Sarkozy va t’en guerre pour les émirs

Kouchner, tout juste nommé aux affaires étrangères avait déclaré : « il faut se préparer à la guerre contre l’Iran ». À peine avait-il nuancé ce propos guerrier sorti du cœur, que son maître Sarkozy nouait alliance avec les émirats arabes unis.
Ainsi le 25 mai dernier, presque discrètement, Bling-bling s’envolait à Abou Dhabi, Cliquez pour lire la suite »

SH 55 : Un bras broyé

Dans ces cas-là, on évoque un « arbre des causes » : un ensemble de facteurs a poussé à ce que l’accident ait lieu ce 12 août 2009, sous la pyramide du Louvre, galerie du Carrousel, 99 rue de Rivoli, dans cette boutique ultra-moderne et hyper chic qu’Apple veut construire. Cliquez pour lire la suite »

11 septembre 2009 : mort de la médecine du travail ?

Conçue à l’origine comme un magnifique outil de prévention en matière de santé dans les entreprises, la médecine du travail a été délibérément dégradée, décimée, déconsidérée par les employeurs. Le Medef juge le moment opportun de lui porter le coup de grâce puisque, après une négociation de février à juillet 2009, il propose à signature des directions syndicales, le 11 septembre, un texte brutal et définitif. Cliquez pour lire la suite »

SH 53 : Grippe A : état d’urgence contre le droit du travail ?

Une circulaire de la DGT (direction générale du travail) aux ordres de Xavier Darcos, datée du 3 juillet (n°2009-16) laisse entendre que la pandémie de grippe A (H1N1), selon qu’elle dure une ou plusieurs semaines, qu’elle affecte 25 % ou 40 % des effectifs, pourra être l’occasion d’un « état d’urgence » dans les entreprises. Cliquez pour lire la suite »

SH 53 : Il y a 5 ans deux inspecteurs du travail étaient assassinés

Le 2 septembre 2004, il y a 5 ans, à Saussignac en Dordogne, un exploitant agricole, Claude Duviau, assassinait deux inspecteurs du travail, Sylvie Trémouille (40 ans) et Daniel Buffiéres (47 ans). C’était la première fois depuis la création de l’inspection du travail, en 1892, qu’un tel crime visait ceux qui ont pour mission de faire respecter l’état de droit dans les entreprises. Cliquez pour lire la suite »

SH 51 : À quand l’examen des dents avant l’embauche ?

On achève bien les chômeurs !

Ce ne sont pas des maquignons du privé, c’est bel et bien une direction départementale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle, d’Indre et Loire, une institution de la République, placée aujourd’hui sous les ordres de Darcos, qui organise une course à pied de chômeurs de 10 kms pour que ceux-ci se « distinguent » auprès des employeurs. Cliquez pour lire la suite »

SH 50 : Boosnapping

Cordonniers mal chaussés…

La principale boite d’édition de France (3,6 milliards de chiffre d‘affaires, loin devant Hachette, 60 publications, 1220 salariés) spécialisée en matière de droit social et ressources humaines, propose de supprimer 184 postes de travail.

Lamy, vous connaissez ? (on dit Lamy des patrons…) « Liaisons sociales », ça vous dit ? Le vrai nom de la société, c’est Wolters Kluwer France (on dit aussi workers creveurs…) rachetée par une hollandaise, Nancy Mc Kinstry (4e salaire des Pays-bas avec 5,4 millions d’euros dont 628 000 de bonus). Cette pédégère de combat censée vendre du droit social ne se contente pas des 16 % de profit obtenus en 2008, la crise ne l’intimide pas : en 2009 elle veut 20 % de marge bénéficiaire.

Alors elle fait régner la schlague parmi ses cadres : un système d’évaluation individuelle éliminatoire d’inspiration anglo-saxonne avait été mis en place en 2008 basé sur les « six valeurs » du groupe : « le focus client », « l’intégrité, le « travail en équipe », « l’innovation », la « responsabilité », « la création de valeur »… Les syndicats CFTC, CFDT, FO, SNJ, CGT, CNT de WKF s’y sont opposés et, première juridique en France, le tribunal de grande instance de Nanterre l’a jugé « illicite », possiblement générateur de stress, de discriminations…

Tentative plus sérieuse de faire de la marge sur le dos des salariés : l’entreprise s’est rachetée elle-même sur la base d’un prix surévalué de 50 %, soit un montant exorbitant de 753 millions d’euros, grâce à un prêt de la maison mère qu’il est prévu de rembourser 30 millions d’euros en 15 ans. Double but : les actionnaires ne paient plus d’impôt sur les sociétés, les salariés ne touchent plus de participation (5 millions d’euros en moins). Sans que WKF renonce pour autant aux bienfaits de la collectivité : aides de l’état consenties à toute entreprise de presse, exonération de taxe professionnelle, réduction de cotisations sociales, tarifs postaux allégés ! Les syndicats ont saisi les tribunaux contre ce montage financier inouï qui spolie les salariés qui travaillent pour abonder les actionnaires qui ne travaillent pas.
Mais ça ne suffit pas à Nancy Mc Kinstry : pour « sauvegarder la compétitivité » et économiser encore 50 millions d’euros, elle veut donc 184 postes en moins.

Là, ce qui n’était jamais arrivé dans l’entreprise, s’est produit, il y a eu 15 jours de grève joyeuse et unitaire des cadres, journalistes, et employés au siége de Rueil-Malmaison, tout le mois de juillet, avec concerts de casseroles, pique-niques solidaires, musique avec le groupe « Los Gandillos » (du nom du PDG Gandillot) et concours de dessins satiriques. Le PDG (président du syndicat patronal de la presse spécialisée qui réunit 7300 des 37 300 journalistes français encartés soit 20 %) organise des formations pour les chefs d’entreprise sur « comment réussir un plan social sans se faire bossnapper ». Avisé, il a refusé prudemment de rencontrer les syndicats et les salariés.

Vous savez ce que ça veut dire « bossnapper » ? C’est le terme de la presse étrangère spécialisée pour nommer la nouvelle occupation qui fait fureur chez les Français : prendre un patron en otage pour obtenir satisfaction. La grève de WKF n’est que « suspendue » jusqu’à la rentrée. Et qu’est ce qu’ils font à la rentrée chez WKF ? Ils bossnappent ?

Gérard Filoche
Voir www.wkfdegraisse.wordpress.com sur lequel on trouve des supers affiches.

Etrange « écologiste », ce Sarkozy : il verse 6,5 milliards aux constructeurs d’automobiles et prend 4,3 milliards aux automobilistes.

Donner 6,5 milliards aux constructeurs d’automobile et prendre 4,3 milliards aux automobilistes, à moins d’un an d’intervalle,  où y a t il une cohérence  « historique »  là-dedans ? Sarkozy laisse  14 milliards de profit à Total et mais impose une taxe punitive, de 4,3 mds  aux ménages : où y a t il la moindre logique progressiste ?

En quoi une taxe « punitive » est elle dissuasive, quand en pratique, on ne peut l’éviter ? Quand on ne dispose pas de transports en commun valables ? Quand on est trop éloigné de son travail et qu’on le subit au nom de la mobilité et de la flexibilité ?

A ceux qui disent « cette taxe à le mérite d’exister »  ou pire au Monde qui y voit « l’honneur de la politique », il faut répondre qu’ils aiment bien se faire berner ou alors qu’ils bernent les autres.

Sarkozy affirme qu’il n’a pas « été élu pour augmenter les impôts », il se refuse en effet à imposer les riches et les sociétés, il s’en prend aux salariés.

Avec cette prétendue « taxe verte » vue par Sarkozy, des secteurs du capitalisme vont en profiter pour se faire subventionner dans leurs reconversions,  pas dans « l’intérêt général », mais dans celui, bien compris, des actionnaires et employeurs. quand aux  mécanismes de « compensation » ils sont ridicules : des « chéques verts » étatiques  distribués au petit bonheur le contribuable isolé… Les fiscalistes n’y croient pas une seconde.

Pendant ce temps-là, 72 milliards de niches fiscales restent protégées et 3000 fraudeurs ayant volé 3 milliards à la République restent impunis…

On s’étonne aussi que certains, relayés aussi dans l’édito du Monde,  se plaignent que la taxe ne soit pas plus importante : il y en a même qui réclament qu’elle atteigne 32  euros la tonne de carbone au lieu de 17 euros et qu’elle soit appliquée à l’électricité ! Ceux-là ne doivent pas avoir de mal à boucler leurs fins de mois. Il est vrai que Le Monde a récemment titré :   »Pouvoir d’achat : jusque-là ça va« .  Si elle est destinée à augmenter de  5 % par an jusqu’en 2030, cette taxe « verte » (sic)  transformera carrément des ménages en pigeons. De quoi les faire devenir tout rouges.

Toutes ces taxes indirectes et proportionnelles sont injustes comme la TVA.  A l’inverse  seuls les impôts directs et progressifs sont justes comme l’IR ou l’IS.  Mais autant Sarkozy n’aime pas les impôts justes qui frappent les riches, autant il aime ce genre de taxes injustes qui frappent les pauvres. De même qu’il préfère les primes diverses au fuel, à la rentrée scolaire, la participation, l’intéressement,  etc… plutôt que la hausse des salaires… Pourtant on n’a jamais trouvé rien de mieux comme mécanisme simple de hausser les salaires bruts pour renflouer les caisses de Sécu, et de hausser les impôts des riches pour renflouer celles de l’Etat…

Avec les néo-libéraux, on ne fera jamais une réforme fiscale cohérente  capable à nouveau d’apporter suffisamment de recettes pour que l’état influe souverainement sur le devenir, écologique et social du pays. Ce type de taxe bricolée antisociale, dont ils raffolent, le prouve.

D’autant que c’est un choix cynique opposant « écologie » et « social » alors que parallèlement le même pouvoir, entre juillet et août,  a augmenté l’électricité de 1,9 %  et le Smic de seulement 1,3 %. Il augmente le forfait hospitalier de 25 % (une taxe anti pauvres à l’hôpital). Il dérembourse de médicament de base, aspirine, paracétamol (taxe anti soins courants des pauvres). Il veut s’en prendre aux retraites des mères (taxe anti femmes âgées). Etc…

Chacun doit rappeler que 0,35 % de hausses des cotisations sociales, patronales et salariales, jusqu’en 2030, suffiraient pour maintenir nos retraites à  60 ans avec 37 annuités, calculées sur les 10 meilleures années, avec un taux de remboursement  de 75 %, y compris en accordant la retraite à 55 ans dans des métiers pénibles comme le bâtiment…(calcul officiel du COR, comité d’orientation des retraites). Alors que penser de ceux qui prônent 5 % de plus par an sur 32 euros par tonne de carbone jusqu’en 2030, quel choix font-ils et pourquoi, pour qui ?

Oui, il faut davantage d’ impôts mais pas comme ça, pas ceux là ! Oui, il faut davantage d’interventions de l’Etat, par exemple,  pour les transports en commun et pas individuels, contre les accidents du travail, les pollutions de Total et des autres, mais pas contre le salarié obligé d’utiliser encore sa voiture pour survivre…(ce même Sarkozy qui fait voter qu’un chômeur doit obligatoirement accepter un emploi à 200 km de son domicile)

Chacun sait qu’une hausse du Smic à  1600 euros avec toutes les conséquences positives en chaîne sur la hiérarchie des salaires, suffirait à remettre à jour les caisses de protection  sociale et ferait rentrer des fonds dans la « cagnotte publique », (au détriment, il est vrai des « cagnottes privées ») suffisamment pour que l’Etat… agisse dans la défense de l’environnement, par exemple, en financant beaucoup plus  le fret ferroviaire au détriment des transporteurs routiers.

Mais évidemment ce serait entreprendre une redistribution des richesses depuis les riches, les actionnaires, les banques vers les salariés, alors que toute la politique de Sarkozy, y compris dans cette prétendue « taxe carbone », c’est de faire l’inverse et de ponctionner davantage les salariés au service du capital, y compris des secteurs « verts » du capital.

Contrairement à l’éditorial du Monde du 12 sept., cette taxe n’est pas « l’honneur » mais le déshonneur de la politique : elle déshabille le retraité pour habiller le fabricant de panneaux solaires ou d’éolienne, elle détourne une cause juste, elle peut même ainsi parvenir à opposer artificiellement l’écologie et le social, la priorité à la vie immédiate du plus grand nombre au nom d’une  propagande qui restera trompeuse sur le futur des  sociétés humaines sur la planéte…

Car qui peut faire confiance au capitalisme pour sauver la banquise ? Il est prouvé que s’il trouve  des centaines de milliards c’est pour sauver les banquiers.

Et ce capitalisme, qui dépense 1641 milliards de dollars par an en armement, (bien plus que pour lutter contre les pandémies, la faim ou contre le réchauffement de la planéte…) (1641 mds dont les 2/3 aux seuls USA), n’envisage pas vraiment de faire fonctionner ses chars et ses avions avec de l’essence verte, au point même qu’il dépense d’autres centaines de milliards pour envahir et contrôler l’Afghanistan et y faire passer un pipe-line.

Pour sauver la banquise, il faut se sauver des banquiers, c’est dans ce sens « historique » là que ça marche une révolution rouge, rose et verte, pas dans le sens de la taxe Sarkozy et de ses laudateurs.

Il y a eu, par le passé, d’autres circonstances où les votes au sein du PS n’ont pas été loyaux ni sincères : le 1er décembre 2004, le « non » au TCE y était probablement majoritaire

Il y a eu, par le passé, d’autres circonstances où les votes au sein du PS n’ont pas été loyaux ni sincères. L’une d’entre elles est « oubliée », comme par hasard, dans tous exemples actuellement sortis sur la place publique. Il s’agit du referendum interne du 1er décembre 2004.

En fait les votes ont été « orientés », ce jour-là,  de telle façon que le « oui » au TCE a obtenu 58 % et le « non » a obtenu 42 %. Mais ce n’était pas la réalité, et n’importe qui, regardant de près les votes aurait pu le constater, grande fédération par grande fédération. Comme par hasard, les rédacteurs d’un livre qui fait actuellement scandale sur « les arnaques, etc… » semblent oublier cet événement. C’était là qu’il fallait apporter du nouveau.

Dommage, car c’était le « non » qui était majoritaire à la base du PS, et s’il n’y avait pas eu insincérité dans le « recollement » des votes, le PS aurait été pour le « non » et la face de la gauche aurait été changée, elle aurait été unie, il y aurait eu 70 % de « non » le 29 mai 2005, la gauche serait allée au combat ensemble en 2007 et aurait gagné… (extrait de « Où va le PS, 40 ans après mai 68…tome 2 livre de GF à paraître JC Gawsevitch) :

Le vote, certes, devait se dérouler, à bulletins secrets, avec un isoloir obligatoire, deux bulletins au choix, un pour le « oui », un pour le « non », l’abstention n’étant pas comptée. Aucune procuration n’est autorisée. Nul ne peut émarger à la place d’un autre. Les cotisations doivent être payées.

Selon les « pointeurs » les plus avisés, fin novembre 2004, cela devrait se jouer à 500 voix près (en faveur du « non ») ; d’autres envisagent un étiage raisonnable de 55 %. Mais il y a quatre fédérations où le « sort des urnes » est plus incertain : les Bouches-du-Rhône, l’Hérault, la Haute-Vienne et le Pas-de-Calais. Est-ce parce qu’elles sont plus fortes et plus difficiles à « contrôler » ? Est-ce parce que des freins à la démocratie et le marchandage y sont davantage possibles qu’ailleurs ? Il est vrai que, dans le PS, cinq à six fédérations rassemblent à elles seules 25 % à 30 % des adhérents. Et des dizaines de petites fédérations, même si elles sont majoritairement pour le « non », ne peuvent contrebalancer ces mastodontes.

Selon les observations des « voyageurs » (orateurs défendant les deux positions du « oui » et du « non ») qui se déplacent d’une ville à l’autre, d’une section à l’autre, dans toute la France, c’est le « non » qui doit l’emporter : partout il augmente, et nettement. Les opposants NM, (Nouveau monde) du NPS (Nouveau parti socialiste) et de FM (Force militante) constatent que les scores probables du « non » dépassent le nombre des voix rassemblées à Dijon, parfois même de 50 % ! Pourvu que le vote soit sincère !

Le « recollement des votes » s’opère dans la nuit du 1er au 2 décembre. Mais au bout de deux mois d’un débat remarquable, le résultat officiel est de 42 % pour le « non » et de 58 % pour le « oui ».

Les ouiistes se réjouissent. Mais le résultat a été dénaturé. Ça cloche : comment passe-t-on de 37,5 % de voix de NPS + NM + FM (les trois courants sont alors en faveur du « non ») lors du congrès de Dijon à 42 % avec les « fabiusiens » qui devraient apporter beaucoup plus, si, de surcroît, on sent dans les AG que le « non » est plus puissant ?

Pourquoi 58 % de « oui » ? Il a fallu battre le rappel de ceux qui ne votent jamais, qui ne viennent pas aux AG, ou bien donner les coups de pouce nécessaire. Ou bien…

Il est difficile de croire que la fédération du Pas-de-Calais (12 000 adhérents, 12 % des voix du parti), dont le dirigeant était d’abord pour le « non » avant d’appeler à voter pour le « oui », vote à 65% pour le « oui » alors qu’en réalité 65 % de la population votera « non » en mai. Ce n’est tout de même pas là où le parti est le plus « fort » qu’il se trompe le plus par rapport à son électorat.

Déjà, le Pas-de-Calais socialiste, en interne, avait voté pour le « non à Maastricht » en 1992 : de quoi faire réfléchir le PS qui avait appelé à voter « oui » et qui se trouva ainsi, déjà, désavoué en son fief dans les urnes.

Les socialistes du Pas-de-Calais sont de braves gens, sincères, ils ne sont pas en cause, ce ne sont pas des tricheurs, ce ne sont ni des « bobos » ni des « notables ». Ils vivent, ils habitent, ils travaillent avec leurs voisins de ces villes populaires qui voteront massivement « non ». Comment expliquer qu’ils votent en interne (le 1er décembre) « oui » et en externe (le 29 mai) « non » ?

En fait, dans les sections de 600 à 700 personnes ou plus, une petite partie est vraiment venue voter, le reste a été rajouté, bien sûr : là où il y a 70 votants exprimés, il y a émargement pour le compte de ceux qui ne sont pas venus, et l’on décompte 600 ou 700 votes dans le sens souhaité par la fédération… . Suffisamment et dans suffisamment de sections et de fédérations pour que les résultats nationaux aient été faussés.

Il suffit de constater que, partout où les grandes fédérations ont « fait la décision » le 1er décembre et permis le basculement en faveur du « oui », c’est le « non » qui l’emportera le 29 mai 2005. En fait, selon les sondages réalisés au sortir des urnes, 59 % des électeurs socialistes voteront « non » dans la vraie vie. À croire, donc, qu’en interne la vie n’était pas tout à fait vraie.

C’est un éclairage important pour ceux qui désespèrent de changer ce parti un jour. En fait, si la base des adhérents pouvait voter librement en conscience, sans chantage à la crise, au légitimisme, sur le fond, cela se traduirait par un ancrage fort et puissant à gauche.

Rappelons qu’en un vote « libre » en mars 1996, sans enjeu de pouvoir, pour une simple convention organisée par Lionel Jospin sur « Le monde, l’Europe, la France », 52 % des militants avaient voté un texte intitulé « tourner la page de Maastricht » proposé par la gauche socialiste.

En quatre phrases, Jean-Luc Mélenchon franchit un Rubicon, un petit, mais c’était mieux quand il était avec nous pour l’unité de toute la gauche

En quatre phrases,  Jean-Luc Mélenchon franchit un Rubicon, un petit, mais c’était mieux quand il était avec nous pour l’unité de toute la gauche

Un petit Rubicon mais un Rubicon quand même, il s’est rapproché du NPA et s’est éloigné de l’unité de la gauche. Comme on va le voir, c’est un parcours logique, classique, presque couru d’avance, même s’il est évidemment regrettable. Voilà les quatre phrases :

1° ) « Le Ps roule vers le Modem comme la rivière va vers la mer » « le PS n’a pas sa place dans le Front de Gauche »
3°) Il regrette que le PCF ait accepté le débat dans un comité permanent avec le PS
4°) Il faut « assumer la compétition entre deux lignes à gauche »
5°) Il propose un accord NPA-PCF-PG sur « paquet de 3 élections sur 3 ans ».

En matière de stratégie, ce glissement net, entraîne le PG sur le terrain du NPA :

1°) Le PS dérive inéluctablement, pas d’alliance avec lui, ni même de recherche d’alliance
2°) Le PCF doit choisir, entre une alliance d’unité de la gauche comme hier, faillie d’avance et une alliance de la gauche de la gauche indépendante du PS
3°) Il y a deux gauches, la lutte entre les deux est engagée, et la priorité est que la gauche de la gauche l’emporte d’abord
4°) Tout accord de la gauche de la gauche ne doit pas être ponctuel, élection après élection, mais un front durable qui s’engage des régionales à la présidentielle et aux législatives.
Il s’agit des quatre arguments qui étaient utilisés par le NPA contre le front de gauche, hier, avant les Européennes pour ne pas accepter une liste commune le 7 juin 2009.

C’est clair. C’est la logique d’une dérive liée à toute analyse sur l’existence de deux gauches et sur le fait qu’il ne saurait y avoir d’issue sans que la gauche de la gauche ne batte préalablement l’autre gauche, la mauvaise, la socialiste… C’est la logique de la division de la gauche jusqu’à ce que l’actuelle partie minoritaire de la gauche l’emporte sur la majorité actuelle de la gauche…

Le « paquet » de trois élections, n’est pas un « paquet » tourné vers la bataille contre Sarkozy mais vers la bataille contre les socialistes en trois scrutins. Il s’agit de dépasser le PS avant éventuellement de dépasser Sarkozy : aux bilans et pertes, Sarkozy est considéré comme ré élu en 2012…

Nous nous opposons à cette ligne et appelons Jean-Luc Mélenchon et ses amis à revenir ou rester du bon côté :

1°) La dérive du PS existe, elle menace, mais n’est pas consommée. L’actualité de la lutte, c’est justement d’empêcher le PS d’être allié avec la droite-Modem et l’orienter pour qu’il s’allie avec le reste de la gauche sur une plateforme commune de transformation sociale. C’est possible, pour l’heure la majorité du PS penche dans ce sens en dépit de toutes les campagnes médiatiques de la presse sarkozyste qui veulent le tirer dans l’autre.

2°) Il est donc positif que le PCF accepte le débat commun avec le PS, les Verts, il faut s’y accrocher et élargir, il faut lutter pour que le PG et le NPS au lieu de s’isoler de ce processus, s’y inscrive, y bataillent, le fassent réussir
3°) Il n’y a pas « deux gauches », il n’y en a qu’une seule, de même qu’il n’y a pas deux salariats mais un seul, avec, il est vrai des lignes différentes en son sein, des lignes droitières sociales libérales et des lignes ultra gauches toutes peu propices à l’unité nécessaire. Il faut chercher le consensus au cœur de la gauche pas à ses extrêmes.

4°) Il faut un « paquet sur trois scrutins » sur une ligne débattue et construite en commun entre toutes les composantes de la gauche. Sans unité de TOUTE la gauche pas de victoire assurée contre Sarkozy. Des listes communes aux régionales dès le premier tour, un candidat commun sur un programme commun à la présidentielle, et un accord réciproque et de désistement aux législatives.

Gérard Filoche, mercredi 9 juin, membre du CN du Ps, motion C UMA, et D&S