti et la gauche dans le pays, vis à vis des attentes sociales insatisfaites. Le parti affichait 250 000 membres pour le congrès de Reims, 170 000 pour le congrès de Toulouse, et 80 000 environ ont voté. Le congrès des 27 et 28 octobre a ouvert le débat plus qu’il ne l’a clos.

En effet l’eau passe vite sous les ponts de la nouvelle direction du parti et le courant ne s’est décidément pas inverse dans le bon sens. La tonalité de ce premier conseil national après le vote des militants a été éloignée des discours parfois combatifs qui ont été entendus à Toulouse.

Certes Harlem Désir, dans un discours construit et percutant, a su trouver les mots justes pour brocarder l’esprit de « résistance » de l’UMP, qui est surtout une résistance à la justice sociale, ou pour décrire la dérive droitière de ses chefs, qui tous, désormais, empruntent à la rhétorique du Front National, mais, en positif, des grands engagements du congrès, il ne reste pas grand chose tellement le « pacte de compétitivité » est passé par là.

Des conventions thématiques, ont été annoncées, tout d’abord.

Ainsi, celle sur la réorientation européenne se tiendra après la rédaction d’un « manifeste » élaboré dans le cadre du Parti des Socialistes Européens, et qui devra donc avoir l’approbation du SPD allemand, qui trouve le gouvernement français trop « austère » ou du Labour britannique pas encore relevé des séquelles du blairisme. Est-ce le mieux pour préparer les européennes de 2014 ?

Et encore, la méthode avancée, un « grand forum où chacun pourra s’exprimer » n’a pas grand chose à voir avec ce que doit être une convention du parti : un débat de fond des militants, dans toutes les sections, dont les questions essentielles sont tranchées par un vote.

Lointaine aussi parait l’idée de rassembler la gauche.

Le premier secrétaire a eu des mots plus que durs vis-à-vis de nos partenaires qu’ils soient actuellement au gouvernement, comme EELV, ou qu’ils soient hélas, en-dehors, comme le Front de gauche. Ce n’est pas avec un discours de ce type qu’on réduira les divergences qui se cristallisent entre forces de gauche ! L’unité est pourtant plus que jamais nécessaire contre la finance, contre les « trois M » (Merkel, Medef et Marchés) et pour la faire avancer, il ne faut pas cultiver les critiques mais rechercher de façon volontariste les points d’accord possibles, sur les salaires, le droit du travail et l’emploi. Il est plus que nécessaire, dans les futures listes municipales de 2014, pour battre la droite, d’avoir des listes unitaires dés le 1er tour, c’est le cas emblématique notamment à Paris.

Malheureusement, depuis Toulouse une sorte de « 6ème motion » est apparue, « la motion Gallois », qui est apparemment devenue majoritaire, puisque deux de ses propositions essentielles, la hausse de la TVA et 20 milliards de cadeaux fiscaux au patronat sans aucune nuance ni contrepartie (même pas en termes de sauvegarde de l’emploi), ont été proposées plus vite que le contrôle des licenciements, le droit de vote des étrangers, le non-cumul des mandats. Pourtant si on écoute la base du parti, inclus de larges secteurs de la motion 1 ce n’est pas populaire, voire pas majoritaire du tout. Beaucoup, au CN, se sont interrogés sur la nécessité d’introduire à l’Assemblée des contreparties exigeantes manquantes en matière d’emploi, et lorsque que cela a été proposé par différents orateurs ce fut fort applaudi. Signe du temps.

Les instances BN et SN ont été élues ce 17 novembre. Et la motion 3 n’a pu accepter la participation minorée et conditionnée qui lui était proposée au secrétariat national, d’autant qu’elle était assortie de la part de la motion 1, de contraintes inacceptables : interdiction de choisir ceux de la motion 3 qui y figureraient et de s’exprimer ensuite autrement que pour défendre la nouvelle orientation du parti.

Dans ce CN renouvelé, apparemment, ceux qui, avec Benoit Hamon, prétendaient défendre dans la motion 1 la ligne politique qui avait été celle d’ex-UMA ont perdu leur voix, même pour dénoncer l’intrusion dans le langage de la direction socialiste du concept de « réduction du coût du travail ». La gauche de ce parti c’est celle qui « met le social au coeur », la hausse des salaires, la relance, combat l’austérité, demande la redistribution des richesses, pas celle qui se tait.

Cela ne peut que conforter notre volonté de poursuivre l’action de la motion 3 dans la durée et nous nous sommes fixés des objectifs dans ce sens. D&S, pour sa part, et pour y contribuer, appelle à une rencontre le samedi 15 décembre à Paris. Ce sera à l’occasion des 20 ans de la revue, du n° 200, colloque, débats, spectacle militant, fête, repas collectif et festif et musique, permettront de conclure la séquence du congrès de Toulouse et d’ouvrir la suivante : celle du mouvement social.