Editorial de la revue D&S n°198. D&S n°199 est en bouclage.Venez fêter avec nous le n°200, les 20 ans de D&S, le samedi 15 décembre à Paris

Bien sûr, notre gouvernement de gauche ne peut pas tout régler en 4 mois. Il faut du temps. Mais pas trop non plus car il y a des urgences. Et nous sentons tous l’opinion qui décolle et s’impatiente. On ne peut pas lui demander d’attendre 60 mois. Sinon on perdra avant, dés 2014, et ce seront UMP et FN qui reviendront !
Il y a 8,6 millions de pauvres en dessous de 900 euros, 440 000 de plus entre 2009 et 2010. Il y a 5 millions de chômeurs. Les licenciements continuent et les salaires sont bloqués. Ca ne peut durer.
Nous voulons, de toutes nos forces, la réussite de notre gouvernement et du président Hollande. Mais encore faut-il, pour cela, se mêler des débats et choix quotidiens de nos ministres et de Jean-Marc Ayrault. Discuter hier des « 60 propositions », c’était utile mais c’est encore plus nécessaire maintenant qu’on est passé aux travaux pratiques. Car tout se joue, jour après jour, c’est maintenant que le parti socialiste doit peser collectivement et relayer les attentes des salariés auprès du gouvernement. C’est ce congrès de Toulouse qui est historique, le prochain, dans 3 ans, il sera trop tard !
Pourquoi concéder confusément au patronat qu’il y a problème sur le prétendu « coût du travail » ? Le travail n’est pas un coût, c’est LA richesse collective. Les salaires ne sont pas trop élevés, c’est le capital qui coûte trop cher ! Puisqu’ils exigent des « équilibres budgétaires » que patrons et actionnaires donnent l’exemple : le bon « choc de compétitivité », c’est de baisser les dividendes.
Pourquoi ne pas aller plus vite dans le contrôle des licenciements et des plans sociaux ? Florange, PSA, Pétroplus, Doux, Sanofi ne peuvent attendre, c’est MAINTENANT LE CHANGEMENT pour ces salariés aussi.
Pourquoi ne pas renforcer le droit du travail contre les précarités et fraudes aux heures supplémentaires ? Ca ne coûte pas cher, et ça fait du bien aux 18 millions de salariés concernés ! Il y a un milliard d’heures supp’ non majorées, non déclarées, c’est l’équivalent de 600 000 emplois. La « flexibilité » c’est de la foutaise, il y en a bien trop, et de toute façon, ça nuit à la compétitivité : ceux qui produisent le plus ce sont les salariés bien formés, bien traités et bien payés ! Il faut travailler mieux, moins tous pour gagner plus.
C’est positif, dans le budget 2013, de reprendre 35 milliards aux riches et au CAC 4O, mais Sarkozy leur avait fait 110 milliards de cadeaux de baisse d’impôts. Pourquoi ne pas, puisqu’il y a urgence, reprendre plus vite et plus fort ? Pourquoi ne pas en revenir au taux d’imposition de Lionel Jospin de 1999 ? (s’il avait été maintenu jusqu’en 2009, il n’y aurait pas eu de déficit ni de dette pendant 10 ans).
Pourquoi se fixer le taux de déficit à 3 % en 2013 et à 0,5 % en 2017 avec une croissance faiblarde ? C’est « absurde ». Même à Bruxelles ils comprennent que l‘austérité nuit : la Grèce après 9 plans de destruction sociale a vu sa dette s’élever de 100 points du PIB… à 170 points du PIB. Pourquoi chercherions nous à être, dans cette mauvaise voie, les meilleurs élèves de la classe alors même que les professeurs doutent du programme ? Jamais l’Espagne, l’Italie, le Portugal ne paieront leurs dettes, pourquoi faire semblant ? La BCE doit prêter directement aux états sans condition antisociale.
Notre priorité ne doit pas être de rembourser la dette aux usuriers banquiers privés mais d’investir pour faire reculer le chômage de masse. Il faut augmenter les salaires MAINTENANT pour faire la relance et repousser toute austérité. C’est le bon choix pour la réussite du gouvernement, bon pour les salariés, la gauche, et bon pour le pays.
C’est ce que la motion 3 a défendu au congrès de Toulouse. #quevivelamotion3

Chers camarades, le samedi 15 décembre, il y aura colloque, table ronde, débats, spectacle, apéro, repas collectif, musique, fête, de 14 h à 2 h du matin, inscrivez-vous maintenant par mel à « D&S ». La salle ne contient que 120/130 places, cela ne coûtera que de 10 euros à 20 euros par personne selon vos moyens. Ce sera à Paris à « Confluences » 190 Bvd de Charonne, M° Philippe Auguste. En vous inscrivant précisez si vous avez besoin de logements.

14 novembre : appel à l’action dans toute l’Europe par la Confédération européenne des syndicats (CES) contre les politiques d’austérité

Le 14 novembre, la Confédération européenne des syndicats (CES) organise une journée d’action contre les politiques d’austérité en Europe et leurs conséquences dramatiques pour les salariés européens. Des grèves, des manifestations auront lieu dans toute l’Europe. En Grèce, au Portugal, en Espagne, cela prendra la forme d’une grève générale. La CES déclare avec raison s’opposer « fermement aux mesures d’austérité qui font plonger l’Europe dans la stagnation économique, la récession, et le démantèlement du modèle social européen. Ces mesures, loin de rétablir la confiance, ne font qu’aggraver les déséquilibres et créer des injustices ».
Les organisations syndicales françaises CFDT, CGT, FSU, Solidaires, Unsa ont décidé de s’inscrire dans le cadre de cette journée de la CES.
Comme le disent les 5 organisations syndicales françaises, « les traitements de choc infligés aux travailleurs notamment en Grèce, en Espagne et au Portugal, montrent l’impasse de politiques qui conduisent à la destruction des droits sociaux ». Plus que jamais des mesures doivent être prises au plan européen pour une lutte effective contre le dumping social et fiscal. Il faut soutenir l’action de la CES et de ses membres qui mettent en avant la nécessité d’un « contrat social pour l’Europe ».
L’action au plan européen doit se mener de pair avec l’action au plan national. Des interrogations se font jour à gauche et dans le mouvement syndical : le gouvernement n’est-il pas plus à l’écoute du patronat que des salariés ?
Comme le dit la motion 3 (Maintenant la gauche ! Le social au cœur ! ), ce pacte « nécessite une concertation avec les partenaires sociaux, et un débat approfondi avec l’ensemble des forces de gauche. Ce qui vaut pour la loi contre les licenciements boursiers, retardée pour laisser la place à une négociation sociale, doit aussi valoir pour le plan de compétitivité ».
Seule la pression sociale des salariés sera à même de mettre en échec la pression patronale !

14 questions/14 réponses sur le « Pacte de compétitivité »

Le projet de « pacte de compétitivité » présenté par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault s’il s’applique, marquera un tournant dans la politique de notre gouvernement.
Ce « pacte » accorde une réduction (annuelle à partir de 2015) de 20 milliards d’euros au patronat sans y mettre la moindre condition.
Notre parti, le Parti socialiste, doit prendre toute la mesure de ce tournant.
Il doit peser de tout son poids pour que nos parlementaires limitent, au maximum, les dégâts de ce « pacte » en fixant au patronat des conditions précises en termes d’investissements productifs et d’emplois.
Pour agir, il faut d’abord analyser les faits, les projets. C’est ce que ces 14 questions/réponses sur le pacte de compétitivité essaient de faire.

1- Qu’est-ce que le « pacte de compétitivité » ?
Ce « pacte » consiste en un allégement de 20 milliards d’euros du « coût du travail » pour les entreprises. Cet allégement du « coût du travail » n’est pas un allégement ponctuel mais un allégement permanent de 20 milliards d’euros à partir de 2015. Sa montée en charge sera progressive : 10 milliards d’euros en 2013 ; 15 milliards en 2014 ; 20 milliards en 2015 et les années suivantes.
Cet allégement du « coût du travail » prendra la forme d’un crédit d’impôt c’est-à-dire d’une réduction d’impôt pouvant donner lieu à un remboursement. Ce crédit d’impôt concernera soit l’Impôt sur les Sociétés, soit l’Impôt sur le revenu payé par un employeur. Ce crédit sera proportionnel à la masse salariale d’une entreprise pour les salaires jusqu’à 2,5 fois le Smic. C’est une nouvelle niche fiscale au profit des entreprises qui est ainsi créée.

2- C’est un « pacte » entre qui et qui ?
C’est un « pacte » entre le gouvernement d’un côté et personne de l’autre. Le patronat n’a signé aucun engagement. Les syndicats seront simplement « consultés ». Une consultation n’est pas une négociation : si les syndicats ne sont pas d’accord, le gouvernement n’a aucune obligation de changer son projet de loi.

3- Pourquoi le Medef a-t-il approuvé le « pacte » ?
Laurence Parisot s’est félicitée que le gouvernement ait entendu « son message ». Elle a affirmé : « Nous pensons très clairement que les principes énoncés par le gouvernement vont dans la bonne direction ». Il n’y a rien d’étonnant à ce satisfecit puisque le projet du gouvernement reprend à son compte le projet du Medef d’une importante « diminution du coût du travail ».
Le Medef, cependant en demande toujours plus. Le gouvernement lui a donné une main, il demande le bras et exige maintenant des « réformes structurelles » visant à « flexibiliser », c’est-à-dire à précariser toujours plus le travail.

4- Qui va payer ?
Le salariat, de deux façons. D’abord, par une augmentation de la TVA (près de 7 milliards d’augmentation sur les 20 milliards d’euros annuels accordés au patronat. C’est l’impôt le plus injuste car il frappe proportionnellement beaucoup plus durement les ménages qui sont obligés de dépenser tout ce qu’ils gagnent pour finir le mois que ceux qui peuvent épargner une partie de leurs revenus. La taxe « écologique » dont nul ne connaît l’assiette ou le taux – mais qui ne touchera pas les entreprises…- ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt.
Ensuite, par la réduction des dépenses publiques, pour 10 milliards d’euro. Le site du Ministère de l’Economie précise que ces réductions toucheront « l’Etat, les collectivités locales, la protection sociale ». Mais quand on réduit ces dépense, ce sont les plus démunis qui sont les plus touchés : ils ne peuvent pas payer des services privés, que ce soit les transports ou les assurances santé complémentaires.

5- Est-ce un retour de la TVA « sociale » ?
Cela se présente différemment. Mais in fine oui hélas. La différence n’est pas qualitative mais quantitative. Sarkozy avait augmenté la TVA de 1,4 point. Le parlement de gauche avait, fièrement, abrogé cette loi. Le « pacte de compétitivité » remet en place la TVA « sociale » en augmentant la TVA pour financer un allégement du « coût du travail ». François Hollande s’était pourtant, très fermement et très justement, opposé à la TVA « sociale » lorsqu’il était candidat à la présidence de la République.
Le taux de la TVA à 19,6 % augmentera de 0,4 points pour atteindre 20 %. Celui de TVA intermédiaire sera porté de 7 % à 10 % Le taux réduit, celui qui porte sur les « produits de première nécessité », sera ramené de 5,5 % à 5 %. Mais là encore, l’arbre ne doit pas cacher la forêt, la TVA, l’impôt que le Parti Socialiste a toujours considéré comme l’impôt le plus injuste augmentera globalement de près de 7 milliards d’euros par an.

6- A quelles contreparties le patronat s’est-il engagé ?
Le patronat ne s’est engagé à rien, strictement à rien, en contrepartie des 20 milliards de réduction d’impôt annuel qui lui seront accordés. La suggestion d’Arnaud Montebourg de conditionner la baisse du « coût du travail » à l’obligation de réaliser des investissements productifs n’a pas été retenue. La participation de représentants de salariés aux Conseils d’administration des grands groupes est entièrement à négocier. La cogestion allemande n’avait, de toute façon, pas évité au salariat allemand l’énorme régression que lui avaient imposés, au début des années 2000, les lois « Hartz I à IV » du Chancelier du SPD, Gérard Schröder.
Les 20 milliards d’euros de réduction d’impôt pourront parfaitement aller à la distribution de dividendes pour les actionnaires. Les entreprises pourront continuer à délocaliser et profiter du « crédit d’impôt ». Malgré la pratique continue du patronat sur ces question, le « pacte de compétitivité» lui accorde une entière confiance.

7- Le « pacte de compétitivité » peut-il créer 300 000 emplois à l’horizon 2017 ?

La « politique de l’offre », c’est-à-dire la politique de baisse du « coût du travail », sous la forme de la réduction des cotisations sociale patronales, a été appliquée par la droite avec constance depuis 10 ans. Elle n’a jamais créé un seul emploi, au contraire puisque le nombre des demandeurs d’emplois, entre 2002 et 2012, a augmenté de 1 million en France. La Cour des comptes a toujours contesté que ces dizaines de milliards versés en guise d’assistanat au patronat avaient créé des emplois.
Pourquoi le « pacte de compétitivité » qui n’est qu’une variante, juste un peu différente, de cette « politique de l’offre », aurait-il des effets différents ?
Avec le « pacte de compétitivité » c’est cette « politique de l’offre » qui continue. C’est le « théorème » d’Helmut Schmidt (le chancelier de la RFA) du milieu des années 1970 qui ressort du placard. Ce « théorème » affirmait : « Les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain ». Il a été mis en œuvre partout en Europe au début des années 1980. Les profits ont, certes, augmenté et retrouvé rapidement leur niveau d’avant la crise de 1973-1974, en faisant reculer de 10 points la part des salaires dans le partage de la richesse nationale. Mais les investissements ont stagné et le nombre des chômeurs qui s’élevait, en France, à 1 million avant cette crise atteint maintenant 5 millions, toutes catégories confondues.
Les profits des entreprises ont, avant tout, profité actionnaires dont les dividendes ont considérablement augmenté. Ces dividendes sont allés gonflés les bulles financières et immobilières qui on fini par éclater et plonger l’économe mondiale dans la crise de 2007-2009. Est-il vraiment judicieux d’accorder 20 milliards d’euros par an au patronat sans la moindre garantie qu’ils n’iront pas gonfler de nouvelles bulles ?

8- La compétitivité d’une économie se limite-t-elle au prix d’un produit ou d’un service ?
Non. La compétitivité « hors coût » est, elle aussi, très importante. Cette compétitivité passe par les infrastructures, les transports, l’enseignement, les services publics.
Cette compétitivité est liée, également, aux investissements de recherche et développement réalisés par les entreprises. Et, de ce point de vue, notre pays est très en retard sur l’Allemagne. En 2010, les entreprises allemandes ont consacré 31 milliards d’euro à la recherche-développement, les entreprises françaises seulement 15 milliards. Entre 2001 et 2010, trois fois plus de brevets ont été déposés en Allemagne qu’en France
Les grandes sociétés françaises ont fait le choix d’augmenter la distribution de dividendes plutôt que d’augmenter la recherche-développement. Cette dernière s’élevait à 42 % des dividendes versés en 1992 et seulement à 25 % en 2010. Comment s’étonner, dans ces conditions, du manque de compétitivité de l’économie française ? L’Allemagne fonde aussi une partie de son succès industriel sur l’association entre les banques d’un land et les entreprises locales. Le rôle accordé aux Régions dans la Banque publique d’investissement ne semble pas avoir vraiment pris en compte cette cause du succès de l’industrie allemande.

9- Pourquoi le « Pacte de compétitivité » ne parle-t-il pas du coût du capital ?

C’est difficile à comprendre. Le prix d’un produit ne se limite pas au « cout du travail ». Le coût du capital rentre aussi, bien évidemment, dans le coût d’un produit. Et, le coût du capital a considérablement augmenté. En 1980, le total net des sommes versé aux actionnaires des sociétés françaises s’élevait à 3,2 % du PIB. Ce total était de 9,3 % en 2010. Entre 1999 et 2010, ce montant est passé de 5,6 % du PIB à 9,3 %. 9,3 % du PIB, cela représente 180 milliards d’euros pour la seule année 2010.
Si le patronat veut être compétitif, comme il l’affirme à cors et à cris, il lui suffit de diminuer le montant des dividendes versés aux actionnaires pour diminuer le coût des produits ou des services. S’il ne le fait pas c’est parce que, en réalité, sous la soi-disant recherche de compétitivité c’est un objectif (que le patronat n’ose pas avouer) qui se dissimule : celui de la rentabilité des entreprises. C’est cette rentabilité qui permet aux sociétés françaises de continuer à verser des dividendes aux actionnaires alors que la crise oblige les salariés à se serrer la ceinture.
Au cours des 10 dernières années, PSA a versé 6 milliards de dividendes à ses actionnaires, sous forme de rachats d’actions ou de versements directs. Ces 6 milliards représentent 3 125 euros bruts mensuels pendant 20 ans pour les 8 000 salariés que PSA prétend licencier pour améliorer sa « compétitivité ». Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault accepte de verser 7 milliards d’euros pour éviter à la banque de PSA (PSA Finance) de faire faillite. Ces 7 milliards représentent 3 125 euros bruts par mois pendant 20 ans pour 9 500 des salariés des entreprises de sous-traitance de PSA qui vont se retrouver sans emploi.

10- Pourquoi le « Pacte de compétitivité » ne parle-t-il pas du coût de l’euro cher ?

C’est tout aussi difficile à comprendre. La valeur de l’euro par rapport au dollar a été revalorisée de 78 % entre 2002 et 2008. Cela signifie que pour les exportations françaises, hors de la zone euro, les prix ont presque doublés ! Comment dans ces conditions les produits libellés en euros pouvaient-ils rester compétitifs ? L’Allemagne est moins touchés parce qu’elle se situe dans des secteurs de produits « haut de gamme » moins sensible à la hausse des prix.

11- Existe-t-il un problème du « coût du travail » en France ?
Non. Selon l’INSEE, en 2011, le « coût du travail » (salaires directs + cotisations sociales) dans l’industrie était à peu prés le même en France (35,91 euros de l’heure) qu’en Allemagne (35,41 euros).
Le projet de « pacte de compétitivité » ne tient aucun compte du rapport du Haut conseil du financement de la protection sociale. Ce rapport avait pourtant été demandé par notre gouvernement en même temps que le rapport Galois. Il constate que le coût du salaire dans l’industrie a évolué, en France entre 1996 et 2011, comme le salaire médian dans l’Union européenne. Il précise : « C’est l’Allemagne qui a suivi une évolution atypique en Europe, notamment entre 2003 et 2006 ». L’Allemagne a mené entre 2003 et 2006 une politique de « dumping salarial » en bloquant brutalement l’augmentation des salaires.

12- En quoi baisser le coût du travail dans la grande distribution pourrait-il contribuer à rendre l’industrie plus compétitive ?
Le « pacte de compétitivité » permettra à toutes les entreprises de bénéficier d’une réduction d’impôt qu’elles soient dans le secteur tertiaire ou dans celui des services.
Le « pacte de compétitivité » permettra donc à la grande distribution de bénéficier de ce « crédit d’impôt » puisque la quasi-totalité des salariés de ce secteur sont payés en dessous de 2,5 Smic. Comment croire que les prix des salaires de la grande distribution entre dans le prix d’un produit industriel ? C’est en réalité une prime qui est accordée à un secteur où sévissent la précarité et le temps partiel imposé.

13- Diminuer la demande salariale, n’est-ce pas prendre le risque d’une récession ?
Oui, c’est prendre ce risque. Il suffit pour cela d’être réaliste et d’oser regarder en face la réalité qui nous entoure. La politique de diminution de la demande salariale a échoué partout en Europe.
Partout où les Etats appliquent cette politique de diminution de la demande salariale, ce n’est pas la croissance qui est au rendez-vous, mais la récession ou (au mieux) la stagnation de l’économie. C’est le cas notamment de la Grèce, du Portugal, de l’Italie et de l’Espagne que l’Union européenne a contraint à adopter de telles politiques. Les derniers chiffres de l’institut officiel de statistiques de l’Union européenne (baisse du taux de croissance du PIB entre le 2ème trimestre 2011 et le 2ème trimestre 2012) indiquent clairement l’ampleur des dégâts : – 6 % pour la Grèce ; – 3,3 % pour le Portugal ; – 2,5 % pour l’Italie ; – 1 % pour l’Espagne.
La France et même l’Allemagne sont touchées. La Commission européenne ne prévoit qu’une croissance de 0,4 % pour la France en 2013 et 0,8 % pour l’Allemagne. Ces chiffres sont terribles. Il n’est possible de commencer à créer des emplois qu’avec une croissance d’au moins 1,5 % en France : une croissance de 0,4 % annonce une perte supplémentaire de centaines de milliers d’emplois.
Cette politique est d’autant plus redoutable que non seulement la demande intérieure de chaque pays européen mais qu’il en va de même pour leur demande extérieure. 70 % des échanges de la zone euro se font à l’intérieur de la zone euro et les politiques de baisse de la demande salariale y sont simultanées. L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) met en garde contre cette simultanéité des politiques de rigueur. Pour cet observatoire, une politique restrictive généralisée à l’ensemble des grands pays européens entraînerait une récession sévère : – 1,4 % en Allemagne ; – 3 % en France (comme en 2009) ;- 3,7 % en Italie ; – 3,2 % en Italie.
Il serait nécessaire, au contraire, de relancer massivement la consommation salariale. C’est ce que le gouvernement de Jean-Marc Ayrault avait commencé à faire mais le « pacte de compétitivité » tourne le dos à cette politique et met le doigt dans un engrenage très dangereux.

14- Peut-il y avoir 17 « Allemagne » en Europe ?
Vouloir créer 17 « Allemagne » comme le prétend Angela Merkel n’a aucun sens. Si l’Allemagne a aujourd’hui un important excédent commercial c’est parce que d’autres pays européens (dont la France et les pays du sud de l’Europe) connaissent un déficit tout aussi important. Dans une zone où 70 % des échanges sont intercommunautaires, prôner la compétitivité des uns se fait forcément aux dépens des autres.
C’est une Europe plus solidaire, à l’inverse de ce que préconise Merkel qui permettra de sortir l’Union européenne de son marasme. Il faudrait pour cela non seulement un pacte de croissance digne de ce nom mais instaurer (par étapes) un salaire minimum européen pour en finir avec le dumping social auquel s’est livré l’Allemagne entre 2000 et 2005. A chaque élection européenne, notre parti fixe cette perspective mais l’oublie malheureusement aussitôt après.
L’Allemagne, de surcroît, n’est nullement un modèle. C’est un désastre social pour des millions de salariés. Le faible taux de chômage s’explique surtout par le fait que l’Allemagne manque cruellement de jeunes. Les lois Hartz I, II, II et IV, votées de 2003 à 2006, ont fait de l’économie allemande une économie duale où coexistent un secteur industriel avec des salariés relativement bien payés et un secteur des services où foisonnent les emplois à temps partiel imposés, les emplois précaires et où ¼ des salariés sont des salariés à 400 euros.

Jean-Jacques Chavigné

Sine la vie : « mourir plutôt crever ! »

NOUVELLES DU FRONT N° 12 2 novembre 12
Ma tendre et très chère épouse, directrice de la publication de Siné Mensuel, a reçu, la veille de la fête des Morts (salut les copains !), un coup de grelot qui l’a mise en joie, de l’assistante de Nicolas Poincaré. Elle lui demandait si je pouvais parler de « mon combat » dans le 18-20 h d’Europe 1, qu’il anime.
Je vois d’ici le sourire de ma dulcinée lui répondant poliment (ce que je n’aurais jamais réussi à faire si j’avais décroché moi-même) :
« Je pense que oui, mais pas avant que votre patron ne lui présente des excuses publiques, et ne fasse état des trois procès qu’il a gagnés contre la Licra, et dont il n’a jamais parlé.
– Hein… quoi… de quoi parlez-vous ? Je n’étais pas là en 2008, je ne connais pas “l’affaire Siné“. »
Cette anecdote authentique risque de vous laisser incrédules, mais je vous la garantis scrupuleusement exacte.
C’est au cours de son émission du 8 juillet 2008, « On refait le monde », sur RTL que Nicolas Poincaré céda le micro à l’un de ses invités, Claude Askolovitch, qui claironna tenir un scoop :
« Ce que je vais vous dire est très grave : mon vieil ami Philippe Val, patron de l’excellente revue satirique Charlie Hebdo, appréciée de tous pour son humour décapant, m’a annoncé : “ Ça y est, je viens enfin de me décider à virer Siné, à cause d’un article antisémite qu’il a écrit. Dans sa chronique de la semaine dernière, il annonçait une conversion de Jean Sarkozy au judaïsme, afin de pouvoir épouser l’héritière milliardaire, juive, de l’empire Darty, laissant ainsi entendre que tous les Juifs sont riches, vieille antienne antisémite . Impossible de garder une telle “ ordure “ dans mon journal où règne une liberté d’expression totale, mais qui a toujours pris soin de ne pas inciter à la haine raciale. »
S’ensuivit un tollé général, et Nicolas Poincaré ne fut pas le dernier à attiser le feu. Le 9 juillet, dans la même émission, il en rajouta une couche en déclarant : « Je confirme, Siné est bien antisémite !
L’assistante écouta, muette, ma femme, puis émit un: « En effet, je comprends. » Elle prit son numéro de portable afin que Nicolas Poincaré puisse la rappeler. Depuis, Catherine attend toujours.
Parler de mon cancer, ça lui va, c’est bon pour l’audience ! Nous faire des excuses, évoquer mes procès gagnés, faire son boulot de journaliste, rien de tout cela ne lui vient à l’esprit.
C’est en juillet 2008, en Normandie, en villégiature dans la maison de ma fille, que j’entendis, abasourdi, ces propos sur les ondes. Je ne pus en croire mes oreilles.
Je déclenchai alors l’alerte rouge et une bagarre épique commença, filmée d’un bout à l’autre par ma fille et toujours pas terminée.
Charb, en digne successeur de Val, continue sur la lancée. Il a fait appel d’une décision en ma faveur, pour ne pas me régler les indemnités que la justice m’a accordées ! Le comble étant qu’il me réclame des sommes astronomiques en tant que « dommages et intérêts » par l’intermédiaire de son avocat ! J’ai déjà investi plus de 95 000 euros dans toutes ces procédures ! Je suis sur la paille, mais plus déterminé que jamais à faire mordre la poussière à tous ces fils de pute.
Je reviens plus en détail sur toute cette affaire dans Siné Mensuel de ce mois-ci
Je compte sur vous pour diffuser tous azimuts ce texte afin de les confondre et de leur nuire autant qu’ils m’ont fait souffrir.
J’ai la rancune tenace et ma femme encore plus
Venceremos !

Pas touche à Martine Aubry : le scandale nouveau dans le désamiantage c’est AUJOURD’HUI, pas il y a 30 ans

L’INRS (Institut de recherche pour la sécurité) a mis au point en 2010 un nouveau recensement des poussières d’amiante par le système META (« microscopie électronique à transmission analytique »). C’est une découverte tout à fait nouvelle et spectaculaire qui change tout pour les ouvriers des chantiers de désamiantage.
Car l’étude rendue publique en août 2011, révèle des FFA (fibres fines d’amiante) et FCA (fibres courtes d’amiante) fortement cancérogènes, non détectées jusque-là. On y apprend que depuis 1996, les désamianteurs sont restés soumis à des poussières hors de toute valeur limite d’exposition (de 6000 à 25 000 fibres par litre) avec des équipements, des procédures, des contrôles qui ne les protégeaient pas !
Croyez-vous que le ministère du travail sarkozyste s’est précipité devant ce nouveau danger mortel ? Non : il a fallu attendre le 23 novembre 2011 pour qu’une note du DGT (directeur général du travail) Combrexelle prenne acte de ces « niveaux d’empoussièrement d’une ampleur inattendue » (sic). Depuis, une cascade de circulaires en ont « ouvert le parapluie » entre le directeur régional d’Ile de France, le directeur de Paris, pour prendre des mesures « transitoires » visant à limiter l’action… des agents de l’inspection du travail. Il leur est demandé… de ne plus faire de contrôles car ils sont trop risqués !
Mais quid des salariés demanderez-vous ? Eux, ils continuent pendant ce temps-là ! Le DGT a publié un nouveau décret applicable d’ici… le 1er juillet 2015 pour abaisser la valeur limite d’exposition permise de 100 fibres par litre à 10 fibres par litre… Combrexelle a expliqué dans Le Monde du 15 mars 2012 que « les entreprises n’étaient pas prêtes » Ce qui signifie que les ouvriers, eux, doivent rester prêts à mourir. Il faudra attendre 2015 pour que des mesures soient prises face au nouveau et terrible danger constaté ! Combien de victimes d’ici là ? Seul un moratoire s’impose pour protéger des milliers d’ouvriers du risque mortel. C’est de ça qu’il faudrait discuter, et vite, sous la direction du nouveau ministre Michel Sapin – qui n’a pas encore « viré » Combrexelle.
Un moratoire a été demandé, par Alain Vidalies, de l’équipe du candidat Hollande, le 2 mars 2012. Un moratoire, forcément, ça fait râler les gros pontes du bâtiment, ils vont encore pleurer misère, mais ils n’ont qu’à aller plus vite pour mettre en place de nouvelles protections, trop de vies sont en jeu. Et ceux qui n’agissent pas, au niveau de la DGT et du patronat sont et seront responsables et devront être envoyés devant les tribunaux. Une action de « classe » devrait être mise en œuvre pour permettre aux victimes et aux familles de se porter partie civile en urgence.

Mais qu’à t on à la stupéfaction générale ? Une mise en examen… de Martine Aubry pour ce qui n’aurait pas été fait par les ministres de 1984 à 1987… Ce n’est pas sérieux. Qu’une juge essaie de faire son travail pour traiter tout le dossier depuis les origines, c’est sans doute positif car la nocivité de l’amiante est connue depuis 1906 et le lobby de l’amiante a tout fait (et continue a faire au Canada et en Chine) pour étouffer les effets terribles de son produit… Mais « en opportunité » comme on dit, c’est une diversion choquante, incroyable, que de s’en prendre à Martine Aubry pour absence supposée d’action… il y a 30 ans ! Alors qu’aucun juge ne s’empare du dossier quotidien, urgent de la mise en danger d’autrui dans les chantiers ACTUELS. Car c’est AUJOURD’HUI, chaque jour, heure par heure, que des désamianteurs contractent des asbestoses, des mésothéliomes, des cancers de la plèvre, c’est aujourd’hui qu’il faut mettre en examen les complices, le DGT Combrexelle, le patronat, qui refusent la seule mesure de sauvegarde, un MORATOIRE jusqu’à ce que des moyens de protection soient inventés, réalisés et généralisés. (lire aussi Siné mensuel octobre 2012)

Supprimer l’apprentissage à 14 ans et à 15 ans, ce n’est pas tabou !

À 15 ans, broyé dans un pétrin

Qui réparera jamais la mort de cet adolescent de 15 ans, le 15 novembre 2010 à Mulhouse, broyé dans le pétrin d’une boulangerie où il effectuait un « stage d’observation », le collégien, laissé seul, ayant eu le bras happé par la machine au moment où il se penchait au fond du pétrin pour le nettoyer ?

Ce sont MM Chirac, de Villepin, Sarkozy et l’UMP, qui, en août 2005, sous pression du Medef, rétablirent l’apprentissage à 14 ans au lieu de 16 et la possibilité, comme au XIXe siècle, pour des enfants de 15 ans, de travailler de nuit et de dimanche.
`
C’est cet apprentissage dit parfois « junior » qui a tué ce garçon de 15 ans en 2010.

Exemple : Apprenti commis cuisine

Reportage l’autre jour au journal télévisé sur la formation des jeunes commis cuisine. Des patrons s’y plaignaient de ne pas trouver assez de jeunes vocations, il y aurait 20 000 emplois vacants en dépit de l’apprentissage.
Souvenir de permanence de l’inspection du travail : un ouvrier du bâtiment, d’origine algérienne, était venu avec son fils. Agé et usé, le visage buriné par le travail de manoeuvre qui avait été le sien au moins quarante années durant, il regardait autour de lui, comme s'il était en un lieu où il ne devait pas être. Il avait mis sa plus belle veste. Ses mains tremblaient. Il semblait ne pas oser dire la raison pour laquelle il accompagnait son fils. Comme si c'était incongru. L’enfant, Ahmed, était frêle et beau, juste à l’âge où il hésitait entre baisser le nez devant l’autorité paternelle et celui où il se redressait comme un jeune homme fier. Lui aussi avait mis une belle chemise, blanche, et semblait embarrassé.
Prenant leur courage d’un même souffle, l'enfant et le père, sans se regarder, parlèrent en même temps avec les mêmes mots : « – Il le bat » « – Il me bat ». L'enfant était apprenti, commis cuisine, dans un restaurant du IIIe arrondissement. Le gamin, quinze ans et juste un mois, était obligé par son patron de rentrer tard, parce que le patron ne le lâchait pas avant 1 h du matin parfois 2 h. « – J'ai peur pour lui quand il rentre entre 2 h et 3 h du matin, vous savez, monsieur l'Inspecteur, on habite en banlieue, à Aubervilliers, le patron ne lui donne rien pour prendre un taxi, il y a le bus de nuit, mais il est rare, il est long, Ahmed, il faut qu'il marche beaucoup, parfois, il arrive à trois heures et demie, quatre heures, moi, j'ai peur. Vous voyez, c’est pas bon, un gamin, tout juste 15 ans, qui rentre à quatre heures du matin à la maison. » Et le patron le battait, ça faisait la deuxième fois, la première parce qu'il avait fait tomber deux assiettes, la seconde parce qu'il avait renversé un plat chaud. Des gifles.
« – Ahmed, il l'a dit à son centre d'apprentissage, mais ils n'ont pas écouté. Je crois qu'ils ne le croient pas monsieur l'Inspecteur. J'ai appelé, mais je m'exprime pas bien, il faudrait faire une lettre, mais je ne sais pas bien non plus. Moi, son père, je n'ai jamais, jamais levé la main sur lui, c'est un bon garçon, vous savez… »
De quoi vomir les politiciens qui ont cru faire leur notoriété auprès du patronat en rajeunissant l'âge auquel des mômes pouvaient être livrés à pareille exploitation. Ceux qui ont restauré le travail à 14 ans au lieu de 16 ans. Et même le travail du dimanche et de nuit à partir de 15 ans. Deux jeunes sur trois ne finissent jamais leur apprentissage, pas difficile de comprendre pourquoi, la mentalité de leurs tuteurs, le plus souvent, c’est : « – J'en ai bavé quand j'étais jeune, tu dois en baver aussi. »
Au lieu de jouer aux Thénardier du XXI° siècle, il y a bien des restaurateurs qui, s’ils les payaient bien, respectaient leurs droits tout en les formant, trouveraient tout de suite 20 000 jeunes qui auraient envie de travailler chez eux.

Des entreprises privées prennent ainsi des apprentis de 15 ans dans des métiers : du maçon à l’électricien en passant par l’installateur sanitaire, l’installateur thermique, le serrurier métallier, le menuisier, le peintre applicateur de revêtement ou le solier moquettiste.

De 14 à 16 ans, il n’y a aucune rémunération, aucune formation au droit du travail, c’en est fini du « collège unique » : « En effet, il est important aujourd’hui, que le jeune comprenne la nécessité tout d’abord de respecter les compagnons et le chantier. Avant tout, un apprenti doit apprendre à bien balayer sur le lieu de travail, être délicat pendant le transport de l’ouvrage, et être vigilant au cours de l’installation. Et régulièrement je leur répète que la légitimité vient par notre parcours. » dit un patron de combat genre Thénardier.

L’apprentissage junior
Principe
Les élèves de collège voulant entrer en contact au plus tôt avec la vie active peuvent demander à accéder à une formation appelée « apprentissage junior », qui leur permet de découvrir en situation concrète plusieurs métiers différents avant de choisir définitivement leur voie
Bénéficiaires
Les élèves souhaitant intégrer une formation d’apprenti junior doivent remplir les conditions cumulatives suivantes :
être âgés de 14 ans exactement à la prochaine rentrée scolaire,
• avoir l’accord de leurs parents (ou représentants légaux).
Inscription
Les candidats doivent rechercher un centre de formation des apprentis (CFA) organisant des formations d’apprentissage junior et prendre un contact direct avec lui.
Les candidats doivent avertir de leurs démarches le principal du collège où ils sont encore scolarisés.
La formation débute à la rentrée de l’année scolaire suivante.
A savoir : pour que la demande d’inscription ait toutes les chances d’aboutir, il est recommandé d’entamer les démarches avant le conseil de classe du deuxième trimestre de l’année scolaire durant laquelle le candidat aura atteint l’âge de 14 ans.
Lieu de formation
La formation d’apprentissage junior se déroule majoritairement dans les locaux du CFA.
Les entreprises accueillant l’élève sont toutes géographiquement très proches du CFA.
Parcours d’initiation aux métiers (Pim)
Construction d’un projet personnalisé
Un bilan des connaissances et des compétences acquises durant la scolarité générale est effectué à l’entrée au CFA.
Ce bilan sert de base à l’élaboration du projet pédagogique personnalisé intégrant :
• des heures d’enseignement général,
• des heures d’enseignement technologique et pratique,
• des stages en milieu professionnel pour découvrir divers métiers dans diverses entreprises,
• des objectifs précis de débouché en fin de formation.
Désignation d’un tuteur pédagogique
Le directeur du CFA désigne au sein de son équipe pédagogique un tuteur chargé de suivre l’apprenti junior durant sa formation.
En coordination avec les autres membres de l’équipe pédagogique, le tuteur :
• organise des entretiens avec l’apprenti junior afin de procéder à des évaluations régulières de la formation,
• assure la liaison entre le CFA et les entreprises qui accueillent l’apprenti junior en stage,
• recherche tout appui susceptible de l’aider à résoudre d’éventuelles difficultés liées à sa formation ou à sa vie personnelle.
Le tuteur accompagne l’apprenti junior tout au long de sa formation.
Débouché en contrat d’apprentissage
A compter du moment où il atteint l’âge de 15 ans, l’apprenti junior peut préparer une entrée en contrat d’apprentissage .
Durée
La formation d’apprenti junior dure 2 ans.
Cependant, l »apprenti junior peut, jusqu’à ses 16 ans, mettre fin à tout moment à cette formation et reprendre une scolarité ordinaire.
Coût
La formation est gratuite.
Rémunération
Aucune rémunération de l’apprenti junior n’est prévue, sauf si un stage dans une entreprise excède une durée de 20 jours (consécutifs ou non) : dans ce cas, le stage donne lieu, à l’issue de cette période, au versement d’une gratification correspondant à 20% du SMIC ( 1,84 € par heure).

Apprentissage dans le BTP : le trio gagnant (diaporama)

Alors que les négociations sur les contrats de génération sont en bonne voie, et que les questions sur la formation et l’apprentissage ne manqueront pas de nourrir les prochains débats, nous avons choisi de faire un focus sur un schéma gagnant-gagnant : celui qui lie un CFA, un apprenti et un entrepreneur. Immersion et témoignages.
Le CCCA-BTP veut mobiliser les CFA : Artisans | Emploi et salaires BTP | Organismes et organisations professionnelles
Situé au cœur de Rueil-Malmaison dans le département des Hauts-de-Seine, le centre de formation des apprentis des métiers du bâtiment forme 478 apprentis par an de 15 à 26 ans, affilié au réseau CCCA-BTP. Parmi les anciens, figure Bruno Lelièvre, menuisier, aujourd’hui dirigeant de LB Concept, PME de 16 salariés spécialisée à Nanterre dans l’aménagement de menuiseries haut de gamme intérieures et extérieures. « Venu tout droit du CFA de Rueil-Malmaison, j’ai toujours pris pour habitude de prendre des apprentis issus de ce CFA et de les recruter ici », nous confie-t-il aux côtés de Pierre Gomez, directeur de l’établissement de formation. Et d’approfondir : « L’apprentissage demeure une étape essentielle dans le cadre de notre métier manuel. Je plaide au quotidien auprès de mes deux apprentis Jimmy et Clément trois notions fondamentales : le respect, l’autonomie et la sécurité sur le lieu de travail. En effet, il est important aujourd’hui, que le jeune comprenne la nécessité tout d’abord de respecter les compagnons et le chantier. Avant tout, un apprenti doit apprendre à bien balayer sur le lieu de travail, être délicat pendant le transport de l’ouvrage, et être vigilant au cours de l’installation. Et régulièrement je leur répète que la légitimité vient par notre parcours. »

S.C.Batiactu ©

la schlague

Pierre Gomez, directeur du CFA de Rueil-Malmaison. « Animer la petite flamme qu’ils ont en eux »
Dans un contexte où la profession de menuisier a fortement évolué depuis une vingtaine d’années, en raison de l’évolution de la technique, le patron de la PME estime l’importance d’être rigoureux avec son apprenti. « Sous ma tutelle, un jeune de 16 ans consacre 70 % de son temps dans l’entreprise et il décroche 40 % du SMIC dès la première année, poursuit Bruno Lelièvre. Je leur fais donc confiance et je ne refuse pas les élèves dits ‘difficiles’, en revanche, ils connaissent d’entrée les règles du jeu. »

A ses côtés, Pierre Gomez, le directeur du CFA reconnaît qu’ « il faut animer la petite flamme qu’ils ont en eux et les chefs d’entreprises sont fidèles pour véhiculer la notion de savoir-faire et de transmission». Aujourd’hui, l’établissement de Rueil Malmaison, l’un des cinq en Ile-de-France gérés par l’Afobat, forme huit métiers : du maçon à l’électricien en passant par l’installateur sanitaire, l’installateur thermique, le serrurier metallier, le menuisier, le peintre applicateur de revêtement ou le solier moquettiste.

Des entreprises privées prennent ainsi des apprentis de 14, 15, 16 ans « De plus, grâce au concours des 450 entreprises dont la grande majorité sont des TPE installées dans les Hauts-de-Seine, nous assurons les dispositifs d’initiation aux métiers en alternance (DIMA), à partir de 15 ans, les certificats d’aptitudes professionnelles, (CAP) de deux ans, ou une formation complémentaire d’une année et les brevets professionnels sur deux ans », rappelle Pierre Gomez.

Fort de promouvoir une orientation professionnelle « porteuse » et en réponse à certains détracteurs, il conclut : « L’apprentissage, loin d’être une voie de recours pour les jeunes qui n’ont pu trouver de réponse adaptée dans le cadre du système éducatif traditionnel, constitue un parcours de formation ouvert aux 16-25 ans offrant un projet professionnel solide et, à terme, de véritables possibilités d’évolution et d’épanouissement dans les métiers de la construction. » En effet, 80 % des apprentis formés dans le réseau CCCA-BTP trouvent un emploi dans les six mois qui suivent la fin de leur formation, avec « des rémunérations plus qu’attractives ».

En attendant Aubry et Ayrault, deux orateurs ont su sortir les militants de leur torpeur : Manuel Valls et… Gérard Filoche.

Congrès de Toulouse : le PS applaudit des deux ailes
Créé le 27-10-2012 à 11h30 – Mis à jour à 15h31 Par Nicolas Chapuis
En attendant Aubry et Ayrault, deux orateurs ont su sortir les militants de leur torpeur : Manuel Valls et… Gérard Filoche.
Mots-clés : François Hollande, ministres, Gouvernement Ayrault, Congrès du PS – Nouvel Observateur

« Je suis fier d’être ministre de Jean-Marc Ayrault », a déclaré Manuel Valls. (LIONEL BONAVENTURE/AFP)

L’applaudimètre réserve des surprises au congrès de Toulouse. Alors que les intervenants se succèdent pour des interventions très courtes et chronométrées, les grands gagnants de la matinée sont Manuel Valls et… Gérard Filoche. Avant lui, Benoît Hamon avait un peu réveillé les militants avec un discours enlevé, de défense du gouvernement. Le procès en amateurisme ? Hamon raille la droite, « la belle bande de professionnel qui nous a laissé 600 milliards d’euros de dette supplémentaire. » Une saillie qui porte.
Mais c’est bel et bien Filoche qui emporte le morceau. La salle ronronne mais le pilier de l’aile gauche entame un discours offensif qui fait taire peu à peu le brouhaha. Fort du joli score réalisé par la motion conduite par Emmanuel Maurel, l’ancien de la LCR retrouve des accents syndicalistes et s’invite dans le débat sur le coût du travail : « Le travail ce n’est pas un coût, c’est une richesse ! » Avant de s’emporter contre l’expression « charge sociale » : « Ça n’existe pas. Ce sont des cotisations sociales. Et les cotisations sociales, c’est magnifique. Il ne faut pas les baisser, jamais ! » La voix gronde et les acclamations déboulent des tribunes pour saluer la sortie de Filoche. Pascal Terrasse, député de l’Ardèche, se moque légèrement sur Twitter : « J’ai un peu l’impression d‘être à un congrès du Parti communiste. »
De l’ordre !
Quelques minutes après, le ministre de l’Intérieur entre en scène devant une assemblée enfin à point. Filoche, chauffeur de salle pour Manuel Valls… Qui l’aurait cru ! Le héraut de l’aile droite du PS prend le relais. Au menu, l’ordre républicain et la sécurité. Le ministre de l’Intérieur défend son action : « Nous mettons en oeuvre, je mets en oeuvre, une autre politique de sécurité avec plus de moyen et un autre rapport dans lequel les forces de l’ordre doivent respecter les citoyens, pour que les citoyens respectent eux aussi les forces de l’ordre. »
Il attaque le bilan de la majorité précédente. « Soyons lucide, la sécurité n’est pas de droite, ils ont échoué sur le sujet. » Valls s’enflamme à la tribune : « C’est la gauche qui a inventé la Nation. Face à une droite rance, petite, mesquine courant derrière le FN, et face à une extrême-droite haineuse, nous ne nous laisserons pas faire. » Le discours dévie sur la laïcité : « Nous ne pourrons pas accepter qu’un autre ordre des mafias, ou un ordre religieux s’impose par rapport à l’ordre républicain. »
Avant de parler de sa propre action, Valls a tout de même pris soin de réaffirmer sa loyauté à Jean-Marc Ayrault, « un Premier ministre à l’écoute, qui arbitre, qui tranche, qui coordonne, qui agit, et met en œuvre les engagements du président. Je suis fier d’être ministre de Jean-Marc Ayrault. » Certains l’accusent de jouer perso face au chef du gouvernement. Valls lâche : « Il n’y aura pas de réussite individuelle sans réussite collective. »
Ça tombe bien, jouer en équipe rapporte sur le plan personnel. Manuel Valls le sait, qui se fait ovationner par la foule. Le ministre de l’Intérieur quitte la scène et le brouhaha général reprend. Ni Claude Bartolone, ni Pierre Moscovici ne parviendront à capter l’intérêt de la salle qui résonne de gargouillis à l’approche du repas. Les militants filent se restaurer en attendant l’après-midi. En dessert, ce sera Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault.

Les ténors du PS tentent de mettre l’ambiance à Toulouse
La première journée du congrès PS de Toulouse manquait de ferveur. Manuel Valls a réveillé la salle samedi matin.

Claude Bartolone, Pierre Moscovici, Martine Aubry… Et Jean-Marc Ayrault pour clore l’après-midi. Les ténors socialistes se succèdent à la tribune du congrès de Toulouse samedi. De quoi réchauffer l’ambiance. Car dans ce rendez-vous sans véritable enjeu, le climat est certes « apaisé ». Mais loin de la ferveur des grands jours.

« Coup de blues chez les socialistes », titrait ce matin Le Figaro. « Un congrès PS sans entrain », renchérissait Le Monde. « C’est vrai que les gradins ne sont pas pleins et que le public est souvent rappelé à l’ordre parce qu’il discute pendant les interventions, souligne jean-Michel Tichane, de la Fédération du Lot-et-Garonne. Les militants se sentent peut-être moins concernés parce qu’on a désormais tous les pouvoirs, mais pour moi ça doit être tout le contraire : c’est maintenant qu’il faut s’engager à fond pour soutenir le gouvernement. »

Valls en chauffeur de salle

Bruno Le Roux, le patron des députés PS, n’est pas inquiet sur la motivation des troupes. « C’est toujours calme dans les congrès le vendredi, mais aujourd’hui, tout le monde est là et content de se retrouver, nous assure-t-il. Je ne sens pas de morosité, même s’il est vrai que face aux difficultés, on a besoin de donner du sens à notre action, auprès des Français comme auprès des militants ». L’heure est au sérieux, donc.

Dans la grande salle plénière ce samedi, les orateurs ont commencé à réveiller l’assistance. Le discours de Gérard Filoche, représentant de l’aile gauche du PS, a été chaudement salué. A l’autre bout de l’échiquier politique du parti, Manuel Valls a lui aussi fait un tabac. Son discours de mobilisation enflammé, dans lequel il a défendu sa politique de sécurité et s’est dit « fier » d’être ministre de Jean-Marc Ayrault, a été acclamé par les militants. Déjà à La Rochelle, c’est lui qui avait été le ministre le plus applaudi.

Claude Bartolone lui a ensuite succédé à la tribune. « J’entends dire que le PS serait déprimé . Vous vous sentez déprimés, vous ? », a lancé à la salle le président de l’Assemblée. « Déprimé, sûrement pas, mais concentré », a-t-il poursuivi, délivrant « un message d’énergie, de fierté ».

Au congrès de Toulouse, le PS s’offre une thérapie de groupe
Mots clés : Congrès du PS, PS, Toulouse, Jean-Marc Ayrault, Delphine Batho
Par Anne Rovan, Solenn de Royer Mis à jour le 29/10/2012 à 08:44 | publié le 28/10/2012 à 22:00 Réactions (57)

Dans le rôle du «psy», les ministres se sont relayés pendant les trois jours du congrès au chevet du chef du gouvernement, en difficulté face aux critiques d’amateurisme et à la série de couacs.

Faire taire les critiques d’«amateurisme» émises par l’opposition. Tourner la page des couacs. Et redonner le moral à des militants parfois déstabilisés par la multiplication des mauvais sondages et la gravité de la crise. Réunis ce week-end à Toulouse pour leur premier congrès depuis la victoire, les socialistes se sont offert une véritable thérapie de groupe, tout en s’efforçant de se montrer unis et soudés derrière leur «soldat Ayrault».
Dans le rôle du «psy»: les ministres, qui se sont relayés trois jours durant au chevet du chef du gouvernement. Manuel Valls a pris la tête de l’escouade, louant «un premier ministre disponible, à l’écoute, qui arbitre et qui tranche, qui coordonne, qui agit et met en œuvre les engagements» de François Hollande. «Je suis fier d’être ministre de Jean-Marc Ayrault», a ajouté le ministre le plus populaire du gouvernement.
L’ex-première secrétaire Martine Aubry est venue en renfort, louant les qualités d’«honnête homme» de Jean-Marc Ayrault, tandis que son successeur Harlem Désir saluait «un grand premier ministre de gauche». «Tu peux compter sur chaque militant», a ajouté Désir, faisant applaudir à tout rompre Jean-Marc Ayrault qui, porté à bout de bras par la salle, a fini par se lever, pour saluer les participants.
Réactiver la liesse du 6 mai
Dans un discours très offensif, le chef du gouvernement s’est employé lui-même à défendre sa méthode, celle de la négociation et du dialogue social, même si cela doit prendre «du temps» et «au risque d’être critiqué sur le rythme des réformes». «J’assume et je revendique, a-t-il martelé. Cette méthode, elle marche!» Accusé de ne pas faire assez de pédagogie sur le sens de son action, le premier ministre a tenté une mise en perspective, dessinant les contours d’un «nouveau modèle français», basé sur le préalable d’une réduction des déficits.
Trois jours durant, face à des militants souvent inquiets, les ténors socialistes se sont employés à réactiver la liesse de la victoire du 6 mai. Comme ils le faisaient durant la campagne présidentielle, ils n’ont eu de cesse de charger Nicolas Sarkozy et François Fillon, qui portent, selon eux, la responsabilité de la situation du pays. «Nous n’avons aucune leçon à recevoir de la droite, a lancé Harlem Désir. La droite, c’est 600 milliards d’euros de dette en cinq ans, les comptes sociaux plombés, 70 milliards de déficit extérieur et plus d’un million de chômeurs supplémentaires en cinq ans.»
Le premier secrétaire s’est employé à réactiver les ressorts porteurs de l’antisarkozysme: «Ils essaient de nous faire croire à une nostalgie Sarkozy. Mais de quoi les Français devraient-ils être ¬nostalgiques ?, a-t-il interrogé. Du yacht de M. Bolloré ou de celui de M. Takieddine? (…) De la tente de Kadhafi plantée dans les palais officiels? Du paquet fiscal ou de la TVA sociale?» Succès garanti dans la salle.
Lignes de fracture
Tout cela n’a pas suffi à éclipser les doutes, alors que les clivages se multiplient au sein de la majorité (droit de vote des étrangers, compétitivité, réduction des déficits publics, etc.). Proche de Ségolène Royal, la ministre de l’Écologie, Delphine Batho, a ainsi estimé que le gouvernement devait faire preuve «de lucidité et d’ambition». Et admis «les difficultés qu’a rencontrées la gauche lors de son arrivé au pouvoir». De son côté, le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis a évoqué une «situation épouvantable sur le plan politique et médiatique».
Chez les militants, qui ont pourtant voté pour la motion majoritaire portée par Harlem Désir, des lignes de fracture subsistent. Et certains ne sont pas prêts à mettre leurs critiques en sourdine au seul motif que Hollande est désormais président de la République. Le membre de l’aile gauche du parti, Gérard Filoche, qui a tenu un discours très ancré à gauche samedi, a ainsi été vivement applaudi quand il a asséné: «Le travail n’est pas un coût, c’est une richesse.» Tout comme Manuel Valls sur l’ordre républicain et la sécurité. «Entre Filoche et Valls, on se demande quelle est la ligne», résume en plaisantant un congressiste.

11 et 18 octobre : deux votes qui interpellent tout le parti : aller plus à gauche, le social au coeur, maintenant

Merci aux 11 8000 adhérents (13,67 %) qui ont voté motion 3 « Maintenant la gauche, le social au coeur », le 11 octobre et aux 21 000 adhérents (29 %) du Parti socialiste qui ont reporté leurs voix sur le candidat émanant de la motion 3, Emmanuel Maurel. Ces deux votes interpellent tout le parti : ce congrès a permis d’exprimer l’attente d’un parti plus démocratique, plus collectif, plus libre et vivant et surtout d’une gauche plus offensive sur les salaires, l’emploi, la redistribution des richesses, le droit du travail… Cette secousse, ce message au sein même du Parti socialiste c’est bon pour les salariés, bon pour la gauche, bon pour le gouvernement, bon pour le pays.
Unité de toute la gauche et des syndicats :
- pour une hausse substantielle du Smic, des salaires
- pour une loi sur le contrôle des licenciements et le maintien des entreprises en dépit des diktats de la finance
- pour investir contre le chômage de masse, pas pour rembourser les banquiers et autres usuriers.

Solidarité avec ceux de Pétroplus – Contre l’arrêt du 16 octobre imposant une liquidation dans 2 mois

Coup de tonnerre à Petit Couronne. Le tribunal de commerce vient de rendre à 13 h ce 16 octobre une « sentence » qui tend à la liquidation de Pétroplus d’ici deux mois donc au 16 décembre. Sauf si une solution était bouclée au 5 novembre. Rien ne justifie cela, cette entreprise fonctionne et fait des profits. Elle est essentielle au raffinage dans ce pays. Et la “solution” industrielle existe bel et bien, elle est connue, elle est viable, les élus du personnel l’ont défendue avec force et clarté. Mais il y a une entente de la finance et des pétroliers qui n’aiment ni leur pays ni les humains seulement les surprofits, et les tribunaux de commerce ne sont pas « démocratiques »  : il s’agit pourtant, aussi,  de la vie de 500 salariés et de 4000 personnes autour.

Pétroplus peut et doit vivre !

Que va faire le gouvernement ? S’opposer ou céder ? Nous appelons à prendre toutes les mesures immédiates de sauvegarde. Y compris une nationalisation en urgence.

cf ci dessous sur ce blog article rédigé par un responsable du CE de Petroplus

Motion 3 Le social au cœur ! le vote du 11 octobre, ça pousse à gauche dans le Parti socialiste

« Le vote des militants socialistes du 11 octobre est un vote qui pousse à gauche : il est bon pour le parti, bon pour le gouvernement, bon pour le pays ». Gérard Filoche

Un coup de tonnerre sur le parti,  51 % seulement de votants, 67,8 % des exprimés pour la majorité, mais dans des conditions d’atonie et de grogne, d’inquiétude et d’impatience mélangées. La faute a une majorité qui n’a pas su ni mobiliser, ni intéresser, ni parler aux militants : elle a voulu un congres expédie, un débat squizzé, elle en paie le prix elle même. Il s’ajoutait du mécontentement sur le cumul des mandats, le fonctionnement du parti, et le vote déjà joué, inutile, du 18 octobre pour le 1er secrétaire. Il y aura un fort taux de non participation à ce scrutin qui n’a plus d’objet, le candidat est déjà élu et cela n’a plus de sens. Les questions politiques que nous avons soulevées doivent rester au devant de la scène, pas les questions de personnes.

J’ai personnellement fait 18 réunions, AG fédérales, j’ai toujours entendu les orateurs de la motion 1 répéter  “unité mobilisation rassemblement”, mais en ne disant rien sur le fond. Jamais personne nulle part ne nous a répondu sur les salaires, le Smic,  sur les licenciements,  Sanofi, Petroplus, florange, PSA, sur le droit du travail, sur la fiscalité le budget, la rigueur ou la dette.

Jamais un seul des porte-paroles de la majorité n’a voulu engager un vrai débat sur des questions brûlantes concrètes (alors qu’elles hantent les militants qui ne veulent pas que leur gouvernement échoue !). Mais les militants présents, eux, étaient intéressés et leurs nombreux applaudissements et constants encouragements le démontraient partout. Le résultat est là :  plus de 30 % des voix se sont portées sur les différentes autres motions, en donnant, bien entendu la tête à la motion 3 qui présente un discours concret ancré sur les choix politiques réels du moment, c’est à dire sur les question sociales.

Avec 68 % ceux qui ont fait le calcul de se resserrer dans le texte fourre tout, neutralisé, de la motion1, vont devoir subir les effets de ce coup de tonnerre. Ils n’ont pas fait de politique, rien dit dans les AG, le prix à payer est là : on est peinés pour les militants et responsables de ex-UMA qui ont cru bon de faire cette manoeuvre, ce bloc sans principes. …S’il y avait bien un moment historique ou la gauche socialiste devait exister et parler des questions sociales, c’était maintenant.Parce que tout le pays, tous les salariés, tout le pays s’interroge sur le choix entre la redistribution des richesses ou l’austérité.

Voilà ex UMA, l’ex “un monde d’avance” de Benoit Hamon, qui a pris un “monde de retard”. “UMA” avait obtenu 18 % à Reims en fusionnant 7 contributions à l’époque (dont celles de MN Lienemann, Jacques Fleury, Gérard Filoche, Pierre Larrouturou Marc Dolez et celle de JL Mélenchon, pour mémoire). D’autres voix un moment portées sur Arnaud Montebourg ont aussi contribué à notre succès.
Ces ex courants sont désormais  remplacés, les militants souvent mécontents n’ayant pas manqué de voter sur le fond et donc d’abord pour la motion 3.  Et voilà une nouvelle gauche socialiste recréée : elle reprend le flambeau, elle a retrouve les forces les plus déterminées du parti et qui ont envie de s’unir dans de bonnes conditions militantes et démocratiques. Ensemble !

Il y a toujours eu un fort courant dans notre parti qui sait écouter, mieux que les autres, les salariés, leurs revendications, les syndicats, qui met, à juste titre, les préoccupations salariales sur le devant. Plus cette gauche du parti est forte, plus elle pèse dans le sens du social et de l’unité de toute la gauche.

Le vote du 11 octobre est un vote qui pousse à gauche : il est bon pour le parti, bon pour le gouvernement, bon pour le pays.

Avec la motion 3 nous avions un “plan” :  contre l’austérité avec des budgets serrés nourrissant récession et chômage, pour redistribuer les richesses, pour travailler mieux, moins tous, et gagner plus, pour la hausse des salaires, pour une fiscalité directe et progressive, contre les carcans budgétaires du type TSCG. Notre priorité n’est de rembourser les banquiers usuriers privés mais d’investir pour diminuer le chômage de masse.

3 % de déficit l’an prochain, même Bruxelles et le FMI s’interrogent sur le réalisme d’un tel objectif. Il faut dire que des manifestations de masse se répètent dans toute l’Europe et qu’au Portugal, la troïka UE/BCE/FMI a du reculer devant la rue !  Pourquoi nous accrocherions nous à la limite de 3 % de déficits si cela provoque 300 000 chômeurs de plus dans une croissance stagnante ? Pourquoi serions nous les meilleurs élèves de la classe alors que le professeur s’aperçoit qu’il faut changer le programme ? Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale ne vient il pas de dire que c’est un objectif absurde ?

La motion 3 a fait de la politique et du social sur les sujets brûlants du moment, “le social au coeur”

On a répété que l’ennemi c’était d’abord le chômage, pas le remboursement de dettes indignes.

Dans les conditions exceptionnelles dans lesquelles nous étions, dans ce congrès tel qu’il était préparé, c’est un énorme succès, nous l’espérions, l’anticipions, et nous allons maintenant être à la hauteur, continuer le combat, faire de la politique.
Construire désormais dans la durée une nouvelle gauche socialiste pour peser sur les évènements terribles qui s’annoncent. Nous pourrons surement discuter et travailler avec la motion 4 qui défend  aussi la réduction du temps de travail, et le partage des richesses. Et nous nous appuierons sur les luttes sociales, car il est certain que le salariat va exiger des satisfactions, lui qui produit les richesses et ne reçoit pas la part qu’il mérite.

Gérard Filoche, le 12 octobre, 3 h