« Nous avons contribué à éliminer Sarkozy et j’en suis très fière. J’ai participé en 2001 à faire en sorte qu’on se débarrasse de la droite à Paris donc il n’y aura aucun souci pour que nous participions au fait que la droite ne revienne pas à Paris. » Danielle Simmonnet.
Laissons tomber les divisions antérieures et savourons chacun des mots prononcés par Danielle Simmonnet à la télévision dans le débat des municipales à Paris.
Une partie du Front de gauche s’est alliée avec Anne Hidalgo contre la droite au premier tour, une autre partie du Front de gauche déclare qu’elle est prête à s’allier au second tour. Bravo, félicitations, unité !
On surmonte ainsi, d’un seul coup, bien des divergences théoriques et pratiques. Bien sur que le PS est un parti de gauche et qu’il faut « participer » avec lui « au fait que la droite ne revienne pas à Paris ».
Ni nulle part d’ailleurs !
Et pour cela, il faut faire tout ce qu’il faut, bien sur : la participation à des listes communes pour faire barrage à la droite ou le désistement réciproque naturel entre partis de gauche.
L’appartenance à un camp commun à gauche l’emporte sur les divergences lorsqu’il s’agit de battre la droite.
Evidemment, c’est une reconnaissance que le PS appartient à la gauche, car il ne viendrait à personne l’idée baroque de « participer » à battre la droite avec un parti de droite…
A gauche on sait que l’alliance derrière un parti de droite, par contre, serait une rupture avec tous les principes. Pas d’unité possible avec la droite…
Mais unité de toute la gauche, oui !
Ce qui ne veut pas dire un ralliement politique entre les différentes composantes de la gauche. On peut faire liste ensemble et ne pas renoncer aux différences. La gauche est pluraliste. Voter pour le PS ce n’est pas approuver la politique actuelle du PS, nous mêmes, gauche socialiste, le faisons, bien sur et alors que nous sommes en opposition interne au Parti socialiste. Nous soutenons le gouvernement CONTRE la droite, mais cela ne signifie pas que nous approuvons la politique du gouvernement – surtout récemment.
Nous ne sommes pas seuls : des millions d’électeurs votent pour le PS, CONTRE la droite, sans partager sa politique droitière actuelle, ou en ayant des illusions sur sa politique réelle, ou encore en espérant qu’il fera une bonne politique à gauche comme ils le souhaitent, eux, vu de gauche.
Nous défendons l’idée qu’il faut « voter inconditionnellement » pour « le parti de gauche qui est le mieux placé pour battre la droite su second tour ». Il faut que ce soit inconditionnel, parce qu’il est de gauche, à cause de sa nature de classe, pas parce qu’on approuve sa politique du moment. Inconditionnel, parce que nul ne renonce ainsi à ses idées.
L’usage du bulletin de vote actuel, est binaire. Voter n’est pas un geste qu’il faut surestimer, ni fétichiser, dans la Ve République, tant qu’il n’y a pas de proportionnelle, voter ne permet pas les nuances, ça sert à écarter le pire, et ça ne règle rien en soi. Il y faut donc des luttes sociales en plus. On bat la droite tous ensemble, puis on débat et on agit pour que la majorité que nous constituons agisse au mieux à gauche.








