Dans la motion 1 Désir-Aubry-Ayrault, ce qui est dit de « l’union bancaire européenne »

 

L’union bancaire européenne

La motion Désir-Aubry-Ayrault affirme (page 13) que le sommet européen des 28 et 29 juin a marqué un tournant et que ce qui a été obtenu « se révèle d’ores et déjà décisif ». Et au titre des progrès décisifs ainsi obtenus, la motion cite « Une première étape vers l’union bancaire » «  avec la supervision bancaire européenne ».

Regardons-y de plus près puisque la Commission européenne a, le 12 septembre, rendu public son projet d’Union bancaire qui devrait reposer sur 3 piliers :

  1. La supervision européenne des banques de la zone euro.
  2. La mise en place d’un mécanisme de garantie des dépôts bancaires.
  3. La création d’un fonds de renflouement des banques pour leur éviter la faillite.

 

  1. La supervision européenne des banques de la zone euro.

Selon le rapport du président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, la supervision des banques de la zone euro devrait être assurée par la Banque centrale européenne, l’EBA (autorité bancaire européenne) et les banques centrales des Etats de la zone euro.

Cette mesure pose 2 problèmes.

  1. Le problème de la fiabilité et de l’indépendance des institutions concernées

La BCE n’a jamais été neutre quand il s’est agi de choisir entre les Etats et les banques. Elle a toujours favorisé les banques. Les Etats (Grèce, Irlande, Portugal) se sont vus imposer des conditions draconiennes de financement par la « Troïka », dont la BCE est avec la Commission européenne et le FMI, un membre éminent. Par contre, en décembre 2011 et février 2012, la BCE a accordé (au total) 1 018 milliards d’euros de crédit (dont personne ne sait comment ils pourront être remboursés) aux banques européennes, au taux de 1 %. Pire les banques qui avaient bénéficié de ces prêts à 1 % se sont empressées d’acheter les obligations d’Etat nouvellement émises à des taux atteignant 6 ou 7 % dans le cas de l’Espagne et de l’Italie.

Les complaisances de la BCE à l’égard des dettes privées des banques européennes n’ont d’égales que son intransigeance envers l’endettement public des Etats européens : elle n’est ni fiable, ni neutre.

L’EBA (autorité bancaire européenne) avait, fin 2011, estimé à 1,3 milliards d’euros les besoins en capitaux de la banque espagnole Bankia. 17 fois moins que les 24 milliards d’euros que le gouvernement espagnol a été obligé de reconnaître en juin 2012.

La Banque centrale espagnole avait, au même moment, chiffré à 26 milliards d’euros le besoins en capitaux de l’ensemble du secteur bancaire espagnol. 6 mois plus tard, l’Union européenne décidait d’un crédit « pouvant atteindre 100 milliards d’euros » pour sauver les banques espagnoles de la faillite.

Ce sont ces institutions qui se verraient confier la supervision des banques européennes : où est le progrès ?

  1. Le calendrier et le périmètre des banques concernées par la supervision bancaire

Toutes les banques faisant l’objet d’un soutien public par le Mécanisme Européen de Stabilité devraient être concernées dès le 1er janvier 2013. La totalité des 6 000 banques européennes devraient l’être à partir de janvier 2014.

Mais l’Allemagne ne veut pas que ses banques régionales et ses caisses d’épargne aient de compte à rendre à des superviseurs qui ne soient pas allemands. Le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble vient de déclarer qu’il ne serait « pas possible » de mettre en place la supervision bancaire en janvier 2013. Il a rappelé que, même si la supervision unique ne concernait que la zone euro, la proposition devait être approuvée à l’unanimité des 27. Il a averti : « Croyez-moi, ce ne sera pas facile ».

  1. La mise en place d’un mécanisme de garantie des dépôts bancaires.

Es dépôts bancaires représentent environ 1 650 milliards d’euros en France. Le fonds de garantie des dépôts s’élève à 2 milliards d’euros. Autant dire que la garantie de 100 000 euros par compte ne repose vraiment que sur l’Etat. Il en va de même dans tous les pays européens.

L’Union bancaire a pour perspective d’instaurer un fonds de garantie européen des dépôts Mais la Commission européenne le reconnaît elle-même, cela ne serait pas possible avant 10 ans et ce fonds ne s’élèverait qu’à 1,5 % du montant des dépôts.

Ce fonds ne serait d’ailleurs en rien européen puisque le financement de ce fonds serait du ressort de chaque Etat et que les banques d’autres Etats ne pourraient pas y faire appel. La « mutualisation » européenne des dettes bancaires n’est prévue que dans un second temps mais l’Allemagne a prévenu qu’elle refusait de s’engager dans cette voie.

Les fonds dont devraient disposer ce mécanisme sont très insuffisants. La mise en place de ce mécanisme est, de plus, au point mort. Où est le progrès ?

  1. La création d’un fonds de renflouement des banques.

Ce fonds n’aurait pas pour fonction de permettre une panique bancaire qui survient lorsque les déposants se précipitent aux guichets des banques pour retirer leurs fonds mais pour fournir des fonds propres aux banques sur le point de faire faillite.

La création de ce mécanisme est renvoyée à 2018. Pourtant au second trimestre 2012, plus de 60 milliards d’euros ont fui les banques espagnoles. Où est le progrès ?

La vie des désamianteurs

Des milliers d’ouvriers du bâtiment continuent en ce moment dans notre pays de risquer leur vie sans protection en enlevant l’amiante installée dans les années 1960 à 1990…

Cela ne se sait pas assez, ne se dit pas assez, mais les risques de l’amiante ont été l’objet d’une découverte de l’INRS en 2010, rendue publique depuis l’automne 2011, qui bouleverse toute la donne scientifique : car 85 % des fibres dites courtes (FCA) et fines (FFA) d’amiante étaient inconnues jusqu’à ce qu’un nouveau procédé dit « META » (microscopie électronique à transmission analytique) les mette en relief.

On sait aujourd’hui que non seulement l’amiante tue 100 000 personnes en trente ans, mais que depuis 1996 et les lois qui étaient censées les protéger, en fait, les ouvriers spécialisés dans le désamiantage sont restés exposés à tous les risques mortels. Leurs masques simples ou à adduction d’air, n’empêchaient pas les fibres courtes et fines de pénétrer dans leurs poumons, les livrant à des asbestoses, mésothéliomes ou cancers de la plèvre.

Le scandale a éclaté dans quelques journaux, en début 2012, mais le gouvernement Fillon, le ministre Xavier Bertrand, n’ont rien voulu faire. Un décret du déconsidéré Directeur général du travail (hélas encore en place) Jean-Denis Combrexelle a prévu la mise en oeuvre de nouvelles mesures protectrices d’ici au…  1er juillet 2015. Ce dernier a osé expliquer dans Le Monde que « les entreprises n’étaient pas prêtes », ce qui signifiait… que leurs ouvriers, eux, doivent être prêts à mourir en attendant.

Le décret Bertrand-Combrexelle laisse aux ouvriers concernés, 3 ans avant la mise en œuvre de protections qui les empêcheraient de contracter les maladies mortelles.

Alain Vidalies, devenu ministre des relations avec le Parlement et non pas ministre du travail, avait, le 2 mars 2012, au nom du PS et de l’équipe de campagne de François Hollande, publié un communiqué demandant LA seule mesure élémentaire et urgente : un moratoire ! Qu’on arrête les chantiers mortels, qu’on règle la question des risques, et qu’ensuite, on reprenne les désamiantages.

Mais non, on attend encore. C’est à Michel Sapin, nouvellement installé, d’agir. Car on en est à un stade complet d’absurdité : l’administration du travail, interdit actuellement aux inspecteurs et contrôleurs du travail « d’aller en zone » à cause des risques encourus… par l’activité des ouvriers dont ils sont censés assurer la protection !

Moratoire immédiat ! Chaque jour de retard est un jour de trop !  Car tous les responsables actuels, jour après jour, sachant ce qu’ils savent et ne prenant aucune mesure seront responsables des morts suscitées. Ils devront en rendre compte devant les victimes, les familles et les tribunaux.

(chronique « au boulot » dans l’Humanité dimanche chaque semaine)

« Maintenant la gauche le social au cœur » motion n°3 pour le congrès du Parti Socialiste des 28/29 octobre 2012

Chers camarades,

Lors du CN du 12 septembre, deux camarades dirigeants de la gauche du Parti socialiste, Emmanuel Maurel et Gérard Filoche ont annoncé et défendu deux projets de motion, l’un intitulé « Maintenant la gauche » l’autre « Le social au cœur » ces deux projets étaient destinés à être présentés au vote des militants le 11 octobre pour le congrès de Toulouse des 28 et 29 octobre.

Après cet échange devant la direction du parti, les premiers signataires et représentants de ces deux motions se sont rencontrés dans la nuit du 12 au 13 septembre et ils ont retravaillé pour parvenir à un texte commun.

Celui-ci à été réalisé et s’appelle « Maintenant la gauche, le social au cœur« , premier signataire Emmanuel Maurel, deuxième signataire Gérard Filoche…

Le texte finalisé de la motion a été déposé le 13 septembre 2012 à midi à la direction du Parti socialiste avec plusieurs centaines de signatures : elle porte le n° 3 (sur 5 motions)

Vous pouvez la signer sur ce site : http://www.redistribuer-les-richesses.eu. et voir aussi l’intervention de gérard filoche au CN du PS le 12 octobre 2012

Les premières signatures arrivées figurent dans le bulletin intérieur du parti envoyé à tous les adhérents. Les autres seront publiées sur le site du Parti et sur internet. Ce bulletin intérieur parviendra aux militants vers le 23 septembre. Le dépôt des candidatures pour les directions nationales doit être effectué avant le 23 septembre et pour les candidatures fédérales avant le 28 septembre.

Les débats vont commencer vite et doivent se tenir dans toutes les sections, fédérations, d’ici au vote du 11 octobre.

100 mandataires ont été désignés en commun entre les deux principales contributions qui ont lancé la motion.

Renseignez-nous sur le déroulement de toutes ces réunions, communiquez vos signatures (avec adresses mel et téléphones).

Déposer ensemble une motion, mettre le social au cœur des débats, garantir l’unité et la représentativité des composantes de la gauche du parti.

Où en sommes-nous ?

1°/ Il semble malheureusement probable que la contribution Romagnan-Emmanuelli-Hamon ne déposera pas de motion. Les initiateurs de cette contribution issue de UMA font le choix de rejoindre la contribution Ayrault Aubry. Si tel était leur choix, nous le regretterions mais nous ne nous y rangerions pas pour autant.
Pour notre part, seule une motion indépendante peut défendre un programme social en faveur des salaires, des salariés, des retraites, du contrôle des licenciements, du droit du travail.
On ne peut se contenter d’un baroud d’honneur contre le TSCG tout en négociant la préservation de positions.

2°/ Pourtant il y a bien des urgences sociales : salaires, chômage de masse, emploi, travail, retraites, misère. L’INSEE vient de le confirmer : il y a 440.000  pauvres de plus, soit  au total 8,6 millions de citoyens en dessous du seuil de pauvreté.
Cinq millions de chômeurs, 50 % des salaires en dessous de 1600 euros, un Smic qui ne permet pas de vivre, un droit du travail passé à l’acide libéral … tout cela n’est plus supportable pour le salariat qui représente 93 % des actifs.
Nous voulons donc que le congrès du parti socialiste en débatte !

Les délégués de notre contribution « Pour réussir le changement, redistribuer les richesses» (1000 signataires) réunis à Paris le samedi 8 septembre ont voté à l’unanimité sur la nécessité de présenter une motion centrée sur les questions sociales.

3°/ Nous avons entrepris une discussion avec Marie-Noëlle Lienemann et ses amis (près de 500 signataires), pour que cette motion soit commune :

  • En mettant le social au cœur, en traitant la situation économique, le rôle de la finance et la question de l’Europe, contre la règle d’or
  • En nous organisant sur une base de parité entre les deux contributions.

Le rôle du premier signataire de la future motion, dans l’usage des statuts, est devenu si important que son choix doit apporter des garanties égales aux deux courants.
Le partage des mandataires dans les 100 départements doit refléter les forces militantes engagées.
La mise en place d’une direction collective paritaire est une nécessité, c’est un élément de respect de chacun.

Depuis deux mois, nous proposons un tel accord car la date limite de dépôt des motions, est le mardi 11 septembre à minuit. Le temps de débat sera très court, car le vote des militants est prévu le 11 octobre.

Pour notre part, nous mettons à disposition des représentants totalement disponibles afin d’écrire ensemble une motion et d’organiser ensemble le dispositif militant pour mener ce débat de congrès.

Ce samedi 8 septembre, deux « plans », pas encore tout à fait détaillés ont été rédigés en commun par « deux plumes » des deux courants. Ils ont commencé à être discutés en commun. A l’issue des réunions des deux courants, deux délégations ont abordé l’étude du dispositif militant de congrès.

Parallèlement nous discutons avec quelques autres contributions susceptibles de participer à cet accord.

  • Le prochain rendez vous est fixé, dimanche de 16h00 à 20h00 sur les questions de fonctionnement et d’organisation.
  • La date limite proposée pour la rédaction du texte est fixée au lundi à 12h00.
  • Des contacts sont en cours avec d’autres « petites » contributions, susceptibles de s’agréger à condition que cela ne brouille pas le message central « le social d’abord ».
  • Le dépôt des motions est fixé avant mardi minuit.
  • Le Conseil national d’enregistrement des motions est fixé le mercredi 12 à 16 h.

Nous vous tiendrons au courant au fur et à mesure.

La BCE bouge ? Mario Draghi et Angela Merkel la main dans la main

En juillet, le taux des obligations d’Etat espagnoles à 10 ans (malgré les 100 milliards d’euros de crédit accordés par l’Union européenne aux banques espagnoles) avait atteint 7,75 %. Celui des obligations italiennes frisait 7 %. Des taux identiques à ceux qui avaient amené la Grèce, l’Irlande et la Portugal à faire appel à l’Union européenne et au FMI en 2010 et 2011.

L’été de la finance s’annonçait meurtrier et la zone euro risquait de voler en éclat, écartelée entre les taux négatifs de l’Allemagne (et de la France) et les taux exigés de l’Espagne et de l’Italie.

Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, était alors intervenu (le 26 juillet) pour affirmer que la BCE ferait « tout ce qui est nécessaire pour préserver l’euro ». Il avait ajouté « Croyez moi, cela sera suffisant ». Les tensions sur les taux espagnols et italiens s’étaient alors fortement atténuées.

Le 26 juillet, Mario Draghi avait fait une triple démonstration.


La première c’est que  la puissance de feu illimitée de la BCE (c’est elle qui crée les euros) pouvait faire rapidement reculer les spéculateurs.

La deuxième c’est qu’une politique visant à mettre au pas les spéculateurs en leur disant (en substance «  continuez à spéculer contre l’euro, vous en paierez le prix » est d’une tout autre efficacité que la politique qui vise à « rassurer » ces mêmes marchés.

La troisième, c’est que la catastrophe sociale imposée par la Troïka à la Grèce, à l’Irlande, au Portugal et à l’Espagne aurait parfaitement pu être évitée si la BCE était intervenu avec détermination en 2010 et 2011.

Le bazooka de la BCE était-il chargé ?


La menace d’utiliser « le bazooka » de la BCE avait calmé l’ardeur des spéculateurs. Mais tous attendaient la conférence de Marion Draghi, prévue le 6 septembre, pour vérifier si le bazooka en question était vraiment chargé.

Mario Draghi confirmait le 6 septembre que le bazooka était chargé : « La Banque centrale européenne a décidé de lancer un nouveau programme de rachat d’obligations dans le but de faire baisser les coûts de financement des Etats de la zone euro en difficulté ».

Qu’y a-t-il de nouveau dans la politique de la BCE ?


Le rachat des titres des dettes publiques des Etats européens en difficulté sur le marché secondaire n’est pas nouveau, même si de nombreux médias semblent la découvrir.  En 2010 et 2011, la BCE avait lancé des programmes de rachat des titres des dettes  grecque, irlandais, portugais puis de ceux de l’Italie et de l’Espagne pour un total de 225 milliards d’euros.

Il y a, cependant, trois nouveautés dans l’intervention de Mario Draghi.

La première c’est l’annonce du caractère « illimité » des interventions de la BCE  afin de dissuader les spéculateurs.

La deuxième est que cette intervention ne concernera que « les obligations d’Etat de 2 à 3 ans ». Un moyen pour la BCE d’imposer une laisse très courte aux Etats en difficulté qui devront très vite se refinancer.

La troisième, que la plupart des médias se contentent d’évoquer, alors qu’il s’agit pourtant de la nouveauté essentielle de la politique annoncée par Mario Draghi le 6 septembre, c’est que la BCE mettra en œuvre son  programmes de rachat au profit d’un Etat européen uniquement si cet Etat fait appel au Fonds européen de stabilité financière (FESF) ou au Mécanisme européen de stabilité (MES). L’intervention de la BCE est donc maintenant soumises aux  « strictes conditionnalités » que le FESF ou le MES imposeront, ce qui n’était pas le cas lors des précédentes interventions de la BCE en 2010 et 2011.

Les « strictes conditionnalités » imposée par le FESF ou le MES


Les « strictes conditionnalités » du FESF et du MES annoncées par Mario Draghi dans son intervention du 6 septembre, nous ne les connaissons que trop. Ce sont des plans d’austérité de même nature que ceux qui ont été imposées par l’Union européenne et le FMI à la Grèce, à l’Irlande et au Portugal. Ces plans ont provoqué dans ces pays une triple catastrophe : sociale, économique (tous ces pays sont plongés dans une profonde récession) et financière (le poids de la dette à considérablement augmenté dans ces trois pays).

La politique annoncée par Draghi signifie que pour que l’Espagne et l’Italie obtiennent une intervention de la BCE, ils devront accepter de nouveaux plans d’austérité alors que le chômage augmente à toute vitesse et que la récession économique s’approfondit dans ces deux pays.

Loin d’être un « décès définitif du Merkozy » comme l’annonce Bruno Leroux, la nécessité de passer par les plans d’austérité du FESF et du MES pour obtenir l’intervention de la BCE indique malheureusement que c’est, bien au contraire, la politique de Merkozy qui continue.

La seule véritable avancée pour les peuples européens aurait été que la BCE rachète directement et sans condition les titres des dettes publiques des Etats européens. C’est d’ailleurs ce que pratiquent pour les dettes de leur propre Etat toutes les autres banques centrales, que ce soit la Réserve fédérale des Etats-Unis, la Banque du Japon ou la Banque d’Angleterre.

Merkel et Draghi : une parfaite complicité


Angela Merkel n’a émis aucune protestation après l’intervention de Mario Draghi le 6 septembre. Et pour cause ! Cette intervention allait exactement dans le sens qui lui convenait : généraliser l’austérité dans l’Union européenne sans pour autant (c’est du moins ce qu’elle souhaite) entraver sa réélection en octobre 2013.

La politique préconisée par Draghi pourrait, au moins d’ici là, éviter l’éclatement de la zone euro. L’Allemagne aurait tout à perdre d’un tel éclatement alors que 40 % de ses exportations se font dans la zone euro. Le Mark fort qui en résulterait et les dévaluations de la lire, de la peseta, du franc mettraient rapidement fin à l’excédent commercial de l’Allemagne. Malgré ses déclarations frisant la xénophobie contre certains pays du sud de l’UE, Angela Merkel est parfaitement consciente de cette situation.

La politique de Mario Draghi aurait un autre avantage pour Merkel : lui éviter tout nouveau vote au parlement allemand pour augmenter les moyens du FESF et du MES. Ce vote mettrait en pleine lumière l’éclatement de sa majorité avec le refus des Libéraux et de la CSU bavaroise de voter cette augmentation. Ce qui serait du pire effet à proximité de l’échéance électorale décisive pour elle de 2013.

jean jacques Chavigné

Les 500 français les plus riches gagnent autant que les recettes nettes de l’Etat selon Challenges

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Le classement 2012 de Challenges montre que les 500 français les plus riches ont cumulé 267 milliards d’euros de gain. Soit quasiment autant que les recettes nettes de l’État en 2011 (271 milliards d’euros).

Challenges a relancé sans le vouloir le débat sur la taxation des plus riches et sur une autre répartition des richesses en France.

Citant Jean-Philippe Delsol, auteur de « À quoi servent les riches« , le magazine a fait le calcul : « S’il fallait les redistribuer aux 8,1 millions de pauvres (en France) recensés par l’Insee, cela représenterait 33 000 euros pour chacun d’eux ».

Quant à résorber le déficit public de la France avec l’argent des plus riches, c’est tout à fait possible.

Si l’on prenait à ces 500 plus grandes fortunes les 69,6 milliards d’euros nécessaires pour combler le déficit public actuel, cela leur laisserait tout de même aux alentours de 200 milliards pour subvenir à leurs besoins cette année.

Les riches un peu moins riches mais toujours très riches.

Les 500 plus grandes fortunes françaises « souffrent » (un peu) de la crise, mais elles sont tellement riches qu’elles ne s’en sont sans doute pas rendu compte.

Leurs revenus ont baissé de 3 % par rapport au classement précédent. La faute selon Challenges, aux « difficultés de l’économie française », à « la chute des cours de bourse et l’assèchement du marché des fusions acquisitions, dont l’activité poussait jusqu’alors la valeur des entreprises à la hausse ».

En attendant, les français plus fortunés sont toujours les mêmes (9 des 10 plus grandes fortunes 2011 restent dans le Top 10 2012) :

Bernard Arnault, François Pinault, Vincent Bolloré, Liliane Bettencourt, Serge Dassault, Jacques Servier, Xavier Niel…

 

merci a arnaud mouillard et a cgt dieppe

Nous déposerons une motion sur les questions sociales au débat du congrès du PS, on y parlera des salaires et des salariés

Chacun sent que le gouvernement de Jean-Marc Ayrault  nommé par François Hollande est sur une ligne de crête en cette rentrée 2012. Le combat est rude entre les pressions des banques et « marchés » d’un côté et celles des exigences sociales, de la majorité des électeurs de l’autre. Chacun comprend que ce combat va s’intensifier non seulement dans les mois qui viennent mais qu’il va traverser tout le quinquennat. Ca déterminera in fine si François Hollande peut faire une deuxième quinquennat comme nous le souhaitons tous, ou si la catastrophe de la droite et extrême droite recommence.

 

Doit on affronter la finance qui fait chantage, le patronat qui, délibérément, parie sur l’échec de la gauche et multiplie les licenciements ?  Doit-on conserver une ligne médiane, prudente mais paralysante alors que la récession frappe à la porte et que le chômage dépasse 5 millions, battant tous les records.

 

Dans le cadre même des 60 propositions victorieuses du candidat Hollande, il y a place pour des interprétations, des inclinaisons, et des choix au jour le jour s’imposent. Atteindre 3 % de déficit maximum en 2013 et 0,5 % en 2017 étant un parcours imposé, comment le monnayer ?

 

Avaler le traité Merkozy dit « TSCG » et le faire voter sans qu’il y ait de croissance ni de compensation devient une gageure. Comme l’a fort bien résumé Jacques Delors : « la règle d’or est un piège à cons ». Tout le monde sait que s’il y avait un débat libre et suivi d’un referendum, ce TSCG serait battu par une très large majorité de nos concitoyens, – comme toutes les autres règles inhumaines de « l’économie du malheur » imposées par les intégristes néolibéraux allemands et français.

Cette pseudo « règle d’or » est le fruit d’une bataille intérieure entre les « landers » allemands riches et pauvres qui peinent à réguler leurs propres budgets, et elle est nous est indument transposée comme un enjeu dans toute l’Europe. La « règle d’or » existe pourtant dans la constitution allemande depuis 1949 et ils l’ont violé 12 fois : l’Allemagne a même en 1953 négocié à Londres, l’annulation de la moitié de sa dette. Le critère de Maastricht à 3 % de déficit et à 60 % du PIB de dette fixé en 1992 a été violé maintes fois depuis 20 ans dans tous les états de l’euro, ce n’est pas pour que le critère de 0,5 % passe… il y a une sorte de folie irrationnelle collective dans cette fuite en avant. L’austérité aggrave la récession qui aggrave la dette.

Chacun sait que JAMAIS la Grèce, l’Espagne, l’Italie, le Portugal, la France… ne paieront leurs dettes actuelles, produits de spéculations indignes et que ce TSCG du 29 juin 2012 ne parviendra JAMAIS – pas plus que les 22 sommets européens précédents organisés par Sarkozy – à solutionner la crise des dettes publiques en Europe.

Comme le FESF qui l’avait précédé, le MES avec ses 550 milliards escomptés est totalement en dessous du niveau des dettes considérées. Ce sont donc les dettes elles mêmes qu’il faut remettre en cause, soumettre à audit, renégocier et annuler en partie. Il faut que la BCE arrête de prêter à 1 % à des banquiers privés qui re-prêtent scandaleusement aux états à 3, 4, 6 , 7 ou 8 %. Rassurer les marchés c’est jeter des steaks aux requins, ils en veulent toujours plus. Il faut au contraire que les banquiers sentent la poigne des états, stoppent leurs spéculations, leurs tricheries (comme celle du LIBOR). La BCE doit prêter directement aux états, comme l’a réclamé déjà maintes fois publiquement François Hollande.

On nous dit qu’il est actuellement impossible de faire passer cela face à Merkel. On peut entendre mais souligner que le SPD, en aidant Merkel à imposer le TSCG, s’affaiblit lui-même pour les élections de 2013 et qu’on ne gagne jamais à faire la politique de l’adversaire de droite, il faut s’appuyer sur son propre camp, la gauche, le salariat. Les 31 députés du SPD qui ont voté « contre » le TSCG ont bien eu raison, et montrent la voie aux députés français.

 

Attendra t on seulement que la Cour de Karlsruhe ait tranché en Allemagne sur la constitutionnalité du traite adopté le 28 juin dernier ? Une fois le TSCG ratifié, la loi organique et ses applications adoptées, prochainement (on nous dit que tout cela sera fait entre le 19 septembre et les premiers jours d’octobre 2012) que restera t il au choix des militants socialistes lorsqu’ils auront à élire le 11 octobre leurs délégués pour le congrès des 28-29 octobre ?

Dire frontalement à leur gouvernement qu’il s’est trompé et lui demander de se déjuger…  reste sans aucun doute  juste mais… ne semble pas la tâche ni la plus facile, ni la plus efficace.  Le temps que des millions de citoyens comprennent, sans débat, sans référendum, dans quoi ils ont été « embarqués », des problèmes sociaux plus directs, immédiats, décisifs surgiront de la vie quotidienne.

Des dizaines de plans de licenciements sont cyniquement préparés par le patronat. Les salaires sont si bas que la vie devient intenable. Le droit du travail est rongé par la souffrance au travail, la précarité, les licenciements boursiers abusifs. Le chômage est un cancer qui mine tout, nos banlieues, nos cités, nos écoles, nos hôpitaux, nos institutions. Sécu et retraite sont en difficultés.

On peut contourner les conséquences de l’absurde nouvelle « règle d’or » :  en décomptant à part les investissements ! en intensifiant les impôts sur le CAC 40 et sur les dividendes et les immenses fortunes arrogantes de ce pays ! Ils veulent un budget stable ? Que les riches paient mais pas les salariés, 93 % des actifs, qui produisent toutes les richesses et n’en reçoivent plus depuis longtemps la part qu’ils méritent. 10 points ont été pris par les profits aux salaires, qu’ils soient rendus ! Le CAC 40 a fait 86 milliards de bénéfices en 2012 et distribué 36 milliards de dividendes, que l’impôt les reprenne, cela vaudra mieux que leur dilapidation dans les Iles Caïman et les caves à subprimes. Pierre Moscovici annonce que « 50 % des efforts feront l’objet de recettes en plus » et « 50 % feront l’objet de dépenses en moins » : comment seront répartis ces 50 % ? Car Sarkozy avait fait cadeau aux riches de 110 milliards de recettes à reprendre, et il est possible d’économiser 30 milliards de dépenses en supprimant l’assistanat au patronat, soit 30 milliards d’exonérations de cotisations récupérées. Pierre Moscovici a déclaré que la question du « coût du travail » n’était pas « taboue » : assurément, le coût du travail doit augmenter, les salaires doivent faire un bond en avant, condition de la relance et les dividendes doivent être lourdement taxés condition d’un rééquilibrage du budget.

 

Nous avons des solutions, et voulons redistribuer les richesses à l’intérieur même de nos frontières, ni l’Europe libérale, ni la mondialisation, ne peuvent nous en empêcher si le gouvernement en a la volonté. Cela, précisément cela, doit être débattu et c’est l’enjeu des mois et années qui viennent.

 

C’est pour cela que, nous le disons, il faut une motion de la gauche socialiste lors de ce congrès. Il faut que le point de vue des salaires et des salariés se fasse entendre. Qui le fera, à part nous ? Il faut qu’une énergie militante se manifeste au sein de notre grand parti socialiste, en lien avec le mouvement et les exigences sociales. Car s’il n’y a pas de motion, pas débat, pas d’énergie mobilisée, non seulement le congrès des 28 et 29 octobre ne servira à rien, mais ensuite, il n’y aura pas de résistance organisée, de contre poids collectif conscient, de parole suffisamment forte dans nos rangs susceptible d’influer sur les choix quotidiens du gouvernement, de l’alerter, de le faire pencher du bon coté de la ligne de crête. Il faut une motion qui soulève vigoureusement les questions sociales centrales,  celles qui sont décisives pour le succès ou l’échec du quinquennat. Il faut un courant de gauche socialiste militant, déterminé, collectif, démocratique, constant.

 

Oh, il y a aussi mille questions qui sont en jeu, économiques, écologiques, démocratiques, institutionnelles, et nous ne les sous-estimons pas une seule seconde. Mais nous savons et nous disons que ce qui est déterminant c’est la question sociale. Elle détermine tout le reste. Il ne faut pas diluer le message. Salaires, salariés, emploi, sécurité sociale, retraites. C’est par cela qu’il faut commencer, c’est par cela qu’il faut gagner, c’est l’écoute attendue, souhaitée, prioritaire, et comme nous le disait un vieux militant socialiste à propos de notre contribution qui pose en premier la question des salaires : «  – T’as bien parlé, t’as parlé à mon portefeuille ».

 

Les contributions en présence :

1°) celle de Barbara Romagnan est entièrement consacrée à l’Europe et au TSCG, elle s’y oppose,  et demande une autre Europe. Mais si Benoit Hamon et Henri Emmanuelli ont tellement exprimé leurs doutes et hésitations à propos d’une pareille motion, à La Rochelle, lors de la réunion UMA (Un monde d’avance) c’est qu’ils n’ont pas la même perspective. Benoit Hamon l’a déclaré : il faut « séparer son sort personnel de ministre », de cette question. Il est rappelé vivement par le 1er ministre et la 1ere secrétaire à la solidarité gouvernementale sur le TSCG et poussé à le défendre. Certes la vingtaine de députés pro UMA peut se distinguer au sein du groupe parlementaire dans un vote interne préalable, mais ensuite quid de la discipline ? Les rappels à la discipline et pressions de groupe vont être virulents avant les votes finaux. Que vont faire en pratique ces nouveaux députés qui n’ont naturellement pas de mandat impératif ? Certains veulent s’abstenir, d’autres voter contre, se dissocier ne serait pas heureux, et croire qu’une abstention serait un compromis adroit n’est guère mobilisateur ni clarificateur. Comment un mini groupe parlementaire peut il tenir, sans mobilisation militante derrière lui ? Défendre une motion, c’est LA façon d’exister, de défendre des idées dans le parti socialiste, ne pas le faire, quoi qu’on dise, c’est forcément y renoncer.

Et comment demander aux militants socialistes de voter le 11 octobre, une motion réduite à la contestation a posteriori du TSCG si, quelques jours plus tôt le traité a été ratifié à l’Assemblée et au Sénat, sauf certaines abstentions ?

D’où l’impasse et la prudence à estimer et à renégocier les positions acquises : que veulent les mandataires UMA ? Que veulent les premiers fédéraux  du courant UMA ? Quel poids risque d’avoir une nouvelle démarche ? Donnera t elle plus ou moins de voix qu’à Reims ?

Les questions tactiques l’emportent alors nettement sur les questions de fond, comme ce fut le cas à la réunion de la Rochelle le 27 août, l’essentiel, les questions sociales ne sont même plus évoquées. UMA doit il se dissoudre comme l’idée a jailli et été ? Pour mieux s’élargir ? Se restructurer sur des questions nouvelles (écologie, juste échange, nouvelles technologies…)  Avec qui ? Avec une « gauche durable » ? Mais recentrée ? A demi mot, on nous a fait comprendre qu’UMA se passerait bien des militants de D&S trop « sociaux »… Et les deux dirigeants principaux Hamon, Emmanuelli qui n’avaient pas déjà fait vivre UMA collectivement depuis Reims (réunions de direction pas tenues, promesses pas tenues, absence de fonctionnement démocratique lors des primaires, absence partielle lors des retraites en 2010, quasiment deux ans sans réunions sur quatre ans d’existence) manifestent devant tous leur hésitation plutôt que leur volonté de combat.  Alors que 80 % au moins des 400 militants présents à La Rochelle étaient favorables à une motion, dont les jeunes, on dit qu’il n’y en aurait pas. Ce serait la preuve définitive hélas, de la sous estimation de l’enjeu des questions sociales dans la réussite ou non du quinquennat.

 

2°) La contribution de Marie Noëlle Lienemann (gauche avenir, ou « le temps de la gauche ») s’apparente en partie à la nôtre, elle comprend qu’il faut bien sûr, s’opposer au TSCG mais que cela ne peut constituer, une fois qu’il sera ratifié, une base d’orientation suffisante, durable et positive à soumettre au vote des militants le 11 octobre et pour les deux années à venir jusqu’au prochain congrès.

Il faut aborder les questions du quinquennat, de sa réussite ou de son échec : si le chômage de masse ne se réduit pas, il y aura échec. Il ne peut y avoir de réduction du chômage sans réduction du temps de travail. Il ne peut y avoir de relance sans redistribution des richesses. Toute austérité serait un enfoncement dans l’échec comme en Grèce, en Espagne, en Italie, au Portugal. Il ne peut y avoir de sortie de crise, sans effort volontariste de l’état pour l’emploi, le renouveau de la production avec une transition écologique. Il faut une fiscalité quasi révolutionnaire directe et progressive. Il faut reconstruire un droit du travail entièrement : il faut « faire du bien » au salariat, pour qu’il appuie le gouvernement, le soutienne face au patronat et à la finance. Il faut que la BCE prête aux états et mener bataille pour une autre Europe, sociale.

Il est donc possible d’écrire une motion commune : mais c’est un texte tellement important qu’il ne peut s’écrire sur un coin de table, sans prendre le temps de faire bien et surtout de mettre les questions sociales au cœur.

Il nous faut aussi un parti socialiste mobilisé, tonique, relais des aspirations sociales vers le gouvernement et non pas « godillot » comme le fut l’UMP.  Nous voulons œuvrer à l’unité de toute la gauche, dans l’action, dans les luttes et au gouvernement. Rien de grand ne s’est fait dans notre pays sans unité de toute la gauche. Avec Marie Noëlle Lienemann nous partageons aussi ces idées d‘un parti vivant,  et d’une grande gauche unie.

Nous avons proposé, dés le début de cet été et toujours à La Rochelle,  une motion commune à partir des trois contributions majeures publiées le 18 juillet. Nous  avons été les seuls à la réclamer à la réunion de La Rochelle – cette unité des trois principales contributions ( et au delà car au congrès de Reims, il y avait eu pas moins de six contributions pour fonder UMA) : la contribution Romagnan a récolté 1500 signatures, celle dite de Filoche a récolté 1000 signatures, celle de Lienemann a récolté 500 signatures, cela ferait une excellente  addition, avec une proportion respectable et respectée entre les trois sensibilités militantes, une présence dans tous les départements.

Nous sommes le 2 septembre, la date butoir de dépôt des textes est le 11 septembre à minuit. Nous réunissons les délégués départementaux de nos signataires RLR-RLC le samedi 8 septembre, Marie Noëlle Lienemann aussi, nous avons proposé une réunion commune

3°) Il y a d’autres contributions plus modestes, mais à prendre en compte bien évidemment : une contribution dite « GPS » des amis de Pierre Larrouturou, « Roosevelt 2012 », une autre dite « d’initiative citoyenne », une autre dite « altermondialiste, pôle écologique », celle dite « d’Utopia », celle « changer la réalite pour aller à l’idéal » et une « contribution féministe », avec lesquels il y a manifestement des approches communes possibles.

Nous les lisons, les respectons, et souhaitons un accord aussi avec elles. Nous avons pris les contacts et quelques-unes (en tout cas, « Initiative citoyenne ») nous ont contacté directement aussi.

Nous voyons bien des possibilités d’arriver à un cadre commun : mais nous ne voulons tromper personne, le message essentiel, clef, central, ne doit pas être embrouillé, il s’agit de mettre les questions sociales au cœur.

Nous avons des réponses face aux banques, à la finance (lire « Dette indigne » Ed. JC Gawsewitch et la revue D&S chaque mois sur tous les principaux sujets en débat). Nous avons depuis des années lutté pour la priorité aux salaires et au salariat, à l’emploi, au droit du travail : il n’est pas question de diluer ce message central, ce serait tout simplement contre-productif, nous avons une image, un message, une bataille et pas mille combats éparpillés. Dans la mesure où nous pouvons compléter, enrichir ce message, nous ferons ensemble l’effort d’écriture, dans les 8 jours à venir pour arriver à une motion lisible et solide, claire et préhensible par le maximum de militants.

 

Voilà un état des réflexions en ce 1er septembre. Nous le communiquons à tous pour que le maximum de militants le comprennent. Avec une volonté unitaire qui ne s’est jamais démentie : nous avons toujours voulu et voulons toujours que la gauche socialiste soit la plus large possible,  mais cet objectif est inatteignable sans une orientation combative, sans un soin démocratique, collectif à écrire et à agir ensuite en commun. Il s’agit d’un combat pour les deux années à venir, pour la réussite du changement.

 

Nous sommes conscients, très conscients que si le gouvernement de la gauche, notre gouvernement, échouait, toute la gauche échouerait. Ce serait le retour de la droite et non pas d’une autre gauche. Nous ne sommes pas en embuscade, l’embuscade ca ne sert a rien. C’est en amont qu’il faut influer, faire gagner les idées. Nous sommes résolument constructifs, nous voulons aider, contribuer, éclairer, stimuler, faire gagner François Hollande, Jean-Marc Ayrault tout comme nous l’avons fait dans la campagne contre Sarkozy et l’UMP/FN, avec la réussite des belles victoires du 6 mai et du 17 juin.

 

Le 2 septembre nous sommes à J – 9.

Une semaine pour régler les questions soulevées ici.

 

Nous nous adressons à tous les militants socialistes pour qu’ils s’engagent aussi dans cette bataille et nous aident. Nous sommes connus pour notre sérieux militant, notre loyauté aussi, on fait ce qu’on dit, on dit ce qu’on fait, nous souhaitons avoir des réponses, vite, nous souhaitons unifier le meilleur de chaque contribution, et faire une excellente motion de combat, de fond, « le social au cœur ».

 

Gérard Filoche, les 1 et 2 septembre 2012

 

 

Mon intervention aux « rencontres déconnomiques » d’Aix-en-Provence, juillet 2012

L’ensemble des vidéos de ces rencontres sont sur le site www.deconnomistes.org

« Nuages de mots-clefs » : Salaires, salariés, travail

Le journal Le Monde (18-7-12) a utilisé l’application Wordle pour générer des « nuages de mots-clefs » avec chacune des six principales contributions générales déposées pour le Congres du Parti socialiste.

La contribution Aubry-Ayrault met en avant les mots : « France, Français, société, Europe, politique et économie ».

La contribution Gorce use des termes : « militants, PS, parti ».

La contribution Hamon utilise plus fréquemment : « Hollande, gauche, politique, Europe ».

La contribution Lienemann use de mots quelques peu différents comme : « sociale, entreprises, écologique, fiscale ».

La contribution Filoche « sans surprise fait la part belle aux mots de travail, salariés, salaires, mais moins à François Hollande, au PS, et à l’économie ».

La contribution Dray sous forme de pièce de théâtre, une fois enlevés les noms des personnages, fait la part belle à : « gauche, Europe, politique ».

 

C’est bien vu : il est plus que temps, dans le parti socialiste, qu’on parle de salaires, salariés, travail, en priorité.

Non seulement il y a une place pour cela, mais une grande place, c’est un devoir essentiel. François Hollande et le parti socialiste, nous sommes élus grâce aux salariés. Ils sont 93 % de la population active, ils produisent toutes les richesses de ce pays et n’en reçoivent pas la part qu’ils méritent. Ils votent à 70 % pour nous : c’est à leurs aspirations qu’il faut répondre en premier. Il faut répartir les richesses maintenant : ils attendent depuis trop longtemps. La finance organise la crise depuis trop longtemps. Et justement, ça tombe bien, la clef pour sortir de la crise produite par la finance, c’est de répartir les richesses.

 

Rien ne nous empêche, ni la mondialisation, ni l’Union européenne (même telle qu’elle est), ni même le funeste TSCG à venir, de répartir les richesses dans nos frontières, d’augmenter les salaires dans nos frontières, d’opérer une révolution fiscale dans nos frontières, de restaurer l’emploi et le droit du travail dans nos frontières. Rien. Les 35 h c’est à nous, et c’est bien : il faut rapprocher la durée réelle du travail de la durée légale pour faire reculer le chômage de masse dans nos frontières. Le chômage de masse à 5 millions, ce n’est pas la mondialisation qui nous l’a imposé, c’est le patronat français. La précarité ne vient pas « d’ailleurs » mais du laisser faire complaisant et d’absence de loi ici en faveur du droit du travail. Pareillement pour les inégalités salariales. Ici, chez nous, les marges de manœuvre existent. Largement !

 

Nous sommes contre le TSCG de Merkozy. La « règle d’or » est un « piège à cons » comme le dit Jacques Delors. C’est un gadget stupide, incohérent, impuissant, mais spoliateur, fabricant d’austérité et de récession, sorti du cerveau des néolibéraux intégristes, les huit ministres de Merkel officiant à Berlin. L’idée d’un équilibre budgétaire à 0,5 % de déficit est presque clownesque quand on sait que la barre du déficit fixée à 3 % pour Maastricht n’a quasiment pas été tenue depuis 1992. Salazar au Portugal a appliqué la règle d’or de 1934 à 1974 et a fait de son pays le plus pauvre d’Europe. La « règle d’or » existe en Allemagne depuis 1949 et ils l’ont violée 12 fois. De même que la « dette » est largement indigne, il suffirait d’en faire un « audit public » pour le prouver, et créer les conditions de sa renégociation, de son annulation partielle. En France, le sarkozysme a creusé la dette de façon phénoménale en baissant les recettes et en alimentant les banques sans limites. Ce n’est pas le fait qu’on dépense « trop » en fait, cela vient de ce qu’on ne fait pas rentrer assez d’impôt sur les rentiers et les sociétés !  Les dettes, cela se révise et il en a toujours été ainsi dans toute l’histoire ! ! En 1953, l’Allemagne qui n’avait pas payé ses dettes, notamment à la Grèce, a obtenu à Londres que celle-ci soit divisée par 2. Le pragmatisme budgétaire peut et doit régner, c’est politique et pas seulement comptable.

 

Nous soutenons à fond François Hollande qui réclame que « la BCE prête directement aux états ». C’est le mot d’ordre clef en Europe, pour les Grecs, comme pour les Italiens, les Espagnols, nous et… les Allemands. Des millions de citoyens européens comprennent qu’il est anormal, insupportable, intolérable que la BCE prête 1000 milliards aux banques (le double du FESF, du MES…, 10 fois la somme prévue pour la « croissance » européenne le 29 juin 2012) à 1 % et que ces banques les (re) prêtent à 3, ou 6, ou 7, ou 8 % et plus aux états. De qui se moque t on ? Comment peut-on tolérer cette usure ? QUE LA BCE PRETE DIRECTEMENT AUX ETATS !

 

ET s’il y en a qui, à tout prix, nous imposent « la règle d’or », il y a une solution : en 2011, le CAC 40 a obtenu 86 milliards de bénéfices, et ils ont distribué 37 milliards de dividendes : tant qu’il n’y aura plus de 0,5 % de déficit, que ces dividendes soient rendus à la nation plutôt que d’être dilapidés dans les « subprimes » ou les îles Caïman !  Les 500 premières familles pèsent 192 milliards, soit plus de la moitié du budget national, qu’elles soient largement contributrices jusqu’à ce que la « règle d’or » triomphe : pas de revenu supérieur a 20 fois le Smic. Nul ne doit gagner plus que le président de la république, fonction la plus élevée de ce pays. Il doit y avoir 20 tranches « fines » d’impôt sur le revenu, direct et progressif. Si « règle d’or », il doit y avoir, ce ne doit pas être les salariés qui la paient : que le Figaro et l’UMP qui la défendent, y réfléchissent bien, elle se fera contre eux, pas contre nous. Des salaires en plus, des dividendes en moins, cela peut être le contenu donné à la règle d’or : ça va faire réfléchir !

 

Car « nous », nous sommes les salariés, les socialistes, la majorité démocratique et nous n’avons pas l’intention de nous laisser faire, TSCG ou pas.

 

Comment accepter de se faire berner et cautionner l’absurde, honteuse, invraisemblable idée qu’il faudrait détruire les droits du travail dans tous les pays européens pour rembourser la dette ? Pour sortir de la crise, de la récession, il ne faut pas moins de droit du travail, il en faut plus ! Ce sont les salariés, bien formés, bien payés, bien traités, qui produisent le plus ! Ce sont les pays les plus pauvres qui ont la durée du travail la plus longue ! Ce sont les pays aux salaires les plus élevés qui ont le moins de chômage !

 

Pourquoi nous sommes contre le TSCG ? Pas par dogmatisme, mais pour défendre les salariés, et si le TSCG nous est imposé, nous continuerons, car c’est ça le « nuage de mots-clefs » : salaires, salariés, travail. De l’emploi, il y en pour tous, ici, dans l’hexagone, si on répartit mieux les bénéfices, si on redonne aux salaires les 10 points qui ont été pris par les profits. C’est pourquoi notre contribution repose sur 4 parties essentielles : les salaires, le rejet de la dette usuraire, les marges de manœuvre face à la finance, la fiscalité.

 

Nous n’avons pas abusé du mot « Hollande » ou PS, parce que nous débattons entre socialistes. Ni culte de la personnalité, ni culte du parti mais souci de débat collectif, démocratique ! Ceci dit, nous soutenons à fond François Hollande et tout le gouvernement de Jean-Marc Ayrault pour qu’ils réussissent, car s’ils échouent il faut être clairs, c’est toute la gauche qui échouera !

 

Il n’y a pas d’autre alternative pour le coup : car si la gauche au gouvernement ne gagne pas, toute la gauche perdra. Jean-Luc Mélenchon ne devrait pas se mettre en embuscade pour dénoncer mais s’impliquer pour peser ! L’embuscade, genre « le vous le dis » puis « je vous l’avais dit », ça ne marche jamais. Qui croit bon d’attendre son heure, attend sa tombe.

 

Il y en a assez de certains qui, à gauche, tous les jours attendent, annoncent, dénoncent la « trahison » qui vient, qui va venir, ou qui est déjà venue ! À qui ça sert ? À créer le trouble, la démoralisation au lieu de mobiliser ? Prenons l’exemple des Roms, ce qui a été fait n’a certes pas été judicieux, ni en concordance avec les promesses du candidat Hollande qui excluait tout répression de ce type sans alternative en termes de relogement et d’insertion : avant d’agir Manuel Vals aurait pu rencontrer les associations concernées et engager le travail qui a été effectué par le gouvernement.. après. Le gouvernement Ayrault prône la concertation, le dialogue social, avec les associations et les syndicats, rien à voir avec Sarkozy !

 

Le « sommet social »  est engagé : les adhérents des syndicats ont tous leur mot à dire en direction de leurs représentants qui rencontrent le gouvernement, sur le Smic, le code du travail, le contrôle des licenciements, l’opposition aux plans financiers de fermeture d’usines viables, sur le droit et la durée du travail, la précarité, la santé au travail…

 

Il faut peser et réussir tous ensemble et pour cela convaincre, mobiliser sur les salaires et le droit du travail, sur le partage immédiat des richesses. Il faut mettre en œuvre le programme sur une ligne située au cœur de la gauche, avec un gouvernement de toute la gauche :  PS-EELV-FdG. Ça n’a pas pu se faire en juin, cela peut se faire à tout moment. D’ailleurs toute la gauche a voté le collectif budgétaire de juillet 2012 qui allait dans le bon sens, un bon début qui reprend 7,5 milliards aux riches et actionnaires.

 

S’il y a un retour en arrière en 2014, ce sera pour la droite et l’extrême droite hélas, pas pour une autre gauche restée en dehors. Unité, unité, action. On peut gagner. On doit gagner. Pour cela débattons à ce congres, qu’il y ait une forte gauche socialiste capable d’influer le parti en entier.

 

Est-ce que les trois contributions Hamon, Lienemann et Filoche peuvent s’entendre ? Nous le souhaitons. Mais ce n’est pas joué : car le bilan d’UMA est hélas translucide, le courant n’a pas fonctionné les deux tiers du temps, les accords passés en son sein n’ont pas été respectés, la démocratie y a été remplacé par une forme de direction que nous critiquons par ailleurs dans le parti et qui ne saurait être admise dans une gauche socialiste « qui se doit de faire de la politique autrement ». Ceci dit, ces obstacles organisationnels pourraient etre loyalement dépassés, s’il y en a la volonté.

 

Il ne reste donc à réaliser un accord politique pour rédiger dans de bonnes conditions collectives, tous ensemble une motion efficace, concrète, mobilisatrice : dans les mois et années qui viennent, de très grands événements vont survenir. Finance, dette, euro, luttes sociales. Soit on s’appuie sur les salariés pour faire face, soit  on cède aux énormes pressions dominantes. Salaires, salariés, travail, voilà encore les mots-clefs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

signez maintenant la contribution : « Pour réussir le changement, redistribuer les richesses ».

signez maintenant la contribution pour le Congrès de Toulouse du Parti socialiste. sur le site   http://www.redistribuerlesrichesses.eu

Qu’elle a été belle, la victoire de la gauche, du 6 mai au 17 juin 2012 ! Une majorité historique sans précédent existe et travaille à tous les niveaux pour redresser et transformer notre pays en profondeur et de façon durable. C’est une immense opportunité que de disposer de tous les moyens du pouvoir politique. C’est une immense responsabilité que nous ont confiée nos concitoyens et, qu’en tant que socialistes, nous devons assumer.

Comme l’a si bien dit François Hollande, le 6 mai à la Bastille : « Ce sont des années, des années de blessures, de brûlures qu’il faut réparer ».
Tandis que l’Europe tout entière est menacée d’explosion par la crise de la « dette » et par la politique néolibérale d’Angela Merkel, notre pays lui-même est tenaillé par de terribles urgences sociales après dix ans de politique de droite.

L’urgence : augmenter les salaires

C’est une mesure de salubrité publique tant les salaires ont été maintenus à un niveau extrêmement bas par la droite et le patronat depuis 10 ans. « Qui peut vivre décemment avec 1 100 euros nets ? Comment accepter que 50 % des salariés gagnent moins de 1 580 euros nets » ? Pour en finir avec la modération salariale qui impose le recours au crédit, nous nous prononçons pour une hausse significative et immédiate des salaires sur la base des revendications syndicales majoritaires.

C’est possible ! C’est même le meilleur et plus simple moyen d’assurer la redistribution des richesses, ainsi que la relance. Le « coût du travail » n’est absolument pas trop élevé contrairement à ce que prétend la droite. C’est le « coût du capital » qui est trop élevé ! Il faut reprendre au capital pour redonner au travail. Bref, ne pas attendre un hypothétique retour à la croissance, mais d’abord relancer la demande salariale.

En cohérence, puisqu’on ne peut augmenter le salaire sur le mois et le diminuer sur la vie, nous défendons la retraite à 60 ans sans décote, comme le réclamaient les 8 millions de manifestants en 2010. C’est une mesure de justice sociale et une impétueuse nécessité au regard de la santé des travailleurs et du niveau trop bas des pensions.

Pour une Europe démocratique et sociale

Les néolibéraux, la droite, ainsi que la Cour des comptes dans son rapport de juin dernier, assaillent François Hollande, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault et la nouvelle majorité, en assurant qu’on ne peut rien faire, qu’il n’y a pas d’alternative à l’austérité. Mais les écouter mènerait tout droit à l’échec.

Ce sont les politiques menées par la droite qui ont creusé la dette en multipliant les baisses d’impôts pour les privilégiés et en sacralisant une politique de rigueur qui annihile tout retour de la croissance. Ce n’est pas la hausse des dépenses qui a creusé la dette depuis 2002, mais bien la chute drastique des recettes publiques ! Au niveau européen, les dogmes libéraux qui interdisent aux Etats d’emprunter directement auprès de la BCE les rendent dépendants des marchés financiers. La politique visant à « rassurer les marchés » revient à jeter des steaks aux requins : ça les attire et ils ne quittent pas le sillage du navire Europe. Les marchés financiers ne comprennent que le rapport de forces : il ne faut pas céder à la Finance, mais la « dominer », comme l’a dit François Hollande dans son discours du Bourget.

Nous nous prononçons pour une Europe fédérale, démocratique et sociale à l’opposé de celle de Merkel. Cela passe par le refus du traité budgétaire, le TSCG du tandem Merkozy qui a été, de fait, rejeté par le peuple français le 6 mai dernier. Les citoyens veulent reprendre la maitrise de leur destin et doivent pouvoir le faire ! Nous proposons en ce sens un audit parlementaire et citoyen de la dette. Il restera ensuite à décider démocratiquement s’il faut renoncer ou non à la retraite à 60 ans, à l’emploi dans la fonction publique à des milliers de lits d’hôpitaux pour rembourser et payer les intérêts de la part de cette dette qui aurait pour origine la baisse des impôts des privilégiés et des sociétés..

Vaincre le chômage : travailler moins, mieux et tous !

5 millions de chômeurs, nombre record de travailleurs pauvres, multiplication des emplois à temps partiel subis, coupes drastiques dans les services publics, « rupture conventionnelle », atteintes répétées au code du travail : la facture des années Sarko est lourde pour le salariat.

Le sens de l’histoire, c’est de travailler moins, mieux et tous, tout en produisant autant et… en gagnant plus ! Il ne peut y avoir de réduction du chômage de masse sans réduction du temps de travail. Reprenons cette marche en avant. Marquons notre attachement aux 35 heures hebdomadaires, aux deux jours de repos consécutifs. Il en va de la santé et de la dignité des salariés, la force sociale archi-majoritaire de ce pays, cette force qui peut tout si elle prend conscience de sa force collective !

Oui, l’Etat, appuyé sur le mouvement social, peut et doit agir contre les licenciements abusifs, qui ne cessent de répandre leur cortège de misères, de Molex à PSA ! En combinant réglementation des sociétés, impôt, politique industrielle et contrôle sur les licenciements, la puissance publique doit se donner les moyens de freiner – voire de rendre impossibles, si nécessaire – les opérations sauvages de « désindustrialisation » et de délocalisation.

Oui, un gouvernement socialiste a le devoir de créer de nouveaux droits pour les salariés. La démocratie ne doit plus s’arrêter aux portes de l’entreprise. Fidèles à Jaurès, nous voulons que « le peuple soit souverain dans l’ordre économique […] comme il est souverain dans l’ordre politique ».

Jeunesse et Education :

chantiers prioritaires de la gauche

Le gouvernement, dans le sillage de la campagne de François Hollande, a mis à juste titre au cœur de son projet la jeunesse de ce pays qui a tant souffert de la politique discriminatoire à son endroit menée par la droite pendant dix ans.

Nous proposons la mise en place d’une allocation-autonomie pour les jeunes en formation, un investissement massif dans l’éducation nationale pour reconstruire l’école de la réussite, un réengagement tout aussi massif de l’Etat dans l’université, un retour des services publics dans les quartiers, un soutien à la culture et aux associations… Il va de soi que toutes ces mesures resteront lettre morte si nous acceptons la gangue de la rigueur que tentent de nous imposer Merkel et ses amis français. Mais, parce que nous, socialistes, nous savons que nous disposons de marges de manœuvre. Personne ne peut nous empêcher de restructurer la dette, ni d’augmenter les impôts des nantis qui contribuent si peu à la richesse du pays.

A notre sens, la priorité donnée à la jeunesse est indissociable d’une politique de redistribution des richesses qui passe par une révolution fiscale à la hauteur des enjeux et par l’organisation d’un rapport de force social contre les tenants du libéralisme.

Unir toute la gauche et rénover notre parti

Le programme que nous soumettons au suffrage des militants socialistes se veut à la hauteur des enjeux de notre temps. La crise généralisée du capitalisme financier exige de nous une réponse extrêmement forte qui ne peut être que celle de toute la gauche, unifiée sur les bases d’un programme commun.

Pour réussir le changement et unifier notre camp, nous avons besoin d’un grand Parti socialiste, rénové, démocratique, militant qui ne soit pas un « parti godillot ». Dans le cadre de l’exercice d’un pouvoir sans partage, si nous voulons réussir, alors disposer d’un parti qui discute, qui alerte, qui transmette au sommet les aspirations de la base, est un besoin vital. Le congrès de Toulouse est l’occasion d’avancer sur cette voie.