Plutôt Le Pen que Hollande ?

Je fais l’objet d’assauts sur mon blog, sur le site, à la limite  du harcèlement  pour dénoncer ma volonté, celle de D&S, de poursuivre le combat historique de la Gauche socialiste en appelant à voter François Hollande. Parfois j’ai envie de  leur dire « arrêtez, consacrez vous plutôt à convaincre quelques des 15, 16, ou 17 millions d’électeurs de droite de ne pas voter Sarkozy »… Mais in fine, je résiste fort bien, j’ai confiance, je sais qu’à la fin c’est moi qui les convaincrais de voter Hollande ne serait ce que le 6 mai, sinon dés le 22 avril).

J’ai aussi reçu du courrier de Gilbert : – « Voter avec Hollande pour qu’il gouverne avec Bayrou ? Non merci. Peu de temps après, ce sera une droite encore plus dure que celle de Sarkozy qui reviendra. Si, si, c’est possible. Le parti frère grec des « socialistes » gouverne bien avec l’extrême droite. Le seul vote utile, c’est celui pour ses idées. Dans « Les Ritals », François Cavanna racontait que son père lui disait (en substance) : « il faut voter le plus rouge possible au premier tour de l’élection. Ce sera suffisamment rose par la suite »...  m’écrit Gilbert qui ne veut jamais entendre parler de voter socialiste, ni de front uni. Il a raison sur une partie de ce qu’il dit : que Papandréou et Papademos, le PASOK  gouvernent avec le LAOS ( = FN  = Le Pen là bas) c’est intolérable… C’était comme quand Schroder gouvernait avec Merkel (c’était l’unité nationale dont rêvent  Bayrou – et Cahuzac ? -  une sale politique, ça a donné les pires lois anti sociales)

Il est triste et désespéré Gilbert, inlassablement il m’ »accuse » d’être au PS, il me tourmente chaque jour sur internet, il me reproche, me met au pied du mur parce que je suis un militant socialiste sincère, parce que je suis au PS, parce que je veux 20 millions d’électeurs pour François Hollande les 22 avril et 6 mai…

Relisons-le : « Si si, c’est possible »…  même Hitler peut revenir  ?  Je partage ta désolation, Gilbert, à cette idée…

Mais on n’en a pas les prémices à ce jour. Fort heureusement on en est encore loin. Rien de comparable dans les situations de 1933 et de 2013. La pire menace aujourd’hui c’est Sarkozy-Reagan-Thatcher. C’est déjà la droite la plus dure qu’on ait eu. Ce n’est pas Hilter-Le Pen. La pire menace en 2012, c’est les banksters, pas les SA/SS.  Et puis en 1935 les fascistes étaient 600 000 à défiler dans Paris en chemises brunes, et en ordre militaire. De quoi avoir peur !  Heureusement, à côté, les Le Pen sont des schmolldus : aujourd’hui quand il y a 8 millions de manifestants en France,  ils se planquent sous la table, en 2010 nul ne les a vu dans la rue. La Le Pen réunit quelques centaines de vieilles barbes ou de tondus devant Jeanne d’Arc ou dans un banquet poussif, c’est tout et pour le reste, elle n’a pas de réseau et dépend des grands médias sarkoystes.

Pour Gilbert, face à cette éventuelle menace « le seul vote utile »,  ce n’est pas un large front antifasciste, non, il ne veut « voter que pour ses idées »…. Même si elles font 1%, 2 %, 3%, 6 ou 8 % ?

T’es sûr, Gilbert, que d’une part, une « droite plus dure » et le fascisme menacent et que d’autre part c’est l’heure d’un vote minoritaire « pour les idées » coûte que coûte ? T’es sûr qu’un vote PS rapprocherait l’heure du fascisme, même dans sa version schmolldu vieux schnock Le Pen ? T’es sûr que ca serait « plus dur que Sarkozy » ? Tu ne crois pas que c’est Sarkozy qui fait le boulot de Le Pen ? T’es sûr que ce n’est pas Sarkozy qui est capable de prendre Le Pen dans son gouvernement (comme Berlusconi avec Fini) et que sans Sarkozy, Le Pen n’y arriverait jamais ? Et tu préfères ne pas voter Hollande à ce jour parce que ça fait courir le risque d’une « droite encore plus dure » qui arriverait… demain ?

En 1933, les staliniens allemands attaquaient les meetings de sociaux démocrates qu’ils appelaient « sociaux fascistes » par une porte tandis que les nazis les attaquaient par une autre porte (Lire : Ian Valtin « sans patrie ni frontière » ) : Staline qui pensait que l’avènement d’Hitler hâterait la révolution socialiste en Allemagne, (sic) avait décrété que les pires ennemis à écraser d’abord étaient les « sociaux-fascistes » parce qu’ils faisaient écran, qu’ils empêchaient la lutte finale contre les nazis… Ils ont voté pour leurs seules idées, ils n’ont pas voté les uns pour les autres, entre socialistes et communistes, et résultat, dans la triangulaire, Hitler est passé sans avoir la majorité…

Gilbert n’est donc pas pour l’unité, il est pour défendre SES idées. « Le seul vote utile c’est pour ses idées ».

Oui, moi aussi, d’ailleurs. Mais comment ? Parce qu’on peut voter Hollande en pensant que c’est pour faire gagner ses idées…

Je ne fais moi même jamais de compromis sur mes idées, on me le reproche assez, je défends les 60 ans sans décote. 35 60 1700 20… au PS, certains voudraient que mes idées, celles de D&S, soient minoritaires, ils préfèrent Valls ou Cahuzac.
Au fait quelles idées ? Je suis pour une hausse massive des salaires. Un Smic à 1700. Martine Aubry avait fini par préciser un Smic à 1650 euros dans les primaires. OU commence le compromis ?
Gilbert me demande d’arrêter de capituler. Il ne veut pas entendre mes arguments, que c’est une élection binaire, pas démocratique, faut pas avoir trop d’illusions, ni être trop électoraliste avec la « présidentielle » c’est un scrutin fait pour qu’on ne puisse  justement pas voter sur le fond, ni sur le programme, elle ne sert qu’à éliminer l’autre, alors servons nous en pour chasser  ce pourri de Sarkozy, ensuite on sera dans une meilleure dynamique pour LUTTER tous ensemble…

Non, Gilbert exige, même au risque de perdre,  que  je  vote désormais que pour un candidat sur le fond… entièrement, entièrement. A 100 % « rouge » comme disait le NPA. Un vote « pur » ou rien.

Pas à 99 % rouge. Non,  car à 99%…  pas question. Un gars qui ne défend qu’à 99 % mes idées, pas question de voter pour lui. Ni pour un gars qui les défend à 50 %. Même si ce gars est le seul à pouvoir gagner contre mon ennemi lequel est à 100 % contre mes idées…

Et s’il y en a un, Hollande, qui ne veut augmenter le Smic qu’à 1500 euros je devrais, selon Gilbert, voter contre. On « ne vote que pour ses idées »  Sinon on rosit, hein ? Même si Sarkozy lui, ré élu, on le sait, c’est le Smic qu’il supprimera…

L’important pour Gilbert c’est de voter pour un programme pur – même s’il reste au placard.
Mon beau père, Marcel Le Toullec, au chemin des Dames, congres de Tours, bête humaine SNCF machine à vapeur, PCF, résistant, me disait aussi en 1962  « - sois le plus rouge possible, pas comme les radicaux qui sont rouges dehors et blanc dedans », il a démissionné du PCF en 1964 quand j’ai été exclu (pour maoisme ! les bureaucrates de la fédé PCF 76 en face de moi ne savaient pas la différence avec le trotskisme, même à l’UEC, ils savaient mal, bon allez c’est du passé tout ça, il y a prescription, je me suis réconcilié depuis avec Claude Mazauric, et j’écris de bon coeur dans l’Humanité Dimanche chaque semaine),

Moi je suis content quand Jean Luc Mélenchon réussit une bonne émission à la télé, je regarde, j’admire l’artiste, je me dis que j’aurais dit « comme cela » ou « plutôt comme cela », mais je me réjouis au nom de TOUTE la gauche quand il est bon. Pareil quand il réunit 6000 personnes à Nantes c’est un bon signe pour TOUTE la gauche. Unité ! Bon, quand il parle des Dalton cela me fait rire, surtout quand il dit que « le plus petit est le plus méchant et la plus grande est la plus bête ». Mais ils sont quatre et il met Hollande dans les Dalton, ça j’aime moins. Je préfère quand il dit « je n’ai pas d’ennemi à gauche seulement des concurrents ». Sur le fond, en fait, les Dalton, c’est moyen, car je sais qu’Olivier Besancenot disait :  » Je n’appelle pas à voter, c’est au PS de convaincre mes électeurs » et je n’étais pas d’accord, il faut un désistement républicain, un vote de classe, réciproque, inconditionnel au sein de la gauche pour battre la droite. Dés 1979, je rouspétais et luttais parce que Krivine et Laguillier dénonçaient la « bande des quatre » ( RPR, UDF, PS, PCF) j’essayais déjà de séparer la droite RPR UDF de la gauche PS PCF. Et de construire une front unique de la gauche contre la droite… Je sais aussi que je ne suis pas d’accord quand Jean Luc Mélenchon dit « je ne participerais qu’à un gouvernement que je dirigerais ». Ca, par contre, c’est pas bon. Il faut au contraire qu’il participe, qu’il EXIGE un gouvernement unitaire rouge, rose, vert… sur une bonne plateforme, 35 60, 1700, 20 par exemple. Le débat sur le « front unique » est un débat depuis 40 ans, ceux qui se trompent s’y brûlent.

Au fait pourquoi je raconte cela ?

Je reviens de la réunion contre la « dette » à Reuilly Paris 12 e, (gros succès, 1000 personnes) ou le CADTM, Plenel Médiapart organise avec Attac Copernic une brillante réunion… sans avoir invité complétement la gauche du PS…

Gilbert, t’as lu mon livre « Dette indigne » ? Les idées te plaisent ? A 100 % ? A 50 % ?

En marge de cette réunion, un mec, la soixantaine, remonté, m’a vivement agressé  » – Qu’est ce que tu fous au PS » ? Il faut voter pour tes idées ! Il défendait Mélenchon…
« A quoi tu sers au PS ? » m’a t il demandé ce matin. Ca m’est venu comme une bonne blague et j’ai répondu : « - La première bonne chose que j’ai faite en arrivant au PS, j’ai servi à convaincre Mélenchon de renoncer à Maastricht, ca a pris deux ans, ça a été très dur, on a failli éclater à Brioude, où on étaient réunis tous ensemble, mais on y est arrivé, on a fait un texte pédagogique « Tourner la page de Maastricht » qu’il a fini par signer, pas mal hein ? On a eu la majorité absolue des militants du PS, 52 % des voix à la convention de février 1996 pour ce texte de la gauche socialiste… »

ça ne le convainquait pas. J’ai failli lui parler de notre rôle au sein du PS  sur les 35 h, le TCE, le CPE, la campagne des retraites à 60 ans…  mais j’ai voulu aller trop vite,  trop rapide et trop sûr de moi : « - Allez, tu voteras bien Hollande  le 6 mai ».  Il m’a dit « - Jamais ». Ca m’a fâché. Je lui ai dis « - Là, ça ne va pas, l’abstention, tu le sais, fait le jeu de Sarkozy  ! »
Il est entré en colère féroce :  « - Ah ça suffit le vote utile »
Je lui ai dis « - Ce n’est pas le vote utile dont il est question, moi je ne parle jamais de vote utile, je parle de vote de classe..  je parle du 6 mai. Classe contre classe, on ne peut pas s’abstenir » !
- « Je ne voterais jamais Hollande ni au 1er ni au 2e tour » me répond-il violemment.     Là je lui ai dis qu’il me mettait en colère et qu’on arrêtait la discussion. Terminé ! ça va quoi, patient je suis, mais il y a des limites…
Il revient et me demande  : « - Mais si c’est Sarkozy Le Pen au 2 e tour qu’est-ce que tu votes ? »  Je réponds : « - Je ne vote pas dans ce cas là ».  ( Je n’ai pas appelé à voter Chirac en 2002, je ne suis pas DSK)
Il me dit « - Moi je vote Le Pen, je chamboule tout »
On n’avait plus rien de commun. C’était un ennemi. Hitler peut revenir,  il a chamboulé tout en Allemagne après tout, c’est avec des cons comme ça, en effet.
On était devant une vingtaine de personnes à écouter ce dialogue à la réunion sur la  Dette où je vendais mon livre… on est resté bouche béée.

Je crie :  Unité, unité, unité de toute la gauche, arrêtez les ravages ! Partout !  A gauche et à gauche unie ! sinon on va perdre le 6 mai.

Prélèvements progressifs, redistribution égalitaire et… quotient familial

Ce n’est pas si compliqué que ça d’expliquer qu’il faut une révolution fiscale en se faisant comprendre de dizaines de millions de salariés.

Il faut défendre la hausse des impôts justes et proposer de baisser les impôts injustes.

Les impôts justes sont directs et progressifs

Les impôts injustes sont indirects et proportionnels.

Sarkozy a baissé les impôts justes : il a baissé les impôts des riches et des sociétés. C’est la première cause des déficits et de la dette dans laquelle il a plongé le pays.

Il faut les ré augmenter et reprendre ce qui doit être repris aux riches, aux actionnaires rentiers et CAC 40. Augmenter les impôts des plus grosses sociétés (lesquelles sont moins imposées que les petites) et augmenter les impôts des rentiers et des plus gros possédants. Il faut restaurer des tranches fines d’impôts progressives disons un barème progressif de 1 à 20 (la droite les a réduit de 13 à moins de 5 tranches). C’est un impôt redistributif, pas simplement proportionnel. Il faut que celui qui a une jaguar paie davantage d’impôts que celui qui a une mobylette. Cet impôt est fait pour corriger des inégalités. Aussi bien dans l’héritage que dans la rente et au travail. Il doit, en ces temps de crises exceptionnelles, s’attaquer particulièrement à tous les revenus supérieurs à 20 fois le Smic. Aucun humain quelque soit son génie, ne mérite de gagner plus de 20 fois qu’un autre : à l’école on vous note de 1 à 20 pourquoi vous paierait-on de 1 à 600?  Au-delà de cette limite de 20 fois le Smic, un impôt à 90 % prend tout, comme du temps de Roosevelt lors de la grande crise précédente du capitalisme.

Sarkozy a haussé les impôts injustes, les taxes, sur les sodas comme sur les mutuelles, la TVA, et la TIPP frappant à égalité tous les consommateurs. Un smicard paie deux mois d’impôts en TVA lorsqu’il va au super marché.  Il faut tendre à baisser ces impôts injustes, autant qu’on le pourra progressivement et parallèlement à la hausse des impôts justes. Il faut commencer par baisser la TVA sur les produits de première nécessité et premiers besoins. Ce n’est pas normal qu’un jeune qui met de l’essence dans sa mobylette paie autant d’impôts que celui qui en met dans sa jaguar.

Ensuite, il faut expliquer que les cotisations sociales ne sont pas des impôts mais qu’elles alimentent un budget spécifique basé sur le travail et le salaire. Ce ne sont pas des prélèvements obligatoires mais des prélèvements volontaires. Elles ne sont pas étatisées, ni fiscalisées, c’est une part du salaire mutualisé, indirect, c’est exprès et c’est bien ainsi.

En France, il y a deux budgets. Sur le premier, celui de l’Etat, qui fait autour de 300 milliards, il y a 78,5 % de la dette. Sur le second, le budget des caisses de protection sociale, qui fait 450 milliards, il y a moins de dettes, soit 10,5 %

On peut et l’on doit régler facilement le budget de notre protection sociale, en haussant les salaires bruts et, du même coup, les cotisations sociales patronales qui sont bloquées depuis plus de 20 ans

Enfin on doit expliquer qu’il faut redistribuer égalitairement les droits sociaux, que chacun soit traité de la même façon face à la maladie, à l’hôpital, face au chômage, au coût des familles nombreuses, au logement, aux accidents ou a la retraite.

Il n’y a pas trop de dépenses publiques dans ce pays, au contraire il en manque : car de 1996 à 2008 les dépenses publiques ont baissé, trop baissé, alors que la France s’enrichissait, les dépenses publiques  ne sont donc pas à l’origine de la dette. Il faut RE-DIS-TRI-BUER ! Et cela permet de comprendre le sens, l’utilité de l’impôt comme celui de la cotisation.

Par exemple : les allocations familiales et les aides aux enfants, aux familles nombreuses doivent être les mêmes pour toutes et tous de la naissance à l’âge adulte. Mais, dira t on alors, il va être donné autant d’argent à celui qui a une jaguar ou une mobylette. Là, oui, car il s’agit de redistribution. Et c’est normal puisque celui qui a une jaguar paie beaucoup plus d’impôts que celui qui a une mobylette. On a entendu « oui mais alors on va donner des allocations familiales à l’héritière Bettencourt » : ce n’est pas grave car on va lui donner quelques centaines d’euros multipliés par son nombre d’enfants mais on lui aura pris quelques centaines de millions d’euros auparavant. Leur foyer “fiscal” est calculé pour tous en même nombre de parts selon le nombre d’enfants ?  Oui, mais l’ensemble de leur revenu est soumis à un impôt qui, lui, est progressif ! Ce n’est pas au niveau de la redistribution qu’on corrige les inégalités mais au niveau du prélèvement. De même que ce n’est pas au niveau des retraites qu’on corrige les inégalités antérieures de salaires.

Autre exemple : Raffarin expliquait qu’il ne fallait pas rembourser de la même façon le bras cassé de celui qui était aux skis et le bras cassé de celui qui tombe sur son trottoir d’en face. Si !  Il faut les rembourser de la même façon, ils ont absolument droit aux mêmes soins, dans le même hôpital, côte à côte, dans la même chambre. Sinon il finira par y avoir un hôpital pour les bras cassés des riches et un hôpital pour les bras cassés des pauvres.

Autre exemple : Alain Minc explique volontiers que lorsque son vieux père de 102 ans a été soigné, cela ne lui a rien coûté, il a été pris en charge, et qu’il aurait pourtant eu les moyens de payer lui-même. Il dit le regretter (c’était dans une émission récente sur LCP en face de moi, et hélas, Serge Moatti lui concède « être d‘accord avec lui sur ce point »). Eh, bien non, car s’il y a une prise en charge de la dépendance, elle doit être demain la même pour tous, sinon il y aura des mouroirs pour les pauvres et des hôtels de luxe pour les riches. Il faut que le vieux conducteur de jaguar et le vieux conducteur de mobylette perçoivent la même aide.

 

Prélèvements progressifs.

Hausse des impôts justes, baisse des impôts injustes.

Redistribution égalitaire.

Ce sont des slogans faciles. Clairs, mobilisateurs pour des millions d’électeurs : il y a 20 millions d’électeurs à gagner le 6 mai.

Ce ne sont pas des explications emberlificotées dans de la vieille dentelle sur les retraites ou sur les impôts qui permettront de gagner

Il faut que chacun reçoive le message en positif : pas question d’opposer des catégories à d’autres, ni ceux qui gagnent 4000 euros à ceux qui en gagnent 1000. Il y a assez a faire en s’attaquant aux hautes fortunes, aux grands du CAC 40, aux rentes, aux patrimoines géants. Il n’y a pas de courage à s’attaquer à ceux qui perçoivent 4000 euros, si on ne s’attaque pas à ceux qui ont plus de 20 fois le Smic c’est à dire plus de 20 000 euros.

pourquoi donc prendre la révolution fiscale par le bout du « quotient familial » ? Si l’on veut augmenter les impôts des riches pourquoi ne pas le faire franchement en augmentant le nombre de tranches et le taux de la dernière tranche. Avec 20 tranches d’imposition et une dernière tranche taxée à 90 % personne ne poserait plus le problème. Ensuite parce que traiter différemment les enfants ne présage rien de bon pour les allocations familiales : ça ouvre le risque est qu’elles ne soient plus versées que sous condition de ressources. Jospin avait déjà mis ça sur le tapis puis il avait réfléchi et reculé. Carter l’avait fait et Reagan n’avait plus eu qu’à mener campagne contre « ces femmes noires célibataires avec plusieurs enfants nés de partenaires différents qui mangent des steaks moelleux alors que vous êtes obligés de vous contenter d’un hamburger » (en substance) pour rayer les allocations familiales de la carte. Les couches moyennes du salariat, déjà privées d’allocations familiales, n’avaient pas fait un geste pour défendre celles des plus pauvres.

De toute façon dans ce pays, 98 % des salaires sont inférieurs en net à 3200 euros. : il n’y a pas de « classe moyenne », il y a un haut, un milieu et un bas du salariat, il faut des solutions unifiantes, compréhensibles en termes d’impôts comme de cotisations sociales. Nous les avons dites ici.

Encore et toujours rassembler la gauche ! Unité

Les conflits Seafrance, Petroplus, Lejaby … font la « une » de l’actualité.
Les attaques se multiplient pour abaisser le coût du travail, alléger les cotisations patronales, transférer le financement des entreprises vers les salariés via la TVA, préparer de nouveaux arbitrages entre salaire et emploi au détriment des deux, raboter encore plus le code du travail. Et la règle d’or va revenir avec un traité européen nouveau imposé à marche forcée, plus grave encore que le TCE de 2005 car il constitutionalisera l’austérité.

Cette situation appelle une riposte sociale et politique.

La riposte sociale, elle appartient aux syndicats. Unis, ils peuvent prendre des initiatives dans toutes les entreprises du pays pour dire non à la TVA sociale, non au blocage des salaires, non aux licenciements : ce n’est pas aux salariés de payer la crise mais aux financiers et aux banques qui l’ont provoquée.
La riposte sociale, c’est aussi l’action européenne. Dans tous les pays d’Europe des millions de jeunes et de salariés ont manifesté, sur les mêmes mots d’ordre contre la rigueur. A l’heure où les dirigeants européens prétendent constitutionnaliser la rigueur, il faut construire une riposte européenne.

La riposte politique est tout aussi indispensable. Elle est le prolongement, la traduction des exigences sociales sur le plan politique. Elle doit être unitaire. Hollande a invité les responsables syndicaux à discuter. Très bien sur la forme. Sur le fond, une majorité qui regarde à gauche attend des réponses plus nettes sur les questions sociales, contre les marchés financiers, pour une Europe sociale, pour la retraite à 60 ans, pour un autre partage des richesses.

Proposer et rassembler à gauche pour combattre le FN

La remontée du FN qui s’est manifestée depuis les régionales, affirmée aux cantonales … peut mordre davantage sur une partie de l’électorat. Le discours économique et social tenu par le FN depuis plusieurs mois a cette fonction. Et on entend clairement dire « au moins elle parle de nos problèmes », ce qui signifie tout autant à l’adresse de la gauche : « Parlez de nos problèmes ! ».
Sarkozy est, bien sûr, le premier responsable de cette remontée du FN. Il a banalisé le discours d’extrême-droite (identité nationale, immigration, délinquance). Les grands médias ont aussi largement contribué à répandre le mythe du « changement » du FN. Pour répondre, il ne suffit pas de dire « je prends çà au sérieux ». Il faut des propositions susceptibles de briser la montée des intentions de vote pour Le Pen et il faut l’unité. C’est possible et c’est même attendu !

Hollande seul candidat de gauche en capacité de battre Sarkozy

Si  tous les possédants sont derrière Sarkozy par intérêt, la bourgeoisie peut à tout moment, si c’est son intérêt, appuyer une alliance Sarkozy-Le Pen. Si une grosse majorité soutient Sarkozy, des interrogations existent qui se manifestent par la multiplication des candidatures à droite peu crédibles aujourd’hui, si ce n’est la tentative Bayrou. Car Bayrou, qui se nourrit aussi des insuffisances de la gauche, attire à droite ceux qui commencent à douter de la victoire de Sarkozy. Ces éléments épars sont le signe d’une crise de représentation politique à droite. Ils se transformeraient en une crise profonde si la gauche gagnait en mai et juin 2012. A contrario, une réélection de Sarkozy serait catastrophique pour la situation de millions de salariés ! C’est pourquoi D&S soutient sans réserve la candidature de François Hollande, seul candidat de gauche en capacité de battre Sarkozy.

Pour l’unité PS-Verts-Front de Gauche

Pour ancrer la campagne à gauche, il faut répondre aux salariés confrontés aux fermetures d’entreprises, confrontés aux difficultés de pouvoir d’achat, de soins médicaux, de mal logement…Il y a des initiatives où toute la gauche se retrouve pour débattre comme sur le logement à l’initiative de la Fondation Copernic et du DAL. Les syndicalistes débattent sur salaires, retraites, emploi … c’est cela qu’on doit mettre au centre de la campagne. C’est cela qui unifie.

Il faut dès à présent préparer une  majorité PS, EELV, Front de gauche à l’Assemblée. Elle doit se constituer pour répondre aux urgences sociales et environnementales. Il faut poser la question d’un accord de gouvernement. Une rencontre des 3 forces pour un programme de législature partagé, pour un programme de gouvernement est nécessaire.  C’est surtout le signal qu’attendent des millions d’électeurs pour s’engager pour le changement maintenant. Il y a une base pour construire un tel programme partagé, c’est de partir des projets des 3 forces politiques à gauche et d’en discuter.

Sans unité rien de grand ne sera possible ! Il ne s’agit pas seulement d’une unité arithmétique, il s’agit de créer une dynamique aussi puissante que celle qui a mis 8 millions de salariés dans la rue pour la retraite à 60 ans. Et alors, la victoire électorale sera au rendez-vous avec la mobilisation nécessaire pour le changement.

 

édito de la lettre de D&S n° 101 le 11 janvier 2012

Avec François Hollande

On a en face de nous des médias extraordinairement puissants et quasi totalitaires : Bouygues, Lagardère, Arnaud, Pinault, Dassault, Rothschild… Ils sont totalement au service de Sarkozy ainsi que le CAC 40, le Medef et la rente de ce pays. Tous les possédants sont arqueboutés derrière le candidat sortant de la droite, fut-il le pire président de la Ve république. Ils ont un sens de classe aigu pour défendre leurs banques, leurs patrimoines, leurs fortunes accumulées quand bien même elles seraient excessivement concentrées et voyantes.

Ils ont dégagé le pseudo « centre » à leur manière : exit Borloo, ridiculisé Morin, minorisé Villepin, tout pour faire une place en or à Bayrou avec lequel ils ont un accord secret de désistement pour le second tour. Bayrou est sur certains points plus à droite que Sarkozy, il n’a pas réussi en 5 ans, depuis 2007, à dépasser le stade de chefaillon groupusculaire, mais vous remarquerez, il est traité comme un dieu par la grande presse.

Marine Le Pen, « amène le pire » est également traitée comme une reine, ils font sa promotion à loisir, la gonfle, la dégonfle au gré de leurs besoins. Une future alliée de Sarkozy qui n’hésitera pas demain à la prendre dans son gouvernement dés qu’il en aura besoin pour sa majorité.

Et ils cognent, ils cognent, cognent sur un seul homme : François Hollande. Ils vont le trouver, trop mou, trop dur, trop hésitant, trop ceci, trop cela. Tout va y passer, sa prétendue « mollesse », son incompétence, son absence d’engagement à gauche, méfiez vous, car ils vont tout utiliser à commencer par la division, la rancœur parfois à gauche de ceux qui sont aveugles devant le danger énorme qui nous guette. L’arme préférée des trolls UMP sur Internet c’est la « critique de gauche » de Hollande pour mieux expliquer que ça ne sert à rien de voter, que ça ne change rien afin de nourrir l’abstention qui ferait le jeu de Sarkozy.

Il paraît même qu’il ne faut « pas être antisarkoyste primaire », que  « ça ne sert à rien de le battre » si on n’a pas un programme – idéal ! – à la place… Le JDD journal archi à droite affirme déjà que « l’écart se resserre » et que Sarkozy remonte. C’était prévu dans leurs plans : ils testent ! En dépit de l’impopularité, de la haine légitime que suscite Sarkozy.

Alors : que nul ne flanche ! Unité !  Battre cette politique pourrie de Sarkozy est vital, essentiel pour le pays, pour les salariés, pour l’avenir. La réélection de Sarkozy serait le pire qui puisse arriver : un « quitus » à sa sale politique sur les 5 ans passés et encore 5 ans de mal, réduiraient tout ce qu’il y a encore de beau dans notre pays : la sécu, l’école publique, les services publics, les 35 h, ce qui reste de retraite, il ratiboisera tout. Soyons en conscient quand il est temps. Et développons cette conscience de classe le plus hardiment possible autour de vous.

On ne joue pas. Ou plutôt on joue l’histoire ce pays. Tout pour François Hollande, tout avec François Hollande. Tout pour soutenir, protéger, encourager, défendre, pousser en avant le SEUL candidat en position de sauver la gauche, de gagner les 22 avril et 6 mai. Sans hésitation, sans état d’âme. Seule sa victoire CONTRE Sarkozy ouvrira une voie aux luttes sociales, une dynamique qui ira plus loin que tous les programmes les plus beaux – qui sinon, resteront dans les placards.

François Hollande : fusion entre la CSG et l’impôt sur le revenu « à terme » ? 3/4 janvier 2012

L’information a été annoncée dans Les Echos puis, elle a été partiellement démentie par l’intéressé. Beaucoup n’y comprennent rien parce que c’est un débat qui n’a jamais été sérieusement et publiquement mené.  Dans l’entourage de François Hollande, il y a des partisans acharnés de la chose, d’autres sont plus réalistes et raisonnables, sans doute est-ce ce qui a émergé soudain à travers une rumeur et une rectification prudente ?

Certains croient qu’il s’agit seulement de la question du prélèvement à la source de l’impôt :

- Dans ce cas que veut dire « la source » ? La seule feuille de paie ? Où chaque transaction financière ?

- D’autres croient qu’il s’agit de « fiscaliser » les cotisations sociales » ? Là, il s’agit de rompre avec la protection sociale assise et garantie par le travail, et de l’étatiser, de l’assimiler à l’impôt. Ce n’est pas une mince affaire. C’est une vraie rupture avec l’organisation sociale française telle qu’elle existe depuis 1945 et le programme du Conseil national de la résistance.

- Enfin il y en a qui pensent qu’il faut diminuer le « coût du travail » et qui, pressionné par les idées néolibérales, veulent, comme le Medef et les sarkozystes supprimer les cotisations sociales sur le salaire brut : c’est un peu le même raisonnement qui aboutit à une « TVA sociale ».

Tout ça se mélange dans les majorités différentes qui ont fait entrer cela dans les programmes du PS depuis… au moins une quinzaine d’années. C’est un peu comme un serpent de mer géant qu’on voit et qu’on ne voit plus apparaître selon les périodes. Dés la gauche socialiste (de 1995 à 2002) je me suis opposé politiquement à cela avec tous nos amis de la revue D&S.

 

Il existe une sorte de lobbying que j’ai observé, venu surtout de gens de Bercy lequel s’exerce dans tous les courants et sensibilités, même dans la gauche socialiste, en faveur de la fusion CGS/ impôts, parfois même en faveur de la fusion impôt et cotisations sociales (même Benoît Hamon et Henri Emmanuelli défendent, à ma connaissance ce projet, et cela s’est trouvé inclus contre mon gré et celui de D&S, dans le texte d’UMA au congrès de Reims).

Il paraît qu’il y a, dans les placards de Bercy, des projets détaillés tout prêts pour cette gigantesque opération et que chaque gouvernement… y a renoncé devant l’énormité du choc social qu’ils induiraient.

Je me souviens encore avoir voulu amender, en vain, le dernier projet présidentiel le 1er juillet 2006, à Solferino, au Bureau national, pour retirer ce type de projet (je n’avais réussi ce jour-là qu’à faire enlever la « retraite à la carte « » et à rétablir la retraite à 60 ans).

Je me souviens, qu’à la coupure, dans la cour de Solférino, DSK était venu me voir, en personne, à part, pour me dire, dans le creux de l’oreille, que « j’avais raison, que j’avais les pieds sur terre, qu’il ne comprenait pas pourquoi tout le monde reprenait cette idée à la direction du PS, que jamais cela ne se ferait, ils sont fous, c’est trop énorme ».

Je me souviens aussi en mars 2010 de l’interview de François Chérèque sur France inter, expliquant au nom de la CFDT pourquoi il était totalement contre, lui aussi, un tel projet. Et en fait, TOUS les syndicats sont contre, quasi à 100%, ce qui s’explique, car il s’agit de la mort de la protection sociale basée sur le travail.

Je me rappelle aussi dans NPS d’un court débat en 2003 avec Jérôme Cahuzac qui écarquillait les yeux d’effroi  lorsque je défendais cette thèse devant Vincent Peillon et Arnaud Montebourg et cela ne me surprend pas de le voir monter au créneau aujourd’hui pour démentir le premier l’information des Echos.

Il y a de quoi y réfléchir en effet pour qui ouvre les yeux :  c’est carrément une forme possible de contre-révolution, de réaction sans précédent quelles que soient les bonnes intentions dont elle se pare.

Car nous avons, et c’est une excellente chose, en France DEUX budgets. Pour faire court, l’un est celui de l’état, avec 320 milliards d’impôts (quand Sarkozy ne baisse pas trop les recettes pour nous endetter !). L’autre est celui de toute la protection sociale, en gros, avec 450 milliards de cotisations qui rentrent (quand Sarkozy ne bloque pas trop nos salaires et ne fait pas trop de cadeaux aux patrons sous forme d’exonérations)

Le premier budget, celui de l’état, n’est « pas pré affecté », le Parlement décidé chaque année de « combien » il donne à l’école ou aux prisons, aux hôpitaux ou aux casernes.

Le second budget est « pré affecté », les cotisations sont recueillies spécialement pour le chômage, la maladie, les accidents du travail, le logement, les familles nombreuses, la retraite. Il est impossible constitutionnellement d’user de ce second budget, par exemple, pour faire la guerre en Afghanistan. La CSG est une contribution dont le Conseil constitutionnel a décidé qu’elle était pré affectée aux caisses sociales.

C’est bien, excellent, que nos cotisations sociales soient ainsi « à l’abri », pour le coup c’est une « règle d’or » saine. Cela a contribué à nous protéger en partie de la crise. Il ne s’agit pas de « prélèvements obligatoires » mais de « prélèvements volontaires », d’une part des salaires mutualisée, mise dans un pot commun et redistribuée à chacun selon ses besoins, c’est une chose magnifique, un bonheur. Ça ne fonctionne pas à ce jour comme l’impôt. Et c’est tant mieux. Fusionner les deux, c’était un énorme risque, celui d’affaiblir la protection sociale, de passer sur l’impôt ce qui est lié et assuré par le travail, par le bulletin de paie, dans le salaire brut.

Protégeons nos caisses sociales !

Oui, il faut que la protection sociale reste payée en direct avec le salaire, c’est du sur, c’est du salaire brut, solide, direct ou différé, ça ne passe pas par des aléas de vote ou de fonds de pension. D’ailleurs la fameuse « dette » sur la protection sociale, elle, n’est que de 10, 5 % soit 45 milliards sur  un budget de 450 milliards tandis que 78,5 % du reste de la dette relève des choix de l’état soit autour de 1500 milliards sur un budget de 320 milliards. Imaginez où les sarkozystes et leurs successeurs iraient prendre l’argent des plans d’austérité, si, librement, tout était fondu et s’il n’y avait plus de barrière entre les deux budgets : c’est le rêve absolu du Medef, ne plus payer de cotisations sociales sur le travail, et bénéficier de majorités de droite qui taillent des croupières aux caisses sociales, chaque année dans des lois budgétaires « équilibrées » par une « règle d’or » antisociale.

Ne mélangez pas les choux et les carottes, cela ne desservirait que la protection sociale.

 

Les offensives au sein du PS pour fusionner impôt et CSG/cotisations sociales sous prétexte de « prélever à la source » ont surtout été l’objet des courants droitiers lobbies de Bercy, Gracques et Valls qui sont obsédés à séparer la protection sociale du salaire pour baisser le fameux « coût du travail » (sic). Ils croient eux aussi que la baisse du coût du travail est la solution au chômage, au libre-échange et commerce extérieur, etc… un peu comme les néolibéraux le croient. Valls, plus droitier que d’autres, en avait  tiré la logique : il était pour baisser les cotisations sociales et les remplacer par la « TVA sociale », une méthode également rêvée par le Medef pour baisser le salaire brut et que Sarkozy veut désormais mettre en œuvre en essayant de diviser.

 

Reste à être logiques mais autrement  : pour assurer la défense du salaire brut (ré apprenez à 24 millions de salariés à relire leur feuille de paie, car c’est elle qui va être attaquée) il faut enlever au Parlement la caricature de débat qu’est l’adoption annuelle cynique de la LFSS, et rendre légitimement la gestion sérieuse et responsable des caisses sociales aux syndicats, du salaire brut, en organisant des élections tous les cinq ans, jumelant prud’hommes et élections sociales. C’est l’abrogation des ordonnances de Pompidou de 1965 et de ce qui reste de la loi Juppé de 1995. C’est le retour au contrôle légitime par les salariés de la partie mutualisée de leur salaire. Une vraie révolution, un vrai progrès.

En même temps qu’on va hausser les salaires, on remettra à flots les caisses de protection sociale du même coup, car c’est le blocage des salaires qui les met en difficulté. On restaurera une protection sociale démocratique non étatisée (pourquoi les libéraux qui veulent toujours moins d’état sont-ils assoiffés à « étatiser » la Sécu ?). Il faut baisser le coût du capital, pas du travail. Il faut déplaire aux banques et aux officines de notation, et non pas devancer leurs ordres.

 

Gérard Filoche, 3/4 janvier 2012

 

 

L’ UMP : comment prôner du chômage partiel forcé et taper sur les 35 h ?

À l’UMP, ils prétendaient se moquer du « partage du travail ». Tout était de la faute des 35 h.

Quand il y avait crise, selon eux ( Raymond Barre, Sarkozy ou Bayrou) il fallait « travailler plus » pour s’en sortir. Ils vantaient Alfred Sauvy, « c’est le travail qui crée le travail ». Travailler moins c’était la faute à la gauche et la course à l’abîme. Il fallait, selon eux,

- des horaires à la carte sur la journée, la semaine, l’année, des retraites à la carte, des heures supplémentaires défiscalisées, non contingentées, moins majorées.

- Ils ont fait une loi TEPA pour que l’état paie (4,4 milliards par an) ces heures supplémentaires à la place des patrons.

- Ils ont cassé des conventions collectives comme celle de la restauration afin d’autoriser jusqu’à 360 heures supplémentaires par an.

- Ils ont déduit les temps de transports professionnels du temps de travail effectif. Ils ont dérégulé le contrôle des durées du travail.

- Ils ont violé les directives européennes pour permettre, dans certains cas, aux cadres de travailler plus que la durée maxima européenne de 48 h par semaine et les forfaits jours sans respect du repos quotidien européen de 11 h.

- Ils veulent faire travailler jusqu’à 62 et 67 ans.

- Ils ont facilité l’annualisation, les modulations. Ils ont multiplié par deux la précarité, les CDD, les « stages », les intérims, les saisonniers, les horaires et contrats atypiques…

- Il leur fallait 45 h sans gain de salaire ! Et ils y sont presque arrivés car la durée réelle du travail moyenne doit être de 41/42 h aujourd’hui – souvent déclarée et payée 35.

Les voilà qui exigent un « CDD de trente mois » , 30 mois d’esclavage incertain…

Jamais il n’y a eu autant de « flexibilité » en matière de travail et jamais autant de « rigidité » en matière de salaire.

 

Et avec tout ça…. ils ont obtenu 4 510 000 chômeurs, record historique absolu !

Et si le sarkozysme continue (des milliards en plus pour les banques, des milliards en moins pour les salariés), nous aurons au moins 500 000 chômeurs en plus dans l’année 2012.

Auxquels il faut ajouter une estimation d’au moins 500 000 non-inscrits, radiés, RSA forcés…et plus de 3,5 millions de précaires, 3 millions de temps partiels. C’est-à-dire qu’ils ont imposé, en fait, contre tous leurs dires, un PARTAGE du temps de travail mais un partage sauvage, féroce, brutal entre surtravail, sous travail et sans travail.

Et qu’est ce qu’ils proposent encore aujourd’hui ?

Comme en 2008/2009, du temps où ils ont commencé à donner des milliards aux banques plutôt qu’aux salariés : du CHOMAGE PARTIEL FORCE. En 2009 Sarkozy avait déjà fait 600 000 chômeurs partiels forcés et il avait payé 300  millions d’euros pour ça : il faisait déjà « travailler moins pour gagner moins » !  C’est l’état qui payait ! Pendant ce temps-là, les patrons étaient soulagés, ils pouvaient baisser les salaires, écouler leurs stocks, garder leurs profits intacts, et même l’état versait des « primes à la casse » (6,5 milliards) pour que, quand même, leurs automobiles puissent se vendre.

Comment peuvent-ils prôner le chômage partiel et taper sur les 35 h en même temps ? Proposer du chômage partiel contre le chômage, c’est augmenter le nombre de chômeurs. C’est partager le chômage à défaut de partager le travail. Et surtout baisser les salaires.

Il n’y a pire contradiction que d’encourager les heures supplémentaires et organiser le chômage partiel. C’est pousser à ce que certains qui ont un boulot travaillent deux fois plus à la place d’autres qui n’en ont pas ou n’en auront plus. La division inégalitaire de la société s’accroîtra.

Le seul résultat de tout cela est encore de baisser les salaires. De 20 ou de 30 % comme en Grèce. Mais si les salaires baissent encore avec du temps partiel forcé, cela aggravera l’austérité et la récession dans une spirale infernale.

La France n’a jamais été aussi riche de son histoire et ses richesses aussi mal partagées, c’est de là que vient tout le mal. Il ne faut pas baisser les salaires pour garder les profits, il faut AU CONTRAIRE augmenter les salaires et baisser les profits. REDISTRIBUER pour RELANCER !

Le chômage d’aujourd’hui provient de ce que les banksters auxquels des centaines de milliards ont été donnés, les ont reçus sans condition, sans contrôle et qu’ils continuent à donner les mêmes ordres, à imposer des ratios, des crédits qui sont conditionnés, orientés, attribués contre l’emploi et les salaires. Les banksters qui continuent de jouer librement à l’économie casino, précipitent l’euro, l’Europe vers le précipice et ils ne sont pas contrés mais encouragés par Sarkozy qui veut en permanence, tous les jours, les « rassurer ».

Ce type-là fait tout pour ses riches amis du Fouquet’s : il décide donc sans vergogne de faire « travailler moins pour gagner moins » après avoir hurlé sur tous les tons qu’il fallait « travailler plus pour gagner plus »  et qu’il serait le « président du pouvoir d’achat » !

Il devait faire reculer le chômage, il l’organise. Il refusait le partage du travail, il l’impose férocement et inégalement. Il appelle à produire plus, il alimente la récession. Il dit qu’il fallait éviter à la France le sort de la Grèce, et comme prévu, il lui impose le sort de la Grèce.

Au moins, les 35 h, c’était pour tous et sans perte de salaire ! (il n’y eut en l’an 2000 que 0,3 % des accords qui interprétèrent la loi avec un gel temporaire des salaires). Elles permirent, même mal contrôlées, 400 000 emplois de plus en 2000.

Au moins, la retraite à 60 ans et les préretraites à 55 ans pour les salariés usés, cela se défendait quand la pays souffre de  25 % des jeunes actifs au chômage.

On n’a pas « tout essayé contre le chômage de masse » : c’est une erreur d’avoir dit cela. Il faut une sorte d’échelle mobile des heures de travail et baisser davantage la durée du travail quand le chômage monte.

Au contraire du sarkozysme délirant et dangereux à 5 millions de chômeurs, il n’y aura pas de réduction du chômage de masse sans réduction du temps de travail sur la semaine, sur l’année et sur la vie.

- Il faut rendre les heures supplémentaires plus coûteuses que l’embauche. 50 % dés la 36e heure. 100 % après 40 h.

- Il faut baisser les durées maxima du travail de 48 h à 44 h. Il faut rendre les deux jours de repos consécutifs, dont le dimanche à tous les salariés – par la loi.

- Il faut imposer un repos quotidien de 13 h pour la santé autant que pour l’emploi.

- Le retour à la retraite à 60 ans s’impose quand les salariés ne cotisent en moyenne que 36 annuités et que 2 seniors sur 3 sont au licenciés, au chômage, inaptes ou malades à partir de 55 ans.

- La question qui se pose aujourd’hui est même celle de conforter les 35 h hebdomadaires et de préparer  les 32 h : elles sont officiellement voulues par la majorité écrasante de la gauche (EELV, FdG, une majeure partie du PS).

- Qu’est-ce que l’UMP va y opposer ? Sinon les 32 h mais avec perte de salaire ?  Osons le débat alors : il faut les 32 h sans perte de salaire ! Nous avons le taux de productivité horaire le plus élevé au monde ; nous resterons « compétitifs », ce qui se passera c’est qu’il y aura une redistribution entre profits et salaires dans le sens des salaires, on travaillera mieux, moins tous, et on gagnera plus.

C’est le seul but de l’UMP/MEDEF, leur seule obsession en fait : la durée du travail, la flexibilité, c’est la forme, le prétexte, leur seul but, c’est de baisser les salaires bruts et nets pour maintenir les profits, la concentration des richesses. C’est le seul résultat  que produirait le « chômage partiel imposé » de l’UMP, ce qui affaiblirait encore les caisses de retraite, la Sécu, le logement, l’éducation… ce qui creuserait les déficits, alimenterait la Dette.  Et le chantage à la Dette, c’est ce qui nourrit leurs bulletins de vote, c’est leur argument, c’est leur bible, c’est leur idéal chéri pour tenter de rester au pouvoir en 2012

 

Reconstruisons le code du travail, ses durées légales, maxima, contrôlées, et contrôlables !  Vive les 35 h avec hausse de salaire. Préparons les 32 h sans perte de salaire !

Pendant 160 ans l’histoire du code du travail a été celle de la réduction du temps de travail. Il a fallu 80 ans entre 1840 et 1920 pour passer de la journée de 17 h à celle de 10 h. Il fallut 70 ans entre 1936 et 2002 pour passer de la semaine de 40 h à celle de 35 h. Et en 70 ans, on a prouvé en pratique, dans la vie réelle, que l’on pouvait A LA FOIS faire QUATRE choses : produire plus, avoir plus d’emploi, gagner plus et travailler moins longtemps. Il a fallu que depuis 8 ans des intégristes néolibéraux dangereux veuillent faire tourner la roue de cette histoire à l’envers. Ils échouent à 4 510 000 chômeurs. Restaurons le droit du travail, c’est la civilisation, la dérégulation du droit du travail comme celle des bourses et de la finance, c’est la catastrophe, c’est un crime économique. Le droit DU travail, c’est du droit AU travail.

 

Encore un « bide » de Sarkozy/ Merkel Hélas, cela fait 7 fois depuis deux ans, de sommet en sommet, qu’ils nous font le coup : « Rassurer les marchés », cela ne fonctionne pas !

La troika, UE/BCE/FMI et les duettistes Sarkozy/Merkel sont décidément trop liés banksters et aux spéculateurs pour s’opposer à eux. Pour eux, de mois en mois, « rassurer les marchés », du haut de la passerelle de leur bateau, cela revient à jeter des steaks aux requins. Et les requins ne lâchent pas le navire.

Mai 2010 : la Grèce

Le 7 mai 2010, le conseil européen valide un plan de sauvetage de 110 milliards d’euros (Union européenne et FMI) des banques et des assurances créancières de la Grèce.
Le 6 mai, sur RTL, le ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy, Bernard Kouchner déclare : « Est-ce qu’il faudrait arrêter l’Europe ? Que la Grèce reprenne la drachme ? Ce serait d’abord une très grosse faute pour eux, ce serait ensuite pas supportable sur le plan européen »
Dans la nuit du 9 au 10 mai 2010, pour rassurer les marchés et éviter que la crise grecque ne s’étende à l’Irlande ou au Portugal, l’Union européenne crée le Fonds européen de stabilité financière (le FESF) doté, en théorie, de 440 milliards d’euros.

Novembre 2010 : l’Irlande

Hélas ! En novembre 2010, les taux auxquels les marchés prêtent à l’Irlande atteignent 9 %, un niveau totalement insupportable pour le budget irlandais comme pour tout autre budget.

Pour sauver les banques et les assurances créancières de l’Irlande, le FESF, l’Union européenne et le FMI accordent, le 21 novembre 2010, un prêt de 85 milliards d’euros à l’Irlande.
Selon les dirigeants européens, ce prêt rassure les marchés et écarte tout danger de contagion de la crise de la dette. François Baroin, Ministre du Budget et porte-parole du gouvernement Sarkozy précise qu’il n’y a « aucun risque » pour que la note de la France, son triple A, soit dégradée.

Mai 2011 : le Portugal

Hélas ! Après l’appel au secours, sur une chaine de télévision portugaise, du président de la deuxième banque portugaise, la banque Espirito Santo, le gouvernement portugais décide de faire appel à l’Union européenne et au FMI pour sauver les banques et les assurances créancières de la dette publique portugaise.

Le 4 mai 2011, le conseil européen valide le prêt de 78 milliards d’euros de l’UE et du FMI.
Les dirigeants européens l’affirment de nouveau avec une grande fermeté : les marchés sont rassurés et le risque de contagion est définitivement stoppé.

Eté 2011 : la Grèce, l’Italie et l’Espagne

Hélas ! Pendant l’été 2011, craignant que la crise de la dette grecque qui a redémarré de plus belle ne s’étende à l’Espagne et à l’Italie, les marchés financiers se déchainent contre les obligations d’Etat de ces deux pays. Les taux de rendement de leurs obligations à 10 ans atteignent 5,5 %.

Pendant 15 jours les cours des principales places boursières européennes dégringolent. Les titres bancaires sont dans le collimateur des marchés, tout spécialement ceux des banques italiennes et françaises. Le 18 août, le titre de la Société générale, après plus d’une semaine de baisse, perd 12,3 % de sa valeur.

Interrompant leurs vacances d’été, Sarkozy et Merkel « sauvent une nouvelle fois l’Europe » en faisant voter par le conseil européen un nouvel accord, le 27 octobre 2011, validant un nouveau prêt de 110 milliards pour sauver les banques et les assurances créancières de la Grèce.
Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP déclare : « Aujourd’hui, la zone euro ressort grandie, avec des perspectives d’avenir claires et les Européens sont rassurés. L’accord trouvé est à la hauteur des attentes des citoyens et des défis futurs de la zone euro ». Le 27 novembre toujours, Nicolas Sarkozy triomphe lors de son show télévisé.

Novembre-décembre : la crise de l’euro

Hélas ! Dès le lendemain les cours boursiers recommencent à dégringoler. Le 29 octobre, le premier Ministre Grec, Georges Papandréou, déclare qu’il va soumettre à l’accord du 27 octobre à un référendum et accentue la panique des marchés financiers.
Sarkozy, oubliant les paroles de son ministre des Affaires étrangères le 6 mai 2010, menace la Grèce d’une sortie de l’euro et d’un retour à la drachme. Il faut dire que l’idée que les peuples aient leur mot à dire dans la crise de la dette publique l’a fait sortir de ces gonds.
Les marchés ne sont pas rassurés pour autant. Les cours boursiers continuent à dégringoler, particulièrement ceux des valeurs bancaires italiennes et françaises.

Aux grands maux, les grands remèdes. Les marchés ayant voté avec leurs bulletins de vote, les taux d’intérêt, Georges Papandréou et Silvio Berlusconi deux chefs de gouvernement issus d’une majorité élue au suffrage universel (quoi que l’on pense par ailleurs de ces deux personnages) sont expulsés du pouvoir et remplacés, à la mi-novembre, par deux anciens de la banque Goldman Sachs : Lucas Papadémos en Grèce et Mario Monti en Italie. Ils font aussitôt voter de nouveaux plans d’austérité par leurs parlements respectifs. Avec Mario Draghi nommé à la tête de la BCE les anciens de Goldman Sachs (la banque qui avait aidé le gouvernement Caramanlis à maquiller les comptes publics grecs) se taillent la part du lion dans l’Union européenne.

Hélas ! Même avec les Goldman’s boys aux commandes, les marchés ne sont toujours pas rassurés. La valeur de l’euro bat de l’aile (ce qui en d’autres circonstances pourrait être une bonne nouvelle). La France est menacée de perdre son triple A. La droite accuse François Hollande, qui se contente de constater que les marchés considèrent depuis un certain temps que ce triple A est perdu, de torpiller la France. Le 25 novembre 2011, les obligations italiennes à deux ans se sont négociées à un taux de 7,8 % contre 4,6 % lors de la précédente émission.

Merkel et Sarkozy imposent alors un nouvel accord européen, le 9 décembre 2011. Cet accord tente d’infliger une « règle d’or » budgétaire à tous les pays européens. Cette règle de plomb, si elle était adoptée, signifieraient des plans d’austérité à répétition et un recul considérable de la démocratie dans tous les pays signataires qui, après avoir perdu tout pouvoir sur la politique monétaire avec le traité de Maastricht, perdraient la plus grande partie de leur pouvoir budgétaire.

Hélas ! Les marchés ne sont toujours pas rassurés. Les cours boursiers continuent à faire du yo-yo. Le triple A français paraît définitivement perdu et Sarkozy affirme maintenant que cette perte ne serait pas « insurmontable » : ce que la droite appelait, hier, torpiller la France. La crise bancaire, lourde d’une crise systémique, s’accentue, obligeant les six principales banques centrales du monde à mettre sous perfusion les banques européennes pour que leur approvisionnement en dollars ne soit pas interrompu.

L’Insee annonce que la France et l’Union européenne viennent d’entrer en récession : la généralisation de l’austérité a généralisé la récession.

Jean-Jacques Chavigné
Gérard Filoche

A lire : »DETTE INDIGNE » 10 questions, 10 réponses par Jean-Jacques Chavigné et Gérard Filoche. Éd. Jean-Claude Gawsewitch, 240 p. 14,90 euros

50 arguments pour le droit à la retraite à 60 ans sans décote !

Ce n’est pas possible de ne pas respecter le retour de l’âge de la retraite à 60 ans pour tous

« C’est juste impossible »

Sinon, c’est le chômage qui va gagner :

1. L’âge de la retraite recule ? le chômage avance.

2. Il n’y aura pas de recul du chômage de masse record (5 millions) sans réduction du temps de travail.

3. C’est un non-sens d’allonger les durées de cotisations (ou de faire faire des heures supplémentaires) quand on a 5 millions de chômeurs.

4. L’autre seul résultat c’est que ceux qui ne seront pas en retraite seront inscrits au chômage…

5. 2 salariés sur 3 sont au chômage, licenciés, inaptes, malades, à partir de 55 ans.

Les jeunes seront aussi pénalisés

6. Il y a 25 % de chômeurs parmi les jeunes actifs, pourquoi pousser à ce que les « seniors » travaillent plus, s’il y a une priorité cela doit être pour les jeunes, priorité à la jeunesse !

7. 3 jeunes sur 4 ne trouvent un boulot en CDI qu’à partir de 29 ans. 41 annuités c’est la retraite à 70 ans assurée.

8. Ceux qui commencent à travailler « tôt » vers 16, 17, 18 ans sont 1 ou 2 jeunes sur 8.

9. Et même ceux qui commencent à travailler tôt ont des périodes de chômage qui ne sont pas prises en compte à 100 % dans les annuités.

Un salarié qui a travaillé toute l’année peut avoir moins de 4 trimestres validés si sa rémunération est faible. Ce n’est pas la durée de travail dans l’année qui détermine le nombre de trimestres validés mais le montant des salaires soumis à cotisations retraite. Beaucoup ne parviendront pas à avoir suffisamment de trimestres validés à l’âge de 60 ans, ni probablement d’ailleurs à 62. Puisqu’il faut percevoir un salaire de 1772 € brut pour valider un trimestre. Ce qui veut dire qu’un temps partiel au SMIC travaillant 4 trimestres à l’année n’en valide que 3 !Ainsi, les gens n’ayant pas fait d’études auront le « droit » à la double peine

* Contrats précaires et petits salaires dans leur vie active

* Retraites amputées à 67 ans

Pensons aux caissières d’hypermarchés. Mais qui les avertit et qui se soucie d’elles ? Le calcul de la retraite imposé par Balladur sur les « 25 meilleures années » est ségrégationniste contre les jeunes et pauvres.

C’est la santé des salariés qui est danger

10. L’espérance de vie « en bonne santé » selon l’INSEE est de 63 ans pour les hommes et de 64 ans pour les femmes (59 ans pour les ouvriers, 69 ans pour les cadres). Toujours selon l’INSEE, en France, l’espérance de vie en bonne santé pour les hommes a baissé de 2007 à 2008, de 63 à 62,4 ans.

11. Entre 55 et 60 ans, 2 maladies sur 3 sont liées au travail, entre 60 et 65 ans, 3 maladies sur 4 sont liées au travail. Les plus belles années de la retraite sont entre 60 et 62 ans. Les plus dures années au travail sont entre 60 et 65 ans.

12. La biologie du corps humain n’a pas changé entre 55 et 65 ans. TOUS les métiers sont pénibles. Physiquement et mentalement. Vous voyez un vieil instituteur de 62 ans devant ses élèves ? Un chauffeur-livreur à 59 ans ? Une femme de service de nettoyage à 61 ans ? Un cadre stressé de 60 ans en compétition avec des « jeunes » cadres ? Et un ouvrier du bâtiment de 55 ans devant son marteau piqueur ?

13. La principale maladie professionnelle (85 % des MP) ce sont les TMS, (troubles musculo squelettiques) elles augmentent de 18 % par an depuis l’an 2000.

14. Dix millions de salariés sur 24 ont des métiers pénibles physiquement (horaires atypiques = 5 millions, dont 2,3 de nuit ; port de charges divers = 5 millions) et les autres subissent une pénibilité mentale de plus en plus forte (burn out, suicides, harcèlement, stress, troubles psychosociaux, précarité, un milliard d’heures supplémentaires impayées..).

15. Mais ce ne sont plus les « coups de grisou » qui tuent comme il y a un siècle : ce sont les accidents cardiaques et vasculaires. 150 000 accidents cardiaques et 100 000 accidents vasculaires : entre 1/3 et 50 % sont liés au travail.

… alors que les prévisions démographiques sont pulvérisées par la réalité

16. Les prédictions de ceux qui disaient qu’on ne peut payer les retraites pour des raisons démographiques sont toutes tombées à l’eau : ils prévoyaient 350 000 naissances par an à partir de 2000, on a eu 850 000 enfants par an depuis l’an 2000.

17 : Il y a un « pic » de retraités entre aujourd’hui et 2036. Ensuite ça retombera jusqu’en 2060 où cela remontera. Il suffit d’ajuster le taux des cotisations en fonction des variations année par année.

18 : L’ajustement des cotisations sociales retraites peut se faire en temps réel, d’un an sur l’autre, selon les variations démographiques, directement de ceux qui travaillent à ceux qui sont en retraite. Pas besoin de « placer » de l’argent en courant tous les risques dans des fonds de pension aléatoires que les spéculateurs dilapideront dans les îles Caïman. (Même le « fonds de réserve des retraites » avait perdu 4,5 milliards chez Lhemann Brothers)

La durée de cotisation réelle moyenne devrait être la référence

19. Pourquoi avoir réduit la durée du travail sur la semaine si c’est pour l’allonger sur la vie ?

20. Celui qui prétend allonger la durée de cotisations est impuissant à agir sur le réel : actuellement elle recule depuis 10 ans en pratique vers 36 et vers 35 annuités. Aucune des promesses patronales d’aller à l’inverse pour les « seniors »  n’est entrée en pratique.

21. Prétendre imposer – sur le papier – 41 ou 42 annuités, le SEUL résultat, puisque la moyenne des salariés ne peut cotiser que 36 ou 35 annuités, c’est 6 ou 7 ans de décote.

22. Comment admettre d’allonger des annuités qui ne seront jamais effectuées et donc baisser les plus petites retraites ? Reculer l’âge de départ en retraite à pour seul effet pratique de baisser le niveau des retraites réintroduisant la misère chez les vieux.

23. Il faut prendre comme référence le nombre d’années réellement cotisées dans la vie réelle et non pas l’allongement aléatoire de l’espérance de vie.

24. Par exemple, si la moyenne réelle des annuités cotisées dans la vie réelle des salariés est de 35 annuités, la référence retenue pour une retraite à taux plein doit être de 35, si elle est de 36 cela doit être 36, si elle monte à 37, cela doit être 37…

25. Mais mettre un objectif inatteignable à 41 ou 42 annuités, c’est faire sauter les gens à la perche sans perche, le seul résultat actuel est qu’ils ont une retraite plus basse et non pas qu’ils travaillent plus.

26. Depuis 8 ans AUCUNE raison « nouvelle » de repousser l’âge réel de la retraite. Aucun effet d’entraînement dans l’emploi des seniors. Les salariés cotisent MOINS longtemps en moyenne ! 36 annuités seulement ! Pour sortir de la crise, il ne faut pas baisser salaires et retraites mais les augmenter !

27. Raison de plus pour ne pas prendre l’espérance de vie comme référence, c’est trop aléatoire : l’espérance de vie régresse aux Etats-Unis depuis plusieurs années, elle régresse aussi depuis trois ans en Allemagne. Travailler plus longtemps vous mourrez plus tôt.

Des conditions bien plus dures que dans le reste de l’Europe

28. En Allemagne, en Italie, en Espagne, c’est 35 annuités pourquoi 41 ou 42 ici ? Sarkozy a fait la pire réforme contre le droit à la retraite de toute l’Europe.

29. En Allemagne, la droite veut fixer les départs à 67 ans, mais en 2029… c’est remis en cause par les syndicats qui l’avaient, hélas, signé parce qu’actuellement, la moyenne des départs est autour de 58 ans…

30. En Grande-Bretagne, ils annoncent 68 ans… en 2048 ! Ici, en France, Sarkozy a imposé 67 ans pour le taux plein en 2018, c’est-à-dire demain ! Il faut abroger la loi Sarkozy-Woerth.

31. En Allemagne, ce n’est pas du tout pareil qu’en France, parce que nous, on vit un « boom » démographique depuis l’an 2000, 2,04 enfants par femme, en Allemagne c’est 1,4 enfant par femme.

Un projet politique pour tous

32. 60 ans c’est un DROIT ce n’est pas une obligation ! Mais encore faut-il que ce DROIT soit pour tous ! « d’ordre public social ».60 ans c’est une référence pour tous, un objectif réaliste, contrôlable, clair TOUS ENSEMBLE.

33. 100 000 hommes et 50 000 femmes meurent entre 60 et 62 ans, Avec 41 ou 42 annuités, ils mourront sans un seul jour, une seule semaine, un seul mois de retraite après avoir cotisé toute leur vie.
34. La « retraite à la carte » c’est le slogan du Medef : pour complexifier le système et le rendre illisible, pour qu’il n’y ait plus d’ordre public social, que les salariés ne soient plus solidaires. C’est comme la durée du travail « a la carte », le SMIC à la carte… La règle ne sera plus fixée en raison des besoins humains mais en raison des exigences de la productivité.

35. 60 ans c’est déjà trop. On doit exiger la retraite à 55 ans dans le bâtiment et dans tous les métiers très pénibles.

36. Il ne faut vivre pas moins bien que nos parents : retraites à 60 ans, 35 annuités, à 75 % du salaire calculé sur 10 meilleures années, indexées sur les salaires (ce que proposait encore Lionel Jospin en juin 1997)

37. Sinon on subit la double facture : travailler plus longtemps après 60 ans et gagner moins, une majorité de gauche ne peut aller dans ce sens = austérité = récession = crise aggravée = chômage.

Respecter la démocratie à tous les niveaux

38. Démocratie ! Le seul vote de congrès – unanime – du PS qui a eu lieu c’était à Dijon 2003 pour le droit a la retraite à 60 ans à taux plein. Respectons-le.

39. C’est François Hollande qui avait fait voter le congrès du PS unanime de mai 2003 pour la retraite à 60 ans à taux plein !

40. Démocratie, débat dans le PS et dans toute la gauche, tous les syndicats : branle-bas de combat pour la défense des retraites à 60 ans pour tous. 60 ans c’est majoritaire et dans la gauche politique et dans les syndicats : pour qui on dirige ? Pour le peuple ou pour le AAA ?

41. De toute façon, il y a un risque de ne pas gagner si c’est se trouver en porte-à-faux avec 75 % de l’opinion et les 8 millions de manifestants de 2010 (rien ne s’oublie) qui veulent abroger la loi scélérate Sarkozy-Woerth de pillage de nos retraites : il va falloir s’en rendre compte.

42. Oui, il faut écouter les 8 millions de manifestants et 75 % de l’opinion, il faut que François défende la retraite à 60 ans.

43. On votera François Hollande, mais nous luttons pour exiger qu’il respecte le rétablissement de l’âge légal de départ à 60 ans.

Des richesses, il y en a !

44. La « dette » a bon dos pour justifier qu’on ne peut payer les retraites ni hausser les salaires. Elle est la conséquence de choix réalisés par Sarkozy qui veut nous la faire payer. En France, on n’a pas un problème de dette mais de recettes.

45. Ne pas céder au chantage des officines de droite qui s’auto intitulent « agences de notation ». Ils ne proposent jamais d faire payer les riches mais de baisser les salaires et retraites des plus modestes

46. Ne pas céder au chantage des fonds de pension qui veulent siphonner les retraites. Ne jamais les croire, ne jamais leur confier un seul sou de nos retraites : ils vous prendront tout et ils vous voleront tout, le dilapideront dans les caves à « subprimes » et autres paradis fiscaux des Bahamas.

47. La France a 87 % de dette/PIB à cause de Sarkozy qui a vidé la « cagnotte publique » de Lionel Jospin, et remplit les « cagnottes privées » en faisant 24 points de dettes en plus en cinq ans (de 63 à 87/PIB). Mais la France avait 290 % de dette/PIB en 1945 et pourtant elle a mis en place la Sécu et les retraites à ce moment-là.
48. La France est 2,5 fois plus riche qu’en 1982 quand la retraite à 60 ans a enfin été mise en place.

49. Salaires et cotisations sociales sont trop bas depuis + de 20 ans, la France n’a jamais été aussi riche, elle peut payer les retraites à 60 ans.

50. Le COR l’a expliqué et démontré : avec 0,35 % seulement d’augmentation des cotisations sociales par an d’ici 2036, les retraites à 60 ans (35 annuités, 75 %, 10 ans, > au Smic, indexées sur salaires) sont garanties et payées.

Conclusion :

Convainquons, battons-nous, nous sommes la majorité non seulement de la gauche, du salariat, mais du pays tout entier. Qu’on n’ait pas convaincu Sarkozy ce n’est pas une surprise, hélas, vu le personnage et sa politique 100 % réactionnaire, mais ce n’est pas tolérable, il n’a pas écouté le peuple. Lui, il est pour la retratie à 70 ans et 45 h sans gain de salaire. Mais François Hollande est candidat et socialiste, lui, il peut et doit entendre davantage.

Gérard Filoche (le 15 décembre 2011)

PS : La gauche socialiste toute entière combat pour le respect du droit à la retraite à 60 ans :
- En mai 2003 nous avions fait voter la retraite à 60 ans à taux plein,
- En juillet 2006 nous avions fait écarter « la retraite à la carte »,
- en janvier 2010 fait ré affirmer la retraite à 60 ans.
Depuis nous avons empêché que soient votées les 41,5 annuités, elles ne le sont toujours pas officiellement, certains dirigeants pratiquent par coups de force tellement il y a de résistances dans la base du parti ! Alors c’est « renvoyé à la négociation avec les syndicats » :

Donc s’il vous plait faites tous et toutes le boulot, argumentez, argumentez, argumentez comme en 2010, dans TOUS les syndicats aussi pour que la position finale soit correcte !

Sarkozy = 196 milliards de recettes en moins en 2009 et 5 années de pertes de recettes non compensées

Comment et de combien Sarkozy nous a endetté ?

Sarkozy c’est 196 milliards de recettes en moins en 2009 et  5 années de pertes de recettes non compensées

En France, nous n’avons pas de problème de dette, nous avons un problème Sarkozy. C’est un problème, non pas de dépenses en trop, mais de recettes en moins.

On nous raconte des fables : « l’état ne doit pas dépenser plus que ce qu’il gagne », « on dépense trop », « on vit au-dessus de nos moyens », « on doit réduire les dépenses publiques » Autant de bêtises absolues véhiculées par des incompétents aux ordres. Autant de clichés pour tromper les gogos qui ne réfléchissent pas plus loin que le bout de leur nez.

La vérité est que c’est l’État qui fixe lui-même (à la différence d’un ménage) ses propres moyens et c’est la droite qui a vidé consciemment les caisses publiques en diminuant les impôts des ménages les plus riches et des sociétés. La vérité c’est que les dépenses publiques ont baissé de 1996 à 2008, et que ce n’est naturellement pas la source de l‘énorme dette voulue, provoquée, organisée par Sarkozy. La source principale des 23 points supplémentaires de dettes causés par Sarkozy provient de la baisse des recettes, pas de la hausse des dépenses.

Selon le Conseil des prélèvements obligatoires (« Entreprises et niches fiscales et sociales », octobre 2010) : les 3 principales niches fiscales (elles concernent toutes les trois l’impôt sur les sociétés et avantagent les grands groupes), créées par la droite avant 2007, sont :

- Régimes des sociétés mères et filiales : coût de 34,9 milliards d’euros pour l’année 2009.

- Régime d’intégration fiscale : coût de 19,5 milliards d’euros pour l’année 2009.

- Niche Copé (taxation à taux réduit des plus-values à long terme provenant de cession de titres de participation : 8 milliards d’euros en 2009.

Pour ces trois niches fiscales : un manque à gagner de 62,4 milliards d’euros.

Si l’on ajoute le coût (selon la Cour des comptes) des 3 niches fiscales ajoutées par Sarkozy :

- Heures supplémentaires : 4,5 milliards d’euros.

- TVA réduite sur la restauration : 3,5 milliards d’euros.

- Passage du bouclier fiscal à 50 % des revenus déclarés : 0,7 milliards d’euros.

Soit 8,7 milliards d’euros pour ces trois niches fiscales.

Au total pour les 6 niches fiscales : 71 milliards d’euros. A comparer avec le plan de rigueur de 8 milliards d’euros.

Il faudrait ajouter à cela la baisse de l’impôt sur le revenu due à la diminution du nombre de tranches (de 13 avant 1986 à 5 aujourd’hui), au passage de la tranche supérieure de 65 % (avant 1986) à 41% aujourd’hui.

Coût pour les finances publiques : 15 milliards d’euros en 2009.

Il ne faudrait pas oublier la baisse du taux de l’impôt sur les sociétés (avant même les niches fiscales) : de 50 % à 34,6 % aujourd’hui.

Coût pour les finances publiques : 20 milliards d’euros en 2010 (Rapport de la Cour des comptes 2010).

Au total : 71 + 35 = 106 milliards d’euros en une année.

Niches sociales : 42 milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales en 2009 (Rapport du Sénateur de droite Jean-Jacques Jégou au nom de la commission des finances du Sénat – 2010)

Intérêts payés aux détenteurs de la dette publique : 48 milliards d’euros en 2009.

Au total : 106 + 42 + 48 = 196 milliards d’euros en 2009 alors que le déficit public (État, Sécurité sociale, Collectivités territoriales, organismes centraux) s’élevait à 145 milliards d’euros.

Le rapporteur UMP, Gilles Carrez de la commission des Finances de l’AN estimait (en 2010) que les années 2000 étaient : « 10 années de pertes de recettes non compensées ». Sans parler des années 2002-2006, ou Sarkozy fut responsable au budget ou à l’industrie,  il y a 5 années entièrement de la faute de Sarkozy : sans sa politique catastrophique, nous aurions probablement encaissé 1000 milliards de plus en cinq ans et ne serions pas dans la difficulté apparente actuelle dont il se sert comme instrument de chantage et de peur contre nous toutes et tous. Ne cherchez pas pourquoi ca va mal partout, nos salaires baissés et dans les écoles, les hôpitaux, les banlieues, l’emploi, la croissance, Sarkozy a tout étouffé, tout détourné, tout provoqué. Délibérément. Savamment/.

 

(avec Jean-Jacques Chavigné)

Sarkozy fauteur de chômage. Nouvelle hausse massive en octobre. Record historique absolu.

Le record historique du chômage : 5 millions, Sarkozy est allé le chercher avec ses dents

Surtout, surtout que Sarkozy ne vienne pas dire que ce n’est pas sa faute ou qu’il lutte contre ! Comment  ose t il faire campagne et aller se faire prendre en photo en serrant les mains d’ouvriers pour se faire ré élire ? Rarement président sortant n’aura eu un bilan aussi catastrophique et haïssable. La honte devrait le pousser à démissionner et à passer la main. Mais non, il plastronne. Car il espère, d’ici 2012, avec ses cinq grands patrons de presse complices, Dassault, Pinault, Arnaud, Lagardère, et Bouygues réussir à tromper, à mentir, à tricher sur ses vraies responsabilités.

Huit millions de pauvres. Trois millions de précaires. Trois millions de temps partiels. Cinq millions de chômeurs. 50 % des 23 millions de salariés occupés gagnent moins de 1580 euros.

Et une inégalité voulue, orchestrée, avide, sans précédent : la France n’a jamais été aussi riche, au 3e rang mondial des millionnaires. La richesse par adulte en France a triplé mais, en dépit ou grâce à la « crise », ces gains ont été concentrés en 2009, entre les patrons du CAC 40 qui ont gagné en moyenne 190 fois le Smic, les grandes entreprises françaises qui ont surmonté la crise avec une explosion de leurs profits dés 2010, les 10 plus grosses fortunes amies de Sarkozy qui possèdent à elles seules 14,2 millions d’années de Smic, les 100 plus gros contribuables qui se partagent 3 milliards d’euros par an, les 5 % de la population qui possèdent 50 % du patrimoine. Et pas besoin de travailler pour les amis parasites de Sarkozy : les 100 Français les plus riches se sont partagés, sans rien faire, en 2010 un revenu fiscal de 2,8 milliards d’euros, constitué à 94 % de revenus de leur capital.

Sarkozy, c’est un concentré de la haine des riches exacerbée et rapace contre le peuple. Il est le serviteur le plus dévoué et le plus féroce des actionnaires. C’est pour leur plaire qu’il a oeuvré à dépasser le record de chômeurs. Non seulement il a donné 110 milliards de cadeaux fiscaux aux plus fortunés, aux rapaces du Fouquet’s, chaque jour à ses amis les banquiers et du CAC 40, mais il a organisé l’économie de telle façon qu’il a réussi à augmenter le nombre de chômeurs officiels à  4 459 000 (+ 500 000 de sans droits). Délibérément car il sait que c’est la meilleure façon de faire pression sur l’emploi et les salaires.

Sarkozy attise le cancer du chômage par toutes les mesures qu’il prend, puis ensuite, il s’attaque aux chômeurs eux-mêmes à leurs droits, à leur dû, à leur assurance. Et il en profite pour développer comme Le Pen la haine des « étrangers » comme si c’étaient eux qui prenaient le boulot des Français. Il cultive autant qu’il peut avec TF1 l’insécurité qui résulte de 45 % de chômage provoqué, attisé, dans les banlieues.

C’est Sarkozy, dans sa campagne électorale de 2007, qui voulait la déréglementation boursière, qui militait pour les subprimes, les prêts hypothécaires, et c’est ce monde, le sien, qui nous a entraîné dans la crise de la dette.

Ce sont les centaines de milliards donnés aux banques dés 2008 plutôt qu’aux salaires et à l’emploi qui ont abreuvé les spéculateurs jusqu’à l’effondrement d’aujourd’hui. La façon dont Sarkozy et Merkel, année après année, 2009, 2010, 2011 mois après mois, cèdent aux banksters, aboutit aujourd’hui à mettre en grave péril l’Europe et l’euro.

Toutes les réponses de Sarkozy aggravent la crise : il développe la rigueur tout azimut, détruit le droit du travail, casse la protection sociale, la retraite, la santé, les écoles, les équipements collectifs, brade l’électricité, le gaz, la fonction et la sécurité publique. Il va même y avoir des « trains privés » bientôt, le comble de la bêtise archaïque absurde. Les services privés sont plus couteux que les services publics car ils « siphonnent » le fric pour les actionnaires, comme en témoignent les « ententes » entre les différents groupes « piranhas » du téléphone, les cliniques et laboratoires privés, les maisons de retraite privées…

Avec Fillon, Bertrand chaque jour, ils enlèvent des droits, rognent les congés maladies, les indemnités, le remboursement des médicaments, ils désorganisent les durées du travail. Ce sont eux qui ont fait une loi  TEPA pour pousser aux heures supplémentaires ceux qui avaient un boulot au détriment de ceux qui n’en ont pas. Ce sont eux qui ont de facto poussé à une durée du travail réelle moyenne de 42 h au lieu de la durée légale à 35 h. Ce sont qui poussent l’Europe à adopter la semaine de 65 h. Ce sont eux qui imposent ainsi un partage féroce du travail inégal, injustifié entre sans travail,  sous travail à temps partiels et sur travail.

Ce sont eux qui bloquent les salaires bruts et nets, le SMIC, paralysant l’économie, taxant n’importe quoi, les boissons sucrées et les mutuelles de santé, les indemnités des accidentés du travail, et les jours de maladie. Les salariés ne peuvent plus consommer même des produits de base et l’économie se délite de ne pouvoir trouver de consommateurs pour ce qui se fabrique encore. Dans notre fabuleux pays riche, cinquième puissance du monde, le 10 du mois, des millions de gens n’ont plus que des pâtes à manger.

Voilà qu’ils veulent encore plus de flexibilité, alors qu’elle règne déjà de façon meurtrière dans le travail, alors qu’il y a un milliard d’heures supplémentaires impayés, l’équivalent de 600 000 emplois. Suicides au travail, burn out, accidents, maladies professionnelles augmentent.

Du travail, il y en a pour tout le monde, il faut des infirmières, des médecins, des professeurs, des ingénieurs, des informaticiens, des chercheurs, des ouvriers d’industrie, du bâtiment, du transport, des services de toutes sortes… Mais Sarkozy raréfie le travail exprès, supprime les indispensables fonctionnaires, asphyxie les associations, restreint tous les investissements et crédits en laissant les banques continuer sur notre dos à jouer à l’économie casino, à spéculer, à dilapider dans les îles Caïman.

Au lieu de s’en prendre à la gigantesque fraude fiscale il s’en prend à la dérisoire « fraude sociale ». Au lieu d’imposer les fortunes accumulées, les 5 % de riches qui possèdent 50 % du patrimoine, il envisage une « TVA sociale » à payer par les salariés. Au lieu d’augmenter les cotisations sociales, il envisage de les supprimer. Au lieu d’augmenter massivement les salaires, il persiste à « baisser le coût du travail » (qui a déjà perdu de façon insensé 10 points en faveur des profits).

Sarkozy refuse de contrôler les échanges, supprime les services de douanes, il refuse de lutter contre le dumping social en Europe. Il est opposé à tout SMIC européen. Il refuse tout contrôle sur les licenciements boursiers, spéculatifs, abusifs. Il a même inventé la sinistre « rupture conventionnelle » qui a fait perdre leur emploi, sans motif, à 600 000 salariés en trois ans.

Il refuse de séparer banques de dépôts et d’affaires, il refuse d’interdire les ventes d’actions à découvert. Il laisse se désertifier le pays, il a livré nos industries métallurgiques Arcelor à Mittal, il laisse fermer les entreprises les plus performantes, et même les PME pourvu que ça arrange banques et spéculateurs, il n’a fait que baisser l’impôt sur les sociétés, la taxe professionnelle, il laisse Total empocher 14 milliards de bénéfices, jamais les dividendes n’ont été aussi grassement versés.

Il n’y a pas de pardon pour pareil bilan, Sarkozy n’est pas l’homme qui lutte contre la crise, il fait semblant, il la crée, il la nourrit, il l’aggrave, il essaie sciemment de s’en servir au mieux pour décourager, faire peur, et se ré imposer, Sarkozy c’est à la fois le fléau du chômage incarné, de la pauvreté, de la misère, la sangsue des riches et des rentiers.