Quelques sujets de débats : astre mort, parti de masse, deux gauches ou unité de la gauche, programmes incompatibles et front unique

reçu ça de la part de Colette :
M. Filoche « Le premier parti traditionnel de la gauche, c’est le PS – jusqu’à nouvel ordre.( « Mais 11,1 % seulement ont cru utile de le manifester par un vote Mélenchon. Les autres, ont apprécié la « geste mélenchonienne mais donné la priorité à un vote de classe contre Sarkozy »).
Pas que, et vous le savez, c’est uniquement, parce que, le FG est un jeune parti, et vous avez persuadé, le peuple de voter PS, en sachant que, un PS qui existe depuis 100 ans a beaucoup plus de poids qu’un FG, qui se présente pour la 1ère fois aux élections présidentielles, car c’est ainsi que la règle de ces élections sont faites, ce qui est très injuste. La démocratie voudrait que chacun puisse voter, selon son choix d’idées, ce qui n’est pas le cas . Oui, c’est par la peur, de voir repasser Sarko, et c’est par ce biais que vous pouviez accéder au 2ème tour, en toute tranquillité et que Jean Luc Mélenchon a eu un peu plus de 11 %. Oui, uniquement en cause du mode de scrutin . »
*Jean-Luc Mélenchon dit : Je ne participerais qu’à un gouvernement que je dirigerais », « Nos deux programmes sont incompatibles »
Vous le savez bien que François Hollande, candidat, a dit qu’il suivrait son programme, rien que son programme, comment voulez-vous que le FG aille dans votre gouvernement. François Hollande avait dit : je vais vous faire rêver, et mon ennemi est la finance, c’est plutôt un cauchemar.
Le PS existe depuis 100 ans, le FG de depuis 4 ans, si Jean-Luc Mélenchon a eu 11 % des voix, vous donnez la bonne raison dans votre « Post sciptum »
« Sur Hénin-Beaumont c’est à Mélenchon qu’il aurait fallu demander de ne pas se présenter et exiger qu’il appelle dés le 1er tour à voter Philippe Kemel »
Oui, toujours le vote utile, le vote utile, toujours, vous dites exiger ? Est-ce que lorsque le peuple est dans la rue à plus de 80 000 personnes voire même 100 000 pour demander un référendum contre le traité européen, vous Monsieur, les avez vous entendu, et le gouvernement qu’a t-il fait, alors que le candidat Hollande avait promis de le renégocier. Certes, c’est le PS, qui est élu, mais, comment voulez vous exiger quoi que ce soit de Jean Luc Mélenchon .
« Marc DOLEZ dit : « Ne donnons pas le sentiment que l’adversaire du Front du gauche, c’est le PS »,. M. Dolez, n’entend pas pour autant retourner à ce parti. « Le Front de gauche me paraît plus indispensable que jamais, j’entends participer à son expression à l’Assemblée nationale ».
Et aussi : Nos propositions sont rendues souvent inaudibles à cause de l’outrance du verbe », accuse-t-il. »
Si François Hollande faisait ce qu’il a promis, ce qui était déjà peu, mais là, vous voudriez l’union de la gauche, et que par solidarité à votre gouvernement, Jean Luc Mélenchon qui est parti du PS pour s’exprimer librement, se taise, ce n’est vraiment pas son rôle. Quant à M. Dolez, qui connaît M. Mélenchon depuis très longtemps, connaissait bien son caractère et sa façon de s’exprimer. Vous êtes vous posées, la question pourquoi, il interpelle le PS, comme cela. Vous, vous ne comprenez aucun message et vous n’aimez pas son style, lui, ne comprend pas pourquoi vous ne faites rien contre les licenciements boursiers, pourquoi vous êtes allez à 11 voir le MEDEF pourquoi 0,3 centimes brut du SMIC, pourquoi, pourquoi. Vous voulez un PS, fort, écoutez les syndicats, le Front de Gauche, et les autres partis de gauche, changez de cap, est tout ira bien. Et n’oubliez pas que vous avez voté avec la droite le traité de Sarko/Merkel tel quel. Et que les propositions des élus PC, sont rejetées, comment voulez vous qu’ils votent pour ce qu’ils sont contre. Pour moi, Jean Luc Mélenchon est le meilleur pour défendre le peuple – même si il passe la ligne jaune. Jean Mélenchon est très audible, pour le peuple qui souffre. On a besoin du FG dans son entier -
Colette Posted 26 décembre 2012 at 22:57 | Permalien | Éditer

Réponse à Colette :
Oui le PS est le premier parti traditionnel dans ce pays : pour être évincé il ne faut pas seulement qu’il fasse des fautes (il en a tant fait, en 1914, 1939, 1956, 1959, 1968…) mais il faut qu’il soit remplacé.
Le moment ou il a le plus fauté au point d’être menacé dans son existence, on dira que c’était entre 1956 et 1971… guerre d’Algérie, coup d’état de De Gaulle, UGS, PSA, PSU, mai 68, il y a même eu une « fenêtre » pour créer un autre grand parti de gauche suite à mai 68… mais finalement (la LCR et d’autres en ont été largement responsables) il n’a pas été « remplacé », la politique à gauche dans le salariat, a horreur du vide, il y a eu le programme commun et la victoire de 1981 a été l’effet différé de mai 68…
Non le FdG n’est pas un « nouveau » parti qui a 4 ans d’existence, c’est aussi une organisation traditionnelle, ancrée ainsi par et grâce au PCF depuis un siècle aussi.
La mouvance électorale de cette organisation traditionnelle a varié depuis 40 ans entre 21,5 %, 1,5 % et 11,1%, secouée par les profondes et longues séquelles du stalinisme, de l’effondrement de la bureaucratie soviétique, et des difficultés à se rénover ensuite. Mais comme c’est aussi un parti dont la genèse, l’histoire, la continuité, l’enracinement social, syndical, militant est profonde, cela lui a permis de survivre et de choisir la tactique du FdG avec l’arrivée de Mélenchon. Dans cette configuration unitaire, il a retrouvé une part plus grande de son électorat traditionnel : c’est un effet différé du 29 mai 2005. (Cette audience a failli, un moment, être captée par les trotskistes qui ont obtenu malgré leur division, jusqu’à 11,5 % le 21 avril 2002). Le changement des organisations traditionnelles ne peut se faire que dans des grands moments extraordinaires de l’histoire sociale et on peut parier que cela ne se fera jamais a l’occasion d’une élection sans qu’il y ait eu auparavant ou concomitamment un soulèvement social. Car une « insurrection civique » (concept erroné) ça n’a pas, ne peut pas avoir de sens sans insurrection sociale !
Vous faites de la politique pratique alors vous savez bien que vous tordez grossièrement le trait quand vous écrivez « François Hollande, candidat, a dit qu’il suivrait son programme, rien que son programme » . Cela ne se passe pas ainsi du tout, il ne suit même pas son propre programme en fait ! Il louvoie, il godille depuis le début selon les rapports de force politiques et sociaux, bien sûr. Et il dépend et dépendra de ces rapports de force sociaux et politiques existants dans le camp du salariat, c’est notamment ça l’énorme différence avec Sarkozy et la droite qui dépendent de la force sociale ennemie, patronat et actionnariat ! Soit en gros résumé, c’est la CFDT qui l’influence, soit c’est la CGT. Quand Ayrault dit « on agit dans le cadre des 60 propositions », il faut retenir le mot « cadre ». Mais tout bouge en pratique depuis le 6 mai et le 17 juin. Mais c’est vrai c’est François Hollande qui dirige : dans la Ve République, même si on souhaite la VIe, c’est ainsi. Il arbitre, poussons la balle.
Comme on est tous dans le même camp à gauche, il faut batailler dans ce camp, saisir toutes les opportunités, y compris gouvernementales à mon avis. Y compris au sein du fameux « sommet social » en cours. Il fut un temps ou même Hollande proposa à JLM d’être au gouvernement ce fut une ouverture qu’il fallait saisir et forcer le plus possible la porte, occuper le terrain au maximum, batailler. Hollande a même, un temps déclaré, être en accord avec JLM sur le TSCG. Il a appelé à « ce que la BCE prête directement aux états », en cours de campagne.
Au lieu d’accrocher, JLM a répondu « : Je ne participerais qu’à un gouvernement que je dirigerais », « Nos deux programmes sont incompatibles » La première affirmation est une fanfaronnade quasi ridicule : qu’en sait on ? comment oser dire cela ? quel apport pour la misère et les urgences sociales d’aujourd’hui ? La seconde est très grave, car elle ferme encore plus la porte, et justifie totalement les sociaux libéraux du PS qui s’en sont évidemment régalés. Nous passons notre temps, à la gauche socialiste à combattre pour l’unité, pour faire évoluer notre parti vers un rapprochement et l’action commune de toute la gauche, et le PG répond : « non c’est incompatible ». Quelle erreur ! (pas très « nouvelle » ni originale, hélas, elle n’a pas « 4 ans », elle est vieille comme une certaine 3e période de l’IC stalinisée anti-socialiste !)
Sur Hénin-Beaumont : j’ai déjà écris, je croyais l’avoir fait avec tact pour ne pas « gêner » en mai juin 2012. Je le redis à ce jour avec moins de contraintes et de nuances : ce fut une grossière erreur politique, stratégique, de prôner « front contre front », ce fut digne de Krivine/Bensaid, et de « ras le front » mais pas d’une politique d’implantation sérieuse. Une élection ne se gagne pas à « l’arrache » surtout pas à gauche dans le Pas de Calais (mais même à droite pour Jean-Jacques Servan-Schreiber en 1970 à Bordeaux). Ce n’est pas une question de vote utile : mais une question d’implantation en profondeur, historique, donc un vote de classe. Le « verbe » ne peut pas soulever les masses, seulement l’expérience, la praxis. Avec de très bons discours on convainc 100 000 manifestants et plus, et même 11 % des électeurs, mais influer dans la vie sociale et le choix de 43 millions d’électeurs, c’est un tout autre défi. Je n’ai jamais, jamais, jamais utilisé cette notion de « vote utile », mais très exactement celle d’un vote de classe traditionnel (merci de respecter la pensée collective de D&S, arrêtez de lui en prêter une autre). Enfin ce qui est plus grave dans cette histoire, c’est qu’en prônant le barrage à Le Pen, il aurait pu permettre… son élection. Et si Mélenchon y était retourné, à l’occasion (fort heureusement écartée d’une décision du CC) cela aurait paradoxalement pu faciliter la possible élection de Le Pen : contre l’extrême-droite il faut un front unique de toute la gauche, et pas un duel particulier, privé, auto nourrissant des « extrêmes ». La LCR a fait cela 20 ans durant sans succès.
« Vous êtes vous posées, la question pourquoi, il interpelle le PS, comme cela. Vous, vous ne comprenez aucun message et vous n’aimez pas son style, lui, ne comprend pas pourquoi vous ne faites rien contre les licenciements boursiers » : mais VOUS ne faites rien, rien, rien, non plus contre les licenciements boursiers ! Je parle bien sur des actes, pas des paroles ! Nul ne réussit en ce moment, à faire mieux, en actes et c’est bien là tout le problème : nous pensons que noter bataille dans le PS est la meilleur bataille, mais c’est vrai à ce jour nous ne pouvons pas le prouver, pas plus que vous… ! Mais si la gauche perd, le FdG perdra en même temps : Marc Dolez vous l’a écris avec sagesse, Francis Parny est venu aussi nous le dire à nos 20 ans de D&S…
Enfin, à côté des arguments susdits, la question du « ton » de Mélenchon est tout à fait secondaire, il est même plutôt florissant et réjouissant, et j’ai parfois les mêmes défauts moi-même, mais ce qui compte, c’est l’unité : si le « ton » combatif de Mélenchon était pour réclamer la construction d’une authentique unité de la gauche, ça irait dans le bon sens, mais il est orienté vainement pour détruire « l’astre mort » du PS… dont il avoue qu’il peut encore envoyer de la lumière pendant longtemps. Un « astre mort » qui a 100 000 membres, 3 millions de sympathisants, 17 millions d’électeurs, qui dirige 2 villes sur 3, 61 départements sur 100, 20 régions sur 22, l’AN, le Sénat, la Présidence, qui a renouvelé son BN à 80 %, et ses élus à 50 %, ne se traite pas ainsi. C’est l’erreur stratégique, davantage du PG que du PCF d’ailleurs : méconnaitre la stratégie du front unique.
Gérard Filoche Posted 27 décembre 2012 at 12:58 | Permalien | Éditer

reçu aussi ça de OL :
Salut Gérard. Deux remarques
a) Qu’est-ce que la « réussite » pour le gouvernement Hollande? Si il « russit » à appliquer son programme, alors oui l’issue est connue ce sera le retour de la droite et encore en pire.
Ou alors de quel programme le charges-tu à son insu?
b) Sur Hénin tu affirmes que si Mélenchon avait été au second tour la fille Le Pen aurait gagné, la vérité c’est que ce n’est pas certain. Comme tu l’écris, la politique ce n’est pas des pronostics mais des faits.
Bien à toi OL Posted 27 décembre 2012 at 11:26 | Permalien | Éditer

réponse à OL :
a) la « réussite » du gouvernement Hollande ce serait qu’il réponde aux aspirations réelles de son électorat
b) à Hénin, l’étude des résultats de juin, c’est que Jean-Luc ne passait pas face à MLP si cela avait été lui au 2e tour… c’est vrai ce n’est qu’une « étude », le fait c’est qu’il a été éliminé dés le 1er tour. Mais il y avait une raison supplémentaire en cas de nouveau scrutin, c’est qu’il n’était pas le sortant, pas élu en juin, venir tenter de reprendre la place cela aurait été à la fois contre la droite battue ET contre la gauche élue. Périlleux ! Le PS, c’est cent ans d’histoire dans le Pas de Calais. Sa plus ancienne, plus grosse et plus populaire implantation en France. Un peu de raisonnement politique porte à croire que face à Le Pen remise en selle par le Conseil constitutionnel, JLM aurait sans doute eu moins de voix encore qu’en juin (abstention aidant). Une élection cela ne se joue pas « à la bravache » ni au volontarisme mais à l’implantation de terrain (et à l’unité).
bien à toi, Gérard
Gérard Filoche Posted 27 décembre 2012 at 12:26 | Permalien | Éditer

autre réponse à celui qui explique que le « contenu » de la politique du PS et la même que celle ld’UMP :
Non honnêtement tu ne peux pas dire que c’est un « contenu UMP » à moins de jouer les aveugles volontaires, la polémique gratuite et vaine. Sois sérieux, car sinon tu brouilles tout et même ton message à toi. La politique de Sarkozy, c’était Thatcher et Reagan. Aujourd’hui avec la gauche on n’a pas tout ce qu’on veut mais hier avec la droite on avait tout ce qu’on ne voulait pas. Mais ce n’est ni Reagan ni Thatcher. C’est une autre politique que celle de Sarkozy, presque en tout. Depuis la victoire de la gauche le 6 mai et le 17 juin, elle ne casse plus l’école, elle ne privatise plus les hôpitaux, elle ne vise plus à démanteler la Sécu. Elle donne des droits démocratiques nouveaux, très peu trop peu mais un peu. Mais elle ne rompt pas assez avec le libéralisme, c’est vrai, et ne va pas assez à gauche, c’est sûr. Là ou Sarkozy donnait 110 milliards de cadeaux fiscaux aux riches, aux actionnaires, au patrons, Ayrault reprend 35 milliards puis leur en promet 20 milliards s’ils sont coopératifs : il faudrait leur reprendre les 110 milliards, et plus, hausser les salaires, etc… Ils ne le font pas et cela vicie tout le discours, tout l’effort politique, mais cela n’est pas du tout du « contenu UMP ». Ils vont sur une ligne de crête entre financiers et salariés, à la godille, sur Florange, Pétroplus, ou face aux licenciements, là où il faudrait agir vite et fort devant 5 millions de chômeurs.

On me demande « mon » bilan du gouvernement en cette fin d’année : je ne cesse de le faire, d’un article à l’autre, d’un livre à l’autre, d’une réunion à l’autre… sur le site d&S, sur le blog GF…et même au congrès PS, en 7′ de temps de parole, vidéo vue par + de 40 000 personnes depuis…
Ce bilan, celui de D&S pourrait tenir en deux phrases :
1°) si ce gouvernement de gauche continue à ne pas donner de véritables satisfactions au salariat, il va dans le mur, entraine toute la gauche à sa perte et l’UMP/FN reviendront
2°) si nous ne réussissons pas tous ensemble à mobiliser assez fortement et largement pour l’influencer et le pousser à gauche, nous perdrons tous avec lui

JL Mélenchon / Marc Dolez : « je ne me résoudrai jamais à considérer que le gouvernement va échouer »

A l’heure des bilans de fin d’année, je choisis de reproduire, un article écrit le 12 mai 2012 sur le bilan de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, un extrait d’un autre article sur le fascisme, écrit le 21 mai 2012 à l’occasion du scrutin législatif d’Hénin Beaumont et… pour finir, les propos récents de Marc Dolez (19-21 décembre 2012).

« Contribution au bilan sur la belle campagne de Jean-Luc Mélenchon : la mettre au service de l’unité de la gauche

 (12 mai 2012)

Beaucoup de militants à gauche ont aimé la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Et nous en sommes. Ceux qui ne connaissaient pas son ton flamboyant l’ont découvert. Mais ce n’est pas seulement ses qualités d’orateur qui ont été mobilisatrices, c’est une façon intelligente de lier les revendications sociales avec un discours réaliste sur la transformation sociale. Il sait à la fois défendre « l’humain d’abord », les 35 h, le Smic à 1700 euros, la retraite à 60 ans, le salaire maxima à 20 fois le Smic ET la VIe république sociale. Pour s’en prendre aux banquiers pas aux immigrés. Il a essayé un vrai argumentaire pour la planification écologique, pour une Assemblée constituante, pour une Europe sociale. La redistribution des richesses était au cœur du discours. Tout cela associé à un ton conquérant, un peu bravache, mais séduisant et dynamique, a permis de convaincre au-delà d’une large partie de la gauche non socialiste. Si, placés dans cette situation, nous avions dû faire campagne, nous l’aurions fait de façon similaire, sans doute, avec d’autres références culturelles sur bien des points et en accentuant le contenu des questions sociales et de la vie au travail.

Un savoir-faire pour attirer la gauche non PS :



Ni Arlette Laguiller ni Olivier Besancenot n’étaient candidats. Aussi sympathiques qu’ils soient, ni Nathalie Artaud, ni Philippe Poutou n’ont pu les remplacer du premier coup. Ne parlons pas de Schivardi. D’autres candidats de gauche qui avaient capté des voix par le passé, comme Jean-Pierre Chevènement ou Christiane Taubira n’étaient pas présents. Jean-Luc Mélenchon avait su préparer sa candidature en lien avec les dirigeants du Parti communiste, ce qui a assuré une infrastructure irremplaçable au front unitaire. La CGT maltraitée frontalement, comme tous les syndicats par le sarkozysme, s’est engagée comme jamais. Cette alchimie exceptionnelle a permis de rallier finalement une large partie du NPA, des centaines de milliers d’électeurs méfiants par rapport aux gestions antérieures du PS, des jeunes et des syndicalistes en masse. Les militants d’associations actives comme Attac, Copernic s’y sont retrouvés. De petites sensibilités comme la Fase, les Alternatifs, la gauche unitaire, la gauche anticapitaliste, ont « convergé » au lieu de rester esseulées et spectatrices comme c’était souvent le cas.
Ce n’est pas rien comme prouesse : depuis 2005, nombre de partisans du « non » à la dictature libérale sur l’Europe, n’avaient jamais pu se rassembler. Là, environ 20 % sur les 55 % des voix du « non » se sont retrouvées en positif sur un même candidat. Et de nombreux militants de 2010 pour la retraite à 60 ans sans décote ont préféré voter par doute sur les propositions trop limitées du PS.

Mais il était impossible de remplacer « à froid » le PS :



Ce ne fut ni la faute à la presse, ni à Joffrin, ni à l’Express, ni à telle ou telle polémique particulière de mauvaise foi (il y en eut de tous côtés) si la montée spectaculaire de la participation aux meetings de la campagne n’a pas permis à Jean Luc Mélenchon de faire plus de 11 %. Le matérialisme implique de comprendre comment se forge la conscience de larges masses dès lors qu’on ne parle plus en avant-garde politisée, mais en dizaines de millions de citoyens. La « geste » aussi belle soit-elle ne peut remplacer les réseaux institutionnels, les instances élues, l’encadrement traditionnel des villages, départements, villes, et régions.
Le premier parti traditionnel de la gauche, c’est le PS – jusqu’à nouvel ordre. Certains exaltés s’y sont crus : ils affirmaient que le PS n’était pas ou n’était plus de gauche. Ils s’imaginaient qu’il était possible de passer « devant le PS » ou bien d’obtenir un « deuxième tour Hollande-Mélenchon ». Nous avons dû faire face, nous, gauche socialiste, à de violentes attaques de la part de tous ceux qui se sont emballés dans ces illusions. Cet irréalisme-là circulait surtout du côté du Parti de gauche, le PCF étant plus expérimenté sur l’état des rapports de force réels.

Le PS existe depuis 100 ans :

ses continuités et discontinuités historiques, ses références programmatiques générales au socialisme, son appareil d’élus, de notables, ses présences institutionnelles, ses liens avec les syndicats (cf. le tableau des votes parmi les syndiqués) et sa place dans les luttes de classes, sociales et sociétales, tout cela encadre le salariat. Il y a des hauts et des bas dans son histoire (1981, 1993, 1997, 2002, 2012…) Son évolution n’est pas linéaire mais liée et poreuse aux mouvements sociaux. Pour toutes ces raisons, des millions d’électeurs haïssant Sarkozy, ont voté sciemment, intelligemment, pour le PS dés le premier tour, et pourtant une large partie non seulement n’adhérait pas aux propos modérés de Hollande, mais partageait pleinement le contenu de nombreux discours tenus par Mélenchon. Probablement 80 % de la gauche politique et syndiquée, à la base, est favorable aux 35 h, a un Smic à 1700 euros, à la retraite à 60 ans pour tous, à un salaire maxima. Mais 11,1 % seulement ont cru utile de le manifester par un vote Mélenchon. Les autres, ont apprécié la « geste mélenchonienne » mais donné la priorité à un vote de classe contre Sarkozy.

Des malédictions cabalistiques ont été jetées par des militants sincères du Parti de gauche contre le « « vote utile » et quelques polémiques qui, selon eux, les auraient « privé » de « 30 % de leurs voix ». Mais c’est le peuple qui a voté, il faut comprendre pourquoi, pas le maudire ! Le peuple salarié est matérialiste, il vote concret, il vote pour rejeter le pire et le pire, à juste titre, c’était Sarkozy. Cinq ans de Sarkozy de plus et cela aurait été une catastrophe politique et sociale pour toute la gauche. Instinctivement des millions de salariés ont pensé que seul Hollande était en position de chasser le pire, qui peut leur donner tort ? Ce qui est beau, c’est que, en plus, en même temps, dans le même mouvement, 11,1 % aient donné leur voix à Mélenchon.

« L’insurrection civique » cela ne peut pas exister :



C’est une belle expression, « l’insurrection civique », mais elle n’a pas de sens réaliste, c’est une utopie qui ne peut se réaliser seule. Parce que le vote n’est pas et ne peut pas remplacer une insurrection sociale.  Le vote, c’est un geste individuel, et à froid, il est soumis aux contingences des rapports de forces dominants du moment.
Une élection ne peut avoir à elle seule, la vertu de changer les rapports de forces sociaux et politiques sans être liée à une insurrection sociale. La conscience de millions de citoyens est changeable par l’action, pas par la seule parole. C’est une praxis collective qu’il faut, pas un appel exemplariste. Il faut une combinaison en temps réel de mobilisation sociale de l’ampleur de mai 68 ET une élection souhaitée, voulue, appelée, réussie par les acteurs de la lutte. Ce ne fut pas le cas en mai 68 car les acteurs du mouvement crièrent « élections-trahison » et boycottèrent le scrutin. L’effet différé de mai 68 n’est donc arrivé qu’en mai 1981. L’effet différé de nov-décembre 1995 ce fut l’élection de Lionel Jospin en juin 1997. Ce sont les effets différés de 2003 (retraite), 2005 (TCE), 2006 (CPE), 2010 (retraite), qui ont permis l’élection de Hollande. Mais pour un projet comme celui de Mélenchon et le nôtre, à nous, gauche socialiste, il faut une alchimie plus exigeante, plus rapprochée entre la lutte sociale et la lutte électorale.

Un dérapage triomphaliste :

Nous savions donc de longue date les limites d’une « belle campagne » aussi stimulante soit-elle. Les beaux meetings ne font pas le score final. Malheureusement, Jean-Luc Mélenchon, par conviction ou par tactique a cru bon de nourrir à son tour l’illusion : il a appelé à passer devant le FN, à rattraper le PS, à être au second tour.

« Passer devant le FN » ? C’était un peu, comme le taureau de l’arène, viser le chiffon rouge au lieu du toréador.

C’était se reléguer au second rôle, viser le petit commerçant au lieu du CAC 40. C’était accepter paradoxalement de se cantonner dans une tâche annexe : viser Le Pen plutôt que Sarkozy. C’était se donner une spécialité, « front de gauche contre front national », au lieu de gauche contre droite. C’était accepter de ne plus disputer le challenge principal de l’élection. C’était à côté de la plaque et minorisant. C’était aussi impossible à accomplir de façon « séparée » comme un « combat à l’intérieur du combat » : Le Pen est dans les bagages de Sarkozy, le FN dans ceux de l’UMP, ils se nourrissent l’un l’autre. Ce qui assure le succès de Le Pen, c’est la politique inégalitaire introduite en pratique pendant 5 ans par Sarkozy. Le terreau du lepénisme est dans le chômage, la précarité, la misère. Et en retour, le succès de Le Pen a failli assurer le succès de Sarkozy, il s’est d’ailleurs acharné à en retirer tous les fruits entre les deux tours. On ne peut pas battre le FN sans battre l’UMP et les effets concrets, désastreux, de sa politique libérale. La recherche d’un « duel privé » FdG/FN plait beaucoup aux médias, parce que c’est une diversion du duel essentiel de toute la gauche contre toute la droite.

« Être au second tour », c’était prioriser un vote de départage Hollande Mélenchon et déplacer la bataille centrale contre Sarkozy en bataille interne à la gauche.

D’où les exigences non sensées d’un « débat Hollande Mélenchon », d’où les polémiques qui lui ont fait perdre des voix contre « Flamby » le « capitaine de pédalo » armé d’un « pistolet à bouchons ». Les excès des sociaux libéraux (ceux qui auraient sans doute en d’autres temps assassiné Rosa Luxembourg) fut aussi déplacé : certains se laissant aller à comparer les « extrêmes », Mélenchon de gauche et Le Pen de droite ! Ces écarts volontiers alimentés par des journaux comme le Nouvel Observateur, au lieu de protéger une dynamique unitaire ultérieure entre les candidats de gauche, dans le difficile, et alors incertain, but commun de chasser Sarkozy, ont fait proliférer les tensions.
 Qu’on ne s’y trompe pas cette tonalité anti-PS n’a pas apporté ni conforté la campagne de Jean-Luc Mélenchon, mais l’a affaibli. Les électeurs recherchaient la complémentarité entre les deux campagnes pas l’adversité. Et s’ils avaient à choisir dans la dispute, ils choisissaient alors la sécurité : battre Sarkozy. D’autre part, si 27 % de l’électorat de Jean-Luc Mélenchon ne s’est pas reporté sur Hollande, il ne suffit pas de dire « c’est la faute à Hollande qui ne les a pas convaincus », il y aussi de la faute à l’absence d’explication du candidat du FdG sur l’importance de l’unité de la gauche politique et syndicale dans toute l’histoire de notre pays.

Un bon score mal vécu :



Le paradoxe de tout ça, c’est que la fin de cette belle campagne a été mal vécu : à l’annonce des résultats, 11,1 %, des militants du front de gauche pleuraient place de Stalingrad. Et même le candidat eut un ton dépité et ulcéré. Pourtant c’était un excellent résultat comme le fit remarquer Clémentine Autain. Un score à deux chiffres c’était un rêve extraordinaire, quasi inespéré en début de campagne Mélenchon. Comment transformer un rêve réalisé en déception ?  L’explication en est dans les faux objectifs fixés en fin de campagne « dépasser le FN » dans un duel particulier, « être au second tour » challenger de Hollande. Ce fut une gestion calamiteuse du – bon -résultat. L’appel à se désister sans condition pour François Hollande au second tour s’imposait, mais la façon dont il fut formulé, en évitant sottement de prononcer le nom du candidat, accrut le dépit au lieu de l’enthousiasme. « Voter pour lui comme si vous votiez pour moi » : certes, mais alors il faut expliquer pourquoi. Il faut dire que c’est parce qu’il est de gauche, parce que c’est faire triompher la gauche : Hollande face à Sarkozy ce n’est pas Chirac face à Le Pen. Mélenchon en 2002 avait appelé à « voter Chirac »…  C’était l’occasion et la nécessité d’en revenir à l’explication de l’histoire de la gauche, de l’enjeu de son unité…Mélenchon s’épargna d’utiliser cette occasion. Certes il fit encore une excellente pédagogie sur France inter, sur le fait que si Sarkozy était élu…Tous les beaux rêves du FdG partaient en fumée… Mais sur France 2 il s’acharna surtout à perfectionner son objectif « front contre front » plutôt que gauche contre droite…

Bataille pour l’unité de toute la gauche ou non ?



En fait, nous le disons : il ne peut y avoir de « front unique partiel ». Le front de gauche achoppera sur cette question essentielle : quelle stratégie vis-à-vis du PS ? Est-ce un parti de gauche ? Et faut-il avoir une bataille unitaire en sa direction ? Oui ou non, faut-il batailler pour l’unité de toute la gauche, ou théoriser l’existence de « deux gauches » ? L’une devant battre ou dépasser l’autre avant toute victoire ?  Alain Krivine confronté à la scission-implosion du NPA reconnaissait parallèlement dans Le Monde : « Le PS, ce n’est pas une surprise, cela fait 40 ans, c’est un problème récurrent dans nos rangs ». Oui ! Tout à fait ! Et c’est un problème déjà récurrent dans le Parti de gauche. Comme il l’est, mais avec plus d’expérience, dans les rangs du PCF.

C’est aussi pour cela que les fuites en avant déclaratives se sont enfilées comme autant de « perles » : « Je ne participerais qu’à un gouvernement que je dirigerais », « Nos deux programmes sont incompatibles » « Nous serons au pouvoir dans dix ans » « Il ne faut pas que le PS ait la majorité absolue à l’Assemblée », « Front contre Front »… et Hénin-Beaumont.

Avec 11,1 % des voix, « place au peuple » !

Il a tranché, le peuple. Provisoirement, pas si bien qu’espéré, certes, mais c’est ainsi. La bonne politique ne se base pas sur des pronostics mais sur la réalité et se propose de la faire évoluer. Prétendre ne participer à un gouvernement qu’à condition de le diriger, ce n’est pas seulement insolent, sectaire, mais farfelu : dans dix ans ? Pourquoi dix ans ? En attendant cette fantaisie politique, les urgences sociales continuent et la lutte quotidienne veut des réponses. Que le PS n’ait pas la majorité absolue ? Bien mais c’est un mot d’ordre dangereux parce que cela va être aussi l’objectif de l’UMP. Pire cela va être l’objectif des sociaux libéraux qui veulent un gouvernement PS-Modem. Alors proposer » une minorité de blocage » du Front de gauche ? Qu’est-ce que cela veut dire ? Bloquer sans participer ? Soutenir sans participer ? Choisir au coup par coup ? Cette dernière tactique semble difficile vue la façon dont fonctionnent les institutions de la Ve république : il faudra un président vraiment « normal » pour le supporter. Mais admettons : est ce que le coup à coup sera compréhensible par les millions d’électeurs de la gauche ? Rien n’est moins sûr. La position « en embuscade » : « s’ils échouent nous serons là », est sûrement la pire de toutes. Si le PS échoue toute la gauche échouera. A attendre son heure on attend sa tombe.
Car les « bons jours » des « bons votes » il y aura des doutes : n’est-ce pas opportuniste de voter tel compromis ? Et les « mauvais jours » ceux des « votes de refus » ? Cela vaut-il la chandelle de mettre le gouvernement en minorité en mêlant nos voix avec la droite ? On « jure de ne jamais voter avec la droite » ? Bien, mais parfois l’abstention peut suffire.
On connaît par avance ce genre de dilemme peu lisible, et l’on sait qu’il ne vaut pas une stratégie claire :  se battre pour l’unité, rechercher un accord de bonne foi sur ce qui rassemble le plus (proposer 35 60 1700 20 sans ultimatisme) et expliquer au fur et à mesure ce qui se passe au peuple de gauche… Si le PCF a perdu entre 1971 et 1986 face au PS, ce n’est pas, comme certains le croient, parce qu’il s’est allié au PS mais parce qu’il a zigzagué dans sa politique d’alliance. Allié dans le programme commun en 1971, rompu avec le programme commun en 1977, participé au gouvernement en 1981-1983, quitté le gouvernement en 1983, revenu en 1997, etc…  La bonne stratégie est une bataille durable pour l’unité de toute la gauche. Car l’unité minorise automatiquement les sociaux libéraux. L’unité ne peut pas se faire sur un programme social libéral. L’unité ne peut se faire QUE sur un programme au cœur de la gauche. Et c’est le bon programme qui sort forcément d’une bonne et durable stratégie unitaire : il n’en est pas le préalable, il en est la résultante ! »

Dans un autre long article du 21 mai 2012 sur le fascisme, je concluais :

« La « théorie du fascisme » tentée à travers ces six points ci dessus n’est pas d’appréhender cette menace « par le bas » comme un fléau qui viendrait du « mauvais esprit » ou de la force obscure » des masses elles-mêmes et qu’il faudrait aller combattre en premier chef sur le terrain en « face à face » privé entre révolutionnaires éclairés et bandes arriérés. Genre comme disait Mélenchon, au début à Hénin Baumont :  « La lumière arrive et Dracula s’en va » . Non, pas si simple. Il faut démontrer comment crise, faiblesse et division du mouvement social de gauche peuvent être utilisées, manipulées et promues par l’oligarchie pour défendre de façon ultime ses intérêts fondamentaux. Se tromper d’adversaire et aller défier à contre temps, en priorité une menace fasciste encore à peine naissante au lieu de l‘oligarchie dont elle dépend, c‘est de mauvaise politique : car on détourne de l’essentiel, on attribue aux sous-valets FN la responsabilité de leur maître UMP et au lieu d’assécher leur base, on la conforte dans un duel nourrissant. Il faut au contraire choisir le front unique, unifier toute la gauche, la dynamiser ainsi, combattre le grand capital, l’oligarchie,  obtenir des victoires concrètes qui changeront la vie de ceux, désespérés ou en colère, excédés primaires et jusqu’au-boutistes, qui auraient pu se laisser entraîner par la polarisation UMP/FN.
« Tous les fâchés ne sont pas fachos » dit fort bien Jean-Luc Mélenchon. Alors prenons garde à toute manœuvre qui pourrait souder « fâchés » et « fachos » pour le compte des « fâcheux » de l’UMP et de l’oligarchie. Visons les fâcheux, attirons ainsi les fâchés, isolons les fachos ce qui veut dire ne pas en faire notre cible centrale. Pour reconquérir les fâchés,  il faut force et attraction de l’unité de toute la gauche et changer concrètement leur vie en faisant reculer chômage, et misère, en haussant salaires et emplois. Aucun bras de fer privé ne peut remplacer cette grande mobilisation unitaire publique. »

Post scriptum GF le 24 décembre 2012 : je vais vous dire, à la réflexion et neuf mois plus tard : je ne suis plus sûr qu’il fallait demander au candidat socialiste de se retirer pour Jean-Luc Mélenchon à Hénin-Beaumont (comme je l’avais fait en mai-juin au nom de de D&S) . On peut penser avec le recul et les études électorales que si c’était Mélenchon qui avait été au 2° tour, ce serait Le Pen qui aurait gagné. Et si, en décembre, par malheur le Conseil constitutionnel avait « cassé » le scrutin, et qu’il y ait eu à revoter c’est à Mélenchon qu’il aurait fallu demander de ne pas se présenter et exiger qu’il appelle dés le 1er tour à voter Philippe Kemel, candidat le mieux placé pour battre Le Pen. La « bonne » tactique aurait été de rechercher une candidature unie de toute la gauche : mais Mélenchon à peine arrivé à Henin-Beaumont avait raillé « les bras cassés du PS », avant de constater qu’ils étaient plus nombreux que les siens.

Quelques uns des mots de Marc Dolez (19-21 décembre 2012) à l’AFP, Libé, Le Monde, ou Regards :
Parti de Gauche: le député Marc Dolez s’en va et critique Mélenchon (AFP) – Il y a 4 jours 
PARIS — Le député Marc Dolez, qui avait quitté le PS en 2008 pour fonder le Parti de Gauche avec Jean-Luc Mélenchon, a annoncé son départ de cette formation, jugeant notamment que l’eurodéputé concentre ses critiques sur l’exécutif de gauche au lieu « de s’attaquer à la droite ».
Dans une interview à Libération publiée mercredi, le député du Nord critique la stratégie du PG, tout en voulant rester « un militant actif du Front de Gauche », dont ce parti est, avec le PCF, une des deux composantes majeures.
M. Dolez assure notamment que « l’acquis de la belle campagne présidentielle a été dilapidé dès les législatives, avec la catastrophique campagne d’Hénin-Baumont ».
M. Mélenchon (11,1% le 22 avril) était venu y affronter la présidente du FN Marine Le Pen et avait été éliminé au premier tour.
« La stratégie Front contre Front nous a cornerisés à l’extrême gauche », analyse le député du Nord.
« Je déplore aussi l’expression médiatique de Jean-Luc Mélenchon. Il critique le plus souvent le président de la République et le gouvernement plutôt que de s’attaquer à la droite. Nos propositions sont rendues souvent inaudibles à cause de l’outrance du verbe », accuse-t-il.
« Beaucoup de ses propos brouillent notre message, je ne crois pas à la thèse de deux gauches irréconciliables ni au mythe du recours », ajoute M. Dolez, à propos d’une majorité alternative à gauche, thèse défendue par M. Mélenchon, également ex-PS.
« Je ne me résoudrai jamais à considérer que le gouvernement va échouer et que nous serons là à ramasser les morceaux », insiste l’élu de Douai. « Si la social-démocratie devait s’effondrer, je crains que ce ne soit au profit de la droite extrême ».
« Ne donnons pas le sentiment que l’adversaire du Front du gauche, c’est le PS », dit encore M. Dolez, qui appartenait à l’aile gauche du Parti socialiste.
Il n’entend pas pour autant retourner à ce parti. « Le Front de gauche me paraît plus indispensable que jamais, j’entends participer à son expression à l’Assemblée nationale ».

La CGT remporte les élections dans les TPE mais il y a eu peu de votants faute de volonté politique des organisateurs

Inouï ! Des élections syndicales ont eu lieu dans les très petites entreprises (TPE, moins de 11 salariés) commencées le 28 novembre et se sont terminées le 17 décembre 2012. C’était la première fois de l’histoire. Mais qui l’a su ?

Il y avait théoriquement 4,6 millions de salariés concernés (sur 17,5 millions dans le privé). Chacun avait le droit de voter pour le syndicat de son choix afin d’établir sa « représentativité » au niveau des branches professionnelles comme au niveau national. Les pouvoirs publics de droite comme de gauche, principaux syndicats et partis, avaient mis en place ce scrutin sur « sigle syndical » pour les seuls salariés de ces TPE suite à l’accord syndicat-patronat (CFTD CGT et Medef !) de 2008 et à la loi Bertrand qui a suivi. Les salariés pouvaient choisir le sigle de leur choix : CGT, CFDT, FO, Sud Solidaires, UNSA, CFTC, CGC… Ce vote, prévu tous les 4 ans, se faisait par correspondance ou par Internet, au choix. 
 En novembre 2012, les salariés concernés ont théoriquement reçu à leur domicile des documents électoraux (enveloppes et bulletins de vote par correspondance, propagande des organisations syndicales, code confidentiel de vote).

Les 4,6 millions de salariés pouvaient voter à leur domicile, mais également dans leur entreprise. Pour ceux qui avaient fait ce dernier choix, leur « temps de vote » devait être considéré comme du « temps de travail » (à l’instar du vote pour les élections des représentants du personnel ou pour les élections des conseillers prud’homaux).
Si un salarié avait choisi de voter par Internet depuis son lieu de travail, son employeur devait assurer la « confidentialité » de son vote. Or l’administration du travail n’imposait pas aux employeurs de réserver un poste informatique aux opérations de vote par Internet. Il fallait prendre garde à voter sans se faire voir.

Mais le ministère du travail de gauche a fait arriver nombre d’enveloppes avec huit jours de retard, et il a été obligé de reporter la clôture du scrutin du 12 décembre au 17 décembre. L’information par les médias a été minimum. Il n’y a eu aucun débat public à heure de grande écoute, aucun échange entre les syndicats sur l’enjeu du scrutin.

Or, dans ces entreprises-là les salariés n’ont guère d’éducation sur ces questions, il n’y a pas de syndicat, ni de syndiqués, ou bien ils sont rarissimes. Par définition ces entreprises sont isolées ou morcelées.
 Les patrons n’aiment pas qu’on y vote pour un syndicat encore moins que dans les grandes. La CGPME et le Medef en 2010 avaient en effet fait interdire par les députés UMP qu’il y ait élection de « commissions de négociations paritaires » dans les TPE, susceptibles d’interventions, de contrôles et d’arbitrages, pour faire avancer conventions collectives et droit du travail.

Résultat il y a eu au total 10,38 % de votants soit 478 796 voix exprimées : on peut dire que c’est peu mais on peut aussi dire que dans ces conditions c’est quasiment un miracle pour une « élection » ou nul n’était élu ! Il y a tout juste eu davantage de votants dans le collège non cadres ( 10, 51 %, 425 870) que dans le collège cadre (9,12 % – 39 926).

Mais la CGT arrive en tête avec 29,5 % des voix, loin devant la CFDT (19,3 %) et FO (15,3 %). L’UNSA est en 4° position avec 6,5 %, la CGC n’a que 2,3 % dont 26,9 % dans le collège cadre. Il manque la FSU et Solidaires : pourquoi ? Ce sont des scores proches des élections prud’homales de fin 2008. Ce qui tend à confirmer les indices de représentativité pour chaque syndicat existant
Or cette année en 2013, les modalités définies par la loi Bertrand de 2008 évoluent : pour qu’un accord conventionnel soit valable, il faudra que les syndicats signataires représentent plus de 50 % des salariés concernés ! Ce seuil de 50 % sera défini par les résultats des élections professionnelles entre 2009 et 2012, et par ce scrutin dans les TPE. Ces résultats nationaux, sont très attendus. L’agrégation finale se fait en nombre de voix : la participation aux élections dans les entreprises de plus de 10 salariés (autour de 60 %) pèsera donc bien plus que le résultat du scrutin dans les TPE

Selon Les Echos : « Le ministère du Travail reconnaît les limites du scrutin sous sa forme actuelle, que le PS avait dénoncées au Parlement à l’époque, et entrouvre la porte à une refonte d’ici à la prochaine édition, en 2017. L’idée serait de relancer le débat autour du projet initial, qui, avant d’être vidé de sa substance par les députés, prévoyait de créer dans les branches des « commissions paritaires pour les TPE », qui n’auraient pas vocation à signer des accords mais à poser les bases d’un dialogue social sur le soutien aux TPE et à leurs salariés, par exemple pour mutualiser des formations »

Pour qui veut sérieusement comprendre, ce fut une élection voulue la CFDT et la CGT avec le Medef puis modifiée par la CGPME et l’UMP enfin mise en oeuvre sous la gauche (entre nous, avec des nuls dans les cabinets ministériels qui n’ont aucune conscience de classe et n’en comprenaient pas l’enjeu).

La leçon, c’est qu’il faudrait :
1°) que soient ainsi élus tous les 4 ans par les salariés des TPE des représentants des syndicats qui aient vocation à être conseillers du salarié, à défendre les conventions et le code du travail. Ils pourraient rentrer dans les entreprises sur la demande des salariés de celles-ci pour tout ce qui relèverait de l’application des conventions collectives.
2°) des commissions de négociations paritaires de terrain ayant la responsabilité de faire évoluer les accords et conventions
3°) que le gouvernement joue son rôle d’éducation, d’information, de développement des droits syndicaux et ne laisse plus jamais une élection aussi importante se dérouler dans le silence, l’anonymat, car il y a eu quasiment sabotage pour ce premier scrutin !

Au 1er janvier, le smic horaire est porté à 9,43 euros bruts de l’heure soit 1430,22 euros bruts (environ 1 121 euros nets) pour 151 h 66. Soit + 3 centimes de l’heure : la plus faible hausse du smic de l’histoire de la gauche arrivant au gouvernement.

Cette hausse du smic concerne 10,6 % des salariés, selon une étude de décembre de la Dares. 52,1 % sont des employés et 42,4 % sont des ouvriers. Les femmes sont 2 fois plus nombreuses à toucher le smic que les hommes, avec 13,9 % des salariées, contre 8 % chez les hommes. Le fait d’être à temps partiel multiplie par deux les chances d’être au smic. Les « salariés type » payés aux smic sont donc plutôt des femmes, jeunes, moins diplômés que la moyenne. Ils sont souvent en contrat à durée déterminé et à temps partiel

« Je ne comprends même pas qu’un gouvernement, quel qu’il soit, puisse annoncer et défendre une si faible augmentation, a affirmé Bernard Thibault sur Europe 1. Cette augmentation, c’est de 2,5 centimes de plus par heure. Il y a certains commerçants qui ne prennent même plus des pièces d’un centime ! » « La simili-augmentation du smic représente à peu près 156 millions pour tous les smicards », alors que le gouvernement vient d’accorder « la somme de 20 milliards d’aides publiques aux entreprises pour les aider à créer des emplois ». « Je mets ces deux sommes en parallèle, tout le monde n’est pas rémunéré à la même enseigne », a-t-il ajouté.

« Pourquoi ne pas indexer le smic sur l’augmentation des salaires des patrons du CAC 40 ? Soit 5 % de plus pour cette année. Pourquoi ce qui est possible pour un grand patron ne pourrait pas l’être pour un smicard ? », s’est interrogé pour sa part le PCF, dans un communiqué. « Il n’y aura pas de coup de pouce pour le smic autre que la revalorisation automatique de 0,3 % du 1er janvier. C’est une déception, et un mauvais service rendu à l’économie du pays qui nous conduit inéluctablement à la récession », ajoute-t-il. « Les faits sont têtus, la stagnation des salaires étouffe l’économie. Cette tendance se vérifie dans tous les pays qui font le choix de l’austérité et du gel des salaires ».

Michel Sapin affirme que cela représente une hausse de « 300 euros de plus dans l’année » pour les smicards. Malgré tout le respect du à notre ministre du travail de gauche, cette présentation est quasi malhonnête : on sait qu’il y a eu une inflation assez réelle pour justifier 1,4 % de « rattrapage ». « Rattrapage », ce n’est pas une hausse, c’est le rétablissement a postériori d’une perte déjà subie. Reste 0,6 % seulement dit de « coup de pouce » par anticipation en juillet 2012 et donc encore 0,3 % de « rattrapage » au 1er janvier 2013. 3 centimes de l’heure ! In fine l’indice du salaire horaire de base ouvrier a augmenté de 2,3 %, et l’inflation a progressé de 1,7 %. La différence entre les deux, le gain de pouvoir d’achat, est de l’ordre de 0,6 %, et l’augmentation du smic est la moitié de cette somme.
Ce n’est pas du tout une hausse de 300 euros : que chacun se rende compte que le 1er janvier 2013, par contre, la hausse du prix de l’électricité va être de 2,5 %. Elle va frapper les 2,6 millions de smicards et en fait, ceux ci vont PERDRE du pouvoir d’achat !

On peut dire avec modération que c’est une honte. Qui peut vivre décemment en travaillant et en gagnant si peu ? Qui ne comprend pas que cette limitation du Smic a des effets bloquants sur l’évolution des autres salaires ? Qui ne saisit pas que le blocage des salaires ainsi impulsé à des effets négatifs sur l’activité économique en freinant la consommation ? Qui ne devine pas les effets négatifs, au plan politique, tant sur le moral du salariat que sur la perception des insuffisances des attentes de l’électorat de gauche ?

C’est une question emblématique pour la gauche que de pousser ou non à la hausse des salaires : c’est la plus faible des mesures politiques de ce type prise par un nouveau gouvernement de gauche arrivant au pouvoir. Il y a quelque chose à la fois d’irrationnel, de dépressif et de choquant à limiter ainsi le Smic.

L’annonce d’un nouveau calcul du Smic pour 2014 encore très incertain :

Michel Sapin, a annoncé devant la Commission nationale de la négociation collective une révision des critères d’indexation du smic afin de « garantir aux salariés dont les rémunérations sont les plus faibles leur pouvoir d’achat et une participation au développement économique de la nation ». Depuis 1970, le smic est mécaniquement revalorisé pour suivre l’évolution des prix à la consommation (hors tabac, pour les ménages urbains dont le chef de famille est ouvrier ou employé) et la moitié du gain de pouvoir d’achat du salaire horaire de base ouvrier. Le gouvernement peut ensuite choisir d’ajouter un coup de pouce supplémentaire.
Cette réforme, présentée au conseil des ministres, est censée proposer un autre indice d’inflation (celle mesurée pour « les ménages des premiers et deuxièmes déciles »), « mieux ciblé sur les salariés à faible revenu » pour « mieux prendre en compte le poids des dépenses contraintes (loyer, énergie) ». Ensuite, le salaire horaire de référence sera celui des ouvriers et employés, et non plus des seuls ouvriers, dont la part dans l’emploi salarié est passée entre 1980 et 2008 de 40 % à 22 %. Il est vrai que ans le salariat d’aujourd’hui, il y a 9 000 000 employés et 6 000 000 d’ouvriers (dont 2 millions seulement d’ouvriers d’industrie).

L’idée d’une indexation automatique sur la croissance, promise par le candidat Hollande, puis par le premier ministre en juillet, est abandonnée sans explication. Mais il est vrai que la croissance est plus qu’incertaine ! Estimée à 0,8 % en 2013 selon le gouvernement, à 0,4 % selon les instituts, Moscovici semble concéder qu’elle sera plus basse. Michel Sapin affirme prudemment que cette « évolution de la croissance sera prise en compte dans les futurs « coups de pouce » pour « favoriser la redistribution des fruits de la croissance, lorsque que celle-ci est au rendez-vous« . Il promet enfin que le fonctionnement du groupe d’experts voulu par le Medef et installé par Sarkozy, censé « conseiller » le gouvernement sur le Smic sera « revu » pour permettre « un dialogue plus approfondi et plus direct avec les partenaires sociaux ». Mais ce ne sera effectif qu’en 2014. Mais il a nommé François Bourguignon, directeur de l’école d’économie de Paris, à la tête du nouveau groupe d’experts. Celui, actuellement présidé par Paul Champsaur, ex-directeur général de l’Insee, est viré et sera totalement remplacé. Il faut dire que la CGT avait réclamé la « suppression » de ce groupe de « libéraux activistes », tandis que FO demandait son renouvellement et son élargissement, avec l’entrée de sociologues.

Florange ce n’est pas fini ! Nationalisation !

Pour que la gauche ne soit pas « zappée » !

C’est à la godille que notre gouvernement de gauche a avancé sur Florange : un coup pour ne pas déplaire au Medef, un coup pour ne pas déplaire aux salariés et syndicalistes.

Mais in fine l’accord final signé avec Mittal ne tient pas la route. Expliquer à renfort de méthode Coué que « les emplois sont préservés » ne convainc pas les salariés concernés : ils ne sont « sauvés » qu’en apparence, en échange de pré retraites, de reclassements aléatoires, de mobilité incertaine jusqu’au 31 mars. Car après ça ferme : en avril 13 les hauts fourneaux seront morts. Leur prolongation artificielle à 8 millions d’euros par mois n’est assurée que pour 3 mois. Mittal n’investit pas 180 millions mais 56 millions et ils récupéreront 40 millions de crédits d’impôts.

Mittal ne dépose même pas de dossier auprès de Bruxelles pour le projet Ulcos (Ultra-Low Carbon dioxide (CO2) Steelmaking, processus sidérurgique à très basses émissions de CO2). Mittal a refusé de déposer le dossier avant le 20 décembre comme prévu. Or il s’agit de concourir dans un consortium de 48 entreprises de 15 pays européens, au sein d’une coopération en recherche et développement afin de réduire les émissions de dioxyde de carbone liées à la production d’acier. Ulcos 1 est déjà périmé et un projet Ulcos 2 est en recherche. Tout cela n’aboutira pas avant 2 ans et ne sera éventuellement financé et réalisé qu’en 5 ou 6 ans. C’est un leurre de croire que Florange attendra, Florange sera mort avant. Et Mittal jouera aussi les malfaisants dans ses autres sites et ses 20 000 emplois. Voilà pourquoi il faut nationaliser. Maintenant.
La nationalisation est devenue le seul moyen, en la circonstance, de reprendre la main sur le dossier et de sauver à la fois l’emploi et la filière acier. Nationalisation n’est pas « contraire à l’air du temps », ce n’est pas un « gros mot » encore moins un « mauvais signe » : c’est au contraire une orientation positive, à la fois une sanction, un sauvetage, une nécessité et un exemple ! Il y a une majorité d’idées dans notre pays pour une telle nationalisation, nos concitoyens veulent un état volontaire.


Pour une économie mixte !

Soyons clairs, il ne s’agit pas d’une nationalisation « temporaire » superficielle sorte de tour de passe-passe, visant à nationaliser les pertes et à privatiser ensuite les profits lorsqu’ils seront de retour…Cela doit entrer dans une grande politique, dans un grand plan de redéveloppement de l’économie contre le marasme destructeur qu’impose la finance. Par exemple, il faut inclure Pétroplus dans cette même démarche. De même qu’on a besoin d’acier, on a besoin de raffineries (et d’aluminium) : hors de question de désertifier la France au nom des « ratios » exigés par les banques ! S’il n’y a « besoin » à court terme que de 11000 tonnes d’acier au lieu de 19 000 tonnes hier, demain il n’y en aura pas assez ! Ca vaut le coup d’y placer 1 milliard. De même Pétroplus est irremplaçable et si les spéculateurs versatiles sont défaillants là aussi, le rôle d’un état volontaire c’est d’y faire face de façon durable. C’est l’avenir qui se joue là.

Rappelons que la « déclaration de principe fondamentale » rédigée, discutée, approuvée par le PS sous l’égide de François Hollande en 2008, prônait « une économie mixte ». Nous sommes pour une économie mixte ! Et des nationalisations peuvent être des « modalités » mais aussi des « finalités » car il faut rebâtir un grand périmètre de secteur public cohérent pour protéger, faire vivre l’industrie, l’énergie, un grand pôle financier public, les transports, les communications, les équipements essentiels, la protection sociale, la santé, l’école…

Louvoyer à la godille, sans donner de satisfaction aboutit à ce que la déception se transforme en abstention. Dans les 3 circonscriptions où il y a eu des élections partielles les 9 et 16 décembre, même si elles sont différentes, il y a eu le même mouvement : mobilisation à droite, abstention à gauche ! Nous citerons Jean Christophe Cambadelis : « Ce sont des résultats médiocres pour le Parti Socialiste. En baisse voir éliminé, il n’y a pas de quoi pavoiser. Le PS est averti : si il ne donne pas le sens de son action, si il n’indique pas où il va, s’il ne dessine pas dans la crise le modèle de la société de demain, s’il ne martèle pas que la France a pris des retards à cause de la droite qui ne s’est occupé que de libéraliser le marché, nous aurons d’autres déconvenues. Le risque pour le Parti Socialiste c’est d’être zappé ».

Nous ne voulons pas que la gauche soit « zappée » ! Si François Hollande et Jean-Marc Ayrault perdent, comme le dit aussi le député Marc Dolez, ce sera toute la gauche qui perdra. Ce ne sera pas une « autre gauche » qui gagnera ! « Il n’existe pas deux gauches aux programmes irréconciliables ». Un seul salariat, une seule gauche ! Batailler pour l’unité, c’est pressionner dans le bon sens : il n’y a pas de risque car l’unité ne peut se faire sur un programme social libéral. L’unité cela ne peut se faire que sur un programme au coeur de la gauche, pas à ses marges. 80 % de la gauche est favorable a la nationalisation de Mittal ! Et batailler pour l’unité, c’est la meilleure façon de ne pas se tromper d’ennemi : c’est toujours la droite UMP/FN qui menace.
Alors mettons plus que jamais les bouchées doubles pour gagner à la fois la bataille d’idées et l’unité de toute la gauche…à gauche. D&S s’y emploie avec la motion 3 et l’a démontré en invitant toute la gauche le 15 décembre dernier pour ses 20 ans et son numéro 200. Abonnez vous !

Le complot de Val/Sarkozy/Askolovitch et de tous ceux qui avaient osé mettre Siné en cause il y a 4 ans a totalement échoué devant la justice pénale puis prud’homale

Victoire pour Siné

Charlie Hebdo condamné une nouvelle fois par la justice à verser des dommages et intérêts au dessinateur Siné pour rupture abusive du contrat qui le liait au journal depuis 16 années. L’hebdomadaire dirigé par Charb devra également publier sur la couverture, un communiqué judiciaire sur un bandeau de 15 centimètres de haut sur toute la largeur sous peine d’astreinte de 2000 € par semaine.

La cour d’appel de Paris par un arrêt du 14 décembre 2012 confirme ainsi le jugement de tribunal de grande instance de Paris du 30 novembre 2010. La cour condamne le journal à verser 90 000 € de dommages et intérêts et 15 000 € pour les frais de justice au lieu des 40 000 € et des 5000 € attribuées lors du premier jugement.

Charlie Hebdo avait fait appel de la première décision condamnant le journal, pour avoir brutalement mis à la porte Siné. Le journal comptait, ne verser aucune indemnité à son dessinateur.

Petit rappel des faits, le 2 juillet 2008, Charlie Hebdo publiait la chronique hebdomadaire de Siné ou celui-ci fustigeait l’arrivisme de Jean Sarkozy. Le 8 juillet, Claude Askolovitch sur RTL affirmait que celle-ci était antisémite ! Ce fur le début d’une honteuse campagne d’intox qui dura tout l’été 2008. Le 16 juillet le dessinateur apprenait dans Charlie Hebdo, sous la plume de Philippe Val qu’il était « viré » en dépit de tout respect du code du travail. Pour mémoire, la justice lyonnaise a donné raison en jugement définitif au dessinateur en jugeant que la chronique incriminée n’avait rien d’antisémite. Deux protagonistes en ont profité : Val a été récompensé de cette vilenie en étant nommé à la tête de France inter par Sarkozy. Askolovitch le fut en étant nommé à la tête de la rédaction du JDD. Le troisième protagoniste du complot, Sarkozy, le pire président de la Ve République, a été battu. Ces gens là voulaient « voir disparaitre à jamais » (sic) l’oeuvre de Siné, ce sont eux qui ont définitivement perdu.

Je suis fier d’avoir participé à ce combat en faveur de mon ami Siné depuis la première heure.

Lire un des articles que je publiais à l’époque en réponse a un « appel » de 20 personnalités bien hétéroclites qui avaient cru bon mettre Siné en cause

TOUTE LICENCE EN ART !

« O combien je soutiens mon pote Siné contre les 20 que vous êtes !


 O combien je soutiens mon pote Siné contre les vains que vous êtes ! Et combien je suis offusqué que certains signataires ci-dessus se joignent aux biens-pensants ampoulés et ridicules, à l’ordre officiel de Madame Albanel pour soutenir celui qui n’a commis d’autre « crime » récent que de s’en prendre au fils Sarkozy…

Car qu’est ce qui décide ces 20 signataires à faire le procès de la carrière entière d’un dessinateur aujourd’hui âgé de 80 ans célèbre depuis ses caricatures et prises de position lors de la guerre d’Algérie, le manifeste des 121, et son immortel dessin où il montre des soutanes devant un crucifié se moquant d’un pauvre hère devant son totem ?  Ce n’était pas seulement des « fulgurances », il en fallait du courage !… Siné est un combattant depuis les années 60 de toutes les causes démocratiques, antiracistes et, d’ailleurs, ne l’avez-vous pas côtoyé aux nombreux dîners des parrains de SOS-Racisme auxquels il participait, c’est là que je l’ai rencontré avec vous tous, en 1988, lorsqu’il y serrait la main de François Mitterrand, et les vôtres ? Qu’est ce qui vous prend de faire un autodafé à partir de citations tronquées, tirées de leur contexte, de sa vie, de son oeuvre entière ? Vous l’excommuniez ? C’est un grand honneur que vous lui faites ! Où a t on vu cela, vous vous prenez pour Djanov ? Comme l’a fait la ministre de la culture du père de Jean Sarkozy qui veut voir « disparaître à jamais » (un autodafé, vous amenez le briquet ? ) Siné, sa vie, son œuvre ? 

Tous, absolument tous les juristes répètent qu’il n’y a pas d’antisémitisme dans le texte incriminé de Siné, juridiquement ça n’est pas plaidable, ce n’est qu’une reprise d’une info exprimée déjà dans Libération le 23 juin par un ami de Jean Sarkozy, membre de la Licra, en termes similaires… 

Vous parlez peu de l’objet précis et récent de l’affaire, ce que vous en citez est tronqué malhonnêtement, et vous étendez surtout la question « aux dérapages » de toute la vie d’un homme, en l’occurrence d’un artiste, en extrayant des excès qui vous ont semblé contestable en lui – d’un point de vue universel suprême, celui de votre absolue autorité.

Rien ne vous donne ce droit d’exécuter ainsi quelqu’un. Personne ne vous a demandé de vous mettre à 20 pour juger le bon ou le mauvais goût des caricatures de Siné, c’est son droit, sa liberté, son oeuvre, et s’il est apprécié depuis plus de 50 ans, lui, ami de Prévert, de Léonor Fini ou de Malcolm X, il y a sûrement une raison à ses centaines de milliers d’admirateurs… Toute licence en art ! Même pour les dessinateurs de chat, bouffeurs de curés et provocateurs ! Même pour Plantu que vous exécutez au passage en donneur de leçons suprêmes que vous êtes…

Vous vous mettez en 20 en vain pour faire la police de la pensée officielle, et estimez que « cela fait des décennies que Siné aurait dû être réduit au silence » ? Bouh, ça fait froid dans le dos ! Toute l’équipe de Hara-Kiri, Charlie Hebdo première mouture, (avant que Val ne s’en empare), est censurée épurée, réduite au silence, en un même coup, par vos propos : soit 80 % des caricaturistes célèbres dans ce pays depuis 40 ans.  Votre logique, c’est d’interdire une seconde fois « Bal tragique à Colombey », ça se faisait à l’époque, après que les Yvon Bourges aient interdit « La Religieuse » de Jacques Rivette. Vous voulez, vous aussi,  liquider quelque chose de mai 68 en vous en prenant à Siné et en donnant raison à Val ?
 
Parce que vous croyez que Val a une constance dans son engagement ? Qu’il est « démocrate, défenseur et garant des principes » de Charlie Hebdo et de sa rédaction ? Voulez-vous qu’on joue au même jeu des citations le concernant ? Ce serait aussi facile mais dégradant. Ou comment Val a tiré profit de Charlie, et comment il traite le droit de ses salariés dans le journal sur lequel il a mis la main, comment il vient de « licencier » un prétendu « droit d’auteur » qui était plus ancien que lui à la fondation ? La rédaction de Charlie qui a votre « entier soutien », ce sont aussi Charb et Cavanna défendant Siné contre toute votre accusation  : « Je n’aurais pas travaillé 16 ans aux côtés d’un antisémite », « Siné n’est pas antisémite » écrivent-ils ! 

Comme Willem, Delfeil de Ton, Plantu, Barbe, Pétillon, Got, Faujour, Picha, Tardi, Wiaz… qui le soutiennent. Alors pourquoi est-ce Siné qui est viré, vilipendé, lynché et comment pouvez donner votre “entier soutien” à ce Val-là ?  
 
Gérard Filoche, 31 juillet 2008

Commentaire de Siné : NOUVELLES DU FRONT N°33 de Siné 19 décembre 2012
Une chose me fait quand même chier dans ma victoire à plates coutures contre Charb, c’est que le numéro de Charlie Hebdo marqué du sceau infamant (le bandeau qui fait bander !) annonçant en gros sa condamnation en couverture, va se vendre beaucoup mieux que d’habitude ! Moi et tous mes potes allons l’acheter pour l’encadrer ! Sacré collector !
L’enfoiré, qui doit se les tordre et se les mordre d’avoir fait appel du premier procès ne le condamnant qu’à 40 000 €, peut encore se pourvoir en cassation dans les deux mois à venir. Teigneux comme il est, cela n’aurait rien d’étonnant qu’il risque le coup pour éviter la honte d’un bandeau de 15 cm de haut en pleine couv’ de son torchon, reconnaissant son forfait, accompagné d’une astreinte de 2 000 € hebdomadaires s’il n’obtempère pas !
Les dommages-intérêts, eux, sont exigibles dès maintenant mais, hélas, l’obligation du bandeau est suspensif donc ne prendra effet qu’une fois le jugement définitif rendu, et le pourvoi en cassation, s’il le demande, retardera encore la décision de quelques années !
Pour mémoire, la chronique qui me vaut tout cet acharnement date du 2 juillet 2008, soit déjà 4 ans et 5 mois ! Si, parfois, comme dans mon cas, la justice est juste, elle n’est pas pressée, c’est le moins qu’on puisse dire !
Une autre chose m’énerve aussi, c‘est que beaucoup de mes amis et lecteurs considèrent que c’est un cadeau que ce fumier est tenu de m’octroyer et non le remboursement de tous les frais que m’ont coûté ces putains de procès à répétition. Beaucoup m’envient presque et me considèrent comme un veinard au cul bordé de spaghetti !
Ils oublient seulement, ou ne savent pas, que toutes nos éconocroques, à ma femme et à moi, y sont passées durant ces pénibles années, et que même ayant gagné, on l’aura encore dans le baba ! »

Succès de l’anniversaire de D&S : 20 ans… et abonnez vous !

Merci à vous toutes et tous qui êtes venus hier, cela nous a fait plaisir, gratifié, encouragé énormément, merci de votre déplacement, de votre temps, et de votre soutien financier, vraiment, gérard
Bien que nos ambitions étaient limités par la taille de la salle « Confluences », nous avons réuni 150 camarades, venus de 32 départements différents samedi 15 décembre de 14 h à 1 h du matin, pour fêter le numéro 200 de D&S et la 20e année de la revue.
D&S est une revue de bénévoles, sans salariés, sans sponsor, sans mécène, qui repose dans 70 départements uniquement sur un réseau de 4000 abonnés. D&S existe, lutte depuis 20 ans pour construire une « gauche socialiste » militante, démocratique, forte, capable de peser pour l’ancrage et l’action à gauche du parti socialiste. D&S qui a co-rédigé la motion 3 se situe au cœur de la gauche et du salariat, milite pour « le social au cœur », pour l’unité de toute la gauche. C’est ce qui a été dessiné à travers deux débats qui ont été passionnants :

- – le premier a été animé par Jean-François Claudon, Cyril Gispert, François Ruffin, Jean-Claude Chailley sur le thème de « que faire face à la dette ? » en Europe et en France.

- – le second a donné la parole sur le thème de « la gauche dans tous ses états » à Francis Parny (PCF), David Cormant (EELV), Pouria Amirsahi (PS), Gérard Filoche (le parti de gauche s’était excusé)

La salle a largement participé, de façon passionnée, de 14 h à 19 h 30, à ces deux débats centraux dans notre actualité et notre action politique. Nous les relaterons dans le n°201 de D&S . Le reste de la journée a été partagé entre un apéro, une pièce de théâtre, un repas festif jusque tard le soir. Tous les participants ont exprimé leur enthousiasme de cette journée qui a largement conforté le comité de rédaction de D&S pour continuer son opiniâtre combat.

En plus de militants venus de toute la France, un certain nombre de personnalités ont bien voulu nous rendre visite, comme André Ciccodicola, rédacteur en chef de l’Humanité dimanche, Henri Weber, Claude Debons, François Ruffin (Journal Fakir) Marinette Bache et Lucien Jallamion, Pierre Khalfa, Francis Sitel, Michèle Ernis, Alain Montaufray…nous leur en sommes reconnaissants.

Le N° 200 est paru et a été distribué lors de cette journée, grâce au principal artisan qui le réalise, Jacques Girma. Le combat continue, mais il n’a de sens que si de nombreux abonnements ou réabonnements suivent cette initiative, cet anniversaire : sans le nerf de la guerre, sans argent, sans appui militant, la revue ne peut vivre. Nous savions, nous l’avons vérifié, que nous étions écoutés, attendus, soutenus, mais la vérification ultime, concrète, décisive, c’est le petit chèque de 30 euros, pour les 10 numéros à venir de l’an 2013 à l’ordre de D&S…

Bonnes fêtes de fin d’année à toutes et tous, rendez vous pour les luttes en 2013 ! Vive la sociale !

Pour que la gauche ne soit pas « zappée » ! (expression de Jean-Christophe Cambadelis)

Editorial de D&S n° 200 (abonnez vous)

C’est à la godille que notre gouvernement de gauche a avancé sur Florange : un coup pour ne pas déplaire au Medef, un coup pour ne pas déplaire aux salariés et syndicalistes.
L’accord final signé avec Mittal ne tient pas la route. Expliquer à renfort de méthode Coué que « les emplois sont préservés » ne convainc pas les salariés concernés : ils ne sont « sauvés » qu’en apparence, en échange de pré retraites, de reclassements aléatoires, de mobilité incertaine jusqu’au 31 mars. Car après ça ferme : en avril 13 les hauts fourneaux seront morts. Leur prolongation artificielle à 8 millions d’euros par mois n’est assurée que pour 3 mois. Mittal n’investit pas 180 millions mais 56 millions et ils récupéreront 40 millions de crédits d’impôts.

Mittal ne dépose même pas de dossier auprès de Bruxelles pour le projet Ulcos (Ultra-Low Carbon dioxide (CO2) Steelmaking, processus sidérurgique à très basses émissions de CO2). Mittal a refusé de déposer le dossier avant le 20 décembre comme prévu. Or il s’agit de concourir dans un consortium de 48 entreprises de 15 pays européens, au sein d’une coopération en recherche et développement afin de réduire les émissions de dioxyde de carbone liées à la production d’acier. Ulcos 1 est déjà périmé et un projet Ulcos 2 est en recherche. Tout cela n’aboutira pas avant 2 ans et ne sera éventuellement financé et réalisé qu’en 5 ou 6 ans. C’est un leurre de croire que Florange attendra, Florange sera mort avant. Et Mittal jouera aussi les malfaisants dans ses autres sites et ses 20 000 emplois. Voilà pourquoi il faut nationaliser. Maintenant.
La nationalisation est devenue le seul moyen, en la circonstance, de reprendre la main sur le dossier et de sauver à la fois l’emploi et la filière acier. Nationalisation n’est pas « contraire à l’air du temps », ce n’est pas un « gros mot » encore moins un « mauvais signe » : c’est au contraire une orientation positive, à la fois une sanction, un sauvetage, une nécessité et un exemple ! Il y a une majorité d’idées dans notre pays pour une telle nationalisation, nos concitoyens veulent un état volontaire.


Pour une économie mixte !

Soyons clairs, il ne s’agit pas d’une nationalisation « temporaire » superficielle sorte de tour de passe-passe, visant à nationaliser les pertes et à privatiser ensuite les profits lorsqu’ils seront de retour…Cela doit entrer dans une grande politique, dans un grand plan de redéveloppement de l’économie contre le marasme destructeur qu’impose la finance. Par exemple, il faut inclure Pétroplus dans cette même démarche. De même qu’on a besoin d’acier, on a besoin de raffineries (et d’aluminium) : hors de question de désertifier la France au nom des « ratios » exigés par les banques ! S’il n’y a « besoin » à court terme que de 11000 tonnes d’acier au lieu de 19 000 tonnes hier, demain il n’y en aura pas assez ! Ca vaut le coup d’y placer 1 milliard. De même Pétroplus est irremplaçable et si les spéculateurs versatiles sont défaillants là aussi, le rôle d’un état volontaire c’est d’y faire face de façon durable. C’est l’avenir qui se joue là.

Rappelons que la « déclaration de principe fondamentale » rédigée, discutée, approuvée par le PS sous l’égide de François Hollande en 2008, prônait « une économie mixte ». Nous sommes pour une économie mixte ! Et des nationalisations peuvent être des « modalités » mais aussi des « finalités » car il faut rebâtir un grand périmètre de secteur public cohérent pour protéger, faire vivre l’industrie, l’énergie, un grand pôle financier public, les transports, les communications, les équipements essentiels, la protection sociale, la santé, l’école…

Louvoyer à la godille, sans donner de satisfaction aboutit à ce que la déception se transforme en abstention. Dans les 3 circonscriptions où il y a eu des élections partielles le 9 décembre, même si elles sont différentes, il y a eu le même mouvement : mobilisation à droite, abstention à gauche ! Nous citerons Jean Christophe Cambadelis : « Ce sont des résultats médiocres pour le Parti Socialiste. En baisse voir éliminé, il n’y a pas de quoi pavoiser. Le PS est averti : si il ne donne pas le sens de son action, si il n’indique pas où il va, s’il ne dessine pas dans la crise le modèle de la société de demain, s’il ne martèle pas que la France a pris des retards à cause de la droite qui ne s’est occupé que de libéraliser le marché, nous aurons d’autres déconvenues. Le risque pour le Parti Socialiste c’est d’être zappé ».

Nous ne voulons pas que la gauche soit « zappée » ! Nous soutenons le gouvernement de gauche de toutes nos forces pour qu’il réussisse. Si François Hollande et Jean-Marc Ayrault perdent, ce sera toute la gauche qui perdra. Ce ne sera pas une « autre gauche » qui gagnera !
Alors il faut mettre les bouchées doubles pour gagner la bataille d’idées et l’unité de toute la gauche…à gauche. D&S s’y emploie avec la motion 3

« Le Redressement productif, une priorité pour le Gouvernement » résolution de la Fédération PS d’Indre et Loire

Le Redressement productif, une priorité pour le Gouvernement
Résolution adoptée à l’unanimité par le Conseil fédéral d’Indre-et-Loire du 13/12/2012

François Hollande a annoncé que le redressement dans la justice serait le maître mot de son mandat.
Le redressement productif doit être une priorité pour le Gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

Les « plans sociaux » et les fermetures d’usines se multiplient. Nombre de décisions, différées après les présidentielles, sont les conséquences de dix ans de politique de droite conduisant à la désindustrialisation du pays.

Face à l’urgence de la situation, face au risque majeur de désertification économique de régions entières, face à la nécessité absolue de sauvegarder notre outil industriel et notre savoir-faire, pour être prêt le moment venu à participer à la reprise de l’activité, NOUS DEVONS REAGIR !

Les militants socialistes doivent être à l’offensive sur les questions de l’emploi, première préoccupation des français.

La solidarité avec les salariés ne doit pas se limiter à des paroles et à des aides : les salariés de notre pays doivent savoir que la puissance publique s’engagera pour la sauvegarde de l’emploi, défendra les secteurs clefs de l’industrie et s’engagera sur sa mutation et sa modernisation.

Pour mettre en œuvre cette stratégie, nous devons au plus vite nous mobiliser pour adopter des mesures législatives qui prévoient :

*L’obligation de reprise lorsqu’un repreneur crédible existe.

*L’interdiction des licenciements boursiers, sur le modèle de la proposition de loi débattue par la majorité sénatoriale au 1er semestre 2012.

*La modernisation et la consolidation des SCOP (droit de priorité pour la reprise par les salariés … ex: les FRALIB et leur projet de SCOP).

*Des nationalisations, fussent-elles provisoires : ARCELOR nous semble s’inscrire dans cette démarche qui doit s’accompagner d’une réflexion stratégique sur l’avenir de la filière acier en France et d’un soutien fort à la recherche visant aux avancées technologiques dans ce domaine.

*La mobilisation urgente des fonds publics à travers la Banque Publique d’Investissement.

La Fédération d’Indre-et-Loire demande au Parti Socialiste d’engager une vaste campagne de mobilisation pour faire du redressement productif une priorité lisible de l’action gouvernementale

(après la morion votée par la fédération des Pyrénées atlantiques, nous savons que d’autres positions du même type se discutent dans les fédérations du Parti socialiste)

D&S, la revue qui lutte depuis 20 ans au coeur de la gauche, n° 200 : venez avec nous débattre et faire la fête samedi 15 décembre de 14 h à 2 h

La revue D&S fête son numéro 200 et de ses 20 ans
20 ans de luttes sociales, 20 ans de gauche socialiste

Après les succès de la gauche socialiste au congrès de Toulouse
venez débattre avec D&S et préparez la suite pour les luttes sociales, pour l’unité de toute la gauche

La séquence du Congrès de Toulouse n’a pas clos les débats.
La « motion 6″ (le rapport Gallois) est fort contestée.
Pas d’austérité, haussez les salaires pour la relance. Contrôle des licenciements. Nationalisation de Florange et Pétroplus ! La priorité n’est pas de pas rembourser les banquiers mais d’investir contre le chômage. Redistribuer les richesses maintenant ! reconstruire le code du travail.
« Avec le social au coeur » – Pour que vive la motion 3 dans la durée, venez débattre avec nous

Samedi 15 décembre 2012 de 14 h à 2 h du matin,
débats, apéritif, spectacle, repas, fête

13h : accueil & buffet « sur le pouce » :
14h15 à 16h15 : Premier débat : « l’Europe, la dette, l’austérité »
avec Francois Ruffin, Jean-Claude Chailley, Julien Guérin

16h30 à 19h00 : Second débat : « La gauche dans tous ses états »
avec Francis Parny (PCF) David Cormant (EELV) Sandra Demarcq (NPA) Emmanuel Maurel (PS), Pouria Amirsahi (PS)

19h00 à 20h00 : apéritif des 20 ans

20h00 à 20h30 : spectacle : « Résistance »

A partir de 21 h 45 : repas collectif, festif, musique et surprises. Fin à 2 h du matin
Le lieu : 190 Bvd de Charonne à Paris à « Confluences » M° Philippe Auguste
La participation : de 10 à 20 euros collectés à l’entrée (et lors des inscriptions)

Inscrivez-vous pour le repas du soir en allant sur le site D&S, il suffit de cliquez…