Villeneuve sur Lot : le choc Cahuzac et ses suites…

La partie majoritaire de la direction du PS s’aveugle : il y a eu une discussion surréaliste au Bureau national du mardi 18 juin ! Il s’agissait pour les membres principaux de la direction d’expliquer par mille raisons, toutes partielles et partiales, et insuffisantes, la défaite électorale de Villeneuve sur Lot… Il parait que c’est à cause de conditions locales exceptionnelles, la faute aux verts, la faute à Cahuzac, la faute aux zones rurales, la faute au jeune candidat FN fils d’un dirigeant FNSEA, ça n’aurait rien à voir avec l’Oise, c’était une mauvaise circonscription,

Mais dimanche 16 et 23 juin, c’est bel et bien la huitième élection perdue par le PS depuis six mois. La deuxième fois que nous sommes éliminés derrière le FN. UMP et FN triomphent ensemble. Certes il y a le choc de la trahison de Cahuzac à Villeneuve proprement dit. Mais l’indignation nationale face à la corruption du ministre du budget qui prônait la rigueur pour les autres et pas pour lui, n’explique pas tout. Le « choc » n’est pas seulement induit par la malhonnêteté, par le scandale de la fraude fiscale, c’est tout autant un « choc » social.

ce n’est pas aux autres qu’il faut s’en prendre, mais à nous, au PS.  La solution n’est surement pas de voter UMP, laquelle est quasiment voisine du FN. Un « front républicain » avec l’UMP/FN, ca n’a strictement aucun sens. Le « front » qui existe c’est celui de l’UMP+FN.  Et nous sommes hélas en train d’affaiblir le front de toute la gauche face à la droite dans son ensemble !

Faute d’unité, faute de politique suffisamment orientée à gauche !

C’est nous le problème, pas les verts !

Dans le pays, personne ne peut comprendre qu’il y ait 590 milliards d’avoirs français dans les paradis fiscaux, ni 108 milliards en Suisse, ni de 60 à 80 milliards de fraude fiscale… et qu’on s’en prenne à nos petites retraites…

Personne ne peut comprendre qu’on n’augmente toujours pas le Smic le 1er juillet et qu’ on fasse encore reculer les salaires des catégories C de la fonction publique.

Personne n’admet que la gauche n’entame aucune redistribution des richesses immenses qui existent dans ce pays… D’où le mécontentement qui monte de façon spectaculaire. Nous ne sommes plus dans une période d’espoir, d’attente, de patience, mais de hargne, de rejet de colère… Et ça ira encore dans le mauvais sens, si nous n’inversons pas le cours dramatique des évènements.

Cela traverse toute la gauche, à commencer par le Parti socialiste lui même où les militants viennent de donner 73 % des voix à la gauche socialiste ! Si les militants et électeurs de la gauche, politique et syndicale, dans son ensemble, étaient aujourd’hui consultés, pouvaient s’exprimer, il y aurait 80 % d’entre eux qui rejetteraient la politique actuellement suivie par le gouvernement Ayrault. Ce « choc » traverse la CFDT comme le PS, ça indigne le FdG comme les Verts, de partout, ça pousse pour réorienter vite et fort la politique suivie depuis novembre 2012 !

Car toute la gauche est dans la même impasse, il n’y a visiblement pas deux gauches aux yeux des électeurs, quand le PS recule, tout le reste de la gauche recule, c’est vérifié encore une fois à Villeneuve comme l’Oise. Toute la gauche est dans le même bateau !

Il n’y a d’ailleurs pas de glissement de l’électorat de gauche vers la droite. La droite ne gagne pas. Elle ne progresse pas en chiffres absolus, mais en chiffres relatifs. Parce que la gauche s’abstient, la gauche se tasse, la gauche s’affaiblit sur elle même.

Pas touche a nos retraites ! Pas un trimestre de plus, pas un euro de moins.

Ne pas se diviser mais au contraire essayer de construire une dynamique rassembleuse capable d’entrainer toutes les composantes politiques et sociales de la gauche. Ca doit être l’objet d’une grande campagne unitaire d’information, d’éducation, de mobilisation pour la défense de nos retraites. Comme en 2010, mieux qu’en 2010, il faut cumuler, explications, manifestations, meetings unitaires, de façon à répercuter « le choc », créer une dynamique gagnante de septembre à décembre. Il y a trois mois pour démontrer ce que 80 % de la gauche veut et l’imposer au gouvernement de gauche que nous avons élu.

C’est dans les entreprises et dans la rue que cela se joue puisque nous ne sommes pas directement entendus.

Controns défaitisme et division. Choisissons la cible qui unit : contre les exigences de Barroso et du Medef, garantie des retraites en modulant les cotisations…

Un gouvernement de droite ça se dénonce et se combat frontalement.

Un gouvernement de gauche, ça s’influence et ça se pousse.

L’alternative est là : gouvernement rouge rose vert, EELV, PS, FdG… On peut, on doit gagner, mais il faut concentrer les mots d’ordre de défense de nos retraites pour bien rassembler, pour que des millions de salariés, de citoyens se fassent entendre de façon puissante, irrépressible, incontournable.

 

Votes massifs à 70 % pour les amendements gauche socialiste à la veille de la convention Europe du Parti socialiste

Les amendements 4, 8, 10 et 13 présentés par la Motion 3 (Maintenant la gauche, le social au coeur ) ont obtenu une très large majorité des suffrages exprimés par les adhérents de notre parti.

- l’amendement 4 sur la suspension du pacte de stabilité recueillait 68,9 % de votes exprimés pour (18 899 voix) et 31,1 % contre (8 549 voix)

- l’amendement 8 sur le changement de la politique de change, la BCE recueillait 73,1 % de votes exprimés pour (20 589 voix) et 26,9 % contre (7 589 voix)

- l’amendement 10 sur le refus du traité transatlantique recueillait 70,7 % de votes exprimés pour (19 682 voix) et 29,3 % contre (8 162 voix)

- l’amendement 13 appelant à passer des paroles aux actes pour le sursaut en Europe pour l’Europe sociale, le smic européen recueillerait 66,7 % de votes exprimés pour (17 888) et 33,3 % de votes contre (8 912 voix)

Le texte de la majorité du Bureau national du Parti socialiste a donc dû être partiellement réécrit.

L’amendement 4, présenté par Maintenant la Gauche affirmait « Le Pacte de stabilité et de croissance n’est déjà plus appliqué (…) sa suspension doit permettre sa renégociation ».

Le texte réécrit précise : « Réviser le pacte de stabilité pour donner la priorité à la relance et à l’emploi. L’Europe a besoin de croissance, pas d’austérité ».

L’amendement 4 affirmait également « Le budget européen représente seulement 1 % du PIB de l’UE. A terme, la construction d’une Europe de la croissance et de l’emploi implique la mise en place d’un vrai budget d’intégration solidaire représentant au minimum 5 % du PIB européen ».

Le texte réécrit précise « « Augmenter le budget européen par l’affectation de ressources propres, telle la taxation sur les flux financiers, outil de lutte contre la spéculation financière. Les socialistes français encouragent les parlementaires européens à exiger du Conseil un cadre pluriannuel plus ambitieux ».

L’amendement 8 (défendu avec nos camarades d’Un Monde d’Avance) affirmait « Mettre la BCE au service de l’économie réelle (…) La BCE doit pouvoir acheter directement les titres des dettes publiques des Etats membres de l’Union européenne lors de leur émission, sans que ces Etats aient à subir les « conditionnalités » prévues par le Mécanisme européen de stabilité, c’est-à-dire les plans de destruction sociale qui frappent la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne et demain Chypre ».

Le texte du Bureau national n’a pas été modifié sur ce point.

 

L’amendement 8 affirmait également « Mettre fin à l’euro surévalué  (…) C’est aux Etats, au sein du Conseil, que revient la mission de fixer le taux de change de l’euro (…) la France doit en premier lieu proposer une politique de change à ses partenaire, pour rééquilibrer la parité avec le dollar mais aussi le yen et le yuan »

Le texte réécrit précise « « Agir en faveur d’une parité plus équilibré de l’euro aujourd’hui surévalué par rapport au dollar américain, au yuan chinois et au yen japonais, en confiant la politique de change aux autorités politiques de l’Union ».

L’amendement 10 (défendu avec nos camarades d’Un Monde d’Avance) affirmait « Refuser le traité transatlantique (…) il faut suspendre les négociations pour un accord transatlantique».

Le texte réécrit précise, à propos de ce projet de traité : « Les socialistes français sont extrêmement réservés sur son opportunité (…) En aucune façon, les socialistes ne pourront accepter de ratifier un traité qui mettrait en cause les intérêts économiques stratégiques et le modèle social de la France et de l’Europe ».

L’amendement 13 affirmait « Oui nous le savons, l’histoire de l’Europe est faite de compromis et de concessions réciproques. Mais on ne passe pas de compromis sans construire de rapport de forces. C’est à cela que nous devons nous atteler aujourd’hui : la confrontation démocratique avec la droite européenne qui veut condamner l’Union à l’austérité sans fin ».

Le texte de la majorité du Bureau national n’a pas été modifié sur ce point.

La convention Europe du parti socialiste est une étape dans la réorientation de la politique européenne de notre parti. La bataille continue, notamment pour que les statuts de la BCE soit modifiés, pour que le budget européen atteigne 5 % du PIB européen, pour ne pas chercher a limiter les déficits à 3 % ou 0,5 %, pour que le projet de traité de libre-échange transatlantique soit rejeté et pour que François Hollande rompe sa « grande coalition » avec Angela Merkel afin de prendre la tête d’une alternative de gauche en Europe.

En votant très majoritairement pour tous les amendements défendus par la Motion 3, les adhérents de notre parti nous ont donné un formidable encouragement pour continuer à mener cette bataille décisive.

Jean-Jacques Chavigné – Gérard Filoche

les 17 et 18 juin : refus d’engager les négociations pour un projet d’accord transatlantique

 

Nous y sommes : dans quelques jours, les 17 et 18 juin 2013, l’Union européenne va décider d’engager les négociations avec les USA ! Des centaines de millions d’européens ne le savent pas encore mais leur activité professionnelle, leur consommation, leur vie, vont être livrés à des conditions totalement différentes de celles qu’ils connaissent aujourd’hui. 

Si, par malheur le processus va jusqu’au bout, ce sera une catastrophe pour les salariés du continent. Encore pire que la situation que nous connaissons depuis l’élargissement de l’Europe à 10 pays en 2004.

Avec 50 états de plus, le destin démocratique de nos peuples va leur échapper davantage. Nos droits, notre niveau de vie vont reculer partout : seuls les superprofits des multinationales en bénéficieront.

Quelques personnalités et certains médias tentent timidement de braquer le projecteur sur la nécessité, dans cette négociation géante, de garantir « l’exception culturelle ». Cela veut bien dire qu’ils essaient de « sauver » une « exception » du désastre annoncé.

Ils n’ont pas tort mais leurs efforts sont voués à l’échec. L’exception culturelle est la pointe émergée de l’iceberg. Les enjeux de l’accord transatlantique entre l’UE et les USA sont d’une toute autre ampleur et l’exception culturelle ne doit pas servir de prétexte. Ce n’est pas parce que cette « exception » aurait été épargnée que l’accord serait pour autant acceptable.

Les droits de douane sur les produits industriels et agricoles
Le deuxième enjeu, avec l’« exception culturelle » auquel semble se limiter cet accord serait les « montants des droits de douane sur les produits industriels et agricoles ». Cet enjeu n’est pas négligeable mais n’est pas l’essentiel.

Les droits de douane sur les produits industriels sont, en moyenne, peu élevés.
Ils sont contrairement à ce qui est souvent affirmé plus élevés pour les droits de douanes protégeant l’UE des produits industriels des Etats-Unis que l’inverse : 3,3 % contre 2,2 %.
Mais lorsque l’on rentre dans les détails, c’est assez différent puisque les droits de douane qui protègent les industries européennes s’élèvent, par exemple, à 8,6 % pour les fibres synthétiques ; 7,8 % pour le matériel de transport. L’accord risquerait de mettre à mal ce qui reste en France en particulier d’industrie automobile.
Les protections tarifaires des Etats-Unis sont plus faibles. Pour les fibres synthétiques les protections sont les mêmes que pour l’Union européenne, elle est à peu prés semblable pour les chaussures (9,8 %) mais quasi-inexistantes pour le matériel de transport.

Les droits de douane protégeant l’agriculture européenne sont plus élevés.
Ils représentent 12,8 % en moyenne de la valeur des produits. Ils s’élèvent à 45 % pour la viande, 42 % pour les produits laitiers, 33,2 % pour la minoterie ; 24,3 % pour les sucres et sucreries. La levée de ces barrières douanières serait un désastre pour les éleveurs français, un problème certain pour les betteraviers.
Les droits de douanes protégeant l’agriculture des Etats-Unis sont moins élevés. Les plus importants sont ceux sur le tabac (21,8 %), suivis des produits laitiers (20,2 %). Très loin des tarifs européens qui sont bien supérieurs pour la viande, les produits laitiers, la minoterie, les sucres et sucreries.

Les droits de douane sur les services
Selon l’Insee, le secteur des services en France emploi 3 salariés sur 4. Il n’est pas difficile d’imaginer les problèmes qui seraient posés si leurs protections tarifaires disparaissaient ou s’effritaient.

Le CEPII (chargé par le ministère de l’Economie et des Finances en France) a calculé un « équivalent droits de douanes »[1] pour les services qui sont protégés, en réalité, par des réglementations et des normes spécifiques.

Pour la France, cet « équivalent droits de douanes » se lève à 37,6 % pour les communications ; 36,4 % pour la construction ; 61,7 % pour les assurances ; 50,7 % pour la finance ; 39,8 % pour les « autres services ».

Pour les Etats-Unis, ces équivalents droits de douanes atteignent 36,9 % pour les communications ; 95,5 % pour la construction ; 43,7 % pour les assurances ; 42,3 % pour les autres services.

L’enjeu des négociations sur les services serait donc très important. Le plus important resterait, cependant, à venir : les « protections après la frontière », c’est-à-dire les normes.


 

Le véritable enjeu de l’accord transatlantique : les normes

Ces normes sont juridiques, culturelles, financières, environnementales, sanitaires… 

Il n’y a aucune possibilité de créer un « grand marché intérieur » entre les Etats-Unis et l’UE sans que ces normes soient standardisées.

Pascal Lamy, alors commissaire européen au Commerce extérieur, déclarait en 2004, que ces normes faisait l’objet d’une préférence collective et constituait « L’ensemble des choix opérés par les collectivités humaines en tant que collectivités ». Pascal Lamy semblait ignorer l’activité intense des lobbies d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique pour édicter ces « préférences collectives ».

Ces « préférences collectives », ces normes, concernent notre mode de vie dans de nombreux domaines. Quelques exemples permettront de le montrer.


L’environnement
L’extraction de gaz de schiste est autorisée aux Etats-Unis, interdite dans l’UE. Qui peut croire un seul instant que les Etats-Unis accepteraient la norme européenne et interdiraient cette extraction ? 

L’alimentation
Le bœuf aux hormones, les poulets à la chlorine sont autorisés aux Etats-Unis et interdits en Europe. Qui s’alignera sur l’autre ? La Commission européenne vient de répondre en autorisant le nettoyage des carcasses de porc à l’acide lactique jusque là interdit en Europe. Le but est de s’aligner sur les pratiques des Etats-Unis pour faciliter la négociation de l’accord de libre-échange.

Les services publics
Le rapport du CEPII intègre dans les « autres services » aussi bien l’enseignement que la santé. L’existence de nos hôpitaux publics et celle de notre enseignement public devrait donc trouver un « compromis » avec les normes des Etats-Unis où le secteur privé est roi.

L’assurance
La confrontation entre le secteur des assurances des Etats-Unis et de notre pays aurait toutes les chances de mettre à mal nos mutuelles et les contrats qui ne peuvent pas (pour bénéficier d’avantages fiscaux substantiels) faire payer les souscripteurs en raison de leur état de santé.

La culture
L’ « exception culturelle » et les subventions publiques accordées à ce secteur risqueraient, elles-aussi, de faire les frais de l’accord.


 

La portée d’un accord transatlantique pour la fixation des normes

Le rapport de Claude Revel[2], Conseillère du commerce extérieur de la France, à notre ministre du Commerce extérieur Nicole Bricq, affirme :
« L’accord UE Etats-Unis à venir sera un accord fondamental par sa portée juridique ; les enjeux en termes de régulation à venir sont énormes Le rapport de forces est favorable aux Etats-Unis ». 

Ce rapport n’hésite pas à préciser que tous les secteurs sont concernés « Les industries, l’agriculture et l’agroalimentaire mais aussi de plus en plus de services, y compris traditionnellement publics en France ».

Le « traditionnellement » a le mérite d’indiquer clairement que les négociations pourraient parfaitement remettre en cause ce caractère public.

Ce rapport souligne également qu’il faut « prendre acte et tirer parti de la tendance vers la délégation de la règle au privé ». Il va même jusqu’à considérer favorablement le fait « que se développe un marché des professionnels de la norme privée ». Le message est clair : la détermination des « préférences collectives » chères à Pascal Lamy doit de plus en plus être confiée aux entreprises privées et aux professionnels de la… norme privée.

Ce rapport, enfin, attire l’attention sur le fait que cet accord devait s’imposer au reste du monde. Les simulacres de négociations de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ne sont plus de mise : ce sont aux Etats-Unis et à l’Union européenne d’imposer leurs normes.

Pareil diktat imposé au monde générera des tensions fatales avec d’autres « blocs » économiques, très dangereux dans le cas, par exemple, d’une bipolarisation avec la Chine.
Au lieu d’un monde multipolaire, la toute puissance d’un pole, constitué sauvagement de cette façon, menacera le reste de la planète et suscitera inéluctablement les cassures et les résistances. « Le capitalisme porte la guerre en son sein comme la nuée porte l’orage ».

Le rapport de forces entre les Etats-Unis et l’Union européenne
En apparence, il s’agit actuellement deux blocs économiques, USA et UE, d’importance équivalente. La réalité est cependant bien différente, la confrontation opposerait un porte-avion et un chalutier. Les Etats-Unis sont un géant économique, politique et diplomatique, l’Union européenne est un géant économique mais un nain politique.

Les Etats-Unis ont une politique industrielle
Leur industrie est réglementée par le « Buy americain Act » pour la sidérurgie. Dans l’UE, c’est… Arcelormittal qui décide.

Les Etats-Unis n’hésitent pas à verser toutes les aides publiques nécessaires au soutien de leurs « champions industriels ». Les articles 107 à 109 du traité de Lisbonne interdisent aux Etats-Membres de l’UE de verser des aides publiques aux entreprises. La concurrence prétendue « libre et non faussée » doit s’imposer partout. Elle ne sera pas libre. Elle sera faussée.

Les marchés publics des Etats-Unis sont réservés à 25 % à leurs PME. Un accord de libre-échange avec l’UE n’engagerait que l’Etat fédéral, pas les marchés publics des 50 Etats américains. La Commission européenne, de son côté, supprime à marche forcée toute restriction d’accès aux marchés publics des Etats-membres de l’Union européenne.

Les Etats-Unis ont une politique internationale redoutablement efficace
L’UE ne peut pas en avoir car l’article 28 A du traité de Lisbonne oblige à prendre à l’Unanimité du Conseil les décisions en matière de politique internationale. D’un côté Hillary Clinton, de l’autre Catherine Ashton !

Les Etats-Unis ont une politique de change
Grâce à cette politique, la valeur du dollar par rapport à l’euro, au yen, au yuan, augmente ou diminue en fonction des intérêts des Etats-Unis. Dès 1971, le secrétaire d’Etat au Trésor, John Connolly affirmait : « Le dollar est notre monnaie et votre problème ».

La création de l’euro n’a rien changé, le dollar est toujours notre problème car la politique de change de l’euro est laissée à la BCE qui n’a qu’une seule mission : garder la valeur de l’euro. Le résultat est un euro cher (sa valeur par rapport au dollar a augmenté de 70 % entre 2002 et 2010) qui pénalise, de façon inouïe, les exportations de la zone euro.

Le nivellement par le bas assuré pour les salariés
La perspective d’aligner « les standards de vie » vers le haut n’est qu’un miroir aux alouettes.

Les salariés des Etats-Unis ont subi les effets de l’Alena, l’accord de libre-échange entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique. Ce ne sont pas les salaires et les conditions de vie des salariés mexicains qui ont été tirées vers le haut mais ceux des salariés des Etats-Unis et du Canada qui ont été tirés vers le bas.

Les salariés de l’Europe des 15 n’ont pas vu leurs salaires et leurs conditions de travail tirés vers le haut lorsque l’Union européenne a ouvert grand ses portes aux pays de l’Europe centrale et orientale (les PECO) sans approfondissement démocratique et social préalable. Au contraire. Combien de salariés de l’industrie, en France, ont-ils entendu répondre à leurs revendications salariales : allez donc voir en Pologne ou en Roumanie ?

L’accord de libre-échange entre les Etats-Unis et l’UE soumettrait les salaires et les conditions de travail des salariés européens et américains à une double pression vers le bas : celle du Mexique d’un côté, celle des PECO de l’autre.

Les seules gagnantes seraient les firmes transnationales
L’opposition entre les Etats-Unis et l’Union européenne recouvrirait deux réalités.

D’abord celle de la concurrence qui ferait rage entre les firmes transnationales dans lesquelles les capitaux états-uniens seraient majoritaires et celles dans lesquelles les capitaux allemands, français, britanniques, italiens seraient majoritaires (il n’y a pas de capital européen unifié). Certaines gagneraient plus que d’autres à un accord transatlantique.
Ensuite, le sort réservé aux salariés européens et américains. Dans tous les cas de figure, quelles que soient les firmes transnationales qui l’emporteraient dans tel ou tel secteur, l’accord se ferait sur le dos de ce salariés qui verraient leurs salaires et leurs conditions de travail nivelés par le bas.

Les précédents de l’Ami et de l’Acta
Si l’UE décidait d’engager les négociations avec les Etats-Unis un mandat de négociation en blanc serait donné à la Commission européenne qui mènerait, comme d’habitude des négociations secrètes, et soumettrait le projet d’accord, en bloc, au Parlement européen, une fois les négociations terminées.
Ce ne serait pas la première fois.

En 1997, les Etats-Unis, le Canada, l’UE et d’autres pays  avaient secrètement négocié l’Ami (Accord multilatéral d’investissement).
Ce n’est que lorsque les conséquences de cet accord avaient été mises en lumière (l’« effet Dracula ») que les négociateurs avaient été obligés d’y renoncer.
Jacques Lang nous expliquait déjà que si l’Ami respectait l’ « exception culturelle », il pourrait parfaitement être accepté par la France.

En 2012, c’est l’Acta (Accord commercial anti contrefaçon) que le Parlement avait refusé de ratifier.
Pourtant les Etats-Unis et 22 Etats de l’UE (dont la France) l’avaient signé.

Cet accord sous prétexte de lutter contre les « contrefaçons » organisait la fin de la neutralité d’Internet en obligeant les fournisseurs d’accès à coopérer à une sorte d’Hadopi mondial.
Pire, cet accord considérait comme des « contrefaçons » la fabrication de médicaments génériques par des pays comme le Brésil et l’Afrique du Sud. L’Acta défendait le droit de la « propriété intellectuelle » des firmes multinationales pharmaceutiques contre le droit des peuples à se soigner.

La Commission européenne avait refusé, jusqu’à l’été 2010, de divulguer quoi que ce soit des négociations en cours. Wikileaks l’avait fait et les médias s’étaient emparés du dossier. L’Acta n’avait pas survécu à ces révélations. Là encore l’« effet Dracula » avait joué à plein.

Instruits par des échecs, le gouvernement des Etats-Unis et la Commission européenne prendront toutes les précautions pour parvenir à leurs fins.

C’est dans notre dos, dans le secret, contre les parlements, les républiques, les peuples que va se négocier à haute dose et a haut niveau, l’ensemble de ces tractations pour mieux nous « plumer ». Il n’y a rien de bon à attendre de ce processus sinon la fin d’un projet européen, déjà mis à mal quand nous sommes passés de 15 à 27 états. Passer à 77 états dans ces conditions c’est la fin de tout projet de construction d’une Union européenne politique, économique et sociale.  Il faut donc suspendre immédiatement les négociations.

Gérard Filoche et Jean-Jacques Chavigné (D&S)

Pour vivre plus longtemps : retraite à 60 ans !

 

à lire sur le site du nouvelobs « le plus » :


« Quand on vit plus longtemps, on peut travailler plus longtemps ! » C’est ce que vient, malheureusement de déclarer notre ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine.

Cette phrase est inexacte. On peut mais on ne doit pas !

Si on vit plus longtemps, c’est grâce à la retraite à 60 ans.

Si on vit plus longtemps c’est pour en profiter plus longtemps

Si on travaille plus longtemps, on vivra moins longtemps.

D’ailleurs déjà l’EVSI (espérance de vie sans incapacité, ou espérance de vie en bonne santé) baisse en France chaque année depuis 2008 (En Allemagne, aux USA aussi…)

Les meilleures années de la retraite c’est entre 60 et 65 ans. Les plus dures années au travail, c’est entre 60 et 65 ans.

Comme disent nos égoutiers et éboueurs : « retraite retardée, mort prématurée ».

Vous avez déjà observé un ouvrier du bâtiment de 55 ans derrière son marteau piqueur. Son espérance de vie est limitée à 60 ans. C’est bien le travail qui tue, et la médecine n’y peut rien : un ouvrier vit en moyenne 7 ans de moins qu’un cadre. Vous avez observé une infirmière de 62 ans qui cherche votre veine ? Vous avez observé un instituteur de 62 ans qui fait sa 42e rentrée des classes au milieu de ses bambins ? Vous savez qu’il y a entre un tiers et la moitié des accidents cardiaques et vasculaires (250 000 par an) qui sont liés au travail ?

60 ans, c’est une question d’ordre public social : pas une question « à la carte » On ne va pas organiser des centaines de régimes spéciaux – même s’il faut des durées plus courtes dans le bâtiment (55 ans), par exemple ou les chauffeurs…

Déjà environ 100 000 hommes et 50 000 femmes meurent entre 60 et 62 ans, désormais sans retraite, dans 82 % des cas. (Seuls 18 % ayant travaillé 42 ans depuis l’âge de 18 ans ont le droit à la retraite à 60 ans).

La retraite, on la veut pour vivre, pas quand on est grabataires.

Les retraites ne sont ni une question de durée de la vie, ni une question de démographie.

La durée de la vie n’augmente pas tant que cela (un demi trimestre par an à partir de 60 ans). Elle n’augmente que dans les catégories où elle était déjà plus élevée.

La démographie n’est pas en cause, nous avons un taux de naissance le plus élevé d’Europe depuis 13 ans (trois fois plus que ce qui fut prévu par le rapport Charpin de 1998) !

S’il y a une difficulté actuelle dans l’équilibre des budgets retraite ce n’est pas à cause de la démographie, ni de l’allongement de la vie, c’est à cause du chômage et de la crise causée par les banques. C’est à cause de 5,2 millions de chômeurs et des salaires bloqués.

Ce n’est pas structurel mais conjoncturel.

Et notre budget de la protection sociale (l’un de nos trois budgets, 450 milliards) ne génère que 10 % de déficit et 10 % de la dette globale du pays. Il n’y pas le feu, là. (Ces 10 % de déficit sont d’ailleurs contestables). Ce n’est pas là qu’il y a problème. 90 % de la « dette » (indigne) vient d’ailleurs, des autres budgets (dont 78,5 % du seul budget de l’état).

La retraite ne pèse guère dans la « dette ».

En fait la retraite c’est du salaire !

Il ne faut ni baisser les salaires, ni baisser les retraites, au contraire il faut les augmenter pour permettre la relance. Les baisser c’est accroître l’austérité, donc la récession, donc l’augmentation des déficits et de la dette.

On veut une bonne retraite, c’est pour la vivre. Déjà 50 % des retraites sont en dessous de mille euros. La moyenne des retraites est autour de 1200 euros.

Il faut les hausser, les indexer sur les salaires, pas les désindexer des prix, pas les soumettre à des décotes !

Augmenter les salaires, c’est supprimer le déficit – limité – des retraites ! Les retraites c’est du salaire transmis en direct, en temps réel, par ceux qui travaillent à ceux qui sont en retraite.

La retraite par répartition, c’est du solide : plus solide que les fonds de pension à… fond perdu ! « Mettre de l’argent de côté » dans les assurances, ou pseudo caisses complémentaires privées, c’est un leurre, un piège, un gouffre sans fin. S’il y a de l’argent mettez-le dans nos caisses communes de retraite, pas dans les fonds et assurances diverses. Ne leur versez rien, même pas un centime, ils vous voleront tous, ils dilapideront vos sous…

Allonger les annuités cotisées au travail c’est un leurre : en pratique, le chômage des seniors augmentant, elles baissent. Les 2/3 arrivent en retraite sans être au travail. 40 % ont une décote. A partir de 55 ans, les 2/3 des salariés sont licencies, inaptes, malades, au chômage.

Fixer à 42 ou 43 ou 44 annuités, les cotisations pour une retraite à taux plein, c’est imposer aux salariés de sauter à la perche sans perche, ils ne les atteignent pas. Et ils les atteindront de moins en moins puisque les jeunes rentrent toujours de plus en plus tard en CDI…

Comment les salariés du prive pourraient-ils « choisir » de travailler plus longtemps, ils n’ont pas le choix !

L’affirmation de Marisol Touraine se présente comme découlant du bon sens mais n’a rien à voir avec la réalité vécue. Allonger encore la durée de cotisation amènerait les ¾ des salariés du secteur privé à ne plus être au travail quand ils partiront en retraite.

Ce serait remplacer la retraite de 60 à 65 ans par l’accroissement du chômage de masse. Notamment celui des jeunes.

Il ne peut pas y avoir de réduction du chômage de masse sans réduction du temps de travail sur la semaine, l’année, la vie. Il faut travailler mieux, moins, pour travailler tous et gagner plus

Pourquoi faudrait-il, obliger des salariés âgés qui ont le droit au repos, après 40 ans de labeur, à rester au travail, alors que des centaines de milliers de jeunes sont à la recherche d’un emploi ?

A quoi ça sert d’avoir fait la semaine de 35 h si c’est pour faire la retraite à 65 ans ?

Il n’y a pas de « tabou » pour équilibrer nos retraites  affirme notre gouvernement.

Il y a pourtant, hélas, un « tabou », c’est celui de l’augmentation des cotisations patronales dont notre gouvernement ne semble pas vouloir entendre parler, si ce n’est de façon infinitésimale.

Ce sont pourtant les cotisations qu’il faut moduler, pas les annuités, pas l’âge de départ.

La prestation doit être assurée (retraite à 60 ans à taux plein, à 75 % du salaire, indexée sur les salaires…) et les cotisations doivent être ajustées en conséquence.

La même prestation pour tous  harmonisée : sachant que le calcul de la retraite des fonctionnaires sur les seuls 6 derniers mois sans les primes, c’est équivalent au calcul en usage dans le privé.

Cotisations modulées, prestation assurée ! Echelle mobile des cotisations !

La France n’a jamais été aussi riche, et les richesses aussi mal partagées : garantir ou non nos retraites est une question de partage des richesses.

De l’argent il y en a.

Par le pacte de compétitivité (CICE) il a été choisi de donner 20 milliards d’euros aux employeurs sans aucune contrepartie.

Ce « pacte », a été accordé, sans toucher aux profits des entreprises et donc, en fin de compte, aux dividendes (170 à 180 milliards par an) versés aux actionnaires des grands groupes.

Ce choix est injuste et amplifie la récession parce que les actionnaires ne consomment qu’une faible partie de leurs revenus, et, avec le reste, préfèrent spéculer que d’investir.

Ce choix est dangereux parce qu’il va permettre à ces dividendes d’aller gonfler, comme avant la crise de 2007-2008, de nouvelles bulles spéculatives.

Ce choix est enfin une des causes de cette attaque contre les retraites : pour donner 20 milliards aux patrons, ils vont être enlevés aux retraités.

Pourtant, en échange, le Medef ne fera rien pour aider notre gouvernement, quelles que soient les concessions qui lui seront faites. Dès que les décrets d’application de la loi Sapin (l’Ani) auront sécurisé les licenciements, le patronat multipliera les plans sociaux.

Le Medef fera tout pour que la gauche se discrédite auprès de son électorat, pour que la droite puisse revenir au pouvoir et faire une politique encore plus favorable au patronat.

Et faire régresser nos retraites pour plaire à la commission de Bruxelles ou à la finance, c’est saborder la gauche au pouvoir, c’est trahir les raisons pour lesquelles la gauche a gagné en mai juin 2012, c est courir un grand danger pour la suite.

 

(avec Jean Jacques Chavigné)

Vive le PS, vive les militants socialistes : ils ont voté à 60 à 70 % les amendements de la gauche du parti (#quevivelamotion D&S) pour la convention Europe du 16 juin 2013

Les votes ont eu lieu le jeudi 6 juin de 17 à 22 h dans toute la France. 35 000 socialistes sont venus voter.

Lundi 10 juin au matin et sur 93% des bulletins dépouillés :

- l’amendement 4 sur la suspension du pacte de stabilité recueillerait 68,9 % de votes pour (18 899 voix) et 31,1 % contre (8 549 voix)

- l’amendement 8 sur le changement de la politique de change, la BCE recueillerait 73,1 % de votes pour (20 589 voix) et 26,9 % contre (7 589 voix)

- l’amendement 10 sur le refus du traité transatlantique recueillerait 70,7 % de votes pour (19 682 voix) et 29,3 % contre (8 162 voix)

- l’amendement 13 appelant à passer des paroles aux actes pour le sursaut en Europe pour l’Europe sociale, le smic européen recueillerait 66,7 % de votes pour (17 888) et 33,3% de votes contre (8 912 voix)

Nos 4 amendements (D&S #quevivelamotion3, maintenant la gauche, le social au cœur, Maurel, Filoche, Lienemann, Chavigné, Guedj…)

sont donc tous largement majoritaires.

Le N°4 concerne la suspension du TSCG pacte de stabilité…

Le N° 8 demande à la BCE de prêter directement aux états

Le N°10 refuse le traité transatlantique

Le N°13 exige l’Europe sociale contre l’Europe austère de Merkel (smic européen…)


Le fait que les militants aient donné nettement une majorité à une ré orientation de la ligne du parti sur l’Europe sans être une « première » (cela avait déjà eu lieu en 1996 et en 2004) constitue un évènement alors que le gouvernement est de gauche et que l’enjeu est infiniment plus décisif.

Pour la gauche socialiste, pour la motion 3 et D&S c’est une preuve de ce que pensent en profondeur le premier grand parti de gauche de notre pays. Loin d’être inféodés et passifs, les militants réfléchissent, lisent, se posent des questions et choisissent les bonnes réponses selon eux.

la gauche socialiste et D&S  y puise une énergie nouvelle, une preuve qu’elle peut modifier le cours des choses, des choix politiques actuels, vers la gauche

A tous ceux qui mettent en cause la vitalité de notre parti, les convictions de ses militants, ce vote prouve qu’il est sain, vivace et profondément démocratique. Il n’est pas hésitant, il est massif : ce sont les amendements les plus clairs, les plus fermement opposés à l’Europe libérale de Mme Merkel, de la finance, qui ont obtenu le plus de voix, de 60 à 73 % des voix !

C’est pourquoi il est incompréhensible que la direction majoritaire autour d’Harlem Désir soit mauvaise démocrate et cherche à nier ces résultats.

S’il n’y avait qu’un seul texte en présence (il avait été interdit à la gauche du PS de déposer un texte jugé « alternatif »). 13 amendements étaient également soumis au vote, dont 4 par la motion 3.

La direction avait édicté une règle étonnante : pour pouvoir s’exprimer sur les amendements, il fallait au préalable voter pour le texte. Pas étonnant donc qu’il ait obtenu 98,58 % ! Résultat qui n’a évidemment pas grande signification politique, il aurait même du obtenir 100 % !


Le théorème d’Harlem :

La direction nationale du PS vient de faire une trouvaille : pour qu’un amendement soit adopté, il faudrait qu’il obtienne plus de 50 % des… exprimés ! Selon le premier secrétaire national du PS, il ne suffit pas qu’un amendement recueille plus de voix « pour » que de voix « contre » pour être adopté. C’est pourtant la règle dans toutes les associations, les syndicats, les partis, les assemblées élues au suffrage universel. Pour l’actuelle direction du PS, il faudrait prendre en compte les abstentions qu’on additionne aux votes « contre » (et si ce total dépasse les 50 %, le texte n’est pas adopté même s’il a obtenu plus de voix « pour » que de voix « contre ») ! En clair, François Hollande n’aurait jamais été élu président de la République selon le théorème d’Harlem. Et l’ANI n’aurait pas non plus été adopté à l’assemblée nationale.

Ce théorème d’Harlem pourrait être énoncé comme suit : « un texte n’est adopté que si le nombre de voix « pour » est supérieur au total  de voix « contre » et « abstention » ou « nulles ». C’est évidemment absurde, car cela signifie que les abstentions sont alors assimilés à des votes « contre » !

Le nombre d’abstentions était alors vital pour la direction du PS. Aussi a-t-elle décidé qu’un militant qui a voté pour le texte, mais ne s’est pas exprimé sur tel ou tel amendement, automatiquement on le comptait en abstention sur l’amendement ! Donc… « en contre »


Pourquoi donner ce mauvais exemple anti-démocratique et donner autour de nous, à nos adversaires, une occasion de se gausser ? Ca ne change rien, le vote est le vote, chacun sait dans quel sens les militants ont voulu aller ! La politique voulue par les militants ne se rectifie pas, ne se manipule pas… la vérité ne peut être effacée !

Dans le parti socialiste ce sont les militants qui décident ! Et leur opinion, leur vote doit être respecté ! Quand la gauche socialiste a été minoritaire, elle a du s’incliner devant les conclusions qui en découlaient, la réciprocité doit exister sinon quel sens prendrait la vie du parti, ses votes, ses conventions, ses congrès ?

Si on énumère les multiples tentatives pour empêcher la majorité des militants de s’exprimer, elles sont exubérantes :

1°) alors qu’il était prévu officiellement qu’il y ait plusieurs textes et amendements, Harlem a interdit tout autre texte !

2°) alors qu’il y avait liberté d’amender, des empêchements de toutes sortes ont tenté de faire barrage aux amendements

a) pour qu’un vote sur un amendement soit comptabilisé, il fallait que le votant vote obligatoirement aussi pour le texte

b) les amendements ont été limités à 1000 signes

c) il a été interdit à des amendements d’être cosignés par des membres issus de motions différentes

d) quantité d’amendements au contenu très secondaire ont été placés sur le même plan que des amendements de fond

Malgré un « texte interdit », malgré un « texte officiel », malgré les embrouillaminis autour des amendements, les militants ont su imposer leur choix.

Alors ultime tentative, la direction essaie de brouiller le décompte. Elle dresse contre elle les motions 3 et 4 mais aussi une partie de la motion 1 de nombreux militants dans toutes les fédérations.

Au moment où le PS s’enorgueillissait de sa pratique de la démocratie interne, ce type de procédés est fort malvenu. Il est impossible d‘évacuer le débat sur le fond en faveur d’une autre Europe. Reconnaître les amendements qui demandent notamment la « suspension » du pacte de stabilité et « une réforme de la politique monétaire européenne et des statuts de la BCE » et refusent le traité transatlantique, remettant en cause des positions défendues par la direction, c’est la loi incontournable de la démocratie

Le FMI reconnait l’échec complet des choix économiques qu’il a imposé, à tort, à la Grèce :

Incroyable mais vrai.

 

Le FMI fait une autocritique complète sur la politique qu’il a imposé la Grèce ! Il reconnait qu’il fallait restructurer la dette des le début !! Au lieu de cela, ils ont liquide tout dans ce pays, nous l’avons dénoncé sur ce blog depuis 2009, mois après mois, livre après livre, revue après revue… ils ont commis un crime économique sans précédent… et ils s’aperçoivent que tout cela etait une erreur de calcul puis de stratégie, de politique, d’économie…

(lire « Dette indigne » par JJ Chavigné et G Filoche Ed. Gawsewitch 240 p, 14, 9 euros)

 

Ils ont ruiné la Grèce, imposé 33 % de chômeurs, 60 % chez les jeunes, fait 12 plans d’austérité, liquide les services publics, supprimé les conventions collectives et tout droit du travail, vendus 30 grandes entreprises, détruit la protection sociale, baisse le smic de 750 à 484 euros, ferme l’enseignement supérieur, détourné pres de 500 milliards pour les banksters qui rançonnaient la Grèce, et ils ont fait une erreur, DSK et lagarde, Merkel et Sarkozy et le FMI le reconnait…

 

ils devraient être arrêtés et jugés immédiatement, le FMI condamne à réparer et à verser des centaines de milliards d’euros… car il s’agit là d’un crime économique conte l’humanité, contre un peuple entier !

ce n’est pas moi qui le dit, voila un article détaillé du Huffington Post, exceptionnellement je le reproduis ici car sinon, on  douterait de mon affirmation. Pub gratuite pour Huffington. Pub gratuite pour les criminels économiques qui sont impliqués. Pub gratuite pour que la direction du FMI soit décapitée…

 

Christine Lagarde: le FMI a fait son mea culpa sur le plan de sauvetage de la Grèce… décidé par DSK

Le HuffPost avec AFP |  Publication: 06/06/2013 09h57 CEST  |  Mis à jour: 06/06/2013 10h32 CEST

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GRÈCE – Faute avouée, à moitié pardonnée ? Le FMI a fait son mea culpa mercredi et admis que le premier plan de sauvetage de la Grèce en 2010 s’était soldé par des « échecs notables » en raison notamment de désaccords avec ses partenaires européens au sein de la « troïka ». « Il y a eu (…) des échecs notables. C’est Dominique Strauss-Kahn qui était le patron du Fonds à cette époque, depuis remplacé par Christine Lagarde.

La confiance des marchés n’a pas été rétablie (…) et l’économie a été confrontée à une récession bien plus forte que prévu », a indiqué le Fonds monétaire international dans un rapport évaluant les résultats du plan d’aide de 110 milliards d’euros accordé à Athènes en mai 2010 en contrepartie d’un plan d’économies drastiques.

Le Fonds s’était alors montré bien optimiste en tablant sur un retour de la croissance en Grèce dès 2012 et une amélioration sur le front de l’emploi. Les faits lui ont donné tort: le pays s’enfonce actuellement dans la récession pour la sixième année consécutive avec un taux de chômage de 27%, malgré un deuxième plan d’aide international massif au printemps 2012.

Les projections de dette publique grecque établies par le Fonds ont elles aussi été balayées « dans une très large mesure », reconnaît l’institution. Ce n’est pas la première fois que le FMI fait son aggiornamento sur la Grèce. En octobre, son chef économiste Olivier Blanchard avait fait sensation en admettant avoir sous-estimé les « multiplicateurs budgétaires » qui mesurent l’impact des mesures d’austérité sur la croissance.

La troïka (UE-BCE-FMI) n’est pas épargnée

Mais le Fonds va plus loin aujourd’hui en remettant en cause l’efficacité même de la troïka, la structure hybride qu’il forme avec la Commission européenne et la Banque centrale européenne (BCE) et qui est aujourd’hui en charge de quatre plans de sauvetage dans la zone euro. Selon le rapport, cette cohabitation a obligé le Fonds à « négocier d’abord avec les pays de la zone euro (…) et ensuite avec les autorités grecques », créant une source d’ »incertitude considérable » alimentée par les hésitations et les revirements européens.

« Il n’y avait pas de division claire du travail » au sein de la troïka, pointe le rapport, qui ajoute que les Européens manquaient d’expérience et de « compétences » sur des programmes d’aide liés à de très strictes conditions. L’ironie de l’histoire veut que l’Europe voyait d’un très mauvais oeil l’arrivée du FMI sur le Vieux Continent. Début 2010, Jean-Claude Trichet, alors président de la BCE, jugeait même cette éventualité « mauvaise ».

Décryptant les relations au sein de la troïka, le FMI s’attache à un point crucial du plan de sauvetage grec: la restructuration massive de la dette privée au printemps 2012. Le Fonds estime aujourd’hui que cette opération, la plus importante de l’histoire, aurait dû être menée dès 2010 mais que cette solution n’était alors pas « politiquement réalisable » en raison de l’opposition des Européens.

Les créanciers ont pu fuir avant la catastrophe

« La restructuration de la dette avait été envisagée par les parties à la négociation (du programme grec, ndlr) mais elle a été exclue par les dirigeants de la zone euro », qui craignaient qu’une telle mesure ne soit pas approuvée par les Parlements nationaux, indique le rapport.

Cette décision a été lourde de conséquences, selon le Fonds. Elle a permis à de nombreux créanciers privés (banques, fonds d’investissement) de « s’échapper » du pays sans subir la moindre perte et de « passer le fardeau » aux Etats et donc aux contribuables qui ont dû de nouveau renflouer la Grèce en 2012. « Nous aurions dû avoir une réduction de dette plus tôt en Grèce », a reconnu mercredi Poul Thomsen, chef de la mission du FMI en Grèce.

Le premier plan d’aide a en réalité été une mesure « d’attente », résume le rapport. Il a permis de donner le temps à la zone euro de construire son pare-feu, le Mécanisme européen de stabilité, afin de protéger d’autres pays « vulnérables » et limiter l’impact sur l’économie mondiale.

 

Hommage à Clément Méric partout en France ce soir 6 juin :

nous socialistes avons payé le prix fort récemment de la part des nazis type JNR, nous avons eu 77 de nos jeunes de l’âge de Clément qui ont été assassinés (et 151 blessés) par le nazi Anders Breivik, le 11 juillet 2011, en Norvège.
les nazis ne font pas de différence entre socialistes, communistes, trotskistes et anarchistes, ne faisons pas de différence entre nous face aux nazis

unité, tous ensemble

 

-À Arras, devant le Beffroi à 18 h 30 (source à confirmer).

-À Angers, sur le place du Ralliement à l’appel du NPA.

-À 18h sur la place de l’horloge à Avignon (source à confirmer}.

-À Besançon, à 18 h 15 sur la place du 8 septembre.

-À Brest 18 h 30 place de la liberté.

-Béziers, place du 14 juillet à 18 h 30.

-Place Jean-Moulin, à Bordeaux, à 19 h à l’appel notamment de Solidaires-Etudiant et des Jeunes communistes 33.

-À Caen, place de la Résistance à 19 h.

-À Cannes, devant le monument aux morts de la mairie, à 18 h 30.

-Dijon, sur la place de la Libération à 19 h (source à confirmer).

- Sur la grand place de Lille à 18 h 30.

-À Lorient, à 17 h devant la préfecture.

-À Lyon, à 18 h 30 sur la place de la comédie.

-Au Vieux-Port de Marseille, à 18 h.

À Metz, un rassemblement est prévu place d’Armes à 18 h.

-Au Mans; à 18 h 30 sur la Place de la Préfecture.

-Devant le Carré d’Art, à Nîmes à 18 h.

-À Nancy, à 18 h place Stanislas.

-À Nice sur la place Garibaldi à 18 h 30.

-À Orléans, à 18 h 30 devant la préfecture du Loiret.

-À Paris, à 18 h 30 place Saint-Michel.

-À Perpignan place de la Résistance à 18 h 30.

-Quimper, à 18h30 sur la place Saint-Corentin.

-À Rennes, sur la place de la Mairie à 18 h 30.

-À Saint-Étienne à 18h devant la Préfecture (source à confirmer).

-À Saintes, devant le Palais de Justice à 18h à l’appel du PG et du PCF.

-Place Kléber à Strasbourg à 18 h 30 (source à confirmer).

-À Tours, un rendez-vous a été fixé à 18 h devant la mairie.

-À Toulon, à 18 h 30 place de la Liberté (source à confirmer). »

Mon intervention au BN du PS le 4 juin : allocations familiales, prélèvements progressifs et redistribution universelle

Avoir choisi de toucher à l’impôt plutôt qu’à l’universalité des allocations familiales est un bon choix. Nous sommes nombreux à avoir défendu ces jours ci encore, comme du temps de Lionel Jospin, lorsque la question s’était déjà posée, le principe d’une universalité des allocations, le principe « prélèvements progressifs et redistribution égalitaire » est le plus simple et le plus juste. Casser le principe d’une redistribution égalitaire universelle aurait des conséquences ensuite sur toutes les prestations sociales,  de l’hôpital à l’école, du chômage aux revenus minimum.

Mais il est vrai que maintenant, nous sommes, chaque jour, dans tous les médias, assaillis par la droite qui ose, à partir de là, nous accuser de « matraquage fiscal ». Et le choix qui a été fait de toucher au quotient familial, à l’impôt et pas à la prestation, est la base de leurs griefs. Il ne faut pas céder là-dessus. Ils n’aiment pas qu’on touche aux revenus à partir de 5 à 6000 euros et au delà. Il faut défendre vigoureusement l’impôt républicain. Il ne faut pas dire qu’on n’augmentera pas l’impôt. Il faut plaider un impôt juste et redistributif. Cela implique la réforme fiscale. Celle-ci est nécessaire, vitale, cohérente avec la mesure qui vient d’être prise.


Défendre un impôt direct progressif, c’est facile. Avant Balladur, en 1993, il y avait treize tranches d’imposition, Balladur les a ramené à 7 puis Chirac à 5, et on vient de les ramener à 6 (45 %) et demain 7 (75 %). En fait il faudrait 20 tranches fines, afin d’éviter des « sauts » et des sentiments d’injustices. Et prendre 90 % au dessus de 20 Smic.


Et puis il faut arrêter toutes ces tirades insupportables de la droite et des grands médias sur « les classes moyennes, les classes moyennes », etc. Il n’y a pas de classes moyennes ! Ni au singulier, ni au pluriel. Il y a 98 % des salaires nets en dessous de 3200/3300 euros. 98 %. C’est ça le salariat, soit 93 % des actifs. Où elles sont les classes moyennes ? Qui ca ? Où ca ? 2 % gagnent plus de 3200 euros nets… Il faut le dire fortement car la confusion nuit, il y en a qui s’y croient, alors qu’ils ne sont même pas concernés par la modification du quotient familial qui vient d’être faite.


Défendre l’impôt, c’est aussi rappeler que si le taux d’imposition sous Lionel Jospin de 1999 avait été maintenu, jusqu’en 2009, il n’y aurait pas eu de déficit. Tous ceux qui pourfendent la priorité à la lutte contre les déficits devraient se rappeler qu’en 1999, la droite menait campagne contre la « cagnotte publique », ils disaient, sous la gauche, qu’il y avait trop d’argent dans les caisses publiques, trop ! Et depuis, la droite a siphonné les caisses publiques et a rempli les caisses privées ! Elle a creusé le trou de la dette en supprimant les recettes de l’impôt et en versant des milliards aux banques privées. Voilà ce qu’il faut dire : on n’a pas tant un problème de déficit parce qu’on dépense trop mais surtout parce qu’on ne fait pas rentrer assez de recettes, parce qu’il n’y a pas assez d’impôt juste et progressif…


Défendre l’impôt c’est aussi faire savoir que nous avons trois budgets séparés, et que le budget total de la protection sociale, 450 milliards, ne génère que 10 % de la dette totale du pays, seulement 10 %. C’est pas là qu’il y a un problème, ni pour notre santé, ni pour nos retraites. 90 % de la dette ne vient pas de notre protection sociale, même affaiblie par le chômage de masse et le blocage des salaires.


Défendre l’impôt et les mesures qui viennent d’être prises sur le quotient familial face aux attaques de la droite, c’est ré annoncer la réforme fiscale globale. Car il y a contentieux dans l’opinion : Cahuzac avait proclamé à la télévision que la reforme fiscale avait déjà, été faite. A tort. Elle est à faire. Globale, expliquée pédagogiquement. Pas en disant qu’il y a trop d’impôts, mais en rétablissant l’impôt républicain direct et progressif…


Bon, … et je n’ai plus de temps pour dire que le statut d’auto entrepreneur est un statut bâtard de « loueur de bras » façon XIXe siècle, sans droit ni protection, qui sert au marchandage, à la fausse sous-traitance, au travail dissimulé et nuit aux pauvres gens qui n’ont pas d’autres choix, utilisé en fraude abondante par des donneurs d’ordre sans scrupules…

Le choc, après Cahuzac, 128 p, 9,9 euros Ed. Gawsewitch – en librairie le 13 juin (G. Filoche, C. Gispert, JF Claudon)

Le « choc Cahuzac » du 2 avril 2013 a ébranlé toute la France. Ce jour-là, des millions de citoyens ont découvert, abasourdis, une insupportable vérité.

Le chef du Budget fraudait le Budget.
Le ministre chargé de lutter contre la fraude fiscale trichait.
Le ministre de la rigueur l’appliquait aux autres mais pas à lui. Le défenseur intransigeant de la « règle d’or » planquait son or. L’homme qui jouait le « père la morale » n’avait aucune morale.

Devant un choc pareil, des millions de citoyens se sont sentis trahis. Comment supporter que cela arrive dans un gouvernement dont on attendait le changement ? Comment accepter que les promesses électo- rales se fracassent alors que la fraude fiscale n’est pas combattue ?

Le « choc Cahuzac » est un choc tous azimuts. Un choc institutionnel, un choc moral, un choc de transparence, un choc politique, un choc social, un choc pour la gauche, un choc pour l’Europe, un choc pour le quinquennat.

Ce choc a cristallisé les mécontentements sociaux, électrisé de légitimes colères, ébranlé le gouvernement. Il est impossible pour François Hollande et Jean-Marc Ayrault de continuer à gouverner comme avant. Maintenant à gauche, le social au cœur !

Les auteurs

Gérard Filoche, inspecteur du travail pendant trente ans et militant à la CGT, est membre du bureau national du Parti socialiste, du conseil scientifique d’Attac, de la Fondation Copernic et rédacteur en chef de la revue Démocratie & Socialisme.

Jean-François Claudon est professeur agrégé d’histoire. Syndicaliste au SNES-FSU, il est militant au Parti socialiste et membre du comité de rédaction de la revue Démocratie & Socialisme.

Cyril Gispert est professeur agrégé de sciences économiques et sociales. Syndiqué à l’UNSA, il est militant au Parti socialiste et membre du comité de rédaction de la revue Démocratie & Socialisme.


141e chronique dans l’Humanité-Dimanche : ni Schröder, ni ANI

En 2002-2004, Gerhard Schröder avait imposé un programme libéral : baisse des cotisations sociales patronales, facilitation des licenciements, durcissement de l’assurance chômage, développement de l’emploi précaire, déremboursement de nombreuses prestations d’assurance-maladie, hausse des cotisations salariales, recul de l’âge de départ en retraite…

Le volet marché du travail est connu avec les loi dites Hartz, du nom du DRH de Volkswagen (discrédité ensuite pour corruption); il y en eut 4 successives, dites Hartz I à IV, pour faciliter le recours à l’intérim et libéraliser les petits boulots à moins de 400 € par mois sans cotisations sociales. La loi Hartz IV ramena l’indemnisation du chômage de 32 à12 mois et 18 mois pour les plus de 55 ans… Les chômeurs de longue durée devinrent dépendant de l’aide sociale, obligés d’accepter tout type de poste, quel que soit leur qualification ou rémunération passée. Le service de l’emploi put imposer des tâches d’intérêt collectif à 1 euro de l’heure aux chômeurs de longue durée.

Le gouvernement Schröder II a réduit le taux de remplacement des pensions futures de 48 % en 2003 à 40 % en 2030. Frantz Müntefering, le successeur de Schröder à la tête du SPD, et vice-chancelier d’Angela Merkel a porté la réforme des retraites au sein de la grande coalition SPD-CDU (2005-2009) en fixant l’âge minimum de départ à la retraite à 67 ans en 2029. Cette mesure a achevé de porter le discrédit sur le SPD schröderien aux yeux des Allemands : avec 23 % des voix aux législatives de 2009, le SPD récolta son plus mauvais score de l’après-guerre. Angela Merkel a été mise durablement en scène.

Schröder, c’est un bilan globalement négatif

- Entre 1998 et 2005, le PIB par tête des allemands ne s’est accru que de 7,6 % contre 11% en moyenne dans la zone euro (10,6 % en France).

- Entre 2000 et 2005, les salariés allemands ont perdu 2,8 % de pouvoir d’achat quand les français en gagnaient 5,7 %.

- Le chômage tombé à 8 % en 2000 était remonté à 11,3 % de la population active en 2005.

- L’investissement public à 2 % du PIB en 1999 est tombé à 1,4 % en 2005.

- Les dépenses publiques sont passées de 48,2 % du PIB en 1997 à 15,4 % en 2006 ; une baisse qui a pénalisé lourdement la démographie en restreignant les places des crèches et des écoles.

Les inégalités se sont creusées, la misère est revenue, seule la finance y a trouvé son compte. C’est pourquoi le SPD se mord les doigts de cette ancienne politique et cherche à s’en démarquer pour affronter Angela Merkel aux élections du 22 septembre 2013.

On est étonné dans ce contexte d’entendre François Hollande déclarer : « « Le progrès, c’est aussi de faire dans les moments difficiles des choix courageux pour préserver l’emploi, pour anticiper les mutations industrielles, et c’est ce qu’a fait Gerhard Schröder ici en Allemagne et qui permet à votre pays d’être en avance sur d’autres »…

Gerard Filoche