Sarkozy le 29 janvier 2012 : 10 mensonges, 11 lâchetés

Nicolas Sarkozy, le dimanche 29 janvier a conclu son discours fleuve par les mots « vérité et courage ». Les termes de « mensonges et lâchetés » auraient beaucoup mieux convenu à l’exercice auquel il venait de se livrer

Mensonges

Mensonge quand il annonce qu’il est là en tant que président et non pas en tant que candidat, tout en permettant au candidat d’imposer sa présence sur 8 chaînes de télévision. Cliquez pour lire la suite »

La réponse des Lejaby à Nicolas Sarkozy

Assemblée générale 30 Janvier 2012

Monsieur le Président,

Dans vôtre interview télévisée du 29 Janvier vous avez à plusieurs reprises réaffirmé vôtre volonté de trouver une solution pour l’entreprise Lejaby à Yssingeaux.

Nous nous réjouissons que vous ayez enfin pris conscience des dégâts des licenciements et des délocalisations.

Nôtre lutte est le symbole de toutes les luttes contre les licenciements et la désindustrialisation. Cliquez pour lire la suite »

Sarkozy candidat au bazooka contre les droits du travail et les salaires

En fait, dans sa conférence répercutée sur 8 chaines de télévision, la duplicité de Sarkozy a été violente et totale, il a tenté en tant que président d’imposer de force, par la loi et avant l’élection, le programme qu’il veut défendre comme candidat.
Le cœur de son propos est simplement mensonger :  « la crise est devenue plus grave, je n’y suis pour rien, mais je dois prendre de terribles et urgentes mesures tandis que mes adversaires électoraux parlent dans le vent… ». Cliquez pour lire la suite »

Dans l’intérêt de l’unité le 6 mai : débattre encore PS et toute la gauche :

De nombreux commentaires sur ce blog, sur le site de D&S, sur face book et sur tweet  appellent réponses.

Echange sur face book :  Reçu ça du PG 34 :    « Dans le principe c’est vrai qu’on préférerait sûrement pour une majorité ne pas revoir Sarkozy et surtout [!] ne pas avoir Le Pen au second mais… » « Peut-on encore parler de parti de « gauche » pour le parti socialiste ? »  « François Hollande n’a de gauche que sa démarche politique [sic] » avec les turpitudes de son origine de classe… et de sa fortune…

Réponse GF : Je suis surpris de l’évolution de camarades qui étaient au Parti socialiste hier avec des arguments théoriques et pratiques que nous utilisons encore avec mes amis de la gauche socialiste, de D&S. Pourquoi, depuis qu’ils ont changé d’avis, depuis le 6 novembre 2008, (ce qui est leur plein droit) nous « cartonnent »-ils  avec une violence inouïe parce que nous continuons à faire… ce qu’ils faisaient avec nous il y a peu de temps encore. Respect SVP de tous côtés et unité. Cliquez pour lire la suite »

Tous au meeting du 31 janvier pour le retour à une vraie retraite à 60 ans, avec la CGT

Bernard Thibault: « meeting CGT sur les retraites pour peser sur le débat électoral »

PARIS, 23 janvier 2012 (AFP) – Le meeting de la CGT le 31 janvier en faveur du retour à 60 ans de l’âge légal de départ à la retraite vise à peser dans le débat électoral, a affirmé lundi Bernard Thibault, en saluant une « évolution » positive de François Hollande à ce sujet.


« Il est normal qu’un syndicat de salariés n’hésite pas, pendant une campagne électorale, à exprimer les revendications qu’il souhaite voir reprises, ou prises en compte, par les partis politiques et les candidats », a souligné le leader de la CGT lors d’un point de presse. Cliquez pour lire la suite »

Lettre ouverte des salariés de LEJABY Yssingeaux au Président de la République et au gouvernement.

Monsieur le Président,

Nous avons décidé, nous les 93 salariés de l’entreprise LEJABY à Yssingeaux en Haute-Loire de nous adresser à vous pour vous faire part de notre indignation.

Nous allons recevoir toutes et tous, nos lettres de licenciement après des dizaines d’années de travail au rendement pour des salaires voisins du SMIC. Nous sommes victimes des délocalisations des productions et de la recherche permanente de la baisse de la rémunération du travail. Cliquez pour lire la suite »

À nouveau un inspecteur du travail s’est suicidé.

Un jeune inspecteur du Nord, Romain Lecoustre s’est pendu le 18 janvier. Il n’est hélas, pas le premier. Nous avons en mémoire la perte cruelle le 4 mai 2011 de notre collègue Luc Béal-Raynaldi. L’émotion nous frappe et nous laisse avec un goût amer, impuissant et vengeur.

Tous les syndicats, unis, ont appelé à faire grève mardi 24 janvier 2012.

Car la surcharge de travail et les pratiques de la direction locale du travail sont reconnues par tous les collègues de Romain, (un jeune homme qui n’avait pas besoin de se forcer pour sourire, qui était fraternel avec les autres) comme la cause principale de son suicide : passionné professionnellement, mais désespéré des blocages mis à son action, il avait déjà attenté à ses jours en juillet 2011.

Dès le 25 août, lui-même, ses proches collègues, les syndicats avaient alerté sur sa situation contre les multiples tracassins dont il était victime. En face il n’y a eu qu’inertie et déni de la hiérarchie face au risque psycho social évident encouru. Désorganisation des services, pression permanente contre les missions, mises en danger délibéré d’autrui, ont conduit à cet acte terrible.

Les chefs actuels de l’inspection du travail au plan national, nommés par la droite sont des ennemis de l’inspection. C’est difficile à croire de l’extérieur, mais c’est comme ça. Leur vision libérale ne colle pas avec le contrôle et la sanction des patrons dont ils sont les amis. Alors pour passer l’inspection à l’acide du Medef, ils veulent casser au bulldozer sa tradition de service public ouvert et utilisent, au nom de la « RGPP »  des méthodes similaires à celles qui ont fait tant de ravages à France Télécoms :

-   Casse des directions départementales et régionales, remplacées par des directions DIRECCT étrangères à la culture, aux missions de l’inspection et à ses critères d’indépendance définis par l’OIT (« l’inspection du travail a pour mission d’alerter les gouvernements en place sur le sort qui est fait aux salariés » Convention 81 de l’OIT)

-   Pressions croissantes sur les chiffres et sur une organisation des contrôles non plus basés sur les besoins des ayants droits salariés mais uniquement déterminées par les « consignes » du Ministère (avec des « notations » hiérarchiques en forme de petites croix sur des longues et absurdes pages de questionnaires qui servent à juger les agents).

-   Individualisation et arbitraire des primes et promotions, mesures disciplinaires y compris sur le déroulement de carrière et le régime indemnitaire

-   Destruction des secrétariats de sections, remodelage forcé des moyens et fonctions

-   Sous-effectif chronique entraînant pour les agents, un débordement par les tâches, des intérims, aggravant en profondeur les conditions de travail et touchant à leur santé au travail.

À leur tête, Jean-Denis Combrexelle, le directeur général du travail nommé sous la gauche a servi la droite avec un zèle inouï. C’est le « Besson » du droit du travail, c’est lui qui a présidé à la sale « recodification » du code du travail entre décembre 2004 et le 1er mai 2008. C’est lui aussi qui pendant cette -période déjeunait chaque mois avec Denis Gautier-Sauvagnac, le chef corrompu du patronat qui détenait la caisse noire de 600 millions d’euros de l’UIMM.  Combrexelle a été félicité pour son œuvre destructrice du Code du travail depuis 10 ans par Xavier Bertrand.

C’est aussi Combrexelle qui avait encouragé l’entreprise Guinot à me faire un long procès pour « entrave à un CE ».

Pourvu qu’après mai-juin 2012, “la République rattrape” ces gens-là et corrige leurs méfaits !

Gérard Filoche

Danger : sondages ! (commentés par Dassault – Pinault – Arnaud- Bouygues – Lagardère – Rothschild)

Les médias nous présentent depuis plus d’un an les sondages comme des pronostics, des anticipations des votes qui auront lieu le jour de l’élection présidentielle. C’est faux. Il est donc urgent de nous livrer à une analyse critique de ces sondages.

L’échantillon

L’enquête BVA, par exemple, qui donne François Hollande loin en tête au 1er tour avec 30 % des voix contre 23 % à Nicolas Sarkozy, a été réalisée les 18 et 19 janviers 2012 « auprès d’un échantillon de 959 personnes inscrites sur les listes électorales recrutés par téléphone et interrogés par Internet ». Mais tout le monde n’a pas le téléphone (surtout s’il s’agit d’un téléphone fixe) et tout le monde n’utilise pas internet. Il s’agit donc d’un biais qui rend peu crédible la représentativité de cet échantillon.

La stabilité des choix

Prenons maintenant l’exemple de l’enquête IFOP du 17 au 20 janvier. Elle reconnaît que 57 % des personnes interrogées sont sûres de leurs choix. Et que 43 % peuvent encore changer d’avis. Un tel résultat devrait donc être manié avec précaution. Ce n’est surtout pas ce que font les médias qui prennent pour argent comptant les chiffres de l’enquête, sans la moindre nuance, sans la moindre mise en garde.

Les marges d’erreur

Selon BVA, pour un échantillon de 1000 personnes et pour un résultat de 20 % la marge d’erreur est (avec une probabilité de 95 %) égale à 2,5 ; à 2,8 pour un résultat est égal à 30 % ; à 1,8 pour un score égal à 10 % ; à 1,4 pour un score égal à 5 %.

Cela signifie que le score de François Hollande au 1er tour aurait 95 % de chance d’être compris entre 32,8 % et 27,2 %. Celui de Nicolas Sarkozy se situerait entre 25,6 % et 20,4 %.Celui de Marine Le Pen entre 16 et 20 %. Celui de Jean-Luc Mélenchon entre 8,6 % et 6,4 %.

Si François Hollande était à 27,2 % et Nicolas Sarkozy à 25,6 % cela n’aurait pas exactement la même signification que si ce dernier était à 20,4 % et François Hollande à 32,8 %. De la même façon, la situation ne serait pas du tout la même si Sarkozy était à 25,2 % et Le Pen à 16 % que si cette dernière était à 20 % et Sarkozy à 20,4 %. Mais ce n’est pas le problème des médias, entre le sensationnel et la nuance, ils hésitent rarement.

Les divergences entre les résultats des officines de sondages

Prenons l’exemple des résultats attribués à François Hollande. Pour l’IFOP (17-20 janvier), François Hollande obtiendrait 26,5 % des voix au 1er tour. Pour BVA (18-19 janvier) 30 %.

Avec les marges d’erreur précédentes, les scores censés être atteints par François Hollande pourraient varier de 23 % à 32,8 %. Une paille !

Sondages et pronostics

Les sondages n’ont pas valeur de pronostic affirment tous les instituts de sondage, il ne s’agit, selon eux que d’une « photographie, à un moment donné, de l’opinion ». Nous verrons, qui plus est, qu’à 3 mois du premier tour, il ne s’agit que d’une photo partielle de l’opinion. Mais les médias qui le savent parfaitement les utilisent comme s’il s’agissait de pronostics.

Il n’y a pas de « neutralité » dans les enquêtes : la majorité des officines de sondage sont dirigées par des patrons de droite et les sondages eux mêmes sont surtout payés par des commanditaires de droite, et en premier,  par les grands médias sarkozystes. Bien sûr, ils sont quand même tenus de refléter, en partie et de façon déformée,  les mouvements réels de l’opinion pour ne pas perdre toute crédibilité.  Mais qui croit une seconde que les sondages publiés par le JDD de Lagardère, par exemple, ne sont pas un instrument de combat mûri pour tenter de conditionner le plus possible la ré élection de Sarkozy ?

3 mois avant le 1er tour, les candidats ne sont pas encore connus. Si Marine Le Pen n’obtenait pas 500 signatures de « parrains », le paysage électoral ne serait pas exactement le même que si elle les obtenait. La campagne électorale n’a pas encore démarré. Les programmes de la plupart des candidats ne sont pas encore connus. La question posée par les instituts de sondage est « si dimanche prochain, vous deviez voter » ne correspond donc pas à la réalité puisque justement, ce n’est pas dimanche prochain que vous voterez…

Une majorité de personnes interrogées aujourd’hui refusent de répondre

A 3 mois du 1er tour, une majorité de personnes interrogées refusent encore de répondre aux questionnaires des instituts de sondage. Tout simplement parce que leurs opinions ne sont pas encore faites. Il ne s’agit pas des personnes qui ont accepté de répondre mais qui ne répondent pas à telle ou telle question mais de toutes celles qui refusent de répondre au questionnaire dans son ensemble.

Ce n’est qu’à une semaine du 1er tour que les sondages peuvent être considérés comme des pronostics.

Les médias présentent l’évolution de ces sondages comme une évolution de l’opinion d’un corps électoral qui serait immuable. C’est une supercherie : c’est, d’abord, le corps électoral sondé qui évolue au fur et à mesure que le nombre de personnes qui acceptent de répondre aux questionnaires des instituts de sondage augmentent. Un corps électoral sondé qui finit, une semaine avant l’élection mais pas avant par ressembler au corps électoral qui ira voter. C’est à ce moment là seulement que le vote peut avoir valeur de pronostic.

A trois mois d’une élection, ce sont les personnes les plus politisées qui répondent. Elles ne sont pas représentatives de l’ensemble des électeurs. Pour gagner une « présidentielle », il ne faut pas 3 ou 5 millions d’électeurs mais 20 millions !

A 6 mois de l’élection présidentielle de 1981, François Mitterrand était crédité de 18 % d’intentions de vote contre 36 % à Giscard (sondage IFOP), en avril 1981, François Mitterrand obtiendra 25,9 % des voix et Giscard 28,3 %.

En janvier 1995, Balladur était crédité de 29 % d’intention de vote contre 16 % à Chirac (IPSOS/SOFRES). 3 mois plus tard, Chirac obtiendra 20,8 % et Balladur 18,6 %.

En 2002, ce n’est que 15 jours avant le 1er tour que la présence de Le Pen au second tour est apparu comme probable, auparavant un second tour Jospin-Chirac était donné comme certain par tous les instituts de sondage.

Avant le début de la campagne électorale, les partisans du « Non » au référendum sur le Traité Constitutionnel européen de 2005 étaient crédités de 35 % des suffrages. Ils obtiendront, en fait, 55 % des suffrages.

Les pronostics de second tour avant le résultat du 1er n’ont strictement aucun sens

Tous les instituts de sondage l’affirment également : les pronostics sur l’issue du second tour n’a aucune signification tant que le 1er tour n’a pas eu lieu. Ce n’est que lorsqu’ils se trouvent dans la situation concrète du soir du 1er tour que les électeurs commencent à se poser réellement la question de leur vote du second tour. La réponse qu’ils y apportent dépend des appels des candidats pour lesquels ils ont voté et surtout des deux candidats qui resteront en liste. Que feraient les électeurs de Sarkozy dans un 2ème tour qui opposerait François Hollande et Marine Le Pen ? Ce n’est pas aujourd’hui qu’ils se posent la question.

Cela n’empêchaient pas les médias d’utiliser les sondages pour annoncer, un an et demi avant l’élection que DSK l’emporterait par 60 % contre 40 % au deuxième tour de l’élection ou, en janvier 2012, d’affirmer que François Hollande l’emporterait par 57 % contre 43 %.

Les instituts de sondage et les médias trouvent leur intérêt à ces tours de passe-passe

Les instituts de sondage trouvent leurs avantages à l’utilisation qui est faite de leurs sondages. Ce sont avant tout des sociétés commerciales qui, habituellement, vendent leurs services à des sociétés privées et qui trouvent dans l’étalage de leur raison sociale dans les gros titres une publicité aussi fabuleuse que gratuite.

Les médias y trouvent également leur compte. D’abord parce que cela facilite leur tâche. Plutôt que de s’intéresser aux programmes des candidats, il est plus facile de faire comme si ces sondages étaient des pronostics et de décrire l’élection comme une course hippique. Ensuite, parce que cela permet de vendre, en prenant quelques distances supplémentaires avec ce que disent les sondages, et d’affirmer en 1ère page, comme l’a fait Libération, que « 30 % n’exclurait pas de voter Le Pen » alors qu’il fallait pour arriver à ce chiffre amalgamer les 8 % qui avaient répondu « Oui, certainement », les 10 % qui avaient répondu « Non, certainement pas » et les 12 % qui avaient répondu « Non probablement pas ». Il n’y a que pour Libé que « oui » et « non » semblent vouloir dire la même chose. Enfin, parce que cela leur permet de manipuler l’opinion pour mettre en avant le candidat qu’ils veulent promouvoir. C’est exactement ce qui se passe actuellement avec Bayrou, dont les médias faisaient mine de s’étonner qu’à la mi-novembre il ait déjà atteint 7 % (le tiers de son score de 2007 !) et qu’il soit à 14 % à la mi-janvier alors qu’ils ont tout fait pour qu’il en soit ainsi. Leur objectif est évident : tenter que leurs anticipations se réalisent et parvenir, lors du 1er tour, à relativiser, le score du candidat socialiste, comme ils avaient réussi à le faire en 2007.

Ne nous nous laissons donc pas endormir par les sondages

La campagne électorale n’a pas encore commencé et François Hollande n’a pas encore gagné l’élection présidentielle. Tout dépendra maintenant non seulement de lui, mais de la mobilisation de tous les militants et sympathisants socialistes pour convaincre qu’il faut se débarrasser de Sarkozy et que seul François Hollande peut le battre.

Exerçons donc notre vigilance sur les gros médias possédés par Dassault – Pinault- Arnaud- Bouygues – Lagardère – Rothschild (et donc les rédacteurs en chef sont en train, en cette période décisive,  de faire le maximum pour mettre en coupe réglée les journalistes). Ils ne sont pas là pour éclairer les citoyens ni pour aider la gauche à gagner.

Jean-Jacques Chavigné (+ GF)

1 Les analyses d’Acrimed et en particulier des sociologues Patrick Champagne et de Julien Salingue pourront nous y aider.

Mme Parisot : sa liste de courses à Sarkozy pour le 29 janvier

 

Le Medef avec tous ses économistes néolibéraux bornés, Institut Montaigne, Fondation Concorde, Ethic, sont sur le pied de guerre. Rexocode/Medef a même tenté d’intoxiquer en prétendant, quitte à se faire sévèrement démentir par tous les instituts sérieux, qu’on ne travaillait pas assez et qu’on gagnait trop par rapport à l’Allemagne. (Alors que c’est le contraire, nous travaillons plus et gagnons moins). Ils passent dans tous les médias  pour exploiter l’opportunité : la perte du triple ridicule AAA exigerait des mesures rapides, décisives, rudes contre le code du travail. Selon eux, il ne faut pas minimiser mais dramatiser. Et imposer le maximum entre le pseudo  “sommet pour l’emploi” du 18 janvier et le discours annoncé par Sarkozy le 29 janvier. Qu’importe ce qu’il adviendra ensuite en termes de récession, de misère et de chômage. Ils sont “remontés” hargneux, avides et veulent en profiter tout de suite, à fond, pour tout casser de ce qui reste de nos droits.

La batterie des attaques envisagées est spectaculaire :

-       Remise en cause des 35 h, soit par suppression de la durée légale, soit par les 37 h avec baisse des salaires par suppression des majorations des heures supplémentaires

-       Suppression de la 5° semaine de congés payés

-       Suppression du Smic universel remplacé, comme la durée légale, par un Smic négocié par branche

-       Développement forcé et généralisé du chômage partiel par seule décision patronale avec salaires abaissés à 60 %, 75 %, sans qu’aucun salarié ne puisse refuser en se réclamant de son contrat de travail.

-       Prédominance des contrats imposés au niveau de l’entreprise sur la loi, avec possibilité de baisses de salaires, de baisses d’horaires, au gré de l’employeur

-       Remise en cause du CDI avec ces CDD de trente mois, la systématisation des ruptures individuelles non motivées,

-       Casse du statut de la fonction publique en précarisant l’ensemble des fonctionnaires qui subissent déjà un jour de carence et 0,27 % de salaire mensuel en moins

-       L’abaissement massif des salaires bruts en transférant les cotisations sociales payées par les patrons en TVA (dite sociale) payée par les salariés.

-       Permettre que tous les apprentis (600 000) puissent travailler de nuit et de dimanche (Villepin avait ouvert l’apprentissage aux enfants de 14 ans et le travail de nuit et du dimanche qu’à partir de 15 ans seulement)

-       Totale déréglementation du travail du dimanche, fin du principe de repos dominical.

-       Multiplier et vite les « contrats aidés » exonérés de cotisations sociales (sur les 340.000 contrats du secteur non-marchand (CUI-CAE) inscrits au budget, 225.000 devront être conclus au premier semestre).

-       Accélération de l’application du recul des départs en retraite et de la baisse du niveau des pensions. Mise à l’écart de toute réglementation sur la pénibilité. Fin de toute dispense de rechercher d’emploi pour les seniors.

-       Réduction du droit de grève dans les transports aériens et élargissement des services minimums imposés

Tout ça et en sus, le « traité pour une union économique renforcée » qui impose la « règle d’or » libérale à toute l’Europe par dessus et conte la volonté de ses citoyens.

 

Ça vous paraît énorme ? Pourtant lisez, ça fait florès partout.

Tout cela vient d’être mis sur la table de tous les cotés par le Medef.

Cyniquement, comme toujours, ils demandent le maximum pour obtenir le plus possible. C’est la stratégie du choc. Ils sont en guerre. Ils osent : ils terrorisent la gauche si elle ose défendre les 35 h, les 32 h, le Smic à 1700 euros, la retraite à 60 ans sans décote, ou le salaire maxima à pas plus de 20 Smic, mais, eux, ils sont sans foi ni loi.
La crise qu’ils ont suscitée entièrement par leur rapacité, par leur dictature financière en perdition, ils comptent bien l’exploiter au maximum pour nous « saigner » comme des animaux à l’abattoir. Ont-ils peur de perdre le 6 mai ? Et comme des occupants pillards qui se retirent, emportent-ils le maximum de butin avant ?

 

Comme le dit avec grande simplicité, Laurence Parisot, « tout cela est urgent, il faut simplement que les parlementaires de l’UMP fassent bouger les paramètres ».

Elle veut le faire maintenant, avant l’élection présidentielle et avec le Medef, elle fait le forcing sur Sarkozy (considèrent-elle que son élection est perdue ?) pour qu’il en fasse le maximum avant de partir. François Fillon est dans le coup, (croit-il lui aussi que c’est foutu pour Sarkozy et prépare t il le coup suivant ?)  a appelé le 10 janvier à un forcing législatif pour imposer le maximum de ces mesures. Le Pen et Bayrou défendent la même chose, Le Pen propose 70 milliards de rigueur, Bayrou veut 100 milliards de rigueur, et ces deux-là sont favorables à ces mesures réclamées par le Medef sous prétexte de flexibiliser le code du travail comme s’il ne l’était pas déjà trop depuis 10 ans). Le Pen rajoute qu’il faut écraser les droits syndicaux et le droit de grève pour être sûre que ça passera. Ces gens-là sont tous, de façon sinistre, pour que « le contrat l’emporte que la loi », mais sont prêts à se servir de la loi pour permettre de casser les contrats, faire baisser les salaires, d’augmenter encore plus la précarité ! D’une autre façon, ils veulent tous nous traiter comme sont traités actuellement les Grecs, les Italiens, les Portugais, les Espagnols.

 

Et AAAttention ils gagneront s’il n’y a pas une gauche à la hauteur en face, s’il n’y a pas un front syndical, s’il n’y a pas la volonté d’unité de toute la gauche. La seule façon : résister, alerter le peuple car les grands médias sont dominés par Bouygues, Lagardère, Pinault, Dassault, Arnaud, Rothschild, et tout cela est masqué, étouffé, dénaturé.

 

Gérard Filoche

Suites du naufrage du AAA sarkozyste

La note de 9 des 17 pays de la zone euro a été abaissée par l’officine Standard & Poor’s le vendredi 13 janvier. La France et l’Autriche voient leur note abaissée de AAA à AA+. Malte, la Slovaquie et la Slovénie voient également leurs notes abaissées d’un cran. L’Italie, l’Espagne, Chypre et le Portugal, quant à eux, sont dégradés de deux crans.

La ligne Maginot de Sarkozy s’effondre

Nicolas Sarkozy avait fixé lui-même l’objectif de sa fin de règne : conserver le triple AAA de la France. Au regard du critère qu’il avait lui-même fixé, il a lamentablement échoué.

Il n’avait pourtant pas lésiné sur les moyens : 3 G20, 7 sommets européens, le traité Européen du 9 décembre 2011 qui oblige les Etats signataires à intégrer la « règle d’or » dans leur Constitution, la contre-réforme des retraites, 2 plans de rigueur. Mais rien n’y a fait.

Sarkozy voulait absolument instrumentaliser le triple A, mais il a perdu ce que son conseiller Alain Minc avait qualifié de « trésor national ». Ce même conseiller qui affirmait le 28 octobre 2011 « Nicolas Sarkozy est accroché au AAA de la France de manière totale, il joue sa peau d’une certaine façon. C’est un choix profond. Il ne peut pas se permettre une dégradation ». C’est acté.

François Hollande, souhaitant desserrer l’étau des agences de notation, avait fait remarquer, à juste titre, que les marchés avaient d’ores et déjà entériné la perte de ce triple A. Il avait aussitôt été accusé de menées « contre la France » par les snipers de Sarkozy. Ces snipers sont ridiculisés.

Mais voilà, que tournant casaques, Fillon, Copé et Baroin tentent de minimiser la perte de la ligne Maginot qu’hier ils érigeaient en dernier rempart de la France. « Ce n’est pas une bonne nouvelle » mais ce n’est « naturellement pas une catastrophe (…) C’est comme si vous demandiez à un élève qui a eu 20 sur 20 pendant très longtemps et qui passe à 19 si c’est une catastrophe » affirmait Baroin le 13 janvier 2012. Mais pourquoi ne nous avait-il pas fait part de cette lumineuse pensée lors de la bataille de pillage de nos retraites ? À ce moment-là, en 2010, c’est au nom du triple AAA qu’ils nous ont imposé la pire réforme d’Europe contre nos retraites dont ils ont reculé l’âge et diminué le montant. Ils nous ont « saigné » au nom du triple AAA, ça n’a servi à rien, ils disent « ce n’est pas si grave » et ils annoncent qu’ils vont nous saigner encore…

Autre tentative de défense : Moody’s aurait confirmé le triple AAA. Nouvel échec : contrairement à ce que suggérait Sarkozy à Madrid, Moody’s (par ailleurs mise en examen aux US pour pratiques douteuses) pourrait « modifier la note française dans les prochains mois ». Il reste Fitch Ratings, mais chacun sait que cette troisième officine est dirigée par un ami de Sarkozy, 1er cercle UMP, directeur financier de Loréal, Marc Ladreit Delacharriére. Pas moyen de se rattraper aux branches : pour ceux qui disaient rechercher et accepter le diktat des « notateurs », c’est cuit. Le piège de « l’Arnaque des Actionnaires Anonymes » s’est refermé sur ses zélateurs sarkozystes.

Renchérissement du coût des intérêts de la dette publique

Certes, la perte du triple A de la France avait déjà été largement anticipée par les marchés financiers et les taux d’intérêts avaient augmenté de plus d’un point en six mois.

Mais cette perte risque fort, d’autant qu’elle intervient dans un contexte européen particulièrement tendu, de se traduire par une nouvelle augmentation des taux d’intérêts des titres de la dette publique qui seront émis pour pouvoir rembourser les titres arrivant à échéance. Pour le ministère de l’Economie et des finances, une hausse de 1 point de ces taux signifie une hausse de 2 milliards la première année, mais (au fur et à mesure de l’émission de nouveaux titres de la dette publique) 4 milliards la deuxième année et près de 14 milliards en 10 ans. C’est à nous qu’il va vouloir faire payer cela, et non pas aux riches rentiers bien sûr.

Quant aux espoirs que cherchent à semer les soutiens de Sarkozy en prenant l’exemple des USA ou du Japon, ils sont illusoires. Ces deux pays disposent d’une Banque centrale qui, à la différence de la Banque centrale européenne, joue le rôle de prêteur en dernier ressort des Etats. Les bons du Trésor américains ont constitué, paradoxalement, le seul point fixe existant encore malgré la dégradation de la note des USA par Standard & Poor’s. Il n’y a strictement aucune chance qu’il en soit de même pour les obligations publiques françaises. Quant au Japon, bien que sa dette représente 229 % de son PIB, il se moque de la dégradation imposée par les officines de notations : 95 % de sa dette publique est détenue par les banques et des institutions japonaises, contre 35 % pour la France.

L’Union européenne dans une très mauvaise passe

La perte du Triple A de la France et la dégradation de la note de 8 autres pays de la zone euro intervient au pire moment.

La Grèce et ses créanciers privés n’arrivent pas à trouver d’accord sur les modalités de restructuration de la dette grecque. Jamais la Grèce ne paiera l’abyssale dette qui lui a été imposée. Les créanciers privés (en particulier les banques) exigent que les nouveaux titres de la dette grecque qu’ils recevront en contrepartie d’un abandon de leur créance leur permettent de percevoir un taux d’intérêt de 5 % alors que la Grèce ne veut pas dépasser 4 %. Si cette crise perdure, elle allumera l’incendie dans toute la zone euro et les marchés financiers augmenteront les taux d’intérêts qu’ils exigent de l’Espagne, de l’Italie, de la France, de l’Autriche, de la Belgique…

Les banques européennes, au bord de l’insolvabilité et de la crise de liquidités ne sont maintenues en vie que par la perfusion en dollars des six principales banques centrales du monde et par la perfusion en euros de la BCE.

Le Fonds européen de stabilité financière qui avait financé une partie de l’aide aux créanciers (banques et assurance essentiellement) de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal va se trouver privé d’une partie de ses ressources. Il disposait théoriquement de 440 milliards. Avec la rétrogradation de la note de la France et de la Belgique, qui apportent 25 % des garanties, il ne disposera plus (après les prêts accordés à l’Irlande, au Portugal et à la Grèce) que de moins de 100 milliards d’euros. Il sera donc dans l’incapacité de faire face à une demande de crédit destinés à financer les créanciers de l’Italie et de l’Espagne. D’ailleurs S&P le dégrade à son tour le FESF.

L’Union européenne, dont le Royaume-Uni s’est déjà éloigné, se morcelle de plus en plus entre un noyau autour de l’Allemagne et les pays à la périphérie de l’Europe : Europe du Sud, Europe centrale et de l’Est. La France, l’Italie, la Belgique sont entre les deux groupes, mais penchent de plus en plus vers le second. C’est la rançon d’une Union européenne inachevée sans banque centrale jouant son rôle de prêteur en dernier ressort des Etats, sans budget fédéral digne de ce nom (1 % du PIB de l’UE contre 20 % pour le budget fédéral des Etats-Unis) et sans la moindre solidarité entre Etats. Avec un budget du même type, une dizaine d’Etats dont le Maryland, la Virginie, la Floride, le Nouveau Mexique se trouveraient dans la même situation que la Grèce, l’Irlande ou le Portugal.

Rassurer les marchés et les agences de notation, cela ne fonctionne pas

Depuis mai 2010, le premier prêt à la Grèce et la création du FESF, Sarkozy et Merkel ont « sauvé » l’Europe et l’euro une bonne dizaine de fois. Mais à chaque fois, malgré les cris de triomphes de la droite et des néolibéraux, après une courte pause, les marchés ont repris leurs attaques contre les pays les plus vulnérables de la zone euro. C’est ce qui vient de nouveau d’arriver.

La dégradation de la note de 9 pays européens enfonce un clou de plus dans le cercueil de cette politique. L’Italie qui vient de chasser Berlusconi et de se donner un gouvernement dirigé par un ancien de la banque Goldman Sachs…  pour rassurer les marchés voit quand même sa note abaissée de deux crans. Il en va de même pour l’Espagne et le Portugal qui ont déjà tout avalé : plans d’austérité, « règles d’or », gouvernement de droite. Les plans d’austérité pleuvent dans toute l’Europe, notamment en France et dans tous les pays qui viennent d’être dégradé par Standard & Poor’s. Quelle crédibilité peut avoir, dans ces conditions, une politique qui vise à « rassurer » les marchés et les officines de notation ?

Combien de temps faudra-t-il pour que les citoyens demandent des comptes et refusent que la BCE prêtent 489 milliards d’euros à 1 % d’intérêt à 523 banques européennes alors que l’Italie, l’Espagne et demain d’autres pays sont obligés de payer aux marchés financiers des taux d’intérêt supérieurs à 6 % pour refinancer leurs dettes ?

Combien de temps faudra-t-il pour que les peuples européens exigent que la politique qui cherche à « rassurer les marchés » soit remplacée par une autre politique qui vise à leur casser les reins ? En obligeant la BCE à acheter directement les titres des dettes publiques européennes et en refusant de rembourser les dettes illégitimes dues au sauvetage sans contrepartie des banques ou des baisses d’impôts des sociétés et des ménages les plus riches ?

Une voie qui mène à la catastrophe

Multiplier les plans de rigueur pour « rassurer les marchés » est en train de plonger l’Europe dans la récession. Et, qui dit récession dit baisse des recettes et hausses des dépenses et donc augmentation du déficit et de la dette publique. Ce qui, bien sûr, ne peut appeler que de nouveaux plans de rigueur qui accentueront la récession et entraînera une nouvelle augmentation de la dette publique…

Plutôt que d’appliquer les préceptes néolibéraux ineptes qui nous ont conduits dans la situation où nous nous trouvons aujourd’hui, il vaudrait mieux regarder la réalité en face. Tout particulièrement la réalité des pays qui ont subi les plans d’austérité imposés par le FMI et l’Union européenne. Non seulement ces pays vivent une véritable catastrophe sociale mais leur dette a considérablement augmenté. Pour la seule année 2011, la dette publique de la Grèce est passée de 143 milliards à 163 milliards d’euros, celle de l’Irlande de 96 % à 108 %, celle du Portugal de 93 % à 102 %.

Mais c’est pourtant dans cette voie que Sarkozy veut continuer à nous mener. Il affirmait, lors de ces vœux du 31 décembre : « Je le dis pour que chacun l’entende : ce ne sont ni les marchés ni les agences qui feront la politique de la France ». Mais il fait exactement le contraire en décidant de mettre en œuvre un 3e plan d’austérité (l’augmentation de la TVA et les réformes qu’il annoncera à la fin du mois) pour répondre aux injonctions des marchés financiers et des obscurs bureaux de notations.

D’où vient le pouvoir des officines de notation ?

Alain Minc lui-même l’affirme. « On n’a plus affaire à des pompiers pyromanes, mais à des pervers graves ». Les pompiers pyromanes ne seraient donc pas des « pervers graves » selon Minc. C’est bizarre, mais ce n’est pas le plus important. Le plus important, c’est de savoir pourquoi ces « pompiers pyromanes » ont toute liberté de pouvoir mettre le feu à l’Union européenne.

Il suffit d’un rapport de deux individus, n’ayant pas la moindre relation avec le suffrage universel, pour qu’un comité « schmolldu » de 7 membres décide de dégrader la note de la France avec toutes ses conséquences. Car, selon les Echos du 13/01/2012, « Chez Standard & Poor’s, c’est une équipe de … deux analystes qui suivent et gèrent la note souveraine de la France, un Slovène, Marko Mrsnik, qui réside à Madrid et un Allemand, Moritz Krämer, qui vit à Francfort »1

D’où vient l’étrange pouvoir de ces individus ? Comment peuvent-ils dicter leur loi à des gouvernements élus, à la république, aux citoyens  ?

Ils ne tirent leur audience que des pouvoirs qui ont été accordés aux marchés financiers par les traités Européens et notamment par trois articles.

- L’article 123 §1 du traité de l’Union européenne qui interdit à la BCE d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux administrations centrales des Etats-membres. Il interdit également l’acquisition directe par la BCE de titres de la dette publique de ces Etats.

- Larticle 125 §1 du même traité qui interdit à l’Union européenne de prêter à un Etat-membre ou à un Etat-membre de prêter à un autre Etat-membre.

- L’article 63 qui instaure la libre circulation des capitaux, non seulement à l’intérieur de l’Union européenne, mais entre l’Union européenne et le reste du monde.

Sans ces trois articles qui ont consciemment construit la dictature des marchés sur les Etats européens, les obscures officines de notation n’auraient plus aucun pouvoir. Pour abolir le pouvoir de ces officines de notation, il faut abolir le pouvoir des marchés sur les Etats européens en abrogeant ces trois articles.

 

Gérard Filoche et Jean-Jacques Chavigné auteurs de « DETTE INDIGNE » Ed. JC Gawsewitch 240 p, 14,9 euros

 

 

1 Les Echos – 13/01/2012 « Les 7 questions que soulève la dégradation »